Archives annuelles: 2018

Lepidium draba  L.

BROCOLI  SAUVAGE, PAIN  BLANC, ou PASSERAGE  DRAVE 

Pain blanc, Lepidium draba L.
Pain blanc, Lepidium draba L.

Nom provençal :
 - Pan-blanc ;
 - caulet-bastard
;
 - cauletoun
.

Famille : BRASSICACEAE

Localisation :
Originaire d’Orient, il est devenu une de nos plantes les plus communes au bord des chemins, champs, cultures, talus où il forme d’importantes colonies.

Comestibilité :
Les feuilles tendres en rosette, à la saveur piquante, soufrée, se cueillent dès le mois d’octobre et jusqu’au printemps.
En avril et mai, ce sont les boutons floraux qui sont cueillis – ils ressemblent à de petits brocolis – et peuvent être cuisinés comme ces derniers.
Les graines étaient appelées autrefois le « poivre du pauvre ».
En cas de doute sur la plante, déterrez la partie souterraine qui présente souvent un nodule blanc crème de un centimètre de diamètre et confirme que c’est bien du Pain blanc !
Cette réserve disparaît à la floraison.

Arctium minus  J. Hill Bernh

HERBE À LA TEIGNE OU BARDANNE
Bardane, Arctium minus
Pièce jointe vide ou le type d'article n'est pas une 'pièce jointe'

Photo : Andrey Zharkikh   et   licence

Nom provençal :
 - Lampourdié

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
Berges des rivières, bords des chemins, bois clairs, décombres. Seule, la Bardane à petits capitules est bien représentée dans le Var.

Utilisation :
La Bardane, remarquable plante médicinale, est un antibiotique naturel contre le staphylocoque doré : application de feuilles fraîches sur ulcère, furoncle, psoriasis, eczéma, acné… La dessiccation des feuilles annule leurs vertus !
La racine contient 45 % d’inuline et de sel de potasse. C’est un excellent dépuratif du sang. La décoction des racines, fraîches ou sèches, est diurétique, sudorifique, hypoglycémiante (elle augmente la tolérance aux hydrates de carbone), elle soigne le cuir chevelu (pellicules).

Comestibilité :
Les pétioles, pelés après avoir été blanchis, accompagnent les crudités, les légumes cuits à la vapeur, le riz… Les racines fraîches, émincées, revenues à la poêle ou en bouillon, ont une saveur très délicate et un parfum de champignon.
Plante bisannuelle, il faut ramasser la racine la première année quand elle est encore charnue et tendre.

Consulter la vidéo : Bardanes

Origanum vulgare  L.

‌MARJOLAINE SAUVAGE ou ‌ORIGAN

Origanum vulgare

Photo : Andreas Rockstein   et   licence
Origan ou Marjolaine sauvage, Origanum vulgare

Nom provençal :
 - Majourano

Famille : LAMIACEAE

Son nom vient du grec oros « montagne »
et ganos « joie »

Localisation :
Pentes montagneuses, friches et pelouses sur sols profonds, prairies, bois frais, lisières forestières, chênaies. Commun dans toute la Vallée.

Utilisation (sommités fleuries) :

— aérophagie ;
— troubles de l’estomac ;
— névralgie, torticolis ; (broyer la plante fraîche dans un linge fin, poser le tout sur une plaque chaude et envelopper la partie douloureuse).
— toux (affections respiratoires).

Comestibilité :
Les jeunes feuilles fraîches sont parfumées et tendres, délicieuses en accompagnement de charcuteries, fromages, salades...
Les feuilles sèches s’emploient comme condiment dans les plats de viandes et de légumes, sauces, pâtes et pizzas.

Fagus sylvatica  L.

Hêtre, Fagus sylvatica, jeune pousse,
Hêtre : jeune pousse.
Graines de Hêtre, Fagus sylvatica, faîne
Hêtre : graines.

Nom provençal :
 - Fau, faiard

Famille : FAGACEAE

Localisation :
Rare dans le Midi, dans les bois humides des montagnes, en fond de vallons ou à l’ubac aux basses altitudes. Forêt feuillue pure (hêtraie) ou mélangée (hêtraie-sapinière de la Sainte-Baume).

Utilisation :
Recherchés par maints animaux, les fruits du Hêtre produisent une huile fluide utilisée autrefois pour l’éclairage et la consommation courante. Le Hêtre a une grande valeur économique grâce à son bois d’un joli blanc rosé, lourd, dur et homogène : excellent bois de chauffage, mais aussi de menuiserie et d’ébénisterie.

Comestibilité :
Ses petits fruits triangulaires, les faînes, au goût délicat, ont été, à maintes reprises, une véritable manne en cas de disette.
Il est préférable de consommer les graines grillées, ce qui facilite beaucoup le retrait de leur petite enveloppe brune, légèrement toxique.

Hêtre, Fagus sylvatica

Lavandula angustifolia

Lavande-officinale, Lavandula angustifolia

Nom provençal :  
 - Lavando

Famille : LAMIACEAE

 

 

 

Consulter la vidéo : Lavandes

Corylus avellana  L.

COUDRIER OU NOISETIER

Nom provençal :
 - Avelanié

Famille : BETULACEAE

 Localisation :
Le long des chemins, dans les haies, les taillis, les pentes broussailleuses, les bois et les forêts, les vallons encaissés. Dans le Bassin méditerranéen, il se réfugie au bord de l’eau.

 Utilisation :
Il est souvent associé, dans les croyances, à l’idée de fécondité, d’abondance ou de mystère.
Ses fourches à deux branches servaient de « baguette » aux sourciers.
Ses fruits apparaissent en été et sont mûrs en septembre. Ils donnent une huile fine, douce, parfumée, bonne pour la peau.
Les noisettes sont un aliment riche, réputé bénéfique pour le système nerveux. Des tisanes qui les mêlent aux feuilles facilitent le bon fonctionnement des appareils urinaire et circulatoire. Ses rameaux sont utilisés en vannerie.

 Comestibilité :
Les noisettes étaient déjà fort recherchées par les hommes de la Préhistoire !
Fraîches ou sèches, elles accompagnent aussi bien les plats salés que sucrés et entrent dans la confection de pâtisseries, confiseries, pâte à tartiner.
Elles sont croquées parmi les quatre « mendiants » ou les treize desserts du réveillon.
L’huile de noisette est très bonne dans les salades.

Les reliques de Sainte-Christine

de Solliès-Pont

Elles se situent dans la chapelle Sainte-Christine et sont déplacées au gré des besoins.

Reliquaire de Sainte-Christine, Solliès-Pont.

Reliquaire réalisé en 2009 par M. Yves Rouvier, d’Hyères.

Messire Jean François Le Roux (1722-10.1788), curé du bourg du Pont de Solliès, fait don à la communauté de Solliès le 7 mai 1769 d’une relique de Sainte-Christine de Tyr procurée par l’évêché de Carpentras (Mgr Joseph 1er Vignoli) qui l’avait reçue de l’archevêque de Palerme comprenant la mâchoire inférieure et dix dents. Cette relique est rendue au culte le 22 avril 1804 par les héritiers du père Joseph Marie Bernard, curé de 1789-1794 qui les avait sauvées durant les troubles de la Révolution.

Sainte Christine : jour de mort : 20 juillet, vers l'an 300.
Tombeau : à Palerme en Sicile [1].
Image : celle d’une jeune fille, avec divers instruments de torture.
Vie : nous devons distinguer deux saintes de ce nom. La première était originaire de Bolsena ; la seconde vécut à Tyr et est honorée comme grande martyre chez les Orientaux. C’est aujourd’hui la fête commune de ces deux saintes.
Voici le texte du Martyrologe sur la sainte d’Occident. « À Bolsena, en Toscane, mort de sainte Christine, vierge et martyre. À l’âge de onze ans, elle brisa, en témoignage de sa foi, les idoles d’or et d’argent de son père et les distribua aux pauvres. Sur l’ordre de celui-ci, elle fut lacérée de coups, soumise à divers tourments et jetée avec une lourde pierre dans la mer ; mais un ange la délivra. Plus tard, sous un autre magistrat, successeur de son père, elle subit avec une admirable constance de nouveaux supplices plus terribles encore. Elle acheva enfin sa glorieuse carrière après avoir été jetée dans une fournaise ardente où elle resta cinq jours sans en être incommodée, après avoir triomphé par la force du Christ de tous les artifices, été transpercée de traits et eu la langue arrachée ».
Son tombeau fut découvert en 1886. De l’examen de ses restes, on peut conclure qu’elle mourut très jeune ; tout au plus avait-elle quatorze ans.

 

Translation des reliques de Sainte-Christine

BMS, Solliès-Pont, AD 83130. 7E 137_2, p. 562, f° 13v-14r.
L’an mil sept cent soixante neuf et le seize du mois de
mai troisième fête de la pentecôte sur les cinq heures de relevées
je soussigné curé de cette paroisse assisté de mre marc
Girard curé de St Michel la ville, de mres jean joseph
Ricard, de louis Barthélemi secondaire de la dite
paroisse, de mre Pelegrin desservans la succursale de
la farlede, de mre Rastin secondaire de cette
paroisse ; (mres jaques Dollieulle et françois Dollieulle
les deux autres secondaires se trouvans indisposés) de
mre joseph Icard secondaire des Toucas, ai fais par
une procession generale la translation de la machoire
inférieure de Sainte-Christine patronne de cette communauté
deposée dans l’eglise des R.R. p.p. capucins de cette
paroisse, à la quelle machoire il y a encore dix dents
attachées. Cette precieuse relique m’a été donnée par
mgr de Vignoli eveque de Carpentras, qui la retiré
de l’eglise du college de sa ville episcopale ou elle avait
été mise par mgr Abbati l’un de ses predecesseurs qui
l’avait reçue de mgr l’archeveque de Palerme le sceau
en forme probante avec preuves légales verifiés par
mgr de Lascaris des comtes de Vintimille eveque de
Toulon, le dix huit avril dernier qui a placé la dite
2/ Translation des reliques de Sainte-Christine
machoire dans le buste de Sainte-Christine en presence
de Srs joseph françois Thollon maire et syndic du corps, de
dominique hyacinthe Sénès aussi syndic aux quels represan
tant la paroisse. J’ai (1) present de la dite relique ainsi
qu’il est plus amplement expliqué dans le procès verbal
dressé à ce suit par le dit seigneur eveque de Toulon
qu’il a enfermé dans le buste de Sainte-Christine avec les
autres authentiques est scellés le dit buste du sceau de ses
armes les susnommés ont signé avec moi.(1) fait
1/ Translation des reliques de Sainte-Christine

Signé : Rastin pbre
f  Thollon
maire et syndic
senes
sindic      le Roux curé
Barthelemy
pbre

Notes :
mre : messire,
mgr : monseigneur,
pbre : prêtre,
R.R. p.p. : révérends pères.
[1] Dom Parsch — des reliques de la Christine de Tyr qui aurait été transférées en Sicile, cf. Pierre Jounel, Le Culte des saints dans les Basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle, École française de Rome, palais Farnèse, 1977, p. 260.
Relique de Sainte-Christine

Échelle : 2 centimes Ø : 18,75 mm.

Viburnum tinus  L.

VIORNE TIN ou LAURIER-TIN

Laurier-tin, Viburnum tinus

Caprifoliaceae - Viburnum tinus-3

Photo : Ettore Balocchi  et  licence

viburnum tinus

Nom provençal :
 - Bagasso (Les Adrets) ;
 - Lauretin
(La Crau).

Famille : ADOXACEAE

Localisation :
Commun, cet arbrisseau à feuillage persistant décore, en plein hiver, les chênaies vertes, les sous-bois et les haies de ses grandes têtes florales blanches, puis de ses fruits d’un bleu métallique, à la fin de l’été.

Utilisation :
Communément cultivé pour ses fleurs. Les fruits étaient utilisés contre l’hydropisie (rétention d’eau dans l’organisme).

Toxicité :
Attention, les fruits ont également la réputation d’être purgatifs !

Caprifoliaceae - Viburnum tinus

Cytisus scoparius  (L.) Link

Gênet à balais, Cytisus scoparius L.Genêt à balais, Cytisus scoparius (L.) Link.

Nom provençal :
 - Ginèsto

Famille : FABACEAE

Genêt à balais, Cytisus scoparius (L.) Link.

Photo : Jon Sullivan  et  License

Tussilago farfara  L.

Tussilago farfara (Coltsfoot)

Photo : Hugh Knott  et  licence
Tussilage ou Pas-d'âne

Nom provençal ;
 - Pas-d'ai ;
 - Erbo-de-la-pato
 ;
 - Cavalino.

Famille : ASTERACEAE

Tussilago farfara, Coltsfoot, Klein hoefblad

Photo : ekenitr  et  licence

Lotus corniculatus  L.

Lotus corniculatus

Lotier corniculé, Lotus corniculatus L.

Nom provençal :
 - Galassoun

Famille : FABACEAE

Lotier corniculé, Lotus corniculatus L.

Paronychia argentea  Lam.

Algerian Tea

Nom provençal :
- Parounico

Famille : CARYOPHYLLACEAE

Photo : Katia Schulz  et  licence
Paronyque argentée, Paronychia argentea Lam.

Morus nigra  L.

On a l’habitude d’évoquer le Mûrier (amourié en provençal) pour ses feuilles, tant elles sont associées à l’élevage des vers à soie. C’est d’ailleurs dans le but de développer cette activité qu’a été importé en France - via l’Italie - cet arbre exotique originaire d’Asie, surtout à partir du XVIIe siècle.
Bien que la sériciculture ait été abandonnée depuis bien des années, les Mûriers sont encore présents dans nos paysages, bordant certains chemins ou allées de bastides, en périphérie de vignes ou à proximité des maisons. Mais, ayant perdu leur intérêt économique, ils tendent à disparaître, sauvés parfois par l’ombrage qu’ils apportent. Mais intéressons-nous à son fruit, récolte mineure quelque peu délaissé ou ignoré dans la tradition locale. Il mérite qu’on s’y attarde davantage.
Mûrier noir, Morus nigra
Le Mûrier noir
Il en va autrement du fruit du Mûrier noir (Morus nigra), introduit du Moyen-Orient beaucoup plus tôt en Europe que le Mûrier blanc. Il est inscrit dans la pharmacopée depuis l’Antiquité pour ses vertus astringentes, laxatives, pour lutter contre les maux de gorge, etc. Il est également présent dans la culture méditerranéenne comme aliment, consommé frais ou séché, sous forme de sirop ou en confiture. Il était, paraît-il, planté à proximité des poulaillers, car le fruit était très apprécié des volailles.
Pour distinguer le mûrier noir du mûrier blanc : 
«
Reconnaître le Mûrier noir »
Mûrier noir.
Le Mûrier blanc
Si la mûre du Mûrier n’a pas une grande renommée, c’est parce que, dans le Var, on rencontre principalement des Mûriers blancs (Morus alba), espèce largement préférée pour la sériciculture : de croissance plus rapide et réputée meilleure pour l’élevage des vers à soie que le Mûrier noir. Et son fruit (qui peut être de couleur blanche, jaune, rose, mais aussi noire), bien que sucré à maturité, est beaucoup moins parfumé et plus fade que le fruit du Mûrier noir (dont la couleur est noire ou rouge foncé).
Mûrier blanc, Morus alba L.
Mûrier blanc, Morus alba. Photo : Forest and Kim Starr
Néanmoins, certains « anciens » de nos villages rapportent qu’en des temps où les fruits ne circulaient pas autant et ne se trouvaient pas aussi facilement qu’aujourd’hui, on ne dédaignait pas se régaler de cette production secondaire et gratuite.
Hormis cet exemple, il n’existe pas localement, à ma connaissance, de tradition culinaire, comme il peut y en avoir ailleurs dans la région méditerranéenne (si des lecteurs ont des informations à ce sujet, nous serons heureux de les recueillir). Pourtant, aujourd’hui, on montre pour ce fruit un intérêt certain ; on trouve notamment à la vente des mûres blanches séchées, dont on vante les vertus toniques et stimulantes, pour leur teneur en fer, en vitamine C et en antioxydant.
Lire l’article sur la fructification du Mûrier blanc, de l’association « Fruitiers rares »
D’autres espèces à fruits savoureux
D’autres espèces de mûriers présentent des fruits aux qualités gustatives, comme le Mûrier platane (Morus Kagayamae), originaire du Japon. Bien qu’il ait des fruits délicieux, on plante le plus souvent, pour l’ombrage qu’il procure, une variété sans mûre pour éviter de tacher terrasses ou voitures.

Citons encore le Mûrier multicaule (Morus multicaulis), originaire de Chine ou le Mûrier rouge (Morus rubra), provenant d’Amérique du Nord, dont les variétés sont autant de promesses gustatives.

Un pépiniériste ayant une très belle collection de mûriers :
http://www.cochetfrederic.com/muriers-a-fruits.html

Si ailleurs des études ont permis d’identifier des cultivars (variétés locales), à ma connaissance, aucune étude n’a été réalisée dans le Var. N’ayant plus d’intérêt économique, l’arbre est menacé et disparaît progressivement devant l’extension urbaine notamment, ou par simple abandon. Il mériterait d’être étudié et préservé. Et si sa feuille n’est plus un argument, peut-être son fruit saura-t-il séduire les papilles et contribuer à le sortir de l’oubli.

Sources :
— Une conférence sur « Le Mûrier, de la Chine aux Cévennes. »
de Jean-Paul Roger, ancien responsable du Conservatoire botanique de Porquerolles.
— Lieutaghi (P.), Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux,
Éditions Actes Sud.
— Fattori (Y.), La soie de la graine au tissu, la sériciculture dans le Var,
Société nouvelle Imprimerie dracénoise, 1989.

Laurent Boudinot
Conservatoire du Patrimoine.

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Onosma tricerosperma  Subsp.  fastigiata

Onosma fausse vipérine, Onosma tricerosperma

Nom provençal :
 - Arcaneto

Famille : BORAGINACEAE

Onosma fausse vipérine, Onosma tricerosperma

Photo : Xavier Béjar  et  licence

Cistus salviifolius  L.

Ciste à feuilles de sauge, Cistus salviifolius

Nom provençal :
 - Messugo ;
 - Tarrèbou

Famille : CISTACEAE

Localisation :
Maquis, garrigues, surtout sur silice.

Utilisation :
Plante ornementale résistante à la sécheresse.

  • Ciste à feuilles de sauge, Cistus salviifolius
  • Ciste à feuilles de sauge, Cistus salviifolius
  • Ciste à feuilles de sauge, Cistus salviifolius

Quercus ilex  L.

CHÊNE VERT  ou  YEUSE
Chêne vert, Quercus ilex L.

Quercus ilex L.

Nom provençal :
 - Éuve

Famille : FAGACEAE

Localisation :
Forêts, garrigues, maquis rocheux. Rustique et de croissance lente, il résiste très bien aux embruns.

Utilisation :
Bois de chauffage excellent, utilisé en grandes quantités pour la fabrication du charbon de bois dans les charbonnières.

Comestibilité :
Les glands de nombreuses espèces de chênes ont été consommés par l’homme depuis la nuit des temps. Parfois ils sont doux et peuvent être mangés grillés ou bouillis. Mais bien souvent, ils sont amers à cause de la grande proportion de tanin qu’ils renferment et qui, ingérée en grande quantité, peut provoquer des troubles digestifs.
Heureusement, le tanin est soluble dans l’eau et peut être éliminé. Il suffit de hacher finement les glands, ou de les écraser, et de les faire bouillir à plusieurs eaux jusqu’à disparition de l’amertume, puis de les manger sous forme de bouillie salée ou sucrée.

Chêne vert, Yeuse, Quercus ilex L.

Chêne vert, Quercus ilex L. Photo : Stadtkatze  et  licence.

Hedera helix  L.

Lierre, Hedera helix L., tronc.
Lierre, Hedera helix L.
Lierre, Hedera helix L.

Nom provençal :
 - Héouré 

Famille : ARALIACEAE

Le Lierre est accusé à tort de mille maux…
Il ne parasite pas les arbres, ni ne les étouffe, bien au contraire, mais il leur confère fraîcheur et protection et attire nombre d’insectes - grâce à ses fleurs mellifères - et d’oiseaux grâce à ses fruits.

Localisation :
Liane commune, bois, falaises ombragées, forêts humides.

Utilisation :
- Utilisé en bain contre la cellulite ;
- Infusion appliquée en compresses sur les brûlures et les gerçures ;
- Propriétés expectorantes (traitement de la toux et des affections bronchiques).
Exemple : le Lierre est resté célèbre, dans la mémoire des gens, comme traitement spécifique de la toux. La méthode consiste à couper un vieux tronc, à creuser un trou dans le bois pour y laisser macérer un peu de vin quelques heures. Il faut ensuite boire ce vin qui acquiert des vertus anticoquelucheuse et antitussive.

Toxicité :
Les fruits sont faiblement toxiques (surtout chez les enfants).

Lierre, Hedera helix L., sur un tronc d'arbre.

IMG_1561

Photo : Cassiopée2010  et  license

Le Lierre des poètes

Lierre, Hedera helix L., sur un arbre.
Sur l’écorce des arbres… Photo : rascal tinain
Sur l’écorce des arbres, le long des murs…
Le Lierre grimpe partout où il trouve support à ses crampons et peut atteindre jusqu’à trente mètres de long, si bien qu’avec son feuillage, il recouvre parfois des murs entiers dont on oublie l’existence. L’espèce la plus répandue est le lierre commun Hedera helix.
En Orient comme en Occident, le Lierre est vite devenu le symbole de l’attachement affectif et de la fidélité, voire de l’amour étouffant. Une devise lui est associée :
« Je meurs ou je m’attache ».
On le considère d’ailleurs à tort comme l’égal du gui, un parasite qui se nourrit de la substance des arbres à leurs dépens et qu’il faut détruire.
Pourtant, cette liane aime s’agripper aux écorces rugueuses, comme celles des chênes, uniquement pour s’élever vers la lumière ! D’ailleurs, lorsqu’elle ne trouve pas de tuteur, on peut également la retrouver au ras du sol sous forme de vastes tapis.

Le Lierre joue un rôle très important dans l’équilibre de la biodiversité. Avez-vous déjà remarqué qu’il est en fleur à la saison où toutes les autres plantes s’apprêtent à entrer en dormance ?
Plante mellifère, elle permet aux abeilles de compléter leurs provisions d’hiver et une abeille solitaire, l’abeille du Lierre, lui est directement liée.

Lierre, Hedera-helix L., abeille du lierre.

Abeille du Lierre. Photo stanze  et  license

Les fruits - de petites baies noir bleuté et toxiques pour l’homme - se forment dès le mois de janvier et régalent de nombreux oiseaux, tels que les grives, les merles et les pigeons ramiers, alors que les autres graines se font rares à cette saison.

Ivy berries

 Le feuillage du Lierre sert également de refuge à de nombreuses espèces. Les oiseaux n’hésitent pas à venir y dissimuler leur nid tandis que le Gonepteryx rhamni, un papillon, s’y camoufle pour passer l’hiver.

C’est donc un véritable réservoir de biodiversité !

Désormais, lorsque votre regard se posera sur cette liane, vous saurez saisir toute la poésie qu’elle recèle dans ses feuillages. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que, dans l’Antiquité, les poètes grecs et romains les plus méritants se couvraient de lierre !

Baies du Lierre, photo : countrygirlatheart et license

Utilisations :

Le lierre a des propriétés tinctoriales reconnues depuis longtemps.
Une fois écrasées, les baies bleu-violet peuvent être utilisées
pour teindre la laine en violet.
Ajoutez un peu de cendre à la décoction et vous obtiendrez un beau vert !
Quant à la sève, récoltée au printemps, elle prend une couleur rouge en cuisant et servait à colorer les peaux de chèvres ou de moutons.
Dans le Midi, on fabriquait également de la « lessive de lierre »,
qui ravivait les étoffes noires.
Texte : Mélanie ROBEAU, animatrice du Conservatoire du Patrimoine.
Références bibliographiques : RENAULT J-M., La garrigue grandeur nature,
RAMEAU, MANSION, DURRIO, GAUBERVILLE, Flore forestière française, guide écologique, tome III, région méditerranéenne,
SCHAUENBERG, PARIS, Guide des plantes médicinales.

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