Patrimoine culturel

Un Solliès-Pontois ami de Frédéric Mistral :

Célestin Sénès, dit
La Sinso

(d’après une étude de Roseline Martano, que nous remercions).
Célestin Sénès
Célestin Sénès est né le 3 février 1827 à Solliès-Pont, au no 91, de la rue Royale (actuelle rue de la République). Une plaque rappelle aux passants cet évènement.
Son père Jean-Baptiste Sénès (Solliès-Pont, 1784-1855) tenait une boulangerie ; sa mère, Rose-Victoire Gueit (Solliès-Pont, 1791-1867), se trouvait également être fille de boulanger.
De leur mariage célébré en 1817 naquirent quatre enfants : Madeleine (1817), Joseph (1820), Louis (1823) et notre Célestin.
Plaque La Since. « DANS CETTE MAISON EST NÉ LE 3 FÉVRIER 1827 SÈNÈS J-BTE CÉLESTIN DIT LA SINCE ÉCRIVAIN PROVENÇAL »
Le futur La Sinso se tourna d’abord vers les ordres. Il eut pour maître l’abbé Joseph-Charles Terrin (Solliès-Pont, 1792-1872), homme de lettres, historien de la Provence, théologien et philosophe. Puis ce fut le départ pour le petit séminaire de Brignoles... mais Célestin n’avait pas la vocation ! Ne supportant pas de rester enfermé, épris de liberté, il semblait plus enclin à faire l’école buissonnière qu’à suivre des études. Envoyé alors au collège de Toulon, situé à cette époque au 96, du cours Lafayette, il y achèvera ses humanités. Tenté un moment par des études de médecine, il dut abandonner le bistouri car, de nature sensible, on raconte qu’il ne supportait pas la vue du sang ; en 1844 il entra alors dans l’administration de la Marine.
Lors d’un séjour de dix ans à Alger, le journal républicain L’Algérie lui ouvrit ses colonnes ; c’était pour lui le début de sa vie littéraire.
Entré à l’Académie du Var en 1869, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur en 1880. À côté de sa carrière professionnelle, Sénès se consacrait au journalisme et à la littérature, signant ses articles du nom de La Sinse (La Sinso en provençal).
Ses publications, provençales ou françaises :
Lou Teatre de Besagno ;
Lei Mesquins, gagno-pichoun e mestierau moudèste ;
Les aventures du Sire de Canto-Grillet ;
Les sobriquets ;
Les animaux ne sont pas bêtes ;
Moulusque e Cruvelu ;
Le siège de Toulon en 1793 ;
Un pin fa un pin ;
Une consultation chez la baile ;
Provence, vieilles mœurs, vieilles coutumes.
Mais son œuvre majeure reste sans conteste les Scènes de la Vie Provençale parues en 1874, composées de 34 chapitres qui sont autant de vivants et pittoresques tableaux de la vie populaire de cette fin de XIXsiècle à Toulon. Quelques années plus tard, Mistral lui décernera le prix de la Prose provençale lors de la Santo-Estello organisée à Hyères en 1885.
Scènes de la vie provençale, par C. Sénès dit La Since
Félibre, notre auteur va écrire en avril 1881 à Frédéric Mistral, lui offrant un exemplaire de son ouvrage. S’ouvre alors une longue et amicale correspondance entre les deux hommes, qui ne se terminera qu’à la fin de 1904, à peu près au moment où Mistral, au zénith de sa renommée, se verra remettre le prix Nobel de littérature.
La Sinso, très attaché à la langue de Provence, défendra jusqu’au bout son cher parler toulonnais, conscient de ce qu’il constituait le meilleur moyen de toucher les gens, de les déculpabiliser de parler le provençal et le français populaire de notre région.
Sentant la fin de sa vie proche, il envoie ce qui devait être sa dernière lettre à Mistral avec ces quelques mots d’amitié où l’on découvre qu’il tutoyait le poète : « Adiou, moun beou é la bouano saru, à tu, à la vido à la mouart ! » (Adieu, mon beau, salut à toi, à la vie à la mort !)

Deux jours après le décès de Célestin Sénès, survenu le 19 janvier 1907, Mistral écrit à sa veuve :

« Chère Madame,

 

Nous prenons, ma femme et moi, une part des plus vives au grand deuil qui vient de vous frapper en la personne de mon excellent ami La Sinso, dont j’appréciais de longue date les qualités de cœur autant que celles de l’esprit. Le fidèle Provençal que fut La Sinse a stéréotypé, dans un genre qu’il créa, la bonhomie originale des braves gens du peuple qui vivent notre langue en toute naïveté. Ses recueils d’observations, cueillies à fleur de foule avec un art très personnel, resteront comme des médailles frappées en l’honneur du peuple, de ce bon peuple de Toulon qu’il connaissait mieux que personne.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression affectueuse de nos condoléances. »

Frédéric Mistral

Depuis le 21 mai 1978, la voie qui longe l’école Émile Astoin entre le quartier de la gare et le Gapeau est dénommée avenue de La Sinse, inscrivant ainsi dans l’espace le souvenir de cet illustre enfant de Solliès-Pont.
La Sinse, lettre légion d’honneur

Lettre de La Sinse  du 7 mars 1889 ; réclamation auprès du grand chancelier de la Légion d’honneur.
Ministère de la Culture — fond Léonore.

Lei  pignen

(LES CHAMPIGNONS)

En provençal, le nom générique donné aux champignons est celui du champignon le plus apprécié, le plus recherché dans chaque coin de notre région. Ainsi, à Nice, les champignons se diront : lou boulet, car les cèpes y sont très appréciés ; dans le pays de Durance, ce sera lei bourigoulo, c'est-à-dire les morilles ; et pour le Var, le champignon le plus recherché étant le lactaire sanguin, nommé lou pignet, ou lou pignen, c'est par cette même appellation que l'on va désigner l'ensemble des champignons.

Lactaire délicieux, Lactarius deliciosus
Lactaire délicieux, Lactarius deliciosus.

 

Un témoignage
« Sian d'autouno, e emé lei plueio de Sant Miquèu, lei pignet an espeli d'aqui ou d'eila. Coumo cade an, d'escabouat de gènt de la vilo soun esta aganta pèr la fèbre cuierello, ce que si coumpren talamen la sesoun es bello. Lou blu dóu cièl es seren, lei proumiérei rouado rèndon l'èr fin, lou tèms sèmblo suspendu. Lou verd dóu reviéure e dóu germe es quàsi printanié. Tambèn cade dissato, lei rabaiaire, lei remassaire, leis acampaire de touto meno soun pèr orto, au nouastre, à mouloun. Es uno foulié que de còup pauvo proublèmo, mai qu'es touto recènto. 'Ceta dóu coustat d'Anouot, ente lei fróunzi soun toujour agu un revengut pèr lou mounde, lei pignet, au nouastre, èron pas tant presa qu'acò dins lou tèms. D'en proumié, n'in 'vié bèn gaire, que li'vié pas tant de bouas ni de pin, au nouastre. Puei lei peïsan, d'autouno, avian gaire tèms d'ana barroula dins lei travès, que lou travai pressavo : foulié laura, samena, derraba lei trufo, cuhi lei poum, lei pero, garda l'avé, faire de bouas pèr l'ivèr ; enfin, lou pignet degaiavo fouarço òli, e nourrissié gaire. E d'ùnei d'aiours dihien d'éu qu'èro « lou cementèri de l'òli » ! E puei, lou mounde si mesfisavon, e lei counouissien gaire, fin finalo. Si manjavo de segur lei sanguin, cue sus lou poualo, ou au four, emé de sau e d'òli, à la sartan emé d'aiet, de juvert, ou en fricot, emé de trufo, de cebo, e un bouan moussèu de lard.
Encuei, la civilisacien dei lesi nous a fa counouisse despuei gaire de tèms lei griset, lei pèd-de-moutoun, lei pèd-blu, leis aureieto que si regalan de manja, de fa seca ou de metre en counservo. »
Traduction
Nous sommes en automne, et avec les pluies de la Saint-Michel (29 septembre) les champignons sont sortis d'ici de là. Comme chaque année, des troupeaux de citadins ont été pris de la fièvre de la cueillette, ce qui se comprend tellement la saison est belle. Le bleu du ciel serein, les premières gelées blanches rendent l'air fin, le temps est comme suspendu. Le vert du regain et de l'herbe est presque printanier. Aussi chaque samedi, les ramasseurs de tout poil sont-ils de sortie, chez nous, en très grand nombre. C'est une folie qui certaines fois pose problème, mais qui est toute récente. Excepté du côté d'Annot, où les cèpes ont toujours représenté un revenu pour le monde, les champignons, chez nous, n'étaient pas aussi prisés que cela dans le temps. Premièrement, il s'en trouvait bien peu, car il n'y avait pas beaucoup de bois ni de pin, par ici. Et puis les paysans, l'automne, n'avions pas trop le temps d'aller circuler dans les travers des forêts, car le travail pressait : il fallait labourer, semer, arracher les pommes de terre, cueillir les pommes, les poires, garder les moutons, faire du bois pour l'hiver ; enfin, le champignon nécessitait une grosse quantité d'huile d'olive, et il n'était pas bien nourrissant. D'ailleurs certains disaient de lui qu'il était le cimetière de l'huile ! Et enfin, les gens se méfiaient, et on ne les connaissait guère, finalement. On mangeait bien sûr les sanguins, cuits sur le poêle, ou au four, avec du sel et de l'huile ; à la poêle avec de l'ail, du persil, ou en ragoût, accompagné de pommes de terre, d'oignon et d'un bon morceau de lard.
De nos jours, la civilisation des loisirs nous a fait connaître depuis peu de temps les tricholomes couleur terre, les pieds-de-mouton, les pieds-bleus, les girolles que l'on se régale de manger, de faire sécher ou de mettre en conserve.
Bolet rude, Leccinum scabrum, ex boletus scaber bolet scaber
Oronge vraie, Amanita caesarea. 638 x 800
Bolet rude, leccinum scabrum, (ex : boletus scaber, bolet scaber).
Oronge-vraie, Amanita-Caesarea.

 

Consulter la page : Exposition mycologique 2015

Consulter la page : Exposition-mycologique 2013

Bibliothèque :

Consulter l'ouvrage : Champignons de Provence et du Midi méditerranéen

LES SANTONS,
ambassadeurs de la cuisine provençale traditionnelle

Femme à l'agneau et au pot a lait, femme et homme à la brousse.
Les traditions culinaires provençales

Les santons de la crèche
ou
Les santons ambassadeurs de la cuisine provençale traditionnelle

 

Pour Noël les Provençaux font : « cacho fio » en formulant les vœux du Nouvel An. Après les vœux, suit le « gros souper », qui était pris entre 19 h et 21 h. C’est au retour de la messe de Minuit que les Provençaux consommaient les « treize desserts… »

Bien sûr nos santons apportent à la crèche, en un cortège d’offrandes tous les éléments nécessaires à cette nuit de Noël, mais encore tout ce qui entre dans d’autres recettes incontournables de notre Provence, telles que l’aïoli, la bouillabaisse, la daube, les pieds et paquets, et autres savoureuses préparations.

Le Gros Souper doit compter sept plats :
1 — la soupe à l’ail, ou « aïgo boulido sauvo la vido », autrement dit l’eau bouillie qui sauve la vie. Préparée avec de l’ail, de la sauge, additionnée d’huile d’olive « fiéu d’oïli » versée sur du pain rompu (le pain calendal) ;
2 — le céleri à l’anchoïade, « bagna caudo » qui apporte vigueur aux convives ;
3 — le gratin d’épinards ou« tian d’espinarc », ou le gratin de blettes ;
4 — l’omelette d’oignons, « meleto de cebo » , ou la brouillade de truffes ;
5 — la morue en brandade, « marlusso en brandade » ;
6 — les cardes au jus, « cardoun emé jus » ;
7 — l’omelette d’herbes, « meleto d’erbo ».
Ce gros souper était copieux, mais maigre, sans fromage et sans fruits.
 
Quant aux treize desserts, ils peuvent être très variés d’un pays de Provence à l’autre. Mais, partout ils comptent les quatre mendiants :
1 — les figues sèches blanches, blanquettes ou marseillaises, « figo seco », qui symbolisent l’Ordre des franciscains ;
2 — les noix ou les noisettes « lei avelano » figurent la robe des Augustins. C’est de l’énergie pour l’hiver ;
3 — les amandes « lei amelo », elles représentent les Carmes qui vont pieds nus. Ce sont des constituants énergétiques qui entrent dans la constitution du nougat ;
4 — les raisins secs « lei raisin », issus des grappes de clairettes, ils représentent l’Ordre des frères dominicains ;
Outre les quatre mendiants, on dispose des fruits frais
5 — les poires « pero » qui sont nommées :« Bon chrétien d’hiver » ;
6 — les pommes « poumo » et plus précisément les rainettes, qui rafraîchissent les convives ;
7 — le « verdau », melon de Noël, retenu pour la fraîcheur de l’esprit ;
8 — les raisins blancs frais, les « panses muscades », aujourd’hui « les italia » qui sont signes de vitalité ;
9 — les oranges « lei aranje », qui apportent arôme et fraîcheur. L’orange était rare en ces temps reculés. Seuls « les picons » étaient vendus à la sauvette à Marseille au prix de deux liards (un quart de sou). Elles avaient la vertu dit-on, de faire réussir, dans l’année à venir, les vœux formulés dans le silence du cœur ;
10 — les dattes « lei dàti » étaient aussi une rareté. Mais elles symbolisent la sauvegarde de la Sainte Vierge. En effet, le noyau est marqué par un« O ». Exclamation de la Vierge lors de la fuite en Égypte où elle découvrit ce fruit et dit « O ! Le beau fruit » et s’en délecta.
11 — les prunes, jadis « les brignoles » ou « pistoles » car séchées épluchées elles étaient jaune comme les pièces d’or espagnoles. Elles étaient connues dans toute la Provence. De nos jours elles sont remplacées par les pruneaux ou les abricots secs.
12 — la pompe à l’anis ou à l’orange, gâteau qui pousse le convive à boire un peu de vin cuit pour faire glisser les bouchées. La pompe se présente sous diverses formules et appellations : pompettes à l’anis dans le var, pompe à l’huile à Marseille, « gibasié » en Avignon, fougasse à Arles. Ces gâteaux sont gages de réussites et ne doivent pas être coupés, mais rompus comme « le pain calendal », sous peine d’être ruinés dans l’année ;
13 — le nougat noir, qui nous vient des Maures. En effet, le petit page du roi d’Arabie qui avait dans son vêtement une barre de nougat que lui avait donné sa maman ; tout tremblant d’émotion devant l’Enfant Jésus, la lui offrit.

 

C’est depuis plus de 2000 ans que le nougat est connu en Provence

D’autres déserts sont disponibles tels que : Le cédrat confit, les arbouses, les sorbes, les calissons d’Aix-en-Provence, traditionnels depuis 1473, la pâte de coing « pasto de coudoun » qui est signe de richesse. Le nougat blanc complète les friandises de Noël qui se terminait en cette nuit dans la joie et en dégustant un petit verre de « sauve chrétien, lou sauve cristian », grains de raisins blancs macérés dans du marc de Provence.
Nous aurons bien sur le plaisir de découvrir d’autres santons offrant les ingrédients nécessaires à bien d’autres recettes provençales.

Joyeux Noël et bonne et heureuse année ! À tous

Jean-Paul Forêt

Santons : femme et homme au melon.
Santons : homme et femme à la tresse d'ail.
Antonius Arena jeune, dessin portrait (détouré) à la sanguine.
 

Les journées arenaïques 2016

du 27 mai au 4 juin

 

— 26 au 29 mai 2016 : exposition : Antonius Arena 2016 à Solliès-Pont ;
— 27 mai 2016 : conférence : Antonius Arena soldat de François 1er à Solliès-Ville ;
— 28 mai 2016 : conférence : Antojnius Arena et la danse à Solliès-Pont ;
— 28 mai 2016 : exposition : Antonius Arena 2016 à Solliès-ville ;
— 28 mai 2016 à Solliès-Pont spectacle Les basses danses par les groupes de traditions provençales Lei Ginèsto et la Souleïado ;
— Édition d’un ouvrage : Antonius ARENA 1500 - 1544.

 
 

Compte rendu

Sévery Christian, portrait d'Antonius Arena.

Antonius Arena, de son nom français Antoine Arène, est né à Solliès, probablement en l’an 1500. Étudiant en 1519 à l’Université de droit d’Avignon, ses études sont perturbées par la peste, puis par la guerre.
Son engagement dans les armées de Saluces l’amène en Italie où il participe à la défense de Rome avant d’être fait prisonnier. Libéré après la capitulation, il retourne en France sans ressources, et décide de donner des cours de danse qui lui assurent un maigre revenu. À nouveau enrôlé dans la cavalerie du capitaine Lautrec, en 1528, il revient à Solliès écrire Ad suos Compagnones, puis s’installe à partir de 1536 à Aix-en-Provence.
Quand le 24 juillet, Charles Quint attaque la ville, il prend les armes pour la défendre, puis fuit avec tous les habitants. Après cette campagne il écrit : Meygra entrepriza catoliqui imperatoris.
Sa maison natale pillée par l’ennemi et dépourvu de revenus, il sollicite une charge juridique. En 1537, il est nommé juge royal de Saint-Rémy-de-Provence et meurt en 1544 dans l’exercice de ses fonctions.

 
 

 Antonius de Arena provençalis, de bragardissima Villa de Soleriis

AD SUOS COMPAGNONES STUDIANTES, 
qui sunt de persona friantes, bassas
 Dansas & Branlos practicantes, nouuellos
 quamplurimos mandat.
Conardorum Abbatis Yo, de Rothomago, in lucem enuoyatus.

M. DC. LXX., in-12, 191 p., est divisé en deux parties. Seule la première partie jusqu’à la page 96 contient les textes d’Antonius Arena. La deuxième partie contient la Guerre Huguenote de Rémy Belleau (1528-1577) et des poèmes macaroniques de Bartholomé Bolla.
Reproduit grâce à l’aimable autorisation du propriétaire (2016).

Consulter le livre :

Antonius ARENA

 

 

Le Moyen Âge et la Renaissance
dans les manuels et documents scolaires

Exposition par le Musée de l’École publique
(à La Farlède, avenue de la Libération)
27 au 31 mai 2016
Entrée libre

cadre vide
Musée de l'École publique de la Farlède

 

 

Antonius Arena soldat de François Ier

Conférence par Madame Marie-Joëlle Louison-Lassablière,
à Solliès-Ville, salle du Moulin d’Oli,
vendredi 27 mai 2016
Entrée libre

Affichette Antonius Arena Charles Quint

 

 

 Antonius Arena et la danse

Conférence par Madame Marie-Joëlle Louison-Lassablière,
Château de Solliès-pont, salle Eugène Baboulène
samedi 28 mai 2016
Entrée libre

Antonius Arena Danse, conférence, Louison-Lassablière. 495x700.
Conférence à Pont

La conférence.

 

 

 Les basses danses

Textes et danses d’Antonius Arena
Spectacle avec l’association la Souleiado et l’association lei Ginèsto,
Château de Solliès-Pont, dans la cour intérieure,
samedi 28 mai 2016
Entrée libre

Les basses danses, Antonius Arena
spectGinesto1W
spectGinesto2W

Lei Ginesto.

Lei Ginesto.

spectSoule1W

La Souleiado.

spectSoule2W

La Souleiado.

A1 Champaigne c
B1 Basse danse commune (lei Ginèsto)
A2 Quant je voy iver retorner (la Souleïado)
B2 La grant douleur (lei Ginèsto)
A3 Branle (la Souleïado)
A4 Gaillarde (c)
B4 Bon temps (lei Ginèsto)
A5 Pavane (la Souleïado)

Final

Final (la Souleïado et lei Ginèsto).

 

Exposition à Solliès-Pont

Château de Solliès-Pont
salle Eugène Baboulène
26, 27, 28 et 29 mai 2016
Entrée libre

cadre vide
Invite Expo à Pont
Beret Écomusée Solliès-Pont

 Entrez… c'est par ici !

Le béret (boretum arenaicum), réalisé par les Petites mains.

 

 

 Exposition à Solliès-Ville

Salle du Moulin d’Oli
2, 3 et 4 juin 2016
Entrée libre

Affichette Antonius Aréna, exposition, Solliès-Ville.
Expo AA à Ville 1
Expo AA à Ville 2
Expo AA à Ville 3

Entrée du Musée du vêtement provençal, rue Marseillaise, Solliès-Ville.

Sanguine de Cristian Sévery et le «boretun arenaicun » réalisé par les petites mains.

Stand d'accueil de l'Écomusée.

 

 

Le testament

Transcription Jocelyne Renoux - décembre 2019 :  orthographe respectée (ajout de l’accentuation et ponctuation ainsi que des abréviations pour une lecture plus aisée, marges en italique pour les distinguer du texte). Les définitions des notes : Dictionnaire du moyen français, Algirdas Julien Greimas, Teresa Mary Keane. Larousse.

AD VAR 3 E 61/25 Me Honoré Viallis Solliès - 6 mars 1542

Testament d'Antonius Arena, page 1.

Première page du testament.

Testament pour Me Anthoine de Arena juge de Sainct Remy

Lan à la nativité notre seigneur mil cinq cens quarante deux et le sixiesme jour du moys de mars, régnant très crestien et excellant prince Francoys premier de ce nom par la grâce de Dieu roy de France, conte de Provence et Forcalquier et terres adjacentes en fellicité et prospérité longuement. A toutz présentz et advenir soit chose notoire et manifeste que personnellement stabillis[1] en présence de moy Honoré Vialis notaire et tabellion royal du lieu de Souliers et des tesmoingz cy après nommés, notable personne Me Anthoine de Arena du présent lieu de Souliers saige[2] ez droict, juge royal de Sainct Rémy, lequel estant en sa bonne ferme et vraye mémoyre et santé de son corps et dessa personne, pensant et considérant que toutes les créatures de ce monde sont subiectes et condempnés à la mort causant le péché de notre premier père Adam et que aulcunesffoys[3] la humaine fragillité troublée, tant par la cogitacion[4] dicelles que grandes maladies corporelles, pourroit dominer la providence[5] de lentendement humain et cest / chouse plus seure faire pendant que lentendement est régy et gouverné par la raison à ung chascun fidel xpien[6] tant pour le sallut de son âme que pour évicter ces hoirs et successeurs de aulcune matière de question et débat, dispouse[7] et ordonne des temporelz à luy par Dieu en ce monde donnés. Actendu et considéré mesmement que il ny a chouse plus doubteuse[8] que lheure de ladite mort et trépas de ung chascun et que adevantz les langueurs et maladies corporelles tant plus est à craindre et doubter le approchement de lheure de icelle. A cause de quoy ledit testateur que dessus de son bon gré, certain scavoir et propre mouvemant[9], a faict et ordonné, faict et ordonne son dernier testament nuncupatifz[10] et sa derrière[11] volunté nuncupative et disposition finale et extrême de toutz et chascuns ses biens, à luy par Dieu en ce monde donnés, à la forme et manière que sensuyt. Et permièrement[12] pour ce que les chouses spirituelles sont plus dignes que les temporelles et à icelles doibvent estre préservés ; commanssant sondit testament par le signe de la saincte croix, disant au nom du père et du filz et du benoist Sainct Esperit comme vray et fidel xpien a recommandé son âme, quant par la permission divine sera séparée de son corps, à Dieu le créateur et rédempteur de tout le humain lignage que la fait et formé, à la glorieuse vierge Marie/ (CCXII) sa mère et de toutz les sainctz et sainctes de paradis et a esleu saincte sepulture à sondit corps et voulu estre ensepvelly et thumulé[13], sil advient quil meure et finisse ses jours au présent lieu de Souliers, dans le cimitiere de Sainct Esperit dicelluy. Et a voulu et ordonné que ses hoirs soyent tenuz poyer[14] aux prebtres[15] que seront audit sepveliment et à ung chascun deulx ung gros[16] poyable incontinant après sondit sepvelliment. Item, a voulu et ordonné que sesditz hoirs soyent tenuz faire accompaigner sondit corps de tout le luminaire de léglise du présent lieu de Souliers et icelluy luminaire poyer comme est coustume faire au présent lieu de Souliers. Item, plus a voulu et ordonné ledit testateur que sesditz hoirs soient tenuz faire dire et célébrer incontinant après sondit trespas une nouvene de messe avec lofferande de toutz ceulx qui seront assistantz et les luminaires de ladite église et pour icelle, soient tenuz poyer deux solz pour chascune messe, et le demeurant[17] comme est acoustumé faire au présent lieu de Souliers. Item, plus a voulu et ordonné ledit testateur, pour le salut de son arme[18] et en rédemption de ses péchés et deffaillement, que ses hoirs cy après nommés soient tenuz incontinant après que ladite novene sera célébrée, faire dire et cellebrer ung cantar[19] par les prebtres de léglise du présent lieu de Souliers et aultres qui se vouldront trover[20],  aulquel cantal a voulu estre donné bien et deuement à disner ausditz prebtres et/ à toutz & chascuns ses amys ; et faire aulmonnes générales à toutz et chascuns pouvres[21] venans, et ausditz prebtres deux soulz pour homme. Item, plus au bout et fin de lannée de sondit trespas a voulu et ordonné ledit testateur que soyt faict et célébré ung cantal à la manière que dessus. Item, plus ledit testateur pour le salut de son arme et en rédemption de ses péchés et defaillimentz et de ses predecesseurs a fondé quatre anniversaires perpétuelz dans léglise parrochialle[22] et de Sainct Esperit et de Saincte Croix du présent lieu de Souliers et aux prebtres originaires du présent lieu de Souliers tant presentz que advenir [pour la dotte et fundation desquelz anniversaires a voulu estre poyé par ses hoirs cy après nommés florins quarante monnoye courant en ce présent pays et Comté de Provence dans ung moys après son trespas, donné comme dessus], lesquelz quatre anniversaires seront par eulx célébrés à la manière que sensuyt. Assavoir le premier dans ladite église de Sainct Esperit pour lame de feu Jehan Arena son père toutes les années le premier lundy du moys de janvier, et le second dans ladite église pour lame dudit testateur toutes les années le premier lundy de feuvrier. Et les aultres deux anniversaires seront cellébrés dans léglise parrochialle du lieu tant pour lannée dudit testateur que de Pierre Mathieu et Barthomieu Arena ses frères toutz les premiers lundi du moys de mars et dapvril perpétuellement et sans les pouvoir changer ou muer[23] en aulcune sorte ny fasson. Et en cas que lesdtz prebtres/

(CCXIII) Marge : 1546 et le Xe de avril a esté passée quictan(ce)  .. par Me Honorat Alamandy 


ou ses successeurs ne fassent le divin service que dessus au jour et lieu dessus désignés et spéciffiés ains[24] icelluy changent ou délayent[25] à faire en tout ou en partie, a voulu et ordonné, veult et ordonne ledit testateur que ses hoirs cy après només puissent anuler et révoquer ladite fundation et retirer les deniers de la dotte dicelle et iceulx convertir en aultres euvres pies et spirituelles telles que
bonnes leur sembleront. Et pour ce que la institution des hoirs est le chef et vray fundement de tout dernier testament et de toute disposition finalle et extrême, ledit testateur dessa franche et libéralle volunté et propre mouvemant en toutz ces aultres biens meubles, inmeubles par soy mouvantz[26] présentz et advenir quelconques et a luy compétantz[27] par quelque tiltre ou droict que ce soit en quelque lieu et partie quilz soient, a faict institué ordonné et dessa propre bouche nomme et appelle ses hoirs universelz et particuliers, assavoir honnestes hommes Pierre, Mathieu et Barthomieu Arena ses frères chacun pour ung tiers esgallement et proportionablement et après eulx ses[28] enffans masles tant présentz que advenir. Et en cas que au décez dung ou plusieurs de sesditz hoirs ny eust
point de masles ains seulement de filhes, a substitué icelles filhes à ladite tierce partie comme silz[29] estoient masles et non aultrement. Et en cas que lesditz enfans masles substitués ou filhes viennent à décéder de ce monde sans/ légitimes et naturelz hoirs, a substitué les survivantz esgalement et respectivement et après iceulx les plus prochains de son sang et lignage par[30] lesquelz respectivement et chacun deulx a voulu lesdit testateur lesditz legatz que dessus estre poyés et tout le contenu audit testament estre faict et acomply de poinct a poinct en tout et par tout. Ces gadiateurs[31] et exécuteurs du présent testament a faict et ordonné ledit testateur assavoir Barthomieu  Fornier son beaul frère, Jacques et Honorat Arena ses nepveus et le curé et secundaire de léglise du présent lieu de Souliers, qui pour lors y seront, et chacun deulx par le tout lesquelz a prié et prie ledit testateur que advenant ledit cas, facent et veulhent faire executer et acomplyr toutz et chacuns les légatz pour son arme dessus spéciffiés, leur donnant plain pouvoir auctorité et puissance pouvoir contraindre de ce faire et accomplyr sesditz hoirs et ung chacun diceulx en son endroict respectivement, promptement. Lequel testament et dernière volunté et disposition finalle que dessus a voulu et veult ledit testateur dessa certe science franche volunté et propre mouvemant estre son dernier testament et dernière volunté et disposition finalle et extrême de toutz et chacuns ses biens comme dessus est script et contenu, lequel a voulu et veult vailoir et avoir efficaxe[32] et vailhe par voye de dernier testament nuncupatif et de dernière volunte nuncupative et disposition/(CCXIIII) finalle et extrême. Et sil nestoit vailhable par les choses que dessus, quil vailhe et soit ferme et vailhable par droict de codicilles de donation par cause de mort ou aultrement en la meilheur forme et manière que mieulx pourra vailhoir de droict. Cassant et adnullant toutz et chacuns ses aultres testamentz codicilles et donations par cause de mort que par cy devant pourroit avoir faict ny[33] ordonné en quelque fasson et manière que ce soient. Priant les tesmoingtz cy descriptz desquelz il a vraye cognoissance que es chouses que dessus par luy ordonnées et descriptes quant temps et lieu sera, en soient tesmoingtz et en pourtent tesmougnage de vérité quant ilz seront requis. Et moydit notaire que de tout ce que dessus en face et doibve faire et expédier, à toutz ceulx que touchera et requis seray, acte et instrument comme ce y appertiendra et besoing sera. Faict et publié à Souliers dans la mason de labitation de moydit notaire es présences de Messire Micheau Audibert, Me Loys Albert, Me Jacques Artiga, Sauvador Colin, Loys Marrot, Me Claude Chaudon et Honorat Allemendi dudit lieu de Souliers tesmoingtz présentz et appellez.

Et moy Honnoré Vialis notaire et tabellion royal soubzsigné

Testament d'Antonius Arena, page 7.

Dernière page du testament.


[1] Stabillis = établi
[2] Saige = savant, habile, qui sait
[3] Aucunesfois = parfois, quelques fois
[4] Cogitation = pensée, réflexion, méditation
[5] Providence = prévision
[6] Xpien = chrétien
[7] Dispouse = dispose
[8] Doubteuse = redoutable, à craindre, incertaine
[9] Mouvement = initiative
[10] Noncupatif = nuncupatif : testament dicté solennellement devant témoins
[11] Derriere = dernière
[12] Permierement = premièrement
[13] Thumulé = enterré
[14] Poyer = payer
[15] Pbre = prêtre (latin presbiter)
[16] Gros = pièce de monnaie en argent
[17] Demeurant = reste
[18] Arme = âme, (anme, alme ancien français)
[19] Cantar = chantar : messe chantée (le notaire écrit aussi « cantal »)
[20] Trover = trouver
[21] Pouvres = pauvres
[22] Parrochialle = paroisse (bas latin parochia)
[23] Muer = changer, bouleverser
[24] Ains = mais, plutôt, au contraire
[25] Delaier = retarder, différer, remettre
[26] Mouvants = mobiles, pouvant être mutés
[27] Compétant = appartenant, concernant
[28] Ses : comprendre « leurs »
[29] S’ilz : comprendre « si elles »
[30] Par : comprendre « pour »
[31]  Gadiateurs = gadiator= curator testamenti (dictionnaire Du CANGE) : curateur testamentaire
[32] Efficaxe = latin efficax : qui produit l’effet attendu
[33] Ny = ou

 
 

Le livre  : Antonius Arena 2016

ISBN : 9 782955 554500
Ouvrage collectif relié, à l’Italienne, de cent vingt pages sur Antonius Arena (1500-1544), maître à danser, poète macaronique, soldat de François 1er avec de nombreuses illustrations, édité par les Éditions de la Martelière — Écomusée de la Vallée du Gapeau — avec au sommaire :
—  sa généalogie ;
—  les étudiants en Avignon au XVIe siècle ;
—  du macaronique à l’arénaïque ;
—  un extrait de « Ad suos compagnones » traduit et annoté ;
—  un extrait de la Meygra entrepriza, traduit en provençal puis en français ;
—  son testament de 1542 transcrit et annoté ;
—  Soliers aux XVe et XVIe siècles.
 
Couverture recto, Antonius Arena, Éditions de la Martellière
Couverture Antonuis Arena, verso. Éditions de la Martellière

La couverture recto.

La couverture verso.

Vendu (bulletin de commande ci-dessous) au profit de l’association au prix de 16 €, + 7,50 € de port et d’emballage par correspondance, ou retrait sur place dans nos bureaux :

Écomusée de la Vallée du Gapeau ‒ 1 bis, rue de la République ‒ 83210 Solliès-Pont

Bulletin commande aa

 

Télécharger le document : Bulletin de commande Antonius ARENA

Un nouveau partenaire
de l’Écomusée voit le jour !

La Maison du Patrimoine de Belgentier a été inaugurée le samedi 6 février 2016 en présence d’officiels et de nombreux invités.

Maison du patrimoine/3

L'inauguration le 6 février 2016.

Elle est située rue Peiresc, au premier étage de l’ancienne mairie, à deux pas de l’église.
Maison du Patrimoine Belgentier.

L’espace occupe trois pièces aménagées pour accueillir les visiteurs. Vous y découvrirez une exposition permanente qui présente quelques aspects marquants de la vie du village :
—  les activités agricoles ;
—  les activités industrielles ;
—  l’eau et le Gapeau ;
—  l’humaniste Peiresc ;
—  le passage de Louis XIV...
/

Maison du Patrimoine Belgentier.
Maison du Patrimoine Belgentier.
Maison du Patrimoine Belgentier.

Vue des trois pièces.

L’ouverture au public est pour le moment fixée au premier mercredi de chaque mois, de 14 h 30 à 16 h 30 (horaire d'hiver de septembre à juin). Des ouvertures sur rendez-vous sont prévues en fin de semaine, avec possibilité d’étendre la visite au village.
L’équipe de bénévoles travaille également à la numérisation de vieilles photos, de cartes postales ou d’archives personnelles ayants attrait au village.
Cette tâche implique ainsi la population, désireuse de contribuer à la sauvegarde de la mémoire locale.

Contact : 06 77 72 37 19

(répondeur de la maison du patrimoine)

Vinotti René

René Vinotti.

René Vinotti est né un 21 avril à Solliès-Pont, d’une vieille famille de quatre générations de boulanger par sa mère. Son père fils d’antiquaire est né à la Seyne-sur-Mer. Il ouvre son magasin d’antiquités à Solliès-Pont tout au bord du Gapeau.
René par amour pour ce métier continue la lignée et devient antiquaire à son tour, il ouvre son premier « magasin », rue Georges Cisson à Solliès-Pont, et plus tard le déplace au-lieu-dit « les Conférences » à Belgentier.

Durant son activité professionnelle il s’engage pendant trente-deux ans dans le corps des sapeurs-pompiers volontaires de sa ville au service des personnes et des biens, et la défense contre les incendies de l’immense forêt varoise, tels étaient son désir, sa volonté. Au cours de ces années passées, il sillonne les bois, les cours d’eau, sa préférence va vers LE GAPEAU, fleuve qui coule dans son pays comme dans ses veines. Cette préférence l’inspire pour écrire La source mystérieuse afin de rassembler les noms des sources qui l’alimentent en y ajoutant du mystère.

Extrait ci-dessous :

 

Le Mystère de la Source

Préface

 

      Le Gapeau, petit fleuve côtier, prend sa source au pied du village de Signes. Il coule dans une vallée, caché par une luxuriante forêt pour déboucher dans une plaine qu’il fertilise généreusement avant de se jeter dans la mer Méditerranée aux Salins d’Hyères.
Un grand nombre de sources l’alimente. Une d’entre elles, paraît-il, donne à celui qui la possède force, santé et richesse. Force et santé par sa teneur en minéraux. Richesse car elle est aurifère. Aussi, depuis la nuit des temps, les hommes de cette vallée se battent-ils pour la posséder. De ce fait, beaucoup de légendes se sont greffées sur les sources principales. Paraît-il encore que cette source miraculeuse se découvre le jour du solstice du printemps, au moment où le soleil, de ses rayons, en éclaire le fond. On peut y voir alors des milliers de paillettes d’or.
Les légendes ne sont-elles pas bâties sur une part de vérité ? Les deux soleils d’or qui ornent les armoiries des Solliès ne représentent-ils pas la puissance et la richesse ?

Alors !
Ce trésor que nous offrent l’Eau et la Terre restera-t-il dans l’oubli, caché dans le fond d’une source ?
Mystère !

René Vinotti

Vinotti Vert

Illustration : René Vinotti.

 

 

 
Bibliographie :
Le dernier ermite de Sainte-Christine à Solliès-Pont

À la gloire de la figue de Solliès-Pont :
La figue de Solliès-Pont

Lauréri Romain, portrait, 1989

Romain Lauréri (1921-2002).

Après une formation de mécanique générale, il ouvre, à Solliès-Pont, son garage de réparation auto au 6 bis, avenue du 6e RTS en 1949.
Il est d’abord agent Massey Fergusson puis agent Citroën.
Dans l’ancien garage des pompiers, place Général Gardanne, il installe une station service pour la vente des produits Antar ; de l’essence, du super, du fuel domestique et les cuves et aussi du gaz.
Bien placé au début de l’avenue, il invente son slogan célèbre :

« Dernière station avant la Mer ».

Domicilié au 48, rue Notre-Dame puis au 18, faubourg Notre-Dame. Plusieurs passions l’animèrent : la pêche en mer et la chasse sous-marine et plus tard la poésie.

Il a édité à compte d'auteur : Sur un air de Provence
à la Pensée Universelle en mai 1986.

Porte-clef Lauréri

Recto du porte-Clef Lauréri : STATION ANTAR, agent citroen, 6e RTS, Tél. : 154, Solliès-pont (Var).

Lauréri Romain, garage

Verso du porte-Clef Lauréri : la photo de son garage place Gardane.

 

Sur un air de Provence

Cinq village – un canton,
La montagne et la mer,
Du soleil à foison,
Une nature en vert.
Un coup d’œil sur la Corse,
Tout en haut du Coudon,
Quand le ciel nous accorde
Une claire vision.
La rivière aux amours
Qu’est notre beau Gapeau,
Découverte d’un jour
Pour les peintres du beau.
La truite, le goujon,
Dans l’eau claire du courant,
Chevennes et barbillons
Régalent petits et grands.
En Haut de Belgentier
Les pins et les genêts,
Une halte rêvée
Pour un bon déjeuner.
Avec ses oliviers
Aux olives musclées,
Vous y dégusterez
L’huile sélectionnée.

Plus bas Solliès-Toucas
Un centre à l’évasion,
Donne sans embarras
La bonne direction.
Direction les monts
Pour vous oxygéner.
Rond-point de Solliès-Pont
Chef-lieu ensoleillé.

Le village au blason
Qui coupe en deux Gapeau,
En souvenir des ponts
Qui traversaient ses eaux,
Solliès aux deux soleils,
Le premier au lever,
Et pour être son pareil,
Le second au coucher.

En bas de Solliès-Ville
Côtoyant les figuiers,
Gourmandise des villes
Les champs de cerisiers,
Les fruits des citadins
Du seigneur des Forbins,
Qui font la renommée
De la communauté.

Enfin c’est La Farlède
Le village cadet,
Celui qui nous entraide,
Second du quintuplet.
Banlieusard de la ville
Sous pentes du Coudon,
Un petit coin tranquille
Avec vue sur Toulon.

Et notre beau ruisseau
Dans ses méandres verts,
Ses arbres pour chapeau
Nous conduit à la mer.
Alors vous qui rêvez
De vacances dorées,
Chez nous y trouverez
De quoi vous exaucer :
Quatre points cardinaux
Qui ont pour centre Solliès,
Dans un lieu super beau
Engorgé de soleil,
Où l’accent du Midi
Chez-nous le plus chantant,
A fait le paradis
Dans le département,
Peut-être à Solliès-Pont
Vous y verrez un jour,
Des enfants du canton
La ronde de l’amour,
Et votre seul désir
En billet de retour,
Ou plus tôt revenir
Pour un nouveau séjour.

Romain LAURÉRI (1921-2002) Sur un air de Provence,

La Pensée Universelle, Paris, 1986.

La cigale et la fourmi en Provence

La cigale et la fourmi 2

La compréhension sera peut-être difficile pour ceux qui habitent
au nord d'Avignon et à l'ouest d'Arles !

Zézette, une cagole de l'Estaque, qui n'a que des cacarinettes dans la tête, passe le plus clair de son temps à se radasser la mounine au soleil ou à frotter avec les càcous du quartier.
Ce soir-là, revenant du baletti ou elle avait passé la soirée avec Dédou, son béguin, elle rentre chez elle avec un petit creux qui lui agace l'estomac.
Sans doute que la soirée passée avec son frotadou lui a ouvert l'appétit, et ce n'est certainement pas le petit chichi qu'il lui a offert, qui a réussi à rassasier la poufiasse. Alors, à peine entrée dans sa cuisine, elle se dirige vers le réfrigérateur et se jette sur la poignée comme un gobi sur l'hameçon.
Là, elle se prend l'estoumagade de sa vie. Elle s'écrie :
- Putain la cagade ! Y reste pas un rataillon, il est vide ce counas !
En effet, le frigo est vide, aussi vide qu'une coquille de moule qui a croisé une favouille. Pas la moindre miette de tambouille.
Toute estransinée par ce putain de sort qui vient, comme un boucan, de s'abattre sur elle, Zézette résignée se dit :
- Tè vé, ce soir pour la gamelle, c'est macari, on va manger à dache.
C'est alors qu'une idée vient germer dans son teston.
- Et si j'allais voir Fanny ! Se dit-elle. En la broumégeant un peu je pourrais sans doute lui resquiller un fond de daube.
Fanny c'est sa voisine. Une pitchounette brave et travailleuse qui n'a pas peur de se lever le maffre tous les jours pour remplir son cabas. Aussi chez elle, il y a toujours un tian qui mijote avec une soupe au pistou ou quelques artichauts à la barigoule. Zézette lui rend visite.
- Bonsoir ma belle, coumé sian ! Dis-moi, comme je suis un peu à la dèche en ce moment, tu pourrais pas me dépanner d'un péton de nourriture ? Brave comme tu es, je suis sûre que tu vas pas me laisser dans la mouscaille !
En effet, Fanny est une brave petite toujours prête à rendre service. Mais si elle est brave la Fanny elle est aussi un peu rascous et surtout elle aime pas qu'on vienne lui esquicher les agassins quand elle est en train de se taper une grosse bugade. Ça c'est le genre de chose qui aurait plutôt tendance à lui donner les brègues. Alors elle regarde Zézette la mangiapan et lui lance :
- Oh collègue ! Tu crois pas que tu pousses le bouchon un peu loin ? Moi !, tous les jours je me lève un tafanàri comaco pour me nourrir ! Et toi pendant ce temps là, qu'est-ce que tu fais de tes journées ?
- Moi ! ? lui répond la cagole... J'aime bien aller m'allonger au soleil ! Ça me donne de belles couleurs et ça m'évite de mettre du trompe couillon.
- Ah ! Tu aimes bien faire la dame et te radasser la pachole au soleil, et bien maintenant tu peux te chasper. Non mais ! ? Qu'es'aco ? C'est pas la peine d'essayer de me roustir parce que c'est pas chez moi que tu auras quelque chose à rousiguer, alors tu me pompes pas l'air, tu t'esbignes et tu vas te faire une soupe de fèves.

 

Texte de Caldi Richard.

La cigale et la fourmi