Archives mensuelles: juin 2016

Antonius Arena jeune, dessin portrait (détouré) à la sanguine.
 

Les journées arenaïques 2016

du 27 mai au 4 juin

 

— 26 au 29 mai 2016 : exposition : Antonius Arena 2016 à Solliès-Pont ;
— 27 mai 2016 : conférence : Antonius Arena soldat de François 1er à Solliès-Ville ;
— 28 mai 2016 : conférence : Antojnius Arena et la danse à Solliès-Pont ;
— 28 mai 2016 : exposition : Antonius Arena 2016 à Solliès-ville ;
— 28 mai 2016 à Solliès-Pont spectacle Les basses danses par les groupes de traditions provençales Lei Ginèsto et la Souleïado ;
— Édition d’un ouvrage : Antonius ARENA 1500 - 1544.

 
 

Compte rendu

Sévery Christian, portrait d'Antonius Arena.

Antonius Arena, de son nom français Antoine Arène, est né à Solliès, probablement en l’an 1500. Étudiant en 1519 à l’Université de droit d’Avignon, ses études sont perturbées par la peste, puis par la guerre.
Son engagement dans les armées de Saluces l’amène en Italie où il participe à la défense de Rome avant d’être fait prisonnier. Libéré après la capitulation, il retourne en France sans ressources, et décide de donner des cours de danse qui lui assurent un maigre revenu. À nouveau enrôlé dans la cavalerie du capitaine Lautrec, en 1528, il revient à Solliès écrire Ad suos Compagnones, puis s’installe à partir de 1536 à Aix-en-Provence.
Quand le 24 juillet, Charles Quint attaque la ville, il prend les armes pour la défendre, puis fuit avec tous les habitants. Après cette campagne il écrit : Meygra entrepriza catoliqui imperatoris.
Sa maison natale pillée par l’ennemi et dépourvu de revenus, il sollicite une charge juridique. En 1537, il est nommé juge royal de Saint-Rémy-de-Provence et meurt en 1544 dans l’exercice de ses fonctions.

 
 

 Antonius de Arena provençalis, de bragardissima Villa de Soleriis

AD SUOS COMPAGNONES STUDIANTES, 
qui sunt de persona friantes, bassas
 Dansas & Branlos practicantes, nouuellos
 quamplurimos mandat.
Conardorum Abbatis Yo, de Rothomago, in lucem enuoyatus.

M. DC. LXX., in-12, 191 p., est divisé en deux parties. Seule la première partie jusqu’à la page 96 contient les textes d’Antonius Arena. La deuxième partie contient la Guerre Huguenote de Rémy Belleau (1528-1577) et des poèmes macaroniques de Bartholomé Bolla.
Reproduit grâce à l’aimable autorisation du propriétaire (2016).

Consulter le livre :

Antonius ARENA

 

 

Le Moyen Âge et la Renaissance
dans les manuels et documents scolaires

Exposition par le Musée de l’École publique
(à La Farlède, avenue de la Libération)
27 au 31 mai 2016
Entrée libre

cadre vide
Musée de l'École publique de la Farlède

 

 

Antonius Arena soldat de François Ier

Conférence par Madame Marie-Joëlle Louison-Lassablière,
à Solliès-Ville, salle du Moulin d’Oli,
vendredi 27 mai 2016
Entrée libre

Affichette Antonius Arena Charles Quint

 

 

 Antonius Arena et la danse

Conférence par Madame Marie-Joëlle Louison-Lassablière,
Château de Solliès-pont, salle Eugène Baboulène
samedi 28 mai 2016
Entrée libre

Antonius Arena Danse, conférence, Louison-Lassablière. 495x700.
Conférence à Pont

La conférence.

 

 

 Les basses danses

Textes et danses d’Antonius Arena
Spectacle avec l’association la Souleiado et l’association lei Ginèsto,
Château de Solliès-Pont, dans la cour intérieure,
samedi 28 mai 2016
Entrée libre

Les basses danses, Antonius Arena
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Lei Ginesto.

Lei Ginesto.

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La Souleiado.

spectSoule2W

La Souleiado.

A1 Champaigne c
B1 Basse danse commune (lei Ginèsto)
A2 Quant je voy iver retorner (la Souleïado)
B2 La grant douleur (lei Ginèsto)
A3 Branle (la Souleïado)
A4 Gaillarde (c)
B4 Bon temps (lei Ginèsto)
A5 Pavane (la Souleïado)

Final

Final (la Souleïado et lei Ginèsto).

 

Exposition à Solliès-Pont

Château de Solliès-Pont
salle Eugène Baboulène
26, 27, 28 et 29 mai 2016
Entrée libre

cadre vide
Invite Expo à Pont
Beret Écomusée Solliès-Pont

 Entrez… c'est par ici !

Le béret (boretum arenaicum), réalisé par les Petites mains.

 

 

 Exposition à Solliès-Ville

Salle du Moulin d’Oli
2, 3 et 4 juin 2016
Entrée libre

Affichette Antonius Aréna, exposition, Solliès-Ville.
Expo AA à Ville 1
Expo AA à Ville 2
Expo AA à Ville 3

Entrée du Musée du vêtement provençal, rue Marseillaise, Solliès-Ville.

Sanguine de Cristian Sévery et le «boretun arenaicun » réalisé par les petites mains.

Stand d'accueil de l'Écomusée.

 

 

Le testament

Transcription Jocelyne Renoux - décembre 2019 :  orthographe respectée (ajout de l’accentuation et ponctuation ainsi que des abréviations pour une lecture plus aisée, marges en italique pour les distinguer du texte). Les définitions des notes : Dictionnaire du moyen français, Algirdas Julien Greimas, Teresa Mary Keane. Larousse.

AD VAR 3 E 61/25 Me Honoré Viallis Solliès - 6 mars 1542

Testament d'Antonius Arena, page 1.

Première page du testament.

Testament pour Me Anthoine de Arena juge de Sainct Remy

Lan à la nativité notre seigneur mil cinq cens quarante deux et le sixiesme jour du moys de mars, régnant très crestien et excellant prince Francoys premier de ce nom par la grâce de Dieu roy de France, conte de Provence et Forcalquier et terres adjacentes en fellicité et prospérité longuement. A toutz présentz et advenir soit chose notoire et manifeste que personnellement stabillis[1] en présence de moy Honoré Vialis notaire et tabellion royal du lieu de Souliers et des tesmoingz cy après nommés, notable personne Me Anthoine de Arena du présent lieu de Souliers saige[2] ez droict, juge royal de Sainct Rémy, lequel estant en sa bonne ferme et vraye mémoyre et santé de son corps et dessa personne, pensant et considérant que toutes les créatures de ce monde sont subiectes et condempnés à la mort causant le péché de notre premier père Adam et que aulcunesffoys[3] la humaine fragillité troublée, tant par la cogitacion[4] dicelles que grandes maladies corporelles, pourroit dominer la providence[5] de lentendement humain et cest / chouse plus seure faire pendant que lentendement est régy et gouverné par la raison à ung chascun fidel xpien[6] tant pour le sallut de son âme que pour évicter ces hoirs et successeurs de aulcune matière de question et débat, dispouse[7] et ordonne des temporelz à luy par Dieu en ce monde donnés. Actendu et considéré mesmement que il ny a chouse plus doubteuse[8] que lheure de ladite mort et trépas de ung chascun et que adevantz les langueurs et maladies corporelles tant plus est à craindre et doubter le approchement de lheure de icelle. A cause de quoy ledit testateur que dessus de son bon gré, certain scavoir et propre mouvemant[9], a faict et ordonné, faict et ordonne son dernier testament nuncupatifz[10] et sa derrière[11] volunté nuncupative et disposition finale et extrême de toutz et chascuns ses biens, à luy par Dieu en ce monde donnés, à la forme et manière que sensuyt. Et permièrement[12] pour ce que les chouses spirituelles sont plus dignes que les temporelles et à icelles doibvent estre préservés ; commanssant sondit testament par le signe de la saincte croix, disant au nom du père et du filz et du benoist Sainct Esperit comme vray et fidel xpien a recommandé son âme, quant par la permission divine sera séparée de son corps, à Dieu le créateur et rédempteur de tout le humain lignage que la fait et formé, à la glorieuse vierge Marie/ (CCXII) sa mère et de toutz les sainctz et sainctes de paradis et a esleu saincte sepulture à sondit corps et voulu estre ensepvelly et thumulé[13], sil advient quil meure et finisse ses jours au présent lieu de Souliers, dans le cimitiere de Sainct Esperit dicelluy. Et a voulu et ordonné que ses hoirs soyent tenuz poyer[14] aux prebtres[15] que seront audit sepveliment et à ung chascun deulx ung gros[16] poyable incontinant après sondit sepvelliment. Item, a voulu et ordonné que sesditz hoirs soyent tenuz faire accompaigner sondit corps de tout le luminaire de léglise du présent lieu de Souliers et icelluy luminaire poyer comme est coustume faire au présent lieu de Souliers. Item, plus a voulu et ordonné ledit testateur que sesditz hoirs soient tenuz faire dire et célébrer incontinant après sondit trespas une nouvene de messe avec lofferande de toutz ceulx qui seront assistantz et les luminaires de ladite église et pour icelle, soient tenuz poyer deux solz pour chascune messe, et le demeurant[17] comme est acoustumé faire au présent lieu de Souliers. Item, plus a voulu et ordonné ledit testateur, pour le salut de son arme[18] et en rédemption de ses péchés et deffaillement, que ses hoirs cy après nommés soient tenuz incontinant après que ladite novene sera célébrée, faire dire et cellebrer ung cantar[19] par les prebtres de léglise du présent lieu de Souliers et aultres qui se vouldront trover[20],  aulquel cantal a voulu estre donné bien et deuement à disner ausditz prebtres et/ à toutz & chascuns ses amys ; et faire aulmonnes générales à toutz et chascuns pouvres[21] venans, et ausditz prebtres deux soulz pour homme. Item, plus au bout et fin de lannée de sondit trespas a voulu et ordonné ledit testateur que soyt faict et célébré ung cantal à la manière que dessus. Item, plus ledit testateur pour le salut de son arme et en rédemption de ses péchés et defaillimentz et de ses predecesseurs a fondé quatre anniversaires perpétuelz dans léglise parrochialle[22] et de Sainct Esperit et de Saincte Croix du présent lieu de Souliers et aux prebtres originaires du présent lieu de Souliers tant presentz que advenir [pour la dotte et fundation desquelz anniversaires a voulu estre poyé par ses hoirs cy après nommés florins quarante monnoye courant en ce présent pays et Comté de Provence dans ung moys après son trespas, donné comme dessus], lesquelz quatre anniversaires seront par eulx célébrés à la manière que sensuyt. Assavoir le premier dans ladite église de Sainct Esperit pour lame de feu Jehan Arena son père toutes les années le premier lundy du moys de janvier, et le second dans ladite église pour lame dudit testateur toutes les années le premier lundy de feuvrier. Et les aultres deux anniversaires seront cellébrés dans léglise parrochialle du lieu tant pour lannée dudit testateur que de Pierre Mathieu et Barthomieu Arena ses frères toutz les premiers lundi du moys de mars et dapvril perpétuellement et sans les pouvoir changer ou muer[23] en aulcune sorte ny fasson. Et en cas que lesdtz prebtres/

(CCXIII) Marge : 1546 et le Xe de avril a esté passée quictan(ce)  .. par Me Honorat Alamandy 


ou ses successeurs ne fassent le divin service que dessus au jour et lieu dessus désignés et spéciffiés ains[24] icelluy changent ou délayent[25] à faire en tout ou en partie, a voulu et ordonné, veult et ordonne ledit testateur que ses hoirs cy après només puissent anuler et révoquer ladite fundation et retirer les deniers de la dotte dicelle et iceulx convertir en aultres euvres pies et spirituelles telles que
bonnes leur sembleront. Et pour ce que la institution des hoirs est le chef et vray fundement de tout dernier testament et de toute disposition finalle et extrême, ledit testateur dessa franche et libéralle volunté et propre mouvemant en toutz ces aultres biens meubles, inmeubles par soy mouvantz[26] présentz et advenir quelconques et a luy compétantz[27] par quelque tiltre ou droict que ce soit en quelque lieu et partie quilz soient, a faict institué ordonné et dessa propre bouche nomme et appelle ses hoirs universelz et particuliers, assavoir honnestes hommes Pierre, Mathieu et Barthomieu Arena ses frères chacun pour ung tiers esgallement et proportionablement et après eulx ses[28] enffans masles tant présentz que advenir. Et en cas que au décez dung ou plusieurs de sesditz hoirs ny eust
point de masles ains seulement de filhes, a substitué icelles filhes à ladite tierce partie comme silz[29] estoient masles et non aultrement. Et en cas que lesditz enfans masles substitués ou filhes viennent à décéder de ce monde sans/ légitimes et naturelz hoirs, a substitué les survivantz esgalement et respectivement et après iceulx les plus prochains de son sang et lignage par[30] lesquelz respectivement et chacun deulx a voulu lesdit testateur lesditz legatz que dessus estre poyés et tout le contenu audit testament estre faict et acomply de poinct a poinct en tout et par tout. Ces gadiateurs[31] et exécuteurs du présent testament a faict et ordonné ledit testateur assavoir Barthomieu  Fornier son beaul frère, Jacques et Honorat Arena ses nepveus et le curé et secundaire de léglise du présent lieu de Souliers, qui pour lors y seront, et chacun deulx par le tout lesquelz a prié et prie ledit testateur que advenant ledit cas, facent et veulhent faire executer et acomplyr toutz et chacuns les légatz pour son arme dessus spéciffiés, leur donnant plain pouvoir auctorité et puissance pouvoir contraindre de ce faire et accomplyr sesditz hoirs et ung chacun diceulx en son endroict respectivement, promptement. Lequel testament et dernière volunté et disposition finalle que dessus a voulu et veult ledit testateur dessa certe science franche volunté et propre mouvemant estre son dernier testament et dernière volunté et disposition finalle et extrême de toutz et chacuns ses biens comme dessus est script et contenu, lequel a voulu et veult vailoir et avoir efficaxe[32] et vailhe par voye de dernier testament nuncupatif et de dernière volunte nuncupative et disposition/(CCXIIII) finalle et extrême. Et sil nestoit vailhable par les choses que dessus, quil vailhe et soit ferme et vailhable par droict de codicilles de donation par cause de mort ou aultrement en la meilheur forme et manière que mieulx pourra vailhoir de droict. Cassant et adnullant toutz et chacuns ses aultres testamentz codicilles et donations par cause de mort que par cy devant pourroit avoir faict ny[33] ordonné en quelque fasson et manière que ce soient. Priant les tesmoingtz cy descriptz desquelz il a vraye cognoissance que es chouses que dessus par luy ordonnées et descriptes quant temps et lieu sera, en soient tesmoingtz et en pourtent tesmougnage de vérité quant ilz seront requis. Et moydit notaire que de tout ce que dessus en face et doibve faire et expédier, à toutz ceulx que touchera et requis seray, acte et instrument comme ce y appertiendra et besoing sera. Faict et publié à Souliers dans la mason de labitation de moydit notaire es présences de Messire Micheau Audibert, Me Loys Albert, Me Jacques Artiga, Sauvador Colin, Loys Marrot, Me Claude Chaudon et Honorat Allemendi dudit lieu de Souliers tesmoingtz présentz et appellez.

Et moy Honnoré Vialis notaire et tabellion royal soubzsigné

Testament d'Antonius Arena, page 7.

Dernière page du testament.


[1] Stabillis = établi
[2] Saige = savant, habile, qui sait
[3] Aucunesfois = parfois, quelques fois
[4] Cogitation = pensée, réflexion, méditation
[5] Providence = prévision
[6] Xpien = chrétien
[7] Dispouse = dispose
[8] Doubteuse = redoutable, à craindre, incertaine
[9] Mouvement = initiative
[10] Noncupatif = nuncupatif : testament dicté solennellement devant témoins
[11] Derriere = dernière
[12] Permierement = premièrement
[13] Thumulé = enterré
[14] Poyer = payer
[15] Pbre = prêtre (latin presbiter)
[16] Gros = pièce de monnaie en argent
[17] Demeurant = reste
[18] Arme = âme, (anme, alme ancien français)
[19] Cantar = chantar : messe chantée (le notaire écrit aussi « cantal »)
[20] Trover = trouver
[21] Pouvres = pauvres
[22] Parrochialle = paroisse (bas latin parochia)
[23] Muer = changer, bouleverser
[24] Ains = mais, plutôt, au contraire
[25] Delaier = retarder, différer, remettre
[26] Mouvants = mobiles, pouvant être mutés
[27] Compétant = appartenant, concernant
[28] Ses : comprendre « leurs »
[29] S’ilz : comprendre « si elles »
[30] Par : comprendre « pour »
[31]  Gadiateurs = gadiator= curator testamenti (dictionnaire Du CANGE) : curateur testamentaire
[32] Efficaxe = latin efficax : qui produit l’effet attendu
[33] Ny = ou

 
 

Le livre  : Antonius Arena 2016

ISBN : 9 782955 554500
Ouvrage collectif relié, à l’Italienne, de cent vingt pages sur Antonius Arena (1500-1544), maître à danser, poète macaronique, soldat de François 1er avec de nombreuses illustrations, édité par les Éditions de la Martelière — Écomusée de la Vallée du Gapeau — avec au sommaire :
—  sa généalogie ;
—  les étudiants en Avignon au XVIe siècle ;
—  du macaronique à l’arénaïque ;
—  un extrait de « Ad suos compagnones » traduit et annoté ;
—  un extrait de la Meygra entrepriza, traduit en provençal puis en français ;
—  son testament de 1542 transcrit et annoté ;
—  Soliers aux XVe et XVIe siècles.
 
Couverture recto, Antonius Arena, Éditions de la Martellière
Couverture Antonuis Arena, verso. Éditions de la Martellière

La couverture recto.

La couverture verso.

Vendu (bulletin de commande ci-dessous) au profit de l’association au prix de 16 €, + 7,50 € de port et d’emballage par correspondance, ou retrait sur place dans nos bureaux :

Écomusée de la Vallée du Gapeau ‒ 1 bis, rue de la République ‒ 83210 Solliès-Pont

Bulletin commande aa

 

Télécharger le document : Bulletin de commande Antonius ARENA

Garrigues, flore et faune par Nicole Marchal.

 
Auteur : MARCHAL Nicole

Éditeur : APG (Les Amis de la Presqu'île de Giens), 83400, Hyères

AUBRY IMPRIM Six-Fours-les-Plages

Année : 2013

Pages : 105 p.

Palmes académiques Jean-Paul FORÊT

Palmes Forest
Palmes académiques

Le 11 juin 2016, notre ami et vice président de l'Écomusée reçoit les Palmes académiques des mains de Monsieur Christian Prosperini, commandeur et président de l'association des médaillés de l'ordre des Palmes académiques devant l’entrée de la mine de Cap Garonne, en présence de : de gauche à doite :
M. Hervé Stassinos, maire du Pradet, M. Pierre Soubelet, préfet du Var et M. Roger Murena, président de la Mine et des Amis de Jean Aicard.

 

 

 

Quelques photos de la visite de la mine.
  • Mine 1
  • Mine  2
  • Mine  3
  • Mine  4
  • Mine  5
  • Mine 6

Un cimetière romain
près de Solliès-Pont

De nombreuses tombes viennent d’être découvertes dans le terroir (S.-E.) de Solliès-Pont...
... Enfin, depuis deux mois, un véritable ossuaire s’est révélé sous l’instrument du cultivateur à Beaulieu (propriété Grué)...
... Rien cependant ne mérite d’être plus signalé à l’attention des archéologues que le poste de Beaulieu.
Beaulieu est distant de Solliès de cinq kilomètres. Les solides fondements des anciennes bâtisses ont souvent fatigué la pioche ou le marteau. Les souvenirs que les Romains y ont laissés, sont nombreux et marquants. On nous a montré une cuiller concave en bronze d’un travail exquis, munie d’un manche assez long, orné d’une frise légère1. L’emplacement est superbe, la plaine est ravissante, traversée par le limpide courant du petit Réal, et entourée de collines boisées.
C’est à la distance de 750 mètres, dans la direction de l’est à l’ouest, qu’un défrichement opéré dans la propriété Julien Raynaud, a mis au jour un cimetière d’une dimension de 18 mètres de longueur sur dix de largeur. L’enclos est bordé de chênes du côté de l’est. Les exigences de la culture ont dû faire abattre tout autour les autres amentacées dont on voit çà et là quelques opiniâtres rejetons. Rien ne prouve que les autres parties, Nord, nord-est, n’aient été exploitées en des temps plus reculés. Les conjectures ont foisonné comme toujours, et, parodiant le poète, chacun de se dire :
 « Ici le fier Othon signalait son audace,
« Et là Vitellius rangeait ses bataillons.

Il en est qui, pour accréditer les fameux combats qu’ils rêvent, s’autorisent de l’étymologie la plus hasardée de Beaulieu, c’est-à-dire belli locus2. Nous ne partageons nullement cette manière de voir, parce qu’aucun débris martial ne vient la confirmer, et les soldats tombent par milliers dans une rencontre plutôt que par vingtaine ou que par trentaine.
Selon M. Gensollen, dont l’érudition à nos yeux n’est pas dépourvue de poids, Beaulieu, dans le Moyen Âge, aurait pris le nom de bellus locus, joli site ; un document de cette époque porte : Molendinum Belli-loci : Moulin de Beaulieu.
Bellus locus nous paraît se ressentir de la basse latinité. Mais qu’importe le nom ? Ce que l’on ne saurait révoquer en doute, c’est que les Romains y ont séjourné en assez grand nombre pour nécessiter la présence d’un prêtre voué à l’exercice de leur culte. Et, si l’on se souvient, comme nous l’avons prouvé (voir notre opuscule sur l’Origine de Toulon) que les Romains étaient fidèles à la coutume d’inhumer leurs morts assez loin de leur demeure fixe, nous n’éprouverons aucune surprise de la découverte que l’on vient de faire dans la bastide Julien à 750 mètres de Beaulieu3.
Dans notre cimetière en question, à l’heure où nous écrivons, 35 tombes, occupant la moitié de l’espace indiqué, ont arrêté la pioche. Les squelettes exhumés sont plus nombreux. Les uns étaient rangés sur triple rang : peut-être appartenaient-ils à la même famille ; les autres gisaient les uns à côté des autres ; presque tous ont leur lit funèbre formé de briques longues 54 cm, et larges 38 cm, recouvertes d’autres briques redressées et inclinées les unes contre les autres. Très peu sont dépourvus de cet appareil. Quelques tombes se trouvent même bouleversées et montrent à peine quelques fragments de fémur et d’iléon. Est-ce l’effet d’un effondrement anciennement pratiqué ? Est-ce celui d’un effondrement de terrain ? Nous adoptons le premier sentiment, car, il n’est pas croyable qu’une propriété, exploitée depuis 200 ans par la même famille, de père en fils, ait été laissée constamment en friche. Les nombreuses monnaies que l’on y a trouvées à 30 centimètres de la surface, portant la date du 18e siècle et même du 19e, prouveraient le contraire.

La plupart des tombes4 sont découvertes à la profondeur de 1,25 mètre. Ici, en général, l’excavation pour la plantation de la vigne ne dépasse pas la limite de 75 cm Mais parfois l’instrument a pu aller au-delà de la volonté du cultivateur, et occasionner un dérangement dans la pose des briques.
Jusqu'à la 28e tombe rien de bien saillant ne s’est offert aux yeux du travailleur, pas même la monnaie caronienne : ce qui montrerait que se ne seraient là que de simples soldats en station ou des colons, ensevelis sans autre luxe que celui d’un vase ayant à peu près la forme d’une sympule ; et encore ce vase d’argile grossière, plus ou moins cuite, n’accompagne pas toujours la misérable dépouille. En effet, sur 35 tombes, il ne s’est trouvé que six petits vases. Malheureusement, la récolte et la trituration des olives ont empêché de poursuivre le défoncement.
Qui sait si quelque surprise nous est réservée !
La 28e tombe promettait une piquante découverte, un renseignement précieux. À côté d’un squelette passablement conservé, les spectateurs aperçurent une plaque de marbre écornée avec une épigraphe de sept lignes.
Soumise à notre examen, nous l’avons trouvé de marbre fin dit statuaire de Carrare. Sa dimension est de 28  cmsur 3 cm d’épaisseur. Les caractères en sont grossièrement tracés avec la pointe d’un stylet et offrant l’étrange composition d’un Sphinx5. Elle nous a rappelé la célèbre inscription celtique trouvée à Alise, où sont sculptés, entre autres, ces mots :
IEVRV. VCVETE. SOSN. CELICNOSE., mots qui sont restés inintelligibles jusqu'à ce jour. Elle diffère pourtant de la nôtre en ce sens que, si l’acception des mots celtes échappe à l’archéologue, celui-ci n’éprouve aucun embarras à les lire, tandis que la pierre tumulaire de Beaulieu le sens et les mots, tout est insaisissable. Et, avant que nous la reproduisions et en abordions audacieusement l’explication, nous ne saurions nous dispenser d’émettre quelques observations préliminaires : elles témoigneront de nos premières impressions et des rapports qu’il nous a paru possible d’établir au premier vu...
...Nous devons, à nos lecteurs encore un aveu : nous n’avons aucune prétention à l’infaillibilité, et l’arrogance d’auteur messied à tout écrivain qui travaille à la recherche de la vérité.
Nous reconnaissons nous-même l’impuissance ou nous avons été de nous accouder sur un critérium tant soit peu solide. Notre interprétation donc est toute arbitraire ; et, si nous nous hasardons à la placer ici, c’est dans l’espoir qu’elle soulèvera des critiques d’où jaillira la lumière.

1 - Nous opinons que cette grande cuiller était destinée à prendre des parfums pour les jeter dans le foyer appelé ara, acerra ou arcula. Nous aurions sans doute plus d’un objet précieux à enregistrer, si les Religieux de Saint-Victor et les chevaliers de Malte n’étaient pas passés par là ; ce serait un chapitre plein d’intérêt à ajouter, si nous ne craignions de dépasser les limites que nous prescrit l’objet de cette notice.
2 - Ils ne se doutent pas que belli locus, pour proelii locus ne serait qu’un gros barbarisme.
3 - Dans la propriété Gensollen le prétendu bourg ou mansion est à plus de 200 mètres loin du petit cimetière, près de la grande route de Solliès à Toulon, propriété Fournery.
4 - La tombe contre laquelle était posée l’inscription dont nous allons nous entretenir, était placée entre deux autres, et la dernière se trouvait à la profondeur de 1,75 m du sol.
5 - N’oublions pas de dire que le coin qui faisait défaut à la plaque, avait glissé au fond des trois cercueils. Sa séparation paraît dater de longtemps, la partie écornée étant incrustée de terre durcie.

Plaque romaine gravée.

Notre interprétation(1) :

Marcus ATILius RUFus / IC Iacet Imperante
HELIO gabalo / Pontifex / AUgustalis In / Suo
Ministerio Omnibus Optime Usus / Officiis /
ULtimo / Omnibus / Unice / Carus /
SABInis / Natus / Longe A Patria / Quievit / I
DIBUS Maii AN
NO / 2° /

Traduction :

Marcus Atilius Rufus repose ici / sous l’empire
d’Héliogabale / Pontife Augustal / Dans son
Ministère il remplit parfaitement bien ses fonctions.
Enfin particulièrement aimé de tous
Né chez les Sabins, il mourut loin de sa patrie
Les Ides de mai, l’an 11 / de l’empire.

D. ROSSI,1
Ancien directeur du Propagateur du Var, membre
des principales Académies de France et de
l’Étranger, etc.                        
Gaudebourg (près la Farlède), 10 décembre 1871.

1 -Rossi D., Un cimetière romain près de Solliès-Pont (Var), dans Bull. Draguignan, 7, 2e sem. 1869, p. 401-422, extrait du Bulletin de la Société d’Études Scientifiques et Archéologiques de la ville de Draguignan, Draguignan, 1872. Tiré à part, 24 p.

Tombes romaines

CIMETIÈRE ROMAIN PRÈS DE BEAULIEU
SOLLIÈS-PONT - VAR

TOMBES TROUVÉES À LA PROPRIÉTÉ RAYNAUD

Dires de Victor Raynaud (fils de Julien Raynaud) né en février 1849, lequel a lui-même défoncé le terrain et trouvé les tombes, dires recueillis le 30 septembre 1888 par Frédéric Dollieule.
« Le défoncement de ce champ a commencé en 1862 et s’est continué jusqu’en 1874. J’ai commencé à trouver des tombes dès 1862 ; j’ai trouvé les dernières en 1873.
J’ai trouvé de 25 à 30 tombes. Toutes ces tombes étaient recouvertes d’une couche de terre végétale de 40 à 50 centimètres environ. Dans cette couche de terre végétale j’ai trouvé une certaine quantité de monnaies de ce siècle ou du siècle précédent indiquant que le sol avait été défoncé à cette profondeur ; profondeur habituelle des défoncements qui pour la vigne n’atteignaient jamais autrefois 75 centimètres ».

À l’exception de trois tombes trouvées superposées, toutes les autres tombes se trouvaient isolées et immédiatement sous la couche de terre végétale de 40 à 50 centimètres. Les tombes étaient formées d’un lit de tuiles romaines à rebords sur lequel s’appuyait un toit de tuiles recouvrant le défunt. Les parois triangulaires extrêmes du haut et du bas de la couche funèbre étaient formées avec d’autres briques. Toute cette couche funèbre était noyée dans une couche dure de mortier contenant une forte quantité de chaux (FR. contre les parois de l’inscription se trouve aujourd’hui encore adhérent un mortier qui paraît être un mélange de chaux, d’argile rouge ou plutôt de poterie pilée, de tuile broyée).
On s’explique que les tuiles du fond aient seules pu être sauvées. Les tuiles des parois tout adhérentes les unes aux autres se sont brisées à l’ouverture des tombes. M. Raynaud a recueilli environ 50 tuiles intactes, toutes du fond des tombes.

Les trois tombes superposées l’étaient comme l’indique la figure ci-contre :
La tombe A était effondrée ; on n’y a trouvé qu’un cadavre sans médaille ni vase. La tombe B qui était intacte contenait un corps portant une médaille fruste coupée en deux, marquée des lettres G L B et deux petits vases et en outre (voir figure D) l’inscription : Mater etc. ; cette inscription placée en b était aux pieds du mort contre la brique a laquelle fermait la paroi inférieure ; le coté gravé était tourné vers le mort.

Tombes romaines

La tombe C, intacte, contenait un cadavre avec une médaille dans la bouche laquelle était coupée par le milieu et ne semblait pas être l’autre moitié de la précédente, plus deux vases ».
Toutes les tombes trouvées dans la propriété Raynaud, quoique placées sans ordre, sans disposition parallèle, étaient toutes, absolument toutes creusées dans le sens est-ouest : les pieds étaient toujours au levant et la tête au couchant.
Il n’a été trouvé que des corps d’adultes (ou âgés) ; pas de corps d’enfants. Il est faux qu’il ait été trouvé dans les tombes des assiettes ou des lacrymatoires en verre.
Les seuls objets trouvés, en dehors de l’inscription sont de petits vases en poterie, tous identiques, d’une facture grossière semblables au modèle ci-dessous, à peu près du moins.
(F R : j’en ai fait moi-même le dessin d’après les indications de M. Raynaud qui les désigne sous le nom d’espèces de toupins). Ces vases ont environ dix centimètres de haut et huit de diamètre en largeur. Les anses sont remplacées par deux creux ou dépressions A et B faits dans la poterie avec un coup de pouce. Dans chaque tombe, on a toujours trouvé deux vases l’un à droite l’autre à gauche. Presque tous ces vases ont été brisés et ont été pris par M. Rossi. sept à huit, peut-être dix.

Les deux médailles trouvées dans les tombes superposées B et C sont à peu près du module ci-contre. M. Rossi a cru y reconnaître des monnaies de Galba. On y lisait les lettres capitales G L B. Les tuiles à rebords trouvées dans les tombes sont toutes semblables elles portent la même marque de fabrication faite avec deux ou trois doigts à l’une des extrémités : elles mesurent 50 centimètres sur 37 à 38.
Les tuiles trouvées à Beaulieu même sont de plus grande dimension et mesurent _,__ sur _,__, elles portent une marque différente. M. Raynaud affirme que la tombe à trois rangs contenant l’inscription a été trouvée par lui le 26 février 1872. La tombe à inscription n’a été ouverte par personne avant lui : l’inscription était bien pour la tombe B et ne devait pas être enchâssée dans un monument.

Les reproductions lithographiques de M. Rossi et de M. Gazan sont l’une et l’autre en partie inexacte. Le Q de Qunto a la queue marquée à peu près comme je l’ai dessinée à la retouche. La gravure a été faite au ciseau : hauteur : 29 cm, largeur : 29 à 30 cm, épaisseur : 3 cm, poids total : 6,7 kg, y compris le fragment qui à lui seul pèse 860 g. La face portant l’inscription est en grande partie recouverte d’une très légère couche qui semble du mortier et explique les rugosités. Sur la face postérieure et en haut se trouve un trou creusé de main d’homme destiné vraisemblablement à recevoir un crampon. Cette face et les bords portent la trace du mortier qui devait retenir la plaque de marbre enchâssée dans l’édicule.
Les raies tracées à la règle pour l’inscription sont très visibles, irrégulières.

Nord

: Limite de la propriété Raynaud
: Limite de la surface défoncée
: Limite de la surface occupée par les tombes
: Tombe à inscription

Frédéric Dollieule,
cahier Q Q, p. 149-160, 207-211.
Pascal Yves Grué, 
juillet 2001

10* (8145) À La Jonquière (fig. 923, n° 10). Tombes de l’époque romaine tardive : D. Rossi, 1869a ; 1869b ; - B.A.C.-T.H/, III, 5, 1872, p. 532 ; - L. Rénier, 1872, p. 486-489 ; - A. Gazan, 1872-1873, p. 5363 ; - G. de Bonstetten, 1873, p. 34 ; - A. Blanchet et alii, 1932, p. 32, n° 57-58 (même site mentionné deux fois) et document manuscrit de M. Dollieule communiqué par Mme Autran. En bordure du ruisseau de la Jonquière, les défonçages agricoles ont entraîné, en 1862, la destruction d’une trentaine de tombes orientées est-ouest, à coffrages de tuiles en bâtière, comportant parfois des offrandes. Les auteurs signalent un nombre plus important de squelettes que de tombes, ce qui doit être interprété comme l’indice de l’existence de tombes en pleine terre ou en cercueil de bois. Le site a été totalement excavé depuis la date de découverte. Une inscription funéraire sur marbre blanc de 28 x 28 x 3 cm en lettres cursives (C.I.L., XII, n° 319) est signalée (fig. 925) en réemploi dans le coffrage d’une tombe (où à l’extérieur de celle-ci ?) : Mater fecit / filio pi(e)ntis(s)i / mo Qu(i)nto I / ulio Felici / Sabini m fecit / dibus ma / nibus. L. Rénier (1872) rectifie la lecture de D. Rossi (1869b) et lit Sabinil(l)a. On peut proposer la traduction suivante : « Sa mère a élevé (cette stèle) pour son fils très dévoué Quintus Julius Felix. Sabinilla ( ? ) a dédié (cette stèle) aux Dieux Mânes. » Mobilier : balsamaires en verre.

CAG 83/2, commune 130, p. 743.

Provost MichelCarte archéologique de la Gaule, Pré-inventaire archéologique, 83/1 et 83/2, éd. Académie des inscriptions et belles-lettres, Paris, 1999.

BIBLIOGRAPHIE

Gazan A., Un cimetière romain près de Solliès-Pont (Var), Bulletin de la société d’études de Draguignan, tome 9, années 1872-1873, p. 53-63.
Gazan A., Réfutation de la brochure de M. Rossi intitulée : Le Sphinx de Solliès-Pont..., bulletin de la société d’études scientifiques et archéologiques de Draguignan, tome X, années 1874-1875, p. 51-67.
Maurel P.Histoire de Solliès : La vie tourmentée d’une commune à travers les âges, S.N.I.T., 1936.
Provost MichelCarte archéologique de la Gaule, Pré-inventaire archéologique, 83/1 et 83/2, édition Académie des inscriptions et belles-lettres, Paris, 1999.
Rossi D.Un cimetière romain près de Solliès-Pont (Var),
extrait du Bulletin de la Société d’Études Scientifiques et Archéologiques de Draguignan, Draguignan, 1872, tiré à part, 24 p.
Rossi D.Le Sphinx de Solliès-Pont (Var)
Réponse à Monsieur le colonel Gazan et à Monsieur Léon Renier, Paris, 1873, tiré à part, 12 p. et pl.
Rossi D.Le Sphinx de Solliès-Pont et le défi à Monsieur le colonel Gazan,
Draguignan, 1874, tiré à part, 15 p.

Pascal Yves Grué,
juillet 2001

Journal des savants

 

Le styrax et ses usages antiques
Pages : 261 à 318

Auteur : COLLECTIF & ARRIGUES Suzanne

Éditeur : Diffusion de Boccard, Paris

Année : juillet-décembre 2007

ISBN : 2-87754-186-X

ISSN : 0021-8103

 

 

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