Archives mensuelles: avril 2020

Hypochaeris radicata  L.

MOURRE DE PORC OU PORCELLE

Hypochaeris radicata plant NC8

Photo : Harry Rose et licence

Hypochaeris radicata plant NC3

Nom provençal :
 - Engraisso-pouarc ;
 - Mourre-de-pouarc
.

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
Sur silice, pelouses fraîches, prairies, dépressions interdunaires, talus, friches, décombres, sites rudéraux, prés secs, rocailles jusqu’à 1500 mètres d’altitude.
Porcelle, de porc, ce qui laisserait supposer que les porcs en sont friands, à moins que l’on ait à faire à un nom dépréciatif : tout juste bon pour les porcs !

Comestibilité :
Les feuilles en rosette fournissent une bonne salade. Elles sont croquantes et dénuées d’amertume ; pommes de terre vapeur, lardons grillés et ail font un très bon accompagnement.
Les jeunes tiges tendres portant les capitules en boutons sont cueillies au printemps et préparées comme les asperges après avoir été bouillies au préalable.

Photo : Harry Rose et licence

Ruscus aculeatus  L.

PETIT HOUX OU FRAGON
fragon-ou-petit-houx-ruscus-aculeatus L.

Nom provençal :
 - Ruscoun
(Les Adrets) ; 
 - Ruscous
(Agay).

Famille : ASPARAGACEAE

Localisation :
Très commun dans le département, sous-bois, bord des chemins.

Utilisation :
Le rhizome et les fausses feuilles (rameaux aplatis) ont des propriétés diurétiques, fébrifuges et surtout veinotoniques (jambes lourdes, mauvaise circulation sanguine…).

Toxicité :
Les baies rouges provoquent des vomissements et des diarrhées importantes surtout chez les enfants.

Crithmum maritimum  L.

 FENOUIL MARIN OU CRISTE MARINE

Hinojo marino, Crithmum maritimum

Photo : Manuel et licence

P1070781

Nom provençal :
 - Fenoui-de-mar

Famille : APIACEAE

Localisation :
Rochers et sables littoraux ; floraison de juin à octobre.

Utilisation :
En parfumerie pour ses essences odorantes.
En médecine, pour ses propriétés digestives et purgatives.
Également pour ses propriétés thyroxine-like (iodine) comme substitut ou régime amaigrissant.

Comestibilité :
Les feuilles sont charnues et possèdent un goût aromatique agréable, à la fois sucré et salé, rappelant la carotte, mais avec une saveur piquante.
Feuilles tendres et boutons floraux sont utilisés en pickle dans du vinaigre.

Photo : Viad Proklov et licence

Dioscorea communis  L. Caddick & Wilkin

HERBES AUX FEMMES BATTUES OU TAMIER
Tamier, Dioscorea communis

Nom provençal :
 - Tamisié

Famille : DIOSCOREACEAE

Localisation :
Lisière des bois, bords des chemins, lieux buissonneux, éboulis, forêts fraîches, berges des ruisseaux.

Utilisation :
- Seul parent européen des Ignames tropicales dont les racines se ressemblent beaucoup ;
- Les tubercules de cette liane, broyés, malaxés, bouillis et appliqués en cataplasme sur les contusions passent pour effacer celles des femmes battues (action rubéfiante et antiphlogistique).

Toxicité :
Renferme des substances apparentées à l’histamine.

Tamier, Dioscorea communis

Robinia pseudoacacia  L.

CAROUGE OU ROBINIER FAUX ACACIA 

Robinia pseudoacacia

Photo : Andreas Rockstein et  licence

Robinia pseudoacacia

Photo : Andreas Rockstein et  licence

Nom provençal :
 - Acacia

Famille : FABACEAE

Localisation :
Espèce pionnière en pineraies et forêts mélangées, de l’étage méditerranéen à l’étage montagnard. Le Robinier est répandu dans toute la vallée (cultivé et naturalisé). Fourrés rudéraux sur sols profonds.

Utilisation :
Les fleurs sont réputées calmantes, anti-spasmodiques, toniques (vin tonique obtenu en faisant macérer 15 à 20 grammes de fleurs dans un litre de vin rouge), astringentes et cholagogues.
Cet arbre est dédié à Jean Robin (1550-1629), jardinier du roi Henri IV, qui rapporta les graines du Canada et sema le premier arbre de cette espèce en France en 1601, place Dauphine à Paris (il fut transplanté en 1635 au Jardin des Plantes où l’on peut encore l’admirer de nos jours).

Comestibilité :
Les fleurs peuvent être consommées en beignets au parfum suave et au goût sucré. Bouillies à l’eau, les inflorescences ont une saveur sucrée rappelant celle des petits pois. Au Japon, les bourgeons foliaires sont mangés bouillis et assaisonnés de sauce soja.

Toxicité :
Un excès de fleurs de Robinier, à l’état cru, peut se montrer émétique. Aucun problème n’est à craindre lorsque les fleurs sont cuites.

Oratoires de Solliès-Pont

D'après Louis JANVIER

Notre-Dame de Lourdes

Chemin de la chapelle Sainte-Christine, après la bifurcation avec la D97. Date de 1902.
Toit en bâtière avec croix en fer ouvragée avec accolades idem. Construit en 1902, détruit en avril 1996, puis rebâti en janvier 1997, après élargis-sement de la route.

Oratoire Solliès-Pont, Notre-Dame de Lourdes
Oratoire Notre-Dame de Lourdes (3)
Oratoire de Solliès-Pont, niche Notre-Dame de Lourdes

(Photo décembre. 2014.)

(Photo : mars 2019)

Détail de la niche moderne.

Oratoire de la Bergerie

Détruit en avril 1997, situé sur l'emplacement du lotissement.

Oratoire Solliès-Pont, Bergerie

Notre-Dame

Fait suite au précédent, dans la montée de l'avant-dernier virage, au lieu-dit « Lou Gratou ». Construit par la mairie en 1968, massif, en maçonnerie crépie, niche cintrée abritant une statuette de Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, protégée par une grille. Toit en arc de cercle peu marqué.

Oratoire Notre-Dame, Solliès-Pont

Oratoire « Lou Gratou »

Au pied de la chapelle, sur le terre-plein la précédent. Construit par la mairie en 1977. Niche très basse, cintrée, en pierres, vide, avec toit en arc de cercle avec génoise.

Oratoire Solliès-Pont, Lou-Gratou

Notre-Dame

Même lieu que le précédent. Érigé en 1978. Pilier trapu en moellons. Niche cintrée crépie avec statue de Notre-Dame de la Médaille miraculeuse avec grille. Toit en arc de cercle en tuiles rondes.

Oratoire, Solliès-Pont, Notre-Dame, 1992
Oratoire, Solliès-Pont, Notre-Dame, 2014

(Photo avril 1992.)

(Photo décembre. 2014.)

Saint-Maur

À quelques mètres du précédent, sur le pilier d'entrée crépi de la propriété de Louis Morel qui la aménagé en 1968. Niche cintrée en pierres, surmontée d'une croix de fer du XVIIIe siècle et, dont la dalle de base monolithe porte la date de 1761. (Une ancienne pierre de récupération de fon-taine).

Oratoire Solliès-Pont, Saint-Maur, 1992

(Photo avril 1992.)

Oratoire Solliès-Pont, Saint-Maur, 2014

(Photo décembre 2014.)

Oratoire Solliès-Pont, Saint-Maur, 2020

(Photo mai 2020.)

 

Bibliothèque : Inventaire des oratoires du Var

Notice BSR

SOLLIÈS-PONT (83) – ZAC Les Laugiers Sud (12680)
Figure BSR

Plan masse des vestiges, (échelle 1/400). Document © EVEHA Lyon.

Yannick TEYSSONNEYRE, Sabrina CHARBOUILLOT et Carole GRELLIER CHEVALIER

Les fouilles du site de la Zac des Laugiers sud ont été effectuées du 1er octobre au 21 décembre 2018, et ont permis d’inventorier 270 vestiges archéologiques répartis sur plusieurs occupations successives circonscrites entre le Ier et le VIe siècle apr. J.‑C. Le site est implanté sur la périphérie orientale du village de Solliès-Pont, dans le département du Var, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Toulon et des massifs calcaires du Coudon. L’emprise de 2000 m² est localisée autour de 73 m d’altitude sur la terrasse alluviale du Gapeau. Elle est entourée au nord par les collines calcaires du Castellas (346 m) et de Sainte-Christine (304 m) et à l’est par les premiers contreforts du massif des Maures, les collines du Roucas de Monié (299 m) et des Pousselons (199 m). Un canal d’irrigation construit à la fin du XVIe siècle et réaménagé pendant la Seconde Guerre mondiale partage son espace en deux zones distinctes.

Plan de masse

Vue cavalière orientée de l’emprise au premier décapage. Photo : © EVEHA Lyon.

Précisons que cette première présentation intervient un mois après la fin de la phase terrain. Son objectif est de livrer, dans les grandes lignes, nos résultats préliminaires. Ces derniers se basent essentiellement sur les observations de terrain et sur une première mise en phase des vestiges ; ils doivent donc être reçus avec toute la prudence de rigueur.

L’opération réalisée a permis de mettre au jour, deux ensembles funéraires contemporains articulés autour d’enclos maçonnés construits à la périphérie de zones cultivées. Au sud, le premier enclos (n° 2)…

L'enclos numéro 2

L'enclos funéraire numéro 2.

…dont la superficie voisine les 52 m², possède des maçonneries liées au mortier, puissamment fondées (0,8 m de large pour 1,3 m de profondeur au maximum), qui supposent une élévation probablement massive. Son orientation SE-NO (N145°O) apparaît parfaitement parallèle à une tranchée de plantation située au nord (F30) et au sud, à une zone cultivée matérialisée par une cinquantaine de fosses de plan quadrangulaire disposées à intervalles réguliers sur sept alignements.

Cet ensemble cultivé axé sur la trame fixée par l’enclos renvoie assez clairement à l'identification d’une zone de plantations viticoles.

Fosses de plan quadrangulaire

Les fosses quadrangulaires de plantations viticoles. Photo : © EVEHA Lyon.

Il a pu, dans un premier temps être alimenté ou irrigué par une canalisation souterraine (F219) dont le creusement, conservé sur près de 2 m de haut, traverse le nord de l’emprise. Ces fosses de plan quadrangulaire se retrouvent également disposées de façon plus lâche dans le prolongement oriental de l’axe des murs sud et nord de l’enclos. Elles délimitent une allée de plus de 18 m de long pour 3,6 m de large et participent au décorum de ce premier ensemble funéraire. L’implantation de dépôts secondaires de crémation sur la périphérie de leur emprise tend par ailleurs à leur conférer sporadiquement une fonction de marqueur funéraire.

L’intérieur de ce premier enclos est structuré autour d'une grande fosse bûcher de plan rectangulaire (2 x 1,5 m)…

Grande fosse bûcher

Grande fosse bûcher du plan quadrangulaire.

…autour duquel sont installés les dépôts de crémation en fosse et leurs probables marqueurs. La présence d’un fragment de cippe en calcaire utilisé en tant que calage dans une inhumation plus récente tend à accréditer la présence d’indicateurs relativement luxueux. On notera que la réouverture et ou spoliation de certains dépôts particulièrement épais suggèrent la récupération d’un mobilier a priori privilégié. Le fond de cet enclos est également agrémenté de tranchées de plantations implantées contre les murs sud, nord et ouest au-devant desquels d’autres fosses de plantations de tailles plus modestes se répondent en symétrie du nord au sud. Avec son allée orientale, le décorum végétalisé de ce premier ensemble peut être qualifié de jardin funéraire. Son emprise délimite assez fidèlement les limites de ce premier ensemble funéraire puisque l’implantation des dépôts secondaires de crémation ou des fosses liées aux rejets de résidus ainsi que celles, plus tardives ou contemporaines, des inhumations s’effectuent systématiquement au sein de son espace. Les inhumations, dont la chronologie semble s’étaler sur toute la période de l’occupation de la nécropole, montrent une grande variété de modes architecturale avec notamment celles en bâtière ou en coffrage de tuile, en amphore et en architecture mixte ou encore celles sans contenant pérenne.
Mentionnons également la présence d’un imposant monument funéraire vraisemblablement spolié dont l’architecture présente une voûte en tuf et réemploie d'un bloc chaperon (0,90 x 0,68 x 0,33 m)…

Un bloc chaperon

Le monument funéraire ou cénotaphe, structure F47.

… et un bloc de parement mural (0,75 x 0,50 x 0,23 m) dont l’origine pourrait bien provenir de l’élévation de ce premier enclos).

Au nord, le second ensemble pourrait s’être installé au cours du Haut-Empire, en deux temps. La première séquence se rapporte à une division de la parcelle. Elle est matérialisée par l’installation d’une importante tranchée de plantations qui présente une double orientation et divise l’emprise en deux en venant notamment recouper l’ancien conduit d’alimentation (F219) traversant l’emprise. Une seconde tranchée (F18) se développe parallèlement à son tronçon méridional et ménage ainsi durablement un espace vide entre les deux secteurs funéraires. La partie nord-est de ce secteur nouvellement délimité voit l’installation de vingt-quatre tranchées de plantations (sulci) au sein desquelles des fosses de plan rectangulaire (1 x 0,5 m) sont implantées transversalement à intervalles réguliers, tous les 0,5 m ; ce qui atteste la pratique du provignage. Cette pratique bien illustrée par les sources agronomiques et archéologiques du sud-est de la Gaule illustre une zone cultivée dont la destination renvoie indubitablement à la culture de la vigne

Dans un second temps, un nouvel enclos…

Un nouvel enclos

Vue zénithale de l'enclos numéro 1. Photo : © EVEHA Lyon.

…dont la superficie voisine celle du précédent a été installé au niveau de l’extrémité occidentale de cette zone cultivée. Ces maçonneries larges de 0,7 m pour 0,3 m d’épaisseur en moyenne apparaissent moins bien ancrées que celles du premier enclos. L’arrachement observé au centre de son mur septentrional pourrait correspondre à la récupération d’une pierre de seuil et laisse supposer un accès nord à cet ensemble. Ce second enclos présente la même orientation nord-sud que les tranchées de plantations sur lesquelles il s’implante. Toutefois, il est difficile d’argumenter l’abandon dans son intégralité de la plantation. En effet, à l’image du précédent, un espace pourrait avoir été aménagé après l’arrachement de ceps, pour l’installation de cet ensemble construit. La contemporanéité des deux ensembles nous semble induire un effet d’imitation que les données de terrain ne peuvent ni valider, ni infirmer, même si la lecture des fosses de plantations est plus aisée à l’est de l’enclos. Au sein de l’enclos, les dépôts de crémation, datés entre la fin du Ier siècle et la seconde moitié du IIe siècle au plus tard, sont également associés à des marqueurs. Leur structuration apparaît toutefois moins organisée que celle du premier enclos. Ils sont déposés au sein de fosses de plan géométrique rectangulaire à quadrangulaire) dont les plus grandes approchent un mètre de côté en moyenne pour 0,2 à 0,4 m de profondeur conservée. Ils présentent des dépôts mixtes le plus souvent matérialisés par un vase ossuaire en verre…

Vase ossuaire en verre

Un vase ossuaire en verre.

…disposé au centre sur une couche charbonneuse et parfois de résidus de crémation issus du bûcher. À en juger par les restes de parois rubéfiées pris dans le comblement ou conservés sur les parois de certaines fosses, il est probable qu'elles aient également servi de structure primaire de combustion suggérant peut-être l’identification de tombe bûcher. Ces dépôts sont le plus souvent associés à du mobilier secondaire, des vases offrandes en céramique et/ou à des balsamaires en verre. Ils possèdent parfois des aménagements spécifiques en tegulae

Tegulæ du coffrage de F245

Les tuiles marquées du coffrage de la structure F245.

…pour lesquels des aménagements particuliers semblent envisageables. En dehors de l’emprise de cet enclos, les dépôts de crémation sont installés dans des contenants en matériaux périssables ou en amas sans contenant et se présentent sur le terrain sous la forme d’amas osseux de plans subcirculaire à ovalaire, déposés au centre de fosses de grandes dimensions. Là encore, leur contemporanéité avec certaines inhumations reste possible en l’absence d’étude plus approfondie. Les inhumations s’implantent quant à elles au nord de l’emprise de l’enclos, et comme pour celles observées au sud, elles respectent son orientation. À l’instar de celles observées au niveau du premier enclos, ces sépultures déclinent la même variété que celles observées au sud de l’emprise (inhumations en bâtière, en coffrage de tuile, en amphore, en architecture mixte, sans contenant pérenne…).

Inhumation en coffrage de tuile F1

Inhumation en coffrage de tuile de la fosse F1.

…Ces dernières s’étalent chronologiquement jusqu’à la fin de l’occupation.

On signalera enfin l’existence d’un fossé palissadé dont le profil en « Y » et le comblement présentant un lobe d’arrachement central supposent une troisième limite observée dans le quart nord-ouest de l’emprise. Cette dernière, qui recoupe en se fondant, au nord, dans le tracé de la grande tranchée de plantations divisant l’emprise en deux, inaugure la limite d’un troisième ensemble. Signalons que les données obtenues au diagnostic sur ce troisième secteur témoignent de la présence de fosses de plantations de plan rectangulaire, organisées en linéaire… La localisation de ce fossé en bordure de fouille rend toutefois délicate la qualification de ce nouvel ensemble.

Ainsi, les résultats préliminaires de la fouille de la ZAC des Laugiers permettent d’envisager la restitution d’un site remarquable par la présence de deux nécropoles juxtaposées et dont la contemporanéité d’utilisation ne laisse guère de doute. Si la structuration de l’ensemble funéraire situé au sud de l’emprise,…

Début de la fouille, coffrage F1

Début de la fouille de la structure F1.

…de même que ses puissantes maçonneries, contrastent sensiblement avec l’ensemble septentrional, a priori plus modeste, leurs localisations à la périphérie de zones cultivées renvoient l’image de deux nécropoles de petite envergure, peut-être à destination familiale, qui appellent avec leurs ensembles cultivés des domaines de rattachement dans un environnement immédiat.