Patrimoine

Repères Mot/Expression Définition sommaire
Karst
(Cf « relief karstique », fin § 1, Climatologie actuelle)
Structure géomorphologique résultant de l’érosion hydrochimique des roches, principalement carbonatées. Les karsts présentent pour la pluspart un paysage tourmenté, un réseau hydrographique souterrain, donc un sous-sol creusé de cavités (relief ruiniforme, pertes et résurgences de cours d’eau, grottes et gouffres).
Roches plutoniques
(Cf fin du § 3 – Le bassin du Gapeau)
 Se dit de roches magmatiques qui se sont formées par un lent refroidissement du magma, donc en profondeur dans la croûte terrestre, de structure grenue (granite, gabbro, syénite, etc.).
Roches métamorphiques
(Cf fin du § 3 – Le bassin du Gapeau)
 Se dit d’une roche (sédimentaire, magmatique ou même métamorphique) qui a principalement subi une transformation minéralogique et structurale suite à une élévation de température et de pression.
Défluviation
(Cf « c’est une défluviation », § 3.1 – Le Gapeau)
Changement total de lit d’un cours d’eau.
Permien
(Cf « hauteurs permiennes »,
fin du § 3. – Le Gapeau)
Le Permien correspond à la sixième et dernière époque géologique du Paléozoïque (anciennement nommée « ère Primaire »). Elle s’étend environ de -299 millions d’années à -251 MA. Elle est conclue par la plus grande extinction massive d’espèces vivantes connue à ce jour (96 % des espèces marines et 75 % des espèces terrestres).
Permo-trias
(Cf fin du § 4 – Le cadre géologique du Bassin du Gapeau)
Limite entre le Permien et le Trias qui lui succède. Appelé aussi « limite PT » dans le jangon des géologues. Elle est très visible dans le massif du Bau Rouge, en empruntant le chemin qui fait le tour du secteur de la Mine de Cap Garonne.
Transgression/Régression Utilisé suivant que le niveau de la Méditerranée se situait au dessus (transgression) ou au dessous (régression) du niveau zéro actuel.
Tardiglaciaire
(Cf début § 5 – Le Quaternaire régional)
En paléoclimatologie, ce terme désigne à la dernière phase du Pléistocène, précédant l’époque actuelle de l’Holocène. Il correspond à l’ultime subdivision de la dernière glaciation durant laquelle le climat se réchauffe globalement, même s’il subsiste des oscillation froides. Cette période s’étale d’environ -16 000 ans à -10 000 ans avant J.-C.
Cristallophyllien
(Cf fin du § 5 – Le Quaternaire régional)
Qualifie un terrain de roches cristallines présentant présentant une structure cristalline feuilletée (de type mica).
Ria
(Cf fin du § 5.1.1 - État des lieu au Néosicilien)
Vallée de fleuve envahie par la mer (aber en Bretagne).
Rubéfié
(Cf fin du § 5.1.1 – État des lieu au Néosicilien)
Étymologiquement, vient du verbe rubéfier : rendre rouge. Dans ce cas, l’action des oxydes de fer ont « rubéfiée » les alluvions.

Smilax aspera  L.

HERBE AUX SCHTROUMPFS OU SALSEPAREILLE

Salsepareille, Smilax aspera L.
Salsepareille, Smilax aspera L.

Nom provençal :

Esclarzia ou esclarziha (Fréjus),
esquerzia
ou rastelet (Seillans),
esclarzieio
(Montauroux),
aglaria
(Hyères),
agleira
(Les Mayons),
escuro-lengo
(Lorgues)

SMILACACEAE

Localisation :
Liane méditerranéenne très répandue dans les haies, bois clairs, pierriers, forêts, maquis, garrigues et brousse littorale.

Utilisation :
- Diurétique (décoction de racine sèche coupée en morceaux) ;
- Dépurative, sudorifique : affections cutanées, rhumatismes, goutte.
- Les asthmatiques peuvent fumer sa racine blanc-gris, séchée et broyée, ils s’en trouveront soulagés.

Comestibilité :
Les jeunes pousses de cette liane sont comestibles crues ou cuites.
Les fleurs automnales, au parfum d’Oranger, servent également à préparer une délicieuse liqueur.

Salsepareille, Smilax aspera L.

Robinia pseudoacacia  L.

Nom provençal : Acacia

FABACEAE

 Localisation :
Espèce pionnière en pineraies et forêts mélangées, de l’étage méditerranéen à l’étage montagnard. Le Robinier est répandu dans toute la vallée (cultivé et naturalisé). Fourrés rudéraux sur sols profonds.

Utilisation :
Les fleurs sont réputées calmantes, anti-spasmodiques, toniques (vin tonique obtenu en faisant macérer 15 à 20 grammes de fleurs dans un litre de vin rouge), astringentes et cholagogues.
Cet arbre est dédié à Jean Robin (1550-1629), jardinier du roi Henri IV, qui rapporta les graines du Canada et sema le premier arbre de cette espèce en France en 1601, place Dauphine à Paris (il fut transplanté en 1635 au Jardin des Plantes où l’on peut encore l’admirer de nos jours).

Comestibilité :
Les fleurs peuvent être consommées en beignets au parfum suave et au goût sucré. Bouillies à l’eau, les inflorescences ont une saveur sucrée rappelant celle des petits pois. Au Japon, les bourgeons foliaires sont mangés bouillis et assaisonnés de sauce soja.

Toxicité :
Un excès de fleurs de Robinier, à l’état cru, peut se montrer émétique. Aucun problème n’est à craindre lorsque les fleurs sont cuites.

Onopordum illyricum  L.

Chardon aux ânes ou Onopordon-d'Illyrie

Onopordon-d'Illyrie, Onopordum illyricum L.

Nom provençal : Gros-cardoun

ASTERACEAE

Onopordon-d'Illyrie, Onopordum illyricum l.

Centranthus ruber  (L.) DC

LILAS D’ESPAGNEVALÉRIANE ROUGE OU ‌CENTRANTHE ROUGE

Valériane rouge, Centranthus ruber L.
Valériane rouge, Centranthus ruber L.

Nom provençal : Pan-de-couguou

CAPRIFOLIACEAE

Localisation :
éboulis, falaises, autour des habitations, bords des routes décombres…

Utilisation :
La racine a été employée comme antispasmodique et la plante aurait une action sédative comme sa cousine la valériane.

Comestibilité :
Les feuilles et les boutons floraux sont comestibles, mais c’est surtout les rosettes et les jeunes feuilles qui sont consommées en salade.

Valériane rouge, Centranthus ruber L.

 

Dans la même famille :

Consultez la vidéo : Valériane officinale

Mercurialis tomentosa  L.

mercuriale-tomenteuse-mercurialis-tomentosa-l

Nom provençal :
Mercuriau

EUPHORBIACEAE

Convolvulus lanuginosus  Desr.

liseron-laineux-convolvulus-lanuginosus-desr

Nom provençal : Courrejolo

CONVOLVULACEAE

Euphorbia duvalii

Euphorbe de Duval, Euphorbia duvalii

Nom provençal : Lachusclo

EUPHORBIACEAE

Tulipa sylvestris  L
Subsp. australis  Link Pamp.

Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris L.
Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris L.

Nom provençal : Tulipan

LILIACEAE

Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris L., nom provençal : Tulipan, 467x700
Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris L.

Ostrya carpinifolia

Charme Houblon, ostrya carpinifolia

Nom provençal : Caupre

BETULACEAE

Ophioglossum lusitanicum  L.

Ophioglosse du Portugal, Ophioglossum lusitanicum L.

Nom provençal :
Lengo-de-serp ;
Erbo-de-la-lanceto

OPHOIGLASSACEAE

Sonchus asper  L. Hill

Laiteron rude, Sonchus asper

Nom provençal : Cardello

ASTERACEAE

Tulipa agenensis  Dc

Tulipe d'Agen, Tulipa agenensis

Nom provençal : Tulipan

LILIACEAE

Thapsia villosa  L.

Thapsie, thapsia villosa L.

Nom provençal :
Erbo-à-nòu-camié

APIACEAE

Soldanella alpina  L.

Soldanelle des Alpes, Soldanella alpina-L.

Nom provençal : Sóudanello

PRIMULACEAE

Saponaria ocymoides  L.

Saponaire faux basilic, Saponaria ocymoides L.

Nom provençal :
Sabouniero

CARYOPHYLLACEAE

Narcissus poeticus  L.

Narcisse de poètes, Narcissus poeticus-L.

Nom provençal :
Dono,
Bihoto,
Toto-bihoto (Fréjus, Le Muy)

AMARYLLIDACEAE

 

TOXIQUE

Lepidium draba  L.

BROCOLI  SAUVAGE, PAIN  BLANC, ou PASSERAGE  DRAVE 

Pain blanc, Lepidium draba L.
Pain blanc, Lepidium draba L.

Nom provençal :
Pan-blanc,
caulet-bastard,
cauletoun

BRASSICACEAE

Localisation :
Originaire d’Orient, il est devenu une de nos plantes les plus communes au bord des chemins, champs, cultures, talus où il forme d’importantes colonies.

Comestibilité :
Les feuilles tendres en rosette, à la saveur piquante, soufrée, se cueillent dès le mois d’octobre et jusqu’au printemps.
En avril et mai, ce sont les boutons floraux qui sont cueillis – ils ressemblent à de petits brocolis – et peuvent être cuisinés comme ces derniers.
Les graines étaient appelées autrefois le « poivre du pauvre ».
En cas de doute sur la plante, déterrez la partie souterraine qui présente souvent un nodule blanc crème de un centimètre de diamètre et confirme que c’est bien du Pain blanc !
Cette réserve disparaît à la floraison.

Arctium minus J. Hill Bernh

Bardane, Arctium minus
Bardane, Arctium minus

Photo : Andrey Zharkikh

Nom provençal : Lampourdié

ASTERACEAE

Localisation :
Berges des rivières, bords des chemins, bois clairs, décombres. Seule, la Bardane à petits capitules est bien représentée dans le Var.

Utilisation :
La Bardane, remarquable plante médicinale, est un antibiotique naturel contre le staphylocoque doré : application de feuilles fraîches sur ulcère, furoncle, psoriasis, eczéma, acné… La dessiccation des feuilles annule leurs vertus !
La racine contient 45 % d’inuline et de sel de potasse. C’est un excellent dépuratif du sang. La décoction des racines, fraîches ou sèches, est diurétique, sudorifique, hypoglycémiante (elle augmente la tolérance aux hydrates de carbone), elle soigne le cuir chevelu (pellicules).

Comestibilité :
Les pétioles, pelés après avoir été blanchis, accompagnent les crudités, les légumes cuits à la vapeur, le riz… Les racines fraîches, émincées, revenues à la poêle ou en bouillon, ont une saveur très délicate et un parfum de champignon.
Plante bisannuelle, il faut ramasser la racine la première année quand elle est encore charnue et tendre.

Consulter la vidéo : Bardanes

Origanum vulgare  L.

‌MARJOLAINE SAUVAGE OU ‌ORIGAN

Nom provençal : Majourano

LAMIACEAE

Son nom vient du grec oros « montagne »
et ganos « joie »

Localisation :
Pentes montagneuses, friches et pelouses sur sols profonds, prairies, bois frais, lisières forestières, chênaies. Commun dans toute la Vallée.

Utilisation (Sommités fleuries) :

— aérophagie ;
— troubles de l’estomac ;
— névralgie, torticolis ; (broyer la plante fraîche dans un linge fin, poser le tout sur une plaque chaude et envelopper la partie douloureuse).
— toux (affections respiratoires).

Comestibilité :
Les jeunes feuilles fraîches sont parfumées et tendres, délicieuses en accompagnement de charcuteries, fromages, salades... Les feuilles sèches s’emploient comme condiment dans les plats de viandes et de légumes, sauces, pâtes et pizzas.

Fagus sylvatica  L.

Hêtre, Fagus sylvatica, jeune pousse,
Hêtre : jeune pousse.
Hêtre, Fagus sylvatica, graines
Hêtre : graines.

Nom provençal : Fau, faiard

FAGACEAE

Localisation :
Rare dans le Midi, dans les bois humides des montagnes, en fond de vallons ou à l’ubac aux basses altitudes. Forêt feuillue pure (hêtraie) ou mélangée (hêtraie-sapinière de la Sainte-Baume).

Utilisation :
Recherchés par maints animaux, les fruits du Hêtre produisent une huile fluide utilisée autrefois pour l’éclairage et la consommation courante. Le Hêtre a une grande valeur économique grâce à son bois d’un joli blanc rosé, lourd, dur et homogène : excellent bois de chauffage, mais aussi de menuiserie et d’ébénisterie.

Comestibilité :
Ses petits fruits triangulaires, les faînes, au goût délicat, ont été, à maintes reprises, une véritable manne en cas de disette.
Il est préférable de consommer les graines grillées, ce qui facilite beaucoup le retrait de leur petite enveloppe brune, légèrement toxique.

Hêtre, Fagus sylvatica

Lavandula angustifolia

Lavande-officinale, Lavandula angustifolia

Nom provençal :  Lavando

LAMIACEAE

 

 

Consulter la vidéo : Lavandes

Corylus avellana  L.

Nom provençal : Avelanié

BETULACEAE

 Localisation :
Le long des chemins, dans les haies, les taillis, les pentes broussailleuses, les bois et les forêts, les vallons encaissés. Dans le Bassin méditerranéen, il se réfugie au bord de l’eau.

 Utilisation :
Il est souvent associé, dans les croyances, à l’idée de fécondité, d’abondance ou de mystère. Ses fourches à deux branches servaient de « baguette » aux sourciers.
Ses fruits apparaissent en été et sont mûrs en septembre.
Ils donnent une huile fine, douce, parfumée, bonne pour la peau.
Les noisettes sont un aliment riche, réputé bénéfique pour le système nerveux. Des tisanes qui les mêlent aux feuilles facilitent le bon fonctionnement des appareils urinaire et circulatoire. Ses rameaux sont utilisés en vannerie.

 Comestibilité :
Les noisettes étaient déjà fort recherchées par les hommes de la Préhistoire !
Fraîches ou sèches, elles accompagnent aussi bien les plats salés que sucrés et entrent dans la confection de pâtisseries, confiseries, pâte à tartiner.
Elles sont croquées parmi les quatre « mendiants » ou les treize desserts du réveillon.
L’huile de noisette est très bonne dans les salades.

Les reliques de Sainte-Christine

de Solliès-Pont

Reliquaire de Sainte-Christine, Solliès-Pont, 572x800

Reliquaire réalisé en 2009 par M. Yves Rouvier, d’Hyères.

Messire Jean François Le Roux (1722-10.1788), curé du bourg du Pont de Solliès, fait don à la communauté de Solliès le 7 mai 1769 d’une relique de Sainte-Christine de Tyr procurée par l’évêché de Carpentras (Mgr Joseph 1er Vignoli) qui l’avait reçue de l’archevêque de Palerme comprenant la mâchoire inférieure et dix dents. Cette relique est rendue au culte le 22 avril 1804 par les héritiers du père Joseph Marie Bernard, curé de 1789-1794 qui les avait sauvées durant les troubles de la Révolution.

Sainte Christine : jour de mort : 20 juillet, vers l'an 300.
Tombeau : à Palerme en Sicile [1].
Image : Celle d’une jeune fille, avec divers instruments de torture.
Vie : Nous devons distinguer deux saintes de ce nom. La première était originaire de Bolsena ; la seconde vécut à Tyr et est honorée comme grande martyre chez les Orientaux. C’est aujourd’hui la fête commune de ces deux saintes.
Voici le texte du Martyrologe sur la sainte d’Occident. « À Bolsena, en Toscane, mort de sainte Christine, vierge et martyre. À l’âge de onze ans, elle brisa, en témoignage de sa foi, les idoles d’or et d’argent de son père et les distribua aux pauvres. Sur l’ordre de celui-ci, elle fut lacérée de coups, soumise à divers tourments et jetée avec une lourde pierre dans la mer ; mais un ange la délivra. Plus tard, sous un autre magistrat, successeur de son père, elle subit avec une admirable constance de nouveaux supplices plus terribles encore. Elle acheva enfin sa glorieuse carrière après avoir été jetée dans une fournaise ardente où elle resta cinq jours sans en être incommodée, après avoir triomphé par la force du Christ de tous les artifices, été transpercée de traits et eu la langue arrachée ».
Son tombeau fut découvert en 1886. De l’examen de ses restes, on peut conclure qu’elle mourut très jeune ; tout au plus avait-elle quatorze ans.

 

Translation des reliques de Sainte-Christine

BMS, Solliès-Pont, AD 83130. 7E 137_2, p. 562, f° 13v-14r.
L’an mil sept cent soixante neuf et le seize du mois de
mai troisième fête de la pentecôte sur les cinq heures de relevées
je soussigné curé de cette paroisse assisté de mre marc
Girard curé de St Michel la ville, de mres jean joseph
Ricard, de louis Barthélemi secondaire de la dite
paroisse, de mre Pelegrin desservans la succursale de
la farlede, de mre Rastin secondaire de cette
paroisse ; (mres jaques Dollieulle et françois Dollieulle
les deux autres secondaires se trouvans indisposés) de
mre joseph Icard secondaire des Toucas, ai fais par
une procession generale la translation de la machoire
inférieure de Sainte-Christine patronne de cette communauté
deposée dans l’eglise des R.R. p.p. capucins de cette
paroisse, à la quelle machoire il y a encore dix dents
attachées. Cette precieuse relique m’a été donnée par
mgr de Vignoli eveque de Carpentras, qui la retiré
de l’eglise du college de sa ville episcopale ou elle avait
été mise par mgr Abbati l’un de ses predecesseurs qui
l’avait reçue de mgr l’archeveque de Palerme le sceau
en forme probante avec preuves légales verifiés par
mgr de Lascaris des comtes de Vintimille eveque de
Toulon, le dix huit avril dernier qui a placé la dite
Translation des reliques de Sainte-Christine
machoire dans le buste de Sainte-Christine en presence
de Srs joseph françois Thollon maire et syndic du corps, de
dominique hyacinthe Sénès aussi syndic aux quels represan
tant la paroisse. J’ai (*) present de la dite relique ainsi
qu’il est plus amplement expliqué dans le procès verbal
dressé à ce suit par le dit seigneur eveque de Toulon
qu’il a enfermé dans le buste de Sainte-Christine avec les
autres authentiques est scellés le dit buste du sceau de ses
armes les susnommés ont signé avec moi. (*) fait
Translation des reliques de Sainte-Christine

Signé : Rastin pbre
f  Thollon
maire et syndic
senes
sindic      le Roux curé
Barthelemy
pbre

NOTES :
mre : messire,
mgr : monseigneur,
pbre : prêtre,
R.R. p.p. : révérends pères.
[1] Dom Parsch — des reliques de la Christine de Tyr qui aurait été transférées en Sicile, cf. Pierre Jounel, Le Culte des saints dans les Basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle, École française de Rome, palais Farnèse, 1977, p. 260.
Relique de Sainte-Christine

Échelle : 2 centimes Ø : 18,75 mm.

Viburnum tinus  L.

VIORNE TIN OU LAURIER-TIN

Laurier tin, Viburnum tinus
Laurier tin, Viburnum tinus

Nom provençal :
Bagasso (Les Adrets-de-l’Estérel),
Lauretin
(La Crau)

ADOXACEAE

Localisation :
Commun, cet arbrisseau à feuillage persistant décore, en plein hiver, les chênaies vertes, les sous-bois et les haies de ses grandes têtes florales blanches, puis de ses fruits d’un bleu métallique, à la fin de l’été.

Utilisation :
Communément cultivé pour ses fleurs. Les fruits étaient utilisés contre l’hydropisie (rétention d’eau dans l’organisme).

Toxicité :
Attention, les fruits ont également la réputation d’être purgatifs !

Cytisus scoparius  L. Link

Gênet à balais, Cytisus scoparius L.

Nom provençal : Ginèsto

FABACEAE

Genêt à balais, Cytisus scoparius L. Link

Photo : Jon Sullivan

Tussilago farfara  L.

Tussilage ou Pas-d'âne

Photo : ekenitr

Nom provençal ; 
Pas-d'ai,
Erbo-de-la-pato,
Cavalino

ASTERACEAE

 

Tussilage ou Pas-d'âne

Lotus corniculatus  L.

Lotier corniculé, Lotus corniculatus L.

Nom provençal : Galassoun

FABACEAE

Lotier corniculé, Lotus corniculatus L.
Lotier corniculé, Lotus corniculatus L.

Paronychia argentea  Lam.

Paronyque argentée, Paronychia argentea

Photo : Katia Schulz

Nom provençal : Parounico

CARYOPHYLLACEAE

Paronyque argentée, Paronychia argentea

Morus nigra  L.

On a l’habitude d’évoquer le Mûrier (amourié en provençal) pour ses feuilles, tant elles sont associées à l’élevage des vers à soie. C’est d’ailleurs dans le but de développer cette activité qu’a été importé en France - via l’Italie - cet arbre exotique originaire d’Asie, surtout à partir du XVIIe siècle.
Bien que la sériciculture ait été abandonnée depuis bien des années, les Mûriers sont encore présents dans nos paysages, bordant certains chemins ou allées de bastides, en périphérie de vignes ou à proximité des maisons. Mais, ayant perdu leur intérêt économique, ils tendent à disparaître, sauvés parfois par l’ombrage qu’ils apportent. Mais intéressons-nous à son fruit, récolte mineure quelque peu délaissé ou ignoré dans la tradition locale. Il mérite qu’on s’y attarde davantage.
Murier noir, Morus nigra
Le Mûrier noir
Il en va autrement du fruit du Mûrier noir (Morus nigra), introduit du Moyen-Orient beaucoup plus tôt en Europe que le Mûrier blanc. Il est inscrit dans la pharmacopée depuis l’Antiquité pour ses vertus astringentes, laxatives, pour lutter contre les maux de gorge, etc. Il est également présent dans la culture méditerranéenne comme aliment, consommé frais ou séché, sous forme de sirop ou en confiture. Il était, paraît-il, planté à proximité des poulaillers, car le fruit était très apprécié des volailles.
Pour distinguer le mûrier noir du mûrier blanc : 
«
Reconnaître le Mûrier noir »

Mûrier noir.

Le Mûrier blanc
Si la mûre du Mûrier n’a pas une grande renommée, c’est parce que, dans le Var, on rencontre principalement des Mûriers blancs (Morus alba), espèce largement préférée pour la sériciculture : de croissance plus rapide et réputée meilleure pour l’élevage des vers à soie que le Mûrier noir. Et son fruit (qui peut être de couleur blanche, jaune, rose, mais aussi noire), bien que sucré à maturité, est beaucoup moins parfumé et plus fade que le fruit du Mûrier noir (dont la couleur est noire ou rouge foncé).
Mûrier blanc, Morus alba
Mûrier blanc, Morus alba. Photo : Forest and Kim Starr
Néanmoins, certains « anciens » de nos villages rapportent qu’en des temps où les fruits ne circulaient pas autant et ne se trouvaient pas aussi facilement qu’aujourd’hui, on ne dédaignait pas se régaler de cette production secondaire et gratuite.
Hormis cet exemple, il n’existe pas localement, à ma connaissance, de tradition culinaire, comme il peut y en avoir ailleurs dans la région méditerranéenne (si des lecteurs ont des informations à ce sujet, nous serons heureux de les recueillir). Pourtant, aujourd’hui, on montre pour ce fruit un intérêt certain ; on trouve notamment à la vente des mûres blanches séchées, dont on vante les vertus toniques et stimulantes, pour leur teneur en fer, en vitamine C et en antioxydant.
Lire l’article sur la fructification du Mûrier blanc, de l’association « Fruitiers rares »
D’autres espèces à fruits savoureux
D’autres espèces de mûriers présentent des fruits aux qualités gustatives, comme le Mûrier platane (Morus Kagayamae), originaire du Japon. Bien qu’il ait des fruits délicieux, on plante le plus souvent, pour l’ombrage qu’il procure, une variété sans mûre pour éviter de tacher terrasses ou voitures.

Citons encore le Mûrier multicaule (Morus multicaulis), originaire de Chine ou le Mûrier rouge (Morus rubra), provenant d’Amérique du Nord, dont les variétés sont autant de promesses gustatives.

Un pépiniériste ayant une très belle collection de mûriers :
http://www.cochetfrederic.com/muriers-a-fruits.html

Si ailleurs des études ont permis d’identifier des cultivars (variétés locales), à ma connaissance, aucune étude n’a été réalisée dans le Var. N’ayant plus d’intérêt économique, l’arbre est menacé et disparaît progressivement devant l’extension urbaine notamment, ou par simple abandon. Il mériterait d’être étudié et préservé. Et si sa feuille n’est plus un argument, peut-être son fruit saura-t-il séduire les papilles et contribuer à le sortir de l’oubli.

Sources :
— Une conférence sur « Le Mûrier, de la Chine aux Cévennes. »
de Jean-Paul Roger, ancien responsable du Conservatoire botanique de Porquerolles.
— Lieutaghi (P.), Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux,
Éditions Actes Sud.
— Fattori (Y.), La soie de la graine au tissu, la sériciculture dans le Var,
Société nouvelle Imprimerie dracénoise, 1989.

Laurent Boudinot
Conservatoire du Patrimoine.

Retour à la fiche : Mûrier

Onosma tricerosperma  Subsp.  fastigiata

Onosma fausse vipérine, Onosma tricerosperma

Nom provençal : Arcaneto

BORAGINACEAE

Onosma fausse vipérine, Onosma tricerosperma

Photo : Xavier Béjar

Cistus salviifolius  L.

Ciste à feuilles de sauge, Cistus salviifolius

Nom provençal : Messugo, tarrèbou

CISTACEAE

Localisation :
Maquis, garrigues, surtout sur silice.

Utilisation :
Plante ornementale résistante à la sécheresse.

  • Ciste à feuilles de sauge, Cistus salviifolius
  • Ciste à feuilles de sauge, Cistus salviifolius
  • Ciste à feuilles de sauge, Cistus salviifolius

Quercus ilex  L.

Chêne vert, Quercus ilex L.
Chêne vert, Quercus ilex L.

Nom provençal : Éuve

FAGACEAE

Localisation :
forêts, garrigues, maquis rocheux. Rustique et de croissance lente, il résiste très bien aux embruns.

Utilisation :
Bois de chauffage excellent, utilisé en grandes quantités pour la fabrication du charbon de bois dans les charbonnières.

Comestibilité :
Les glands de nombreuses espèces de chênes ont été consommés par l’homme depuis la nuit des temps. Parfois ils sont doux et peuvent être mangés grillés ou bouillis. Mais bien souvent, ils sont amers à cause de la grande proportion de tanin qu’ils renferment et qui, ingérée en grande quantité, peut provoquer des troubles digestifs.
Heureusement, le tanin est soluble dans l’eau et peut être éliminé. Il suffit de hacher finement les glands, ou de les écraser, et de les faire bouillir à plusieurs eaux jusqu’à disparition de l’amertume, puis de les manger sous forme de bouillie salée ou sucrée.

Chêne vert, Quercus ilex L. Photo : Stadtkatze

Hedera helix  L.

Lierre, Hedera helix
Lierre, Hedera helix
Lierre, Hedera helix

Nom provençal : Héouré 

ARALIACEAE

Le Lierre est accusé à tort de mille maux…
Il ne parasite pas les arbres, ni ne les étouffe, bien au contraire, mais il leur confère fraîcheur et protection et attire nombre d’insectes - grâce à ses fleurs mellifères - et d’oiseaux grâce à ses fruits.

Localisation :
Liane commune, bois, falaises ombragées, forêts humides.

Utilisation :
- Utilisé en bain contre la cellulite ;
- Infusion appliquée en compresses sur les brûlures et les gerçures ;
- Propriétés expectorantes (traitement de la toux et des affections bronchiques).
Exemple : le Lierre est resté célèbre, dans la mémoire des gens, comme traitement spécifique de la toux. La méthode consiste à couper un vieux tronc, à creuser un trou dans le bois pour y laisser macérer un peu de vin quelques heures. Il faut ensuite boire ce vin qui acquiert des vertus anticoquelucheuse et antitussive.

Toxicité :
Les fruits sont faiblement toxiques (surtout chez les enfants).

Lierre, Hedera helix

Le Lierre des poètes

Lierre, arbre
Sur l’écorce des arbres… Photo : rascal tinain
Sur l’écorce des arbres, le long des murs…
Le Lierre grimpe partout où il trouve support à ses crampons et peut atteindre jusqu’à trente mètres de long, si bien qu’avec son feuillage, il recouvre parfois des murs entiers dont on oublie l’existence. L’espèce la plus répandue est le lierre commun Hedera helix.
En Orient comme en Occident, le Lierre est vite devenu le symbole de l’attachement affectif et de la fidélité, voire de l’amour étouffant. Une devise lui est associée :
« Je meurs ou je m’attache ».
On le considère d’ailleurs à tort comme l’égal du gui, un parasite qui se nourrit de la substance des arbres à leurs dépens et qu’il faut détruire.
Pourtant, cette liane aime s’agripper aux écorces rugueuses, comme celles des chênes, uniquement pour s’élever vers la lumière ! D’ailleurs, lorsqu’elle ne trouve pas de tuteur, on peut également la retrouver au ras du sol sous forme de vastes tapis.

Le Lierre joue un rôle très important dans l’équilibre de la biodiversité. Avez-vous déjà remarqué qu’il est en fleur à la saison où toutes les autres plantes s’apprêtent à entrer en dormance ?
Plante mellifère, elle permet aux abeilles de compléter leurs provisions d’hiver et une abeille solitaire, l’abeille du Lierre, lui est directement liée.

Lierre, Hedera helix, Abeille du Lierre

Abeille du Lierre. Photo stanze.

Les fruits - de petites baies noir bleuté et toxiques pour l’homme - se forment dès le mois de janvier et régalent de nombreux oiseaux, tels que les grives, les merles et les pigeons ramiers, alors que les autres graines se font rares à cette saison.
Lierre, Hedera helix, graines

 Le feuillage du Lierre sert également de refuge à de nombreuses espèces. Les oiseaux n’hésitent pas à venir y dissimuler leur nid tandis que le Gonepteryx rhamni, un papillon, s’y camoufle pour passer l’hiver.

C’est donc un véritable réservoir de biodiversité !

Désormais, lorsque votre regard se posera sur cette liane, vous saurez saisir toute la poésie qu’elle recèle dans ses feuillages. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que, dans l’Antiquité, les poètes grecs et romains les plus méritants se couvraient de lierre !

Baies du Lierre. Photo : rascal tinain

Utilisations :

Le lierre a des propriétés tinctoriales reconnues depuis longtemps.
Une fois écrasées, les baies bleu-violet peuvent être utilisées
pour teindre la laine en violet.
Ajoutez un peu de cendre à la décoction et vous obtiendrez un beau vert !
Quant à la sève, récoltée au printemps, elle prend une couleur rouge en cuisant et servait à colorer les peaux de chèvres ou de moutons.
Dans le Midi, on fabriquait également de la « lessive de lierre »,
qui ravivait les étoffes noires.
Texte : Mélanie ROBEAU, animatrice du Conservatoire du Patrimoine.
Références bibliographiques : RENAULT J-M., La garrigue grandeur nature,
RAMEAU, MANSION, DURRIO, GAUBERVILLE, Flore forestière française, guide écologique, tome III, région méditerranéenne,
SCHAUENBERG, PARIS, Guide des plantes médicinales.

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Les Menthes

Les Menthes font partie de la famille des lamiacées tout comme les nombreuses espèces aromatiques qui ornent nos jardins et nos petits plats (thym, romarin, sarriette, mélisse…). On compte plus de mille deux cents espèces de menthes dans le monde et au moins huit espèces sauvages en France. Le port et la reproduction végétative par stolons et rhizomes en font une plante très colonisatrice. Si les Menthes demandent beaucoup d’eau, il leur faut également beaucoup de soleil. Elles sont très résistantes à la sécheresse estivale.
Suspendre de la Menthe dans les maisons apporte une atmosphère paisible à la famille et chasse les mouches et les insectes volants (surtout la Menthe pouliot).
En magie, il était dit que porter, ou même mastiquer une feuille de Menthe, facilitait les avances amoureuses et faisait monter le désir chez son partenaire (les « Tic Tac » n’ont rien inventé !).
Un bain dérivatif (de siège) de décoction de Menthe serait un véritable « Viagra », masculin et féminin, naturel et écolo.
Le menthol contenu dans les feuilles est également excellent pour blanchir les dents.
Toutes les tisanes de Menthe sont apéritives, digestives et carminatives ; elles sont également très rafraîchissantes d’où la coutume du thé vert à la Menthe marocain bien connu. Elles sont également stomacales, expectorantes, emménagogues et cholagogues… Une vraie pharmacie pour notre tube digestif !
Les Menthes sont également appréciées dans le cas de piqûres d’insectes et de scorpions dont elles atténuent les actions vénéneuses.
Menthe Pouliot, Mentha pulegium
Menthe pouliot, Mentha pulegium - Photo : Katia
La menthe pouliot (mentha pulegium) dont l’étymologie vient de pulex (puce), car elle était utilisée jadis pour chasser les puces (dans le poulailler et la niche des chiens).
C’est sans doute la plus médicinale des menthes puisqu’elle est étudiée aujourd’hui dans la recherche contre le cancer.
Attention, elle est aussi la plus toxique : elle était utilisée autrefois à forte dose comme abortif… emportant parfois mère et enfant.
La Menthe aquatique (mentha aquatica) commune le long des ruisseaux, dégage souvent une odeur fort reconnaissable de ces milieux lorsqu’on la foule du pied par inadvertance.
Les feuilles sont plus ou moins velues et les fleurs en pompons terminaux roses bien reconnaissables.
Menthe aquatique, Mentha aquatica
Menthe aquatique, Mentha aquatica.
Photo :
Andreas Rockstein
Menthe à feuilles rondes, Mentha suaveolens

Menthe à feuilles rondes, Mentha-suaveolens.
Photo :
Forest and Kim Starr

La menthe à feuilles rondes (mentha suaveolens) facilement reconnaissable à ses feuilles oblongues, blanchâtres et tomenteuses au-dessous.
Pour un thé avec cette menthe dont les fragrances sont plus subtiles, il conviendra de ne pas trop chauffer l’eau (le thé solaire est parfait et rafraîchissant lors de vos aventures en collines.
Fabien Tambolini : technicien forestier et guide naturaliste.
Conservatoire du Patrimoine.

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La cigale ayant chanté tout l’été…

Cigale
Cigale et son exuvie

Cigale et son exuvie. Photo : Jean René Garcia

C’est par ces mots que Jean de la Fontaine commençait sa fable et par là, donnait une fausse image de la cigale. Image qui perdure dans les esprits encore aujourd’hui…
Réhabilitons notre cigale qui n’est ni une fainéante ni une inconséquente et qui cache, à nos yeux d’humains, la plus grande partie de sa vie.
Tout d’abord, une précision essentielle : les cigales sont largement répandues dans le monde et bien loin, parfois des rivages de la Méditerranée. Pour rester en France : une espèce de cigale, peu sonore certes, mais bien cigale tout de même, se trouve en Picardie. Mais les cigales les plus caractéristiques, celles qui font crii crii, sont bien de chez nous, comme de l’ensemble des départements méditerranéens.
Des cigales, il en existe beaucoup. Les plus communes sont :
– la cigale commune appelée aussi grande cigale ou encore cigale plébéienne ou même chanteuse du peuple. La plus grosse avec une taille d’environ 50 mm, ailes comprises.
– la cigale de l’orne appelée aussi cigale grise. Une cigale de taille moyenne. L’orne est un frêne, mais cette cigale, par chez nous, est inféodée aux pins et aux oliviers.
– la cigale noire. Une petite cigale.

Il en existe aussi de très rares comme cette cigale cotonneuse découverte il y quelques années dans une friche de Gigaro à la Croix-Valmer.

Nos cigales passent trois à quatre ans dans le sol, sous la forme de larve. Des larves trapues et munies de pattes adaptées à creuser. Elles se nourrissent de la sève tirée des racines des arbres. À la fin de leur développement larvaire, quand le sol atteint une température de 21 °c pendant au moins trois jours, elles émergent, muent et deviennent des adultes munies d’ailes et sexuellement différenciées. Elles sortent alors de leur exuvie (cf. photo ci-contre).
Seuls les mâles, pourvus de cymbales, des membranes placées sous l’abdomen et qui vibrent, chanteront dans le but d’attirer les femelles. C’est vers 22 ou 25 °C que les mâles chantent. La sonorité et le rythme de la cymbalisation sont propres à chaque espèce. Les adultes n’ont que deux à quatre semaines pour se retrouver, s’accoupler et pondre. Ainsi, le chant de la cigale tout l’été est le fait d’une succession de mâles chanteurs, qui sortent de terre pour mourir peu après, mais après s’être accouplés. Nul besoin pour eux d’aller quémander à la fourmi travailleuse une quelconque pitance pour passer l’hiver… ils ne le passeront pas de toute façon…
Denis Huin : guide naturaliste.
Conservatoire du Patrimoine.

Hypericum perforatum

Millepertuis perforé, Hypericum perfoliatum L. Kotor
Millepertuis. Photo :  Sandrine Rouja
Millepertuis perforé, Hypericum perfoliatum, feuille
Détail. Photo :  Paw Paw
Si l’Aubépine est l’arbre de mai, le Millepertuis est sans aucun doute la plante du mois de juin. Plante du soleil par excellence, les alchimistes disent qu’elle en transcende ses bienfaits.
Il a connu ses lettres de noblesse au Moyen Âge où il était réputé pour guérir de la mélancolie et chasser le diable. Puis, il fut peu à peu oublié au 19e siècle pour réapparaître de nos jours et être connu comme un excellent antidépresseur.
L’infusion des inflorescences sur quelques semaines redonne du baume au cœur… sans doute y amène-t-il le soleil ! Attention toutefois, comme tous les antidépresseurs, il ne fait pas de miracle et si les symptômes persistent, n’hésitez pas à consulter un bon psy ! D’autant que les effets secondaires ne sont pas négligeables : le Millepertuis a une chimie tellement puissante qu’il peut annuler les effets de la pilule contraceptive ou d’autres médicaments.
Il est à proscrire pour les personnes suivant un traitement de chimiothérapie et pour les personnes sensibles du cœur.
En usage externe, c’est un médicament vulnéraire et utilisé pour les traitements cutanés. C’est un apaisant qui rendra de précieux services en matière de brûlures et de contusions. Attention, en usage interne comme externe, le millepertuis est photosensibilisant.
Il est donc recommandé de ne pas s’exposer au soleil. Une consommation et une exposition trop régulière peut même conduire à la mort !
Voici une petite recette qui achalandera utilement votre pharmacie champêtre de premiers secours. Remplir une bouteille de sommités fleuries et la couvrir d’huile d’olive ou d’huile de sésame (bio, bien sûr !) et laisser votre préparation quarante jours dehors à la lune et au soleil. Votre macéra prendra rapidement une couleur rouge brique qui, une fois filtré, fera des merveilles sur les coups de soleil de l’été.
Traditionnellement, le Millepertuis est rattaché à la Saint-Jean puisqu’il est conseillé de le récolter ce jour-là (feu et solstice), mais en Provence, nous le récoltons généralement plus tôt, car il risque d’être passé le vingt et un juin !
À vos paniers !
Fabien Tambolini : technicien forestier et guide naturaliste.
Conservatoire du Patrimoine.

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Thaumetopoea pityocampa

Chenilles processionnaires, Thaumetopoea pityocampa

Chenilles processionnaires. Photo : M-F Augier 

Chenilles processionnaires, Thaumetopoea pityocampa

Cocon de chenilles. Photo : Martine

La processionnaire du pin est un insecte de l’ordre des lépidoptères qui doit son nom au mode de déplacement en file indienne des chenilles.
Elle mesure quelques millimètres à son premier stade et atteint jusqu’à quarante mm en fin de vie larvaire. Elle est de couleur brun noirâtre avec des taches rougeâtres sur le dessus et les flancs ; sa face ventrale est jaune. Son corps est fortement velu. L’insecte adulte est un papillon aux ailes grises, de trente-cinq à quarante mm d’envergure et dont les antennes prennent la forme d’un peigne.
Cet insecte est l’un des plus redoutables ravageurs des forêts méditerranéennes. Il se nourrit des aiguilles de toutes les espèces de pins présentes en France, entraînant de nombreuses conséquences néfastes sur la vie de l’arbre, en cas d’invasion massive :
– défoliation ;
– perte de croissance ;
– diminution du pouvoir photosynthétique ;
– affaiblissement physiologique ouvrant la voie aux insectes xylophages et aux stress hydriques pouvant conduire au dépérissement total.
Mais l’action dévastatrice de cette chenille ne se limite pas aux végétaux : des problèmes sanitaires touchent l’homme et les animaux. En effet, à son 3e stade de développement, son contact est dangereux du fait d’une substance urticante présente dans ses micropsies.
À son 5e et ultime stade, autrement dit à sa 5e année, en cas de stress ou d’agression, la chenille propulse ses poils dans l’air.
Ces derniers, libérés par des « miroirs urticants » (replis de peau), sont de véritables harpons qui se fixent dans l’épiderme de l’agresseur. En réponse à la démangeaison alors produite, le frottement ne fera qu’aggraver la situation, car en se brisant, ces poils libèrent encore plus de toxines.
Pourtant, certains prédateurs sont insensibles à ces attaques. Parmi eux, la mésange charbonnière et la huppe fasciée. L’éphippigère des vignes, plus connue sous le nom de boudrague, s’attaque quant à elle, directement aux pontes. (Attention, ce que nous appelons boudrague dans le var désigne une autre sauterelle : le barbitiste.)
Céline Pain.
Sources : Wikipédia, INRA (revue Stantari août 2008).


Malgré les désagréments que ces chenilles sont susceptibles de nous causer,
il ne faut pas oublier qu'elles font partie d’un écosystème fragile
et qu’elles participent à la biodiversité : de nombreux oiseaux dont
les Mésanges, le Geai, le Coucou-geai, et coléoptères dont le Calosome sycophante,
en font une grande consommation !

Nicole Marchal
Garrigues, flore et faune.

Houx y es-tu ?

Houx, Ilex aquifolium

Branche de houx. Photo : Denis Huin.

Tout le monde connaît son nom, ses feuilles et ses fruits parce qu’il est l’un des symboles des fêtes de Noël. Bien sûr que le houx à des feuilles piquantes, bien sûr que le houx a des fruits rouges, bien sûr que le houx est un arbre du froid ! Mais je peux vous dire (ou plutôt vous écrire) que le houx pousse dans les Maures, que le houx, chez nous, a souvent les feuilles sans aucune épine et que certains n’ont jamais de fruit.
Le houx est un petit arbre à feuilles persistantes, vertes luisantes dessus, parfois munies d’épines, parfois sans épine, et cela sur un même sujet quelquefois.
Il se cantonne aux fonds de vallons frais et ombrés, souvent en bordure des cours d’eau.
Le houx est une plante dioïque, ainsi il existe des sujets mâles qui ne produiront que des fleurs à pollen et des sujets femelles qui produiront des fleurs à ovules. Ce sont bien sûr les sujets femelles qui produiront les fruits, verts en automne, rouge en hiver.
Attention, les fruits sont toxiques pour les faibles humains que nous sommes. Par contre les oiseaux s’en régalent et du coup, dispersent les graines avec leurs fientes.

Le houx est une plante protégée :
la récolte des branches est strictement contrôlée
Cette réglementation est nécessaire tant l’arbre est victime de coupes sauvages ;
des pratiques qui ont abouti à sa quasi-disparition dans certains coins !

Fragon ou petit houx, Ruscus-aculeatus L.
Le nom « houx » est source de confusion en Provence car il est confondu avec le fragon petit houx. Cette petite plante toujours verte, de la famille des asperges, porte de drôles de feuilles raides et piquantes sur lesquelles sont souvent accrochées des fruits rouges.
Vous remarquerez que ces fruits rouges sont visibles en toute saison à l’exception peut être de l’été.
Notre véritable houx, lui, n’arbore ses fruits rouges que vers la fin novembre, plus surement en décembre.
Branche de Fragon. Photo : Parc national de Port-Cros.

Denis Huin : guide naturaliste et ornithologue.
Conservatoire du Patrimoine.

Voir la fiche : Houx

Retour vers la fiche : Fragon

Le jonc et la vannerie

Jonc Aigu, Juncus acutus
Photo : John Tann
Dans notre région, le jonc (juncus acutus) est répertorié dans les zones humides d’eau douce par le : « Guide du naturaliste dans le Var » (Éditions Libris).

Il signifie « le lien » du latin jungere, joindre.

C’est un matériau de choix pour débuter en vannerie spiralée ou cousue. Les vanneries spiralées sont constituées de boudins de jonc cousus sur eux-mêmes par un lien végétal.
C’est une technique universelle et très ancienne. Les fouilles archéologiques ont démontré que le colombin de paille était de réalisation antérieure à celui de la terre cuite. Les premiers récipients étanches auraient été des vanneries ressemblant à des « paillassous » (corbeille en paille) tapissés d’argile.
La longue tige que l’on utilise en vannerie est ronde, flexible, lisse et dépourvue de nœud.  Lorsqu’on la coupe, elle paraît spongieuse. Elles se récoltent selon les régions de juillet à octobre avant le dessèchement des fleurs. Séchées à l’ombre, elles restent souples. Torsadées ou tressées ensemble, elles ont la réputation d’être incassables et permettent de réaliser des attaches de type charnière. Convenablement séchées, elles se conservent plusieurs années.
Avant d’être travaillé, le jonc doit être aspergé et laissé au repos. On le maintient ensuite dans une serviette humide. Il ne doit pas être immergé, car il se gorgerait d’eau.
On s’en sert en sparterie (fabrication  d’objets avec des fibres végétales), en vannerie spiralée, en vannerie à tresses cousues (3-4 ou 6 brins) comme les cabas et en vannerie à tressage en nappe (technique de fabrication des paniers en châtaignier des Maures).

Il était également utilisé dans la vannerie marine pour la fabrication de nasses.

Claudine Manhes : vannière en herbe.

BIBLIOGRAPHIE 
Guide du naturaliste dans le Var - Éditions Libris.
La vannerie sauvage - Éditions de Terran.
La vannerie - Techniques et réalisations - Éditions Eyrolles.

 

Retour à la fiche : Jonc aigu

Aristolochia clematitis  L.

Aristoloche clématite, Aristolochia clematitis L.

Photo : Kriss de Niort

Nom provençal :
Fóuterlo-cougourelo

Aristoloche clématite :

ARISTOLOCHIACEAE

Aristoloche clématite, Aristolochia clematitis L.

Allium neapolitanum  Cyrillo

Ail de Naples, Allium neopolitanum
Photo : Jeantosti

Nom provençal : Aiet-blanc

AMARYLLIDACEAE

Localisation :
Endroits incultes souvent associé à A. triquetrum, (ail à trois angles), zones fraiches.

Utilisation :
Comme les autres ails, en condiment. On consomme le bulbe, mais aussi les feuilles qui sont mangées crues avec du pain, des oignons et des olives à Chypre.
Par ailleurs, cultivé comme plante ornementale.

 

Ail de Naples, Allium neopolitanum

Photo : Francois Mignard

Sambucus nigraAdoxaceae

 En ce début juin, dépêchez-vous si vous n’avez pas encore fait votre récolte de fleurs de sureau ! Et s'il est trop tard, il vous faudra encore patienter jusqu'à la fin de l’été pour récolter les fruits.
Pièce jointe vide ou le type d'article n'est pas une 'pièce jointe'

Ombelle de Sureau.

 Cet arbuste qui peut atteindre jusqu'à cinq mètres de haut (différent du sureau yèble, toxique, plante herbacée) est facilement identifiable avec ses beaux panaches blancs qui se mêlent au feuillage le long des routes et des champs.
Médicinalement, c’est un bon généraliste : son écorce est comparable à l’aubier de tilleul, utilisée pour les problèmes rhumatismaux et les infections urinaire ou les calculs reinaux. Les fleurs ont une alchimie très puissante, utilisées dans tous les cas de maladies respiratoires : rhume, bronchite, grippe et asthme. Leur infusion est galactogène (favorable à la sécrétion de lait) et calmante, fébrifuge et sudorifique, pour ne citer que quelques vertus. Les baies sont comestibles (quoique légèrement toxiques lorsqu’elles sont crues), riches en vitamines et éléments minéraux. On en fait d’excellentes confitures et autres pâtisseries.

 

Sirop de fleurs de Sureau

Voici une recette qui ne manquera pas de vous enchanter :
Cueillir quelques belles ombelles bien fleuries (environ dix par litre de préparation), les laisser tremper 24 heures dans une préparation constituée d’un litre d’eau pour un kilo de sucre et de deux citrons. Après cette macération, faites bouillir dix minutes pour dissoudre le sucre qui reste, filtrez et mettez en bouteille… c’est prêt !
Avec de l’eau bien fraîche, vous ne manquerez pas cet été de louer cette arbuste qui vous apportera tant de fraîcheur et régalera si finement votre palais !

Texte et photo : Fabien Tambolini, technicien forestier et naturaliste.
Conservatoire du Patrimoine.

 

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La Violette

Voilà, le printemps est bien là ! Si vous allez vous promener dans les sous-bois encore defeuillés laissez-vous enivrer par le doux parfum des violettes qui percent sous la litière. Cette plante était sacrée chez les Grecs. Son nom lui vient de la nymphe Io qui fut aimé de Zeus. Elle symbolise d’autant plus l’amour et l’arrivée tant attendue du printemps qu'offrir un bouquet de violettes (amour secret) c’est déclarer sa flamme à sa bien-aimée… sans doute parce qu’on lui prêtait des vertus odorantes aphrodisiaques ou plus simplement en raison de ses feuilles cordiformes !
Violette
Elles ont été récoltées et cultivées pendant plusieurs siècles pour la parfumerie, mais elle s'est vue remplacée par la racine d’iris qui présente une odeur similaire, mais est beaucoup plus rentable.
Médicinalement, les fleurs sont utilisées contre les maux de gorge et la toux qui, en ce changement de saison, peuvent nous surprendre (tisanes ou sirop de fleurs et feuilles). Les fleurs sont également sudorifiques. On leurs a accordé pendant longtemps des vertus contre l'insomnie et la mélancolie. L’eau de violette, quant à elle, est utilisée contre les infections de peaux et les acnés.
Les violettes sont comestibles (fleurs et feuilles (mucilagineuses). Les racines sont émétiques. Pour étonner agréablement vos amis, agrémentez vos salades vertes de fleurs violettes, c’est surprenant. On peut également réaliser des violettes confites pour les desserts mais sa mise en œuvre et un peu plus délicate.

Texte et photo : Fabien Tambolini, forestier et naturaliste.
Conservatoire du Patrimoine.

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Le romarin ou Rosmarinus officinalis

Le romarin est un arbrisseau aromatique bien connu des cuisinières provençales pour les daubes et grillades. Avec ces hivers doux, il commence dès février à présenter ses fleurs en épi bleu-violet, mais ne vous empressez pas pour la récolte, on les retrouvera jusqu’en mai. Cette plante de la famille des Lamiacées que l’on rencontre plus généralement sur sol calcaire est présente sur quelques stations arides et rocailleuses des Maures. Elle est facilement reconnaissable à ses feuilles coriaces (repliées sur les bords du limbe) sans pétioles avec une très forte odeur de camphre.
En médecine, le romarin est connu pour être l’ami du foie et de la vésicule biliaire : il est cholagogue, c’est-à-dire qu’il facilite l’évacuation de la bile, ce qui en fait une excellente plante digestive. C’est également une plante stimulante pour le système nerveux : il est utilisé pour soulager les tensions, les coups de fatigue et les déprimes passagères. Soyez prudent toutefois, car à forte dose, il est cardiotonique et donc déconseillé pour les personnes au cœur fragile (en décoction trop forte). Les Grecs l’utilisaient pour fortifier la mémoire et stimuler l’intellect ; les étudiants garderont donc précieusement quelques bouquets pour leurs périodes d’examens.
Romarin, Rosmarinus officinalis
Enfin, antirhumatismal, il est de bon usage de mélanger quelques gouttes d’huile essentielle à une huile neutre pour se masser les articulations. En phytothérapie, on utilisera les fleurs et/ou les feuilles.
C’est également une des premières fleurs mellifères de la saison et donnera, lorsque les abeilles auront fait leur œuvre, un miel très apprécié. Attention depuis quelques années (sûrement depuis 86 !) les romarins et les thyms sont fortement radioactifs.

Texte et photo : Fabien Tambolini, technicien forestier.
Conservatoire du Patrimoine.

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Acacia dealbata

De l’or en hiver !

Une floraison abondante et spectaculaire en hiver, un parfum entêtant qu’on associe aux célèbres parfumeries de Grasse, un symbole azuréen pour les touristes qui débarquent à l’aéroport de Nice, un prétexte aux corsos et autres fêtes qui fleurissent dans les communes des Maures, une espèce controversée que dénoncent les « écolos »… le Mimosa c’est tout cela !
Mimosa, Acacia dealbata
Mais qui connait vraiment le Mimosa ? Peu de monde en vérité, tellement cette plante revêt de multiples facettes, tellement sont nombreuses les fausses vérités qui circulent à son encontre. Tout d’abord, il faut avoir à l’esprit qu’il y a un grand nombre d’espèces de Mimosas de part le monde, la plupart originaires de l’Australie.
 Tous ces Mimosas sont en fait des Acacias et seuls quelques-uns sont appelés, en France, Mimosas. Par exemple le Mimosa des fleuristes est Acacia dealbata, le Mimosa des quatre saisons est Acacia retinoides. L’arbre communément appelé Acacia et à l’origine du miel du même nom est en réalité le Robinier faux Acacia et n’a rien à voir avec notre Acacia-mimosa.
Acacia dealbata. Photo : Conservatoire du patrimoine du Freinet.
Le Mimosa dit sauvage que l’on trouve un peu partout sur le littoral des Maures est Acacia dealbata.
Il a été introduit dans le milieu du XIXe siècle pour l’industrie du parfum à Grasse, mais comme l’arbre ne pousse que sur sol siliceux, c’est dans le Tanneron et dans les Maures qu’il a été planté en grand nombre.
Il est dit sauvage, car il se rencontre partout en forêt et surtout en fond de vallon, mais en réalité il s’est naturalisé à partir des plantations. Très expansif, il est dit invasif et à ce titre est considéré comme une espèce nuisible à la biodiversité et à l’intégrité des paysages typiques des Maures.

Denis Huin, naturaliste.
Conservatoire du Patrimoine.

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