Patrimoine

 Rapport Floquet

Tome I

Couverture Rapport Floquet

 

Jacques-André Floquet, ingénieur hydraulicien

 

Photocopie du document communiqué le 20 juillet 2009
dont il manque la page de titre et la page 2

 

9bre 1740

… de la Tourre, Sarraire et Cadouiré terroir du lieu de Solliès assisté du sieur Jean-Baptiste Hauvel leur député, par lequel comparant, il nous a représenté qu'au procès que ses parties ont par devant la cour contre Charles et Joseph Blin, frères, fils de émancipés d'Honoré et les syndics des particuliers possédant biens arrosables au quartier des Sauvans terroir du même lieu; lequel Messire Jean d'Astuard de Mur, Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Beaulieu, est intervenu ses parties sans entendre déroger ni préjudicier à leurs titres au fonds, ont été obligées de recourir au plan levé par le sieur Cundier géomètre en présence de M. le Conseiller de Charleval des mêmes que son rapport ou relation du 11 juin dernier pour pouvoir faire réparer les injustices, les erreurs et omissions dudit rapport et les infidélités du plan, ayant en conséquence présente une enquête à la cour le 5e du dit mois de novembre sur laquelle il a été fait un décret qui leur concède acte de leur recours, et ordonne qu’il sera révisé par le sieur Floquet géomètre hydraulique, en présence de M. le Conseiller de Charleval. Com qui accèderait à cet effet sur les lieux, dresserait procès verbal. Des dires et contestations des parties fairait les observations dont il serait requis pour y faire droit, s’il y échoit et fairait faire au géomètre toutes les opérations dont il serait requis et qu’il jugerait nécessaire, le tout aux frais et dépens desdits syndics de la Tourre, Sarraire et Cadouiré sauf d’en faire ; qu’en exécution de ce décret les deux frères Blin et syndics des Sauvans ayant présenté un compromis à M. le Conseiller de Charleval pour indiquer et assigner aux parties le jour qu’il serait en état d’accéder sur les lieux, il aurait déclaré au bas dudit compromis ne pouvoir remplir cette commission ; ensuite de laquelle déclaration sur les requêtes des parties, nous avons été commis pour accéder sur les lieux, par décret du 9e dudit mois. Ledit maître Aubin nous requérant audit nom par ledit comparant d’assigner aux parties tel jour que nous trouverions à propos pour accéder sur les lieux contentieux et être procédé en notre : présence à la vuidange du recours dont il s’agit, en conformité au décret du 5e dudit mois au bas duquel comparant nous avons fait notre ordonnance ledit jour 9 novembre par laquelle nous avons déclaré aux parties que nous partirions le jeudi premier décembre pour nous rendre à Solliès aux fins requises, assignant les parties au 31 dudit mois vers les 9 heures du matin, au lieu contentieux. Le lendemain 10 9bre ledit maître Aubin nous tint un autre comparant au bas duquel nous fîmes notre ordonnance par laquelle nous concédâmes acte de sa réquisition et de la rémission qu’il nous fit de la requête et des lettres portant notre commission et nous ordonnances que le sieur Floquet, géomètre commis, serait assigné au 29 de ce mois à 2 heures de relevée dans notre hôtel pour prêter le serment et procéder ensuite au temps porté dans notre présente ordonnance et que les frères Blin, les syndics des quartiers des Sauvans et autres parties seraient assignés pour voir prêter le serment et procéder ensuite en notre présence, et en conséquence des lettres expédiées sur les deux ordonnances lesdits Syndics de la Tourre et conserts ont fait donner assignation par exploit du 28 dudit mois de novembre auxdits frères Blin, auxdits Syndics des Sauvans et audit sieur Commandeur de Beaulieu à comparoir par devant nous, pour voir procéder ledit sieur Floquet, géomètre le serment préalablement prêté à tous autres jours jusque à fution de commission. Et ensuite d’un autre comparant qui nous a encore été tenu par ledit M. Aubin le 29 dudit mois de novembre nous avons donné le serment audit sieur Floquet, géomètre commis par la cour en présence de maître Sénès procureur des frères Blin et des Syndics des Sauvans et en défaut de maître Barallier, procureur dudit Commandeur de Beaulieu dont nous avons concédé acte par notre ordonnance mise au bas dudit comparant du 29 novembre.

1er Xbre 1740
Départ d’Aix pour venir à Solliès

Et étant parti comme nous avons dit de la ville d’Aix en compagnie qui dessus ledit jour premier décembre nous avons été dinés au logis de la Pugière tenu par Covasse, étant allé coucher au lieu de Tourves au logis tenu par le nommé Blin, et en étant parti le lendemain 2 décembre, nous sommes arrivé en ce lieu de Solliès, ayant pris retraite chez Jean Laugier dit Gavarron, hôte du logis qui est au pont de Solliès.

Signé : Villeneuve d’Ausoin P. Regibaud greffier.

2 Xbre 1740
Comparution des procureurs
M. Sénès des frères Blin et des syndics des Sauvans et

M. Aubin des syndics de Sarraire, Cadouiré, La Tour

Le même jour sont comparus par devant nous maître Sénès, procureur en ladite cour et des frères Blin et des syndics des particuliers arrosables au quartier des Sauvans et maître Aubin aussi procureur en ladite cour, intervenant pour les Syndics des quartiers de Sarraire, Cadouiré, La Tour, assistés de leurs parties, lesquelles nous ont dit qu’ils consentent que nous logions et mangions chez ledit Laugier nous et notre suite et que l’un de nous prenne lit chez la Veuve Mazel ayant signé avec leurs parties
signés : C. Blin, tant pour moi que pour mon frère, L. Molinier Syndic, J. Arène, syndic des Sauvans, E. Bouffier. Syndic J. Gardanne, Hauvel. Gensollen, Gensollen, h. Meissonnier. Curateur des frères Blin. Sénès et Aubin.
 
Ensuite desquels consentement nous le greffier et l’huissier avons mangé et couché chez ledit Gavarron, ledit sieur Floquet a seulement mangé, ayant couché chez la dite Veuve Mazel ; comme les parties en ont convenu.
Signés : Villeneuve d’Ansoins et Regibaud greffier.
 

3 Xbre 1740
comparant tenu par maître Aubin d’accéder sur les lieux

Le lendemain 3 dudit mois de décembre ledit maître Aubin intervenant pour lesdits syndics de Sarraire, la Tour et Cadouiré, nous a tenu en comparant contenant les moyens de recours de ses parties dont il nous requiert de lui concéder acte et d’accéder tout présentement sur les lieux contentieux, au bas duquel comparant nous avons fait notre ordonnance par laquelle nous lui avons concédé acte de sa réquisition et de ses moyens de recours et tout de suite lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés de leurs parties et de plusieurs particuliers des quartiers entre lesquels se trouve le procès dont il s’agit se sont rendus à notre logement et après avoir fait faire en notre présence et en celle dudit sieur Floquet la lecture de notre commission, nous nous sommes transporté à la réquisition et indication dédîtes parties aux lieux contentieux c'est-à-dire aux canal couvert ou dégorgent les eaux de la fuite des moulins Canaux de M. le Marquis de Solliès ou elles se divisent en deux lequel endroit est appelé les Carcés. Personne n’ayant comparu pour ledit Commandeur de Beaulieu, ce Seigneur de Solliès assigné en la personne de Louis Mistral, son fermier, par ledit exploit du 2 novembre mais attendu que l’eau se trouve actuellement aux moulins nous n’avons pu y descendre, ce qui nous a obligé de retourner à notre logement où les parties nous ont fait les observations générales qu’elles ont cru nécessaires jusqu’à l’heure de midi, après quoi nous les avons assignées à 2 heures après midi à notre auberge.
Signés : Villeneuve d’Ausoin et Regibaud greffier.

Observations présentées par maître Aubin,
procureur de Sarraire, Cadouiré, La Tour, etc.

Et à ladite heure de 2, lesdits maîtres Aubin et Sénès procureurs s’étant rendus à notre logement assistés de quelques unes de leurs parties, ledit M. Aubin audit nom a dit qu’auparavant d’entrer dans le lieu contentieux et qu’il soit procédé à aucune opération il est très essentiel d’empêcher les troubles que l’on pourrait donner au cours naturel des eaux et à cet effet nous requiert d’ordonner qu’il sera établi des gardes aux endroits supérieurs aux moulins à blé de M. le Marquis de Solliès par où l’on peut retenir les eaux et afin qu’on les laisse couler librement et sans fraude et qu’elles ne puissent point être arrêtées que par notre ordre, lesquels gardes seront établis, savoir : 1er à La Guiranne , l’autre à la Tourrette, un autre au canal de la Ferrage, un 4e dans le parc de M. le Marquis de Solliès, un 5e à l’espancier des Trois Pierres, et un 6e qui sera à la suite du sieur Floquet, géomètre le tout aux frais et dépens de la commission et serviront encore lesdits gardes à remuer les bars lorsqu’il sera question de calibrer ou de niveler et à tout ce qui sera jugé nécessaire. En second lieu le dit M. Aubin nous requiert d’ordonner que pendant le temps de notre commission, les deux canons du moulin à Nerte vis-à-vis les moulins à blé de M. de Solliès, resteront ouverts, afin que les eaux aient un decours libre et que le tout se fasse de la manière qu’il convient pour le bien de la justice et pour prévenir les contestations qui arrivent à ce sujet par devant M. Le Conseiller de Charleval. Nous requérant encore ledit maître Aubin d’ordonner que les grosses pierres, gravier meuble, jusqu’au gravier uni et la boue qui se trouveront tant dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu que dans ce lieu de la Nerte, seront ôtés de la même distance tant dans un canal que dans l’autre, le tout pour laisser aux eaux toujours plus libre ainsi qu’il fut requis par devant M. de Charleval et ordonné à la page 141 de l’extrait de son procès verbal et à signé.
Signés : Le Notaire syndic, Gensollen, Hauvel, C. Bouffier syndic, Aubin.

Observations de maître Sénès,
procureur des frères Blin et des syndics des Sauvans

Ledit maître Sénès procureur des frères Blin et des syndics des Sauvans a dit au contraire que s’agissant à présent pour l’intérêt de ses parties de répondre aux moyens de recours par les adversaires et aux réquisitions qu’ils viennent de faire qui exigent un examen particulier, il nous requiert de vouloir bien renvoyer à la première séance prochaine pour répondre sur le tout, d’autant mieux que nous avons ordonné à celle de ce matin que nous accèderions à présent aux Carcés, lieu contentieux avec le sieur Floquet et les parties pour y faire les observations convenables sur l’état des lieux, en attendant d’ordonner ce qui conviendra sur les opérations. Ledit maître Sénès ajoute qu’il sait aperçu sur la lecture du comparant contenant les moyens des parties adverses qu’ils ne les font rouler que sur deux parties de la relation du sieur Caudier, concernant le nivelage et une seule partie de son plan, ce qui l’engage à nous requérir d’ordonner qu’ils s’expliquent précisément sur les autres parties de la relation et du plan, afin que les opérations à faire et qui sont l’objet de notre présente descente étant fixées le restant de la relation du sieur Caudier et de son plan, puissent subsister s’il n’y a pas de moyens de recours qui les attaquent à quoi il a conclu et a signé.
Signés :  J. Gardanne. Gensollen. L. Meissonnier, Curateur. Blin. Arène Syndic et Sénès.

Autres observations de maître Aubin

Ledit maître Aubin dit au contraire que pour ce qui est des moyens de recours, lesdits Syndics de Sarraire et consorts ses parties, consentent que les adversaires auparavant d’y répondre fassent toutes les observations qu’ils trouveront à propos, mais pour ce qui est des deux réquisitions ci-dessus faites, attendu qu’elles ne tendent qu’au bien de la justice et qu’elles requièrent célérité, que d’ailleurs elles ne sont faites que pour éviter toutes sortes d’abus et de contestations nous devons dès à présent cet établissement des gardes, d’autant mieux que cette précaution devant prévenir toutes sortes d’abus, elle est par conséquent très essentielles. Et en ce qu’il est des recours les raisons alléguées par les adversaires ne tendent qu’à allonger la commission, mais les Syndics de Sarraire et Consorts qui ne visent qu’à éviter ces longueurs consentent que le plan du sieur Caudier subsiste depuis la prise d’eau dans le parc de M. de Solliès jusques à ses moulins à blé situés à la place et à ceux à huile de la Communauté et que depuis les susdits Moulins jusques à la terre du sieur Albert inclusivement, le susdit plan du sieur Caudier sera revu et refait par le sieur Floquet, géomètre, lesdits Syndics de Sarraire et consorts, consentent en outre que ce qui est en dessous de la terre dudit sieur Albert jusques au moulin de Beaulieu exclusivement subsiste comme il a été marqué dans le plan dudit sieur Caudier.
Et quant au rapport ou relation fait par ledit sieur Caudier, lesdits Syndics de Sarraire et Consorts déclarent expressément être recourant de tout son contenu excepté ou il dit que les deux bars ensemble avaient neuf pans et demi de longueur et que l’embouchure du canal de la Nerte avait aussi neuf pans et demi de longueur, de même que le Chef ou il a déclaré que les deux bars en question lui ont paru être fort anciens et fort usés, se rapportant lesdits Syndics de Sarraire et consorts à leurs précédentes réquisitions et à celles qu’ils auront l’honneur de nous faire dans la suite à mesure que nous procèderons au fait de notre commission, protestant lesdits Syndics de Sarraire et consorts en cas d’opposition de la part des frères Blin et des Syndics des Sauvans parties adverses, audit établissement des gardes et au contenu de la seconde réquisition, de tous les frais frustrés et généralement de tout ce que de droit et a signé avec ses parties.
Signés : Hauvel. L. Molinier Syndic L. Bouffier. Syndic, Gensollen et Aubin.
 
Et tout de suite ledit maître Sénès nous a requis de lui concéder acte des déclarations et acquiescements ci-dessous donnés aux parties de la relation et du plan dont est recours, comme le tout judiciaire et irrévocable, sauf à ses parties leurs observations et réquisitions qu’ils aviseront et qui pourront tendre à encore mieux expliquer et éclaircir l’état des lieux et le decours des eaux dans les canaux respectifs. Quant au surplus des réquisitions des syndics, de Sarraire et Consorts, ledit maître Sénès dit que l’établissement que les adversaires ont requis des gardes aux endroits désignés, ne requerrait de la célérité que là où il serait question d’accéder actuellement aux Carcés et d’y faire les opérations nécessaires, mais puisque les adversaires ont eux-mêmes allongé la séance par la récrimination de leurs réquisitions, qu’elle est consumée de façon à ne pouvoir entreprendre cet accédit dans les Carcés, il parait convenable de renvoyer à y prononcer à la première séance prochaine, proteste de son chef et pour l’intérêt de ses parties de tous leurs droits ne réservent les observations déjà faites et celles qu’il pourra faire encore qu’aux titres du procès et à l’état des lieux ; il ajoute en finissant et par manière de subsidiaire que dans le cas où nous voudrons pouvoir aux réquisitions concernant l’établissement des gardes et l’ordonner, ce doit être au risque, péril et fortune des requérants, s’il arrive que les gardes fassent quelque attentat sur les eaux aux endroits désignés, et que les usagers de ses eaux se plaignent de quelque rétention et nous devons ordonner également l’établissement d’autres gardes aux endroits inférieurs aux Carcés et surtout à l’endroit du seuillet ou Espacier du sieur Albert qui est à l’endroit qui a le plus d’être gardé par rapport au bouchement qu’on pourrait faire rétrograder les eaux, comme il arriva autrefois et qu’il est même arrivé aujourd’hui, comme il serait facile de le prouver s’il était nécessaire, à quoi il a conclu.
Signés : Gensollen. J. Gardanne. C. Blin. L. Meissonnier. Curateur. J. Arène Syndic et Sénès.
 
Et ledit maître Aubin audit nom, sans approbation des dires des parties adverses et en persistant dans ses précédents dires et réquisitions, dit que les Sarraire et Consorts ses parties ne s’opposent point à l’établissement du garde requis par les adversaires, le tout aux frais et dépens de la commission et sous toutes les protestations de droit, notamment du retard attendu l’opposition qu’ils ont affecté de faire à cette demande à cet établissement des gardes qui est de la dernière justice et cela apparemment dans la vue d’allonger toujours plus la commission et ont signé.
Signés : L. Bouffier. Syndic. Gensollen. Hauvel. L. Molinier. Syndic et Aubin.
Nous Conseiller du roi (Commissaire) en concédant acte aux dites parties de leurs dires, réquisitions et protestations et audit maître Sénès des déclarations et des acquiescements donnés par ledit maître Aubin aux parties de la relation et du plan dont est recours le tout comme judiciaire et irrévocable,
Avons ordonné que sans préjudice du droit des parties ni attribution d’aucun nouveau, il sera établi des gardes afin qu’on laisse couler librement les eaux et qu’elles ne puissent être arrêtées que de notre ordre, savoir. 1 à la Guiranne, 1 à la Tourette, 1 au canal de la ferrage, 1 dans le parc de M. de Solliès. 1 à l’espancier des trois pierres, et 1 qui sera à la suite du sieur Floquet, géomètre, il en sera encore établi un au seuillet ou espancier du sieur Albert, sauf d’être par nous pourvu aux autres endroits nécessaires, le tout aux frais et dépens de la commission, et au cas qu’à l’occasion de la garde des dites eaux, les usagers d’icelles se plaignent du dommage que la rétention pourrait leur causer, ce sera au risque, péril et fortune de qui il appartiendra, lesdits gardes aiderons à remuer les bars quand il faudra calibrer et niveler, desquels gardes les parties conviendront, autrement ils seront par nous pris et nommés d’office, et pour le surplus desdites réquisitions concernant les deux canons du moulin à Nerte, les grosses pierres, gravier movible et boue qui se trouve dans les deux canaux, il y sera par nous, pourvu.
Fait à Solliès le jour 3 Xbre 1740.
Signé : Villeneuve d’Ansouis.
 
Laquelle ordonnance a été de suite publié aux dits maîtres Sénès et Aubin après quoi nous avons assigné les parties à lundi prochain 5 du courant à 9 heures du matin au cabaret où nous logeons.
Signés : Villeneuve d’Ansouis. Regibaud Greffier.
Et ledit jour 5 Xbre à 9 heures du matin lesdits maîtres Sénès et Aubin s’étant rendus au lieu assigné, assistés comme dessus, ledit maître Aubin pour lesdits sieurs Syndics de Sarraire et Consorts ses parties, a dit qu’à la précédente séance il aurait fait entr’autres deux réquisitions, la première contenant que les deux canons du moulin à Nerte vis-à-vis les moulins à blé de M. de Solliès, resteront ouverts pendant la durée de notre commission, afin que les eaux aient un decours libre et que le tout se fasse de la manière qu’il convient et prévenir toute contestation ; la 2e contenant que les grosses pierres , gravier movible jusques au gravier uni et la boue qui se trouveront tant dans le canal de Sarraire, qu’à celui de la Nerte seront ôtés pour laisser aux eaux un decours toujours plus libre, ainsi qu’il fut ordonné par M. le Conseiller de Charleval à la page 141 de l’extrait de son verbal, sur lesquelles deux réquisitions par notre ordonnance du 6 de ce mois, nous avons ordonné qu’il y sera par nous pourvu attendu apparemment que M. Sénès procureur adverse n’avait pas défendu la dessus, ce qui est cause que ledit maître Aubin nous requiert de vouloir y statuer tout présentement soit que ledit maître Sénès y défende ou non, nous requérant encore ledit maître Aubin de vouloir lui concéder acte de la rémission qu’il nous fait du plan levé par le sieur Hermite ensemble du verbal fait avec et en présence de M. de Capris juge royal de Cuers que la cour commis à cet effet, en date ledit Verbal du 28 mars 1740 et a signé avec ses parties.
Signés : L. Molinier Syndic. Hauvel. Gensollen. L. Bouffier syndic. Aubin.
 
Ledit maître Sénès, au contraire pour les frères Blin et les syndics des Sauvans a dit qu’ayant mûrement réfléchi que la réquisition de notre ordonnance du 3 de ce mois, a su trouvé qu’elle pouvait renfermer une équivoque dont les parties adverses témoignent vouloir abuser pour parvenir à leur but, équivoque qui consiste en ce que les gardes dont nous avons ordonné l’établissement aux endroits supérieurs à l’écluse de M. de Solliès et désignés dans la réquisition des adversaires auraient le droit et la permission de boucher les prises d’eau des mêmes quartiers pour en verser toutes les eaux dans la rivière et grossir le volume de celles qui y sont, qui ont toujours été et qui doivent y être, ce qui est contraire à l’état du lieu et au droit des mêmes quartiers de dériver de la rivière et même du canal qui est dans le parc de M. de Solliès les eaux qui leur sont affectées par leurs titres. Ledit maître Sénès qui n’a pu malgré ses réquisitions verbales aux adversaires, les faire expliquer la dessus, pour mettre les choses à leur véritable point et éviter tout prétexte d’équivoque et qui a vu par là qu’ils veulent en abuser sur le fondement que notre ordonnance ayant été rendue, il n’y a que la voie de l’appel, tandis que ledit maître Sénès n’avait pas défendu foncières sur ce chef par sa réponse à la réquisition des adversaires, il fait ici toutes les protestations de droit dans le cas ou dans la suite de la commission il verra que les adversaires voudront faire verser dans la rivière et conséquemment dans la prise de M. de Solliès et dans le canal qu’elle forme des eaux respectives des parties, toutes celles affectées aux dits quartiers et qui sont tellement étrangères à la division de celles dont il s’agit au près qu’elles cesseront d’y couler dès que notre descente sera achevée, protestation qu’il accompagne de toutes celles qui sont de droit à cet égard.
Pour réponse à la deuxième réquisition des adversaires à la séance du 3 de ce mois, ledit maître Sénès n’empêche que pendant le cours de la commission, les deux canons du moulin de la Nerte, c'est-à-dire de celui des deux qui travaillent restent ouverts, ses parties n’ayant pas besoin de recourir à des artifices pour altérer l’état des lieux et quand il survint des contestations à la dernière descente, les adversaires n’ignorent pas qu’elles n’eurent d’autre principe que les chimères qu’ils se forgèrent, et que la relation du sieur Cundier géomètre et plus encore la présence de M. Le Conseiller de Charleval, Commissaire dissipèrent, sur la troisième réquisition ledit maître Sénès n’empêche que les canaux respectifs soient nettoyés jusques au sol uni, mais il n’est pas juste (sauf notre détermination) qui a nétoiement soit restreint jusques à une distance déterminée dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu, parce que le canal resterait toujours depuis l’endroit nétoyé jusque à la distance de plus de 400 cannes de lit pour arriver au moulin de Beaulieu, avec les élévations ou obstacles que forment au decours des eaux les grosses pierres, décombres, gerbes et autres corps étrangers au lit et qu’il dépend des adversaires de faire enlever comme ils ne manqueront pas de faire la commission finie et de cette façon la pente que ce canal a dans tout son cours paraîtrait extrêmement diminuée de sorte que ledit maître Sénès nous requiert de son chef par forme d’exception à la réquisition des adversaires, et pour éclaircir toujours plus ces faits et éviter toutes contestations sur iceux d’ordonner que les deux canaux respectifs seront nétoyés jusques au lit uni en présence du sieur Floquet, géomètre et suivant sa prudence et les règles de l’hydraulique et ce dans tout leur cours ou aux endroits qu’il trouvera à propos, comme aussi que ces deux canaux soient nivelés dans tout leur cours et que la pente de chacun soit marquée dans la relation qu’il en fera qu’en même temps ledit sieur Floquet prendra et marquera la profondeur et dimension du pays, du moulin de Beaulieu et la pente depuis l’orifice de son canon jusqu’à sa fuite sous les roudets et jusques au ferme sous iceux qui est le point ou les eaux commencent à reprendre leur niveau et par une suite nécessaire à sa réquisition que ledit sieur Floquet prendra et énoncera la pente des moulins à farine de M. de Solliès et de leur pays et canons jusques au ferme au dessous de leurs roudets comme il avait requit à la précédente de cette page 90 de l’extrait verbal et cela sans parvenir à une connaissance exacte et précise de la force de chaque moulin pour le tout servir et valoir ainsi qu’il appartiendra les dites opérations et déclarations n’ayant pas été faites par le sieur Caudier quoi qu’ordonnés par la close de l’ordonnance de M. Le Conseiller de Charleval et faire en outre toutes les autres observations et descriptions qu’il jugera nécessaires et a signé avec ses parties.
Signés : J. Arène. Syndic. Blin. J. Gardanne. Gensollen. L. Meissonnier Curateur et Sénès.
 
Et à la réquisition dudit maître Aubin
nous avons renvoyé la continuation à deux heures de relevée
 
À laquelle heure ledit maître Aubin audit nous a dit en premier lieu que les dires des adversaires sur la disposition de notre ordonnance du troisième du courant sont tout à fait absurdes puisqu’ils ne tendent qu’à tacher de vouloir la révoquer et à l’anéantir en quelque façon sans vouloir faire attention que tous les prétextes qu’ils pourraient alléguer ne sauraient y donner la moindre atteinte et qu’elle doit par conséquent être exécutée de tout son entier, que si les adversaires prétendent quelle soit injuste en quelque chef, il n’y a que la voie de l’appel, ainsi qu’on le leur a dit verbalement et cela est tellement certain que sur le pied de l’ordonnance de 1667 et suivant les bonnes règles, nous ne saurions en aucune manière toucher à notre ordonnance ce qui est cause que ledit maître Aubin n’entreprend pas seulement de défendre sur tous les vains prétextes et allégations des adversaires…
 
 

Barrages-sur-le-Gapeau

Relevé des barrages et des industries sur le Gapeau en 1956.

 

 

… par cette seule raison qu’on ne peut en aucune manière donner atteinte à la dite ordonnance, nous requérant au moyen de ce, d’ordonner que les parties s’y conformeront et poursuivront en exécution d’icelle ainsi qu’il appartient.

La réponse que les adversaires ont faite à la seconde réquisition contient une équivoque et une subtilité en ce qu’ils disent qu’ils n’empêchent que pendant le cours de notre commission , les deux canons du moulin à Nerte c'est-à-dire celui qui travaillera restent ouvert ledit maître Aubin nous requérant d’observer qu’il y a deux moulins dans le canal des parties adverses et d’ordonner que les deux canons de celui à Nerte vis à vis les moulins à blé de M. de Solliès resteront ouverts pour laisser un découlement libre aux eaux et pour éviter toute contestation attendu que c’est le moulin de la Nerte qui existait en 1628 et 1629 l’autre moulin n’ayant été construit que dans la suite et que l’eau qui entre dans les canons qui sont situés par côté et peut être arrêté sans qu’on puisse s’en apercevoir et regonfler par ce moyen d’autant mieux qu’il doit être en différent aux parties adverses que l’eau qui est une fois entrée dans le canal de la Nerte passe par l’un ou par l’autre côté, d’ailleurs ce serait inutilement qu’on opposerait que ce moulin ne travaille pas aujourd’hui car on peut le faire travailler lorsque bon leur semblera puisque comme l’on a dit c’était là le moulin dont il est fait mention dans le rapport de 1628 et 1629, nous requérant ledit maître Aubin que ces deux canons de même que les autres qui travaillent resteront ouverts pendant tout le cours de notre commission. Ledit maître Aubin content que les grosses pierres gros cailloux et boue qui se trouvent à l’embouchure du canal de Beaulieu et dans celui de la Nerte soient été jusqu’à une distance égale et de la façon qu’il fut requis par les adversaires par devant M. Le Conseiller de Charleval en observant néanmoins qu’on ne doit point toucher au gravier qui forme le lit des deux canaux parce que autrement si l’on touchait à celui de Sarraire ou Beaulieu, bien loin de leur procurer de l’eau pour leur arrosage, on les en priverait attendu que ce canal se trouve profond et que pour faire monter l’eau sur le rivage pour arroser les terres des quartiers de Sarraire et Consorts, il faut boucher totalement le canal ce qui fait un regonflement considérable, en sorte que le canal retourne vers le canal de la Nerte et si on donnait plus de profondeur à ce canal de Sarraire ou Beaulieu ce regonflement serait toujours plus considérable et l’eau monterait avec plus de difficultés sur les terres peut être n’y monterait-elle pas et pour éviter les contestations qui pourraient arriver sur les dites réquisitions ledit maître Aubin nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet fera boucher la première martelière du canal de Sarraire ou Beaulieu et qui sert à arroser les terres du sieur Joseph Albert et observera et déclarera dans son rapport s’il n’est point vrai que lorsque cette martelière est bouchée l’eau regonfle et ne peut monter qu’avec peine sur les rives pour arroser les terres et la difficulté qu’il y aurait encore qu’elle peut monter, si on tirait du canal de Beaulieu le gravier qui en forme le lit surtout s’il ne tournait qu’un seul moulin de M. de Solliès pour le manque d’eau comme il arriva en 1734 lors de la descente du lieutenant de Toulon dont l’extrait est au procès, ledit maître Aubin nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet observera que si la réquisition des adversaires avait lieu, non seulement ledit sieur Albert et bien d’autres particuliers aux quartiers de Sarraire et Consorts ne pourraient point arroser, mais encore il se passerait plus d’un mois avant qu’on put procéder au fait de notre commission sur les lieux contentieux, et qu’avant que de statuer sur ce fait, il est essentiel de faire ouvrir les canons de Nerte dont on a parlé ci-dessus pour éviter toute surprise. À l’égard du nivelage que les adversaires requièrent dans le cours du canal de Sarraire leur demande est aussi absurde et extraordinaire que si les Syndics de Sarraire et Consorts demandaient de faire niveler non seulement le canal de la Nerte mais encore le lit de la rivière et le canal de la prise des Sauvans jusqu’à sa fin, car il est certain que par les raisons qu’on a données ci-dessus, on ne peut pas toucher au canal de Beaulieu pour lui donner plus de pente qu’il n’a, d’ailleurs y eut-il dans la suite de ce canal de Sarraire ou Beaulieu à une certaine distance une pente précipitée de ce que non, il n’y découlerait jamais plus d’eau que celle qui y serait parvenue et d’autant mieux que si on creusait le canal de Sarraire jusqu’à un pan de profondeur contre le droit, on n’y trouverait pas plus de pente que celle qu’on aurait trouvée sur un pan de hauteur, enfin quelle justice y aurait-il de faire niveler quatre cent quatre vingt cannes ou environ dans le canal de Sarraire ou Beaulieu et de n’en niveler que douze dans celui de la Nerte, tant par rapport au frères Blin que par rapport aux particuliers des Sauvans parties adverses et ces réquisitions n’étant d’ailleurs connues il est facile de s’en apercevoir que pour tacher de faire durer plus longtemps la commission, ledit maître Aubin nous observant en outre subsidiairement qu’en cas que nous vinssions à ordonner le nivellement du canal de Sarraire ou Beaulieu jusque au moulin de Beaulieu, ce qu’il n’y a pourtant pas lieu de craindre puisque cela ne servirait qu’à prolonger la commission et à ruiner les parties il serait alors de la dernière justice de faire niveler aussi dans le canal des adversaires jusque et à proportion de l’éloignement afin que l’opération fut égale tant d’un côté que de l’autre protestant audit cas des frais frustrés et de tout ce que de droit et a signé avec les parties.
Signés : Gensollen. L. Bouffier. L. Moulinier Syndic. Hauvel. Aubin.

Ledit maître Sénès dit au contraire sans approbation des faits allégués par ledit maître Aubin dans ses précédents dires que quoique notre ordonnance du 3 du courant soit juste elle pourrait cependant cesser de l’être si les adversaires voulaient abuser de l’une de ses dispositions, savoir que les eaux de la rivière supérieure à l’écluse et au canal de M. de Solliès ne puissent être arrêtées que de notre ordre et induire de là qu’il faut qu’elles le soient, car alors comme cela blesserait au droit des quartiers supérieurs, il ne soit pas juste qu’elles leur fussent enlevées pour être versées dans la rivière, ces eaux étant comme on l’a dit dans la précédente réponse, étrangères à celles qui entrent dans le canal du moulin à farine et de la division desquelles il s’agit, de sorte qu’étant dit par notre ordonnance que ces eaux supérieures ne seront arrêtées que par notre ordre, le droit des parties du comparaissant est conservé puisque nous sommes en état de ne donner là-dessus que des ordres justes et relatifs au droit des parties il est d’ailleurs assez indifférent que les eaux de la rivière paraissent abondantes ou basses, puisque la description des lieux et les opérations qu’on se propose de faire au sujet des eaux ne seront jamais qu’en l’état actuel c'est-à-dire après une abondance d’eau par les pluies et la saison et ne pourront jamais rien faire conclure pour le temps de sècheresse ainsi les adversaires pouvaient se passer de requérir d’ordonner qu’on se conformerait à notre ordonnance et qu’on poursuivrait en exécution d’icelle puisqu’elle porte avec soi la clause réservative du droit des parties et à nous de donner les ordres justes et nécessaires sur la rétention ou le decours des eaux selon qu’il nous en apparaîtra. À l’égard de la seconde réquisition des adversaires tendante à ce que les deux canons du moulin de la Nerte restent ouverts pendant la commission réquisitrice qui n’aboutit à rien, ledit maître Sénès n’empêche qu’il y soit fait droit et s’il échoit sauf les dommages – intérêts que les frères Blin pourront souffrir pour raison de ce pour l’obstacle à faire travailler son moulin et si le moulin de la Nerte ne travaille pas comme les adversaires le reconnaissent, ce n’est pas que les frères Blin fassent travailler par prédilection l’autre moulin qui a été construit par Cotte depuis longtemps ; mais c’est parce que l’eau n’étant pas assez abondante dans le canal de la Nerte au moyen des bars qui y sont après et qui s’opposent à son decours et le moulin de la Nerte étant trop fort parce qu’il a une meule bien plus grosse que celle de l’autre moulin, comme nous le reconnais lorsque nous y accéderons, les frères Blin ont été obligés d’abandonner celui de la Nerte pour faire travailler l’autre en attendant que par l’arrêt qui interviendra et qui mettra la division des fagouts des moulins au point qu’il faut, il puisse en avoir à suffisance au point qu’il faut, il puisse en avoir à suffisance pour le faire tourner en conformité des titres du procès, aussi en observant d’où procède l’abondance du travail de la Nerte on dissipe les prétextes des adversaires. Ledit maître Sénès observe de plus que c’est peu que les grosses pierres gros cailloux et boue qui trouvent dans les canaux respectifs de Nerte et de Sarraire ou Beaulieu soient ôtés jusqu’à une distance égale, ils devaient consentir en même temps que le leur fut nettoyé de la même façon dans tout son cours, pour l’éluder ils ne devraient pas s’accrocher sur ce que les parties du comparaissant le requirent à ce qu’ils supposent, jusqu’à une distance égale par devant Monsieur Le Conseiller de Charleval car s’ils avaient lu exactement la réquisition qui est à la page huitante huit de l’extrait du verbal, ils auraient vu que les Sauvans et les Blin ne fixaient aucune distance précise à niveler dans le canal de Sarraire ou Beaulieu, mais qu’ils la laissaient à la prudence du géomètre, de sorte que le sieur Caudier n’ayant pas nivelé jusqu’au moulin de Beaulieu sous prétexte apparemment que la réquisition n’en était pas expresse, pour éviter pareil inconvénient à requis dans sa précédente réquisition que ledit canal de Sarraire et Beaulieu sera nettoyé jusque au gravier et nivelé de même dans tout son cours, pour éluder une opération si juste et si nécessaire les adversaires ont fait de longs résonnements qui réduits à leur juste valeur aboutissent à dire que leur canal ne doit et ne peut pas être nettoyé de la façon requise parce que étant profond on ne pourrait pas en faire monter les eaux pour les arrosages des propriétés du sieur Albert et autres, mais c’est là un faux fuyant, car outre qu’ils sont fort soigneux de le faire nettoyer toutes les années, d’ailleurs les propriétés dont il s’agit et que les adversaires supposent ne pouvoir être arrosées qu’en faisant monter les eaux n’arrosent pas du canal de Sarraire ; mais bien des eaux du canal des Fillols qui est un quartier séparé et qui prend les eaux supérieurement aux moulins de Monsieur de Solliès, et cela rend inutile les preuves que les adversaires requièrent de faire en bouchant la martelière du sieur Albert pour l’arrosage d’une langue de pré qu’il arrose des eaux du canal de Sarraire s’ils persistent à la faire faire, quoi qu’elle n’aboutisse à rien, les parties du comparaissant protestent des frais frustrés. C’est encore en vain qu’ils se replient sur ce que les eaux sont basses en temps de sécheresse qu’il ne travaille qu’un seul moulin à blé, car c’est alors un malheur commun qui diminue la portion des eaux qui doivent entrer dans les canaux respectifs. C’est encore un prétexte frivole de dire que si le nettoiement et nivellement requis du canal de Sarraire de Beaulieu dans tout son cours était ordonné la commission durerait plus d’un mois, car pour trouver la vérité on ne doit être en peine d’y employer du temps, il suffit de savoir si la réquisition est juste, si elle l’est, toute sorte de considération doit y subir et qu’elle soit juste il est étonnant que les adversaires le méconnaissent, et leur contestation est la dessus bien extraordinaire, car si on nettoie et on nivelle le canal de la Nerte dans tout son cours pour en prendre et en marquer la pente, n’est-il pas juste aussi qu’on en use de même dans le canal des adversaires pour que la pente qu’il a soit prise et énoncée, et le plus ou le moins de cours de chaque canal n’y fait rien puisque celui de la Nerte dégorge à la rivière, et s’il faut prendre la pente de chaque canal, il suit nécessairement qu’on doit prendre celle en entier du canal des adversaires, car si on ne prenait cette pente que jusque à la distance de quelques cannes, il arriverait que celui de la Nerte paraîtrait en avoir davantage, puisque ce n’est qu’à une petite distance de l’embouchure de celle de Sarraire que les eaux fuient et sont rapides de sorte que si suivant les règles de l’hydraulique que les adversaires ont réclamé dans leur réquisition la dépense et quantité de l’eau se mesurent de la rapidité, il faut nécessairement que la pente du canal de Sarraire soit prise dans tout son cours jusque au fuyant du moulin de Beaulieu, s’en quoi les parties du comparaissant souffriraient de cet abrégé de nivelage un préjudice meurtrier et irresponsable. C’est encore un prétexte frivole de dire que la pente du canal de Sarraire ne fait pas que l’eau qui y est entrée grossisse, mais cette pente fait bien et on ne saurait le disputer que la colonne d’eau y fuit avec plus de vitesse à mesure que celle qui la précède se précipite par une pente rapide, enfin en matière de nivellement des canaux respectifs qui a jamais contesté si on en excepte les adversaires qui craignent les éclaircissements qu’on doit prendre. La pente de chacun dans toute sa longueur quoi qu’ils aient plus ou moins de cours les adversaires se font la dessus un fantôme de durée de la commission, ils ne doivent pas ignorer que le nivellement peut se faire avec facilité et promptement. Les adversaires qui prévoient le sort que doivent avoir leurs injustes contestations sur le nivelage et le nettoiement requis, tachent de le sauver par un subsidiaire consistant à faire niveler aussi dans le canal de la Nerte jusque et à proportion de l’éloignement ; mais peuvent-ils faire niveler autre chose que tout le cours de ce canal, est de cent cannes de long, les comparaissants auraient honte de les contester, les bonnes et saines règles de l’art exigeant que deux canaux dont on veut prendre la pente soient nettoyés et nivelés chacun dans tout son cours afin que les défenses respectives des parties roulent sur un point fixe et invariable et que la Cour en jugeant le procès ait sous ses yeux tous les éclaircissements qu’elle pourra souhaiter pour juger avec toute connaissance de cause, se réservant ledit maître Sénès de vous faire des réquisitions pour l’intérêt des parties tendantes à constater l’état du lieu après que nous aurons accédé dans l’intérieur des Carcés, et après que nous et le sieur Floquet géomètre commis, auront commencé à y faire nos observations nous requérant en même temps de lui concéder acte de la remise qu’il a faite de l’extrait du verbal de descente et du plan du sieur Caudier dont est recours, et de celui précédemment levé par le sieur Ardouvin, géomètre, de même que des verbaux de descente de 1628 et de 1629 et a signé avec les parties. Signés : C. Blin. H. Meissonnier, Curateur des frères Blin. Arène Syndic. J. Gardanne. Gensollen et Sénès.

Et attendu l’heure tardée nous avons renvoyé la continuation à demain à neuf heures du matin ayant assigné les parties à notre logement et à la dite heure.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.

Le mardi sixième décembre, les procureurs et les parties s’étant rendus à notre logement à l’heure assignée toujours en absence dudit sieur Commandeur de Beaulieu n’y d’aucun pour lui. Ledit maître Aubin toujours au dit nous dit que la plupart des résonnements contenus à la réplique des frères Blin et des Syndics des Sauvans parties adverses sont inutiles et d’aucune considération, car en premier lieu dès le moment qu’ils ont acquiescé à notre ordonnance du troisième du courant rendue sur la première réquisition des Syndics de Sarraire et Consorts et qui est de la dernière justice, elle doit sans difficulté être exécutée à plein sens qu’il soit permis aux paries d’y donner aucune extension, d’où il s’en suit que tout ce que maître Sénès a allégué à ce sujet ne saurait y apporter atteinte et devient tout à fait inconsidérable. En second lieu les frères Blin et les Syndics des Sauvans parties adverses ont tellement aussi reconnu la justice de la seconde réquisition des Syndics de Sarraire et Consorts qu’ils ont été forcés de consentir que les deux canons du moulin de la Nerte restent ouverts pendant la commission, lequel consentement ledit maître Aubin accepte comme judiciaire et aussi requiert de lui en concéder acte et de faire droit à sa seconde réquisition, quand aux prétendus dommages-intérêts des frères Blin pour raisons, de ce, ce n’est là qu’une pure vision et un prétexte pour tacher de donner quelque couleur au dit consentement, car s’il pouvait être question de pareille chose, il ne serait certainement pas difficile de faire voir qu’il ne leur en compterait aucun, attendu qu’ils ne sont point portionnaires des eaux des Carcés, et qu’ils n’ont jamais joui des surversures d’une muraille de la hauteur de l’ancien terme à deux pans et quart étant très indifférent au Sarraire et Consorts, qu’il surverse de l’eau dans le canal de la Nerte pour faire tourner un ou plusieurs moulins, ainsi que le tout a été démontré au procès et que l’on y fera voir plus sensiblement, comme aussi l’inutilité et le peu de fondement des raisons énoncées par les adversaires et qui tendent à se fonds du procès.
En troisième lieu la réquisition des Sarraire et Consorts sur le bouchement de la première martelière du canal de Sarraire ou Beaulieu et qui sert à arroser les terres du sieur Albert et les observations et déclarations que le sieur Floquet doit faire là-dessus sont très essentielles bien que les adversaires allégeant qu’elle n’aboutit à rien en affectant d’interpeller les Sarraire et Consorts, s’ils y existent ces adversaires citent faux en disant que le sieur Albert et autres particuliers de Sarraire et Consorts arrosent des eaux du canal des Fillols, car il est certain que l’arrosage de ce canal est entièrement étranger et n’a rien de commun avec celui de Sarraire ou Beaulieu, ce qu’il nous sera facile de reconnaître à mesure que nous serons sur les lieux et à cet effet ledit maître Aubin au dit nom en persistant à la réquisition qu’il a faite à ce sujet, nous requiert au surplus d’ordonner que le sieur Floquet en procédant à cette opération déclarera comme le premier espalier de l’arrosage de Sarraire et Consorts est situé dans la terre du sieur Albert et que celui-ci arrose une partie de la dite terre par le dit espalier. Quant au nivellement ledit maître Aubin a fait voir dans son précédent dire que la prétention des adversaires de vouloir faire niveler jusqu’au moulin de Beaulieu ne peut servir qu’à prolonger la commission, et à causer par là volontairement des frais, en effet le niveau de pente, doit être pris sans difficulté par distance égale dans les deux canaux ; car autrement ce serait comme une injustice criante aux Sarraire et Consorts, attendu comme l’on a déjà observé dans le précédent dire, que le moulin de Beaulieu se trouve distant d’environ cinq cents cannes au lieu que le canal de la Nerte n’en a que douze et que part conséquent par ce peu de niveau de pente mort qu’il y ait dans le canal de Sarraire ou Beaulieu, il s’y en trouverait plus considérablement que dans celui de la Nerte par rapport à cette longue distance d’environ cinq cents cannes et faisant encore attention que le niveau de pente qui provient d’un grand éloignement ne procurera jamais la même quantité d’eau qu’une moindre pente dans un espace très court, comme l’est celle du canal de la Nerte, or la loi devant être égale il est de la dernière justice que ce nivellement que nous ordonnerons soit fait dans l’un et l’autre canal à même distance, c'est-à-dire sans avoir égard à l’éloignement du moulin de Beaulieu, parce que en ce cas comme on ne saurait trop le répéter, il conviendrait indispensablement de niveler du côté des Sauvans parties adverses jusqu’à une distance égale où la colonne d’eau fuit avec plus de vitesse à mesure que celle qui la précède se précipite par une pente rapide comme les parties adverses l’ont même dit en termes exprès dans leur précédente réplique. À l’égard de tous les autres résonnements des adverses on y répond pas seulement pour ne pas consumer mal à propos des séances, attendu que ces résonnements ne tendent qu’au fond se déservant les Sarraire et Consorts d’y répondre en temps et lieu et d’en faire voir l’inutilité et le peu de fondement et proteste des frais frustrés et de tout ce qui de droit.
Signés : L. Molinier Syndic. E. Bouffier Syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.

Ledit maître Sénès en improuvant tous les faits et résonnements des adversaires et au bénéfice des observations et protestations que dessus a dit qu’il est nécessairement engagé à nous requérir d’ordonner que le sieur Floquet observera et énoncera en parcourant le canal des Sarraire ou Beaulieu les petits ponts qui le traversent et qui servent au moyen des gorges à porter les eaux du canal des Fillols dans les fonds inférieurs ce qui servira à prouver que les fonds qui se trouvent depuis l’embouchure du canal des Sarraire jusqu’à la bastide des Bourguets n’arrose pas des eaux du même canal et à détruire en même temps les faits hazardés par les adversaires et quant à ce qu’ils ont dit pour éviter le nivellement du canal de Sarraire jusqu’au moulin de Beaulieu, ledit maître Sénès se rapportant à ce qu’il a dit ci devant ajoute seulement que tout ce qui tend à détruire l’état des lieux et à éclaircir les contestations des parties ne doit pas être négligé, le nivellement requis aurait pu être par nous ordonné d’office, à plus forte raison quand les parties le requièrent, se rapportant pour les surplus à toutes les démonstrations faites au procès et aux réquisitions à faire encore et ont signé :
J. Gardanne. J. Arène Syndic. Gensollen. Ch. Blin. Meissonnier Curateur et Sénès.

Et attendu l’heure tardée, nous avons assigné les parties à cinq heures du soir à notre logement dans lequel temps nous travaillerons à faire notre ordonnance sur les réquisitions respectives qui nous ont été faites, laquelle ordonnance nous avons faite de la manière suivante.
Nous conseiller du Roi Commissaire pourvoyons sur les réquisitions qui nous ont été respectivement faites ci-dessus par les parties, en concédant acte auxdits maîtres Sénès et Aubin la rémission des pièces mentionnées dans leurs réquisitions, protestations et consentements avons ordonné que sans préjudice de droit des parties ni attribution d’aucun nouveau, tous les canaux du moulin de la Nerte resteront ouverts durant la durée de notre commission sauf les dommages et intérêts que les frères Blin pourraient souffrir pour raison de ce par défaut de travail, s’il y échoit que les deux canaux, c'est-à-dire celui de Sarraire ou Beaulieu et celui de la Nerte seront nivelés par le sieur Floquet géomètre, en deux manières différentes, la première en prenant une égale distance tant dans un canal que dans l’autre, et la seconde en nivelant le canal de Sarraire ou Beaulieu dans tout son cours, jusqu’au moulin de Beaulieu, et celui de la Nerte jusqu’à l’extrémité de la voûte sauf d’être par nous ordonné un plus long nivellement si nous le jugeons nécessaire après la visite que nous ferons pour prendre une idée générale des lieux, et que la pente des deux canaux et de chaque manière dont ils auront été nivelés sera énoncé dans le rapport ou relation dudit sieur Floquet et qu’à cet effet les deux canaux seront nettoyés dans tout leur cours ou seulement aux endroits qu’il jugera nécessaire suivant les règles de son art, les grosses pierres, graviers mobiles et boue ôtés jusqu’à l’endroit qu’il reconnaîtra être le lit du canal que ledit sieur Floquet prendra et énoncera dans son rapport la profondeur et dimension du puit du moulin de Beaulieu, la chute totale de ce moulin et sa pente depuis l’orifice de son canon jusqu’à la fuite sous les roudets et jusqu’au ferme sous icelui, que ledit géomètre prendra et énoncera la pente des moulins à farine de M. de Solliès, de leurs puits et canons jusqu’au ferme, en dessous des roudets, déclarera ledit sieur Floquet dans son rapport ou relation si le premier spalier qui sert à l’arrosage des Sarraire et des Consorts est situé à la terre du sieur Joseph Albert, et si ledit Albert arrose une partie de la dite terre par le même spalier, qu’il fera boucher la première martelière du canal de Sarraire ou Beaulieu et observera et énoncera dans son rapport si lorsque cette martelière est bouchée le regonfle ne remonte qu’avec peine les rives pour pouvoir arroser et si la difficulté serait encore plus grande en tirant du même canal le gravier uni surtout s’il ne tournait qu’un moulin, et si ledit sieur Albert et plusieurs autres particuliers des quartiers de Sarraire et Consorts seraient par là privés d’arroser ou s’ils ne le pourraient qu’avec beaucoup de peine, observera encore ledit sieur Géomètre et énoncera dans son rapport les petits ponts qui traversent le canal de Sarraire ou Beaulieu et qui servent au moyen des gorges a porter les eaux du canal des Fillols dans les fonds inférieurs, ordonnant au surplus que notre ordonnance du trois du courant sera exécutée sauf néanmoins à nous d’ordonner conformément à icelle ce que nous jugerons nécessaire le cas échéant. Fait à Solliès ledit jour sixième décembre 1740.
Signé : Villeneuve d’Ansouis.

Laquelle ordonnance a été publiée aux parties après quoi maître Sénès procureur des frères Blin et des Syndics des Sauvans nous a tenu un comparant contenant la réponse au moyen de recours des Syndics de Sarraire et Consorts au bas duquel comparant nous avons fait notre ordonnance d’acte et signifié. Et attendu que nous n’étions pas commodément dans les chambres que nous occupions au cabaret chez ledit Laugier dit Gavarron, nous avons couché chez maître Pey procureur et ledit maître Regibaud, greffier chez la dame veuve Richaud et attendu l’heure tarde, nous avons assigné les parties à demain à neuf heures du matin à l’endroit de notre logement chez ledit maître Pey.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Régibaud greffier.

 
 
Le barrage des Piquets

Le barrage des Piquets et la prise du canal des Ferrages.

 

 

Et lesdits maîtres Sénès et Aubin, s’étant rendus avec leurs parties au lieu assigné, ledit maître Aubin a dit que les Syndics de Sarraire et Consorts ses parties ont diverses observations à nous faire touchant la situation des lieux contentieux de même qu’au sieur Floquet géomètre, mais désirant qu’au par avant de rédiger par écrit les dites observations et les opérations qu’il conviendra faire à ce sujet il est à propos que nous parcourions lesdits lieux pour en rendre une idée générale, il nous requiert de vouloir tous présentement y accéder avec notre suite et avons signé. Signés : L. Molinier, Syndic. E. Bouffier Syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.

Descente dans le canal des Carcés

Et tout de suite nous nous sommes portés en même compagnie dudit sieur Floquet et à la réquisition indication des dites parties est toujours en absence dudit sieur Commandeur de Beaulieu aux lieux contentieux c'est-à-dire au canal couvert où dégorgent les eaux de la fuite des moulins banaux de M. le marquis de Solliès et où elles se divisent en deux, cet endroit est un endroit souterrain et couvert, il est appelé Carcés, il est situé vis-à-vis la place dans laquelle il y a une fontaine au devant de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de ce bourg du Pont de Solliès à quelques pas des moulins banaux et de l’hôtel de ville, nous sommes descendus dans ce canal souterrain par un trou ouvert qui est à la place attenant la maison de M. Jean-François Gensollen, notaire y étant descendu par une échelle avec les procureurs et plusieurs des particuliers des quartiers entre lesquels se trouve le litige, nous étant reposés sur des planches que l’on avait fait remettre pour éviter que nous ne fussions dans l’eau qui découlait encore de la fuite d’un moulin qui travaillait, c’est dans cet endroit où le canal qui reçoit les eaux de la fuite des moulins se séparant en deux, dont l’un découle du côté du midi et l’autre du côté du couchant, nous rapportant au surplus à la description que le sieur Floquet géomètre commis fera de ce lieu, les parties nous y ont fait faire respectivement de même qu’au dit sieur Floquet les observations générales qu’elles ont cru nécessaires pour leurs intérêts, l’après midi du même jour nous sommes partis toujours avec notre greffier et ledit sieur Floquet, accompagnés des dits maîtres Sénès et Aubin assistés de leurs parties au parc dudit sieur Marquis de Solliès ayant suivi le canal jusqu’à l’endroit où il y a l’écluse et la prise de ses moulins, les parties nous ayant continué leurs observations là-dessus de même que sur le canal que nous avons suivi en rebroussant chemin et sur les coups perdus et martelières qui son audit canal, ayant suivi ledit canal jusqu’à l’issue de la propriété du sieur Joseph Albert pendant lequel trajet les parties ont continué de nous faire faire et audit sieur Floquet les instructions et observations nécessaires pour nous donner à l’un et à l’autre des idées générales des lieux, après quoi nous nous sommes tous rendus à notre logement. Signé : Villeneuve d’Ansouis. Où étant, ledit maître Aubin intervenant pour les Syndics de Sarraire et Consorts a dit que comme nous venons de parcourir la plupart des endroits contentieux avec notre suite et que nous avons présentement une idée générale desdits lieux, il nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet géomètre commis, en procédant observera :
1er que les égouts de l’arrosage des terres de M. de Solliès de même que de celles qui sont situées le long de la rivière tant du côté des quartiers des Sarraire et Consorts que de l’autre côté tombent dans la rivière et se réunissent à l’écluse où les particuliers des quartiers des Sauvans prennent leur arrosage de même que les eaux de diverses sources qui se trouvent dans la dite rivière sans compter l’eau continuelle qui coule du parc de M. de Solliès par les spaciers et les coups perdus qui s’y trouvent.
2e qu’il observera encor et déclarera qu’il y a un trou qui est à la muraille des Carcés à main droite tirant du côté du moulin de la Nerte, lequel trou était autrefois la conduite de l’égout de la fontaine à quatre tuyaux située à la place publique, laquelle fontaine par une conduite nouvellement faite se dégorge dans la rivière de Gapeau.
3e qu’il observera et déclarera aussi qu’il y a un comble à l’embouchure du canal de Sarraire ou Beaulieu où l’eau séjourne sans aucun découlement lorsqu’il ne survient pas une eau continuelle, ainsi que le sieur Hermite le déclare dans son rapport page 48 de l’extrait, et de quelle façon ce comble a pu être formé par l’eau si ce ne serait point parce que le canal de Sarraire ou Beaulieu n’ayant aucune pente dans sa fuite l’eau creuse par conséquent dans le commencement et regonfle ensuite par le défaut de pente, ledit maître Aubin nous requiert de vouloir ordonner que le sieur Floquet observera et déclarera dans son rapport ou relation le tas de fin limon que l’eau dépose à l’embouchure du canal de Sarraire ou Beaulieu du côté gauche et que pour plus grande instruction il fera en même temps l’épreuve de mettre un morceau de papier au dessus de l’angle opposé au canal de la Nerte par où l’on verra que ce regonflement et la rapidité des eaux qui entrent dans le canal de la Nerte resserre tellement celles qui se trouvent dans ce coin que le papier qui reste dessus n’en peut plus sortir ou qu’avec beaucoup de peine, se rapportant d’ailleurs ledit maître aubin a la prudence et a l’expérience dudit sieur Floquet pour donner de plus amples instructions au sujet de ce comble dont il fera mention dans son rapport.
4e que ledit sieur Floquet en procédant observera et déclarera que le coin où était l’ancien terme est un rocher ferme comme aussi l’excavation ou échancrure qui est au coin dudit rocher où était ledit ancien terme, et que de l’autre côté et vis-à-vis ledit rocher, il n’y a que bâtisse à l’embouchure du canal de la Nerte et qu’il n’y paraît aucun rocher sur le gravier de la hauteur de l’ancien terme.
5e — que le sieur Floquet mesurera la hauteur dudit rocher où était le terme à commencer du ferme du lit du canal et de l’endroit où ce terme était placé en conformité du rapport de 1628, le gravier movible non compris.
6e que le sieur Floquet déclarera si le terrain qui est attaché au rocher où était le terme n’est pas un terrain formé des particules terrestres que les eaux entraînent avec elles au lieu d’une mousse ou poussière qui peut tomber de la voûte, mesurera jusqu’à quelle hauteur ce terrain s’est formé à commencer du ferme ou lit du canal, le gravier non compris et de l’endroit où était pris l’ancien terme, déclarera encore si ce terrain ne se trouve point au bas du rocher et aux endroits que l’eau couvre lorsque les moulins de M. de Solliès travaillent et de quelle nature est le rocher où était l’ancien terme.
7e de même il observera que l’angle en bâtisse qui est sur le rocher où était autrefois l’ancien terme est formé par deux murailles dont l’une est entièrement dans le canal de la Nerte et l’autre dans celui de Beaulieu ou des Sarraire et en fera une déclaration expresse.
8e en procédant il observera encore que si le canal de la Nerte était entièrement barré celui de Sarraire serait une continuation de celui des Carcés, et au moyen de ce qu’il ne formerait qu’un seul et même canal, et qu’il déclarera aussi expressément de même que si en barrant le canal de la Nerte par une muraille d’une certaine hauteur laissant toujours subsister le canal de la Nerte, si cette muraille ne le séparait point de celui dit des Carcés et ne ferait point département desdits deux canaux.
9e que ledit sieur Floquet en procédant fera aussi les observations pour déclarer si les deux bars étant relevés sur un lit de mortier avec bâtisse de chaque côté et aux endroits nécessaires selon l’art, ils ne formeraient pas une muraille à peut près de la hauteur de l’ancien terme de deux pans et quart qui étaient au coin du rocher et si cette muraille formée desdits deux bars encloués au centre l’un contre l’autre et bâtis selon l’art ne seraient pas à l’épreuve de la rapidité des eaux.
10e que le sieur Floquet déclarera si ces deux bars ne paraissent pas fort anciens et fort usés conformément à ce qui a été dit par les sieurs Hermite et Caudier précédemment géomètres, qu’il mesurera leur largeur, longueur et épaisseur, à la mesure ordinaire de ce pays et qu’il observera en même temps les enclouures qui se trouvent sur lesdits bars pour savoir si elles ont été faites par la nature ou à main d’ouvrier.
11e que ledit sieur Floquet en procédant mesurera et déclarera dans son rapport la largeur du canal de la Nerte que le sieur Caudier a déclaré avoir 9 pans ½ à son embouchure au folio 101 de son rapport qu’il mesurera en même temps la longueur desdits deux bars que le sieur Caudier a aussi déclaré avoir 9 pans ½ en la page 216 et qui se trouvent faire précisément la largeur dudit canal de la Nerte, et au moyen de ce que ledit sieur Floquet déclarera si ce n’est pas avec fondement que le sieur Hermite dans son rapport page 93 verso, a dit que les deux bars en question étant relevés et assis sur un lit de mortier avec bâtisse formeraient une muraille qui fermerait totalement le canal de la Nerte.
12e que ledit sieur Floquet en procédant mesurera et déclarera encore dans son rapport ou relation la juste largeur du canal de Sarraire à son embouchure et jusqu’à la terre du sieur Pellotier de même que la largeur du canal de la Nerte jusqu’à sa fin et de laquelle opération il en fera aussi mention.
13e qu’il observera et déclarera qu’à l’embouchure du canal de la Nerte du côté droit tirant vers la rivière, il manque à la muraille une assise de pierres qui a été arrachée et qui doit être rétablie, laquelle ouverture ne doit point être comprise dans la largeur ordinaire que doit avoir le canal de la Nerte, attendu que la dite muraille n’a pas originairement été faite pour rester en cet état, laquelle assise servait aux croisillons de voûte qui avancent un peu plus que le reste de la muraille.
 
 
 
 
 
 
 
 

Le four à terres cuites des Pousselons 

Tesson four TCA

Le tesson de vaisselle du XVIIIe siècle

Gueule du four TCA

Ce four à terres cuites architecturées, pour la production de briques, carreaux, situé sur une parcelle de 19 310 m² est fortuitement redécouvert en décembre 2017, dans le vallon des Pousselons à Solliès-Pont – Var.

En 1810, le four est sur une parcelle de 836 m² déjà plantée d’oliviers et appartenant à Joseph Gueit et à Claire Genton mariés en 1770. 

Dans son état actuel, seule la chambre de chauffe de forme rectangulaire (1,93 m x 1,80 m) et d’une hauteur sous voûte de 0,93 m est en bonne condition de conservation.

La sole percée de 30 carneaux est recouverte de matériaux provenant de l’écroulement de la voûte, de ratés de cuisson et de blocs divers.

Un tesson de vaisselle, daté du XVIIIe siècle, d’un atelier de potier de la vallée de l’Huveaune, a été retrouvé dans le foyer. 

Le 1er avril 2019, Mme Corinne Landuré, chargée de la gestion patrimoniale et scientifique – Var, du Service régional de l’archéologie, Drac–Aix-en-Provence visite le site et établie une note BSR.

La gueule du four.

Fond du four TCA
Les carnaux

L'intérieur du foyer avec les carneaux.

Four TCP, coupe 1/1

 

 

 

Lundi 1er avril 2019, trois agents de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Daniel Pouly, de l’Unité Départementale de l’Architecture et du Patrimoine du Var basée à Toulon, Corinne Landuré et Pascale Barthès du Service régional de l’Archéologie basé à Aix-en-Provence) se sont rendus à Solliès-Pont pour examiner une construction semi-enterrée découverte fortuitement par Monsieur Pascal Grué, président de l’Association de l’Écomusée du Gapeau, dans le vallon des Pousselons.

Il s’agit d’un petit four qui présente une chambre de chauffe en excellent état de conservation. Celle-ci, ouverte vers l’ouest, est de plan rectangulaire (1,93 x 1,80 m environ) et possède des murs en briques et une voûte en berceau, également en brique. Le sol de la chambre, recouvert d’une couche de sédiment, n’est pas visible. La hauteur maximum mesurée sous la voûte est de 0,93 m. Six rangées de trous (carneaux) sont ménagées dans la voûte pour le passage de l’air chaud vers la partie supérieure du four (laboratoire) où étaient déposés les produits à cuire. Cette partie du four est aujourd’hui effondrée ; il n’en subsiste qu’un épais niveau constitué d’argile rubéfiée, de tuiles rondes et de blocs de grès. L’aire de travail, où les potiers enfournaient le combustible, doit se trouver sous les blocs de grès présents autour de l’accès à la chambre de chauffe.

Par sa morphologie et sa taille, ce four est tout à fait comparable à plusieurs exemplaires recensés dans la région et attribués à l’époque moderne. Il est probable qu’il s’agisse d’un four destiné à produire des matériaux de construction (briques, tuiles, carreaux de pavement…) pour les besoins propres d’un grand domaine agricole.

Les agents de la DRAC se sont félicités d’avoir été prévenus de cette découverte ; l’enregistrement du four des Pousselons dans la base de données nationale des sites archéologiques va constituer une première étape dans sa préservation. Les agents de la DRAC ont également insisté sur la législation existant dans le domaine de l’archéologie, à savoir que toute fouille ou sondage est soumise au contrôle de l’État via une autorisation préfectorale.

Corinne Landuré,
chargée de la gestion patrimoniale
 et scientifique du Var, Drac-Aix

La chapelle du Deffend

otre-Dame du Deffend vue du haut

La vallée vue de la chapelle.

Chapelle Notre-Dame du Deffens

La chapelle et sa citerne (à gauche), vue extérieure.

Chapelle N-D du Deffens Int.

La chapelle, vue intérieure.

À Solliès Ville, au sommet de la colline, à 381 mètres d’altitude, La chapelle Notre-Dame des Vents (encore appelée Notre-Dame de la Miséricorde, ou Notre-Dame du Deffend ou Défens) domine le village.
Elle est accessible, à partir du quartier des Selves, en suivant un chemin escarpé qui était autrefois emprunté par les troupeaux de moutons qu’on avait l’obligation de « mettre en défens » afin de les éloigner des zones cultivées.
Cette chapelle a été construite au 17e siècle sur l’emplacement d’une bergerie et depuis 1674, la population s’y rend en pèlerinage.
Elle a été épargnée pendant la Révolution, mais comme tous les lieux de culte, elle sera vendue et rejoindra la liste des Biens nationaux.
Le 23 février 1824, sous le règne de Louis Philippe, et par ordonnance, les chapelles rurales de Solliès Ville seront données à l’église actuelle de la ville, pour servir d’église de secours : celle de Notre-Dame du Deffend devait en faire partie.
Plus tard, en août 1943, un incendie attisé par un vent violent ravagea le versant nord du Coudon et menaça le village qui fut épargné, car le mistral cessa soudainement au niveau de la chapelle...
Aussi, en remerciement et avec l’accord de l’occupant, le 15 août de cette même année, une procession en action de grâce eu lieu, à Notre-Dame du Deffend.
Lors des combats pour la libération de Solliès Ville, les 20 et 21 août 1944, la chapelle a subi de gros dommages.
L’édifice fut restauré, après la guerre, en 1949.

On organisait autrefois dans cette chapelle trois processions : au lendemain de Pentecôte, le 15 août et le 8 septembre (fête de la Nativité de la Vierge Marie). Le prêtre en profitait pour bénir le terroir depuis le promontoire.

À propos du retable (aujourd'hui disparu) :
Texte 1 : Consolatrix afflictorum monstra te esse matrem OpN.

« Consolatrice des affligés montre que tu es (leur) mère, prier pour nous. »
Textes 2 : Sancta Christina Solleriensium patrona inclyta OpN.
« Sainte Christine de Solliès, illustre patronne des Sollièsiens, prier pour nous. »

Première indication
Le titre « Consolatrice » se trouve déjà dans des prières mariales très anciennes, Marie est notamment invoquée sous le titre Consolatrice des affligés durant de longs siècles, en Afrique du Nord, pendant la « traite des blancs », capturés lors de razzias sur les côtes d’Europe méridionale et réduits en esclavage par les musulmans à partir du VIIsiècle.

 

 

 

Cahier-QQ,-p.-126-Chapelle D-N du Deffend

Notes et croquis de Frédéric Dollieule en 1890, cahier QQ, page 126. (Archives Écomusée du Gapeau.)

 
Notes :
LUCCHESI Alexis :
À pied découvrez les chapelles du Var, Éditions Barthélemy - Avignon, 1993, pages 170 à 173, ISBN : 2-87923-029-2.
Antoine Arène, poète macaronique et jurisconsulte - Marseille, 1886, 79 p.
François-Joseph Pey, martyr pour la Foi - Toulon, 1927, 46 p.
 
Le deffend : Dès le XIIe siècle, par sentence arbitrale d’une autorité civile ou religieuse, c’est la protection d’un bien délimité en édictant diverses mesures de restriction ou d’interdiction : de pâturage, de glanage, de chasse, de pêche.

Notice BSR :

 SOLLIÈS-PONT (83) – ZAC Les Laugiers Sud (12680)

 

Figure BSR
Plan masse des vestiges, (échelle 1/400).

Yannick TEYSSONNEYRE, Sabrina CHARBOUILLOT et Carole GRELLIER CHEVALIER

 

Les fouilles du site de la Zac des Laugiers sud ont été effectuées du 1er octobre au 21 décembre 2018, et ont permis d’inventorier 270 vestiges archéologiques répartis sur plusieurs occupations successives circonscrites entre le Ier et le VIe siècle apr. J.‑C. Le site est implanté sur la périphérie orientale du village de Solliès-Pont, dans le département du Var, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Toulon et des massifs calcaires du Coudon. L’emprise de 2000 m² est localisée autour de 73 m d’altitude sur la terrasse alluviale du Gapeau. Elle est entourée au nord par les collines calcaires du Castellas (346 m) et de Sainte-Christine (304 m) et à l’est par les premiers contreforts du massif des Maures, les collines du Roucas de Monié (299 m) et des Pousselons (199 m). Un canal d’irrigation construit à la fin du XVIe siècle et réaménagé pendant la Seconde Guerre mondiale partage son espace en deux zones distinctes.
Plan de masse.
Vue cavalière orientée de l’emprise au premier décapage.
Précisons que cette première présentation intervient un mois après la fin de la phase terrain. Son objectif est de livrer, dans les grandes lignes, nos résultats préliminaires. Ces derniers se basent essentiellement sur les observations de terrain et sur une première mise en phase des vestiges ; ils doivent donc être reçus avec toute la prudence de rigueur.
 
L’opération réalisée a permis de mettre au jour, deux ensembles funéraires contemporains articulés autour d’enclos maçonnés construits à la périphérie de zones cultivées. Au sud, le premier enclos (n° 2)…
L'enclos numéro 2
L'enclos funéraire numéro 2.
…dont la superficie voisine les 52 m², possède des maçonneries liées au mortier, puissamment fondées (0,8 m de large pour 1,3 m de profondeur au maximum), qui supposent une élévation probablement massive. Son orientation SE-NO (N145°O) apparaît parfaitement parallèle à une tranchée de plantation située au nord (F30) et au sud, à une zone cultivée matérialisée par une cinquantaine de fosses de plan quadrangulaire disposées à intervalles réguliers sur sept alignements.
 
Cet ensemble cultivé axé sur la trame fixée par l’enclos renvoie assez clairement à l'identification d’une zone de plantations viticoles.
Fosses de plan quadrangulaire
Les fosses quadrangulaires de plantations viticoles.
Il a pu, dans un premier temps être alimenté ou irrigué par une canalisation souterraine (F219) dont le creusement, conservé sur près de 2 m de haut, traverse le nord de l’emprise. Ces fosses de plan quadrangulaire se retrouvent également disposées de façon plus lâche dans le prolongement oriental de l’axe des murs sud et nord de l’enclos. Elles délimitent une allée de plus de 18 m de long pour 3,6 m de large et participent au décorum de ce premier ensemble funéraire. L’implantation de dépôts secondaires de crémation sur la périphérie de leur emprise tend par ailleurs à leur conférer sporadiquement une fonction de marqueur funéraire.
 
L’intérieur de ce premier enclos est structuré autour d'une grande fosse bûcher de plan rectangulaire (2 x 1,5 m)…
Grande fosse bûcher
Grande fosse bûcher du plan quadrangulaire.
…autour duquel sont installés les dépôts de crémation en fosse et leurs probables marqueurs. La présence d’un fragment de cippe en calcaire utilisé en tant que calage dans une inhumation plus récente tend à accréditer la présence d’indicateurs relativement luxueux. On notera que la réouverture et ou spoliation de certains dépôts particulièrement épais suggèrent la récupération d’un mobilier a priori privilégié. Le fond de cet enclos est également agrémenté de tranchées de plantations implantées contre les murs sud, nord et ouest au-devant desquels d’autres fosses de plantations de tailles plus modestes se répondent en symétrie du nord au sud. Avec son allée orientale, le décorum végétalisé de ce premier ensemble peut être qualifié de jardin funéraire. Son emprise délimite assez fidèlement les limites de ce premier ensemble funéraire puisque l’implantation des dépôts secondaires de crémation ou des fosses liées aux rejets de résidus ainsi que celles, plus tardives ou contemporaines, des inhumations s’effectuent systématiquement au sein de son espace. Les inhumations, dont la chronologie semble s’étaler sur toute la période de l’occupation de la nécropole, montrent une grande variété de modes architecturale avec notamment celles en bâtière ou en coffrage de tuile, en amphore et en architecture mixte ou encore celles sans contenant pérenne. Mentionnons également la présence d’un imposant monument funéraire vraisemblablement spolié dont l’architecture présente une voûte en tuf et réemploie un bloc chaperon (0,90 x 0,68 x 0,33 m)…
Un bloc chaperon
Le monument funéraire ou cénotaphe, structure F47.
…et un bloc de parement mural (0,75 x 0,50 x 0,23 m) dont l’origine pourrait bien provenir de l’élévation de ce premier enclos).
 
Au nord, le second ensemble pourrait s’être installé au cours du Haut-Empire, en deux temps. La première séquence se rapporte à une division de la parcelle. Elle est matérialisée par l’installation d’une importante tranchée de plantations qui présente une double orientation et divise l’emprise en deux en venant notamment recouper l’ancien conduit d’alimentation (F219) traversant l’emprise. Une seconde tranchée (F18) se développe parallèlement à son tronçon méridional et ménage ainsi durablement un espace vide entre les deux secteurs funéraires. La partie nord-est de ce secteur nouvellement délimité voit l’installation de vingt-quatre tranchées de plantations (sulci) au sein desquelles des fosses de plan rectangulaire (1 x 0,5 m) sont implantées transversalement à intervalles réguliers, tous les 0,5 m ; ce qui atteste la pratique du provignage. Cette pratique bien illustrée par les sources agronomiques et archéologiques du sud-est de la Gaule illustre une zone cultivée dont la destination renvoie indubitablement à la culture de la vigne.
 
Dans un second temps, un nouvel enclos…
Un nouvel enclos
Vue zénithale de l'enclos numéro 1).
…dont la superficie voisine celle du précédent a été installé au niveau de l’extrémité occidentale de cette zone cultivée. Ces maçonneries larges de 0,7 m pour 0,3 m d’épaisseur en moyenne apparaissent moins bien ancrées que celles du premier enclos. L’arrachement observé au centre de son mur septentrional pourrait correspondre à la récupération d’une pierre de seuil et laisse supposer un accès nord à cet ensemble. Ce second enclos présente la même orientation nord-sud que les tranchées de plantations sur lesquelles il s’implante. Toutefois, il est difficile d’argumenter l’abandon dans son intégralité de la plantation. En effet, à l’image du précédent, un espace pourrait avoir été aménagé après l’arrachement de ceps, pour l’installation de cet ensemble construit. La contemporanéité des deux ensembles nous semble induire un effet d’imitation que les données de terrain ne peuvent ni valider, ni infirmer, même si la lecture des fosses de plantations est plus aisée à l’est de l’enclos. Au sein de l’enclos, les dépôts de crémation, datés entre la fin du Ier siècle et la seconde moitié du IIe siècle au plus tard, sont également associés à des marqueurs. Leur structuration apparaît toutefois moins organisée que celle du premier enclos. Ils sont déposés au sein de fosses de plan géométrique rectangulaire à quadrangulaire) dont les plus grandes approchent un mètre de côté en moyenne pour 0,2 à 0,4 m de profondeur conservée. Ils présentent des dépôts mixtes le plus souvent matérialisés par un vase ossuaire en verre…
Vase ossuaire en verre
Un vase ossuaire en verre.
…disposé au centre sur une couche charbonneuse et parfois de résidus de crémation issus du bûcher. À en juger par les restes de parois rubéfiées pris dans le comblement ou conservés sur les parois de certaines fosses, il est probable qu'elles aient également servi de structure primaire de combustion suggérant peut-être l’identification de tombe bûcher. Ces dépôts sont le plus souvent associés à du mobilier secondaire, des vases offrandes en céramique et/ou à des balsamaires en verre. Ils possèdent parfois des aménagements spécifiques en tegulae
Tegulæ du coffrage de F245
Les tuiles marquées du coffrage de la structure F245.
…pour lesquels des aménagements particuliers semblent envisageables. En dehors de l’emprise de cet enclos, les dépôts de crémation sont installés dans des contenants en matériaux périssables ou en amas sans contenant et se présentent sur le terrain sous la forme d’amas osseux de plans subcirculaire à ovalaire, déposés au centre de fosses de grandes dimensions. Là encore, leur contemporanéité avec certaines inhumations reste possible en l’absence d’étude plus approfondie. Les inhumations s’implantent quant à elles au nord de l’emprise de l’enclos, et comme pour celles observées au sud, elles respectent son orientation. À l’instar de celles observées au niveau du premier enclos, ces sépultures déclinent la même variété que celles observées au sud de l’emprise (inhumations en bâtière, en coffrage de tuile, en amphore, en architecture mixte, sans contenant pérenne…).
Inhumation en coffrage de tuile F1
Inhumation en coffrage de tuile de la fosse F1.
…Ces dernières s’étalent chronologiquement jusqu’à la fin de l’occupation.
 
On signalera enfin l’existence d’un fossé palissadé dont le profil en « Y » et le comblement présentant un lobe d’arrachement central supposent une troisième limite observée dans le quart nord-ouest de l’emprise. Cette dernière, qui recoupe en se fondant, au nord, dans le tracé de la grande tranchée de plantations divisant l’emprise en deux, inaugure la limite d’un troisième ensemble. Signalons que les données obtenues au diagnostic sur ce troisième secteur témoignent de la présence de fosses de plantations de plan rectangulaire, organisées en linéaire… La localisation de ce fossé en bordure de fouille rend toutefois délicate la qualification de ce nouvel ensemble.
 
Ainsi, les résultats préliminaires de la fouille de la ZAC des Laugiers permettent d’envisager la restitution d’un site remarquable par la présence de deux nécropoles juxtaposées et dont la contemporanéité d’utilisation ne laisse guère de doute. Si la structuration de l’ensemble funéraire situé au sud de l’emprise,…
Debut de la fouille, coffrage F1
Début de la fouille de la structure F1.
…de même que ses puissantes maçonneries, contrastent sensiblement avec l’ensemble septentrional, a priori plus modeste, leurs localisations à la périphérie de zones cultivées renvoient l’image de deux nécropoles de petite envergure, peut-être à destination familiale, qui appellent avec leurs ensembles cultivés des domaines de rattachement dans un environnement immédiat.

 

Phoenix canariensis

Palmier Dattier des Canaries

Nom provençal : Paumier

ARECACEAE

C'est un palmier très graphique qui constitue à lui seul un intérêt majeur au jardin. Issu de la famille des Arécacées, le genre Phoenix comprend dix-sept espèces de palmiers. Le Phoenix des Canaries possède un stipe robuste très marqué par les cicatrices folliaires. Il peut atteindre quinze mètres une fois adulte. Les palmes arquées composées de feuilles linéaires opposées mesurent près de cinq mètres de longueur et forment une couronne très fournie. Les pétioles sont épineux.
En été de longues inflorescences de fleurs crème réunies en panicules pendantes rajoutent au charme de la plante.
Le Phoenix canariensis est dioïque, vous trouverez donc des pieds mâles et femelles qui seuls donneront des fruits de un à deux centimètres de long, cylindriques, jaune puis teintés de rouge à maturité. La chair est comestible et sucrée, mais très sèche.

Tilia

Nom provençal : Tihu

MALVACEAE

Devant son nom au mot latin « Tilia » le Tilleul est un arbre appartenant à la famille des Malvacées, qui se divisent en plusieurs espèces, dont les plus connues en Europe sont le Tilleul à petites feuilles Tilia cordata et le tilleul à grandes feuilles Tilia platiphyllos.
Arbre traditionnel implanté au centre des villages de Gaule ou d’anciens lieux de rassemblement en Allemagne, le Tilleul est aujourd’hui principalement connu pour ses fleurs et ses feuilles. Ces dernières, souvent en forme de cœur, ont d’ailleurs fait du Tilleul un symbole d’amour et de fidélité dans la mythologie grecque.
Pouvant s’élever jusqu’à quarante mètres de hauteur, il possède une croissance rapide faisant apparaître une écorce lisse qui se gerce au fil des années. Comme la plupart des arbres, il a besoin d’un sol relativement profond pour pouvoir se développer. Cet arbre principalement d’ornement préfère les terres riches, fraîches et assez humides pouvant être même calcaire. Il ne supporte pas les terrains trop acides et l’aridité de l’air, il conviendra donc de lui trouver une exposition mi-ombre.
Le Tilleul se plante en racines nues ou en conteneur à l’automne pour favoriser son enracinement avant l’hiver.

Tilleul, Tilia. Arbre du parc du château de Solliès-Pont

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

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Jubæa chilensis

COCOTIER DU CHILI OU PALMIER DU CHILI

Nom provençal : Paumier

ARECACEAE

Il pousse de façon spontanée sur les côtes chiliennes au pied de la cordillère des Andes jusqu’à une altitude de mille cinq cents mètres pour une hauteur de quinze mètres.
Vu son origine géographique, c’est aussi le palmier à feuilles pennées (Cocotier, Palmier des Canaries, Palmier dattier…) le plus rustique pouvant supporter des gelées de l’ordre de -15 °C en pointe.
Il a été introduit en Europe aux alentours de 1850 et se rencontre encore aujourd’hui sur la côte méditerranéenne (Hyères, Montpellier, Collioure…), à Lorient et sur la place d’Hendaye. On pourra donc l’implanter partout à condition d’installer un dispositif chauffant pour l’hiver.
Le palmier Jubaea chilensis est une plante monoïque, c’est-à-dire qu’il est à la fois mâle et femelle ; il peut donc produire des graines viables et fertiles tout seul. Les fleurs sont disposées sur une grande hampe florale mesurant plus d’un mètre cinquante.
Le fruit est une noix de coco miniature.

Cocotier du Chili, Jubæa chilensis

Pièce jointe vide ou le type d'article n'est pas une 'pièce jointe'

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du patrimoine 2017.

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Schinus molle

ANACARDACEAE

De croissance rapide, jusqu’à un mètre par an, il atteint rapidement sa taille adulte se situant entre dix et quinze mètres de hauteur. Arbre aux longues feuilles persistantes, composées, il se recouvre au printemps de petites fleurs jaune clair sans grand intérêt. Ces fleurs regroupées en grappes retombantes sont remplacées en été par des baies roses au goût poivré, utilisées en cuisine ou en médecine traditionnelle.
En Europe il est utilisé à des fins ornementales, en haies denses, rejetant fortement après chaque taille, en arbre isolé pour sa belle forme pleureuse, également comme arbre d’ombrage. Les baies roses qu’il produit peuvent être récoltées séchées, pour une aromatisation culinaire, entière ou broyée.
Dans certaines régions du monde, dont l’Amérique de Sud, chaque partie de l’arbre a une utilisation. Des feuilles broyées est extrait une huile essentielle à l’odeur de térébenthine, les baies remplacent le vrai poivre, la sève a des propriétés antiseptiques, le bois sert de combustible ou est utilisé en poteaux de clôtures.

Faux Poivrier, Schinus molle

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

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Jubæa chilensis

PALMIER DU CHILI OU COCOTIER DU CHILI

Nom provençal : Paumier

ARECACEAE

Il pousse de façon spontanée sur les côtes chiliennes au pied de la cordillère des Andes jusqu’à une altitude de mille cinq cents mètres pour une hauteur de quinze mètres. Vu son origine géographique, c’est aussi le palmier à feuilles pennées (cocotier, palmier des Canaries, palmier dattier…) le plus rustique pouvant supporter des gelées de l’ordre de -15 °C en pointe.
Il a été introduit en Europe aux alentours de 1850 et se rencontre encore aujourd’hui sur la côte méditerranéenne (Hyères, Montpellier, Collioure…), à Lorient et sur la place d’Hendaye. On pourra donc l’implanter partout à condition d’installer un dispositif chauffant pour l’hiver.
Le palmier Jubaea chilensis est une plante monoïque, c’est-à-dire qu’il est à la fois mâle et femelle ; il peut donc produire des graines viables et fertiles tout seul. Les fleurs sont disposées sur une grande hampe florale mesurant plus d’un mètre cinquante.
Le fruit est une noix de coco miniature.

Cocotier du Chili, Jubæa chilensis

Cocotier du Chili, Jubæa chilensis

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du patrimoine 2017.

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Cycas revoluta

PALMIER FOUGÈRE OU CYCAS DU JAPON

Nom provençal : 

CYCADACEAE

Arbustes à croissance très lente, les Cycas vivent très longtemps. Dans leur habitat naturel, ils peuvent atteindre la taille d’un arbre (six mètres pour le Cyca revoluta par exemple), mais rarement sous nos climats. De même, cultivés en pot, ils dépassent peu un à deux mètres. Leur tronc particulier appelé « stipe » ne se forme qu’au bout de quelques années. Il est souvent conique et à tendance à se ramifier et même s’incliner avec le temps, pour certaines espèces (C. revoluta).
Leurs feuilles pennées et arquées qui peuvent être très grandes (deux à trois mètres pour C. debaoensis), ressemblent à celles des palmiers, mais elles sont bordées d’épines et insérées sur le stipe par un long pétiole. Elles forment de magnifiques courronnes, en particulier chez C. revoluta. Au cœur de feuilles apparaissent en été de grandes fleurs le plus souvent jaunes et très décoratives.
Les Cycas étant dioïques, les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds différents. Chez C. revoluta, les cônes mâles, laineux mesurent vingt à quarante centimètres et les inflorescences femelles dix à vingt centimètres. Les fruits ovoïdes font trois à quatre centimètres de long.
Le feuillage, vert brillant, peut geler à partir de -15 °C, mais repart du tronc.

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du patrimoine 2017.

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Sequoia sempervirens

Nom provençal : Sequouia

TAXODIACEAE

Ce sont des arbres de très grande taille à port conique et à cime arrondie. À l’âge adulte, l’arbre est dépourvu de branches sur un tiers ou la moitié de sa hauteur.
Son écorce épaisse et crevassée est rouge orangé et d’une texture souple et fibreuse.
Il est plus fin et plus élancé que le séquoia géant.
Les feuilles persistantes sont disposées sur les rameaux secondaires en deux rangs d’aiguilles aplaties, longues, vertes dessus, blanchâtres dessous. Les feuilles placées sur les rameaux principaux sont des écailles appliquées.

Séquoia à feuilles d'If, Sequoia sempervirens

Photo : Wikimedia  et  licence

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

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Quercus ilex  L.

CHÊNE VERT  OU  YEUSE

Nom provençal :
Éuve

FAGACEAE

Le Chêne vert est le chêne méditerranéen par excellence : on doit à son feuillage persistant l’éternelle verdure de ses forêts, appelées yeuseraies. Il dépasse rarement plus de quinze mètres de haut, ses feuilles sont de couleur vert foncé et lustrée sur le dessus, gris-blanc aux reflets argentés sur le dessous. Ce détail permet de le différencier du chêne Kermès dont les feuilles sont cireuses et vertes sur les deux faces : ce dernier (Quercus coccifera) se distingue en outre par la cupule de ses glands aux nombreuses écailles en pointe, et par sa petite taille (pas plus de trois mètres).
La face blanchâtre des feuilles d’yeuse permet en fait de réfléchir les rayons du soleil et lutter contre la sécheresse. De ce fait, il occupe souvent les sites les plus secs. Ces caractéristiques des forêts méditerranéennes sur le sol calcaire, il permet de maintenir un couvert forestier dans les lieux aux conditions écologiques rudes, et participe ainsi au maintien des sols.
Il a été largement exploité pour le bois de chauffe et le charbon de bois.

Chêne vert, Quercus ilex L.

Chêne vert, Quercus ilex L.

Chêne vert, Quercus ilex L. Photo : Stadtkatze  et  licence.

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

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Phillyrea latifolia  L.

Nom provençal : Taradèu

OLEACEAE

Le Filaire à larges feuilles (Phillyrea latifolia) est une plante de la famille des Oléacées. C’est un arbrisseau de six à huit mètres de hauteur.
Le feuillage est persistant, brillant et coriace. Les feuilles sont opposées, larges de forme ovale à pétiole court. Les fleurs sont disposées en grappes courtes et peu fournies. Le fruit est une drupe de la grosseur d’un pois, de couleur noire, à noyau globuleux. La Filaire à feuilles larges fréquente les maquis, les vallées rocailleuses et les collines sèches. On la rencontre entre zéro et sept cents mètres d’altitude.
La floraison de l’espèce intervient entre les mois d’avril et mai. Cette espèce est hermaphrodite. La pollinisation se fait de manière entomogame et la dispersion des graines se fait par endozoochorie. On rencontre cette filaire dans le sud de l’Europe (Espagne Portugal, France, Sardaigne, Sicile Corse), en Afrique du Nord et dans le sud-ouest de l’Asie. En France, cette espèce se rencontre en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le Languedoc-Roussillon, en Corse, Poitou-Charentes ainsi qu’en Gironde.

Filaire à larges feuilles - Phillyrea latifolia L.

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

 

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Cupressus macrocarpa

 CUPRESSACEAE

Originaire de Californie où il pousse spontanément, le Cyprès de Lambert ou Cyprès de Monterry Cupressus macrocarpa, familles des Cupressacées est un conifère de dix à quinze mètres de haut qui possède un port presque conique devenant étalé avec l’âge.
Les jeunes sujets se remarquent en effet à leur silhouette élancée tandis que les vieux arbres se caractérisent par leur large cime tabulaire.
Du tronc court et trapu dont l’écorce est brun rouge puis gris cendré partent des rameaux cylindriques qui portent un feuillage persistant vert franc ou doré, très dense, composé de petites feuilles triangulaires en forme d’écailles.
Les fleurs qui apparaissent de février à avril selon le climat sont en fait des chatons brun clair pour les mâles, qui contiennent un pollen pouvant être allergisant, vert pour les chatons femelles qui sont réunis en bouquets à l’extrémité des rameaux.
Les fruits du Cupressus macrocarpa appelés strobiles sont de petits cônes à écorce grise qui contiennent de nombreuses petites graines ailées.

Cyprès-de-Lambert, Cupressus macrocarpa

Photo : John Sullivan   et   Licence

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

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Quercus pubescens  Willd.

CHÊNE BLANC OU CHÊNE  PUBESCENT

Chêne pubescent, Quersus pubescens, 800x600

Nom provençal :  Blacas

FAGACEAE

Plante de la famille des Fagacées. Il se trouve de façon commune en forêt méditerranéenne poussant sur les collines et basses montagnes. Nom botanique Quercus pubescent.
Il doit son nom « pubescent » (poilu) au revers velouté de ses feuilles qui sont de forme très lobée. Une particularité est qu’il possède un feuillage persistant tout l’hiver (marcescent) comme le charme. C’est arbre mesure une quinzaine de mètres de façon générale et plus rarement une trentaine possédant une tête ronde. Il est très rustique au gel en terrain drainant et peut ainsi vivre plusieurs siècles. Son tronc à l’écorce noire.
Il est souvent recouvert de lichens gris et de formes assez tortueuses. Le bois (très dur et dense) sert pour les charpentes et les meubles. Il résiste à l’eau et sert encore pour les écluses, les pilotis, les traverses de chemin de fer… Il servait aussi de combustible ainsi qu’a fabriquer un excellent charbon de bois.

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

 

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Celtis australis  L.

Nom provençal :
Falabreguié,

Fabriguié (Fréjus),
Fabrigoulié (Les-Adrets)

CANNABACEAE

Le Micocoulier est un arbre pouvant mesurer jusqu’à vingt mètres, qui se développe essentiellement dans le Midi de la France où on le rencontre dans les bois et les garrigues, en basse montagne et jusqu’à neuf cents mètres d’altitude. Il peut vivre jusqu’à cinq cents ans.
Cette espèce a un tronc droit et de nombreux rameaux plutôt pendants. Son écorce cannelée ressemble à celle du hêtre, gris avec quelques pustules et protubérances. Ses feuilles caduques sont simples, alternes, elliptiques, légèrement asymétriques à la base, dentées et rugueuses sur le dessus, ressemblant à celles l’Orme, tout en étant plus allongées et moins larges. Ses petites fleurs s’épanouissent en mai, en général solitaires et disposées à l’aisselle des feuilles, avec une corolle peu visible, mais des stigmates blancs très développés.
En septembre, ses petits fruits noirâtres ressemblent à de petites olives et persistent sur l’arbre après la chute des feuilles.

Micocoulier de Provence, Celtis-australis L. 800x697

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

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Cupressus sempervirens

Nom provençal :  
Auciprès,
ciprès

CUPRESSACEAE

Le Cyprès commun… ou Cyprès d’Italie est un arbre que l’on rencontre un peu partout dans le pourtour du bassin méditerranéen et sur les collines d’Italie. Mais, même si vous n’habitez pas le Midi, vous l’avez certainement croisé… dans un cimetière !
Le Cyprès commun est un conifère à l’écorce lisse et teintée de rouge.
De port érigé, les branches et les rameaux sont serrés les uns contre les autres et dressés, donnant à l’arbre l’allure d’une colonne, parfois très fine suivant l’espèce, dont la cime élancée peut dépasser vingt mètres de haut. Les feuilles sont de petites écailles agglutinées formant de petits rameaux souples.
À la fin de l’hiver, les fleurs font leur apparition, les fleurs mâles sont des petits chatons oblongs, de couleur ocre à brun, tandis que les fleurs femelles sont des cônes globuleux à écailles épaisses, de couleur verte, parfois teintés de bleu ou de gris.
Cupressus sempervirens horizontalis est un cyprès de Provence couramment utilisé dans le Midi pour faire des haies taillées.

 Cyprès commun, Cupressus sempervirens,

Photo : J. Brew   et  licence.

Cyprès commun, Cupressus sempervirens

Cyprès commun, Cupressus sempervirens, Arbre du parc du Chateau de Solliès-Pont.

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

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Pinus halepensis

Nom provençal : 
Pin-blanc (Fréjus, Hyères, etc.)

PINACEAE

Le Pin d’Alep ou Pinus halepensis appartient au genre Pinus et à la famille des Pinacées. On le trouve dans le bassin occidental de la Méditerranée, en Europe, en Afrique du Nord et au Proche-Orient. On le nomme aussi Pin de Jérusalem ou encore Pin blanc de Provence. C’est un conifère à grand développement qui atteint entre dix et vingt-cinq mètres de hauteur.

Pin-d'Alep1NMW

Son large tronc lisse souvent tortueux et penché est recouvert d’une écorce brun-gris qui se fissure avec l’âge. Sa cime large et claire prend souvent la forme d’un parasol (moins dense toutefois que celle d’un Pin parasol). Ses feuilles ou aiguilles persistantes et aromatiques vert clair, regroupées par deux sont courtes, fines et souples (entre six et dix centimètres).
Il produit en avril et mai à la floraison des fleurs mâles sous forme de chatons jaunes pale qui se situent à la base des pousses de l’année, et des fleurs femelles sous forme de cônes charnus, d’un violet pourpre qui se développent en deux ans et deviennent brun et ligneux. Ces cônes, les plus petits des Pins méditerranéens (huit à onze centimètres), contiennent des graines ailées qui sont comestibles.

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

 

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Washingtonia  filifera

PALMIER DE CALIFORNIE OU PALMIER À JUPON

Palmier de Californie, Washingtonia filifera

Jardin du château, Solliès-Pont

Nom provençal : Paumié

ARECACEAE

Le genre Washingtonia regroupe deux espèces souvent confondues, très présentes dans les jardins méditerranéens, les îles Canaries et autre zone à climat chaud. Elles sont toutes deux originaires des zones arides du nord-ouest de la basse Californie au Mexique. Cependant l’espèce Washingtonia filifera, un peu plus rustique s’étend davantage vers le nord jusqu’au sud de la Californie et au sud-ouest de l’Arizona.
Les Washingtonias possèdent un tronc unique bien rectiligne pouvant dépasser vingt mètres de long, à base élargie comme une patte d’éléphant. Les larges feuilles en éventail sont plissées en forme de V et forment en séchant un jupon autour du stipe, jusqu’au sol sur l’espèce Washingtonia filifera si elles ne sont pas coupées.
Les deux espèces portent des épines de part et d’autre de leurs longs pétioles, mais de formes différentes. Les segments vert clair retombant aux extrémités, comportent en se déchirant de longs filaments blanchâtres qui leur donne un aspect effiloché, mais ce caractère est moins prononcé notamment chez les sujets de Washingtonia robusta.

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

 

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Cette exposition est le résultat de la collecte d’informations, de relevés sur le terrain et de nombreuses photographies et dessins des fontaines de notre territoire.
La présentation en panneaux bâches verticaux de un mètre cinquante de haut s’est imposée à nous pour une lisibilité agréable et pratique. Elle a été mise en page par Gérard Demailly et imprimée par "Fidel-Graphic", 83210 La Farlède.
Ces panneaux pourront être prêtés aux différentes communes sous certaines conditions matérielles et d’assurance pour des périodes déterminées ensemble.
L’accueil favorable reçu par les visiteurs aux Journées européennes du Patrimoine à Solliès-Pont nous encourage à persévérer.
Nous voulons remercier ici : André Arcolao, Henri Sausset, Christian Sévery, Philippe Tibout, de la Maison du patrimoine de Belgentier, Jean-Claude Vincent, Mmes les adjointes à la Culture de Solliès-Toucas, Solliès-Ville, les archives communales de Solliès-Pont et la communauté de communes de la Vallée du Gapeau.

Le président

Belgentier

  • Les fontaines dans la Vallée Belgentier 1
  • Les fontaines dans la Vallée Belgentier 2
  • Les fontaines dans la Vallée Belgentier 3

La Farlède

  • Les fontaines dans la Vallée La Farlède 1
  • Les fontaines dans la Vallée La Farlède 2
  • Les-fontaines-FARLÈDE-5QU-03
  • Les-fontaines-FARLÈDE-5QU-04

Solliès-Pont

  • Les-fontaines-PONT-4QU-01b-2
  • Les-fontaines-PONT-4QU-02
  • Les-fontaines-PONT-4QU-03
  • Les-fontaines-PONT-4QU-04
  • Les-fontaines-PONT-4QU-05b

 

Solliès-Toucas

  • Les-fontaines-TOUCAS-3QU-01
  • Les-fontaines-TOUCAS-3QU-02
  • Les-fontaines-TOUCAS-3QU-03
  • Les fontaines à Toucas

 

Solliès-Ville

  • Les fontaines à Ville
  • Les fontaines à Ville

 

Aux XVII et XVIIIes siècles la solution utilisée pour l’adduction en eau dans les villages est le fil de l'eau, qui descend naturellement par gravité dans un canal à ciel ouvert.
L’eau va de fontaine en fontaine, la surverse de la première alimentant la suivante. Les usages différents de l’eau se répartissant tout au long de cette ligne : au point le plus haut, l’alimentation des habitants, puis les animaux, les usages domestiques et l’arrosage des jardins, le point le plus bas. (Belgentier 2, Solliès-Toucas 2, 3, 11, 12, 15, Solliès-Pont 1, 2, Solliès-Ville 1, 4, 5, La Farlède 1, 8).

Quand l’eau est peu abondante, les fontaines sont rares et fort simples ; le souci majeur des municipalités est donc la recherche de sources pérennes, l’amélioration des captages et l’acheminement de l’eau vers les différents quartiers des villages qui petit à petit s’étendent.
L’Empire et son administration sont à l’origine de la création des départements et parallèlement les ingénieurs des Ponts et Chaussées, en hommes de terrain participent à l’aménagement du territoire et aux travaux d’adduction d’eau (Solliès-Toucas 8, 9, Solliès-Ville 3)

Les matériaux changent et la fonte remplace de plus en plus la terre cuite qui, poreuse et fragile, provoque des pertes importantes, l’eau coulant à la fontaine correspondant à la moitié voire au quart du volume capté à la source. Le prix de la fonte baissant au cours du siècle va également favoriser son utilisation.

Le XIXe siècle est l’âge d’or des fontaines et dans tous nos villages, bornes-fontaines, fontaines centrales ou adossées, fontaines-lavoirs et puits dans les plaines vont voir le jour, dessinés par les ingénieurs des Ponts et Chaussées, les architectes voire le maçon du village (Belgentier 7, 9 à 14, La Farlède 5, Solliès-Pont 3, Solliès-Toucas 6, 10, 13).

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la technique du réseau va permettre de multiplier les adductions d’eau. La résistance des matériaux, le calcul des sections des tuyaux vont permettre d’augmenter la taille des conduites et donc le volume d’eau disponible.
La loi sur la salubrité de 1902 va accélérer le développement des réseaux, car il est urgent de lutter contre les épidémies de choléra, de typhoïde, causées par les eaux polluées.
Aujourd’hui chaque commune, chaque habitation dispose de l’eau courante et les rôles les plus importants de la fontaine ont disparu (La Farlède  11 à 13, Solliès-Pont 11 à 16).

Heureusement les fontaines du passé gardant leur charme décoratif, permettent une meilleure compréhension de l’histoire urbaine, offrent aux artistes peintres ou photographes des sujets de choix et conservent leur rôle de point d’eau pour les promeneurs. On peut regretter que beaucoup d’entre elles arborent un « Non potable » alors qu’elles ont désaltéré des générations.

Certes, la construction des nouvelles fontaines a beaucoup diminué, mais on constate que nombre de projets décoratifs d’embellissement urbain passent par la création d’une fontaine, partie intégrante de cet espace (Solliès-Toucas 16, Solliès-Pont 9, 10, Solliès-Ville 6, La Farlède 9, 10).

 

 

Bibliothèque : Eaux et fontaines du Var

Bibliothèque : L'hydrologie à Solliès-Pont

Bibliothèque : Les routes de l’eau dans le Var

Robinia pseudoacacia  L.

CAROUGE ou ROBINIER FAUX ACACIA

Robinier faux acacia, Robinia pseudoacacia

Robinier, photo   영철 이  :  et   licence

Nom provençal : Acacia

FABACEAE

 Localisation :
Espèce pionnière en pineraies et forêts mélangées, de l’étage méditerranéen à l’étage montagnard. Le Robinier est répandu dans toute la vallée (cultivé et naturalisé). Fourrés rudéraux sur sols profonds.
Utilisation :
Les fleurs sont réputées calmantes, anti-spasmodiques, toniques (vin tonique obtenu en faisant macérer 15 à 20 grammes de fleurs dans un litre de vin rouge), astringentes et cholagogues.

Cet arbre est dédié à Jean Robin (1550-1629), jardinier du roi Henri IV, qui rapporta les graines du Canada et sema le premier arbre de cette espèce en France en 1601, place Dauphine à Paris (il fut transplanté en 1635 au Jardin des Plantes où l’on peut encore l’admirer de nos jours).

Comestibilité :
Les fleurs peuvent être consommées en beignets au parfum suave et au goût sucré. Bouillies à l’eau, les inflorescences ont une saveur sucrée rappelant celle des petits pois. Au Japon, les bourgeons foliaires sont mangés bouillis et assaisonnés de sauce soja.

Toxicité :
Un excès de fleurs de Robinier, à l’état cru, peut se montrer émétique. Aucun problème n’est à craindre lorsque les fleurs sont cuites.

Melomphis arabica  L. Raf.

Ornithogale d'arabie, Ornithogalum-arabicum L.

Nom provençal :

 

LILIACEAE

Chamaerops humilis

Le seul palmier indigène de la flore française

Palmier nain, Chamaerops humilis

Nom provençal : Paumié

ARECACEAE

Rustique, le palmier arbustif nain est comme son nom l’indique un palmier de petite taille qui ne dépasse pas les trois mètres.
Il est dioïque, son tronc — ou stipe — comprend de multiples drageons. Ses feuilles prennent la disposition d’une rosette terminale, la forme d’éventail ainsi formée peut atteindre un diamètre de quatre-vingt-dix centimètres.
Il possède la caractéristique exceptionnelle de régénération naturelle après le passage d’un incendie. Il peut également résister à la sécheresse ce qui lui vaut une grande importance au niveau écologique en freinant l’érosion.

Il supportera très bien également le bord de mer et ses embruns ; mais attention, sa rusticité est limitée aux températures ne descendant pas en dessous de -12 °C.
Grâce à ses nombreuses fibres, l’utilisation du palmier nain peut aboutir à la fabrication de divers matériels et objets tressés.
C’est le palmier le plus vendu et le plus cultivé, aujourd’hui.
De nombreuses vertus thérapeutiques sont associées aux baies de la plante. Ses fruits malgré leur aspect brun rouge attirant ne doivent pas être consommés.

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

 

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Platanus  hispanica

Nom provençal :
Platano (mot féminin en provençal)

PLATANACEAE

Souvent confondu avec l’Érable à cause de la forme de son feuillage, le Platane commun est un arbre hybride issu des variétés des États-Unis et de l’Asie occidentale. Sur ses trente-cinq à quarante-cinq mètres de hauteur, le platane est un magnifique arbre qui se démarque surtout avec son tronc exceptionnellement droit, au toucher agréable et lisse, qui rappelle un peu la tenue « camouflage ».
Arborant une couleur vert clair, ses feuilles sont de grande taille avec leurs treize à quinze centimètres de longueur. Les fleurs n'ont pas de pédoncule et sont serrées sur un même réceptacle, une boule crépue. Les sexes sont séparés. La boule de fruits passe l'hiver et libère ses akènes duveteux au printemps.
Occupant une place très importante dans la mythologie grecque, le platane est le symbole de la déesse Gaia. Par ailleurs cet arbre fait également partie des quatre éléments formant le caducée, l’emblème du corps médical.

Le platane a été très utilisé pour border nos routes nationales.

Platane, Platanus hispanica

Photo,  et  Licence

Platane, Platanus hispanica

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

 

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Chamaerops humilis

Le seul palmier indigène de la flore française

Palmier nain, Chamaerops humilis

Nom provençal : Paumié

ARECACEAE

Rustique, le palmier arbustif nain est comme son nom l’indique un palmier de petite taille qui ne dépasse pas les trois mètres.
Il est dioïque, son tronc — ou stipe — comprend de multiples drageons. Ses feuilles prennent la disposition d’une rosette terminale, la forme d’éventail ainsi formée peut atteindre un diamètre de quatre-vingt-dix centimètres.
Il possède la caractéristique exceptionnelle de régénération naturelle après le passage d’un incendie. Il peut également résister à la sécheresse ce qui lui vaut une grande importance au niveau écologique en freinant l’érosion.

Il supportera très bien également le bord de mer et ses embruns ; mais attention, sa rusticité est limitée aux températures ne descendant pas en dessous de -12 °C.
Grâce à ses nombreuses fibres, l’utilisation du palmier nain peut aboutir à la fabrication de divers matériels et objets tressés.
C’est le palmier le plus vendu et le plus cultivé, aujourd’hui.
De nombreuses vertus thérapeutiques sont associées aux baies de la plante. Ses fruits malgré leur aspect brun rouge attirant ne doivent pas être consommés.

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du Patrimoine 2017.

 

 

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Taxodium distichum

Cyprès chauve, Taxodium distichum

Nom provençal :

TAXODIACEAE

Le cyprès chauve est un grand arbre pouvant atteindre trente à cinquante mètres de haut pour un diamètre de tronc de deux mètres. L'arbre vit de deux cents à trois cents ans.
Le feuillage léger, gracieux et souple est formé de feuilles claires, aplaties et aciculaires, disposées en spirales sur les rameaux, mais tordues à leur base, ce qui les fait paraître disposées en deux rangs aplatis. Elles mesurent de dix à seize  millimètres  de long sur un à deux de large. Elles sont caduques, tombant à la mauvaise saison. Ce dernier caractère est à l'origine du nom de cyprès « chauve ».

L’arbre de forme pyramidale atteint vingt-cinq mètres en culture avec à la base une largeur de sept à huit mètres, et jusqu’à quarante mètres dans son aire d’origine avec un diamètre de tronc de deux mètres à la base. Les ramilles portant les aiguilles souples sur deux rangs ne sont pas tout à fait opposées, ce qui le distingue du Métaséquoia.
Elles sont disposées en spirale autour du rameau, mais sa torsion donne l’illusion qu’elles sont placées sur un même plan. Ce sont des ramilles entières qui se détachent à automne.
Les fleurs mâles apparaissent  dès la fin de l’automne sous forme de panicules lâches et pendantes de dix à trente centimètres de long et libèrent leur pollen en avril.

Cyprès chauve, Taxodium distichum

Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du patrimoine 2017.

 

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L'entretien des cours d'eau

 

SAGE-périmètre

Repères Mot/Expression Définition sommaire
Karst
(Cf « relief karstique », fin § 1, Climatologie actuelle)
Structure géomorphologique résultant de l’érosion hydrochimique des roches, principalement carbonatées. Les karsts présentent pour la pluspart un paysage tourmenté, un réseau hydrographique souterrain, donc un sous-sol creusé de cavités (relief ruiniforme, pertes et résurgences de cours d’eau, grottes et gouffres).
Roches plutoniques
(Cf fin du § 3 – Le bassin du Gapeau)
 Se dit de roches magmatiques qui se sont formées par un lent refroidissement du magma, donc en profondeur dans la croûte terrestre, de structure grenue (granite, gabbro, syénite, etc.).
Roches métamorphiques
(Cf fin du § 3 – Le bassin du Gapeau)
 Se dit d’une roche (sédimentaire, magmatique ou même métamorphique) qui a principalement subi une transformation minéralogique et structurale suite à une élévation de température et de pression.
Défluviation
(Cf « c’est une défluviation », § 3.1 – Le Gapeau)
Changement total de lit d’un cours d’eau.
Permien
(Cf « hauteurs permiennes »,
fin du § 3. – Le Gapeau)
Le Permien correspond à la sixième et dernière époque géologique du Paléozoïque (anciennement nommée « ère Primaire »). Elle s’étend environ de -299 millions d’années à -251 MA. Elle est conclue par la plus grande extinction massive d’espèces vivantes connue à ce jour (96 % des espèces marines et 75 % des espèces terrestres).
Permo-trias
(Cf fin du § 4 – Le cadre géologique du Bassin du Gapeau)
Limite entre le Permien et le Trias qui lui succède. Appelé aussi « limite PT » dans le jangon des géologues. Elle est très visible dans le massif du Bau Rouge, en empruntant le chemin qui fait le tour du secteur de la Mine de Cap Garonne.
Transgression/Régression Utilisé suivant que le niveau de la Méditerranée se situait au dessus (transgression) ou au dessous (régression) du niveau zéro actuel.
Tardiglaciaire
(Cf début § 5 – Le Quaternaire régional)
En paléoclimatologie, ce terme désigne à la dernière phase du Pléistocène, précédant l’époque actuelle de l’Holocène. Il correspond à l’ultime subdivision de la dernière glaciation durant laquelle le climat se réchauffe globalement, même s’il subsiste des oscillation froides. Cette période s’étale d’environ -16 000 ans à -10 000 ans avant J.-C.
Cristallophyllien
(Cf fin du § 5 – Le Quaternaire régional)
Qualifie un terrain de roches cristallines présentant présentant une structure cristalline feuilletée (de type mica).
Ria
(Cf fin du § 5.1.1 - État des lieu au Néosicilien)
Vallée de fleuve envahie par la mer (aber en Bretagne).
Rubéfié
(Cf fin du § 5.1.1 – État des lieu au Néosicilien)
Étymologiquement, vient du verbe rubéfier : rendre rouge. Dans ce cas, l’action des oxydes de fer ont « rubéfiée » les alluvions.

 

 

 

Borne de niveau des crues

Cette borne, située derrière la salle de fêtes de Solliès-Pont, indique le plus haut niveau de crue connue du Gapeau (19 janvier 1999).

Smilax aspera  L.

HERBE AUX SCHTROUMPFS OU SALSEPAREILLE

Salsepareille, Smilax aspera L.

Salsepareille, Smilax aspera L.

Nom provençal :

Esclarzia ou esclarziha (Fréjus),
esquerzia
ou rastelet (Seillans),
esclarzieio
(Montauroux),
aglaria
(Hyères),
agleira
(Les Mayons),
escuro-lengo
(Lorgues)

SMILACACEAE

Localisation :
Liane méditerranéenne très répandue dans les haies, bois clairs, pierriers, forêts, maquis, garrigues et brousse littorale.

Utilisation :
- Diurétique (décoction de racine sèche coupée en morceaux) ;
- Dépurative, sudorifique : affections cutanées, rhumatismes, goutte.
- Les asthmatiques peuvent fumer sa racine blanc-gris, séchée et broyée, ils s’en trouveront soulagés.

Comestibilité :
Les jeunes pousses de cette liane sont comestibles crues ou cuites.
Les fleurs automnales, au parfum d’Oranger, servent également à préparer une délicieuse liqueur.

Salsepareille, Smilax aspera L.

Onopordum illyricum  L.

Chardon aux ânes ou Onopordon-d'Illyrie

Onopordon-d'Illyrie, Onopordum illyricum L.

Nom provençal : Gros-cardoun

ASTERACEAE

Onopordon-d'Illyrie, Onopordum illyricum l.

Centranthus ruber  (L.) DC

LILAS D’ESPAGNEVALÉRIANE ROUGE OU ‌CENTRANTHE ROUGE

Valériane rouge, Centranthus ruber L.

Valériane rouge, Centranthus ruber L.

Nom provençal : Pan-de-couguou

CAPRIFOLIACEAE

Localisation :
éboulis, falaises, autour des habitations, bords des routes décombres…

Utilisation :
La racine a été employée comme antispasmodique et la plante aurait une action sédative comme sa cousine la valériane.

Comestibilité :
Les feuilles et les boutons floraux sont comestibles, mais c’est surtout les rosettes et les jeunes feuilles qui sont consommées en salade.

Valériane rouge, Centranthus ruber L.

 

 

 

Dans la même famille :

Consultez la vidéo : Valériane officinale

Mercurialis tomentosa  L.

mercuriale-tomenteuse-mercurialis-tomentosa-l

Nom provençal :
Mercuriau

EUPHORBIACEAE

Convolvulus lanuginosus  Desr.

liseron-laineux-convolvulus-lanuginosus-desr

Nom provençal :
Courrejolo

CONVOLVULACEAE

Euphorbia duvalii

Euphorbe de Duval, Euphorbia duvalii

Nom provençal : Lachusclo

EUPHORBIACEAE

Tulipa sylvestris  L
Subsp. australis  Link Pamp.

Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris L.

Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris L.

Nom provençal : Tulipan

LILIACEAE

Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris L.

Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris L.

Ostrya carpinifolia

Charme Houblon, ostrya carpinifolia

Nom provençal : Caupre

BETULACEAE

Ophioglossum lusitanicum  L.

Ophioglosse du Portugal, Ophioglossum lusitanicum L.

Nom provençal :
Lengo-de-serp,
Erbo-de-la-lanceto

OPHOIGLASSACEAE

Sonchus asper  L. Hill

Laiteron rude, Sonchus asper

Nom provençal :
Cardello

ASTERACEAE

Tulipa agenensis  Dc

Tulipe d'Agen, Tulipa agenensis

Nom provençal :
Tulipan

LILIACEAE

Thapsia villosa  L.

Thapsie, thapsia villosa L.

Nom provençal :
Erbo-à-nòu-camié

APIACEAE

Soldanella alpina  L.

Soldanelle des Alpes, Soldanella alpina-L.

Nom provençal : Sóudanello

PRIMULACEAE

Saponaria ocymoides  L.

Saponaire faux basilic, Saponaria ocymoides L.

Nom provençal :
Sabouniero

CARYOPHYLLACEAE

Narcissus poeticus  L.

Narcisse de poètes, Narcissus poeticus L.

Nom provençal :
Dono,
Bihoto,
Toto-bihoto (Fréjus, Le Muy)

AMARYLLIDACEAE

 

TOXIQUE

Lepidium draba  L.

BROCOLI  SAUVAGE, PAIN  BLANC, ou PASSERAGE  DRAVE 

Pain blanc, Lepidium draba L.

Pain blanc, Lepidium draba L.

Nom provençal :
Pan-blanc,
caulet-bastard,
cauletoun

BRASSICACEAE

Localisation :
Originaire d’Orient, il est devenu une de nos plantes les plus communes au bord des chemins, champs, cultures, talus où il forme d’importantes colonies.

Comestibilité :
Les feuilles tendres en rosette, à la saveur piquante, soufrée, se cueillent dès le mois d’octobre et jusqu’au printemps.
En avril et mai, ce sont les boutons floraux qui sont cueillis – ils ressemblent à de petits brocolis – et peuvent être cuisinés comme ces derniers.
Les graines étaient appelées autrefois le « poivre du pauvre ».
En cas de doute sur la plante, déterrez la partie souterraine qui présente souvent un nodule blanc crème de un centimètre de diamètre et confirme que c’est bien du Pain blanc !
Cette réserve disparaît à la floraison.

Arctium minus  J. Hill Bernh

Bardane, Arctium minus

Bardane, Arctium minus

Photo : Andrey Zharkikh    et    licence

Nom provençal : Lampourdié

ASTERACEAE

Localisation :
Berges des rivières, bords des chemins, bois clairs, décombres. Seule, la Bardane à petits capitules est bien représentée dans le Var.

Utilisation :
La Bardane, remarquable plante médicinale, est un antibiotique naturel contre le staphylocoque doré : application de feuilles fraîches sur ulcère, furoncle, psoriasis, eczéma, acné… La dessiccation des feuilles annule leurs vertus !
La racine contient 45 % d’inuline et de sel de potasse. C’est un excellent dépuratif du sang. La décoction des racines, fraîches ou sèches, est diurétique, sudorifique, hypoglycémiante (elle augmente la tolérance aux hydrates de carbone), elle soigne le cuir chevelu (pellicules).

Comestibilité :
Les pétioles, pelés après avoir été blanchis, accompagnent les crudités, les légumes cuits à la vapeur, le riz… Les racines fraîches, émincées, revenues à la poêle ou en bouillon, ont une saveur très délicate et un parfum de champignon.
Plante bisannuelle, il faut ramasser la racine la première année quand elle est encore charnue et tendre.

Consulter la vidéo : Bardanes

Origanum vulgare  L.

‌MARJOLAINE SAUVAGE OU ‌ORIGAN

Origan ou Marjolaine sauvage, Origanum vulgare

Photo : Andreas Rockstein   et   licence

Origan ou Marjolaine sauvage, Origanum vulgare

Nom provençal : Majourano

LAMIACEAE

Son nom vient du grec oros « montagne »
et ganos « joie »

Localisation :
Pentes montagneuses, friches et pelouses sur sols profonds, prairies, bois frais, lisières forestières, chênaies. Commun dans toute la Vallée.

Utilisation (sommités fleuries) :

— aérophagie ;
— troubles de l’estomac ;
— névralgie, torticolis ; (broyer la plante fraîche dans un linge fin, poser le tout sur une plaque chaude et envelopper la partie douloureuse).
— toux (affections respiratoires).

Comestibilité :
Les jeunes feuilles fraîches sont parfumées et tendres, délicieuses en accompagnement de charcuteries, fromages, salades... Les feuilles sèches s’emploient comme condiment dans les plats de viandes et de légumes, sauces, pâtes et pizzas.

Fagus sylvatica  L.

Hêtre, Fagus sylvatica, jeune pousse,

Hêtre : jeune pousse.

Hêtre, Fagus sylvatica, graines

Hêtre : graines.

Nom provençal : Fau, faiard

FAGACEAE

Localisation :
Rare dans le Midi, dans les bois humides des montagnes, en fond de vallons ou à l’ubac aux basses altitudes. Forêt feuillue pure (hêtraie) ou mélangée (hêtraie-sapinière de la Sainte-Baume).

Utilisation :
Recherchés par maints animaux, les fruits du Hêtre produisent une huile fluide utilisée autrefois pour l’éclairage et la consommation courante. Le Hêtre a une grande valeur économique grâce à son bois d’un joli blanc rosé, lourd, dur et homogène : excellent bois de chauffage, mais aussi de menuiserie et d’ébénisterie.

Comestibilité :
Ses petits fruits triangulaires, les faînes, au goût délicat, ont été, à maintes reprises, une véritable manne en cas de disette.
Il est préférable de consommer les graines grillées, ce qui facilite beaucoup le retrait de leur petite enveloppe brune, légèrement toxique.

Hêtre, Fagus sylvatica

Lavandula angustifolia

Lavande-officinale, Lavandula angustifolia

Nom provençal :  Lavando

LAMIACEAE

 

 

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