Patrimoine

Fraxinus angustifolia  Vahl

Fraxinus-angustifolia-3

Trees in Hortus Botanicus, Leiden

Nom provençal :
 - Frais

Famille : OLEACEAE

Localisation :
Il se plaît dans les bois frais, les ripisylves, aussi bien dans les plaines que dans les basses montagnes méditerranéennes.

Utilisation :
Le Frêne est employé dans des préparations antiarthritiques. Son écorce et ses semences sont fébrifuges et astringentes.
Autrefois, on attribuait à son bois, râpé sur les morsures de serpent, le pouvoir de les guérir !
Ce bois est très apprécié pour l’ébénisterie et la boissellerie.

Comestibilité :
Il faut récolter les jeunes feuilles, encore couvertes de leur enduit un peu collant et sucré, et les faire sécher sans leur pétiole ; elles permettent de préparer une boisson rafraîchissante, la « Freinette » ou « Frénée », faite à partir de l’infusion des feuilles, additionnée de sucre et de levure de bière. Elle garde les propriétés médicinales du Frêne et est donc diurétique et purgative. Cette boisson se trouve encore dans le commerce.

Fraxinus-angustifolia

Feuilles du Frêne à feuilles étroites, Fraxinus angustifolia, Oléacées

Ruscus aculeatus  L.

Fragon ou Petit-houx, Ruscus aculeatus L.

Nom provençal :
 - Ruscoun
(Les Adrets) ; 
- Ruscous
(Agay).

Famille : ASPARAGACEAE

Localisation :
Très commun dans le département, sous-bois, bord des chemins.

Utilisation :
Le rhizome et les fausses feuilles (rameaux aplatis) ont des propriétés diurétiques, fébrifuges et surtout veinotoniques (jambes lourdes, mauvaise circulation sanguine…).

Toxicité :
Les baies rouges provoquent des vomissements et des diarrhées importantes surtout chez les enfants.

Foeniculum vulgare  Miller

Fenouil sauvage

Nom provençal :
 - Fenoui

Famille : APIACEAE

Localisation : Commun.

Utilisation :
Feuille, fruit et racine sont recherchés pour leurs propriétés galactogène, carminative (aromate pour les poissons, olives…), antispasmodique (troubles intestinaux) et diurétique.

Comestibilité :
Ce sont surtout les jeunes pousses vert tendre qu’il faut consommer : elles sont juteuses, sucrées, aromatiques et très tendres. L’emploi des fruits en cuisine est réputé.

Euphorbia characias  L.

Euphorbe characias, Euphorbia characias L.

Nom provençal :
 - Lanchusclo ;
 - Lachusclo.

Famille :EUPHORBIACEAE

Localisation :
Lieux arides, bois et bords des chemins.

Utilisation :
Depuis la plus haute Antiquité, les hommes utilisent le lait de diverses euphorbes pour paralyser les poissons.
La racine, l’écorce et le suc laiteux sont rubéfiants et vésicants. Pris par voie orale, ils entraînent de graves lésions.
Pour l’usage externe, le suc a servi à traiter les verrues en faisant des applications quotidiennes.

Toxicité :
Purgative et vomitive, lait irritant.

Euphorbe characias, Euphorbia characias L.

 

Eupatorium cannabinum L.

Eupatoire à feuilles de chanvre, Eupatorium cannabinum L.
Eupatoire à feuilles de chanvre, Eupatorium cannabinum L.

Nom provençal :
 - Carbe-fèr ;
 - Canebe-fèr ;
 - Éupatòri
.

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
Cette Eupatoire est appelée aussi « Chanvrine » car elle ressemble beaucoup au Chanvre.
Elle affectionne particulièrement les lieux inondés, les bords des ruisseaux, les prés mouillés jusqu’à 1700 mètres d’altitude.

Utilisation :
Les feuilles fraîches ont des vertus cicatrisantes, et l’on raconte que les cerfs blessés s’en servent pour panser leurs plaies.
Les phytothérapeutes n’utilisent que les feuilles et les racines qui doivent être employées le plus tôt possible après la récolte, car, desséchées, elles perdent leurs propriétés : apéritive, stimulante, dépurative, cholagogue, laxative, vulnéraire.

Précautions :
Prudence lors d’emploi prolongé, la plante contenant des alcaloïdes pyrolizidiniques hépatotoxiques.

Erodium moschatum  Burm

Musk Stork's-bill Erodium moschatum

Erodium moschatum Alfilerillo (2)

Nom provençal :
 - Aguïeto

Famille : GERANIACEAE

Localisation :
Chemin, décombres, pelouses.

Utilisation :
Cette plante apparait chez sainte Hildegarde (XIIe siècle) sous le nom d’ « Acus muscats ». C’est au XVIe siècle que sa culture se répand en même temps que ses emplois divers : condimentaire, médicinal, ornemental.
On lui reconnaissait des propriétés diurétique, sudorifique et vulnéraire.

Les Érodiums étaient réunis par Linné aux géraniums. Ce qui les distingue le plus nettement est l’enroulement des carpelles (fruits) en forme de ressort spirale pour les Érodiums, tandis que ceux des géraniums se détachent simplement en arc.

Érodion, en grec, signifie Héron :
le fruit des Érodiums a été
comparé au bec du Héron.

Erodium malacoides  (L.) Willd.

Érodium fausse mauve

Nom provençal :
 - Freisoun ;
 - Frisoun.

Famille :  GERANIACEAE

Localisation :
Champs et bord des chemins.

Les Érodiums étaient réunis par Linné aux Géraniums. Ce qui les distingue le plus nettement est l’enroulement des carpelles (fruits) en forme de ressort spirale pour les Érodiums, tandis que ceux des Géraniums se détachent simplement en arc.

Érodion,
en grec, signifie Héron :

le fruit des Érodiums a été comparé au bec du Héron comme ceux des Géraniums
au bec de la Grue.

Epilobium hirsutum  L.

Épilobe hérissé, Épilobium hirsutum

Nom provençal :
 - Erbo-de-sant-Antòni

Famille : ONAGRACEAE

Localisation :
bord de ruisseaux et de rivières.

Utilisation :

- Plante très mellifère. Cultivée comme plante ornementale ;
- Plante médicinale. Feuilles utilisées comme du thé ;
- Plante émolliente, résolutive et astringente.

Comestibilité :
Les jeunes pousses et les feuilles peuvent être consommées comme légumes.

Épilobe hérissé, Épilobium hirsutum

Diplotaxis erucoides  (L.) DC.

Diplotaxis fausse roquette, Diplotaxis erocoides

Nom provençal :
 - Rouqueto-blanc

Famille : BRASSICACEAE

Localisation :
Très commune dans les champs où elle fleurit toute l’année.

Comestibilité :
Elle peut se consommer crue (très piquante) et cuite.
Les fleurs décorent les salades et agrémentent les carottes râpées et les betteraves cuites.
Les sommités, en boutons, peuvent être ajoutées aux salades de pommes de terre ou cuites en beignets.
Les feuilles peuvent être cuites (bon légume) ou être incorporées à des tartes salées.

Diplotaxis fausse roquette, Diplotaxis erocoides

Diplotaxis tenuifolia  (L.) DC.

Diplotaxis tenuifolia

Nom provençal :
 - Rouqueto-jauno ;
 - Pito-galin.

Famille : BRASSICACEAE

Localisation :
Commune dans les lieux incultes et les bords des chemins.

Comestibilité :
Elle a nettement la saveur et l’odeur de la Roquette (Eruca sativa). On l’ajoute aux salades et elle fait partie intégrante du véritable mesclun niçois.

Diplotaxis tenuifolia

Cynoglossum officinale  L.

Cynoglossum officinale  (Hound's-tongue)

Photo : Hugh Knott et license

Cynoglossum officinale

Nom provençal :
 - Lengo-de-can

Famille : BORAGINACEAE

Localisation :
lieux secs et incultes, rocailles.

Utilisation :
Ambroise Paré, au XVIe siècle, utilisait déjà cette plante comme sédatif dans une formule complexe de pilules qui renfermaient également de l’opium, de la jusquiame noire, du safran, de l’encens et de la myrrhe…
Actuellement, le Cynoglosse est le plus souvent utilisé en usage externe : les feuilles, préparées en cataplasme, calment la douleur des brûlures et des gerçures.

Photo : Joan Simon et license

Phyla filiformis  Schrad Meikle

Erba Luigia americana, Phyla filiformis

Nom provençal :

 

Erba Luigia americana :

Famille : VERBENACEAE

Erba Luigia americana, Phyla filiformis

Vincetoxicum nigrum  L. Moench

Dompte venin noir, Vincetoxicum nigrum L. moench

Nom provençal :
 - Reviro-menut
;
 - Erbo-à-l'ouato
.

Famille : APOCYNACEAE

Dompte venin noir, Vincetoxicum nigrum L. moench

Delphinium pictum subsp. requienii  Dc

 

Dauphinelle de Requien, Delphinium pictum

Nom provençal :
 - Flour-de-l'amour

Famille : RANUNCULACEAE

Dauphinelle de Requien, Delphinium pictum

Cyclamen repandum  Sm

Cyclamen étalé, Cyclamne repandume

Nom provençal :

 

Famille : PRIMULACEAE

Cyclamen étalé, Cyclamne repandume

Cycas revoluta

CYCAS DU JAPON OU PALMIER FOUGÈRE

Nom provençal : 

 

Famille : CYCADACEAE

Arbustes à croissance très lente, les Cycas vivent très longtemps. Dans leur habitat naturel, ils peuvent atteindre la taille d’un arbre (six mètres pour le Cyca revoluta par exemple), mais rarement sous nos climats. De même, cultivés en pot, ils dépassent peu un à deux mètres. Leur tronc particulier appelé « stipe » ne se forme qu’au bout de quelques années. Il est souvent conique et à tendance à se ramifier et même s’incliner avec le temps, pour certaines espèces (C. revoluta).
Leurs feuilles pennées et arquées qui peuvent être très grandes (deux à trois mètres pour C. debaoensis), ressemblent à celles des palmiers, mais elles sont bordées d’épines et insérées sur le stipe par un long pétiole. Elles forment de magnifiques courronnes, en particulier chez C. revoluta. Au cœur de feuilles apparaissent en été de grandes fleurs le plus souvent jaunes et très décoratives.
Les Cycas étant dioïques, les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds différents. Chez C. revoluta, les cônes mâles, laineux mesurent vingt à quarante centimètres et les inflorescences femelles dix à vingt centimètres. Les fruits ovoïdes font trois à quatre centimètres de long.
Le feuillage, vert brillant, peut geler à partir de -15 °C, mais repart du tronc.
Sources :
— Un fascicule de 24 pages édité par la Mairie de Solliès-Pont à l'occasion des Journées du patrimoine 2017.

Consulter la page : Le parc du château

Tribulus terrestris  L.

Croix de Malte, Tribulus terrestris L.

Nom provençal :
 - Crous-de-Marto

Famille : ZYGOPHYLLACEAE

Croix de Malte, Tribulus trerrestris L.

 

 

Consulter la vidéo : Croix de Malte

Crithmum maritimum  L.

CRISTE MARINE OU FENOUIL MARIN

Hinojo marino, Crithmum maritimum

Photo : Manuel et licence

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Nom provençal :
 - Fenoui-de-mar

Famille : APIACEAE

Localisation :
Rochers et sables littoraux ; floraison de juin à octobre.

Utilisation :
En parfumerie pour ses essences odorantes.
En médecine, pour ses propriétés digestives et purgatives.
Également pour ses propriétés thyroxine-like (iodine) comme substitut ou régime amaigrissant.

Comestibilité :
Les feuilles sont charnues et possèdent un goût aromatique agréable, à la fois sucré et salé, rappelant la carotte, mais avec une saveur piquante.
Feuilles tendres et boutons floraux sont utilisés en pickle dans du vinaigre.

Photo : Viad Proklov et licence

Sideritis hirsuta

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Nom provençal :
 - Bruisso-dei-garçoun

Famille : LAMIACEAE

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Sideritis romana  L.

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Nom provençal :
 - Tè-de-campagno

Famille : LAMIACEAE

Localisation :
Pelouses, rochers, cultures, friches.

Utilisation :
Les sommités fleuries en infusion sont diurétiques.

Comestibilité :
Les feuilles et les sommités fleuries ont servi à faire du thé dans le sud de la France.

Coronilla juncea  L

Coronille à branches de jonc, Coronilla juncea L. 2

Nom provençal :
 - Ginèsto-fèro

Coronille à allure de jonc :

Famille : FABACEAE

 

Coronille à branches de jonc, Coronilla juncea L.
Coronille allure de jonc

Cornus mas  L.

Cornouiller mâle, Cornus Mas.
Cornouiller mâle, Cornus Mas.

Nom provençal :
 - Curnié ;
 - Acurnié.

Famille : CORNACEAE

Localisation :
Il affectionne les terrains calcaires, secs et rocailleux. Dans le Midi, il recherche le bord des eaux et vit de préférence dans les taillis.

Utilisation :
C’est en raison de la qualité de son bois, l’un des plus durs et des plus résistants qu’on connaisse en Europe, que l’on en fit autrefois des armes (flèches, javelots…). De là lui vient le surnom de « mâle », puisqu’il contribuait à la bravoure des hommes.

Comestibilité :
Ses fruits - les cornouilles - légèrement acidulés, sont comestibles et mûrissent en septembre. Ils sont riches en vitamine C. Les connaisseurs en font de très bonnes tartes et confitures.

Cornouiller mâle, Cornus Mas

Symphytum tuberosum  L.

Symphytum tuberosum (Tuberous comfrey)

Photo : Oore Woolie et licence

Nom provençal :
 - Counsòudo ;
 - Coussòudo.

Famille : BORAGINACEAE

Localisation :
Bords des cours d’eau, bois frais et ombragés.

Utilisation :
En usage externe, cicatrisant et antirhumatismal.

Comestibilité : Les feuilles s’emploient comme celles de la Consoude officinale dont elles ont la texture et la saveur (crues en salades ou cuites comme légumes).

Attention aux confusions avec la digitale qui est très toxique (surtout pour la consoude officinale dans certaines régions).

Tuberose Comfrey

Photo : nz_willowherb et licence

Ecballium elaterium(L.) A. Richard

Concombre, Ecballium elaterium

Ecballium elaterium (cogombre amarg) - CUCURBITACEAE

Nom provençal :
 - Cougoumasso

Famille : CUCURBITACEAE

 Localisation :
Commun dans la vallée, décombres, bord des chemins, lieux incultes.

Utilisation :
Utilisé autrefois (jus de fruits) contre la sinusite et les rhumatismes (paralysies…), mais la plante est toxique et doit être rejetée.

Toxicité :
La plante contient un purgatif violent = utilisation non recommandée !/

Ecballium :
Du Grec ekbaballein, projeter ; mode de dispersion des graines.

Photo : Joan Simon  et licence

Clematis vitalba  L.

CLÉMATITE, VIGNE-BLANCHE ou HERBE AUX GUEUX

Clématite, Clematis vitalba L.

Nom provençal :
 - Aubavis ;
 - Aubavit.

Famille : RANONCULACEAE

Utilisation :
Elle fait partie, avec le Tamier et la Salsepareille, des lianes de notre région.
En usage externe, appliquée sur la peau, elle provoque une révulsion brûlante avec ulcération. C’est pourquoi les mendiants, autrefois, se frottaient les mains et le visage avec cette plante pour avoir l’air plus pitoyables avant d’aller mendier…

Toxique :
Par voie orale.

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Cichorium intybus  L.

Nom provençal :
  - Cicòri-fèr ;
  - Sautourno

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
Commune le long des chemins, dans les prés secs, les terrains vagues.

Utilisation :
Le père des pharmaciens, Galien (médecin grec du II siècle de notre ère) considérait la Chicorée sauvage comme la meilleure amie du foie.
Elle est tonique, diurétique, laxative, cholérétique et est recommandée contre les rhumatismes, les dermatoses et le diabète. Les feuilles sont riches en phosphore et en vitamine  C. La racine contient beaucoup d’inuline.
La chicorée est un tonique amer, doué de vertus stomachiques, cholagogues, dépuratives et légèrement laxatives.

Comestibilité :
Les jeunes feuilles sont cueillies au printemps et se consomment mélangées à d’autres salades. Elles deviennent moins amères si on les laisse tremper une heure ou deux dans l’eau fraîche.
Les racines, cueillies à l’automne, séchées, hachées et torréfiées constituent un succédané du café, sans caféine.

Chenopodium album L.

Une touffe de Chénopode blanc, Chenopodium album L.

Nom provençal :
 - Blanqueto ;
 - Farineto.

Famille : AMARANTHACEAE

Localisation :
Très commun, dans les cultures et les décombres.

Comestibilité :
« Mauvaise herbe » très répandue, c’est l’une des plantes sauvages les plus consommées sur notre continent.
Les feuilles se mangent crues ou cuites dans des chaussons aux herbes ou avec des pommes de terre.
Elles contiennent beaucoup de protéines, de provitamine A ainsi que les vitamines B1, B2, PP et C associées à de nombreux sels minéraux : calcium, phosphore et fer.

Chénopode blanc, Chenopodium album L.

Lonicera coerulea  L.

Chevrefeuille bleu, lonicera caerulea L.

Nom provençal : 
 - Pandecousto
;
 - Cabrifuei
.

Famille : CAPRIFOLIACEAE

Chevrefeuille bleu, lonicera caerulea L. 2

Cistus ladanifer  L.

CISTE LADANIFÈRE ou CISTE À GOMME
Ciste ladanifère, Cistus ladanifer L.

Photos : Ciste ladanifère au Conservatoire botanique national méditerranéen de Porquerolles.

Nom provençal :
 - Messugo-cerviero

Famille : CISTACEAE

Localisation :
Maquis haut, pinèdes claires, sur Porquerolles et vers le massif de l’Estérel.

Utilisation :
Le « ladanum » extrait des feuilles entrait dans la composition de l’encens.
Il était aussi utilisé en médecine comme stimulant, astringent et hémostatique.

Ciste ladanifère, Cistus ladanifer L.

Cirsium spinosissimum  (L.) Scop.

Cirse épineux, Cirsium spinosissimuml, scop 2

Cirse épineux :

Nom provençal :
 - Caussido

Famille : ASTERACEAE

Cirse épineux, Cirsium spinosissimuml, scop

Quercus pubescens  Willd.

CHÊNE PUBESCENT OU CHÊNE BLANC
Chêne pubescent, Quersus pubescens

Nom provençal :
 - Blacas

Famille : FAGACEAE

 Localisation : Commun.

Utilisation :
Dans notre région, l’infusion de bourgeons servait à combattre l’hypertension artérielle.

Comestibilité :
Les glands de nombreuses espèces de chênes ont été consommés par l’homme depuis la nuit des temps. Parfois ils sont doux et peuvent être mangés grillés ou bouillis. Mais bien souvent, ils sont amers à cause de la grande proportion de tanin qu’ils renferment et qui, ingérée en grande quantité, peut provoquer des troubles digestifs.
Heureusement, le tanin est soluble dans l’eau et peut être éliminé. Il suffit de hacher finement les glands, ou de les écraser, et de les faire bouillir à plusieurs eaux jusqu’à disparition de l’amertume, puis de les manger sous forme de bouillie salée ou sucrée.

Chelidonium majus  L.

Chélidoine, Chelidonium majus L.
Chélidoine, Chelidonium majus L.

Nom provençal :
- Erbo-de-santo-Claro
;
- Dindouliero
.

Famille : PAPAVERACEAE

Localisation :
Tout le long des rives du Gapeau.

Utilisation :
Le latex jaunâtre de la plante, qui s’écoule quand on la coupe, est employé en applications quotidiennes contre les verrues.
À utiliser avec prudence en usage interne et jamais en cure prolongée, les alcaloïdes présents dans la plante pouvant être responsables d’une hépatotoxicité !

Légende :
« Posée sur la tête d’un malade la Chélidoine le fait pleurer s’il doit guérir, ou le fait chanter s’il doit mourir ! »

Silybum marianum  (L.) Gaertner

chardon-Marie, Sylibum marianum (L.) Gaertn.
chardon-Marie, Sylibum marianum (L.) Gaertn.

Nom provençal :
 - Cardoun-de-Marìo
:
 - Cardoun-blanc
.

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
Bord des chemins, lieux incultes.

Utilisation :
Le Chardon-Marie renferme une substance, la silymarine, qui est un véritable bienfait pour le foie.
Elle a une activité hépatoprotectrice et s’oppose à l’effet toxique de nombreux poisons hépatiques. Cette plante est donc recommandée dans les états congestifs du foie (hépatites, cirrhose…) et les troubles digestifs.

Comestibilité :
Pratiquement toute la plante est comestible : racine, jeunes tiges, jeunes pousses, réceptacles floraux (crus ou cuits comme les artichauts).

chardon-Marie, Sylibum marianum (L.) Gaertn.
 

 

Consulter la vidéo : Le Chardon-Marie

Asplenium ceterach   L.

Cétérach officinal, Asplenium ceterach L.

Nom provençal :
 - Erbo-daurado ;
 - Dauradeto.

Famille : ASPLENIACEAE

 Localisation :
- roches ;
- restanques et vieux murs ;
- commun.
Utilisation :
- Béchique doux et expectorant ;
- Diurétique.

Erica cinerea  L.

Erica Cinerea L.

Nom provençal : 
 - Brugas

Famille : ERICACEAE

Bruyère cendrée, Erica cinerea L. 2
Bruyère cendrée Érica cinerea L.

Daucus carota  L.

Carotte sauvage, Daucus carota L. 3
Carotte sauvage, Daucus carota L. 2
Carotte sauvage, Daucus carota L.

Nom provençal :
 - Pastenargo-fèro ;
 - Garroto-sóuvajo
.

Famille : APIACEAE

Localisation :
Fréquente dans les terrains sablonneux, les coteaux arides, les friches.

Utilisation :
Elle contient des vitamines B1, B2, B6, C, PP et des sels minéraux. Elle est diurétique, carminative, cholagogue.

Comestibilité :
Ancêtre de la carotte cultivée, les racines et les feuilles de la carotte sauvage parfument les soupes, les bouillons ; les jeunes feuilles cuites sautées à la poêle sont délicieuses ; les fleurs fraîches peuvent se préparer en beignets ; les graines écrasées aromatisent les desserts.

Précaution :
L’identification des Ombellifères nécessite une grande prudence.
Attention aux confusions possibles avec les ciguës ou les œnanthes, particulièrement toxiques !

Matricaria chamomilla  L.

Camomille sauvage, Matricaria recutita L.

Nom provençal :
 - Erbo-de-la-maire ;
 - D'argènt
.

Famille : ASTERACEAE

  • Camomille sauvage, Matricaria recutita L.
  • Camomille sauvage, Matricaria recutita L.

Consulter la vidéo : La Camomille

Cneorum tricoccon  L.

Camelée, Cneorum tricoccon L.

Nom provençal :
 - Garoupo

Famille : RUTACEAE

Camelée, Cneorum tricoccon-L.

Calicotome spinosa  L. Link

Calicotome épineux, Calicotoma spinosal L.

Nom provençal :
 - Argieras
;
 - Argielas

Famille : FABACEAE

 Localisation :
Très commun, Maquis, garrigues.

Comestibilité :
Les gousses sont toxiques.

Calicotome épineux, Calicotoma spinosal L.
Calicotome épineux, Calicotoma spinosal L.

Aster alpinus

aster-alpinus

Nom provençal :
 - Cabridello

Aster des Alpes :

Famille : ASTERACEAE

Anemone coronaria  L.

Anémone des fleuristes, Anemone coronaria L.

Nom provençal :
 - Anemouno-dei-flouristo

Anémone des fleuristes :

Famille : RENONCULACEAE

Androsace chaixii  Gren.

Androsace de Chaix, Androsace chaixii gren

Nom provençal :
 - Primadello

Famille : PRIMULACEAE

Androsace de Chaix, Androsace chaixii gren

Leonurus cardiaca

Agripaume cardiaque, Leonurus cardiaca L.

Nom provençal :

 

Famille : LAMIACEAE

Agripaume cardiaque, Leonurus cardiaca L.

Photo : Kriss de Niort.

L’histoire actuelle du Gapeau

 

1. Climatologie actuelle

Le climat varois est caractérisé par deux grandes tendances locales, la tendance « provençale » anticyclonique avec prédominance du mistral donnant un climat sec et des températures très contrastées. La seconde tendance « niçoise » est régie par la dépression centrée sur le golfe de Gênes amenant de l’humidité accompagnée de précipitations et des températures douces.
Une troisième tendance plus globale est régie par les vents de sud (Sirocco) ou de sud-est (Chergui) traversant la Méditerranée relativement chaude. Ces vents de printemps et d’automne se chargent en humidité en passant sur la mer et provoquent des « entrées maritimes » qui engendrent de fortes précipitations sur les versants sud des reliefs côtiers.
Lorsque les contrastes thermiques entre les entrées maritimes et l’atmosphère du continent sont trop importants, on assiste à des orages violents avec de fortes précipitations ou des averses de grêle. Les cumuls de pluie peuvent devenir très importants (plus de 100 mm d’eau par heure). La durée des averses et les vents violents sur le littoral entrainent des inondations dans les plaines littorales. Ce phénomène appelé « épisode cévenol » fût bien décrit lors des catastrophes de Nîmes, Vaison-la-Romaine, Auribeau-sur-Siagne.
Il conjugue ces apports pluvieux importants avec un relief karstique à versant abrupt souvent proche de zones urbanisées empiétant sur la zone drainante du bassin versant, c’est-à-dire du lit majeur du cours d’eau.
L’extension des zones bétonnées ou asphaltées de ces agglomérations ne permet pas l’infiltration et amplifie les écoulements superficiels qui deviennent dévastateurs.

episodecevenole2gw

Mécanismes de circulation des masses d'air et des eaux dans le karst toulonnais.

 

2. L'hydrologie karstique

Le réseau du Gapeau draine tout le karst des plateaux calcaires du versant sud-est de la Sainte-Baume, des Morrières et des barres de Cuers. Les massifs calcaires sont percés de réseaux karstiques formant des zones de rétention d’eau régulées par des seuils hydrauliques ou des siphons.
L’Été, les eaux circulent en général dans les zones fracturées avec un débit faible ; de nombreux boyaux de drainage sont à sec. Les sources en point haut dîtes sources de trop-plein n’offrent aucune eau sur la périphérie des massifs. Seules les résurgences en point bas sont pérennes, mais le débit reste faible (figure ci-dessous) ; parfois, la sécheresse peut entrainer la disparition de certains cours d’eau et des lacs alimentés par celles-ci comme le lac de Besse-sur-Issole.

Régime étiage.

Régime d'étiage ; écoulement gravitaire des eaux.

Lors des pluies printanières ou automnales, les cavités du karst se remplissent ; le niveau des eaux atteint les seuils régulateurs et la circulation des eaux se rétablit dans l’ensemble du réseau karstique. Les sources de trop-plein se mettent en charge et les eaux sont restituées rapidement dans l’ensemble du réseau de surface avec une montée des cours d’eau (figure ci-dessous).
Lors des fortes précipitations, les apports de surface sur les plateaux calcaires alimentent très rapidement le karst sous-jacent.
Le niveau d’eau dans le réseau karstique monte très vite, les salles sont ennoyées et présentent des risques très forts pour les spéléologues ; le débit des sources devient important et s’ajoute aux écoulements de surface provoquant des crues importantes avec des inondations.

Régime étiage.

Régime de crue ; apport de surface et sources de trop-plein.

Pendant un épisode cévenol, les eaux de surfaces deviennent rapidement menaçantes pour les zones urbaines établies le long des cours d’eau ou des vallées sèches. Les trois facteurs qui régissent ce mécanisme sont en premier lieu les reliefs en « amphithéâtre » ouverts aux entrées maritimes et couronnant des réseaux avec de fortes pentes dans le bassin de réception. Le cours moyen se caractérise par un étranglement qui concentre la circulation des eaux de surface et le cours inférieur possède une faible pente et est établi dans une large vallée hébergeant des zones urbaines denses dans le lit majeur du réseau et souvent imperméabilisées par les asphaltes des voies de circulation ou par le béton des constructions. On assiste alors à des lames d’eau importantes souvent chargées de matériel en suspension (sédiments ou embâcles) qui provoquent des catastrophes comme à Nîmes, à Vaison-la-Romaine ou plus récemment à La Londe-les-Maures.
Le second facteur est un contraste entre des eaux marines relativement « chaudes » et des mouvements d’air puissants et « froids ». L’atmosphère se charge en humidité et se concentre en nuages bas qui viennent se bloquer sur les reliefs donnant de grosses averses subites.
Le troisième facteur concerne l’urbanisation du cours inférieur avec parfois des étranglements du lit majeur comme des ouvrages (pont, rocade surélevée pour éviter la submersion des voies de circulation, zones fortement urbanisées…).
Ces trois facteurs entraînent des écoulements souvent chargés en sédiments depuis les cours supérieurs et moyens qui participent à l’érosion importante des berges du cours inférieur provoquant des glissements de terrain qui entravent l’écoulement.
Le niveau de l’eau remonte en amont et le cours d’eau envahit son cours supérieur puis la plaine environnante. La végétation des berges est aussi un facteur aggravant lorsque celles-ci sont fortement érodées augmentant les chances d’embâcle au niveau des goulets d’étranglement du cours d’eau. Enfin le matériel emporté vers l’embouchure démultiplie son engorgement surtout si le déferlement marin contrarie l’écoulement du cours d’eau.

3 Le bassin du Gapeau

Il se compose de deux cours d’eau principaux : Le Gapeau et le Réal Martin. Bien distincts jusqu’à une petite dizaine de kilomètres de l’arrivée à la mer, les deux bassins sont constitués d’une géologie bien distincte avec la zone provençale calcaire pour le Gapeau et le massif ancien des Maures (plutonique et métamorphique) pour le Réal Martin.

3.1 Le Gapeau

C’est le bassin principal, il s’étend sur 180 km2. Le bassin de réception de Signes est un poljé(1) entouré au Nord par les versants sud-est du massif de la Sainte-Baume et dans sa partie méridionale par les hauteurs du plateau des Morières. Un autre poljé est bordé au nord par les hauteurs de Mazaugues et de la Loube et par les barres de Cuers au Sud. Il est drainé par un petit affluent qui alimente le cours supérieur du Gapeau en passant par Méounes. Ces deux grandes cuvettes structurales et de dissolution ont longtemps fonctionné en réceptacles fermés ou drainés par des ponors(2) comme les lacs de la Roquebrussanne. Les ponors et des avens(3) permettent la mise en charge des réseaux karstiques qui alimentent les sources du Gapeau à Signes.

Le cours supérieur démarre à la sortie du poljé de Signes et s’enfonce dans des gorges étroites entre Méounes-lès-Montrieux et Solliès-Pont. Cette vallée reçoit des cours d’eau très courts (résurgences) drainant le plateau des Morières et les barres de Cuers. La géographie des gorges du Gapeau découle de la conjugaison d’accidents majeurs orientés NNO-SSE donnant le sens de l’écoulement principal et d’accidents secondaires NE-SO transversaux contrariant la progression du cours d’eau en créant des ressauts ou des rapides. Dans la partie haute du drainage du poljé de la Roquebrussanne, des accidents nord-sud encaissent rapidement ce petit affluent du Gapeau jusqu’au croisement de la route de Signes et de Belgentier où il rejoint le Gapeau. Tous ces accidents obliques à l’axe principal des gorges sont des sources de trop-plein ou de petites résurgences qui alimentent latéralement le cours d’eau principal.

Le cours moyen du Gapeau s’établit au débouché des gorges dans la dépression périphérique des Maures. Cette vallée ourle les Maures depuis Toulon à l’ouest jusqu’à Saint-Aygulf à l’est, elle est drainée par le Gapeau que dans son tiers occidental depuis Gonfaron sommairement. Le cours d’eau traverse en diagonale cette vallée sans vraiment tenir compte des zones basses de La Garde ; c’est une défluviation dont la plus connue en Europe est celle de la plaine du Po en Italie du Nord. Il recoupe profondément un épandage de sables et de galets calcaires que l’on appelle géomorphologiquement une « crau » comme au nord de la Camargue. Le Gapeau coulait donc au-dessus du profil de la vallée. Ces trois cours d’eau se rejoignent au niveau du lieu-dit la Castille. Au niveau de la commune de La Crau, la partie basse du cours moyen traverse à l’emporte-pièce une étroiture constituée des hauteurs des Sauvans et du fenouillet et dévale dans la vallée de Sauvebonne.

Le cours inférieur est canalisé dans la vallée de Sauvebonne, cette vallée structurale est délimitée à l’ouest par les hauteurs permiennes des Pousselons et à l’est par les Maures. Cette vallée a une altitude de 19 m alors que le cours moyen s’établit entre 80 et 40 m d’altitude. Elle est en pente faible et canalise les eaux du Réal Martin principal affluent du Gapeau. La confluence de ces cours d’eau se fait anormalement, le Gapeau coupe à angle droit le cours rectiligne du Réal Martin au niveau du camping du « Vert-Gapeau ». On notera que le profil d’équilibre du Gapeau est beaucoup plus pentu que celui de son affluent en amont de la confluence. Par la suite le Gapeau parcourt la basse vallée vers l’est en recoupant des alluvions sableuses rubéfiées jusqu’à la mer. La direction ouest-est correspond aux grands accidents affectant le massif des Maures.

3.2. Le Réal Martin

Ce bassin versant est constitué de roches métamorphiques des Maures ; les reliefs sont escarpés et les zones drainantes sont étroites rarement sédimentaires donc les écoulements sont essentiellement de surface. Le chevelu du réseau du Réal Collobrier jusqu’à la dépression périphérique des Maures à la hauteur de Pierrefeu draine une zone assez importante dénuée de nappe phréatique importante et les eaux arrivent très vite sur le littoral. Si les vents d’est bloquent les embouchures avec un déferlement important, les eaux ennoient les basses vallées et provoquent des catastrophes dans les quartiers orientaux de Hyères ou à La Londe-les-Maures.

4. Le cadre géologique du bassin du Gapeau

L’ouest du bassin est établi sur la Provence calcaire émergée à la fin du Jurassique reliant les massifs primaires des Maures et les Cévennes. Les massifs calcaires de la Sainte-Baume et de la Sainte-Victoire sont les témoignages de ces reliefs occupés par les dinosaures et les dépressions lacustres recueillant les bauxites. Ces massifs calcaires isolent la mer alpine au nord de la Téthys méridionale, ils seront repris au cours de la formation des Alpes à la fin du Tertiaire. L’est du bassin regroupant les eaux du Réal Martin et du Réal Colobrier est caractérisé par des formations métamorphiques très imperméables du Primaire avec des versants abrupts.

Le bassin oriental drainé par le Réal Colobrier est essentiellement métamorphique, les granites du Plan-de-la-Tour et de la presqu’île de Saint-Tropez n’appartiennent pas à cette zone. Les couvertures sédimentaires sont concentrées dans le fond des vallées étroites, généralement les formations de versants sont pauvres en aquifère. L’essentiel des aquifères se trouve dans les grands accidents qui cloisonnent le massif donnant très peu de sources d’altitude.

Sur le plan tectonique, l’ouest calcaire est marqué par des ondulations orientées ouest-est qui sont recoupées par une énorme boutonnière ourlée au Sud par les falaises de la Sainte-Baume et au Nord par celles de la Sainte-Victoire. Lors de la formation des Alpes apparaissent de grands accidents ouest — est dirigés par la reprise de ceux du socle primaire. La marge secondaire des Alpes naissantes est recoupée par de grands accidents nord – sud qui entaillent la Provence centrale et donnent naissance aux grands fossés d’effondrement de la vallée du Rhône et de la Durance. Pour le bassin hydrographique du Gapeau, la conjugaison de ces différents accidents avec le socle donne la géométrie des cours supérieurs avec les gorges du Gapeau à l’ouest et des vallées du Réal Martin et du Réal Collobrier à l’est. Les surfaces structurales du permo-trias de la dépression périphérique des Maures pendent vers l’ouest entre Cuers et Toulon, les hauteurs des Pousselons isoleront pendant un temps les cours du Gapeau et du Réal Martin.

5. Le Quaternaire régional

En Méditerranée, cette période est marquée par des oscillations importantes des lignes de rivage (avec des transgressions jusqu’à des hauteurs de 108 à 110 m au-dessus du zéro actuel (Calabrien moyen) et des régressions importantes, dont la plus grande, se situe vers 100 à 120 m au-dessous du niveau actuel (Tardiglaciaire). Beaucoup des dépôts quaternaires ont disparu, effacés par l’érosion continentale ou engloutis en mer, cependant les manifestations des plus récents persistent dans le paysage et impriment un caractère particulier au littoral depuis les plaines alluviales jusqu’au plateau continental immergé.

La période -300 000 à -120 000 ans possède deux appellations suivant que l’on s’intéresse au quaternaire continental alpin (Riss) ou au quaternaire marin méditerranéen (Sicilien-Tyrrhénien). Elle est marquée en mer par deux épisodes transgressifs entrecoupés par deux épisodes régressifs. D’après les travaux de E. BONIFAY, les oscillations de la mer s’atténuent vers l’Actuel avec dans l’ordre chronologique : le Néosicilien transgressif atteignant les +33 m et l’Eutyrrhénien II avec un maximum à + 20 à 22 m par rapport au zéro actuel.

D’une manière générale, les phases transgressives s’inscrivent dans le paysage par des ruptures rapides des versants suivies de fonds de plaine quasiment horizontaux. Cette modification topographique correspond à la mise en place de plate-forme d’abrasion marine et au démantèlement par la mer des formations de versant. Cette particularité se distingue facilement sur les cartes topographiques du pays toulonnais et sur les îles d’Hyères, la courbe de niveau des 30 m marque un brusque changement entre les courbes très écartées sous-jacentes et celles très serrées des versants en amont. Sur le plan sédimentologique, on remarque la présence de limons fins dans les parties basses limités en amont par des gravières à galets aplatis d’origine diverses entre 30 et 34 m d’altitude puis on passe à des éboulis de versant.

Le tableau ci-après montre un essai de corrélation entre les différentes chronologies du Quaternaire.

1800   5 50 2 00 30     Âges
(x 1000 ans)
Calabrien Sicilien Tyrrhénien Versilien Chronologie
Méditerranée
Pléistocène inférieur Pléistocène moyen Pléistocène
supérieur
Holocène Chronologie
continentale
Donau — Günz Günz Mindel Riss Würm Postglaciaire Chronologie
alpine

Corrélations chronologiques du Quaternaire (d’après A. FOUCAULT & J.-F. RAOULT — 1984)

Dans le sud du Var, les étages continentaux quaternaires les plus marqués sont les formations fluviatiles et de versants du Riss et du Würm. En milieu marin, les rivages fossiles sont nombreux et bien étudiés dans les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône. Souvent l’altitude des niveaux est faussée par la tectonique surtout à l’est du fleuve Var entre Nice et Menton. Sur le littoral varois, on distingue souvent un brusque changement des pentes des versants vers la courbe de niveau des 30 m.

Le littoral néosicilien du cours inférieur du Gapeau est constitué par la large plaine de Sauvebonne littorale qui s’enfonce très profondément dans les terres jusqu’au lieu-dit « La Décapris » (altitude 30 m) avec une pente de moins d’un mètre par kilomètre longitudinalement. Cette vallée est couverte d’une épaisse formation limoneuse rubéfiée de 3 à 5 m de puissance ; les cailloutis cristallophylliens se rencontrent seulement à l’approche des versants limitrophes. La mer du Néosicilien a donc envahi largement les plaines littorales créant ainsi des rias larges ou des golfes intérieurs comme la plaine de La Garde. Les passes étroites relient ce golfe intérieur à la mer ouverte ; de nombreuses îles encombrent le littoral avec les hauteurs actuelles de La Colle Noire, Giens et les îles actuelles d’Hyères, dont Porquerolles découpée en plusieurs îlots. Les hauteurs du Paradis et du mont des Oiseaux restent rattachées au massif du Fenouillet et constituent deux presqu’îles.

 

5.1. L’évolution quaternaire du bassin du Gapeau

Dès le début du Quaternaire, Le Gapeau, le Réal Martin et le Réal Collobrier ont des réseaux indépendants. Le Gapeau draine le karst et le bassin de Signes alors que les cours orientaux collectent les eaux des versants occidentaux des Maures. Le Gapeau se jette dans la rade du Toulon en traversant La Garde ; son canyon part vers l’est dans la direction des grands accidents affectant le socle primaire et une pente relativement forte. Le Réal Martin est canalisé par le contact entre le Permo-trias et le socle métamorphique. Le pendage vers l’ouest des grés et marnes des Pousselons bloque les eaux venant des Maures et les obligent à suivre les grands accidents nord-sud qui compartimentent l’Ouest du massif.
Les compartiments dont les limites sont nord — sud et ouest — est basculent vers le nord-est. Ils s’étagent en gradins de plus en plus bas vers le sud et vers l’ouest. Les topographies de la vallée de Sauvebonne et du canyon suivant obéissent à ces grands accidents du massif.

 
 

5.1.1. État des lieux au Néosicilien

Cet étage méditerranéen correspond au transgressif à + 33 m n. g.F. (nivellement général de la France). Il y a environ 200 000 ans, le Gapeau ne se jette pas dans la Méditerranée, il est bloqué par un cordon de sable et galets au niveau de la route actuelle entre La Crau et La Farlède. Ce cordon littoral relie le Fenouillet au pied du Coudon et isole une lagune au niveau de la Castille où se jettent les eaux du Gapeau, mais aussi les ruisseaux de la Jonquière et du petit Réal qui drainent l’Est de la vallée des Solliès. Les galets plats souvent asymétriques témoignent d’une usure littorale avec un dépôt relativement bien lité sans trace de régime torrentiel. Le sédiment est pauvre en sable et témoigne d’un apport grossier important depuis une zone calcaire. Sur sa frange continentale du cordon, les conglomérats se solidifient par la cristallisation des carbonates provoquée par les alternances de périodes de sécheresse et de submersion liées au niveau d’eau dans la lagune.
Le littoral est constitué par un golfe assez étendu peu profond occupant la zone entre le Pradet et La Garde. De plus le tri du ressac entraîne les particules fines (argiles et sables) vers le centre du golfe ou la ria de Sauvebonne. Une passe relie ce golfe à la mer ouverte entre Le Pradet et Carqueiranne, on doit avoir un accès de la mer par la rade de Toulon aux travers des îlots constituant les hauteurs actuelles de la zone de Saint Jean du Var ou d’exutoire actuel de l’Eygoutier. Ce dernier exutoire est souligné par les coupes de la plaine de l’Eygoutier où apparaissent des formations de galets sous les sédiments récents Fy et au-dessus des sédiments anciens du Gapeau qui se jetait dans la rade de Toulon.
La coupe nord – sud de la basse vallée du Gapeau de GOUVERNET 1965 in BURGEAP 1994 montre bien que les galets calcaires descendaient vers le Sud en direction de la mer et non pas vers la plaine de Sauvebonne à l’est. De plus la carte BRGM au 1/50 000 de Toulon montre bien que les formations Fy soulignent ce tracé ancien du Gapeau.

Pour la vallée de Sauvebonne on trouve une ria qui remonte jusqu’à la Mayonnette où se trouve le premier pont enjambait le Réal grâce à l’affleurement de son soubassement rocheux. La vallée est remplie d’alluvions fluvio-marines qui sont rubéfiées lors du recul de la mer vers le rivage actuel.

 

5.1.2. La période Tyrrhénienne

Elle se caractérise par deux périodes régressives dont les traces sont invisibles sur le continent et deux transgressifs (Eutyrrhénien et Néotyrrhénien) respectivement à + 22 m et + 7 m n. g.F. qui n’affecte le continent que dans les basses vallées littorales. Les golfes du Néosicilien s’assèchent et deviennent des zones humides. Cette période est responsable des grands bouleversements climatiques sur l’ensemble du globe, elle atteint son maximum autour de 38 000 ans av. J.-C. avec un retrait des océans de plus de 100 m. Le refroidissement entraîne un bouleversement de la végétation et l’érosion devient très importante sur les reliefs. Le Gapeau franchit la vallée des Solliès en diagonale. Il charrie énormément de sédiments et dépose de nombreux cônes de déjection coalescents sur lesquels il avance largement au-dessus du précédent tracé soutendu par le soubassement rocheux de la vallée. Ce remplissage d’alluvions isole le Gapeau surélevé de la Jonquière et le Petit-Réal deux petits cours d’eau drainant le Nord de la vallée et qui butent sur la défluviation.

Les eaux du Gapeau s’infiltrent dans le cordon dunaire et retracent son ancien cours vers Toulon en suivant le tracé actuel du Lambert puis de l’Eygoutier au niveau de La Garde. Il faut savoir qu’au cours du XXe siècle, la plaine de La Garde subira des crues certainement par les débordements du Gapeau ou les infiltrations au travers du cordon de galets comme en témoigne une étude du B.R.G.M. par MOULIN M., GOURCY L en 2006.

Topographies bas Gapeau.

5.1.3. Le dernier régressif du Tardiglaciaire

Lors du réchauffement du climat vers 22 000 ans, le débit des cours d’eau augmente et mobilise beaucoup de matériel grossier. D’importantes masses de sédiments migrent vers le littoral. La charge en matériel grossier favorise le creusement des lits du cours d’eau et l’érosion remonte largement sur l’ensemble des bassins hydrographiques. L’érosion régressive dans le cours moyen et supérieur du Gapeau est marquée par la terrasse basse qui surmonte par endroit le lit mineur de plusieurs mètres. Le nouveau développement de la couverture végétale ralentit la mobilisation de l’érosion des versants ; les cours d’eau mobilisent les anciens dépôts des berges et ils s’encaissent très profondément. La grande plaine de La Garde ne permet pas la mobilisation des sédiments vers la mer ; le Gapeau est dévié vers l’est suite à l’érosion régressive d’un exutoire de trop-plein de la zone de la Castille sur la bordure occidentale de Sauvebonne.
Les débordements de cette zone vers la vallée de Sauvebonne est soulignée par les dépôts de galets dans la zone de la Gensolène à La Crau jusqu’au niveau de la Grillonne. Cet exutoire n’est pas pérenne comme en témoigne le tracé du Gapeau actuel avant sa rencontre avec le Réal Martin. Dans la matrice des alluvions marines précédentes, les galets calcaires, marqueurs des apports du Gapeau, diminuent rapidement du lieu-dit de la Grillonne vers les Mesclans. À ce dernier niveau, les galets sont de 1 à 4 cm et très isolés dans les premiers mètres d’épaisseur des alluvions marines. Les eaux de la zone de la Castille s’écoulent principalement en bordure du Fenouillet et à chaque seuil rocheux le cours d’eau remonte vers le nord pour passer celui-ci. Le seuil entre le mont Redon et le Fenouillet est entaillé par l’érosion régressive puis celui des Sauvans qui capture ainsi les eaux du Gapeau piégées au niveau de la Castille. Le creusement de plusieurs mètres du lit mineur concentre l’érosion vers l’aval, elle est accélérée par l’arrivée de matériel grossier (sables et gros galets roulant sur le fond).
Le Gapeau est capturé par le Réal Martin au niveau du camping du Vert-Gapeau après un tracé dans la plus forte pente et perpendiculaire au Réal Martin. Ce tracé dénonce la rapidité de l’érosion après le passage du seuil des Mesclans.

Confluence

5.4. L’évolution de la plaine littorale du Gapeau

La plaine de Sauvebonne est marquée par un fond assez plat avec des pieds de versants mollement arrondis. Cette topographie trahit un passé marin où les diamètres décroissent rapidement depuis le piémont vers le centre de la vallée. Entre les altitudes + 30 m et la confluence. Le long profil d’équilibre du Réal Martin est assez plat alors que celui du Gapeau est très pentu et sur une distance très courte. En aval de la confluence, le cours d’eau est canalisé entre des berges assez abruptes jusqu’au barrage anti-sel ; à ce niveau nous avons une encoche marine de la mer aux environs des + 6 m au Néotyrrhénien et aussi un delta constitué du remaniement des anciennes alluvions marines où se sont implantées des exploitations maraichères. Plus bas en altitude, les zones basses littorales sont cernées par une encoche littorale à + 2 m. Ces zones basses marécageuses sont isolées de la mer par le cordon littoral actuel.
Les agglomérations des Vieux salins et de l’Ayguade, commune d’Hyères, sont disposées de part et d’autre de l’embouchure actuelle du Gapeau. Toutes les zones marécageuses littorales se trouvent coincées entre ce niveau + 2 m du Versilien et le littoral actuel entre La Londe et Carqueiranne.

Gapeau embouchure

6. Les arguments de la capture du Gapeau

Les arguments sont de plusieurs ordres : stratigraphie du Quaternaire, géographiques, sédimentologiques et hydrologiques.

Nous avons vu auparavant l’histoire du Quaternaire récent des bassins versants du Gapeau et du Réal Martin. Elle démontre les relations entre les cours moyens des deux cours d’eau en établissant une chronologie basée sur les dépôts sédimentaires du Quaternaire récent.

6.1. Les arguments géographiques

Le cours moyen du Réal Martin est plus bas d’une bonne dizaine de mètres que le cours moyen du Gapeau au niveau de la vallée de Sauvebonne. Il faut remonter vers Pierrefeu pour approcher les 60 m d’altitude sur le Réal Martin alors qu’à même latitude le Gapeau est à 80 m d’altitude au débouché dans la vallée des Solliès. Le versant est du Gapeau moyen est fermé par les hauteurs des Ruscats et des Pousselons, ce qui l’isole de la vallée de Sauvebonne où coule le Réal Martin. Cette frontière naturelle se poursuit par les Sauvants, le mont Redon et le Fenouillet au niveau de La Crau.
De nombreux pointements rocheux barrent le cours du Gapeau moyen entre La Castille et Sauvebonne, ces 6 seuils rocheux correspondent à des affleurements des lignes de crête des hauteurs des Sauvants, du Collet long et surtout de l’alignement du mont Redon et du Fenouillet qui isolent la bordure occidentale de la plaine de Sauvebonne. Le premier seuil au niveau des Sauvants, long de 150 m en gradins successifs est marqué par un lit majeur large de seulement 200 m qui canalise les eaux vers l’Est. Les suivants en aval de La Crau sont différents, ils obligent le cours d’eau à partir vers le nord. Les seuils sont plus hauts vers le Fenouillet que vers le nord grâce à la géométrie des compartiments structuraux du socle basculés vers le nord et vers l’est. Après le passage du seuil, les eaux reviennent vers le sud puis en direction de l’est. Au niveau des Mesclans, un gué traduit un haut-fond rocheux entre le mont Redon et le Fenouillet sur la bordure occidentale de la plaine de Sauvebonne. Après le seuil, le Gapeau dévale cette zone avec un profil dans la plus forte pente du versant pour rejoindre le Réal Martin. Il existait donc bien une barrière naturelle entre le Gapeau et le Réal Martin, celle-ci barrait l’accès à la plaine de Sauvebonne.
La confluence entre le Gapeau et le Réal Martin se fait sur un fond rocheux orienté nord-sud, le Réal Martin entaille le soubassement rocheux sur un à deux mètres avec un cours assez rectiligne et un profil assez plat. Le lit du Gapeau peu profond vient prendre à l’emporte-pièce le cours du Réal en butant sur cet affleurement rocheux qui lui barre le passage au niveau du camping du vert Gapeau. Cette disposition pose problème lors des crues subites des deux cours d’eau.
L’étude des vallées fluviales entre Les Solliès et les plaines de La Garde et de Sauvebonne confirme le cloisonnement des deux cours d’eau. Les formations alluviales datées Fy (Würm récent) de la carte géologique de Toulon soulignent l’écoulement ancien des eaux du Gapeau depuis la sortie des gorges à Solliès-Pont jusqu’à la position de l’agglomération de Toulon. Le profil d’équilibre du Gapeau confirme une évolution du cours moyen au cours du Quaternaire récent et son détournement vers l’est.
Le creusement du canyon au débouché de la rade de Toulon, orienté nord — sud ne peut pas provenir des petits cours d’eau qui arrivent des hauteurs dominant Toulon. Les cours d’eau ne disposent pas de bassins versants suffisants pour engendrer un tel creusement.

6.2. L’Hydrologie des deux cours d’eau

Le Gapeau possède personnellement un bassin plus vaste que celui du Réal Martin donc ses débits sont largement plus importants et plus pérennes que ceux du Réal. Avant le réaménagement du canal de l’Eygoutier, la vallée de La Garde était souvent inondée par les petits cours d’eau dévalant des hauteurs du Faron et surtout du Coudon. Les infiltrations venant de l’ancien cordon littoral entre La Farlède et La Crau s’ajoutaient aux précédents apports dénonçant l’ancienne dynamique du Gapeau vers Toulon. Des études récentes sur les teneurs en nitrates des eaux de la zone entre La Garde et Le Pradet confirment la circulation des aquifères venants du Nord (zone du Gapeau).
Pour le réseau du bas Gapeau, on a deux particularités qui amplifient les inondations ; la première est la géométrie de la confluence du Gapeau et du Réal Martin. Le profil longitudinal du Réal Martin est plus plat que celui du Gapeau qui dévale de La Crau. La seconde vient du fait que le tracé du Gapeau est perpendiculaire à celui du Réal Martin.
Lors des crues en amont de la confluence, les eaux du Gapeau arrivent avec un débit plus important et une vitesse plus forte à cause de son profil plus pentu que les eaux du Réal, formant ainsi un « bouchon hydraulique » qui refoule les eaux du Réal vers l’amont. Il faut ajouter un aménagement irresponsable au niveau des étangs de Sauvebonne diminuant de plus de la moitié la largeur du lit majeur ; les deux phénomènes provoquent les inondations spectaculaires dans une plaine pourtant très large et à faible pente d’écoulement en amont des étangs de Sauvebonne.

6.3. Les preuves sédimentologiques

Pendant la défluviation du Tardiglaciaire, le matériel calcaire ne se déverse pas dans la plaine de Sauvebonne alors qu’elle constitue un point bas. Les alluvions du Würm récent (Fy = Tardiglaciaire) ne recoupent pas les alluvions rissiennes antérieures au niveau de La Crau, mais se poursuivent vers la plaine basse de La Garde. Par contre au niveau de la Castille, les alluvions Fy montrent que la retenue d’eau est bloquée par les hauteurs des Sauvans au niveau de La Crau.
tout des galets schisteux provenant des Maurettes et des alluvions noirâtres dénonçant une ancienne zone humide. Les galets calcaires sont présents dans le lit mineur du Gapeau au niveau de la confluence puis on ne les retrouve que sur tout le fond du « Gapeau » actuel vers l’aval jusqu’à l’embouchure.
On peut donc noter que seul le Gapeau tapisse les fonds de vallée moyenne avec ses formations de galets et de sable dans la vallée des Solliès. Pour la vallée de Sauvebonne, il y a absence de galets dans les terrasses hautes et basses qu’ils soient schisteux ou calcaires. Les sédiments grossiers siliceux et schisteux se cantonnent sur les piémonts c’est-à-dire sur les rivages de la ria néosicilienne.

7. La capture du Gapeau par le Réal Martin

Elle est récente sur le plan géologique certainement il y a près de 10 000 ans lorsque l’érosion régressive fut maximale avec les fortes précipitations dues au début du réchauffement climatique. Dans un premier temps et en aval des Daix, le Gapeau est dévié vers l’est par un affleurement rocheux qui soutend la route au niveau des Mauniers. L’écoulement du Gapeau se fait alors vers l’est dans la zone basse de la Castille. Certainement que l’apport de ses eaux ajoutées à ceux du Petit Réal et de la Jonquière vont attaquer le seuil des Sauvans. Une fois le verrou sauté, les eaux s’écoulent dans la plaine étroite entre le mont Redon et le Fenouillet principalement sur la bordure sud sans réellement entailler les sédiments antérieurs. Puis l’érosion creuse le lit mineur actuel depuis les Sauvants vers l’aval jusqu’au seuil des Mesclans. Ce dernier cède et donne le passage vers le cours du Réal Martin, une dizaine de mètres en contrebas. L’érosion devient alors très active dans le lit mineur donnant le profil d’équilibre actuel du Gapeau. Ces passages sur les zones basses des seuils vont réguler l’érosion en amont de celui des Mesclans, mais accélérer le tracé en avant de ce dernier. Le Gapeau s’incurve alors vers l’aval au niveau de la confluence formant un cône de déjection encombré de galets.
Il résulte que le Gapeau coule à partir du camping du Vert-Gapeau dans l’ancien lit du Réal Martin dans la basse vallée de Sauvebonne vers le canyon sous-marin entre les Maures et les îles d’Hyères.
Faut-il changer le schéma du bassin et nommer gagnant le Réal Martin à l’embouchure ?
Je pense qu’il serait plus judicieux de régler les problèmes des inondations de la basse vallée de Sauvebonne que de rebaptiser le cours inférieur de cette zone.

A. Zarzoso

Lexique :

1 - Un poljé : terme yougoslave, dépression généralement structurale et de grande taille puis de dissolution dans une formation calcaire. Lorsqu’elle ne dépasse pas quelques dizaines de mètres, on parle de doline.
2 - Un ponor : terme yougoslave, cavité dans laquelle disparaissent des eaux de surface d’un poljé ; en provençal on parle de « perte ». C’est l’inverse d’une résurgence.
3 - Un aven est aussi une perte, mais généralement il draine les eaux de ruissellement sur des surfaces assez limitées comme les ravins.
Repères Mot/Expression Définition sommaire
  Karst
(Cf « relief karstique », fin § 1, Climatologie actuelle)
Structure géomorphologique résultant de l’érosion hydrochimique des roches, principalement carbonatées. Les karsts présentent pour la pluspart un paysage tour-menté, un réseau hydrographique souterrain, donc un sous-sol creusé de cavités (relief ruiniforme, pertes et résurgences de cours d’eau, grottes et gouffres).
  Roches plutoniques
(Cf fin du § 3 – Le bassin du Gapeau)
 Se dit de roches magmatiques qui se sont formées par un lent refroidis-sement du magma, donc en profon-deur dans la croûte terrestre, de structure grenue (granite, gabbro, syénite, etc.).
  Roches métamorphiques
(Cf fin du § 3 – Le bassin du Gapeau)
 Se dit d’une roche (sédimentaire, magmatique ou même métamorph-ique) qui a principalement subi une transformation minéralogique et structurale suite à une élévation de température et de pression.
  Défluviation
(Cf « c’est une défluviation », § 3.1 – Le Gapeau)
Changement total de lit d’un cours d’eau.
  Permien
(Cf « hauteurs permiennes »,
fin du § 3. – Le Gapeau)
Le Permien correspond à la sixième et dernière époque géologique du Paléozoïque (anciennement nommée « ère Primaire »). Elle s’étend environ de -299 millions d’années à -251 MA. Elle est conclue par la plus grande extinction massive d’espèces vivantes connue à ce jour (96 % des espèces marines et 75 % des espèces terrestres).
  Permo-trias
(Cf fin du § 4 – Le cadre géologique du bassin du Gapeau)
Limite entre le Permien et le Trias qui lui succède. Appelé aussi « limite PT » dans le jangon des géologues. Elle est très visible dans le massif du Bau Rouge, en empruntant le chemin qui fait le tour du secteur de la Mine de Cap Garonne.
  Transgression/Régression Utilisé suivant que le niveau de la Méditerranée se situait au dessus (transgression) ou au dessous (régression) du niveau zéro actuel.
  Tardiglaciaire
(Cf début § 5 – Le Quaternaire régional)
En paléoclimatologie, ce terme désigne à la dernière phase du Pléistocène, précédant l’époque actuelle de l’Holocène. Il correspond à l’ultime subdivision de la dernière glaciation durant laquelle le climat se réchauffe globalement, même s’il subsiste des oscillation froides. Cette période s’étale d’environ -16 000 ans à -10 000 ans avant J.-C.
  Cristallophyllien
(Cf fin du § 5 – Le Quaternaire régional)
Qualifie un terrain de roches cristal-lines présentant présentant une structure cristalline feuilletée (de type mica).
  Ria
(Cf fin du § 5.1.1 - État des lieu au Néosicilien)
Vallée de fleuve envahie par la mer (aber en Bretagne).
  Rubéfié
(Cf fin du § 5.1.1 – État des lieu au Néosicilien)
Étymologiquement, vient du verbe rubéfier : rendre rouge. Dans ce cas, l’action des oxydes de fer ont « rubéfiée » les alluvions.

Bibliographie :

BONIFAY E. (1973) — Le Quaternaire : géodynamique, stratigraphie et environnement. — IXe congrès international INQUA (Christchurch 1973), pages 137 à 141.

BONIFAY E. (1975) – L’« Ère quaternaire » : définition, limites et subdivisions sur la base de la chronologie méditerranéenne. — Bull. Soc. Géol. (France), (7), XVII, n° 3, p. 380-393.

BURGEAP (1994) – Protection de la nappe alluviale du Bas-Gapeau vis-à-vis d’intrusions salines. Rapport R/Av.336.

MOULIN M., GOURCY L (2006) — Plaines de Bas-Gapeau et de l’Eygoutier (Département du Var) : Contribution à la détermination de l’origine des contaminations nitratées des eaux souterraines par l’approche hydrochimique ; Rapport final BRGM/RP – 54 515 — FR, janvier 2006. 100 pages ; 36 illustrations.

ZARZOSO A. (1976) — Évolution du littoral niçois : sédimentologie littorale, Quaternaire sous-marin. Thèse 3e cycle (Université de Nice). 183 p., 142 fig., 2 tableaux hors texte.

ZARZOSO A. (1982) — Hydrodynamique de la lagune de Moulay Bou Selham (merja zerga – Maroc atlantique). Travaux et Documents I.S.P.M. (Casablanca), n° 36 – 14 p., 7 fig., 3 planches hors texte.

ZARZOSO A. (1987) — Le Plio-Quaternaire du Haut-Rharb dans le contexte rifain. Évolution géodynamique dans le cadre néotectonique du Maroc septentrional. 246 p., 62 fig., 15 annexes, 15 tableaux.

Échelle stratigraphique

Échelle stratigraphique internationale/1
Échelle stratigraphique internationale/2

LES SANTONS,
ambassadeurs de la cuisine provençale traditionnelle

Femme à l'agneau et au pot a lait, femme et homme à la brousse.
Les traditions culinaires provençales

Les santons de la crèche
ou
Les santons ambassadeurs de la cuisine provençale traditionnelle

 

Pour Noël les Provençaux font : « cacho fio » en formulant les vœux du Nouvel An. Après les vœux, suit le « gros souper », qui était pris entre 19 h et 21 h. C’est au retour de la messe de Minuit que les Provençaux consommaient les « treize desserts… »

Bien sûr nos santons apportent à la crèche, en un cortège d’offrandes tous les éléments nécessaires à cette nuit de Noël, mais encore tout ce qui entre dans d’autres recettes incontournables de notre Provence, telles que l’aïoli, la bouillabaisse, la daube, les pieds et paquets, et autres savoureuses préparations.

Le Gros Souper doit compter sept plats :
1 — la soupe à l’ail, ou « aïgo boulido sauvo la vido », autrement dit l’eau bouillie qui sauve la vie. Préparée avec de l’ail, de la sauge, additionnée d’huile d’olive « fiéu d’oïli » versée sur du pain rompu (le pain calendal) ;
2 — le céleri à l’anchoïade, « bagna caudo » qui apporte vigueur aux convives ;
3 — le gratin d’épinards ou« tian d’espinarc », ou le gratin de blettes ;
4 — l’omelette d’oignons, « meleto de cebo » , ou la brouillade de truffes ;
5 — la morue en brandade, « marlusso en brandade » ;
6 — les cardes au jus, « cardoun emé jus » ;
7 — l’omelette d’herbes, « meleto d’erbo ».
Ce gros souper était copieux, mais maigre, sans fromage et sans fruits.
 
Quant aux treize desserts, ils peuvent être très variés d’un pays de Provence à l’autre. Mais, partout ils comptent les quatre mendiants :
1 — les figues sèches blanches, blanquettes ou marseillaises, « figo seco », qui symbolisent l’Ordre des franciscains ;
2 — les noix ou les noisettes « lei avelano » figurent la robe des Augustins. C’est de l’énergie pour l’hiver ;
3 — les amandes « lei amelo », elles représentent les Carmes qui vont pieds nus. Ce sont des constituants énergétiques qui entrent dans la constitution du nougat ;
4 — les raisins secs « lei raisin », issus des grappes de clairettes, ils représentent l’Ordre des frères dominicains ;
Outre les quatre mendiants, on dispose des fruits frais
5 — les poires « pero » qui sont nommées :« Bon chrétien d’hiver » ;
6 — les pommes « poumo » et plus précisément les rainettes, qui rafraîchissent les convives ;
7 — le « verdau », melon de Noël, retenu pour la fraîcheur de l’esprit ;
8 — les raisins blancs frais, les « panses muscades », aujourd’hui « les italia » qui sont signes de vitalité ;
9 — les oranges « lei aranje », qui apportent arôme et fraîcheur. L’orange était rare en ces temps reculés. Seuls « les picons » étaient vendus à la sauvette à Marseille au prix de deux liards (un quart de sou). Elles avaient la vertu dit-on, de faire réussir, dans l’année à venir, les vœux formulés dans le silence du cœur ;
10 — les dattes « lei dàti » étaient aussi une rareté. Mais elles symbolisent la sauvegarde de la Sainte Vierge. En effet, le noyau est marqué par un« O ». Exclamation de la Vierge lors de la fuite en Égypte où elle découvrit ce fruit et dit « O ! Le beau fruit » et s’en délecta.
11 — les prunes, jadis « les brignoles » ou « pistoles » car séchées épluchées elles étaient jaune comme les pièces d’or espagnoles. Elles étaient connues dans toute la Provence. De nos jours elles sont remplacées par les pruneaux ou les abricots secs.
12 — la pompe à l’anis ou à l’orange, gâteau qui pousse le convive à boire un peu de vin cuit pour faire glisser les bouchées. La pompe se présente sous diverses formules et appellations : pompettes à l’anis dans le var, pompe à l’huile à Marseille, « gibasié » en Avignon, fougasse à Arles. Ces gâteaux sont gages de réussites et ne doivent pas être coupés, mais rompus comme « le pain calendal », sous peine d’être ruinés dans l’année ;
13 — le nougat noir, qui nous vient des Maures. En effet, le petit page du roi d’Arabie qui avait dans son vêtement une barre de nougat que lui avait donné sa maman ; tout tremblant d’émotion devant l’Enfant Jésus, la lui offrit.

 

C’est depuis plus de 2000 ans que le nougat est connu en Provence

D’autres déserts sont disponibles tels que : Le cédrat confit, les arbouses, les sorbes, les calissons d’Aix-en-Provence, traditionnels depuis 1473, la pâte de coing « pasto de coudoun » qui est signe de richesse. Le nougat blanc complète les friandises de Noël qui se terminait en cette nuit dans la joie et en dégustant un petit verre de « sauve chrétien, lou sauve cristian », grains de raisins blancs macérés dans du marc de Provence.
Nous aurons bien sur le plaisir de découvrir d’autres santons offrant les ingrédients nécessaires à bien d’autres recettes provençales.

Joyeux Noël et bonne et heureuse année ! À tous

Jean-Paul Forêt

Santons : femme et homme au melon.
Santons : homme et femme à la tresse d'ail.
Antonius Arena jeune, dessin portrait (détouré) à la sanguine.
 

Les journées arenaïques 2016

du 27 mai au 4 juin

 

— 26 au 29 mai 2016 : exposition : Antonius Arena 2016 à Solliès-Pont ;
— 27 mai 2016 : conférence : Antonius Arena soldat de François 1er à Solliès-Ville ;
— 28 mai 2016 : conférence : Antojnius Arena et la danse à Solliès-Pont ;
— 28 mai 2016 : exposition : Antonius Arena 2016 à Solliès-ville ;
— 28 mai 2016 à Solliès-Pont spectacle Les basses danses par les groupes de traditions provençales Lei Ginèsto et la Souleïado ;
— Édition d’un ouvrage : Antonius ARENA 1500 - 1544.

 
 

Compte rendu

Sévery Christian, portrait d'Antonius Arena.

Antonius Arena, de son nom français Antoine Arène, est né à Solliès, probablement en l’an 1500. Étudiant en 1519 à l’Université de droit d’Avignon, ses études sont perturbées par la peste, puis par la guerre.
Son engagement dans les armées de Saluces l’amène en Italie où il participe à la défense de Rome avant d’être fait prisonnier. Libéré après la capitulation, il retourne en France sans ressources, et décide de donner des cours de danse qui lui assurent un maigre revenu. À nouveau enrôlé dans la cavalerie du capitaine Lautrec, en 1528, il revient à Solliès écrire Ad suos Compagnones, puis s’installe à partir de 1536 à Aix-en-Provence.
Quand le 24 juillet, Charles Quint attaque la ville, il prend les armes pour la défendre, puis fuit avec tous les habitants. Après cette campagne il écrit : Meygra entrepriza catoliqui imperatoris.
Sa maison natale pillée par l’ennemi et dépourvu de revenus, il sollicite une charge juridique. En 1537, il est nommé juge royal de Saint-Rémy-de-Provence et meurt en 1544 dans l’exercice de ses fonctions.

 
 

 Antonius de Arena provençalis, de bragardissima Villa de Soleriis

AD SUOS COMPAGNONES STUDIANTES, 
qui sunt de persona friantes, bassas
 Dansas & Branlos practicantes, nouuellos
 quamplurimos mandat.
Conardorum Abbatis Yo, de Rothomago, in lucem enuoyatus.

M. DC. LXX., in-12, 191 p., est divisé en deux parties. Seule la première partie jusqu’à la page 96 contient les textes d’Antonius Arena. La deuxième partie contient la Guerre Huguenote de Rémy Belleau (1528-1577) et des poèmes macaroniques de Bartholomé Bolla.
Reproduit grâce à l’aimable autorisation du propriétaire (2016).

Consulter le livre :

Antonius ARENA

 

 

Le Moyen Âge et la Renaissance
dans les manuels et documents scolaires

Exposition par le Musée de l’École publique
(à La Farlède, avenue de la Libération)
27 au 31 mai 2016
Entrée libre

cadre vide
Musée de l'École publique de la Farlède

 

 

Antonius Arena soldat de François Ier

Conférence par Madame Marie-Joëlle Louison-Lassablière,
à Solliès-Ville, salle du Moulin d’Oli,
vendredi 27 mai 2016
Entrée libre

Affichette Antonius Arena Charles Quint

 

 

 Antonius Arena et la danse

Conférence par Madame Marie-Joëlle Louison-Lassablière,
Château de Solliès-pont, salle Eugène Baboulène
samedi 28 mai 2016
Entrée libre

Antonius Arena Danse, conférence, Louison-Lassablière. 495x700.
Conférence à Pont

La conférence.

 

 

 Les basses danses

Textes et danses d’Antonius Arena
Spectacle avec l’association la Souleiado et l’association lei Ginèsto,
Château de Solliès-Pont, dans la cour intérieure,
samedi 28 mai 2016
Entrée libre

Les basses danses, Antonius Arena
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Lei Ginesto.

Lei Ginesto.

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La Souleiado.

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La Souleiado.

A1 Champaigne c
B1 Basse danse commune (lei Ginèsto)
A2 Quant je voy iver retorner (la Souleïado)
B2 La grant douleur (lei Ginèsto)
A3 Branle (la Souleïado)
A4 Gaillarde (c)
B4 Bon temps (lei Ginèsto)
A5 Pavane (la Souleïado)

Final

Final (la Souleïado et lei Ginèsto).

 

Exposition à Solliès-Pont

Château de Solliès-Pont
salle Eugène Baboulène
26, 27, 28 et 29 mai 2016
Entrée libre

cadre vide
Invite Expo à Pont
Beret Écomusée Solliès-Pont

 Entrez… c'est par ici !

Le béret (boretum arenaicum), réalisé par les Petites mains.

 

 

 Exposition à Solliès-Ville

Salle du Moulin d’Oli
2, 3 et 4 juin 2016
Entrée libre

Affichette Antonius Aréna, exposition, Solliès-Ville.
Expo AA à Ville 1
Expo AA à Ville 2
Expo AA à Ville 3

Entrée du Musée du vêtement provençal, rue Marseillaise, Solliès-Ville.

Sanguine de Cristian Sévery et le «boretun arenaicun » réalisé par les petites mains.

Stand d'accueil de l'Écomusée.

 

 

Le testament

Transcription Jocelyne Renoux - décembre 2019 :  orthographe respectée (ajout de l’accentuation et ponctuation ainsi que des abréviations pour une lecture plus aisée, marges en italique pour les distinguer du texte). Les définitions des notes : Dictionnaire du moyen français, Algirdas Julien Greimas, Teresa Mary Keane. Larousse.

AD VAR 3 E 61/25 Me Honoré Viallis Solliès - 6 mars 1542

Testament d'Antonius Arena, page 1.

Première page du testament.

Testament pour Me Anthoine de Arena juge de Sainct Remy

Lan à la nativité notre seigneur mil cinq cens quarante deux et le sixiesme jour du moys de mars, régnant très crestien et excellant prince Francoys premier de ce nom par la grâce de Dieu roy de France, conte de Provence et Forcalquier et terres adjacentes en fellicité et prospérité longuement. A toutz présentz et advenir soit chose notoire et manifeste que personnellement stabillis[1] en présence de moy Honoré Vialis notaire et tabellion royal du lieu de Souliers et des tesmoingz cy après nommés, notable personne Me Anthoine de Arena du présent lieu de Souliers saige[2] ez droict, juge royal de Sainct Rémy, lequel estant en sa bonne ferme et vraye mémoyre et santé de son corps et dessa personne, pensant et considérant que toutes les créatures de ce monde sont subiectes et condempnés à la mort causant le péché de notre premier père Adam et que aulcunesffoys[3] la humaine fragillité troublée, tant par la cogitacion[4] dicelles que grandes maladies corporelles, pourroit dominer la providence[5] de lentendement humain et cest / chouse plus seure faire pendant que lentendement est régy et gouverné par la raison à ung chascun fidel xpien[6] tant pour le sallut de son âme que pour évicter ces hoirs et successeurs de aulcune matière de question et débat, dispouse[7] et ordonne des temporelz à luy par Dieu en ce monde donnés. Actendu et considéré mesmement que il ny a chouse plus doubteuse[8] que lheure de ladite mort et trépas de ung chascun et que adevantz les langueurs et maladies corporelles tant plus est à craindre et doubter le approchement de lheure de icelle. A cause de quoy ledit testateur que dessus de son bon gré, certain scavoir et propre mouvemant[9], a faict et ordonné, faict et ordonne son dernier testament nuncupatifz[10] et sa derrière[11] volunté nuncupative et disposition finale et extrême de toutz et chascuns ses biens, à luy par Dieu en ce monde donnés, à la forme et manière que sensuyt. Et permièrement[12] pour ce que les chouses spirituelles sont plus dignes que les temporelles et à icelles doibvent estre préservés ; commanssant sondit testament par le signe de la saincte croix, disant au nom du père et du filz et du benoist Sainct Esperit comme vray et fidel xpien a recommandé son âme, quant par la permission divine sera séparée de son corps, à Dieu le créateur et rédempteur de tout le humain lignage que la fait et formé, à la glorieuse vierge Marie/ (CCXII) sa mère et de toutz les sainctz et sainctes de paradis et a esleu saincte sepulture à sondit corps et voulu estre ensepvelly et thumulé[13], sil advient quil meure et finisse ses jours au présent lieu de Souliers, dans le cimitiere de Sainct Esperit dicelluy. Et a voulu et ordonné que ses hoirs soyent tenuz poyer[14] aux prebtres[15] que seront audit sepveliment et à ung chascun deulx ung gros[16] poyable incontinant après sondit sepvelliment. Item, a voulu et ordonné que sesditz hoirs soyent tenuz faire accompaigner sondit corps de tout le luminaire de léglise du présent lieu de Souliers et icelluy luminaire poyer comme est coustume faire au présent lieu de Souliers. Item, plus a voulu et ordonné ledit testateur que sesditz hoirs soient tenuz faire dire et célébrer incontinant après sondit trespas une nouvene de messe avec lofferande de toutz ceulx qui seront assistantz et les luminaires de ladite église et pour icelle, soient tenuz poyer deux solz pour chascune messe, et le demeurant[17] comme est acoustumé faire au présent lieu de Souliers. Item, plus a voulu et ordonné ledit testateur, pour le salut de son arme[18] et en rédemption de ses péchés et deffaillement, que ses hoirs cy après nommés soient tenuz incontinant après que ladite novene sera célébrée, faire dire et cellebrer ung cantar[19] par les prebtres de léglise du présent lieu de Souliers et aultres qui se vouldront trover[20],  aulquel cantal a voulu estre donné bien et deuement à disner ausditz prebtres et/ à toutz & chascuns ses amys ; et faire aulmonnes générales à toutz et chascuns pouvres[21] venans, et ausditz prebtres deux soulz pour homme. Item, plus au bout et fin de lannée de sondit trespas a voulu et ordonné ledit testateur que soyt faict et célébré ung cantal à la manière que dessus. Item, plus ledit testateur pour le salut de son arme et en rédemption de ses péchés et defaillimentz et de ses predecesseurs a fondé quatre anniversaires perpétuelz dans léglise parrochialle[22] et de Sainct Esperit et de Saincte Croix du présent lieu de Souliers et aux prebtres originaires du présent lieu de Souliers tant presentz que advenir [pour la dotte et fundation desquelz anniversaires a voulu estre poyé par ses hoirs cy après nommés florins quarante monnoye courant en ce présent pays et Comté de Provence dans ung moys après son trespas, donné comme dessus], lesquelz quatre anniversaires seront par eulx célébrés à la manière que sensuyt. Assavoir le premier dans ladite église de Sainct Esperit pour lame de feu Jehan Arena son père toutes les années le premier lundy du moys de janvier, et le second dans ladite église pour lame dudit testateur toutes les années le premier lundy de feuvrier. Et les aultres deux anniversaires seront cellébrés dans léglise parrochialle du lieu tant pour lannée dudit testateur que de Pierre Mathieu et Barthomieu Arena ses frères toutz les premiers lundi du moys de mars et dapvril perpétuellement et sans les pouvoir changer ou muer[23] en aulcune sorte ny fasson. Et en cas que lesdtz prebtres/

(CCXIII) Marge : 1546 et le Xe de avril a esté passée quictan(ce)  .. par Me Honorat Alamandy 


ou ses successeurs ne fassent le divin service que dessus au jour et lieu dessus désignés et spéciffiés ains[24] icelluy changent ou délayent[25] à faire en tout ou en partie, a voulu et ordonné, veult et ordonne ledit testateur que ses hoirs cy après només puissent anuler et révoquer ladite fundation et retirer les deniers de la dotte dicelle et iceulx convertir en aultres euvres pies et spirituelles telles que
bonnes leur sembleront. Et pour ce que la institution des hoirs est le chef et vray fundement de tout dernier testament et de toute disposition finalle et extrême, ledit testateur dessa franche et libéralle volunté et propre mouvemant en toutz ces aultres biens meubles, inmeubles par soy mouvantz[26] présentz et advenir quelconques et a luy compétantz[27] par quelque tiltre ou droict que ce soit en quelque lieu et partie quilz soient, a faict institué ordonné et dessa propre bouche nomme et appelle ses hoirs universelz et particuliers, assavoir honnestes hommes Pierre, Mathieu et Barthomieu Arena ses frères chacun pour ung tiers esgallement et proportionablement et après eulx ses[28] enffans masles tant présentz que advenir. Et en cas que au décez dung ou plusieurs de sesditz hoirs ny eust
point de masles ains seulement de filhes, a substitué icelles filhes à ladite tierce partie comme silz[29] estoient masles et non aultrement. Et en cas que lesditz enfans masles substitués ou filhes viennent à décéder de ce monde sans/ légitimes et naturelz hoirs, a substitué les survivantz esgalement et respectivement et après iceulx les plus prochains de son sang et lignage par[30] lesquelz respectivement et chacun deulx a voulu lesdit testateur lesditz legatz que dessus estre poyés et tout le contenu audit testament estre faict et acomply de poinct a poinct en tout et par tout. Ces gadiateurs[31] et exécuteurs du présent testament a faict et ordonné ledit testateur assavoir Barthomieu  Fornier son beaul frère, Jacques et Honorat Arena ses nepveus et le curé et secundaire de léglise du présent lieu de Souliers, qui pour lors y seront, et chacun deulx par le tout lesquelz a prié et prie ledit testateur que advenant ledit cas, facent et veulhent faire executer et acomplyr toutz et chacuns les légatz pour son arme dessus spéciffiés, leur donnant plain pouvoir auctorité et puissance pouvoir contraindre de ce faire et accomplyr sesditz hoirs et ung chacun diceulx en son endroict respectivement, promptement. Lequel testament et dernière volunté et disposition finalle que dessus a voulu et veult ledit testateur dessa certe science franche volunté et propre mouvemant estre son dernier testament et dernière volunté et disposition finalle et extrême de toutz et chacuns ses biens comme dessus est script et contenu, lequel a voulu et veult vailoir et avoir efficaxe[32] et vailhe par voye de dernier testament nuncupatif et de dernière volunte nuncupative et disposition/(CCXIIII) finalle et extrême. Et sil nestoit vailhable par les choses que dessus, quil vailhe et soit ferme et vailhable par droict de codicilles de donation par cause de mort ou aultrement en la meilheur forme et manière que mieulx pourra vailhoir de droict. Cassant et adnullant toutz et chacuns ses aultres testamentz codicilles et donations par cause de mort que par cy devant pourroit avoir faict ny[33] ordonné en quelque fasson et manière que ce soient. Priant les tesmoingtz cy descriptz desquelz il a vraye cognoissance que es chouses que dessus par luy ordonnées et descriptes quant temps et lieu sera, en soient tesmoingtz et en pourtent tesmougnage de vérité quant ilz seront requis. Et moydit notaire que de tout ce que dessus en face et doibve faire et expédier, à toutz ceulx que touchera et requis seray, acte et instrument comme ce y appertiendra et besoing sera. Faict et publié à Souliers dans la mason de labitation de moydit notaire es présences de Messire Micheau Audibert, Me Loys Albert, Me Jacques Artiga, Sauvador Colin, Loys Marrot, Me Claude Chaudon et Honorat Allemendi dudit lieu de Souliers tesmoingtz présentz et appellez.

Et moy Honnoré Vialis notaire et tabellion royal soubzsigné

Testament d'Antonius Arena, page 7.

Dernière page du testament.


[1] Stabillis = établi
[2] Saige = savant, habile, qui sait
[3] Aucunesfois = parfois, quelques fois
[4] Cogitation = pensée, réflexion, méditation
[5] Providence = prévision
[6] Xpien = chrétien
[7] Dispouse = dispose
[8] Doubteuse = redoutable, à craindre, incertaine
[9] Mouvement = initiative
[10] Noncupatif = nuncupatif : testament dicté solennellement devant témoins
[11] Derriere = dernière
[12] Permierement = premièrement
[13] Thumulé = enterré
[14] Poyer = payer
[15] Pbre = prêtre (latin presbiter)
[16] Gros = pièce de monnaie en argent
[17] Demeurant = reste
[18] Arme = âme, (anme, alme ancien français)
[19] Cantar = chantar : messe chantée (le notaire écrit aussi « cantal »)
[20] Trover = trouver
[21] Pouvres = pauvres
[22] Parrochialle = paroisse (bas latin parochia)
[23] Muer = changer, bouleverser
[24] Ains = mais, plutôt, au contraire
[25] Delaier = retarder, différer, remettre
[26] Mouvants = mobiles, pouvant être mutés
[27] Compétant = appartenant, concernant
[28] Ses : comprendre « leurs »
[29] S’ilz : comprendre « si elles »
[30] Par : comprendre « pour »
[31]  Gadiateurs = gadiator= curator testamenti (dictionnaire Du CANGE) : curateur testamentaire
[32] Efficaxe = latin efficax : qui produit l’effet attendu
[33] Ny = ou

 
 

Le livre  : Antonius Arena 2016

ISBN : 9 782955 554500
Ouvrage collectif relié, à l’Italienne, de cent vingt pages sur Antonius Arena (1500-1544), maître à danser, poète macaronique, soldat de François 1er avec de nombreuses illustrations, édité par les Éditions de la Martelière — Écomusée de la Vallée du Gapeau — avec au sommaire :
—  sa généalogie ;
—  les étudiants en Avignon au XVIe siècle ;
—  du macaronique à l’arénaïque ;
—  un extrait de « Ad suos compagnones » traduit et annoté ;
—  un extrait de la Meygra entrepriza, traduit en provençal puis en français ;
—  son testament de 1542 transcrit et annoté ;
—  Soliers aux XVe et XVIe siècles.
 
Couverture recto, Antonius Arena, Éditions de la Martellière
Couverture Antonuis Arena, verso. Éditions de la Martellière

La couverture recto.

La couverture verso.

Vendu (bulletin de commande ci-dessous) au profit de l’association au prix de 16 €, + 7,50 € de port et d’emballage par correspondance, ou retrait sur place dans nos bureaux :

Écomusée de la Vallée du Gapeau ‒ 1 bis, rue de la République ‒ 83210 Solliès-Pont

Bulletin commande aa

 

Télécharger le document : Bulletin de commande Antonius ARENA

 
 
 

Le silo à grains et le canal de l'Enclos

1-10

 

Silo à grains, solliès-Pont.

Cette construction était le silo à grains du moulin à farine dénommé « Moulin des Chevilles », moulin qui tournait jour et nuit et actionné par les eaux du Gapeau dérivées à partir de la rive gauche du fleuve au moyen du canal de l’Enclos.
Le barrage de Monsieur existe depuis le XIIIe siècle. Dénommé aux cours des siècles : « resclause » de l’Évêque, de la Vaquière, des Martins et des moulins de Monsieur – en fonction des différents pro-priétaires fonciers.
Il permet la conduite des eaux vers tous les moulins (à farine, à huile, à tan) de la ville et l’arrosage d’environ quatre cent dix hectares de terres agricoles.

Cadastre de Solliès-Pont, extrait.
Solliès-Pont, extrait du cadastre.

Un nouveau partenaire
de l’Écomusée voit le jour !

La Maison du Patrimoine de Belgentier a été inaugurée le samedi 6 février 2016 en présence d’officiels et de nombreux invités.

Maison du patrimoine/3

L'inauguration le 6 février 2016.

Elle est située rue Peiresc, au premier étage de l’ancienne mairie, à deux pas de l’église.
Maison du Patrimoine Belgentier.

L’espace occupe trois pièces aménagées pour accueillir les visiteurs. Vous y découvrirez une exposition permanente qui présente quelques aspects marquants de la vie du village :
—  les activités agricoles ;
—  les activités industrielles ;
—  l’eau et le Gapeau ;
—  l’humaniste Peiresc ;
—  le passage de Louis XIV...
/

Maison du Patrimoine Belgentier.
Maison du Patrimoine Belgentier.
Maison du Patrimoine Belgentier.

Vue des trois pièces.

L’ouverture au public est pour le moment fixée au premier mercredi de chaque mois, de 14 h 30 à 16 h 30 (horaire d'hiver de septembre à juin). Des ouvertures sur rendez-vous sont prévues en fin de semaine, avec possibilité d’étendre la visite au village.
L’équipe de bénévoles travaille également à la numérisation de vieilles photos, de cartes postales ou d’archives personnelles ayants attrait au village.
Cette tâche implique ainsi la population, désireuse de contribuer à la sauvegarde de la mémoire locale.

Contact : 06 77 72 37 19

(répondeur de la maison du patrimoine)

Antoine Groignard

Né le 4 février 1727 au bourg du pont de Solliès, près de Toulon, il était fils fils d'Arnaud ancien capitaine de bâtiment marchand et d'Élisabeth Sénès. C’est à Paris qu’il fait ses études d’ingénieur constructeur, dans l’école fondée en 1741 par Duhamel du Monceau. Affecté successivement à Brest, Rochefort, Le Havre et Lorient, Groignard devient un éminent spécialiste de la conception des charpentes navales.
Antoine Groignard était un ingénieur constructeur de la marine, c’est-à-dire un ingénieur spécialisé dans la construction des navires de la marine royale. Conseiller du ministre de la marine, il a pour mission d’uniformiser les plans des vaisseaux construits dans les différents ports du royaume et membre de l’Académie de marine en 1769.

À Toulon, Groignard joue un rôle particulier pour la modernisation de l’arsenal. Il établit en effet en 1774 les principes de construction du premier bassin de radoub de Toulon en 1779. Cela permettra d’échouer les navires au sec afin d’entretenir ou de réparer leur coque. Le procédé imaginé par Groignard était particulièrement audacieux. Le bassin en maçonnerie sera en effet construit sous le niveau de la mer, à l’intérieur d’une immense caisse de charpente.
Longue de cent mètres et haute de plus de onze mètres, la caisse est maintenue à sec durant les travaux au moyen de centaines de bagnards pompant à longueur de journée. Le bassin Groignard est mis en service en 1778. Il est toujours en activité après plus de deux cents ans d’activité.

Le succès de Groignard lui vaut d’être nommé ingénieur général de la Marine en 1779
Buste d'Antoine Groignard.

Buste en bois de l’époque le représentant avec son uniforme d’ingénieur général. Il porte sur la poitrine la croix de Saint-Louis, qui lui est accordée en 1780 par le roi Louis XVI. © Musée national de la Marine, Toulon.

Il se retire du service en 1790, mais est rappelé pendant la Révolution, pour être ordonnateur du port de Toulon. Cette fonction consiste à diriger toute l’administration de la marine dans le port de Toulon pour préparer la campagne d’Égypte.
Il fut nommé chevalier de Saint-Louis en 1780 et anobli l'année suivante.
Il est mort à Paris le 26 juillet 1799.

 

Maquette bassin de radoub.
Jusqu'à la fin du 18e siècle, la Méditerranée ne possédait pas de bassin ou de forme de radoub destinée à l'entretien des carènes de vaisseaux en milieu sec. Les ingénieurs ne parvenaient pas à y établir un ouvrage maçonné dans l'eau à la différence des ports de l'Atlantique où le flux et le reflux des grandes marées en permettait la construction.

L'ingénieur Antoine Groignard, en mettant au point l'échouage d'une caissse maçonnée à l'aide d'un gigantesque radeau, permit enfin la construction de ce bassin, réalisé entre 1774 et 1777.

Bassin de radoub ; maquette d'architecture,
Bassin n° 1 de Toulon, 1774-1778. © MnM, Toulon.

 

département : Var
commune : Solliès-Pont
appellation : Four à cade des Pousselons
adresse : Quartier les Pousselons
auteur : Paulin OLIVIER (constructeur)
date : 1914
protection : Inscription au titre des monuments historiques : arrêté du 1er oct. 1994
label patrimoine XXe siècle : Circulaire du 1er mars 2001

 

Les fours à cade1

Le cade

Le cade arbuste dioïque de quatre à cinq mètres, exceptionnellement de dix à quinze mètres, c'est le Juniperus oxycedrus, plus connu que le Genévrier commun (utilisé en cuisine). Sa longévité est remarquable, multi-centenaire voire millénaire comme à Castelnau-Valence (Gard). Son bois, dur, à grain très fin était autrefois recherché en marqueterie et petite ébénisterie pour son odeur agréable et la beauté de ses cernes. Résistant et imputrescible, il servait à faire des statues à l'époque romaine, des piquets (en Corse).
On en a fait aussi des linteaux de portes et des plaques ou objets anti-insectes et anti-mites à glisser dans les penderies.
C'est « l'engantier » qui est le producteur de l'huile de cade.

Genévrier cade, Juniperus oxycedrus L., arbre.

Cade vieux en Provence.

Coupe de Genévrier cade.

Coupe horizontale de Genévrier oxycèdre
(environ 60 
ans - Ø 10 cm).

Ses baies (comestibles) appréciées des oiseaux, sont vertes la première année puis deviennent marron-rouge et mettent deux, voire trois ans pour atteindre la maturité.

Genévrier cade femelle, Juniperus-oxycedrus L.
Juniperus oxycedrus — cade femelle.

La récolte du cade

Les arbres étaient coupés à la base, puis la souche déterrée au pic. Les vieux arbres tourmentés étaient les plus appréciés. Ceux dont les bois étaient les plus foncés étaient les cades gras. Toutes les parties du bois à section foncée étaient utilisées pour la pyrogénation (tronc, grosses branches et racines principales).

L'huile de cade

C’est un liquide homogène, noirâtre, d’odeur forte, uniquement destiné à l’usage externe. il comporte trois domaines d’application :
— Cosmétologie : les femmes de la campagne provençale l’utilisaient à raison de deux ou trois gouttes dans une bassine d’eau pure pour se rincer les cheveux après lavage au savon de Marseille ;
— Médecine humaine : l’huile de cade entrait dans la composition de pommades et d’onguents destinés au traitement :
— des kératoses du cuir chevelu, du psoriasis, des eczémas, des teignes, de l’acné et de l’impétigo,
— Médecine vétérinaire, on l’utilise dans le traitement :
— de la gale du cheval, des caprins, des ovins, du porc et du chien ;
— des fissures des sabots des équidés ;
— des teignes, eczémas et plaies atones ;
— le piétin des ovins.
Les bergers lui ont trouvé un emploi original par voie digestive contre le météorisme du mouton.
C’est également un parasiticide puissant, et l’huile de cade a un effet répulsif sur les mouches, les taons et les animaux indésirables (blaireau…)
Le charbon de cade constituait un sous-produit recherché pour ses vertus odoriférantes (grillades) et son aptitude à maintenir une haute température dans les foyers (forges).

Les fours à cade

Sur les collines et les plateaux, entre la côte toulonnaise et la chaîne de la Sainte-Baume, des petits édifices par dizaines rappellent une activité originale des paysans de la région : l’extraction de l’huile de cade.

Four Paulin des Pousselons.

Le four construit par Paulin Olivier, quartier des Pousselons à Solliès-Pont.

Quand ils n’étaient pas pris par les travaux agricoles, ils arrachaient les souches de genévrier-cade, et en remplissaient les fours, en grande partie construits avec des matériaux trouvés sur place, pour en extraire l’huile utilisée en pharmacie humaine et vétérinaire, en parfumerie et cosmétologie.
Toutes les parties du bois à section foncée étaient utilisées pour la distillation (tronc, grosses branches et racines principales).
Un four était construit en un mois environ par deux personnes. Les matériaux utilisés étaient en grande partie trouvés sur place.
Quand l'exploitation des arbres aux alentours était finie, le four était partiellement détruit pour en récupérer les briques réfractaires qui servaient l'année suivante. C'est ce qui explique qu'aujourd'hui, on trouve très rarement des fours entiers.
La fabrication de l’huile de cade est presque complètement oubliée, alors qu’elle fut un produit de base de la pharmacopée, et les fours à cade furent très actifs jusqu’aux années 30.

La construction du four

« C'est un secret de famille, il ne faut rien écrire d'autre que quelques dimensions ».
La construction est massive, en grosses pierres sèches, sommairement équarries, mais parfaitement appareillées. Les dimensions sont imposantes :
— trois mètres de large ;
— deux mètres cinquante et plus de haut.
La face frontale présente en son milieu un profond renfoncement : ce couloir mesurait un mètre trente à un mètre cinquante, il conduit à l'orifice de sortie de l'huile dit « la porte » ; ce couloir s'appelait « la voûte ».
 
Four Face
Four Profil R

Le four des Pousselons, dessin relevé en mars 1992, (vue de face)

Le four des Pousselons, dessin relevé en mars 1992, (vue de profil).

Le toit du couloir s'incline vers le fond, tandis que son plancher est excavé de trente à soixante centimètres par rapport au niveau du sol. La largeur de cette voûte est de un mètre vingt environ. La porte au fond est toujours traitée avec soin. Son plancher est fait d'un large moellon réfractaire, carré, de trente-deux à trente-trois centimètres de côté, pour une épaisseur de trois à quatre centimètres, débordant l'assise de quelques centimètres, afin de constituer une lèvre sous laquelle une cornue réceptionnait l'huile fumante.
L'ouverture de la porte, rectangulaire, de vingt-trois à vingt-cinq centimètres de large sur trente de haut était bordée de briquettes. L'ouverture de la porte était perpendiculaire aux vents dominants et les faces latérales constituées par des murs rectilignes. Au centre de la structure, un mur interne délimitait une fosse grossièrement arrondie, qui faisait place au foyer.
La terre recouvrant l'ensemble assurait une parfaite homogénéité.

Coupe 2
Coupe 1
Coupe longitudinale d'un four à cade (coupe de principe d'après le docteur Portes).

Coupe longitudinale d'un four à cade (coupe de principe d'après le docteur Portes).

À la partie inféro-postérieure des faces latérales, s'ouvrait de chaque côté, un large tunnel destiné au tirage et à l'alimentation du foyer. Ce couloir de un mètre de long environ, ouvert par un évent de quarante centimètres de long sur trente-cinq de haut était construit avec minutie. La fosse centrale avait une profondeur de un mètre soixante-dix à deux mètres pour un diamètre entre un mètre et un mètre quarante.

Le four à cade des Pousselons

Situé dans une proprièté privée, il est plutôt bien conservé : hauteur dépassant deux mètres ; largeur de trois mètres, couloir intact. Porte du « cul-de-four » effondrée, le carreau de base a disparu. Les briques sont restées sur place, car Paulin OLIVIER a construit ce four au début de la Grande Guerre, avec l'aide de ses deux fils.
En 1916 l'aîné Victor a été mobilisé. Le cadet, Baptiste était trop jeune pour apporter une aide efficace.
Le four a été abandonné en 1917 (Paulin ne pensant pas reprendre le métier)2

Plan 3

Plan de masse.

Inscription Monuments Historiques

L'inscription sur l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

La famille Olivier

Le grand-père, Jean-Baptiste OLIVIER né en 1820 à Beauvezer (Alpes-de-haute-Provence), berger, a rencontré et épousé Virginie Herrmite, fille d'une des toutes premières familles d'enguantier. Après son mariage, il s"installe à Cuges-les-Pins, où il commence à exploiter le cade avec sa belle-famille.
En 1859 naît son fils Paulin. En 1873, il s'installe au Beausset, où il poursuit la fabrication de l'huile avec son fils.
Paulin appelé sous les drapeaux en 1879, effectue son service militaire de sept ans en Corse puis à Avignon, entre ensuite à l'Arsenal de Toulon. Il se marie avec Thérèse Meynard, repasseuse et sa fille Rose naîtra en 1890.
En 1891, il abandonne son emploi à l'arsenal, pour reprendre la fabrication de l'huile de cade, avec son père à la Cadière et au Castellet. Quand son père cesse de travailler, Paulin s'installe à Bandol où naissent ses deux fils : Victor le 25 juin 1893 et Baptiste le 7 janvier 1900. Il réside ensuite à Solliès-Ville de 1905 à 1929, date de sa mort.
Pendant cette période, il construit les fours de La Tourne et celui de Pourraques à Solliès-Toucas, du col de Tourris au Revest, des Escabriels à Solliès-Ville, puis celui des Pousselons à Solliès-Pont qu'il abandonne en 1916.
Au retour de Victor en 1920, il construit avec ses deux fils, le four ses Selves à Solliès-Ville, puis vers 1925, celui du Gypier à Méounes.
Il meurt le 3 janvier 1929. Ses fils ne poursuivent l'exploitation du cade que jusqu’à la fin de l’année 1929.

Lettre Olivier Paulin.

Document provenant des archives d'Ollioules.

NOTES :
1 - En provençal, on parle de « cade » pour le genévrier oxycèdre, le français reprenant souvent, sans qu'on le sache, l'appellation provençale, en tout cas dans l'appellation courante ; oxycèdre étant l'appellation savante.
2 - Ces renseignements émanent de la fille de Paulin, Marcelle Cottin et de la veuve de Victor Olivier.
Documentation : Fours à cade, fours à poix dans la Provence littorale du docteur Laurent Porte aux éditions Les Alpes de lumière.

Bibliothèque :

Four à cade des Pousselons, Solliès-Pont
Fours a cade, fours à poix dans la Provence littorale 2
Consulter la généalogique de Paulin :  Jean-Baptiste Olivier, arbre généalogique

 

  • Marche d'approche
  • La vue du dessus.
  • Sur le coté, un évent bien malade !
  • Les briques réfractaires du  foyer.
  • le commentaire
  • Tous autour du four.
  • Tous autour du four.
  • On écoute…
  • Essai
  • Four VaP

Quelques photos de la visite commentée par Raoul Décugis le 10 décembre 2016.

Photo de presse, Varmatin. Les participants à la visite commentée du four à cade des Pousselons.

La photo de presse (Var-matin).

(Photo R. Long.)