Rapport Floquet Tome IIb

LE RAPPORT FLOQUET

Tome II

Jacques-André Floquet, ingénieur hydraulicien

Photocopie du document communiqué le 20 juillet 2009 dont il manque la page de titre et la page 2

Teneur du Rapport ou relation du sieur Floquet géomètre
En Conséquence du rapport fait par le sieur Caudier, géomètre de la ville d'Aix le 11e juin 1740 et du plan par lui levé de l'état des lieux contentieux en présence de M. de Charleval Conseiller clerc en la Cour de Parlement de ce pays, aujourd'hui évêque d'Agde au procès pendant par devant la dame Court entre Charles et Joseph Blin frères de ce lieu de Solliès, fils émancipés d'Honoré, marchand tanneur, assistés de leur curateur, attendu leur minorité les sieurs syndics des particuliers possédant biens arrosables au quartier des Sauvans terroir du même lieu, les syndics des particuliers possédant biens arrosables aux quartiers des Sarraires, La Tourre et Cadouiré situés dans le même terroir et Messire Jean Louis d'Astuard chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem Commandeur de Beaulieu est en cette qualité [ de coseigneur ] de Solliès, lesdits Sieurs syndics des Sarraires et Consorts ayant déclaré recours dudit plan et rapport ou relation fait par le sieur Cundier géomètre par un décret rendu par ladite Cour le 5 9bre 1740, il leur fut concédé acte de leur recours et il fut ordonné qu'il serait vuidé par nous Jean André Floquet, architecte hydraulique résidant en la ville d'Aix, en présence dudit seigneur Conseiller de Charleval Commissaire du procès accèderait a cet effet sur les lieux, dresserait procès-verbal des dires et contestations des parties, ferait les observations dont il serait requis pour y faire droit s'il y échoit, il nous ferait faire toutes les opérations et observations dont il serait requis et qu'il jugerait nécessaire, le tout aux frais et dépens des syndics des Sarraires et Consorts, sauf d'en faire. Après lequel décret ledit seigneur Conseiller de Charleval ayant déclaré ne pouvoir remplir cette commission par un autre décret du neuf du même mois de novembre, la Cour commet à sa place M. Le Conseiller de Villeneuve baron d'Ansouis qui rendit une ordonnance le dix dudit mois, portant que nous serons assigné au 29e du même mois à deux heures de relevée dans son hôtel pour prêter le serment et procéder ensuite au fait de notre commission, en exécution de la quelle ordonnance, nous fumes assigné par exploit du 28 dudit mois pour la prestation dudit serment et nous porter sur les lieux pour procéder au fait de notre commission, le 29 novembre nous fumes admis au serment par ledit seigneur Conseiller de Villeneuve d'Ansouis ainsi qu'il parait par son ordonnance rendue au bas du comparant qui lui fut tenu par Maître Aubin procureur des syndics des Sarraire et Consorts et ce en présence de Maître Sénès procureur des frères Blin et des syndics des Sauvans et à défaut de M. Barrallier procureur de M. le Commandeur de Beaulieu, le premier décembre nous partîmes de la ville d'Aix pour nous rendre en ce lieu de Solliès ayant eu l'honneur d'y accompagner M. le Commissaire à qui les parties ont remis diverses pièces mentionnées dans son procès-verbal qui renferme un grand nombre de réquisitions contenant les moyens des cours [    ] une partie du plan et le rapport fait par le sieur Caudier, et qui tendent encore à nous faire faire diverses épreuves, opérations, observations et déclarations sur lesquelles réquisitions M. le Commissaire à rendu plusieurs ordonnances toujours en absence de M. le Commandeur de Beaulieu ni d'aucun pour lui, desquelles réquisitions et ordonnances faites soit avant que nous eussions commencer d'opérer, ou dans le temps de nos opérations même, nous avons eu la communication et fait le dépouillement et notamment du rapport et des plans faits par le sieur Caudier et donné tout l'ordre convenable à toutes les différentes épreuves, observations, opérations et déclarations que ces ordonnances nous chargeaient de faire ce qui était absolument nécessaire pour éviter la confusion et l'embarras attendu leur grand nombre qui roule autour de trois cents, les parties d'ailleurs n'ayant fait leurs réquisitions par ordre de matière et n'ayant point fait leurs réquisitions par ordre de matière et n'ayant pu bien souvent nous même par la difficulté des lieux ou autrement opérer et observer la même chose qu'à diverses reprises, c'est-à-dire que beaucoup d'opérations et observations se trouvent par ce moyen contenues à parties brisées en divers endroits des brouillons de nos mémoires.
En exécution de ces ordonnances nous avons visité les lieux contentieux et travaillé au fait de notre commission en présence de M. le Commissaire et des parties et toujours en absence de M. le Commandeur de Beaulieu ni d'aucun pour lui et ce en différents temps ainsi qu'il est énoncé dans le procès-verbal dudit seigneur Commissaire ayant pris surtout cela des mémoires et actes et fait nos opérations et observations avec tout le soins possible, soit pour l'exécution des mêmes ordonnances, ou pour ce que nous avons cru devoir faire observer de nous-même pour l'intérêt réciproque des parties sur l'état des lieux, n'ayant point ici tout ce qui nous est nécessaire pour mettre au net le plan que nous sommes chargé de lever, nous avons pris à cet égard toutes les dimensions, alignements et angles dont nous avons besoin pour être en état d'en faire trois copies à Aix, lesquelles seront savoir depuis la prise des eaux du béal jusqu'au roudet des moulins de la place ; ou même plus loin si nous le jugeons nécessaire, copiées d'après le plan dudit sieur Caudier, et depuis ce dernier endroit desdits roudets des moulins de la place jusqu'au bout du canal de la Nerte et jusqu'au premier espacier de celui de Sarraire. Ces trois copies seront en plus grand volume séparées et à coté des copies du plan général du sieur Caudier et faites d'après nos propres observations ainsi qu'il a été arrêté avec les parties en présence de M. le Commissaire et que nous ferions ensuite aussi à Aix, le plan en carton ou relief du sol des endroits contentieux sous les Carcés.
Nous avons en conséquence de tout ce que dessus dressé notre rapport et relation de la manière suivante.
État et description des lieux
La petite rivière de Gapeau qui traverse le lieu de Solliès dit le pont, est elle-même traversée obliquement à la distance d'environ quatre cents toises au dessus du village par un rocher long de près de 14 cannes haut en général d'environ 12 pans formant ainsi une digue naturelle qui exhausse le lit de la rivière en dessus.
Écluse ou barrage dit de Monsieur
Ce roc est assez solide, sa surface penchante est très inégale et met naturellement à l'abri de tout évènement la prise des eaux du canal des moulins de M. le Marquis de Solliès qui a été pratiquée au levant de cette rivière et a environ cinq cannes au dessus de ce rocher dont la partie supérieure se trouvant trop basse eu égard à la pente que l'on a voulu donner à ce canal, il a fallu la relever et redresser par quelques maçonneries et par un rang de poutres qui la terminent et en font le couronnement.
f° 7
Ce rang de poutres qui règne pendant toute la longueur de ce roc et qui lui sert comme nous l'avons dit, d'amortissement est arrêté par des bandes et liens de fer avec un autre rang de poutres qui est beaucoup plus court, posé parallèlement et du côté de la venu des eaux l'entre deux de ces rangs n'est occupé que par un mauvais garni de maçonnerie et de gravier ainsi il n'est pas surprenant que quelques eaux s'échappent en dessous des poutres et à travers les mauvaises bâtisses qui les soutiennent presque partout.
On peut regarder ce roc et l'écluse qu'il borde comme placé naturellement dans un endroit angulaire de la rivière et formant avec l'aide des poutres et quelques maçonneries une cataracte ou chute d'environ 14 pans de hauteur verticale, et d'environ 16 pans de hauteur penchante. Ce même roc, cette bâtisse et ces poutres font la digue ou retenue qui borde et termine l'écluse de M. de Solliès dans la rivière de Gapeau, d’où le canal des moulins de ce seigneur et des divers arrosages est dérivé.
Cette écluse est elle-même une partie du lit de la rivière, la partie la plus tranquille, la plus large et la moins régulière, nous avons remarqué des murs très anciens qui prouvent sans doute que cette écluse l'est aussi et qu'elle a été exhaussée pour faciliter la dérivation des eaux dans ce canal dit ici béal.
Le lit de cette écluse est occupé par un tas de gravier, d'une figure très irrégulière et par du gravier, du sable et du terrain complanté de quelques arbustes, arbres, etc. ce qui forme en tout une petite île de quelques toises en superficie qui n'est autre chose qu'un engravement et délaissement épais en général au dessus de l'eau actuelle d'environ un pied, cela étant étranger à l'écluse, il conviendrait ce semble de le faire enlever pour faciliter l'écoulement des eaux dans le béal dont la prise est peu distante, ce qui a paru depuis peu nécessaire apparemment puisqu'on a coupé cette petite île par des petits ruisseaux qui augmentent quelque peu la dérivation des eaux dans ce béal, et diminuent d'autant celles qui versent ordinairement en dessus des poutres et de la digue.
f° 9
Si on voulait même augmenter les eaux que reçoit le canal des moulins et des arrosages indépendamment de ce délaissement enlevé on pourrait creuser le lit de l'écluse aux environs de la prise, ce qui est inutile de déterminer ici plus en détail, puisque les lieux indiquent et démontre combien cela serait facile s'il était trouvé nécessaire.
L'intervalle d'environ cinq cannes que nous avons dit être entre le bord de la digue et la prise des eaux du béal est occupé par un mur très ancien joint et contigu avec le mur angulaire qui ferme un des côtés de cette prise dont l'entrée ou la largeur est de près de huit pans, bordée du coté d'en haut, c'est-à-dire du coté opposé au précédent mur angulaire par un mur ancien bas et courbe fait pour soutenir la rive ou bord du canal en dessus et résister au courant de ce côté-là. Cette ouverture de huit pans qui est celle de la prise des eaux du béal, c'est-à-dire la largeur du commencement de ce canal pendant tout le temps de nos opérations, donne un volume d'eau d'environ quatre pans d'épaisseur avec une vitesse raisonnable, ce qui n'a jamais été toute l'eau de la rivière, puisqu'il en versait toujours par-dessus la digue avec plus ou moins d'abondance suivant que cette rivière était elle-même plus ou moins abondante.
Canal ou Béal dérivé de l'écluse dit de Monsieur.
Ce canal ou béal va en élargissant immédiatement après l'endroit de la prise, ce que nous avons dit être au levant de cette écluse, de manière que quelques cannes après, sa largeur est d'environ 20 pans ayant été coupé obliquement dans cet espace par un pont qui continue une grande allée de peupliers qui le traverse.
f°10
Le cours de ce canal a commencer à l'endroit de sa prise, est dans le parc dudit seigneur Marquis et du couchant au levant presque en ligne droite pendant environ huit toises de longueur après lesquelles il se replie du côté du midi par une ligne courbe irrégulière longue d'environ dix-sept cannes conservant toujours une pente convenable et une largeur fort inégale roulant en général de 18 à 20 pans. Pendant les quinze cannes suivantes ce canal n'a plus que la largeur d'environ 13 pans, laquelle est ensuite réduite à celle de quatre pans et demi par des murs à pieds droits formant une martellière sans autre issue que le canal même c'est-à-dire qu'elle sert apparemment à arrêter les eaux des égouts quand on récure le béal en dessous.
f° 11
Le volume d'eau qui passe par cette martellière n'a ordinairement que trois pans et demi de hauteur et d'épaisseur mais la quantité de l'écoulement se trouve compensé par la rapidité du courant en cet endroit rétréci.
Canal des Terrins dérivé du Béal principal
À 75 cannes après et du côté du levant de ce canal est la prise de celui des Terrins qui forme un angle obtus avec le canal ci-dessus. De cette prise laquelle est large de deux pans quatre pouces et n'a ni feuillure, ni coulisse, ni vanne, c'est-à-dire qu'elle est disposée comme ne devant jamais être bouchée, le canal qu'elle nourrit pas ensuite en élargissant. La largeur du béal pendant cette longueur de 75 cannes est de 18 pans, de 15 plus ou moins.
f° 12
Continuation du Béal dérivé de l'écluse dite de Monsieur
À neuf pans en dessous de cette prise du canal d'arrosage des Terrins,…
La vanne de décharge du canal du Sarraire. 

La vanne de décharge du canal du Sarraire.

 

… le béal est rétréci jusqu'à cinq pans et demi par le moyen d'une martellière qui le traverse et qui ne donnait lors de nos observations qu'un volume d'eau de 4 pans d'épaisseur et d'une vitesse assez grande.
Pendant 50 cannes de longueur après cette martellière allant toujours du nord au sud le canal fait des petits contours et sinuosités ayant en divers endroits de 15 à 18 pans de largeur.
Après cette longueur il est absolument barré du côté du midi par une rive et le terrain ferme qui coupe et détourne angulairement son cours du côté du levant pendant la longueur de deux à trois toises et formant ensuite un angle qui parait aigu, il reprend son cours ordinaire du nord au sud, inclinant un peu plus, vers le couchant.
Cette partie du béal longue de deux à trois toises est large à son commencement d'environ sept pans et à son issue de trois à quatre, elle a une pente très raide et est traversée par un petit ponceau de bois.
À l'endroit ou cette courte partie du canal tournaye ses eaux pour reprendre par un angle aigu, la route du nord au sud, ces mêmes eaux font une espèce de lac irrégulier dont le circuit est de 18 à 20 toises.
À 14 cannes après, ce canal est traversé par un pont de pierres à trois arches, la largeur du béal au dessus du pont est de 18 pans, en dessous de 21. Depuis le pont qui est en dessous et bien près de la prise des eaux jusqu'à celui-ci, le canal est fermé par des bords et rives ordinaires, mais depuis le dernier pont jusqu'à celui dit de la cave qui est à 134 cannes en dessous, il est fermé par des murs en ligne droite, distants l'un de l'autre de 21 pans, de 20, de 19 et 11 et demi.
Le pont de la Cave est construit sur un endroit angulaire du canal il est distant d'environ 70 cannes du puits des moulins des Chevilles qui terminent le parc dudit seigneur Marquis de Solliès, de ce côté-là – Cette partie a en divers endroits une largeur de 16 pans et forme dans son cours divers angles et sinuosités.
Dans la longueur totale de près de 400 toises du cours de ce canal dans le parc, depuis la prise des eaux jusqu'aux moulins des chevilles, nous avons trouvé du côté du levant du Béal, outre la prise des eaux des Terrins, une martellière ou rigole d'arrosage à environ 70 cannes après qui devient presque inutile par sa situation, et sa mauvaise et peu étendue construction.
f° 14
À 63 cannes après, il y a une autre martellière assez solidement construite pouvant servir pour les arrosages et de coup perdu au béal et y versant de l'eau par-dessus d'environ 12 pouces, laquelle étant jointe avec celles que cette martellière surverse et le mur du voisinage perdait lors de nos observations pouvaient composer la quantité d'environ 90 pouces qui dégorgeaient dans un canal d'arrosage qui coupe les près du couchant au levant et à une certaine distance porte les eaux vers le midi. Les trois quart environ de ces eaux allaient traverser le chemin de Belgentier, entraient dans l'enclos ou est le château dudit seigneur Marquis de Solliès et pouvaient ensuite servir à l'arrosage du quartier du Vignal.
f° 15
L'autre quart paraissait se répandre dans les près qui sont inférieurs audit canal dérivé presque carrément de ladite martellière. Cette observation fut faite le 4 janvier 1741 et ainsi que les jours suivants dans le temps que les fermiers de M. de Solliès n'arrosaient point.
Quelque temps après toujours en présence dudit seigneur Commissaire, les parties conviennent que pour raison des eaux dérivantes au levant du béal, depuis cette martellière laquelle y est comprise jusqu'à la prise dans l'écluse en dessus de la digue, elles allaient servir aux arrosages des près dudit seigneur Marquis de Solliès et à ceux du quartier du Vignal sans qu'il s'en échappas en aucune manière pour augmenter celles des moulins de la place et que toutes celles qui sortaient de ce même côté du levant du béal, depuis en dessous de cette martellière jusqu'aux puits des moulins des chevilles allaient servir aux arrosages des près inférieurs dudit seigneur Marquis et se rendre dans le canal qui fournit auxdits moulins de la place et par conséquent aux Carcés. Dans l'intervalle qu'il y a depuis cette 3e martellière dont le canal porte les eaux au Vignal, jusqu'aux puits des moulins des chevilles nous avons trouvé deux autres martellières en forme, laissant échapper par le défaut des vannes, par la mauvaise façon d'être bouchées, ou par les surversures de ces mêmes vannes ou autrement de 30 à 40 pouces d'eau. Il y a encore dans cette distance quatre rigoles d'arrosages et deux prises d'eau dans le béal pour des fontaines.
Ces dernières observations faites le 23 X bre 1740.
f° 16
Le volume d'eau que recevait alors le béal avait moins de quatre pans d'épaisseur à l'endroit de sa prise, et celle qui venait en dessus de la digue pouvait être évaluée à la quantité d'environ 50 pouces. Nous dirons dans l'endroit de ce rapport où nous parlerons de ce calibrage des eaux, ce que c'est et ce que nous entendons par un pouce d'eau.
f° 17
Dans la nuit du 27 au 28 décembre et dans le matin de ce dernier jour, il tomba une pluie presque continuelle qui enfla la rivière de manière que l'eau qui allait dans le béal, avait un volume de quatre pans d'épaisseur, et que celle qui versait par-dessus la digue, en divers endroits aurait formé une nappe d'environ sept cannes de largeur, il plut encore le 29 Xbre et le 2 janvier.
Pendant le temps de toutes ces observations, nous remarquâmes de fréquentes augmentations et diminutions aux eaux du béal, on nous dit qu'elles pouvaient être occasionnées par les engins et arrosages supérieurs à l'écluse. Ces mêmes variations quelles qu'en soient la cause ont coûté dans la suite beaucoup de temps et donné beaucoup de peines.
Le 14 janvier le volume d'eau qui entrait dans le béal avait quelque peu plus de 4 pans d'épaisseur et celle qui versait en dessus de la digue formait diverses nappes assez épaisses qui toutes ensemble en auraient fait une de près de huit cannes de largeur.
Les eaux qui s'échappaient ce jour là par les martelières déjà observées étaient d'autant plus abondantes que celles du béal l'étaient aussi.
Le béal en lui-même depuis l'écluse jusqu'en dessous du pont de la cave a ses bords assez élevés pour contenir un plus grand volume d'eau qu'il n'y entre ordinairement; mais depuis ce pont jusqu'aux puits des moulins des chevilles, ses bords en quelques endroits, n'ont que quelques pouces de hauteur au dessus de la surface actuelle des eaux, en d'autres ils sont à peu près au même niveau et en quelques uns ils laissent échapper quelques petites surversures composant ensemble une quantité d'eau plus considérable.
Au couchant de ce canal ou béal, nous avons trouvé à environ huit cannes de distance en ligne droite en dessous de la prise, une grande martelière qui n'a été faite que pour vider dans la rivière les eaux du canal en cas de besoin et non pour aucun arrosage, elle perdait par le défaut de la vanne ou autrement environ 140 pouces d'eau, c'était le 22 décembre.
f° 18
À 9 cannes après et une autre ouverture communiquant aussi à la rivière et ne pouvant servir à aucun arrosement on peut regarder cette seconde espèce de martelière comme un simple dégorgeoir et non comme coup perdu, attendu que pour ce dernier usage il faudra enlever des pierres de chant qui soutiennent les eaux du béal.
Nous nous sommes souvent aperçus que ces pierres de chant étant trop basses pour soutenir les eaux dans le béal à une certaine hauteur, on les exhausse par le moyen de quelques gazons et pierres mobiles
f° 19
… qu'on y met en dessous afin qu'il verse d'autant moins d'eau par ce dégorgeoir ce qu'il en versait aujourd'hui 22 Xbre n'était presque rien.
Dans la distance qu'il y a depuis ce dégorgeoir jusqu'aux puits des moulins des chevilles, nous avons trouvé de ce même côté du couchant du canal, trois martelières et trois simples rigoles servant pour les arrosages des près dudit seigneur Marquis de Solliès qui sont entre le béal et la rivière, laquelle est située à l'égard de ces près de manière qu'elle reçoit toutes les eaux qu'ils ne consomment point, et même celles que perdent aujourd'hui 23 Xbre ces martelières et ces rigoles par le défaut des vannes ou la négligence du fermier lesquelles peuvent composer la quantité d'autour de vingt pouces il y a encore de ce côté du béal une prise d'eau qui fournit aux fontaines du parterre dudit seigneur Marquis de Solliès.
Revenons maintenant à l'écluse de M. le Marquis de Solliès et suivant le cours de la rivière, en descendant nous avons trouvé à environ 135 cannes en dessous de l'écluse et la prise des eaux du canal
f° 20
… de la scie ou serre d'eau et dans cette distance et au levant de la rivière cinq petites et différentes sources qui y dégorgeaient et pouvaient composer lors de cette observation faite le 4 janvier, c'est-à-dire après d'assez grandes pluies environ quatre pouces d'eau. Le même jour nous avons reconnu que du côté du couchant de la rivière auprès de cette même écluse de la scie ou serre d'eau et supérieurement il s'y dégorgeait les eaux de trois sources dites de Rimbaud qui se réunissent presque à leur issue et pendant ensemble composent la quantité de douze à quinze pouces d'eau. Ces sources sont peu distantes du bord de cette écluse et sont éloignées d'environ 30 cannes mesuré à nos pas du canal d'arrosage de la ferrage qui est dérivé de la rivière en dessus, loin et supérieurement à l'écluse des moulins dudit seigneur marquis de Solliès. On trouve encore au couchant de la rivière, environ 240 cannes en dessous de l'écluse de la serre d'eau la source dite de Blin qui tombe dans Gapeau et y peut fournir environ un pouce et demi d'eau.
f° 21
Écluse de la Serre dite « deis Seirrous »
L'écluse de la serre d'eau et comme celle de la prise des eaux des Moulins de M. de Solliès formée par la nature jusqu'à une certaine hauteur et le restant par l'art, afin d'en exhausser le bord, de manière que le canal de ce nom reçoive toute l'eau qu'on a voulu lui donner en le creusant, celle qui y entrait lors de ces observations, c'est-à-dire le 7 janvier avait peu de mouvement et de vitesse et un volume de 3 à 4 pans sur deux. L'eau que ne recevait point ce canal et qui tombait dans la rivière et versait par le dessus de la digue formant l'écluse, paraissait pouvoir fournir une nappe assez raide, assez épaisse et large d'environ 3 cannes.
Pendant la longueur de 76 cannes, le canal de la serre d'eau est fort près et tout le long de la rivière, il s'en écarte ensuite et par un contour de près de 80 cannes faisant quelques arrosages dans cette dernière distance, il vient d'égorger ses eaux dans cette même rivière en dessous et vis-à-vis du moulin à huile que ces mêmes eaux font tourner présentement, au lieu de la scie d'eau qu'elles faisaient aller autrefois.
Dans toute la longueur du cours de ce canal, il y a divers coups perdus qui perdent actuellement une certaine quantité d'eau, laquelle était jointe avec celle que peuvent fournir diverses sources qui paraissent être nourries par le même canal, font ensemble la quantité de près de 40 pouces qui retombent dans la rivière et qui [devienne] d'au tant celle qui s'y rejette par l'extrémité du canal.
f° 22
Nous avons encore observé à l'égard de ce canal qu'il reçoit en chemin en quatre différents endroits environ douze pouces d'eau qui le grossissent d'autant et qui dérivent de celles du canal des arrosages de la ferrage de même que environ la moitié de cette quantité qui tombe aussi dans la rivière auprès de l'extrémité de ce canal en dessous.
On a vu parce que nous avons dit à l'égard des eaux qui s'échappent du béal ou canal des moulins dudit seigneur Marquis, celles qui dans certains cas vuidaient et pouvaient vuider dans la rivière depuis la prise des eaux de ce canal jusqu'auprès du village, il ne nous reste donc plus aucune observation à faire à cet égard jusqu'à ce dernier endroit au levant de cette rivière; mais du côté du couchant et dans la distance qu'il y a depuis cette même écluse dudit seigneur Marquis jusqu'à l'endroit ou le canal de la serre d'eau dégorge dans Gapeau bien près du village, nous avons observé que toute l'étendue du terrain incliné et penché en général vers le lit de la rivière que tout cet espace est complanté de vignes et d'oliviers et de semis, que par intervalles il y a quelques fruitiers et potagers et peu ou point de près, que cette étendue de terrain est traversée par le canal d'arrosage de la ferrage et une partie par celui de la serre d'eau ainsi que nous l'avons ci devant dit.
f° 23
4 février 1741
Le quatrième février suivant ayant repris nos observations à l'égard des eaux qui se jettent dans la rivière, et de la surface du terrain de chaque côté depuis en dessous du Village jusqu'à l'écluse d'Auchier, ou est la prise du canal des Sauvans, nous avons trouvé dans cette distance, il y avait cinq différentes sources qui pouvaient ensemble fournir environ cinq pouce d'eau et que tout le terrain qui est au couchant de cette même rivière incline naturellement vers son lit, que le même terrain est traversé en haut et au loin ainsi que les parties nous l'ont assuré par le canal des arrosages de la ferrage et semé en beaucoup d'endroit, complanté de vigne, d'oliviers et de vergers y ayant seulement quelques près.
f° 24
Le terrain qui est au levant de la rivière et à une grande distance du bord en général est tout près, tout arrosé et tout arrosable, ayant les différentes parties de la surface inclinées quoiqu'en différents sens, vers le lit de la rivière qui était en ce temps là tout occupé en général excepté aux endroits ou la pente était trop raide, par l'eau actuelle qui paraissaient fort abondante et qui l'était en effet, attendu les pluies tombées peu auparavant. Enfin toute l'étendue du terrain qui est au levant de cette rivière en dessous de l'écluse des Sauvans et au couchant des divers canaux auxquels celui des Sauvans et celui des Sarraires sont subdivisés inclinent vers la rivière par différentes pentes et situations de terrain, quoi quand beau pays et belles plaines.
La digue ou retenue formant l'écluse d'Auchier et exhaussant les eaux de la rivière pour finir au canal des Sauvans est assez solidement construit et fort étendue, le lit de la rivière étant fort large en cet endroit, elle est une ligne courbe faisant une cataracte ou chute d'environ cinq pans de hauteur, et une nappe d'eau continuée de toute la longueur de la circonférence de la digue, c'est-à-dire qu'il en venait encore une grande quantité outre celle que recevait ce canal dont l'entrée ou prise située au levant de la rivière à une longueur de cinq pans sur une pareille hauteur à peu près, y entrant alors, c'était ledit jour quatrième janvier, un volume d'eau d'environ quatre pans d'épaisseur avec une modique vitesse, attendu l'irrégularité du fond du canal, à une médiocre distance où il y a un tas de gravier assez considérable, qui prouve que l'eau n'a pas un cours libre et naturel, ce qui est compensé en partie cependant par la largeur du canal qui est beaucoup plus grande en dessous de cette prise. On peut dire en général que la partie du bord de cette digue du côté du levant, est quelque peu plus bas que le bord du côté du couchant, mais comme nous avons remarqué à ce dernier divers creux et irrégularités, c'est de ce côté-ci que les eaux s'échappent en plus grande quantité, de manière que dans un temps de médiocre abondance, le canal des Sauvans doit être diminué de celle qui passe par les enfoncements qui se trouvent aux bords de la digue dont l'un donne actuellement un volume d'eau au dessous du niveau de la surface du bord d'environ quatre pouces d'épaisseur sur une largeur moyenne de huit à dix, un autre d'environ la moitié du précédent, un autre formant un courant raide et régulier, d'environ deux pans de largeur, sur un pan et demi de profondeur ou épaisseur et divers autres qui tous ensemble peuvent fournir environ la moitié de l'eau que dépense ce courant avant qu'il est versé sur le bord de la digue.
Il est difficile de déterminer avec l'eau qui passe actuellement par-dessus cette digue si le premier renfoncement est fait expres, ou si c'est l'eau elle-même qui l'a creusé trouvant peut être la pierre en cet endroit plus molle et plus grossière qu'ailleurs, on voit à l'égard du second qu'il a été occasionné par le déplacement d'une pierre qui a été dérangée à dessein, il en est de même pour le troisième cru qui est le plus large et plus profond et il parait à tous que c'est depuis longtemps et qu'ils sont fort anciens.
f° 27
Puits du Moulin dit des Chevilles
En prenant notre relation de l'état et situation des lieux aux puits des moulins des chevilles à l'extrémité du parc de ce côté-là, où elle a été ci-devant déterminée, nous avons trouvé deux moulins à farine et un à huile dont les eaux des fuyants vuident dans un seul canal qui va aboutir et dégorger dans celui des moulins de la place, vis-à-vis et à l'espacier ou martelière des Trois Pierres, c'est-à-dire à environ trente cannes loin desdits puits des chevilles ce que l'on peut voir au plan, de même que le cours d'un canal de vuidange des eaux de la martelière la plus proche de ces puits dans le parc, au levant du béal, lequel vuide aussi dans le canal des moulins de la place aux environs de cet espacier des Trois Pierre après avoir traversé les écuries du cabaret de la Croix d'or le grand chemin de Belgentier et reçu les eaux d'un petit canal qui est au bord et au midi de ce chemin lequel est fourni par celles du béal en dessus des moulins des chevilles et en dessous de la 3e martelière en descendant du côté du levant.
f° 28
Les seuillets des martelières des puits des moulins des chevilles peuvent être regardés comme horizontaux à peu près entre eux. Lorsque nous en fîmes le nivellement, nous observâmes que le volume d'eau qui y passe ordinairement, quand les moulins travaillent est de deux pans ou plus, lesquels étant ajoutés avec neuf pans quinze seizièmes parties de pan qui est la pente qu'il y a depuis le dessus de ces seuillets jusqu'au dessus des milieux du rouet ou roudet du moulin le plus occidental, on aura pour pente ou chute totale de ce moulin douze pans un peu moins.
Nous n'avons pu vérifier si le roudet de l'autre moulin à farine est plus ou moins haut que celui du précédent, l'endroit par où nous aurions pu prendre nos niveaux nous-mêmes se trouvant bâti, on peut supposer cependant que ces roudets sont et doivent être à peu près de la même hauteur puisque les eaux qui les meuvent vuident dans un même canal qui n'a pas de pente de reste.
f° 29
La difficulté des lieux nous a encore empêché de prendre la distance qu'il peut y avoir depuis le dessus du roudet où nous avons terminé notre nivellement, jusqu'au sol en dessous, ce qui nous a cependant paru assez inutile, attendu que la chute ou pente totale d'un moulin n'est comptée ordinairement que depuis la superficie de ses eaux dans son puits jusqu'au dessus des cueillers de son roudet et c'est ainsi que nous l'apprendrons à l'égard de ce moulin, de ceux de la place, de celui de Beaulieu et de ceux de la Nerte, il faudrait cependant à cette pente ajouter encore approchant de la demi hauteur verticale des cueillers pour avoir le point moyen de la hauteur de la colonne d'eau et le centre du choc, ce qui roulerait à faire augmenter toutes ces pentes d'environ deux pouces à quoi on pourra dans la suite avoir égard, quoi que nous terminions toujours nos nivellements au dessus des roudets sans rejeter ce que nous venons de dire et que l'on ne doit point oublier cependant.
f° 30
Depuis le dessus de ce roudet du moulin des chevilles le plus occidental jusqu'au dessus du seuillet de l'espacier des Trois Pierres, il y a une pente de trois pans et une seizième partie de pan, de laquelle on pourrait retrancher celle qu'il y a depuis le dessus du roudet, jusqu'au sol en dessous pour n'avoir que celle qu'il y a depuis ce sol jusqu'à ce seuillet, mais comme ainsi que nous l'avons dit outre la difficulté des lieux pour prendre cette dernière mesure, nous l'avons d'ailleurs jugée inutile en tout sens, on doit seulement de cette pente de trois pans et un seizième en déduire près de deux tiers de pan pour l'épaisseur ou hauteur verticale des cuillers de ce roudet ou pour quelque vuide quelqu'il soit entre le dessous de ces cuillers et la superficie des eaux du fuyant, lorsque ce moulin travaille et l'on aura pour reste deux pans et demi peu moins pour la pente depuis la superficie des eaux en dessous et aussi pris qu'il se peut du bas des cuillers des roudets des moulins des chevilles quand ils travaillent sans être incommodés jusqu'au dessus dudit seuillet des Trois Pierres.
La pente que nous avons trouvée depuis le dessus des seuillets de l'espacier ou martelière des Trois Pierres jusqu'au dessus des seuillets des martelières des puits desdits moulins de la place et de un huitième de pan et la distance d'environ 54 cannes.
f° 31
Nous supposons ici dans ce nivellement que les seuillets desdites martelières des puits sont au même niveau quoiqu'il y ait quelque différence celui du milieu désigné par la lettre M dans le plan se trouvant plus élevé que celui qui est du côté des maisons ou à la droite tournant le dos à la venue des eaux, ce dernier plus que celui qui est le plus près du moulin à huile et celui de ce dernier moulin étant à peu près au niveau d'un des précédents.
Cette partie de canal de 54 cannes de longueur…
Le barrage de Saint-Victor. 

Le barrage de Saint-Victor actionnait une tannerie et un moulin à blé.

 

… de même que celle de six à sept cannes qu'il a encore avant l'espacier des Trois Pierres et du côté du levant a besoin d'être récurée y ayant de la vase et du limon plus qu'on ne doit y en laisser ordinairement, pour conserver un assez libre courant et passage aux eaux eu égard à la modique pente de ces deux parties du canal qui font toutes la longueur du béal des moulins de la place depuis l'endroit où se joint angulairement le petit canal qui traverse les écuries du cabaret et le chemin de Belgentier, jusqu'aux puits desdits moulins.
La martelière ou espacier des Trois Pierres est au midi de ce béal et vuide à peu près carrément ses eaux dans un canal qui sert aux engins et arrosages inférieurs, elle a de largeur environ la mi hauteur de ses piédroits trois pans et un tiers. Nous l'avons trouvée ordinairement fermée en partie avec une forte et ancienne vanne arrêtée à un pieu par le moyen d'une chaîne de fer qui empêche qu'elle ne soit emportée.
Espancière ou vanne des 3 quartiers Fillols,
Trois-Pierres et Laugiers, sur la Lice
La hauteur de cette vanne est de deux pans moins neuf lignes de pouce, elle a à travers de son épaisseur un trou de figure ovale irrégulière dont le grand diamètre et de bas en haut est de cinq pouces et le petit de quatre pouces et six lignes, le bord supérieur de ce même trou est à environ un pan au dessous de la partie la plus élevée de la vanne, nous l'avons toujours trouvé ouvert pendant le temps de nos opérations et observations, et tandis que les moulins des chevilles et ceux de la place travaillaient c'est-à-dire qu'il y passait ordinairement une eau assez considérable qui était augmentée par celle qui versait par-dessus ladite vanne et vuidaient toutes les deux par le canal dit le fuyant du Caussier ou vuidange de cet espacier des Trois Pierres, lequel nous avons fait boucher ou laisser en l'état actuel, suivant que l'exigeaient les différentes épreuves que nous avons eu devoir de faire pour déterminer jusqu'à quelle hauteur cette vanne pourrait être élevée pour retenir les eaux du béal aussi hautes qu'il est possible [ sans ] se rendant que les moulins des chevilles fussent incommodés par leur refoulement et après plusieurs expériences, opérations et observations et après avoir pris l'avis des deux meuniers choisis pour experts, nous avons trouvé que la surface des eaux du béal de l'endroit même de cette espace était à sa plus grande hauteur lesquelles versaient en dessus de cette ancienne vanne mise en place par une nappe de quatre pouces d'épaisseur lorsqu'elles étaient à deux pans quatre pouces une ligne au dessus du seuillet de cette même martelière qu'ainsi cette vanne ne devait pas être plus haute, qu'elle est dès que l'eau était assez abondante pour fournir aux moulins travaillant ordinairement à la place et pour nourrir cette nappe de quatre pouces d'épaisseur par-dessus cette vanne, on pouvait avoir de la hauteur de plus qu'elle n'a les quatre pouces qui ont été déterminés pour l'épaisseur de cette même nappe d'eau dès que celle qui serait dans le béal serait vuider et reçue pour les moulins de la place, de manière qu'il n'en passât point au dessus de cette vanne, qui dans le dernier cas pourrait avoir la hauteur de deux pans quatre pouces une ligne pour élever d'autant les eaux sur les seuillets de l'espacier des Trois Pierres, ce qui serait indifférent pour les refoulements aux roudets des moulins des chevilles que nous supposons dans ce calcul ne devoir point être incommodés ne s'agissant pour cela que de la hauteur des surfaces des eaux et non de quelle façon elles ont été soutenues et exhaussées, d'où l'on peut conclure que plus l'épaisseur de la nappe d'eau serait diminuée plus la hauteur de la vanne pourrait être augmentée pourvu que le dessus de cette eau ou de cette vanne ne fut que jusqu'à la hauteur ci devant marquée.
f° 34
Il est encore indifférent pour toutes ces épreuves qu'il fasse un ou plusieurs moulins qui travaillent à la place, n'étant point question ici de l'eau qui est aux puits de ces derniers moulins, mais de la hauteur de celle qui peut être sur les seuillets de la martelière des Trois Pierres sans refouler jusqu'aux roudets des moulins des chevilles et en retarde la vitesse, dès qu'ils seront d'ailleurs en l'état qu'ils doivent être ainsi que lesdits meuniers nous ont assuré de les avoir trouvés.
Il semble qu'en rajoutant la hauteur de cette vanne avec l'épaisseur de cette eau qui verse par-dessus quand les moulins des chevilles ne boulent point ou ne sont point incommodés et qu'il ne s'en faut que de très peu, on devrait avoir la hauteur du volume d'eau que nous disons être alors sur le seuillet, c'est-à-dire deux pans quatre pouces une ligne, cependant il s'en faut dix lignes de pouce ce qui vient sans doute de la raideur ou pente de cette nappe de quatre pouces d'épaisseur au dessus de la vanne de ce que les deux hauteurs ne peuvent être prises que difficilement dans la même ligne verticale de la difficulté même de les prendre précises par rapport au choc, au rebroussement de l'eau contre la mesure dont nous nous sommes servie et quelques irrégularités tant à l'endroit mesuré de ladite vanne qui parait usée et peu redressée qu'à ce seuillet qui n'est point placé horizontalement.
Cette hauteur de deux pans quatre pouces une ligne au dessus de ce même seuillet des Trois Pierres devrait ce semble aussi se raccorder et être la même que la pente que nous avons trouvée depuis le dessus de l'eau au dessous des roudets des moulins des chevilles lorsque cette eau en est aussi près qu'il se peut sans les frotter jusqu'au dessus dudit seuillet, et cependant cette pente a été trouvée environ sept lignes de plus, c'est-à-dire que c'est la là celle de la surface des eaux du fuyant desdits moulins quand ils travaillent, elle est nécessaire et ne contredit point les autres observations, on peut dire au contraire qu'elle les rectifie puisque si on laisse l'eau tranquille et sans mouvement dans ce fuyant, et qu'on l'arrêtât dans le béal en dessous du Caussier, elle se mettrait en parfait niveau en suivant ce même nivellement, c'est-à-dire qu'elle baisserait du côté des roudets de la même quantité de lignes, qu'elle s'élevait du côté des Trois Pierres.
Moulins à farine et à huile de la Place
Le nombre des moulins situés à la place qui sont en état de travailler est de trois à farine et de un à huile, y ayant cependant des vestiges d'un cinquième moulin ainsi qu'on le voit au plan et que nous le dirons ci après, lequel est maintenant détruit n'existant d'apparent que le canal de son fuyant qui vuidait dans les Carcés de même que tous les précédents dans le temps des abondances d'eau et pendant la durée de cette longue descente les meuniers n'ont jamais fait travailler tous à la fois, que le moulin à huile et les deux moulins à farine qui y sont à côté et les plus près et ayant nous-mêmes fait diverses épreuves pour pouvoir déterminer combien de moulins pourraient faire aller les eaux du béal eu égard à tout ce que de raison nous avons observé qu'en laissant dans le béal l'eau que nous y trouvions naturellement et ordinairement peu plus, peu moins, elle ne pouvait suffire que pour lesdits trois moulins, le trou cependant de la vanne de la martelière des Trois Pierres étant alors ouvert et versant sur cette vanne une nappe d'eau de trois pouces et un tiers de largeur sur une épaisseur qui était plus ou moins grande, suivant que le canal en dessus fournissait plus ou moins d'eau, c'est-à-dire que quand l'épaisseur de cette nappe au dessus de ladite vanne était de quatre pouces et au dessous, les moulins de la place avaient d'autant moins de vigueur et ceux des chevilles avaient alors sûrement suivant les meuniers pris pour experts une fuite assez libre, et ne boulaient point ; mais quand cette nappe était épaisse de plus de quatre pouces les moulins de la place travaillaient d'autant plus gaillardement que cela exhaussait d'avantage la surface des eaux au devant de leurs puits, et les moulins des chevilles en étaient d'autant plus incommodés ainsi que nous l'avons ci devant dit.
Cette eau qui versait dans tous les précédents cas par-dessus cette vanne n'était point suffisante pour pouvoir fournir à un 4e – moulin de la place. Nous fîmes augmenter pour le temps de l'opération seulement, les eaux du béal, de manière que leur surface au devant des puits des moulins de la place, était plus élevée de quelques pouces qu'elle ne doit être, suivant ce que nous déterminerons ci après en parlant du nivellement de ces moulins dont deux à farine et un à huile travaillaient lorsque ces eaux furent augmentées et quoique cette augmentation d'eau qui empêchait les moulins des chevilles de travailler avec leur liberté accoutumée fut assez considérable, ayant eu besoin pour cela de boucher le canal des Terrins, et d'empêcher qu'une partie des eaux qui versaient par-dessus l'écluse de M. de Solliès versât, il n'y en eut pas assez cependant pour quatre moulins, car ayant fait ouvrir le seul à farine qui était fermé ces eaux se rabaissèrent au devant des quatre puits jusqu'à six pouces au dessous de la hauteur déterminée à l'endroit ci-dessus cité, c'est-à-dire qu'alors les moulins de la place indépendamment de ce qu'ils voulaient, et étaient incommodés par la trop grande quantité d'eau dans les Carcés ou pour autres causes, ainsi que nous le disons dans peu n'avaient pas toute la vitesse qu'ils doivent avoir dans le temps de l'abondance des eaux et n'avaient que celle que nous leur avons trouvée dans la suite lors des sècheresses, c'est-à-dire le premier et le second du mois d'août, ayant été pour cette raison faire cette observation ces jours là, et trouvé naturellement que les mêmes deux moulins à farine travaillaient seuls avec une eau qui était au devant de leurs puits six pouces au dessous de la hauteur que nous avons dit qu'elle devait avoir dans le temps que les eaux sont plus abondantes et alors il n'en versait point en dessus de la vanne, l'espacier des Trois Pierres quoiqu'elle arrivât au niveau du dessus de cette vanne qui était en place, et qui avait son trou bouché quoiqu'imparfaitement.
Nous avons ensuite fait mettre une nouvelle vanne au dessus de l'ancienne à la martelière des Trois Pierres fait augmenter les eaux du béal de manière qu'elles eussent approchant la hauteur qu'elles avaient au devant des puits des moulins de la place ou il ne s'en fallait que d'un pouce qu'elles n'arrivassent à la [    ] qui a été déterminée pour le temps qu'elles sont abondantes, cet état et toujours tous les moulins ouverts, elles avaient au dess[ ] de l'ancienne vanne du Caussier ou martelière des Trois Pierres [    ] hauteur de six pouces; les moulins des chevilles boulaient ou étaient incommodés par la trop grande quantité d'eau de même que ceux de la place et surtout celui à farine, le plus près de celui à huile.
En fermant le moulin à huile de la place en laissant toute cette eau dans le béal ou canal en dessus elle s'élevait jusqu'à [    ] de toute part, incommodant d'autant plus les moulins des chevilles et à peu près deux de la place que lorsqu'ils étaient tous les quatre ouverts puisque la même eau presque se trouvait aux Carcés où nous descendîmes pour examiner d'où pouvait provenir le boulement des moulins qui y vuidaient et nous observâmes qu'une des premières causes de ce boulement ou du refoulement des eaux était occasionnée par la rencontre des deux fuyants des roudets les plus éloignés du moulin, lesquels formaient à peu près un angle tel qu'on le voit au plan à l'endroit du côté R et refoulaient ainsi et réfléchissaient leurs eaux du côté des roudets, c'est-à-dire que les eaux elles mêmes étaient un obstacle à leur écoulement, et en retardaient la vitesse, [ il ] est aisé de le comprendre sur ce même plan par le moyen des lignes de direction des courants qui démontrent non seulement ce que nous venons de dire que eu égard au peu de régularité de tous les trois fuyants des moulins à farine qui auraient pu être disposés autrement, cependant cette rencontre de ces deux fuyants occasionne encore un tournoiement qui diminue d'autant la vitesse des eaux et leur donne le temps de rebrousser en partie jusqu'aux roudets.
La rencontre que les deux fuyants font à peu de distance des eaux du troisième moulin à farine, est encore un nouvel obstacle à la liberté totale du courant; il n'en est pas de même à [ du ] fuyant du moulin à huile, qui était beaucoup plus éloigné et dégorgeant ses eaux dans un grand canal ne cause que peu de refoulement dans son choc à l'endroit où il sort les eaux des moulins à farine qui incommodent plutôt par l'augmentation de volume d'eau dans les Carcés, ce qui est inévitable.
C'est apparemment la mauvaise disposition des fuyants de ces moulins à farine et surtout de celui le plus éloigné du moulin à huile qui oblige peut être les meuniers de ne faire jamais travailler ce dernier à farine, qui dans le cas qu'il pique ou sépare les autres qu'en même ils auraient de l'eau suffisamment pour tous les trois et qu'ils pouvaient faire boucher alors celui à huile, et prendre des eaux qui versent ordinairement sur la vanne du Caussier, ayant nous-mêmes éprouvés que ces trois moulins à farine étant seuls ouverts et n'ayant au dessus de la martelière de leurs puits qu'une eau élevée de deux pouces un peu moins au dessus de celle qui sera déterminée à l'article de leurs nivellements, ils boulaient cependant encore, ils ne travaillaient point avec leur liberté accoutumée surtout le plus proche de celui à huile qui en était fort incommodé quoique la restanque ainsi que dans les précédentes épreuves ne fut dans le canal de la Nerte, qu'à la hauteur qu'elle doit être que les deux canons d'un moulin à Nerte fussent ouverts et les bars mis de plat et tels que nous les avons trouvés à l'entrée du canal de la Nerte, ainsi que nous le disons en son lieu, c'est en cette situation que nous les supposons toujours dans la relation, à moins que nous n'expliquions expressément que nous les avons fait mettre à chant, sur leur épaisseur, et plus élevés par conséquent, c'est-à-dire qu'en cette dernière situation ces trois moulins à farine en seraient encore plus incommodés, ce qui ne souffre point de difficulté pour mieux démontrer encore que la rencontre des fuyants par le [biporte] et peu étendu des dispositions des lieux et des principales causes que dans certains cas les moulins travaillent avec moins de liberté qu'il ne faut, nous avons fait boucher un de ces trois moulins à farine et n'avons laissé d'ouvert que les deux les plus proches de celui à huile qui était aussi bouché et ayant à peu de chose près fait passer par ces deux moulins ouverts toute l'eau qui était dans le béal lors de la précédente épreuve et qui éleva beaucoup sa surface dans celui-ci, lesdits meuniers pris pour experts nous assurent que ces deux moulins n'étaient point incommodés du tout, cependant les mêmes eaux étant dans les Carcés elles auraient du produire le même effet, si la cause des boulements des moulins n'était occasionnée que par le volume de l'eau ou par le manque de pente.
Pour achever enfin cette démonstration nous fîmes ouvrir tous les canons des moulins à Nerte, abattre et enlever la restanque, régler les eaux dans le béal à six pouces et quart sur la vanne du Caussier, ce qui incommodait les moulins des chevilles et à trois pouces au dessous de la hauteur qu'elles doivent avoir au devant des martelières des puits des moulins de la place qui étaient tous les quatre ouverts et les choses en cet état, et le canal de Sarraire et de Beaulieu libre dans tout son cours, ces derniers moulins boulaient, ce qui vraisemblablement doit plutôt provenir de cette rencontre des fuyants que des eaux trop abondantes dans les Carcés, car si elles y dégorgeaient en grande quantité les canaux inférieurs disposaient et tels qu'on les voit au plan devrait leur fournir une très libre vuidange plus grande à proportion que ces eaux n'en avaient besoin, ainsi qu'il nous a paru dans le temps de cette expérience pendant laquelle les meuniers ont observé que les eaux que recevaient les deux canons du moulin à Nerte en état ne suffisaient que pour le faire travailler très lentement.
Cette même eau dépensée par ces quatre moulins passant par les trois à farine seulement, ayant en ce dernier cas la surface au devant des martelières des puits des moulins de la place plus élevée de six pouces, que dans la précédente expérience incommodait beaucoup plus les moulins, quoique la restanque fut toujours abattue et tout le reste dans le même état. Ces quatre moulins étant ouverts l'eau du béal en dessus élevée sur le seuillet de la martelière des Trois Pierres de deux pans, de trois pouces six lignes, c'est-à-dire qu'elle aurait l'être sept lignes de plus avant que les moulins des chevilles eussent boulé et ne fussent incommodés, elle était à l'égard des prises desdits moulins à la place, à environ onze pouces au dessous de la hauteur qu'elle doit avoir dans le temps de l'abondance des eaux ainsi déterminé à l'endroit du nivellement de ces derniers moulins qui ne boulaient point les choses étant en cet état, la restanque, les canons de la Nerte et les bars étant alors de la manière que nous l'avons ci devant dit, si on avait augmenté les eaux du béal ou canal tous les moulins tant ceux des chevilles que ceux de la place en auraient été incommodés, ainsi l'on peut dire que les quatre moulins de la place ne peuvent travailler tous ensemble sans bouler ou frotter et prendre de la surface de l'eau de leurs fuyants qu'en diminuant de onze pouces ou environ la hauteur de leurs eaux au dessus des seuillets, des martelières et leurs puits, mais alors le moulin à farine du milieu n'a pu moudre qu'un panal de blé dans l'espace de 27 minutes et 20 secondes, ce qui est bien peu de chose et que l'on pourra comparer avec les diverses épreuves dont nous parlerons peut être dans la suite, si nous ne trouvons, comme à l'égard de tout ce que nous venons de dire, le moyen de supprimer la relation de diverses opérations que nous avons eu besoin de faire, et que nous retranchons ici, sans oublier cependant autant que cela dépend de nous, rien de tout ce qu'elles ont d'essentiel, mais pour ne pas faire un volume au lieu d'un simple rapport.
Moulin de la Nerte
Ayant fait ouvrir tous les canons des moulins à Nerte mis l'eau dans le béal à 4 pouces en dessous de la hauteur qu'elle doit avoir au devant des martelières des puits ce qui l'exhaussait jusqu'à 6 pouces au dessus de la vanne de la martelière des Trois Pierres, et laissait tout le reste dans le même état que pour la précédente épreuve, les meuniers observèrent que les roudets des moulins des chevilles boulaient d'environ 1 pouce et ½ et ceux des moulins de la place effleuraient et rasaient seulement la surface des eaux de leurs fuyants, d'où nous conclûmes avec ces mêmes meuniers que si les eaux dans le béal avaient leur surface environ deux pouces plus basses, les moulins de la place ne seraient point incommodés et que de là on pouvait voir la différence de l'écoulement dans le canal de la Nerte quand les deux fenestrages bouchés dans la précédente épreuve sont ouverts dans celle-ci, il faudrait cependant rabaisser plus que de 2 pouces la surface des eaux du béal au devant des puits pour qu'elle fut à la hauteur convenable à l'endroit de la martelière des Trois Pierres afin que les moulins des chevilles ne fussent point incommodés, nous en avons fait l'expérience, et les eaux du béal étant au dessus de la vanne du Caussier ou martelière des Trois Pierres à la hauteur de quatre pouces et deux lignes et au devant des puits des moulins de la place, d'environ neuf pouces au dessous de la hauteur qu'elles doivent avoir, nous avons trouvé que les moulins tant ceux des chevilles que ceux de la place, travaillaient avec leur liberté accoutumée quoiqu'un des canons de ces derniers perdit de l'eau considérablement, si la restanque était encore abattue, les moulins de la place ne seraient point incommodés quand l'eau du béal au devant des puits serait de près de deux pouces plus haute que dans l'épreuve précédente.
Les quatre martelières des puits des moulins de la place terminent le béal de la façon à peu près qu'on peut le voir au plan où leur largeur pourra être marquée et fournissent aux puits de ces mêmes moulins les trois à farine furent visités dans le temps nécessaire par les deux meuniers pris pour experts, leurs canons avaient un calibre déterminé alors pour leur travail ordinaire et par le moyen de leur panneau qui a été rabaissé depuis longtemps et mis au point que les meuniers de ces moulins ont cru apparemment le plus convenable et que nous avons laissé de même pendant tout le temps que nous avons employé aux différentes épreuves de ces moulins ou autres qui y avaient quelque rapport. Ces calibres sont savoir: celui du canon du moulin à main droite tournant le dos à la venue des eaux de 7 pouces 5 lignes, un peu plus de hauteur sur la largeur de 4 pouces 4 lignes ce qui fait en superficie de 32 pouces carrés et environ 1/7e de pouce. Celui du milieu 6 pouces 8 lignes, un peu plus de hauteur, sur une largeur de 4 pouces 8 lignes ont 31 pouces et 1/9e en superficie et celui le plus près du moulin à huile 6 pouces 4 lignes de haut, sur 4 pouces 6 lignes et ½ de large, c'est-à-dire près de 29 pouces carrés en surface.
Depuis le dessus des seuillets des martelières des puits des moulins de la place jusqu'au dessus de chacun des roudets des deux moulins à farine marqués D. M. sur le plan, il y a une pente de 14 pans et 1/12 en supposant ces deux roudets au même niveau comme ils le sont à peu de chose près.
Mais comme le roudet du 3e moulin à farine marqué« T » sur ce même plan est environ 3 pouces plus bas que le plus haut des deux autres il s'en suit que depuis le dessus desdits seuillets jusqu'au dessus de ce dernier roudet, il y a une pente de 14 pans et de 3 à 4 pouces. Ajoutant à cette pente environ 2 pouces et 2/3 pour l'épaisseur ou hauteur du volume d'eau qui est ordinairement sur le seuillet de la martelière du puits de ce 3e moulin quand il travaille l'on aura pour sa pente ou chute totale 17 pans à peu près. En retranchant de ce nombre les 3 pouces ou environ de hauteur que les deux autres roudets ont de plus, on trouvera que la chute pente totale des deux premiers moulins n'est que de 16 pans et 2/3 au dessus des roudets des deux moulins jusqu'au dessus de l'eau tranquille qui y reste en dessous lorsque les vannes sont en place et les martelières bouchées, il y a autour de 14 à 15 pouces. Ce qui coupe l'épaisseur verticale des cueillers, et le vuide entre eux et la surface de l'eau dormante et restante en dessous laquelle on doit prendre et regarder comme le sol ferme du canal du fuyant eu égard à la pente, attendu que les crues ou dégravements qui sont ordinairement en dessous des roudets des moulins sont causés par le choc et le tournoiement des eaux sans que cela augmente ou diminue l'écoulement et l'échappée du courant.
Du dessous du roudet « T » qui est le plus bas comme nous l'avons dit jusqu'à la superficie de l'eau dormante en dessous, il n'y a qu'environ 1 pan ½, c'est-à-dire environ 1 pouce moins qu'à l'égard des autres roudets dont l'eau aussi dormante au dessous est plus haute d'environ 2 pouces que celle qui reste au dessous de ce roudet plus bas ce qui fait la différence des 3 pouces dont nous avons ci-devant parlé.
Pour pouvoir déterminer à 2 pans et 2/3 la hauteur, profondeur ou épaisseur du volume d'eau qui est sur le seuillet des martelières des puits des moulins de la place quand ils travaillent, nous avons fait un grand nombre d'observations pour raison de cette hauteur d'eau sur lesdits seuillets et dans le béal ou canal qui est contigu, et comme nous avons trouvé souvent les eaux au dessus et au dessous de cette hauteur et souvent encore à cette même hauteur ou environ, nous réglant toujours sur le seuillet du puits du moulin le plus près de celui à huile nous avons dû la prendre dans ces calculs pour point fixe et pour hauteur majeure.
En ajoutant aux 17 pans et aux 16 pans 2/3 ci-devant pour la pente de ces moulins depuis le dessus des eaux sur le seuillet des martelières de leurs puits, jusqu'au dessus des roudets la distance que nous avons trouvée depuis le dessus des mêmes roudets jusqu'au dessus de l'eau dormante qui reste en dessous de l'eau dormante qui y reste en dessous quand ils ne travaillent point, on aura 18 pans et ½ au lieu de 17 pans et 18 pans ¼ au lieu de 16 pans et 2/3 , ce qui fera la pente totale depuis le dessus des eaux des martelières des puits jusqu'au sol sous les roudets laquelle comprend la chute ou pente totale desdits moulins qui doit être déterminée sur les roudets ou mieux encore à environ 2 pouces plus bas, comprend aussi l'épaisseur des ceuilliers de ces roudets et le vuide en dessous pour l'échappée des eaux de la fuite.
Pour suivre le cours des eaux du béal terminé comme nous l'avons dit aux martelières des puits des moulins de la place, et pour continuer notre relation, nous sommes descendus dans un lieu souterrain appelé en général les Carcés, et observé au plus haut de cet endroit les trois canaux voûtés dans lesquels sont les roudets des trois moulins à farine, celui qui est à droite tournant toujours le dos à la venue de l'eau, (situation que nous supposerons toujours garder dans la suite de notre description) à de longueur 22 pans ½, de largeur à l'endroit où est le roudet environ 7 pans et à la sortie 7 pans ¼ peu moins, sur la hauteur d'environ 5 pans.
La voûte sous laquelle est le roudet du moulin du milieu est à la droite de la précédente séparée seulement par un mur de 2 à 3 pans d'épaisseur, elle a de longueur 21 pans ½ et de largeur dans son centre à la sortie 5 pans et ¼ et de hauteur sous la clef à son extrémité 4 pans ½ un peu plus.
La voûte sous laquelle est le roudet du 3e moulin à farine c'est-à-dire celui qui est le plus près du moulin à huile a de longueur 21 pans ¾ sur la largeur et la hauteur à sa sortie d'environ 5 pans ½, elle est séparée de la précédente par un mur épais de 4 à 5 pans…

Le barrage des Capellans.

 

Le barrage des Capellans.

… Les maisons et les moulins qui sont bâtis au dessus de ces trois endroits voûtés ont leurs façades à quelques pouces près à l'aplomb de l'extrémité de ces mêmes voûtes qui se trouvent ainsi presque sur la même ligne quoique leurs fuyants ou canal de vuidage soit ensuite séparé en deux pans par un mur de 8 à 9 pans de longueur, formant un canal voûté qui reçoit du côté droit les eaux des fuyants des deux roudets de côté-là, et du côté gauche le seul fuyant de la voûte du roudet qui est le plus près de celui à huile. Ces deux différents canaux formés par cette muraille de 8 à 9 pans de longueur et par les deux autres murs qui sont l'un à droite, l'autre à gauche et formé et couvert par deux disjointes voûtes hautes en général de 6 à 7 pans veut se réduire à un seul et unique canal large en quelques endroits de 6 à 7 pans, aussi haut à mesurer sous la voûte de 8 à 9 pans et long de 6 à 7 cannes, après lesquelles vient le grand canal proprement appelé les Carcés.
Au côté gauche des canaux que nous venons de décrire et à l'endroit marqué H sur le plan est le roudet du moulin à huile appartenant à la communauté, le vuide du canon de ce roudet est d'environ 30 pouces carrés en superficie et la voûte sous laquelle il dégorge ses eaux à la hauteur de près de 6 pans et la largeur de près de 8 à l'endroit de ce roudet.
Cette voûte ou ce canal voûté vient ensuite en se rétrécissant irrégulièrement jusqu'à environ 19 pans loin ou par un angle obtus il replie à droite, et la largeur en cet endroit d'environ 3 pans seulement. Il continue ensuite en ligne droite pendant 26 pans de longueur, où il finit par une largeur de 3 pans et 2/3 un peu moins, et une hauteur de 7 à 8 pans, se repliant ensuite encore angulairement à droite pour dégorger ses eaux sans un plus grand canal aussi voûté dont la largeur est de 8 pans à un endroit et d'environ 6 pans et 2/3 à sa sortie, c'est-à-dire au haut du grand canal des Carcés où il arrive et aboutit à côté et à peu près au même alignement que celui que nous avons dit ci-devant recevoir et réunir les trois fuyants des moulins à farine, n'y ayant entre ces deux canaux à l'endroit où ils sont terminés au haut du grand canal des Carcés, qu'un mur épais d'environ 2 pans ¼.
La hauteur de ce canal qui reçoit les eaux du moulin à huile, prise en deux endroits différents a été trouvée de 7 pans ¾ et de 8 pans ½, et sa longueur d'environ 6 cannes.
Canal de la rue de l'Hôtel de Ville
Au haut de ce canal, c'est-à-dire à l'endroit le plus élevé et le plus éloigné des Carcés est l'issue d'un conduit qui reçoit les égouts de quelques rues et les vuides dans ce canal, et de là dans celui des Carcés, il est éloigné de quelques pieds et au côté gauche de l'extrémité de la voûte du moulin à huile, il est engorgé à son issue par un tas de pierres de 2 et 3 pans d'épaisseur qui ne laisse de vuide en dessus qu'environ 3 pans, ce qui égale à peu près la largeur du conduit.
Moulin abandonné
À environ 3 cannes en dessous de ladite extrémité du canal voûté du moulin à huile et en suivant à droite celui de 6 cannes de longueur, on trouve un autre canal qui selon les parties mêmes recevait les eaux d'un autre moulin à huile aujourd'hui abandonné et occupait en partie par un gravier considérable qui a été augmenté par les déblais et récurages que nous avons fait faire au voisinage pour abréger le transport.
L'issue de ce canal abandonné a de largeur oblique de 6 à 8 pans et parviennent à près de 4. La longueur que nous avons fait prendre depuis le fond à l'endroit où devait être le roudet puisqu'il se joint au canal long de 6 cannes sera déterminée sur le plan.
De tout ce que dessus, on voit ainsi que nous l'avons dit ci devant qu'autre fois, il y avait trois moulins à farine, deux moulins à huile et un canal d'égout qui vuidaient et dégorgeaient leurs eaux dans le grand canal des Carcés, et qu'aujourd'hui il n'y a que les trois moulins à farine un seul moulin à huile et le canal d'égout.
En faisant cette légère description des précédents canaux et de celui des Carcés ci après, nous avons cru pour abréger, devoir ne point exprimer les angles, ni désigner les alignements on verra l'un et l'autre et les largeurs précises au plan, ce qui suffirait.
Le grand canal des Carcés est un espace très irrégulier ayant une largeur en haut, c'est-à-dire du côté de la vanne des eaux, de 15 à 16 pans, ce qui comprend le vuide du canal des fuyants des trois moulins à farine réunis, le vuide où la largeur du canal du fuyant du moulin à huile, et l'épaisseur du mur qui sépare. Leur extrémité qui joint et fait le commencement de ce grand canal des Carcés formé en cet endroit par un grand arc d'environ 5 pans de longueur, et de 10 à 11 pans de hauteur, ayant à son arête ou bord du côté desdits fuyants la susdite largeur de 15 à 16 pans de culée à culée et celle de 14 pans et ½ seulement aux environs de l'aplomb de son bord ou arête du côté d'en bas.
Ouverture du ciel ouvert des Carcés
En avançant ensuite du côté de la rivière tournant toujours comme a été dit le dos à la venue des eaux, on parcourt un espace de 8 à 9 pans de largeur, dont les côtés sont formés par des murs en ligne irrégulière et le dessus couvert et occupé du côté gauche par le plancher ou dessous d'une partie de maison et le restant c'est-à-dire du côté droit, est occupé par un grand espace vuide qui sert et nous a toujours servi pour descendre dans les Carcés par le moyen d'une grande échelle c'est sous ce vuide que dégorgeaient anciennement les versures et égouts de la fontaine à quatre canons située vis-à-vis la paroisse et c'est dans la rivière et en dessus de l'endroit où vuide le canal de la Nerte que dégorgent à présent les égouts actuels de la même fontaine, ainsi que les parties en ont convenu toujours en présence dudit seigneur commissaire. Cet espace de 8 à 9 pans de longueur est terminé du côté d'en bas par un arc de pierres de taille, ayant de pied droit à pied droit et dans [ce] une largeur d'environ deux cannes et de hauteur ou vuide entre la clef et le sol des Carcés en dessous de 10 à 11 pans.
Le reste de la longueur de ce canal des Carcés est terminé du côté droit regardant la rivière par un mur long d'environ 12 pans qui joint cet axe au commencement ou entrée du canal de la Nerte, aussi à main droite y entrant le côté opposé au mur par la situation bizarre des lieux est l'entrée oblique et irrégulière du canal de Sarraire et de Beaulieu, une partie du mur en ligne courbe qui le forme du côté du levant, c'est-à-dire à gauche y entrant, lequel mur est contigu et fait une suite de celui qui est en dessous du plancher, au côté opposé à celui par où l'on descend ordinairement dans les Carcés.
Un angle en bâtisse dont nous parlerons par la suite dans tout le détail convenable fait le commencement du canal de la Nerte à main gauche y entrant et doit être pris pour le commencement du canal de Sarraire ou de Beaulieu à main droite y entrant aussi, c'est-à-dire que cet angle en bâtisse dont la partie saillante ou extérieure est du côté des Carcés fait la séparation et division de ces deux canaux.
Tout cet espace très irrégulier est couvert par une voûte à croisillons construite en simple maçonnerie terminée du côté de la venue des eaux par l'arcade de pierre de taille dont nous avons ci-devant parlé du côté droit par le mur de 12 pans de longueur qui joint le pied droit de cette arcade avec le commencement du canal de la Nerte, aussi à droite y allant du côté d'en bas par la largeur oblique de ce canal à son entrée même et du côté gauche par la largeur encore plus oblique du canal de Sarraire et de Beaulieu à son entrée ou peu s'en faut.
Tous les murs, coins et autres bâtisses qui forment les canaux que nous venons de décrire sont fondés sur la malausse laquelle se trouve aussi dans l'entre deux de ces murs en profondeurs inégales et fait ainsi le sol de ces mêmes canaux au gravier près qui est en dessus.
Ce qu'on appelle malausse dans ce pays est une espèce de roc mol dont la dureté approche celle du saffre médiocrement dur il est infiniment plus gras et plus lié que le saffre et beaucoup moins que l'argile non sablonneuse, il semble se débiter et séparer par feuilles et sa couleur est cannelle foncée à peu près.
On trouve cette malausse à environ ¾ de pan au dessous du sol naturel ou surface des eaux dormantes aux environs des roudets du moulin à farine dans quelques endroits que nous avons fait sonder. Dans le canal où se réunissent les fuyants des deux moulins à farine D. M. c'est-à-dire celui du milieu et celui qui est à sa droite. Cette malausse se trouve aussi aux endroits sondés environ ¾ de pan, en dessous de la surface du sol actuel. Dans le canal en dessous où se joignent les trois fuyants de ces moulins, nous avons trouvé cette malausse à environ 1 pan en général plus basse que la superficie des eaux dormantes, restant lesquelles on peut regarder comme le sol ferme dès qu'il n'est question que de hauteur. Dans le sol du grand canal des Carcés, nous avons trouvé que cette malausse était du côté gauche, peu éloignée de la surface du gravier actuel et du côté droit d'environ ¾ de pan, regardant avec raison comme sol la superficie des eaux dormantes ou des égouts simplement ainsi en cet endroit la surface actuelle de la malausse penche vers le côté droit.
Nous aurons ailleurs occasion de dire à quelle hauteur cette malausse vient recevoir et servir de fondement aux murs dont les premières et plus basses assises de pierres se trouvent en quelque endroit en partie en l'air, et déchaussés par les sapeures, écha[  ] et sous caveuses que les eaux ont faites dans la malausse et qui sert de fondement et fait la plus basse partie de ces murs et que cette même malausse se trouve au fonds du canal de Sarraire et de Beaulieu pendant une certaine longueur, et qu'elle y [   ] dans cet intervalle de fondement aux murs, et qu'enfin presque tous les sols des différents canaux de la Nerte sont en malausse que presque tous les murs qui forment n'ont point d'autre fondement.
Le canal irrégulier des Carcés se divise en deux ainsi que nous l'avons dit ci devant, par le moyen de l'angle en bâtisse l'un qui va du nord au sud est celui dit de Sarraire ou de Beaulieu et l'autre qui s'écarte moins de la ligne droite de tout l'ensemble des Carcés et au dessus, est appelé de la Nerte, il est à droite de celui de Sarraire ou de Beaulieu et va dégorger dans la rivière.
L'entrée du canal de la Nerte est en ligne oblique [    ] être prise entre le parement du mur qui forme un des côtés de l'angle en bâtisse qui sépare les deux canaux et l'aplomb de l'arête inférieure de la grande face apparente d'une pierre rectangulaire qui se trouve à main droite en entrant, cette entrée c'est-à-dire la largeur du canal de la Nerte en cet endroit est de 9 pans 4 pouces ou 9 pans ½ moins environ 1/16e partie de pan.
Le creux ou escavure qui est en dessous de cette pierre dont une partie du lit par conséquent est en l'air, et porte à faux ne doit point être compris dans cette largeur ce qui viendrait cependant inutile par les raisons que nous alléguerons en déterminant la véritable largeur de ce canal.
Deux bars qui forment l'entrée du Canal de la Nerte
Nous avons trouvé au commencement et à l'entrée de ce même canal de la Nerte deux bars mis de plat et de longueur inégale, le plus long placé du côté gauche, c'est-à-dire touchant le mur qui fait un des côtés de l'angle de séparation et le plus court du côté opposé qui est celui de ladite pierre rectangulaire de laquelle nous parlerons en détail en son lieu de même que de ces bars, de leur situation irrégulière du sol où ils s'appuient, et de l'angle en maçonnerie qui divise les deux canaux, mais auparavant, il nous paraît nécessaire d'établir un repère permanent au point fixe en cet endroit de cet angle et aux environs pour pouvoir le reconnaître dans tous les temps, et y rapporter aisément et sûrement tous les endroits de ces différents canaux, où il sera question de pente de montée, de nivellement et d'épaisseur ou volume d'eau ou autres observations de cette nature, on doit prendre pour point fixe et repère inébranlable le dessus actuel du plus long bar, de son côté le plus près du coin en bâtisse à 2 pouces loin du trou de crampon qui s'y trouve mesurant ces 2 pouces du côté de la rivière et supposant ce bar placé comme nous le trouvâmes, mais comme ce même bar peut être facilement remué et déplacé et que dans le cas ce repère ou point fixe ne pourrait être remis qu'au hasard, nous avons remarqué que cet endroit en dessus de ce bar est au niveau du dessus d'un caillou qui est dans l'angle en bâtisse et dans l'échancrure faite à dessein à cet angle, ce qui peut servir de règle et de guide pour replacer le bar, et de repère en cas de besoin étant très indifférent dès qu'il ne sera question que d'avoir un point sûr pour nivellement que l'on prenne cet endroit de la superficie du long bar, ce dessus de caillou ou tout autre dès qu'ils seront au même niveau.
Il est aisé de reconnaître ce caillou quand on voudra, il forme une espèce de petit empâtement dans le creux ou échancrure qui est à l'angle en bâtisse, il y a 3 pouces et ¾ de hauteur, il porte sur une pierre de taille large d'environ 6 pouces et longue d'environ 2 pans, avançant de sa longueur dans le canal de la Nerte et faisant ainsi le parement d'une partie du bas du mur de ce canal à gauche, cette pierre à l'endroit de l'angle à peu près où elle soutient ce caillou porte sur la malausse qui lui sert de fondement, et à tout le coin en bâtisse, de manière qu'elle est à l'égard de ce coin la première assise de maçonnerie et que le caillou en est la seconde.
Ce caillou fait encore une suite et continuation de la face d'épaisseur de ce même bar du côté du coin et des Carcés. Soudés et plus haut de 12 pouces ½ que le sol ferme au devant du coin en bâtisse et plus bas de 9 à 10 que le dessous du cru ou bord de la partie avançante de la pierre angulaire qui termine du côté d'en haut, et fait une petite partie de l'échancrure ou creusement fait à ce coin ou angle.
Ce même caillou serait plus bas de 8 pouces et 2 à 3 lignes que le dessus des bars posés et mis de chant, c'est-à-dire sur leur épaisseur, à la hauteur de 2 pans et ¼ sur le niveau du sol au devant du coin et du caillou ce qui détermine la différence de hauteur des bars mis de chant ou mis de plat, supposé que dans cette dernière situation ils eussent leurs surfaces à la règle et horizontales avec l'endroit pris arbitrairement pour repère stable et point fixe, mais cette différence est moins grande par la raison que ce point fixe est environ 4 pouces plus bas que le dessus du petit bar mesuré au milieu à peu près de sa largeur du côté de la pierre rectangulaire le dessus de ces bars étant d'ailleurs enfoncé à l'endroit de leur jonction, ainsi que nous le dirons quand nous en désirerons la situation.
Enfin cet endroit du long bar ou le dessus de ce caillou, ce qui est la même chose lorsqu'il ne s'agit comme nous l'avons déjà dit, que de hauteur et de nivellement est plus bas de 4 pans un peu [ ] un peu plus que la naissance de la voûte à l'entrée du canal de la Nerte et du côté du coin en bâtisse, c'est-à-dire du même caillou lequel est aussi plus bas de 12 pouces un peu moins que le lit de la pierre rectangulaire et percée qui est à la droite de l'entrée de ce même canal de la Nerte, cet endroit du lit rampant de cette pierre, est celui qui est sous sa partie angulaire et saillante du côté des Carcés.
Ce détail de la situation de ce caillou et du rapport qui [    ] le long bar et autres points déterminés est nécessaire seulement pour pouvoir le reconnaître sûrement et même le remettre facilement en cas qu'il fût par hasard ou autrement déplacé, mais enfin que tous les divers endroits ci après auront surtout en fait, de nivellement quelques liaisons avec le dessus du long bar si sujet à changement, l'ayant également avec le dessus de ce caillou qui est au même niveau et pris aussi pour repère inébranlable et pour premier terme de tous les nivellements ci après pour raison du grand canal des Carcés, de celui de la Nerte et de celui de Sarraire ou de Beaulieu, de manière que dans la suite le dessus de ce caillou, le dessus de l'endroit déterminé sur le long bar ou le premier terme de nivellement ou premier terme simplement, seront la même chose ou termes synonymes.
On ne doit point cependant confondre ce mot terme: quand il s'agira de nivellement avec ce même mot, quand nous entendrons parler du terme qu'on dit avoir été autrefois, au devant de l'angle ou coin en bâtisse et pour éviter cet équivoque nous joindrons toujours l'épithète d'ancien quand nous parlerons de ce terme.
La pente que nous avons trouvée depuis le dessus des cuilliers du roudet D. sur le plan qui est celui du moulin dudit seigneur Marquis de Solliès à la droite jusqu'au dessus du long bar ou caillou est de 2 pans et 9 lignes de pouce et comme la distance verticale qu'il y a depuis le dessus de ce roudet jusqu'à la surface de l'eau en dessous prise pour sol ferme est de 14 à 15 pouces, il s'en suit que la pente qu'il y a depuis ce dernier endroit en dessous des roudets jusqu'au dessus dudit long bar est de 4 pouces et 8 lignes.
Nous n'avons point d'égard à ce nivellement à ce que nous avons ci devant dit, que le roudet ce moulin à droite est un peu plus haut que celui du moulin du milieu, et 3 pouces un peu plus que celui qui est le plus près du moulin à huile, on peut sur cette opération calculer les deux autres.
Ce premier terme ou dessus du long bar est plus haut que le sol ou gravier actuel à 1 canne loin des bars, allant aux Carcés, sous la voûte à croisillons de 5 pouces ½ et de 8 pouces que la malausse qui est en dessous, ce qui détermine à 2 pouces ½ l'épaisseur du gravier actuel en ce dernier endroit, de ce même premier terme jusque sur le gravier actuel à 2 cannes loin allant toujours sous les Carcés, il y a une pente de 5 pouces. Ce gravier a là 2 pouces d'épaisseur après quoi on trouve la malausse qui est ainsi 7 pouces plus basse, que le premier terme ou dessus du long bar.
Ce premier terme est plus haut de 2 pouces que la malausse servant de sol auprès et au devant de la face d'épaisseur du mu[   ] séparation des canaux des fuyants au commencement du grand canal des Carcès. On voit par ces trois nivellements que les endroits du [   ] carcès, ou nous les avons terminées étant plus bas que le petit terme ou dessus du long bar, ils ne sauraient augmenter ni diminuer la pente du canal des Carcés, ni celle des canaux en dessous et quoique l'on peut en tirer, ce semble c'est de comparer par leur [   ] le dessus du sol aux endroits nivelés avec le dessus du gravier portaient les bars, mais pour cela il faut retrancher l'épaisseur de ces bars, et avoir égard à leur situation de laquelle nous parlerons dans la suite.
Nous avons remarqué diverses sapures sous caveuses déchaussures et échancrures au dessus des murs du grand canal des Carcés et des canaux en dessus, elles sont absolument indifférentes pour la dépense des eaux à l'égard des canaux de la Nerte et de Sarraire ou de Beaulieu, on pourrait seulement dire que ces échancrures [    ] les canaux d'autant plus larges, la vuidange des eaux se fait avec plus d'aisance et de facilité ce qui serait sans doute à la [    ] réciproque et proportionnel des canaux inférieurs, si ces sapures ou excavures régnaient pendant toute la longueur des murs; mais il y a des endroits où elles sont peu considérables et d'autres où [   ] à point du tout, elles deviendront en tous sens indifférentes pa [   ] à l'eau qui les a creusées et formées par son courant, frottement et tournoiement, ce qu'elle n'aurait pu faire si les murs comme nous l'avons dit sont fondés sur la malausse qui les reçoit en général plus haut que le dessus du sol actuel avaient eu leurs fondations excavées en dessous de ce sol, ce qui a occasionné sans doute la dégradation et la ruine en partie de quelques endroits de ces murs.
A l'endroit où le canal qui reçoit les trois fuyants des moulins à farine joint le haut du grand canal des Carcés à droite en descendant, il y a une de ces sous caveuses ou enfoncements longues de 6 à 7 pans, profondes en travers et horizontalement de [     ] 7 et 4 pans, et d'autant moins qu'elle approche plus [     ] lis de la première pierre ou assise du mur qui se trouve au [    ] en l'air pendant une partie de son épaisseur, la malausse [   ] laquelle elle fut élevée ayant été creusée par l'eau.
Ces premières assises sont en dessus du niveau du premier terme au dessus du long bar de 1 pan 2/3, 1 pan ¾, etc. et à peu près d'autant sur la superficie de l'eau dormante et restan te en dessous. Après cet endroit est un pan dessus qui n'est point sapé parce qu'il descend jusqu'au sol du canal ou environ, soit que cette partie ait été reprise par sous œuvre ou que la malausse en cet endroit ait d'abord été trouvée trop molle.
L'intervalle qu'il y a depuis ce dernier endroit jusqu'à l'entrée du canal de la Nerte est tout sous cavé le mur portant en partie à faux et en partie sur la malausse qui le reçoit à 1 pan 2 pouces, 1 pan 5 pouces et ½, 1 pan ¼, 1 pan 1/3, 1 pan et à 8 pouces au dessus du niveau du caillou du long bar ou premier terme, la profondeur horizontale est en travers de ces excavures en quelques endroits est de 2 pouces, de 6 pouces, de 9 pouces, de 7 pouces, de 10 pouces.
Au mur opposé à celui ci-dessus, aussi dans les Carcés, c'est-à-dire à celui à gauche y étant les premières assises ne portant point à faux et sont en général peu au dessus ou au niveau de la surface de l'eau dormante regardée comme le sol actuel à peu près.
Ce plus grand creusement du lit de ce canal des Carcés au côté droit, peut avoir été occasionné par le courant qui est tout de côté-là, excepté le fuyant du moulin à huile qui y est aussi attiré par ce même creux et qui est moins considérable et moins continuel que celui des fuyants des moulins à farine.
Le canal de la Nerte étant à l'égard de celui des Carcés, et de celui de Sarraire ou de Beaulieu selon les angles et les dimensions déterminées sur le plan, nous dirons pour continuer notre description générale, que la largeur de ce canal à son commencement ayant ci devant été trouvée de 9 pans 4 pouces, elle n'est plus que de 8 pans et ¼ au peu plus, à environ 3 cannes après, et comme cette dernière largeur a été prise carrément, et que nous avons observé que toutes les inégalités, avancements et échancrures ou enfoncements qui se trouvent en dessus, sont absolument indifférentes pour le plus ou le moins de largeur de ce canal, on peut dire que cette dernière est plus petite et la véritable.
Dans cet espace de cette première partie du canal de la Nerte, nous trouvâmes du côté du nord, c'est-à-dire à main droite allant à la rivière trois bars irréguliers ou blocs de taille de pierres qui empêchaient le libre passage des eaux.
Le premier de ces bars étant posé obliquement et en talus contre ce mur à 4 pans loin de la pierre rectangulaire à de hauteur 3 pans 1/3 sur la largeur d'environ 2 pans et l'épaisseur d'un pan et au dessus son oblicité était de plus de 2 pans, c'est-à-dire qu'il avançait d'autant dans le vuide du canal du côté d'en bas tombant d'en haut contre le mur.
Le second était tout contre le précédent du côté d'en bas il était couché dans le lit du canal, sa longueur est de 3 pans, sa largeur de 2 pans 1/4, et son épaisseur de moins d'un pan.
Le troisième était à quelques pouces en dessous, sa longueur est d'environ 3 pans ½, sa largeur 2 pans ¼, son épaisseur en général moins d'un pan, il était appuyé contre le mur, portait sur son épaisseur et occupait presque autant qu'il le pouvait, le vuide du canal. Après avoir pris les positions et dimensions de ces bars informes, nous les fîmes transporter en dehors de ce canal, de manière qu'ils ne nous aient aucunement troublé dans nos opérations de même qu'un long et haut tas de gravier que nous trouvâmes dans le canal de la Nerte qui est à côté de celui où est la restanque ce tas fut enlevé avant le récurage des eaux.
La voûte de ce canal à son entrée est plus haute de 6 pans 3 pouces un peu plus, que le niveau du premier terme au dessus du long bar et plus basse de près de 3 pans que la voûte à croisillon des Carcés tout joignant. Après l'endroit où sa largeur a été trouvée de 8 pans ¼ est encore une suite de ce même canal, longue d'environ 6 pans, ayant beaucoup plus de largeur que n'en a la partie de près de 3 cannes dont nous avons ci devant parlé, ce qui fait en tout une longueur d'environ 32 pans pour le grand canal de la Nerte,…
 Le canal des Filliols à l'entrée de la rue Notre-Dame. 

Le canal des Fillols à l'entrée de la rue Notre-Dame.Légende : EX VOTO. Arrivé à Eugène Sénès 4 ans ½ tombant dans le béal avec une brouette à la main sous le saule pleureur au bout de la rue Notre-Dame dont il a été sauvé par deux hommes le 8 février 1859 à l'extrémité du pont qui est la fin de la rue Notre-Dame dont il y a un mûrier tout près. 

 

Date de l'œuvre : 14 mars 1859

Dédicataire : sainte Christine

Auteur : Hilarion Allègre

Donateur :

dimensions (sans l'encadrement) : 42 cm x 51 cm

Nature du support : papier

Nature de l'œuvre : dessin à l'encre et aquarelle.

 

… qui est ensuite divisé en deux branches qui font et sont autant de canaux dont l'a [   ] et c'est le plus en ligne droite des canaux supérieurs est à main droite et le plus près du pont et l'autre à main gauche, séparé du précédent pendant une grande partie de sa longueur par une muraille de maçonnerie.
Le mur à droite en descendant dans ce grand canal de la Nerte a les premières assises de ses fondements en général en partie en l'air, jusqu'au dessus de la branche de ce canal la plus proche du pont, la malausse qui les soutenait en plein, et sur laquelle elles ne s'appuient à présent qu'en partie, ayant été creusée, emportée et sapée peu à peu par le courant des eaux qui a formé un vuide ou enfoncement de 4, de 6, de 7 pouces plus ou moins de profondeur, en travers et horizontalement ce qui fait des excavures, échancrures des chaussures ou défectuosités par sous œuvres dont la pente la plus élevée est le lit des premières pierres du fondement des murs.
Le dessus ou lit de ces premières pierres de deux ou trois endroits de ce mur dans l'espace de 8 à 10 pieds en dessous de la pierre rectangulaire, et au dessus du niveau du premier terme et au dessus du long bar ou du caillou d'1 pan 3 pouces, d'1 pan 1 pouce, d'1 pan. Et à un endroit observé dans cet intervalle ci-dessous du lit de la première assise est 2 pans 1/9 plus haut que la malausse qui se trouve là aux environs en dessous du gravier formant le lit actuel du canal et à un autre endroit d'environ 1 pied seulement.
Le mur qui vient après et qui avance ainsi qu'on le voit au plan a ses mêmes premières assises ou plus basses pierres à 2 pans ¼, à 1 pan ¾ et au devant du sol actuel là tout près.
Les excavures que nous avons remarquées dans les 3 premières cannes de longueur de ce grand canal de la Nerte à gauche en descendant sont peu considérables et comme celles du côté opposé et dont nous venons de parler très indifférentes pour la largeur du canal y ayant surtout de ce dernier côté qui est celui à droite des avancements en maçonnerie qui rendent nulles à cet égard, toute la largeur de plus que ces sous cavures pourraient donner à ce canal en dessus.
La malausse qui fait partout le sol de ce canal et qui est couverte de gravier, reçoit le mur à gauche à la hauteur de 1 pan ½, et 2 pans 1/4.
Le premier terme ou dessus du long bar est plus haut que ce sol ou dessus actuel du gravier à 1 canne loin des bars d'environ 2/3 de pan et ½ pan seulement à 2 et à 3 cannes et loin des mêmes bards.
Le sol actuel en gravier au commencement de la branche du canal de la Nerte à gauche est plus bas que ce même premier terme de 2/3 de pan,…

Prise du canal Jean Natte sur le Gapeau.

 

… ce gravier à cet endroit n'a que 2 à 3 pouces d'épaisseur après lesquels on trouve la malausse.
Enfin ce premier terme est plus haut de 10 à 11 pouces qu'un endroit du sol de la branche du canal à droite à environ 10 cannes loin des bars.
Ces cinq petits nivellements sont indifférents pour la pente de ce canal et pour la dépense des eaux, on ne devrait y avoir égard que dans le seul cas où dans ces espaces nivelés, si en détail il y avait quelques endroits qui eussent une moindre pente que celle qui a été trouvée être la véritable de chacune des branches de ce canal, mais comme c'est tout le contraire, on doit regarder ces intervalles comme des petits creux et enfoncements que l'eau remplit d'abord et y passe ensuite avec la même facilité que s'ils n'y étaient point.
Nous avons enfin nivelé ces environs des bars à l'entrée de ce canal, de celui de Sarraire ou Beaulieu et dans celui des Carcés que parce que cela a été requis par les parties et ordonné en conséquence et qu'on peut par leur moyen ainsi que nous avons ci devant dit, à l'égard des petits nivellements faits dans les Carcés, comparer le niveau de ces endroits nivelés avec le dessus du gravier ou porter [   ] et avec le dessus des bards même étant élevés ainsi que nous le d[isons} en son lieu.
La branche ou le canal à droite c'est le plus près du pont, et c'est celui où nous trouvâmes la restanque à de longueur environ [   ] cannes, et de largeur à son commencement 5 pans, ensuite [   ] pans 1/3, 8 pans et près de 9 à la sortie, oblique toujours mesuré de mur à mur, et sans avoir égard pour ces largeurs, [   ] un banc de malausse qui avance pendant une assez grande longueur de chaque côté au-delà du mur ou aplomb du parement des [    ] qu'il porte, c'est-à-dire qu'il règne jusqu'à 9 ou 10 pieds du bout de la voûte du côté d'en bas, formant ainsi une banque terminée en général en demi-bahu peu régulier, large très inégale comme de 2 pans et au dessus, ce rétrécissant ainsi de ce canal et [    ] réduisant au fond et sur le sol qui est aussi en malausse à la largeur moyenne de 4 à 5 pans.
À 8 ou 10 pans loin de l'extrémité inférieure de ce canal qui est aussi voûté et du côté gauche en descendant on trouve le fenestrage d'un des canons du moulin à Nerte non en état, lequel a de largeur 2 pans ½ sur la hauteur d'environ 2 pans. Immédiatement au dessous de cette ouverture ou fenestrage et en travers presque carrément de ce canal de la Nerte, il y a une feuillure ou battant irrégulier qui exhausse peu et inégalement le sol de ce canal, et formé par des blocs de rochers qui sont à cet endroit, et qui semblent avoir été préparés ainsi par rapport à la feuillure seulement ou pour fixer la hauteur de ce sol, ou pour faciliter l'emplacement d'une vanne, d'une petite digue, retenue ou restanque pour diriger les eaux dans le précédent fenestrage ou pour les exhausser jusqu'à une certaine hauteur qui dans certain cas pourrait paraître nécessaire.
La restanque
C'est en cet endroit que nous avons trouvé la restanque laquelle avait occasionné un engravement et délaissement au fond du canal dont le lit par ce moyen avait été fort exhaussé en comparaison de ce qu'il est dès que cette restanque est abattue et ce canal récuré jusqu'au ferme qui est en malausse et fixé par les précédents rochers, lesquels sont ensuite soutenus et contigus rendant tout le reste du sol du canal, en dessous qui est ainsi en roc dur et inégal, jusqu'au lit de la rivière où c'est là le seul rocher que nous ayons trouvé dans tous ces différents canaux, même dans celui de Sarraire ou de Beaulieu.
Les banquettes qui portent les murs de ce canal de la Nerte ainsi que nous l'avons dit, pendant la plus grande partie de leur longueur, sont plus élevées que le sol de ce canal entre ses banquettes de 1 pan 1/3, de 2 pans et de 2 pans ¼, c'est-à-dire que les premières assises de ces murs sont d'autant plus hautes que ce sol, et par conséquent plus hautes en général d'environ 8 pouces plus ou moins que le premier terme ou dessus du long bard ayant souvent remarqué que deux moulins à farine de M. le Marquis de Solliès travaillant de même que celui de la Nerte, et que la restanque étant à la hauteur qu'elle doit être les deux canons du moulin à Nerte non en état étant bouchés, la surface des eaux arrêtées et ayant peu de mouvement arrivait environ à cette hauteur du dessous des murs et du dessus des banquettes et alors elle a environ 7 pans d'épaisseur ou de hauteur en dessus dudit long bard ou premier terme.
On doit regarder comme un même canal, le grand canal de la Nerte, dont la longueur a été trouvé d'environ 4 cannes, avec le canal dont il est maintenant question, c'est-à-dire celui où est la restanque, ajoutant cette longueur de 4 cannes avec celle de 8, pour ce dernier canal, on aura pour longueur totale de ce canal de la Nerte 12 cannes.
Le dessus des bards doit nécessairement être pris et regardé comme le sol du canal, puisqu'ils servent de lit au courant, mais attendu l'irrégularité de leur surface, nous nous règlerons toujours sur l'endroit du long bard choisi pour repère sauf quand il le faudra d'avoir tout l'égard convenable à cette irrégularité de laquelle nous parlerons ailleurs.
Ce premier terme ou dessus dudit long bard est plus haut d'1 pan, 1 pouce et 8 lignes que le seuillet du fenestrage qui est auprès de la restanque et ce seuillet est plus haut de 2 pans, 3 pouces que le seuillet de la martelière qui a été faite pour dégorger dans la rivière les eaux du moulin à Nerte non en état.
Ainsi depuis le dessus du long bard jusque sur le seuillet de cette martelière ou fuyant de ce moulin à Nerte non travaillant il y a une pente de 3 pans, 4 pouces et 2/3.
Retranchant de ce nombre environ 1 pan ½ pour l'épaisseur verticale des cuilliers du roudet de ce moulin, s'il était en état de travailler pour le vuide en dessous de ce roudet prenant pour [   ] ferme ce seuillet ou pour compenser ce que ce même seuillet est plus bas que la rivière vis-à-vis restera 2 pans un peu plus pour pente totale de ce moulin, depuis le premier terme en dessus du long bard jusqu'au dessus du roudet à remplacer, lequel nous avons trouvé rompu, pourri et enfin hors d'aucun usage de même que le reste des canons qui recevaient autrefois apparemment les eaux pour le mettre en mouvement.
On doit ajouter à cette pente la hauteur ou l'épaisseur de l'eau au dessus du long bard dans le cas où ce moulin travaillerait et cette hauteur ou volume d'eau plus les 2 pans ci-dessus, en feraient la chute ou pente totale. S'il en était à l'égard de ce moulin lorsqu'il travaillerait ce qui en est à l'égard de l'autre quand il travaille pour une épaisseur d'eau à ajouter, il faudrait que [   ] fut environ 7 pouces lorsque deux moulins à farine travaillent c'est-à-dire que cette pente au lieu de 2 pans, serait 2 pans ¾ bien près ;
La pente de 1 pan, 1 pouce et 2/3 que nous avons trouvée depuis le dessus du bard au 1er terme jusque sur le seuillet du fenestrage qui est auprès de la restanque étant distribuée et répa[rtie] également dans la distance d'environ 11 cannes, qu'il y a d'un endroit à l'autre, donne près d'1 pouce pour la pente de chaque canne de cette partie de canal qui peut et doit être rega[rdée] comme un canal entier en prenant ce fenestrage pour son issue pour avoir la pente de ce même canal indépendamment de [ce] fenestrage sans avoir égard à ce seuillet et ne supposant dans ce calcul aucune restanque nous avons trouvé que le 1er terme au dessus du long bard était plus haut de ¾ de pan, que ce dessus de l'endroit le plus élevé de la feuillure du rocher qui est en travers du canal en dessous de ce fenestrage et que ce dernier endroit jusque au dessus de la surface des eaux de la rivière vis-à-vis de l'extrémité de ce canal et 3 cannes plus loin que cette extrémité il y a 2 pans et 1 pouce de pente, ce qui donne pour pente totale de ce canal long de 15 cannes compris les trois prises dans le lit de la rivière 2 pans et 8 pouces, c'est-à-dire 1 pouce et ¾ pour chaque canne.
Nous n'avons pas du déterminer ce nivellement précisément à l'extrémité de la voûte, attendu l'inégalité des blocs de rochers qui ferment le sol en cet endroit, ce qui peut cependant être regardé comme indifférent eu égard à l'irrégularité du sol dont la pente est si inégalement distribuée, ainsi pour trouver celle de chaque canne de ce même canal, on doit se régler sur celle qu'il y a depuis le premier terme au dessus du long bard, jusqu'au dessus de ladite feuillure, qui est l'endroit le plus élevé du lit du canal et loin de 11 cannes de ce même 1er terme, c'est-à-dire que la véritable pente de ce canal ayant égard à tout ce que de raison est de 7 lignes de pouce un peu plus par canne, regardant comme indifférente ou peut s'en faut celle qu'il y a depuis cette feuillure jusqu'à la rivière quoiqu'elle soit de huit à neuf fois plus grande, ce qui nous empêche de dire qu'il ne s'en faut de rien du tout, ce que pendant cette petite longueur de 11 cannes les eaux peuvent en quelque façon être un peu attirées par la trop grande rapidité de celles qui les précèdent.
Pour savoir la pente qu'il y a depuis les roudets des moulins à farine jusqu'à l'eau de la rivière vis-à-vis de ce canal de la Nerte, il n'y a qu'à ajouter les 2 pans et 9 lignes de pente, que nous avons trouvé depuis le dessus de ces roudets jusqu'au dessus du long bard, avec les 2 pans et 8 pouces aussi de pente depuis ce bard et jusqu'à la rivière et l'on aura pour pente totale 4 pans 8 pouces 9 lignes, de laquelle retranchant de 14 à 15 pouces qui est la distance trouvée depuis le dessus des mêmes roudets jusqu'à la superficie de l'eau dormante en dessous, on aura 3 pans, 3 pouces, 5 lignes pour la pente depuis le dessus de cette eau dormante prise ici avec raison pour sol ferme en dessous des roudets jusqu'à l'eau de la rivière.
Pour raison de ces deux calculs les bards ne font absolument rien à la pente depuis le dessus ou le dessous de ces roudets jusqu'à la rivière et on ne doit avoir égard à leur épaisseur que dans le cas où quelque nivellement commence ou finit sur leur surface supérieure attendu qu'alors on trouve de plus ou de moins de pente de ces bards ce que l'on peut calculer sur ce que nous avons dit ou que nous dirons encore sans vouloir entrer dans un trop long détail.
La branche du canal de la Nerte à gauche du grand canal, c'est-à-dire celle qui est à côté du canal dont nous venons de parler et qui donne l'eau à trois canons a de largeur à son entrée, environ 7 pans, ensuite 6 pans et quelques pouces, elle est voûtée et il y a que quelques échancrures ou excavures au dessous des murs, lesquels ne font rien de tout pour le plus ou le moins de largeur de ce canal, dont le sol est en malausse couverte en général de quelques pouces d'épaisseur de gravier en servant cette malausse de fondement aux murs.
Ce canal continue jusqu'à la rivière presque en ligne droite aboutissant ainsi à la martelière du fuyant du moulin à Nerte non en état ; mais dans son cours presque de 5 à 6 cannes loin de son commencement, il est coupé par un mur solide et bien épais à travers duquel on a en le construisant pratiqué une ouverture ou fenestrage pour un des canons du moulin à Nerte non en état lequel était mis en mouvement par les eaux que lui fournissait ce canon, et celui qui est auprès de la restanque, ainsi que nous l'avons dit en parlant de l'autre branche du canal de la Nerte.
Ce canal à gauche après une longueur d'environ 4 cannes se replie angulairement du côté du midi par deux différents canaux ou simples conduits, attendu le peu de hauteur de leurs voûtes, chacun de ces conduits par une ligne courbe et irrégulière porte l'eau à un des canons du moulin de la Nerte aujourd'hui travaillant et vuidant ensuite les eaux de son fuyant dans la rivière par deux endroits différents ainsi qu'on le voit au plan.
La pente que nous avons trouvée depuis le dessus du long bard ou premier terme jusqu'au dessus du roudet de ce moulin est de 1 pan, 4 pouces un peu plus, à laquelle ajoutant 7 pouces pour l'épaisseur ou hauteur du volume d'eau qu'il y a ordinairement au dessus dudit long bard quand ce moulin travaille et que deux de ceux à farine de M. de Solliès travaillant aussi et que les deux canons de l'autre moulin à Nerte sont bouchés on aura 2 pans, 2 pouces un peu moins pour la pente ou chute totale du moulin à Nerte travaillant.
Le dessus du roudet de ce moulin est un peu plus haut que le dessus du seuillet de la martellière qui vuide dans la rivière, une partie des eaux du fuyant, cette hauteur d'1 pan comprend l'épaisseur verticale des cuilliers et la distance depuis leur dessous jusqu'au dessus de ce seuillet qui fixe ici le niveau du sol en dessous du roudet. Maintenant pour déterminer la pente de ce canal par rapport à la vitesse qu'elle peut donner aux eaux de laquelle dépend la quantité de l'écoulement, il faut diviser près de trois quart de pente que nous avons trouvée depuis le dessus du long bard jusqu'au dessus du seuillet de la martellière d'un des canons de ce moulin par les 12 ou 13 cannes qu'il y a d'un endroit à l'autre, et l'on aura près de 7 lignes de pouce de pente pour chaque canne de ce canal, ce qui revient à la même pente à peu près que celle qu'a le canal où est la restanque.
Les largeurs moyennes de ces deux branches du canal de la Nerte étant plus que de 8 pans et ¼, on peut dire que celle du grand n'est point diminuée par celle des canaux auxquels il est ensuite divisé, mais comme en supposant la restanque en état, la largeur du canal où elle est, doit être prise à l'endroit le moins large c'est-à-dire au fenestrage qui lui sert d'issue. Ce sera donc la largeur et la hauteur de ce fenestrage qui sera celle de ce canal, laquelle doit être encore réduite au vuide du canon qui devrait y être si le roudet était en état, et que ce moulin dût travailler, mais en ce cas, il faudrait avoir égard à la pente de ce canon dans sa longueur, et comme elle serait plus rapide, ainsi qu'on peut le calculer sur nos nivellements que celle du reste du canal, cette rapidité serait regardée comme une augmentation de largeur de l'issue de canon, n'étant question dans ces mesurages que de dépenses d'eau ou de plus grand et de plus petit écoulement.
On peut dire la même chose à l'égard des trois fenestrages ou martellières et de leurs canons auxquels paraît la branche du canal que l'on trouve à côté de celui où est la restanque.
Il est aisé de comprendre que les deux fenestrages du moulin à Nerte: le plus près du pont étant sans canon et beaucoup plus grand que l'issue des canons qu'on peut y mettre ordinairement ayant d'ailleurs la même pente puisqu'il est un fuyant commun, [    ] donnent et reçoivent une quantité d'eau infiniment plus considérable et en même proportion que leur ouverture, celle d'un de ces fenestrages étant environ neuf fois plus grande que celle de l'issue des canons, on peut dire qu'elle peut recevoir neuf fois autant d'eau.
Nous avons fait toutes les observations convenables pour po[uvoir] assurer sans risque que pour faire travailler le moulin à Nerte aujourd'hui en état, il fallait que la restanque dont nous avons ci-devant parlé fut élevée à une certaine hauteur, il nous a paru que jusqu'à présent on avait eu aucune règle pour cette élévation ayant trouvé cette restanque tantôt plus haute tantôt plus basse, ce qui ne doit point être ainsi, ce nous semble, puisque quand elle est trop basse le moulin à Nerte est d'autant mo[ins] chargé et à d'autant moins de vitesse, et dans certains temps de l'année une quantité d'eau peut verser en dessus de la restanque augmenter ainsi celle de la rivière, et attirer et diminuer celle du canal de Sarraire ou de Beaulieu, et quand elle est trop haute elle augmente le poids de l'eau qui fait tourner le moulin de la Nerte et en même temps la quantité du courant de celle du canal de Sarraire ou de Beaulieu au préjudice de celle qui devrait suivant notre hypothèse, versée naturellement en dessus de cette restanque selon qu'il y a plus ou moins de moulins qui travaillent p[   ] et que la rivière est plus ou moins abondante, on doit cependant prendre garde en voulant donner au moulin à Nerte toute l'eau dont il a besoin, de ne lui donner que celle qui lui est nécessaire, afin que son roudet ne soit point incommodé et submergé en partie par la trop grande quantité et ait toute la vitesse possible eu égard au peu de pente de ses fuyants, cette dernière réflexion selon nous assez importante pour mériter d'être regardée et prise pour règle de la hauteur que cette restanque doit avoir, sans cependant prétendre rien décider, en conséquence, mais seulement parce qu'il convient quand il s'agit de déterminer et d'établir quelque écluse [   ] d'avoir des fondements qui le soient aussi, nous avons donc ayant égard à tout ce que nous venons de dire [   ] devoir fixer la hauteur de cette restanque en manière que son dessus soit plus élevé de près d'un pouce que le parement inférieur ou dessous du lhitaud du fenestrage du canon là tout près, et lui étant soutenu à cette hauteur et le fuyant du moulin à Nerte assez récuré,ce moulin travaille avec toute la vitesse possible et comme il faut en toute façon, la trace du tuph qui est dans ce canal de la Nerte, paraît alors plus élevée d'environ 2 pouces que le dessus de cette restanque ce qui prouve qu'elle a été pendant longtemps construite au hasard et plus haute souvent qu'il ne fallait suivant ce que nous venons de dire.
Quand elle est de la hauteur que nous avons déterminée que le moulin à Nerte aujourd'hui en état travaille et que l'eau que fournit les Carcés est suffisante pour cela, montant à la hauteur de la restanque sans verser et passant dans le canal de Sarraire et de Beaulieu comme elle le doit naturellement nous avons observé que la surface de l'eau dans la branche du canal de la Nerte où est la restanque paraît sans mouvement et au même niveau dormant, ce qui ne saurait être autrement n'ayant point d'issue de ce côté-là en supposant le fenestrage qui est dans ce canal bouché à propos, mais dans le canal qui est à côté du précédent, quoique l'autre fenestrage du roudet non en état soit aussi bouché l'eau y a un mouvement à peu près semblable à celui qu'elle a dans le canal de Sarraire et de Beaulieu, ce qui est occasionné par la vuidange des eaux dans ce premier canal, dont les deux canons sont alors ouverts.
Nous disons dans la suite quel nombre de moulins doivent travailler à la place, afin que celui à Nerte puisse avoir de l'eau suffisamment quoique la restanque soit de la façon qu'elle doit être et nous disons ici que dans le cas où ces mêmes eaux seraient assez abondantes pour fournir suivant la hauteur de la restanque au canal de Sarraire ou de Beaulieu au moulin à Nerte aujourd'hui en état et à l'autre moulin de ce nom le plus près du pont, cette même restanque serait aussi absolument nécessaire pour faire travailler ce dernier moulin s'il était en état, on ne pourrait même s'en passer, s'il fallait qu'il travaille tout seul, le regonflement qu'elle occasionne étant très nécessaire en toute façon et dans ces deux derniers cas elle doit être placée en dessous du fenestrage de ce moulin non en état et préférablement à tout autre endroit au dessus de la feuillure ou battant en rocher dont nous avons ci devant parlé, au lieu que lorsqu'il n'y a que le seul moulin à Nerte aujourd'hui en état qui travaille, il est indifférent qu'elle part qu'elle soit pourvu qu'elle se trouve dans cette branche du canal le plus propre du pont.
Les deux moulins de la Nerte
Nous n'avons trouvé que quelques restes et débris du roudet et du canon du moulin à Nerte qui ne peut travailler à présent ils ne sauraient être raccommodés ni servir en aucune façon et comme les canons au moins étaient nécessaires pour certaines opérations nous avons été obligés d'en faire des neufs. Dans le moulin il y a une meule gisante, c'est-à-dire celle qui est bâtie et encastrée dans un massif de maçonnerie formant une partie du sol, à cela près qu'elle déborde et le surmonte inégalement de 6, de 8 et de 12 lignes. Son diamètre est de près de 4 pans, 2 pouces, elle paraît avoir servie assez longtemps, et depuis longtemps aussi n'avait été d'aucun usage, elle a encore à son centre son moyeu de bois de 6 pouces de diamètre sortant environ 4 pouces ½ et percée d'une ouverture de 36 lignes.
Contre l'un des murs de ce moulin nous avons trouvé une meule mobile qui paraît être celle qui serait mise de chant si le moulin travaillait, son diamètre est de 3 pans ¼ son épaisseur au bord est d'1 pan ½, moins 7 lignes de pouce et de 4 lignes de moins, au centre où elle est percée d'un trou de 7 pouces et ½ de diamètre occupée par un moyeu de bois percé aussi d'une ouverture de 3 pouces. Cette meule est encore en bon état et paraît n'avoir pas travaillée longtemps, elle est de la même qualité que la gisante c'est-à-dire l'une et l'autre très dure. Il n'y a de plus dans ce moulin que l'arbre traversant qui est placé à environ 7 pans au dessus de la meule gisante.
Dans le moulin à Nerte qui est aujourd'hui en état et qui travaille, nous avons trouvé une meule gisante encastrée dans un massif de maçonnerie paraissant fort usée ayant un diamètre d'environ 4 pans, son moyeu fort usé, son arbre vertical et le traversant et la meule de chant en place, épaisse d'1 pan, 3 pouces et 6 à 7 lignes et du diamètre sur sa face apparente et plus éloignée de l'arbre de 2 pans, 3 pouces et ½ mesurée de bord à bord et s'en y comprendre la convexité qui est sur son épaisseur, l'autre face auparavant verticale a 2 pouces de diamètre de plus enfin cette meule est très usée et comme la gisante d'une pierre très dure.
Dans ce même moulin, il y a une vieille pile ou auge de pierre de taille rompue aux bords, nous paraissant de peu ou point d'usage ayant un diamètre sous œuvre de 2 pans ½ sur 3 de profondeur, non compris l'épaisseur de son fond un cuvier ou cuve de bois vuide cerclé de fer et du diamètre de 5 pans et ½, sur la profondeur de 3 pans et ¼ un peu moins le tout dans œuvre.
Un autre cuvier de la même nature un peu plus grand que le précédent, ½ pan moins profond y ayant lors de cette observation une certaine quantité d'une herbe qu'on nous a dit être appelée nerte…

Plan cadastral du canal des Sauvans en 1919.

 

… et avoir servi à habiller les peaux. Plus une roue de 16 dents avec son arbre d'environ 6 pans de longueur, non compris celle du pivot de fer qui est au bout le plus près de la roue.
Une lanterne à 7 fuseaux jointe par une barre de fer de 6 pouces et ¼ de longueur à une machine de bois à 4 ailes que nous avons trouvée aussi sert par le moyen de la précédente roue à corroyer les peaux.
Canal de Sarraire ou de Beaulieu

Le canal de Sarraire ou de Beaulieu qui est à la gauche de celui des Carcés et séparé de celui de la Nerte par deux murs de maçonnerie qui se joignent angulairement faisant chacun un des côtés de ces canaux à son entrée très irrégulière ainsi que nous l'avons dit ailleurs. Il y a de largeur à cet endroit 12 pans, 1 pouce et un peu plus.
À 7 ou 8 pans loin de l'angle en bâtisse formée par la rencontre de ces deux murs cette largeur prise carrément n'est plus que d'environ 10 pans.
À 4 cannes et 6 pans après c'est-à-dire à l'endroit où finit la partie voûtée de ce canal, cette largeur est réduite à 6 pans et 1 pouce.
De 40 à 50 cannes après, le canal n'a plus que 4 pans et ¾ de largeur, et à l'endroit où il cesse d'être formé par des murs, et où il est traversé obliquement par un ponceau, il a 5 pans et ½ de large.

Largeur de la martellière de M. Sénès

La largeur de la première martellière ou espacier en travers de ce canal est de 5 pans et 3 pouces ½.
Comme à côté de cette martellière située dans la propriété du sieur Albert, il y a des prises d'eau pour les arrosages dudit sieur Albert et qu'il en est de même à l'égard de divers autres particuliers avant que d'être aux autres martellières de ce même canal. On aura égard pour la largeur qu'on doit lui accorder pour raison de la dépense de l'eau qu'aux diverses mesures ci devant prises c'est-à-dire qu'ayant égard à tout ce que de raison, et pour objet le plus ou moins d'eau que peut dépenser ce canal, on peut dire que sa largeur est de près de 5 pans.
Sous presque toute la longueur de la partie voûtée de ce canal, et sous le mur le plus près de la rivière, il y a des sous cavures et refoulements qui le font porter à faux pendant une partie de son épaisseur, elles ont été formées par le courant ou plutôt par le tournoiement des eaux qui peu à peu a emporté et creusé dans la malausse qui sert de fondement à ce mur déchaussé et en reçoit les premières assises à 6, à 8 et à 10 pouces au dessus du niveau du premier terme au dessus du long bard.
À 8 ou 10 pieds avant que d'être à la fin de cette partie de canal voûté, il y a un endroit où la malausse servant de fondement au mur, avance plus que le parement de ce mur ce qui rend nulle par rapport à la largeur de ce canal, toutes les excavures dont nous venons de parler, preuve que c'est le tournoiement des eaux qui les a faites et non le courant qui doit être bien peu rapide et fort doux en cet endroit, n'ayant pas sapé et excavé aussi facilement qu'ailleurs une malausse qui n'a que la même dureté.
Le mur à gauche de cet endroit voûté de ce canal, est aussi fondé sur la malausse qui est très peu sapée et échancrée, ce qui est indifférent pour la largeur du canal, non seulement parce qu'il est encore plus large en cet endroit qu'en dessous, mais parce que quelques parties de cette malausse avancent presque autant que le parement du mur et que le courant n'est point de ce côté-là, ce que l'on peut voir au plan, avec plus de facilité que l'on en trouvera ici quand même nous ferions un discours exprès sur cela.
Après la fin de l'endroit voûté et dans le canal ouvert les murs sont aussi fondés sur la malausse et ont leurs premières assises d'environ 1 pan plus hautes que le niveau du caillou ou premier terme et que le sol actuel d'environ 1 pan et ½, et 1 pan 1/3, 1 pan.
Quelques inégalités et avancements de la malausse en quelques endroits rendent indifférentes par la largeur du canal toutes les sapes, excavures, déchaussures et échancrures en dessus. Quelques endroits des murs de ce canal ouvert à plus grande distance de la partie voûtée paraissent avoir été repris par sous œuvre portés sur la malausse, peu excavés, sapés ou échancrés, ce qui cependant eu égard à tout ce qui est raisonnable a été trouvé être très indifférent pour le plus ou moins de largeur.
Ce canal est traversé en divers endroits par de petits ponts, gorges ou rigoles pour porter les eaux pour l'arrosage d'une partie des terres situées entre le canal et la rivière de Gapeau. Dans l'intervalle entre le commencement de ce canal et son premier espacier ou martellière nous avons trouvé un petit canal d'arrosage qui est nourri par les eaux du béal auprès des puits des moulins de la place.
Ce même béal fournit encore en partie à une autre rigole qui traverse aussi le canal de Sarraire ou Beaulieu, et qui reçoit aussi des eaux du canal des Fillols. Une autre rigole traverse aussi le même canal et porte des eaux dérivées du canal des Fillols.
Dans l'espace qu'il y a depuis le premier espacier de Sarraire et de Beaulieu et jusqu'au neuvième que l'on peut regarder comme la première martellière du canal propre de Beaulieu, attendu qu'à côté de cette martellière en est une qui peut être appelée la première du canal propre à Sarraire dans cette espace disons nous, il y a 6 petits ponceaux ou rigoles d'arrosage qui traversent ledit canal de Sarraire et de Beaulieu et qui dérivent les eaux du canal des Fillols.

Le canal du Sarraire ou de Beaulieu

Au commencement du canal de Sarraire et de Beaulieu et à gauche y entrant, nous trouvâmes un tas de limon de sable et de gravier, long d'environ 20 pans, commençant à peu de largeur et finissant de même, il était terminé du côté dudit mur à gauche, par le mur lui-même et du côté droit par une ligne courbe et irrégulière, formée par le bord de ce même tas dans l'endroit où son épaisseur paraissait aller se confondre avec le sol actuel à côté. Ce tas commence à peu près à l'endroit où nous avons pris la plus grande largeur de ce canal, c'est-à-dire à 4 pans loin du croisillon de la voûte en descendant.
Sa largeur à 4 pans loin de cet endroit était à 5 pans ensuite, de 4 pans et ½, de 4 pans, de 3 pans et de presque rien du côté d'en bas où il finit, ces différentes largeurs prises en différents endroits expriment la partie apparente et saillante de ce tas, lors de nos observations. Au dessus de la surface de l'eau dormante des simples égouts des moulins et réduisent et diminuent d'autant la largeur du canal , en cet endroit ainsi qu'on pourra le voir au plan et juger de l'effet qu'il peut produire contre le libre courant des eaux.
Il faut cependant remarquer que cette considérable diminution de largeur, n'est que jusque à une certaine hauteur, puisque nous trouvâmes que le plus haut de ce tas n'était au dessus du niveau du premier terme que de 2 à 3 pouces moyens seulement, et qu'ainsi on peut le regarder comme un endroit du sol de ce canal plus élevé que dans tout le reste de sa longueur.
Ce tas a été formé par le dépôt et délaissement des eaux qui en entrant dans la canal de Sarraire qui n'est point dans l'alignement des Carcés, choque le mur qui est contigu à l'angle en bâtisse, réfléchissent, rebroussent et refoulent du côté du tas et font une espèce de tourbillon et tournoiement dont la vitesse est diminuée par le peu de pente de ce canal et par le défaut et la bizarrerie de son alignement pendant la longueur de la partie voûtée est de plusieurs cannes en dessous et c'est ce qui a occasionné ce dépôt et qui en occasionnera toujours de semblables dans la suite ne se pouvant autrement que lorsque pour quelque cause que ce soit les eaux seront obligées de rebrousser, de tournoyer et de rester qu'elles ne seraient sur cet endroit de ce tas, elles ne déposent la matière terrestre dont elles sont chargées, il suffit pour cela que cette matière soit, comme elle est en pareil volume plus pressante que l'eau.
La cause de ce tas ou dépôt est la même que celle du creux ou enfoncement qui est à côté depuis les environs de l'angle en bâtisse jusqu'à vis-à-vis à peu près où finit le délaissement, c'est-à-dire que ce même tournoiement des eaux à l'entrée du canal à droite en creuse le fond, en sape le mur et rabaisse le sol en cet endroit ce qui forme cette excavation qui est entre le tas et ledit mur à droite, laquelle en certains endroits nous trouvâmes de plus d'1 pan au dessous du niveau du plus haut de ce tas, et en d'autres elle était de beaucoup moins; il nous parait cependant que ce tas n'avait point été enlevé depuis longtemps et qu'ordinairement il ne doit pas être si fort élevé quand on récure tous les ans ce canal.
Ce creux ou enfoncement entre le mur et le tas doit être regardé comme le sol du canal de Sarraire et de Beaulieu par rapport à la direction du courant, il est très indifférent pour l'écoulement des eaux que cet endroit soit plus ou moins creusé, puisque ce creux une fois plein d'eau à la hauteur du niveau du sol de ce canal après l'endroit voûté, c'est le dessus de cette eau qui doit être pris pour le fond du canal à côté de ce tas, ainsi l'épaisseur du volume d'eau qui est au dessous de celle au niveau du sol après l'endroit voûté, ne doit jamais être confondue avec celle du dessus qui est la véritable que reçoit ce canal, ayant égard à sa largeur, à sa pente moyenne et au relaidement de vitesse occasionné par le tournoiement des eaux à son entrée, c'est-à-dire que ce serait commettre une erreur très grossière, s'il s'agissait de prendre l'épaisseur ou hauteur du volume de l'eau à cet endroit de l'entrée de ce canal, on mesurerait du sol ferme, cette erreur serait encore plus grande s'il s'agissait de la quantité de cette eau et de son calibrage pour le canal de Sarraire on oubliait que la largeur de ce canal ne doit point être prise en cet endroit.
On verra au plan ou les eaux prennent leur cours, ce que nous marquerons par des lignes ponctuées qui seront celles des directions des courants et que nous ne placerons que suivant les alignements pris sur les lieux et d'après les épreuves que nous avons faites en jetant sur les courants des corps plus légers que l'eau, ainsi que nous le dirons.
Après l'endroit voûté le sol de ce canal paraissait être plus chargé de gravier à proportion que dans tout le reste en dessous ce qui rendrait cet endroit d'autant plus élevé et était un obstacle de plus pour le libre courant des eaux, cet exhaussement cependant était peu considérable et peur facilement être tenu plus bas par les propriétaires de ce canal, cela étant une partie essentielle du récurage et une attention qu'ils peuvent avoir. Dans tout le reste de la longueur de ce canal, nous n'avons trouvé aucun roc qui en diminue la largeur et empêche la liberté du courant.
La pente de ce canal depuis le premier terme ou dessus du long bar jusque sur le seuillet du glacis ou canal rampant du puits du moulin de Beaulieu est de 8 pans et 3/8 de pan, et la distance d'un endroit à l'autre est de 643 cannes, ce qui reviendrait à 1 ligne et ½ un peu moins pour la pente de chaque canne de ce canal, si elle était répartie avec égalité.
On doit cependant de cette pente en retrancher environ 1 pan ¾ pour l'épaisseur ou hauteur du volume d'eau qui ce trouve sur le seuillet de la martellière du puits du moulin de Beaulieu lorsqu'il travaille, et que le puits est plein jusqu'à quelques pouces loin de son bord, c'est-à-dire comme il doit être.
On doit par la même raison augmenter cette même pente de l'épaisseur de l'eau qui se trouve sur le long bard dans les Carcés lorsque un ou deux moulins à farine de M. de Solliès travaillent, cette épaisseur à ajouter dans le premier cas est d'environ 4 pouces, deux canons du moulin à Nerte seulement étant ouvert et dans le second d'environ 7 pouces, ce qui réduit cette pente totale du canal de Sarraire ou de Beaulieu en la prenant comme nous venons de dire à 7 pans et 6 lignes de pouce et à 7 pans et 3 pouces et ½.

Nivellement du bard au seuillet de l'espacier de M. Sénès (Albert)

Mais comme eu égard aux inégalités du sol et fonds de ce canal et à tout ce que de raison on doit déterminer cette pente suivant le plus ou le moins de vitesse qu'elle donne au courant et pour cela trouvant 118 cannes de distance depuis le premier terme dessus du long bard jusqu'au dessus du seuillet du premier espacier de ce même canal, situé comme nous avons dit dans la propriété du sieur Albert et ¾ de pan de pente dans cet intervalle, cette pente étant distribuée également ne donne que 8 pans et ½ un peu moins ou 2/3 d'une ligne de pouce un peu plus de pente par canne et ce serait la véritable pente et inclinaison du canal de Sarraire ou de Beaulieu eu égard au plus ou moins de dépense d'eau occasionnée par le plus ou le moins de vitesse en supposant que le sol de ce canal à son commencement fut et dut être au même niveau que le dessus du long bard, ce que nous examinerons dans peu.
La pente qui est en dessous de cette martellière ou premier espacier quelle qu'elle soit dès qu'elle n'est pas moindre ne fait aucun changement sensible à cet égard. Si le sol de l'entrée du canal de Sarraire ou de Beaulieu ou quelque endroit en dessous et dans toute la largeur se trouvait au même niveau que le premier terme ou dessus du long bard, il n'y aurait plus rien à examiner à l'égard de ce nivellement mais comme lorsqu'il n'est question que de déterminer la pente de ce canal pour connaître par ce moyen le plus ou le moins de vitesse du courant et la plus grande ou plus petite dépense et écoulement de l'eau dans le même temps on doit dans ce cas ci regarder les bards qui sont à l'entrée du canal de la Nerte comme une partie trop basse à la vérité des bords du canal de Sarraire et de Beaulieu sans faire attention pour le temps de ce calcul au canal de la Nerte et chercher dans le premier canal l'endroit de son sol qui approche le plus du niveau et hauteur du caillou du dessus du long bard ou premier terme, or cet endroit du canal de Sarraire ou Beaulieu ne peut et ne doit être pris ailleurs qu'à environ 9 cannes loin dudit premier terme ou dessus du long bard, c'est-à-dire à un endroit plus bas d'environ 3 pouces et ½ que ledit premier terme. Ainsi retranchant environ 3 pouces et ½ des ¾ de pan de pente que nous avons trouvée depuis le dessus du long bard jusqu'au dessus du seuillet du premier espacier du canal de Sarraire et de Beaulieu et restera environ 3 pouces et ½ à distribuer dans la même longueur de 118 cannes, ce qui reviendra pour chaque canne près de 5 points de ligne de pouce ou un peu plus d'1/3 de ligne, c'est-à-dire la moitié de ce que nous avons d'abord déterminé.
Les inégalités du sol de ce canal à son commencement occasionnées en partie par le tas et les crues dont nous avons parlé nous ont obligé à aller chercher à 9 cannes loin l'endroit du sol le plus approchant du niveau du long bard, tandis qu'il aurait fallu le prendre à l'entrée même de ce canal si son courant était simple et sans obstacle.
Ainsi on doit dire que la véritable pente du canal de Sarraire ou de Beaulieu, n'est que d' 1/3 de ligne de pouce un peu plus par canne ce qui est bien peu eu égard au peu de largeur de ce canal en quelque endroit à sa grande longueur, à ses sinuosités et aux inégalités de son fonds.
En comparant cette modique pente avec celle du canal de la Nerte, on trouve que celle de ce dernier canal est environ 18 fois plus grande que celle du canal de Sarraire et de Beaulieu et en se ressouvenant que le dessus du long bard est 3 pouces et ½ plus haut que le sol de ce canal déterminé à 9 cannes loin, on trouve encore que le volume d'eau qui entre dans le canal de Sarraire et de Beaulieu a une épaisseur de 3 pouces et ½ de plus que le volume d'eau que reçoit le canal de la Nerte. cette plus grande vitesse de l'eau causée par la plus grande pente dans le canal de la Nerte et cette plus grande épaisseur d'eau dans celui de Sarraire et Beaulieu servent à trouver en quelle proportion les eaux sont reçues et dépensées dans chacun de ses deux canaux, mais pour cela il faut encore comparer leurs différentes largeurs, les différences des directions des courants et faire attention à l'irrégularité de la superficie supérieure des deux bards, nous supprimons ces calculs à présent attendue que les calibrages les renferment tous, et les réduisent en expériences.

Voici le détail du nivellement du canal de Sarraire ou de Beaulieu

Prenant pour un moment comme nous l'avons d'abord supposé le dessus du long bard pour le sol de ce canal à son commencement, du dessus du long bard ou premier terme jusqu'au dessus du seuillet du premier espacier ou martellière à travers de ces canaux,
Il y a de pente ¾ de pan ci ¾ de pan,
Et de distance cent dix huit cannes ci 118 cannes,
Nivellement du canal de Sarraire ou Beaulieu.
De ce seuillet du premier espacier jusqu'au dessus du second aussi comme tous ceux ci-après en travers de ce même canal, pente un pan et quart ci 1 pan ¼,
Distance cent cinquante six cannes, ci 156 cannes,
Du second seuillet au 3e pente trois huitième de pan ci 3/8 de pan,
Distance quarante cinq cannes, ci 45 cannes,
Du troisième seuillet au 4e pente trois quarts de pan ci ¾ de pan,
Distance dix huit cannes, ci 18 cannes,
Du quatrième au 5e pente sept seizièmes de pan ci 7/16 de pan,
Distance neuf cannes un quart, ci 9 cannes ¼,
Du cinquième seuillet au 6e, pente cinq huitièmes de pan, ci 5/8 de pan,
Distance cent dix sept cannes, ci 117 cannes,
Du sixième au 7e, pente cinq seizièmes, ci 5/16 de pan,
Distance treize cannes et demi, ci 13 cannes ½,
Du septième au 8e, pente un quart de pan, ci ¼ de pan,
Distance quarante trois cannes un quart, ci 43 cannes ¼,
Du huitième au 9e, pente un quart de pan, ci ¼ de pan,
Distance trente neuf cannes un quart, ci 39 cannes ¼
Du neuvième au 10e, deux pans trois huitièmes, ci 2 pans 3/8,
Distance soixante cinq cannes, ci 65 cannes,
Du dixième au onzième, pente un pan sept huitièmes, ci 1 pan 7/8,
Distance dix neuf cannes, ci 19 cannes,
Et c'est ici sur le seuillet de la martellière du canal rampant en glacis du puits du moulin de Beaulieu.
On peut avoir par ce détail de nivellement l'inégalité du sol de ce canal, et que la pente depuis le seuillet du 1er espacier jusqu'au moulin de Beaulieu de quelle façon qu'on la prenne on fait aucun changement au calcul que nous avons fait pour celle depuis le dessus du long bard jusqu'au dessus du seuillet du premier espacier, c'est-à-dire que cette dernière a du avec raison servir de fondement pour pouvoir déterminer la pente moyenne de ce canal, non point par rapport au nombre mais pour le plus ou le moins de dépense d'eau et c'est de quoi il s'agit à présent.
Nous avons encore nivelé le sol de ce même canal pendant environ la longueur que peut avoir celui de la Nerte prenant pour premier terme du nivellement le dessus du long bard.
De ce premier terme au dessus du long bard jusqu'à une canne avant dans ce même canal et à deux différents endroits de son sol, pente zéro ou rien à un endroit et à l'autre quatre pouces et demi, ci 4 pouces ½,
De ce même premier terme jusque sur deux endroits différents de ce sol à deux cannes loin de l'entrée du canal, pente un demi pouce, cinq pouces, ci ½ pouce, 5 pouces,
De ce premier terme jusqu'à trois cannes, avant pente quatre pouces et demi, sept pouces, ci 4 pouces ½, 7 pouces,
De ce premier terme jusqu'à cinq cannes, pente moyenne quatre pouces et demi, ci 4 pouces ½,
De ce premier terme jusque sur ce même sol à neuf cannes loin, pente trois pouces et demi, ci 3 pouces ½,
De ce premier terme jusqu'à douze cannes loin pente quatre pouces, dix lignes, ci 4 pouces, 10 lignes,
Nous avons pour raison des quatre premières stations de ce nivellement énoncé diverses pentes, que par rapport à l'inégalité du sol du canal en cet endroit.
Nous devons dire à l'égard de ces différents endroits nivelés dans cet espace de douze cannes au commencement du canal de Sarraire qu'ils sont absolument indifférents pour la pente de ce canal et pour l'écoulement des eaux, qu'ils ne doivent point être comparés avec d'autres nivellements, soit dans ce même canal, dans celui de la Nerte,…
Le barrage de la Castille est construit à partir de 1459. Le barrage de la Castille est construit à partir de 1459.

 

… celui des Carcés ou ailleurs et qui tout au plus il ne faudrait faire attention qu'à la pente de trois pouces et demi trouvée à neuf cannes loin s'il n'en avait déjà été parlé ailleurs et à la différence de la hauteur du sol aux endroits nivelés avec le dessus du gravier qui servait de lit aux bards.  Le moulin de Beaulieu a une pente ou chute de près de vingt trois pans et demi à compter de la superficie des eaux de son puits quand il est rempli comme il doit être, jusqu'en dessus des cueillers des roudets.

depuis ce dernier endroit au dessus desdits cueillers jusqu'au sol ferme en dessous du roudet, il y a un pan et trois quarts ce qui comprend l'épaisseur des cueilliers et le vide entre eux et le sol.
le puis de ce moulin a de profondeur dix neuf pans un neuvième à mesurer de son bord jusqu'à l'endroit le plus bas de son fond et de diamètre ou ouverture au haut de sept pans deux tiers.
La meule mobile a une épaisseur de six pouces au centre dit l'œil par les meuniers et quelque peut moins au bord son diamètre est de six pans et demi.
Les eaux de la rivière de Gapeau vis-à-vis des issues du canal de la Nerte, paraissent être dans un niveau dormant ou pente peu sensible pendant la longueur de cinquante cinq à soixante cannes à compter d'environ quinze cannes en dessus de la sortie de la voûte de la Nerte et en dessus du pont où commence cette eau tranquille jusqu'à plus de quarante cannes en dessous de la sortie de la même voûte où finit cette eau sans mouvement sensible.
Plus les eaux de cette rivière diminueraient plus leur mouvement serait lent et imperceptible à l'œil et plus elles augmenteraient plus le courant serait rapide, cette augmentation étant seulement de quelques pouces d'exhaussement de la surface de l'eau empêcherait sûrement la liberté du courant des fuyants du moulin à Nerte.
Les murs qui portent les voûtes sur lesquelles sont les roudets des moulins à farine de la place sont couverts et enduits d'un tuph inégal en épaisseur en dureté et en couleur.
La superficie de cet enduit est aussi en général très inégal formant des bosses et autres avancements qui rétrécissent d'autant le canal en quelques endroits. La hauteur est fort au dessus de celle du courant des eaux quand les moulins travaillent, il y a même quelques endroits de l'intrados des voûtes qui en sont couverts quoique d'une mince épaisseur.
Cet enduit est plus ou moins épais, plus ou moins inégal suivant qu'il est plus ou moins proche des roudets en bien d'endroits, il forme une épaisse de lambris en surplomb en dessus et en dessous de l'eau dormante des égouts, cause quelquefois dans ces derniers cas un élargissement du canal par le moyen des grandes sous cavures et échancrures causées par le courant, le choc et le tournoiement des eaux et cela de la manière que si ces sous cavures étaient au dessus des murs comme elles sont au dessous de cet endroit épais quelques fois de quatre, six, et huit pouces ces murs auraient besoin d'être repris par sous œuvre.
Ce tuph en corps étranger, qui est adhérent et attaché contre lesdits murs qui sont en bonne maçonnerie est formé par deux causes différentes dont l'une est le dépôt et le délaissement que l'eau fait du terrain, du sable et du limon dont il se peut qu'elle ne soit chargée dérivant d'une rivière et y puisant par un grand canal à découvert, et c'est là ce qui forme les parties de ce tuf qui sont les moins dures et les moins blanches et l'autre est la grande vitesse de l'eau causée par le poids et le choc de la colonne oblique ce qui sépare les parties hétérogènes de cette eau indépendamment de celles dont nous venons de parler et forme ainsi le tuf dur, clair et luisant et quelquefois mêmes pétrifié.
Or comme ce grand mouvement et cette grande vitesse cessent quand l'eau est à une certaine distance des roudets, le tuf qui est formé en dessous, c'est-à-dire dans les canaux qui portent les eaux des eaux des voûtes les roudets dans les Carcés, et de là dans les canaux de Sarraire et de Beaulieu et dans celui de la Nerte, n'a plus la même dureté ni la même inégalité en surface que celui qui est sous les voûtes des roudets, c'est-à-dire que ce n'est presque plus que le délaissement de la matière grossière et terrestre dont l'eau est chargée qui le forme, et c'est de là d'où vient que ce dernier tuf n'est pas si dur en général, il est composé de plus grosses parties et moins dense même que le moins dur et moins fin de celui qui est aux environs des roudets; sa couleur est aussi moins blanche, elle est d'autant qu'il est plus avant dans les canaux de la Nerte et de Sarraire ou Beaulieu où après une certaine distance, surtout dans ce dernier canal, il cesse d'être tuf pour n'être que mousse et quelquefois pure vase, et limon peu ou point pétrifié.
La hauteur de ce tuf c'est-à-dire sa distance verticale depuis son bord supérieur, jusqu'au rez de sol actuel, ou de la surface des eaux dormantes dans les endroits ou il y a des crus est de 1 pan ½, de 2 pans, de 1 pan ¾, de 1 pan ½, peu plus peu moins dans les divers endroits ou nous l'avons mesurée dans les canaux qui sont en dessus de la grande voûte des Carcès. Cette diversité de hauteur est causée sans doute par le plus épais ou plus mince volume d'eau du courant suivant que le sol est plus inégal et a plus ou moins de pente.
L'épaisseur de ce tuf dans les endroits observés est de 5 à 6 pouces auprès du sol du canal, de 3 à 4 environ à la mi hauteur de ce tuf ou endroit attaché contre les murs qui sont aussi en maçonnerie et de quelques lignes seulement et au dessous à l'endroit de la plus grande hauteur qui doit régler à quelque chose près, la plus grande hauteur des courants.
Nous avons ouvert divers sillons aux environs de l'angle en maçonnerie qui divise et sépare le canal de la Nerte de celui de Beaulieu et à cet angle même et sous l'endroit échancré et creusé, et nous avons trouvé que c'était une bonne bâtisse couverte en cet endroit d'un tuf épais de quelques lignes seulement et épais inégalement, lequel tient de la qualité de celui qui est sous les voûtes des roudets des moulins à farine et de celui qui est dans les canaux en dessous, ce qui ne se peut guère autrement, attendu que le sable et matière terrestre dont l'eau est chargée ne doit ce semble, déposer à cet endroit angulaire que les parties les plus déliées, plus subtiles et plus pesantes en pareil volume, les autres ayant une plus grande surface sont plus facilement emportées et entraînées par les courants des canaux, et délaissées à l'entrée de celui de Sarraire ou de Beaulieu, ainsi que nous avons dit en parlant du tuf que nous trouvâmes à l'entrée de ce dernier canal.
Le haut de cette trace de tuf en cet endroit angulaire est au dessus du niveau du long bard ou premier terme d'environ 1 pan et ¾, et de 3 pans et environ 1 pouce au dessus du sol ou malausse qui est au devant du coin même et qui pouvait servir de lit et de fondement à l'ancien terme.
Le bas de ce même tuf en ce même endroit est terminé à peu près à la hauteur du dessus du caillou, c'est-à-dire jusqu'à la hauteur du gravier qui peut être retenu par le long bard, de manière que l'eau avant de toucher au dessous du caillou filtre et sépare à travers ce gravier retenu par ce même bard ;
Nous avons aussi trouvé que du limon contre l'endroit du mur de l'angle en bâtisse, en appui le long bard à l'entrée du canal de la Nerte.
À quelque distance de l'angle en bâtisse allant dans le canal de Sarraire et de Beaulieu, ce tuf a avoir une plus grande épaisseur comme d'1 pouce, ensuite de 2 et de 3. Il est pendant quelques pieds de longueur très irrégulier et très inégalement épais, ce qui procure que les eaux en cet endroit ont diverse vitesse et font des tournoiements.
Sa hauteur est en dessous du reste de toute la partie voûtée de ce canal, est aussi d'environ 1 pan et ¾ au dessus du niveau du premier terme ou du long bard, et d'environ 3 pans au dessus de la malausse qui est au fond aux deux endroits que nous avons sondés.
Le tuf qui est à l'entrée de ce même canal à gauche y entrant et sous la partie voûtée est en général plus uni en surface, plus égal en épaisseur et de la hauteur d'environ 1 pan ¾ au dessus du niveau du long bard. En plusieurs endroits dans le canal ouvert la hauteur de ce tuf ou mousse sur le sol actuel, roule autour de 2 pans et ¼, de 2 pans et au dessous.
Dans le canal de la Nerte et à son commencement à gauche y entrant le tuf qui couvre aussi le mur a une épaisseur de moins d'1 pouce, ensuite d'1 pouce et plus avant de 2, même de 3 et de 4. Il a en général la surface assez régulière avec un médiocre talus, sa hauteur en delà des bards jusqu'à l'angle qui termine le grand canal est de près de 2 pans et ¼ sur le sol actuel et 1 pan et ¾ au dessus du niveau du long bard ou premier terme.
Du côté opposé c'est-à-dire à la droite en entrant dans ce canal et avant qu'il soit divisé en deux, on trouve en général un tuf très grossier à demi pétrifié ayant quelques pouces d'épaisseur couvert de la vase et du limon et en mains endroits on n'y trouve que ce limon et de cette vase et surtout où le courant est contre la malausse et où le mur est en l'air, ce qui nous a fait remarquer que ce tuf s'attache difficilement contre cette malausse. Celui qui est attaché contre la pierre rectangulaire et percée qui est à l'entrée de ce côté droit de ce même canal est très mince, il surmonte le niveau du dessus du caillou ou premier terme de 16 à 17 pouces.
Dans le canal de la Nerte où est ordinairement la restanque, le tuf et le limon formés comme nous avons dit par un plus haut d'environ 2 pans et ¼ que le sol ferme ou malausse dans les différents endroits, où nous l'avons mesuré et de plus d'1 pan que le niveau du dessus du long bard, on ne peut guère déterminer en maints endroits de ce canal, le haut de ce tuf ou limon.
Au canal qui est à côté de celui-ci, il est environ 1 pan et ¾ sur le sol actuel, il est épais en général de plus de 2 pouces fort grossiers rougeâtres en dedans et enduits d'une vase noirâtre en divers endroits.
Les bards du canal de la Nerte
Les deux bards que nous trouvâmes à l'entrée du canal de la Nerte étaient mis et posés de plat c'est-à-dire portaient sur l'une de leurs grandes faces, c'était sur la plus raboteuse. Ils sont de longueur inégale, le plus court était placé du côté droit quand on regarde le canal de la Nerte et que l'on tourne le dos à la venue des eaux et le plus long par conséquent était du côté gauche près du coin qui sépare ce canal de celui de Sarraire ou de Beaulieu.
Ce dernier bard a dans sa plus grande longueur 5 pans et ½, moins de 1 à 2 lignes, et de largeur prise du côté droit le regardant dans la même situation où nous le trouvâmes, de 2 pans et 1/3 plus environ, 9 lignes de pouce. Cette largeur prise du côté gauche n'est que de 2 pans et ¼ un peu plus. Son épaisseur est très inégale, nous l'avons prise en quatre endroits différents et trouvée de 1 pan, moins 10 lignes de pouce, au 15/16e de pan, de ¾ de pan plus 3 lignes et de 1 pan et 1/3 un peu moins.
Son parement d'épaisseur le plus long et le moins irrégulier tournait du côté des Carcés et son parement d'épaisseur le plus court et le plus régulier aussi est contigu et joignant avec le mur qui fait un des côtés de l'angle en bâtisse c'est-à-dire le commencement du canal de la Nerte à gauche y entrant.
L'autre bard était placé à côté du précédent, et à main droite entrant dans ce canal, sa plus grande longueur est de 4 pans et quelques lignes, sa plus grande largeur de 2 pans, 1 pouce et 2 lignes. Son épaisseur et comme celle du long bard, c'est-à-dire très inégale, elle est du côté gauche le regardant en place et à environ à mi-largeur de 2/3 de pan seulement, et du côté droit de 1 pan et 1/9e et de près d'1 pan et 1/2. Sa face d'épaisseur la plus longue et la plus redressée était du côté des Carcés, et celle d'épaisseur aussi la plus courte et la plus unie, était du côté droit entrant sous le canal de la Nerte.
Pour que les bards puissent dans tous les temps être mis en la même situation que nous les trouvâmes, nous avons encore observé que le plus long avait son parement du côté des Carcés, en même alignement que le caillou dont nous avons parlé et que nous avons établi pour repère permanent, que l'endroit de la superficie supérieure de ce bard a 11 pouces 9 lignes loin de son parement d'épaisseur du côté des Carcés était au même niveau que le dessus de ce même caillou que ce même bard inclinait en sa surface supérieure d'1 pouce et ½ du côté des Carcés.
Le petit bard le touchait du côté droit et était placé en manière que sa surface supérieure penchait de 9 à 10 lignes du côté de la venue des eaux. Enfin une règle mise sur toute la longueur de ces bards, et s'appuyant environ sur le milieu de leur largeur, aux deux bouts opposés et les plus éloignés, inclinaient et penchaient du côté du midi de 7/16e partie d'un pan c'est-à-dire que l'endroit du long bard pris ci devant pour repère inébranlable est près de ½ pan plus bas que la surface supérieure du petit bard à l'endroit le plus près de son bout à droite et environ sa mi-largeur. Cette même règle placée ainsi que nous le disons, laissait entre elle et les bards à l'endroit de leur jonction un intervalle, un vide d'environ 3 pouces et ½.
On voit par tout ce détail que la situation où nous trouvâmes ces bards est des plus irrégulière, et que lorsqu'il s'agit de déterminer le rapport que leur dessus a avec quelque autre point fixe, on doit faire attention que l'endroit du long bard ci devant choisi pour repère permanent et pour premier terme de tous les nivellements des canaux inférieurs est près de ½ pan plus bas que l'endroit du dessus du petit bard le plus près de la pierre rectangulaire, ce qui eu égard seulement à ce premier terme relèverait ces bards à la hauteur moyenne de près d'1/4 de pan sur ce premier terme, si leur surface supérieure était à la règle, mais n'y étant pas cela fait une différence à calculer dans le besoin.
La face du dessus du long bard peut être regardée comme redressée à la règle en travers de la largeur et comme un peu bombée sur sa longueur, on y trouve encore divers coups d'escoude ou marteau du carrier. Du côté du bord le plus près de l'angle en bâtisse, il y a un trou éloigné de 3 pouces et ½ du parement d'épaisseur de ce côté-là et de près de 7 pouces ¾ du parement aussi d'épaisseur du côté des Carcés, ce trou a un diamètre d'environ 2 pouces en haut sur une profondeur de 2 pouces et ¾, nous n'y avons trouvé aucun plomb ni autre liaison au fond, ni aucune trace aux bords, cependant on ne peut dire qu'il n'ait été fait exprès pour recevoir et y sceller le côté d'un crampon.
Les bords ou arêtes de cette même surface sont très usés et inégalement émoussés et même écornés en quelques endroits, surtout du côté à droite où l'émoussure occasionnée par l'usage et par le temps est telle que l'épaisseur de la pierre en est considérablement diminuée. Enfin cette même surface actuelle supérieure est en général assez lisse et unie et moins noire et crassée que le reste de ce bard, et aucun autre ouvrier que le carrier y a travaillé.
Le parement du dessus qui est celui qui est opposé au précédent est tel qu'il a été dérroqué, c'est-à-dire que le carrier même n'y a donné aucun coup, il a une grosse base du côté opposé au trou du crampon et le reste est fort irrégulier, ses bords ou arêtes sont émoussées et écornées en quelques endroits, elles le sont beaucoup moins du côté du bout à droite qu'à l'égard de la face supérieure, ce qui peut prouver que ce dernier côté a été plus longtemps exposé au frottement que celui du dessous.
Les parements d'épaisseur du côté des Carcés et du côté du coin en bâtisse sont à peu près à la règle, redressés seulement par le carrier et formant un angle un peu obtus, leur arête est très émoussée. Ce même parement d'épaisseur du côté de l'angle en bâtisse forme avec le plus long parement d'épaisseur du côté de la Nerte un angle encore plus obtus. Ce dernier parement est des plus irréguliers en tout sens, il est en général parsemé de bosses inégales et irrégulières et irrégulièrement placées ayant plusieurs pouces de longueur et de largeur et quelques unes environ 2 pouces d'élévation d'autres 1 pouce plus ou moins.
La face d'épaisseur qui est du côté de la jonction des bards, c'est-à-dire à droite en entrant dans le canal de la Nerte, et très irrégulière, très usée et n'a jamais été redressée en aucune façon.
Nous y avons remarqué un cran ou échancrure fait à mains d'ouvrier longue de 7 pouces et ½, profonde de 2 pouces et ½, de 2 pouces, de 1 pouce et ½ et d'autant moins qu'elle approche du lit actuel de ce bord; elle est située obliquement sur son épaisseur, s'éloignant par le haut du côté des Carcés et ayant une oblicité d'environ 2 pouces. Le centre de ce cran ou creux dans la partie la plus levée est éloigné de 5 pouces ½ du parement du bord du côté des Carcés et dans sa partie la plus proche du sol de 3 pouces et ½ seulement.
Quoique nous disions que cette échancrure ait été faite expres, nous ne pouvons point dire qu'aucun endroit du petit bard puisse s'y raccorder et y avoir le moindre rapport, dans quel sens et dans quel biais on le tourne; il est même impossible que la face du long bard que nous décrivons puisse toucher l'autre bard que pendant quelques pouces et en tout autre endroit que celui où est ce creusement ou échancrure qui est placée à l'endroit de cette face irrégulière et usée de ce bard, presque la moins saillante ainsi qu'on pourra le voir au plan géométral et au plan en carton ou en bosse où nous tracerons ces bards suivant les mémoires que nous en avons pris, on peut encore le voir par le modèle de ces mêmes bards, faits en pierre par l'ouvrier que les parties nous ont donné comme le plus expert de ce pays qui ne les a cependant imités qu'imparfaitement n'ayant pas du y travailler nous-mêmes, ainsi que cela fut déterminé avec les mêmes parties en présence dudit seigneur Commandeur pour ne pas coûter du temps ni trop multiplier nos soins qui l'étaient du reste sans sonde tant par la difficulté d'une partie des lieux où nous avions à opérer et à observer dans une saison peu propre pour cela, que par la quantité de plus de trois cents observations et opérations dont nous avons été chargé y en ayant beaucoup qui demandaient plusieurs jours et très peu qui fussent de simple spéculation , ce qui non seulement nous a donné beaucoup de peine , mais nous en donne encore à présent pour développer dix mains de papiers remplies des brouillons de ces mémoires contenant ces mêmes opérations et observations éparses et répandues et n'ayant pu les faire autrement n'étant point maître des lieux ni des eaux sur lesquelles il fallait presque toujours nous régler et qui cependant variaient fréquemment, de quelle part que vint cette variation et autres dérangements, nous avons souvent été obligés de refaire des choses qui l'avaient déjà été, ce que les parties auraient pu éviter bien des fois et diminuer par là le temps , nos soins et leur dépense.
Le petit bard dont la situation et les dimensions ont ci devant été déterminées à son parement supérieur assez régulier quoique non redressé, divers coups de coudes ou marteau du carrier s'y voient encore, il parait aussi ancien et usé le frottement et passage des eaux lui a donné comme à la face supérieure du long bard une espèce de poli.
À 3 pouces et de 2 à 3 lignes loin de l'aplomb du parement ou face d'épaisseur de ce petit bard du côté droit le regardant et sur cette même face du dessus de laquelle nous venons de parler, il y a un trou de près de 2 pouces de diamètre, sur une profondeur de 2 pouces et ¼ ; il est éloigné de 7 pouces, 5 lignes du parement d'épaisseur du côté des Carcés, il a été creusé exprès pour y fixer et arrêter un crampon quoiqu'il n'y ait aucun reste de liaison dans le fond, ni aucune trace sur le bord ou la branche du crampon dut s'appuyer pour prendre par exemple d'un côté dans le trou observé au dessus du long bard et de l'autre dans celui du petit dont nous parlons à présent et qui ne prouve point que ces deux bards n'ayant pu être joints par là, attendu que bien d'ouvriers ignorent que la branche d'un tel crampon doit être enfoncée de toute son épaisseur dans celle de ces bards en pareil cas, c'est le même manque d'entente ou d'attention qui aurait pu faire placer l'un de ces trous à environ 3 lignes de pouce plus loin que l'autre du parement ou face d'épaisseur du côté des Carcés, ce qui cependant ne conclut rien du tout contre l'usage de ces trous dans le cas présent, ou nous ne pouvons disconvenir qu'ils n'ayant été faits pour joindre les deux bars et pour les cramponner l'un contre l'autre.
La face actuellement en dessous c'est-à-dire celle qui est opposée à celle dont nous venons de parler; est très irrégulière, fort raboteuse, et telle qu'elle est venue de la carrière, ces irrégularités causent celle de l'épaisseur de ce bord.
Le parement d'épaisseur du côté des Carcés est redressé à grands coups pendant environ 5 pouces de hauteur à mesurer du côté de la large face actuellement supérieure, divers coups d'escoude y paraissent encore, elle parait usée mais moins du côté droit que du côté gauche.
Le parement d'épaisseur qui est du côté de la Nerte c'est-à-dire opposé à celui ci-dessus est très irrégulier et tel qu'il est venu de la carrière, il parait usé à l'œil, mais plus au but en certains endroits.
La face d'épaisseur qui est à la droite (c'est la plus proche du trou du crampon) est fort émoussée, elle parait plus usée que la face du dessus, et moins que celle d'épaisseur à gauche qui est tout à fait irrégulière ayant un petit avancement fait en demi sphéroïde, placé obliquement contre cette face avançant d'environ 9 lignes de pouce, et commençant à environ 5 pouces au dessous de cette même face, il est éloigné d'environ 5 pouces du parement d'épaisseur du côté des Carcés et peut avoir 2 pouces, 8 lignes de petit diamètre, on voit que cet avancement ne peut avoir été fait dans aucun dessein, il n'est point vis-à-vis (autant qu'il le faudrait) de l'échancrure que nous avons trouvée au long bard au côté vis-à-vis et près de celui dont nous parlons, y fut-il cet avancement ne saurait atteindre les bords de l'échancrure, il s'en faudrait d'environ 2 pouces, l'oblicité de l'un dans un sens, et celle de l'autre dans un autre, d'ailleurs il n'y a aucun rapport de l'ensemble ou d'une partie même de ce creusement du long bard avec cette partie saillante du petit qui nous a paru être une bosse venue peut être aussi de la carrière, ce qui est assez ordinaire.
La face d'épaisseur de ce bard du côté des Carcés forme un angle un peu plus obtus avec la face d'épaisseur qui est à droite, et celle-ci fait un angle un peu plus aigu avec celle qui est du côté de la Nerte.
Enfin ces bards très irréguliers dans leur forme, nous paraissent fort anciens et tels qu'on les apportait de la carrière les écornures que nous y avons observées n'ayant été faites ni à dessein ni par aucune violence, ils sont de pierres de taille assez dures un peu rougeâtres, cette dureté est un peu moindre aux endroits les plus usés et les plus émoussés, c'est-à-dire à l'endroit où ils se joignent en les supposant comme nous avons toujours fait dans la même situation où nous les trouvâmes, c'est-à-dire en plat portant sur un lit de gravier qui nous a paru de toute autre nature que celui que nous avons observé en maints endroits et à quelque distance des bards, c'était un terrain noir, vaseux exhalant une mauvaise odeur, mêlé de sable noir, grainé de quelque médiocre et gros gravier, de quelques grosses pierres ou cailloux qui y avaient formé des vuides qui avaient été ensuite occupés par du limon et de la vase.
On peut déterminer quelques endroits de l'inégale épaisseur de ce gravier si on le juge nécessaire en comparant le rapport de la hauteur du sol qui le portait avec la hauteur du premier terme ou dessous du caillou, ou si l'on veut avec le sol où était dit-on posé l'ancien terme et pour cela il faut avoir égard aux différentes épaisseurs des bards ci devant déterminées.
Ce gravier portait sur un sol ferme en malausse de même que tous les environs nous n'y avons reconnu aucun reste ni vestige de bâtisse ce qui n'est pas surprenant, soit parce qu'il se peut qu'il n'y en ait jamais eu ou parce que s'il y en a eu, elle aurait du être facilement et entièrement emportée quand on a remué et récuré le gravier au dessous des bars, ce qui n'aurait pas été si facile si ce gravier eût porté sur un véritable rocher contre lequel le mortier eût pu se lier.
Nous avons examiné avec soin le sol en malausse et pour pouvoir développer le rapport qu'il peut avoir avec la situation des bards, nous avons mis une longue règle à l'entrée du canal de la Nerte ayant vu de ses bouts à l'aplomb du coin ou angle en bâtisse et l'autre du parement de la pierre rectangulaire du côté des Carcés, prenant environ 4 pans de longueur auprès et le long de cette règle à mesurer dudit angle en bâtisse nous avons observé qu'une partie de cette longueur était une suite du sol en malausse venant des Carcés inclinant vers le lit des bards et l'autre partie formait une espèce de bord peu élevé, fort inégal et mal aligné qui peut aussi bien avoir été fait à dessein comme au hasard, on doit cependant eu égard à ce que dirons ci-après, plutôt croire qu'il a été fait exprès mais par un ouvrier peu entendu sans doute.
En suivant le mur du canal de la Nerte, à gauche, c'est-à-dire du côté de l'angle en bâtisse, pendant la longueur d'environ 4 pans formant à ce dernier endroit éloigné d'environ 4 pans de la règle un angle par le moyen d'une ligne d'environ 3 pans de longueur qui tendit à traverser le canal, on trouve que la malausse en cet endroit laisse un petit bord ou redent qui parait avoir été fait exprès et dans quelque vue quoique cette ligne ne soit point parallèle à la règle puisque du côté du mur elle en est éloignée d'environ 4 pans et qu'aux environs de cette distance de 3 pans de ce mur l'intervalle est d'1 pan de moins, c'est-à-dire que pour que cette règle fût parallèle avec cet espèce de bord, il faudrait qu'elle laissa le coin environ 1 pan en saillie du côté des Carcés. Après cette distance de 3 pans loin dudit mur à gauche, ce même bord continue environ 2 pans avant en travers du canal, mais en ligne courbe et irrégulière.
Tout le reste du sol jusque à la pierre rectangulaire est creusé en général si irrégulièrement qu'on ne peut dire qu'on a eu en le creusant d'autre dessein que le celui de creuser au hasard et sans règle. Le seul creusement fait exprès que nous avons observé dans cet espace est une espèce de petite fondation en forme pour asseoir à demeure un mur d'environ ¾ de pan d'épaisseur ou pour mieux dire une pierre semblable à l'un des bards mise de chant ou droite et non de plat. La profondeur inégale et irrégulière de ce creusement fait à dessein est d'environ 1 pouce en général ; il est d'autant moins profond qu'il s'éloigne de la pierre rectangulaire et après une longueur d'environ 1 pouce et ½ ce qui fait celle de cette petite fondation emplacement au lit d'une partie d'un bard de chant. Ce creusement n'a plus rien de particulier, il est confondu avec le reste du sol plus bas et très irrégulier, il semble même qu'il n'a été pratiqué que pour approcher un peu plus du niveau du sol qui se trouve un peu plus bas, mais pratiqué suivant les dimensions que nous venons de donner.
Le côté de ce creusement le plus bas à la droite entrant dans le canal de la Nerte est à l'aplomb du parement extérieur de la pierre rectangulaire ayant son bord du côté des Carcés à peu près dans le même alignement que la face de cette même pierre du côté de la venue des eaux et l'autre bord distant du précédent d'environ 9 pouces du côté de la pierre rectangulaire et d'environ 8 au côté le plus éloigné de cette pierre, ce qui fait pour la largeur moyenne de ce creusement 8 pouces et ½ dont l'ensemble sort de l'alignement de l'entrée du canal de la Nerthe et vise dans le vuide de celui de Sarraire ou de Beaulieu. Ce qui n'empêcherait point cependant qu'une pierre de chant placée en cet endroit n'alignât l'entrée du canal, il suffit pour cela qu'elle soit un peu moins épaisse que ce creux n'a de largeur.
Dans ces espaces observés à l'entrée dudit canal et du côté du coin en bâtisse et à peu de distance du mur qui le ferme en partie est un [trou] en ovale irrégulier ayant pour long diamètre 18 à 20 pouces et pour petit environ 1 pied et la profondeur de plus d'1 pan au dessous du niveau du sol qui est au devant du coin en bâtisse, c'est-à-dire du sol où était, dit-on, l'ancien terme, lequel sol est plus bas de 12 pouces et ½ que le premier terme ou dessous de long bard, ce que nous répétons ici afin qu'on puisse voir facilement de combien ce dessus de bard est plus élevé que les endroits du sol ou lit en malausse de ces mêmes bards et que le dessus du gravier qui les portait est de combien ce gravier est plus haut ou plus bas que ce sol où était cet ancien terme.
Le lit de ces bards à le prendre sur la malausse ou porte le gravier et savoir :
À 2 pans environ loin de l'angle en bâtisse suivant le long de la règle dont nous avons parlée 1 pouce plus haut que le sol où était l'ancien terme, est de 1 pouce plus bas que le bord en malausse vis-à-vis.
À environ 4 pans loin dudit mur à gauche et entre ladite règle et le bord ou redent qui lui est opposé. Ce lit ou sol en malausse est à peu près au niveau dudit sol où était l'ancien terme.
À environ 2 pans loin de l'aplomb de la pierre rectangulaire, ce sol est environ 1 pouce et ½ plus haut que le niveau du même endroit du sol où était l'ancien terme au devant du coin en bâtisse.
Enfin ce même sol est plus d' 1/4 de pan plus haut à l'aplomb même de la grande face extérieure de cette pierre rectangulaire que ce sol où l'on dit qu'était cet ancien terme.
Les creusements dont nous venons de parler et sur lesquels portaient en partie les bards ou le gravier qui était entre deux, peuvent du côté du coin en bâtisse avoir été faits pour y asseoir une maçonnerie d'environ 3 pans de largeur qui peut suivant l'objet qu'on proposait en le construisant, supposé qu'elle l'ait été, avoir été terminée par les bords même unis de plat et arrêtés l'un contre l'autre par un crampon de fer qui aurait pu prendre dans les trous à cet usage desquels nous avons donné les dimensions, on voit que dans ce cas ci afin que ces deux trous fussent voisins et le long parement régulier des bards du côté des Carcés, il aurait fallu mettre le long bar du côté de la pierre rectangulaire ce qui aurait été indifférent dans la présente supposition.
Cette même maçonnerie aurait du vraisemblablement être continuée jusque à cette même pierre et barrer ainsi l'entrée du canal de la Nerte ou en exhausser le sol, mais les observations que nous avons faites sur ce même sol du côté de cette pierre rectangulaire semble détruire les réflexions que nous venons de faire qui tendent à penser comme nous l'avons dit, que les bards avaient été mis en plat tandis que la fondation de 8 pouces et ½ de largeur sur la profondeur d'environ 1 pouce et la longueur d'1 pouce et ½ trouvée du côté de cette pierre pourrait faire penser que ces mêmes bards ou quelques pierres approchantes auraient pu être mises de chant et sur leur épaisseur.
Le trou ovale que nous avons trouvé dans ce sol parait absolument indifférent pour tout e que nous venons de dire on ne peut imaginer qu'il ait pu être fait pour autre raison que pour pouvoir, attendu qu'il est situé dans un endroit bas, tenir à sec le reste de ce sol dans le temps qu'on y bâtissait, supposé qu'on y ait bâti, mais pour un tel usage il aurait du être placé tout autre part, d'ailleurs, il faut supposer pour cela qu'il y ait des eaux qui empêchaient la construction ne pouvait ou pas obvier autrement à cette difficulté ? Aurait-on fait un tel trou pour enlever quelque partie trop molle de la malausse qui se serait trouvée là comme le [berzin] à la pierre ! Dans ce cas on aurait donc regardé ce sol comme celui de la fondation de quelque bâtisse.
Enfin une partie de ce sol du côté du coin en bâtisse porte à croire que les bards n'ont jamais été de chant et une partie de ce même sol du côté de la pierre rectangulaire semble prouver qu'ils n'ont jamais été de plat.
Pour faire mettre es deux bards de chant et en long, c'est-à-dire sur leur épaisseur à l'entrée du canal de la Nerte, soit pour les épreuves qui devaient être faites, les bards ainsi élevés, soit pour autres observations, nous avons trouvé que eut égard à tout ce que de raison ainsi que nous le disons dans peu, il fallait les faire porter sur leurs longues faces d'épaisseur les plus régulières, c'est-à-dire sur celles qui étaient du côté de la Nerte quand ils étaient de plat, qu'il fallait que leur grande face sur laquelle est le trou du crampon tournant du côté des Carcés que les deux parements d'épaisseur auprès desquels sont lesdits trous de crampon fussent joints et contigus de manière qu'il n'y eut qu'environ ¾ de pouce de distance d'un trou de crampon à l'autre et enfin que le long bard devait être du côté du coin en bâtisse où était dit-on l'ancien terme et le petit bard, par conséquent du côté opposé qui est celui de la pierre rectangulaire.
Ces deux bards ayant été mis en cette situation leur dessus en parfait niveau et leur jointe du lit, c'est-à-dire celui formé par le sol et la face irrégulière des bards s'y appuyant garnie avec de la bonne argile dans le même goût et de la même épaisseur à peu près que si on avait du y mettre du mortier ayant fait remplir certains vuides causés par les irrégularités des bards du sol et presque tous pendant seulement une partie du lit de ces bards par le moyen de quelques pierrailles et cailloux et d'autres polis, petits avec des simples écailles, enfin nous avons fait faire à cet égard avec de l'argile tout ce qu'il faudrait faire avec du mortier s'il était question de poser ces bards à demeure en cette situation sans prétendre les élever ni les abaisser sensiblement au dessus de la hauteur qu'ils doivent avoir naturellement étant mis sur ce sol sur lesquels quelques endroits des bards portaient à l'épaisseur près du lit d'argile ou de mortier qui dans ces endroits chargés d'un assez gros poids n'aurait du rouler qu'à quelques lignes d'épaisseur ainsi que cela était à l'égard de l'argile, le dessus de ces mêmes bars situés et posés de chant et ainsi que nous venons de le dire étaient plus élevés de 2 pans et 1/4 et quelques lignes de pouce que le sol en malausse à l'aplomb du coin ou angle en bâtière où était dit-on l'ancien terme, on aurait pu mettre ce dessus ces dits bards précisément à 2 pans et ¼ de hauteur au dessus du niveau du sol ferme au devant et à l'aplomb du coin ou angle en bâtisse, mais il a fallu le laisser un peu plus élevé par la raison qu'ayant remarqué que cet endroit du sol à l'aplomb de l'angle pendant un petit espace était un peu plus enfoncé que ses environs et que l'ancien terme devait nécessairement prendre et porter sur ces derniers endroits.
Les parties après quelques constatations à ce sujet conviennent en présence dudit seigneur Commissaire, que nous partagerons à peu près cette différence et que nous donnerons à ces bards quelques lignes de hauteur de plus que nous aurions fait si ce sol en malausse eut été plus égal et plus horizontal.
On voit par ce que nous venons de dire que malgré les irrégularités du sol en malausse à l'entrée du canal de la Nerte et les irrégularités du lit des bards, ces mêmes bards se trouvent presque aussi précisément qu'il est possible à la hauteur de 2 pans ¼ au dessus du sol où était l'ancien terme.
Les termes de la fin du rapport de M. Floquet sont ainsi :
« Enfin tel est notre rapport ou relation dont chaque feuillet est côté et marqué de notre main du nombre qu'il lui convient ayant toujours opéré et observé en présence dudit seigneur Commissaire et fait tout ce qui nous a été possible pour que ce fût avec autant de précision que le cas l'exigeait, et que les lieux nous le permettaient, ayant d'ailleurs taché de ne rien omettre de ce qui a été ordonné, ce qui parait cependant bien difficile soit par le trop grand nombre d'opérations et observations dont nous avons été chargés soit par la difficulté des lieux ou autrement ».
Fait à Solliès le 22 août 1741.
Signé : Floquet.
Le présent rapport ou relation fat par ledit sieur Floquet a été reçu le 22 août 1741 pour être joint au procés verbal de M. le Conseiller de Villeneuve, baron d'Ansouis, Commissaire suivant son ordonnant dudit jour, ainsi le certifie le soussigné greffier de la Cour et de la Commission,

signé : Regibaud, greffier.

Le procureur des syndics des quartiers de La Tourre, Sarraire et Cadouire, terroir de Solliès fait expédier copie à M. Sénès et Barralier, procureur de Charles et Joseph Blin, frères, fils émancipés d'Honoré, des syndics du quartier des Sauvans, terroir du même lieu et du sieur Commandeur de Beaulieu du procés verbal de sieur le Conseiller de Villeneuve, Commissaire, ensemble de présents rapport ou relation fait par le sieur Floquet, géomètre hydraulique, sans approbation néanmoins d'iceux, aux chefs ou lesdits syndics de La Tourre, Sarraire et Cadouire, les parties pensent avoir été grevées et sous toutes les protestations de droit et a été signé.
Signé : Aubin.
Reçu copie le 17 février 1742, sauf les droits de ses parties.
Signé : Sénès.
Reçu copie le 26 avril 1742,
signé : Barralier. 
Situation des barrages agricoles et industriels, tableau d'assemblage du 21 janvier 1953.

 

 

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