Les santons

LES SANTONS,
ambassadeurs de la cuisine provençale traditionnelle

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Les traditions culinaires provençales, présentées par :

Les santons de la crèche
ou
Les santons ambassadeurs de la cuisine provençale traditionnelle

 

Pour Noël les Provençaux font : « cacho fio » en formulant les vœux du Nouvel An. Après les vœux, suit le « gros souper », qui était pris entre 19 h et 21 h. C’est au retour de la messe de Minuit que les Provençaux consommaient les « treize desserts… »

Bien sûr nos santons apportent à la crèche, en un cortège d’offrandes tous les éléments nécessaires à cette nuit de Noël, mais encore tout ce qui entre dans d’autres recettes incontournables de notre Provence, telles que l’aïoli, la bouillabaisse, la daube, les pieds et paquets, et autres savoureuses préparations.

Le Gros Souper doit compter sept plats :
1 — la soupe à l’ail, ou « aïgo boulido sauvo la vido », autrement dit l’eau bouillie qui sauve la vie. Préparée avec de l’ail, de la sauge, additionnée d’huile d’olive « fiéu d’oïli » versée sur du pain rompu (le pain calendal) ;
2 — le céleri à l’anchoïade, « bagna caudo » qui apporte vigueur aux convives ;
3 — le gratin d’épinards ou« tian d’espinarc », ou le gratin de blettes ;
4 — l’omelette d’oignons, « meleto de cebo » , ou la brouillade de truffes ;
5 — la morue en brandade, « marlusso en brandade » ;
6 — les cardes au jus, « cardoun emé jus » ;
7 — l’omelette d’herbes, « meleto d’erbo ».
Ce gros souper était copieux, mais maigre, sans fromage et sans fruits.
Quant aux treize desserts, ils peuvent être très variés d’un pays de Provence à l’autre. Mais, partout ils comptent les quatre mendiants :
1 — les figues sèches blanches, blanquettes ou marseillaises, « figo seco », qui symbolisent l’Ordre des franciscains ;
2 — les noix ou les noisettes « lei avelano » figurent la robe des Augustins. C’est de l’énergie pour l’hiver ;
3 — les amandes « lei amelo », elles représentent les Carmes qui vont pieds nus. Ce sont des constituants énergétiques qui entrent dans la constitution du nougat ;
4 — les raisins secs « lei raisin », issus des grappes de clairettes, ils représentent l’Ordre des frères dominicains ;
Outre les quatre mendiants, on dispose des fruits frais
5 — les poires « pero » qui sont nommées :« Bon chrétien d’hiver » ;
6 — les pommes « poumo » et plus précisément les rainettes, qui rafraîchissent les convives ;
7 — le « verdau », melon de Noël, retenu pour la fraîcheur de l’esprit ;
8 — les raisins blancs frais, les « panses muscades », aujourd’hui « les italia » qui sont signes de vitalité ;
9 — les oranges « lei aranje », qui apportent arôme et fraîcheur. L’orange était rare en ces temps reculés. Seuls « les picons » étaient vendus à la sauvette à Marseille au prix de deux liards (un quart de sou). Elles avaient la vertu dit-on, de faire réussir, dans l’année à venir, les vœux formulés dans le silence du cœur ;
10 — les dattes « lei dàti » étaient aussi une rareté. Mais elles symbolisent la sauvegarde de la Sainte Vierge. En effet, le noyau est marqué par un« O ». Exclamation de la Vierge lors de la fuite en Égypte où elle découvrit ce fruit et dit « O ! Le beau fruit » et s’en délecta.
11 — les prunes, jadis « les brignoles » ou « pistoles » car séchées épluchées elles étaient jaune comme les pièces d’or espagnoles. Elles étaient connues dans toute la Provence. De nos jours elles sont remplacées par les pruneaux ou les abricots secs.
12 — la pompe à l’anis ou à l’orange, gâteau qui pousse le convive à boire un peu de vin cuit pour faire glisser les bouchées. La pompe se présente sous diverses formules et appellations : pompettes à l’anis dans le var, pompe à l’huile à Marseille, « gibasié » en Avignon, fougasse à Arles. Ces gâteaux sont gages de réussites et ne doivent pas être coupés, mais rompus comme « le pain calendal », sous peine d’être ruinés dans l’année ;
13 — le nougat noir, qui nous vient des Maures. En effet, le petit page du roi d’Arabie qui avait dans son vêtement une barre de nougat que lui avait donné sa maman ; tout tremblant d’émotion devant l’Enfant Jésus, la lui offrit.

C’est depuis plus de 2000 ans que le nougat est connu en Provence

D’autres déserts sont disponibles tels que : Le cédrat confit, les arbouses, les sorbes, les calissons d’Aix-en-Provence, traditionnels depuis 1473, la pâte de coing « pasto de coudoun » qui est signe de richesse. Le nougat blanc complète les friandises de Noël qui se terminait en cette nuit dans la joie et en dégustant un petit verre de « sauve chrétien, lou sauve cristian », grains de raisins blancs macérés dans du marc de Provence.
Nous aurons bien sur le plaisir de découvrir d’autres santons offrant les ingrédients nécessaires à bien d’autres recettes provençales.

Joyeux Noël et bonne et heureuse année ! À tous

Jean-Paul Forêt

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