La cigale ayant chanté tout l’été…

Cigale
Cigale et son exuvie

Cigale et son exuvie. Photo : Jean René Garcia

C’est par ces mots que Jean de la Fontaine commençait sa fable et par là, donnait une fausse image de la cigale. Image qui perdure dans les esprits encore aujourd’hui…
Réhabilitons notre cigale qui n’est ni une fainéante ni une inconséquente et qui cache, à nos yeux d’humains, la plus grande partie de sa vie.
Tout d’abord, une précision essentielle : les cigales sont largement répandues dans le monde et bien loin, parfois des rivages de la Méditerranée. Pour rester en France : une espèce de cigale, peu sonore certes, mais bien cigale tout de même, se trouve en Picardie. Mais les cigales les plus caractéristiques, celles qui font crii crii, sont bien de chez nous, comme de l’ensemble des départements méditerranéens.
Des cigales, il en existe beaucoup. Les plus communes sont :
– la cigale commune appelée aussi grande cigale ou encore cigale plébéienne ou même chanteuse du peuple. La plus grosse avec une taille d’environ 50 mm, ailes comprises.
– la cigale de l’orne appelée aussi cigale grise. Une cigale de taille moyenne. L’orne est un frêne, mais cette cigale, par chez nous, est inféodée aux pins et aux oliviers.
– la cigale noire. Une petite cigale.

Il en existe aussi de très rares comme cette cigale cotonneuse découverte il y quelques années dans une friche de Gigaro à la Croix-Valmer.

Nos cigales passent trois à quatre ans dans le sol, sous la forme de larve. Des larves trapues et munies de pattes adaptées à creuser. Elles se nourrissent de la sève tirée des racines des arbres. À la fin de leur développement larvaire, quand le sol atteint une température de 21 °c pendant au moins trois jours, elles émergent, muent et deviennent des adultes munies d’ailes et sexuellement différenciées. Elles sortent alors de leur exuvie (cf. photo ci-contre).
Seuls les mâles, pourvus de cymbales, des membranes placées sous l’abdomen et qui vibrent, chanteront dans le but d’attirer les femelles. C’est vers 22 ou 25 °C que les mâles chantent. La sonorité et le rythme de la cymbalisation sont propres à chaque espèce. Les adultes n’ont que deux à quatre semaines pour se retrouver, s’accoupler et pondre. Ainsi, le chant de la cigale tout l’été est le fait d’une succession de mâles chanteurs, qui sortent de terre pour mourir peu après, mais après s’être accouplés. Nul besoin pour eux d’aller quémander à la fourmi travailleuse une quelconque pitance pour passer l’hiver… ils ne le passeront pas de toute façon…
Denis Huin : guide naturaliste.
Conservatoire du Patrimoine.

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