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La vallée du Gapeau est un lieu qui n’existe pas !
Bien sûr, il existe dans le département du Var, à l’est de Toulon, une dépression géologique longue de près de quarante kilomètres, tantôt étroite, tantôt évasée, formée par un fleuve côtier appelé « Gapeau ».
Il traverse les communes de Signes, Méounes-lès-Montrieux, Belgentier, Solliès-Toucas, Solliès-Pont, Solliès-Ville, La Farlède, La Crau et Hyères.

Mais ce territoire n’a pas d’unité administrative, éco­no­mique, humaine, historique, culturelle, géo­lo­­­gi­que… Il est donc illusoire d’appréhender cet espace de manière globale : il n’y a pas « une » vallée du Gapeau, mais des entités, traversées en partie ou en totalité par ce fleuve.

 Ce fleuve garde également une part de mystère : que signifie son nom ? Depuis quand est-il appelé ainsi ? Dans son ouvrage « La chartreuse de Montrieux aux XIIe et XIIIe siècles », Raymond Boyer évoque les noms médiévaux de Capel, Capellus, Gabellus, Gapel ou Gapellus. Les textes du XVIe siècle parlent de Gapeau, mais depuis quand ? Son étymologie est également incertaine. Une autre interrogation demeure : d’où vient l’eau de sa source officielle ? Il s’agit d’une résurgence située sur la commune de Signes, à trois cent quinze mètres d’altitude, en bordure de la route départementale D2 et un kilomètre en amont de la source Beaupré, exploitée par la Société d'Exploitation des Sources de Signes. Ces eaux souterraines circulent sans doute depuis le massif de la Sainte-Baume voisin.

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La Source Bleue, résurgence du Gapeau.

C’est entre Signes et Belgentier que sa pente est la plus forte, son cours est alors jalonné de quelques rapides et de chutes. Sa profondeur moyenne est de trente centimètres. Puis de Belgentier à la Castille, la pente s'adoucit et la profondeur oscille de cinquante à cent trente centimètres, enfin jusqu'à son embouchure, au lieu-dit « Cabanes du Gapeau », la pente diminue nettement. Cela explique en partie la présence d’eaux saumâtres dans son estuaire. La largeur moyenne du lit est de six mètres. La région qu’il traverse est marquée par la pauvreté du réseau hydrographique : quelques fonts (sources) et réales (cours d’eau) alimentent ce fleuve, mais leur apport est inégal notamment en raison de l’aridité estivale et de l’irrégularité des pluies.
Le principal affluent du Gapeau est le Réal Martin, venant de Pierrefeu.
Entre sa source à Signes et son embouchure à Hyères, ce cours d’eau a plus profondément marqué l’histoire de certaines communes qu’il traverse. Pendant longtemps, il a été au cœur de l’économie locale, employé pour l’irrigation ou comme force motrice. Aujourd’hui encore, il est surveillé, car il est à l’origine de dramatiques débordements et son débit capricieux engendre méfiance et crainte dès que les précipitations s’accentuent plus que d’ordinaire.

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Crue du 6 janvier 1994 sous le pont de l'autoroute à Solliès-Pont.

Le Gapeau a vu son environnement changer ces dernières décennies : le caractère rural des espaces qu’il traverse et des populations qui vivent sur ses rives s’estompe au profit de l’agglomération toulonnaise qui progresse dans sa direction. La population de toutes les communes qu’il traverse croît fortement : elle a triplé voire sextuplé en un siècle ! Ce bouleversement s’est accompagné de l’abandon de nombreuses activités économiques traditionnelles, agricoles et industrielles, au profit de zones d’activités commerciales situées le long des grands axes de transport.

De telles transformations nous poussent naturellement à nous interroger sur l’avenir et à souhaiter préserver la mémoire du passé ainsi que le patrimoine qui s’y rattache. L’Écomusée de la vallée du Gapeau a vocation à regarder à la fois notre histoire, notre présent et à présenter des pistes sur le devenir de nos territoires.

 

 

*La chartreuse de Montrieux aux XIIe et XIIIe siècles, Raymond BOYER, deux tomes, Jeanne Laffitte, Marseille, 1980.