Patrimoine

Capparis spinosa  L.

Câprier épineux, Capparis spinosa L.

Nom provençal :
 - Tapenié

Famille : CAPPARACEAE

Localisation :
Vieux murs, ruines, très rarement rochers.

Utilisation :
Alimentaire, ornementale et médicinale : les racines sont astringentes, diurétiques et toniques.

Comestibilité :
Les câpres (boutons floraux) sont excellentes confites au vinaigre, elles entrent dans la composition de la tapenade.
Les fruits sont aussi comestibles ; ils sont appelés « cornichons de câpriers ».

  • Câprier épineux, Capparis spinosa L.
  • Câprier épineux, Capparis spinosa L.
  • Câprier épineux, Capparis spinosa L.

Laserpitium gallicum  L.

Laser de France, Laserpitium gallicum L. (1)
Laser de France, Laserpitium gallicum L.

Nom provençal :
 - Engraisso-saumo ;
 - Berlo
.

Famille : APIACEAE

Laser de France, Laserpitium gallicum L. (2).

Moneses uniflora  (L.) A Gray

Pyrole à une fleur, Moneses uniflora

Nom provençal :
 - Pirolo

Famille : ERICACEAE

Pyrole à une fleur, Moneses uniflora

Jasminum fruticans  L.

jasmin-arbrisseau-jasminum-fruticans-l

Nom provençal :
 - Jaussemin-fèr

Famille : OLEACEAE

Jasmin arbrisseau, Jasminum fruticans L.

Dittrichia viscosa  (L.) Greuter

Inule visqueuse, Dittrichia viscosa L. Greuter

Nom provençal :
 - Nasco

Famille : ASTERACEAE

Potentilla hirta  L.

POTENTILLE VELUE OU POTENTILLE HÉRISSÉE

Potentille hérissée, velue, Potentilla hirta L.

Nom provençal :
 - Fragoun-pelous

Famille : ROSACEAE

Potentille hérissée, velue, Potentilla hirta L.
Potentille hérissée, velue, Potentilla hirta L.

Lonicera etrusca  G. Santi

Chevrefeuille d'Étrurie

Nom provençal : 
 - Pandecousto
;
 - Cabrifuei
.

Famille : CAPRIFOLIACEAE

Chèvrefeuille d'Étrurie, Lonicera etrusca Santi

Calendula arvensis  L.

 (Souci des jardins = Calendula officinalis L.)

Nom provençal :
 - Gauche-fèr ;
 - Soucit-bastard
.

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
Pelouses rudéralisées, friches. Commun, fleurit presque toute l’année.

Utilisation :
Possède des propriétés : antiseptique, anti-bactérienne, anti-œdémateuse et cicatrisante en usage externe.

Comestibilité :
Les « pétales » (qui sont, en fait, des fleurs extérieures) ont servi de condiment : on peut les mettre dans les soupes, pour colorer le beurre ou encore dans les salades, car ils ont un goût aromatique.

Sisymbrium officinale  L. Scop.

Hedge Mustard

Photo : John Tann  et licence

Sisymbrium officinale, Hedge Mustard.

Nom provençal :
 - Erbo-au-cantaire

Famille : BRASSICACEAE

Localisation :
bords des chemins, champs, friches, cultures.

Utilisation :
C’est la plante des orateurs, des comédiens et des chanteurs. Son action sur la voix est due à la présence de composés soufrés. Au XVIIe siècle, Racine lui-même conseille ce remède à Boileau qui s’était plaint d’être aphone. On le recommandera donc en cas d’enrouement, laryngite, toux, trachéite…

Comestibilité :
Les feuilles peuvent être consommées crues ou cuites. Il faut les récolter lorsqu’elles forment une rosette dense, avant que ne se développe la hampe florale. Si la plante est déjà « avancée », on pourra consommer les jeunes sommités tendres des tiges.

Scandix pecten-veneris  L.

Nom provençal :
 - Aguïo-de-pastre

Famille : APIACEAE

Localisation :
plante calcicole, bords des chemins, escarpements rocheux, friches, cultures.

Comestibilité :
Les Égyptiens et les Grecs ont consommé les feuilles comme légumes, crues ou cuites.
Elles ont un goût agréable, anisé, de même que les fleurs et les jeunes fruits, en forme de glaive. C’est à eux que la plante doit son nom, Peigne-de-Vénus.
La récolter avec modération, car elle est moins abondante qu’autrefois, du fait de l’emploi généralisé des herbicides.

Scandix pecten-veneris 19-03-22 01

Scabiosa atropurpurea  L.

Scabieuse, Scabiosa atropurpurea L.

Photo : Tela botanica

Nom provençal :
 - Escabiouso

famille : CAPRIFOLIACEAE

Localisation :
Très commune, pelouses, friches. Terrains sablonneux ou incultes du littoral et de l’intérieur des terres. Peut fleurir en toutes saisons.

Utilisation :
La Scabieuse doit son nom générique à son action contre la gale (du latin scabere, se gratter). Dès le XVIe siècle, elle était reconnue comme efficace dans les maladies de peau et contre la teigne.
Dans notre région, on l’utilise en bain de pieds (infusion de fleurs) contre l’hypersudation plantaire.

Satureja  montana  L.

Sarriette des montagnes

Nom provençal :
 - Pebre d’ai

Famille : LAMIACEAE

Localisation :
Pelouses sèches, fruticées ouvertes, cours d’eau temporaires, rochers, rocailles thermophiles, garrigues, maquis.

Utilisation :
 – On lui attribue le pouvoir de combattre l’impuissance et l’asthénie intellectuelle. Elle est aussi digestive, carminative, antiseptique ;
– Au Moyen Âge, l’Église interdit aux moines de la cultiver dans leurs jardins, de peur qu’elle ne les engageât à rompre leurs vœux de chasteté…

Propriétés toniques, stimulantes, digestives et antiseptiques intestinales.

Comestibilité :
Feuilles et sommités fleuries sont des condiments.

Saponaria officinalis  L.

Nom provençal :
 - Sabouniero ;
 - Sabouneto

Famille : CARYOPHYLLACEAE

Localisation :
Commune, garrigues, maquis, ripisylves, fossés, prairies fraîches.

Utilisation :
Utilisée déjà, par les Anciens, qui ne connaissaient pas le savon, la Saponaire a été pendant des siècles l’Herbe à savon des lavandières et des drapiers. En effet, ses feuilles et ses racines, broyées et frottées dans l’eau abaissent sa tension superficielle, ce qui la fait mousser et la rend détergente comme le savon. Cette propriété est due à la présence de la saponine, un des divers glucosides que contient la Saponaire.

La plante n’est plus utilisée comme savon, bien que les herboristes recommandent encore de se servir d’une décoction de ses rhizomes comme shampooing pour cheveux fragiles.

Sanicula europaea  L.

Sanicle d'Europe, Sanicula europea L. Crédit photo Dr Yvan Avramov. 800 x 588

Nom provençal :
 - Saniclo

Famille : APIACEAE

Localisation :
Vallons frais, sous-bois de forêts fraîches humides, bords de rivière.

Utilisation :
Baptisée, pour ses vertus cicatrisantes, « Herbe de Saint-Laurent », à la mémoire de celui qui fut étendu sur un gril de fer rouge par le préfet de Rome au IIIe siècle. Ses feuilles, broyées crues sur les contusions et les hématomes, aident à leur résorption. Infusées, elles servent à laver les plaies qui cicatrisent sans suppurer.

Un distique médiéval annonçait :
« Qui a la Sanicle fait au chirurgien la nique ».

Sa racine est recommandée par les herboristes en gargarisme contre l’angine.

Comestibilité :
Les jeunes feuilles peuvent être consommées comme légume cuit.

Sanguisorba minor  L.

SANGUISORBE ou PETITE PIMPRENELLE

Nom provençal :
 - Pimpinello

Famille : ROSACEAE

Localisation :
Commune, préférence sols sur calcaire, a besoin de chaleur, prés et sols incultes secs, rocailles, pelouses, prairies, friches.

Utilisation :
Comme l’un de ses noms le suggère, en bonne Sanguisorbe, elle a le pouvoir d’arrêter les saignements. Cette réputation lui vient surtout de sa grande sœur, la Sanguisorbe officinale, ou Grande Pimprenelle, dont la médecine des signatures voyait dans le rouge flamboyant de ses corolles le signe de son action dans les épanchements de sang !
Elle a ainsi été employée pour combattre hémorragie, diarrhée et météorisme intestinal…

Comestibilité :
Les feuilles peuvent être consommées en salade (goût rappelant le concombre ou la noix verte), ou comme le persil, dans les soupes, omelettes, et sauces. Infusées, elles permettent de confectionner un « thé » à la saveur un peu amère.

Tragopogon pratensis  L.

Salsifis des prés, Tragopogon pratensis

Nom provençal :
 - Barbabou ;
 - Sarsifi
.

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
Ce Salsifis est très commun en France, mais peu fréquent dans le Midi. Prairies de fauche et lieux herbeux frais, coteaux pierreux, talus et berges.

Utilisation :
Dépuratif, diurétique et sudorifique.

Comestibilité :
Accommodées en salade, ses feuilles ont un goût qui ressemble à celui de l’Endive ou de la Chicorée.
Sont consommés la racine, les jeunes pousses, les feuilles et les capitules floraux encore en boutons.

Son nom de genre lui vient du grec
tragos, « bouc »,
et pogon, « barbe »,

d’où son nom populaire de
Barbe de bouc faisant allusion à l’aigrette longue et plumeuse

de ses fruits.

Rumex crispus  L.

RUMEX CRÉPU, PATIENCE CRÉPUE, PARELLE CRÉPUE

Curled Dock

Rumex crispus 02

Nom provençal :
 - Lengo-de-buou
;
 - Paciènci-frisado
.

Famille : POLYGONACEAE

Localisation :
Bords des champs et dans les près. Friches, décombres, alluvions des cours d’eau. Aux Vieux Salins, aux endroits frais nitrophiles.

Utilisation :
C’est un laxatif, stimulant de la sécrétion biliaire et un dépuratif (acné, furoncles, eczéma). Sa racine entre dans des bouillons apéritifs.

Comestibilité :
Les feuilles de toutes les espèces de rumex sont potentiellement comestibles. Si elles sont trop amères, on peut les cuire à deux eaux pour en éliminer les tanins.

Précautions :
Il ne faut pas abuser des rumex, car leur teneur élevée en acide oxalique et en oxalates pourrait favoriser la formation de calculs rénaux.

Photo Scott Zona et licence

Rosmarinus officinalis  L.

Romarin, Rosmarinus officinalis L.
romarin Rosmarinus officinalis L., boutons et fleurs.

Nom provençal :
 - Roumaniéu

Famille : LAMIACEAE

Localisation :
Garrigues, particulièrement sur sables ou marnes.

Utilisation :
On l’employait en teinture contre les maux de dents et l’irritation des gencives.
D’après de vieilles recettes, il active la repousse des cheveux et supprime les cernes.
Une tisane de Romarin, associé à la Menthe poivrée et à la Sarriette, est un puissant stimulant.
De façon générale : aide à la digestion (stomachique, spasmolytique, cholagogue) et tonique de l’organisme.
Le Romarin, toxique à forte dose, est utilisé en phytothérapie : son infusion stimule l’élimination urinaire et biliaire. L’huile essentielle extraite de ses feuilles est utilisée pour les massages.

Comestibilité :
Il est connu de tous pour ses vertus aromatiques (feuilles et sommités fleuries).

Un buisson de Romarin, Rosmarinus-officinalis L.

 

Genista lobelii   DC

Genêt de Lobel, Genista lobelii DC.
Genêt de Lobel, Genista lobelii DC.

Nom provençal :
 - Ginèsto

Famille : FABACEAE

Localisation :
Espèce calcicole, endémique de basse Provence, localisée dans les pelouses pierreuses rases, fentes de rochers, lapiaz, principalement sur les crêtes ventées toulonnaises et de la Sainte-Baume…
Ce sous-arbrisseau épineux (sauf à l’ombre), de vingt à cinquante centimètres, a un port érigé : ses nombreux rameaux verts forment un coussin arrondi très dense que les Provençaux ont coutume d’appeler « coussin de belle-mère ». Ses feuilles sont rapidement caduques, dès le début de l’été, ce qui évite à la plante une trop forte évapotranspiration. Ses très belles fleurs jaunes transforment ces coussins discrets, l’hiver, en féérie colorée à partir du mois de mai.

Protection :
Le Genêt de Lobel ne bénéficie :
d’aucune protection !
Il est pourtant très menacé par les cueillettes abusives, le piétinement, la construction de pistes, l’ouverture de carrières, l’aménagement des crêtes (postes de guet, pylônes…), la pratique de divers sports, le débroussaillement drastique et incontrôlé !

 

 

  • Genêt de Lobel, Genista lobelii DC.
  • Genêt de Lobel, Genista lobelii DC.
  • Genêt de Lobel, Genista lobelii DC.
  • Genêt de Lobel, Genista lobelii DC.

Arenaria aggregata  Loisel

Sabline agglomérée, Arenaria aggregata (L.) Loiseul.
Sabline agglomérée, Arenaria aggregata L. Loiseul

Nom provençal :
 - Lineto

Famille : CARYOPHYLLACEAE

Sabline agglomérée, Arenaria aggregata L. Loiseul

Robinia pseudoacacia  L.

ROBINIER FAUX ACACIA OU CAROUGE

Robinia pseudoacacia

Photo : Andreas Rockstein et  licence

Robinia pseudoacacia

Photo : Andreas Rockstein et  licence

Nom provençal :
 - Acacia

Famille : FABACEAE

Localisation :
Espèce pionnière en pineraies et forêts mélangées, de l’étage méditerranéen à l’étage montagnard. Le Robinier est répandu dans toute la vallée (cultivé et naturalisé). Fourrés rudéraux sur sols profonds.

Utilisation :
Les fleurs sont réputées calmantes, anti-spasmodiques, toniques (vin tonique obtenu en faisant macérer 15 à 20 grammes de fleurs dans un litre de vin rouge), astringentes et cholagogues.
Cet arbre est dédié à Jean Robin (1550-1629), jardinier du roi Henri IV, qui rapporta les graines du Canada et sema le premier arbre de cette espèce en France en 1601, place Dauphine à Paris (il fut transplanté en 1635 au Jardin des Plantes où l’on peut encore l’admirer de nos jours).

Comestibilité :
Les fleurs peuvent être consommées en beignets au parfum suave et au goût sucré. Bouillies à l’eau, les inflorescences ont une saveur sucrée rappelant celle des petits pois. Au Japon, les bourgeons foliaires sont mangés bouillis et assaisonnés de sauce soja.

Toxicité :
Un excès de fleurs de Robinier, à l’état cru, peut se montrer émétique. Plus aucun problème n’est à craindre lorsque les fleurs sont cuites.

Ricinus communis  L.

Ricinus communis

Photo : Jeonghi Go   et  licence

Nom provençal :
 - Langastié

Famille : EUPHORBIACEAE

Localisation :
Originaire d’Afrique et des Indes, il est souvent cultivé pour son huile, mais se rencontre quelquefois échappé des cultures et naturalisé. Décombres, friches humides, berges des cours d’eau.

Utilisation :
Déjà connue des Égyptiens, l’huile de Ricin est employée contre la constipation et comme cosmétique, en guise de « brillantine ».
Autres utilisations : pharmaceutiques (pommades dermatologiques) et industrielles (lubrifiants).

Toxicité :
Les graines renferment une phytotoxine hautement vénéneuse, la « ricine » : trois ou quatre graines peuvent tuer un enfant ; une quinzaine, un adulte.

Polygonum aviculare  L.

Polygonum aviculare

Nom provençal :
 - Lengo-de-passeroun ;
 - Erbo-nousado
.

Famille : POLYGONACEAE

Photo : Andreas Rockstein  et  licence
Renouee, Polygonum aviculare L.

Portulaca oleracea  L.

Pourpier, Portulaca-oleracea

Nom provençal :
 - Bourtoulaigo

Famille : PORTULACACEAE

Localisation :
Champs et lieux incultes, terrains sableux, jardins, alluvions des rivières, décombres.

Utilisation :
Tout l’intérêt du Pourpier réside dans sa richesse en acides gras polyinsaturés de la série oméga-3 qui ont des effets biologiques favorables sur de nombreux paramètres cardio-vasculaires : régulation de la tension artérielle, de la vasodilatation, de l’agrégation plaquettaire et de l’inflammation. La plante fraîche est également une bonne source d’anti-oxydants comme les vitamines E et C, le bêta-carotène et le glutathion.
La décoction de graines, dans de l’eau ou du lait, a également servi à lutter contre les vers intestinaux.

Comestibilité :
Les tiges et les feuilles sont charnues et légèrement acides. On peut les manger crues, mais il est préférable de les mélanger avec d’autres plantes en raison de leur texture mucilagineuse. Elles peuvent être conservées dans le vinaigre et, au XVIIIe siècle, en France, le Pourpier était frit, saupoudré de sucre et mangé en dessert.

Il est à la base du régime crétois ou « régime méditerranéen »

  • Pourpier, Portulaca-oleracea
  • Pourpier, Portulaca-oleracea-1
  • Pourpier, Portulaca-oleracea-2

Hypochaeris radicata  L.

PORCELLE OU MOURRE DE PORC

Hypochaeris radicata plant NC8

Photo : Harry Rose et licence

Hypochaeris radicata plant NC3

Nom provençal :
 - Engraisso-pouarc ;
 - Mourre-de-pouarc
.

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
Sur silice, pelouses fraîches, prairies, dépressions interdunaires, talus, friches, décombres, sites rudéraux, prés secs, rocailles jusqu’à 1500 mètres d’altitude.
Porcelle, de porc, ce qui laisserait supposer que les porcs en sont friands, à moins que l’on ait à faire à un nom dépréciatif : tout juste bon pour les porcs !

Comestibilité :
Les feuilles en rosette fournissent une bonne salade. Elles sont croquantes et dénuées d’amertume ; pommes de terre vapeur, lardons grillés et ail font un très bon accompagnement.
Les jeunes tiges tendres portant les capitules en boutons sont cueillies au printemps et préparées comme les asperges après avoir été bouillies au préalable.

Photo : Harry Rose et licence

Allium porrum  subsp.  polyanthum  Schultes

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Poireau sauvage, Allium porum subsp. Polyanthum.

Nom provençal :
 - Pouarrato

Famille : AMARYLLIDACEAE

Localisation :
Croît dans les champs, les talus humides, les vignes et les endroits incultes du Midi de la France. Ne s’élève pas à une altitude importante.

Utilisation :
Au lVe siècle avant notre ère, Hippocrate – père de la médecine, de la diététique et du code moral des médecins – fut le premier à préciser les vertus du Poireau : « il est diurétique, augmente le lait des nourrices, guérit la phtisie (tuberculose) et augmente la fécondité des femmes ».
Le Poireau sauvage est excellent contre toutes les inflammations des voies respiratoires, la toux, l’extinction de voix, les maux de gorge. Il est très digeste, laxatif, recommandé aux personnes sujettes aux calculs rénaux.

Comestibilité :
C’est l’ancêtre de nos poireaux cultivés ; Allium porrum. Il est très recherché, dès l’hiver, pour sa saveur délicate.
Comme les salades sauvages, on le récolte longtemps avant la floraison, dans des endroits non pollués. On le prépare, comme le Poireau cultivé, en vinaigrette, en bouillon, en gratins, en tartes et dans les soupes.

Photo : Wikimédia

Salvia officinalis  L.

Sauge officinale, Salvia officinalis L.

Nom provençal :
 - Sàuvi

Famille : LAMIACEAE

 

Consulter la vidéo : La Sauge

Helianthus tuberosus  L.

Nom provençal :
 - Patanoun

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
On le rencontre parfois, en colonies denses, le long des rives du Gapeau ou autres cours d’eau.

Utilisation :
Originaire d’Amérique du Nord, introduit en Europe au début du XVIIe siècle, on le cultive pour ses tubercules.

Comestibilité :
Les tubercules ont une saveur légèrement sucrée qui ressemble à celle du fond d’artichaut. Ils contiennent des protéines, de l’inuline, des vitamines A et C, des sels minéraux et mucilages.
Les jeunes feuilles peuvent être consommées cuites ; les réceptacles, avant la floraison, comme ceux des artichauts et les fleurs extérieures ligulées décoreront les salades de leur belle couleur jaune d’or.

Plantago coronopus  L.

Plantain corne de cerf, Plantago coronopus L.

Nom provençal :
 - Bano-de-cèrvi
;
 - Erbo-de-la-maio
.

Famille : PLANTAGINACEAE

Localisation :
Embouchure du Gapeau, sables salés des sansouires, dunes, zone maritime, pelouses sablonneuses, rocailles littorales puis expansion vers l’intérieur des terres sur coteaux secs, friches, jachères.

Utilisation :
Grâce à ses propriétés antibactériennes et à son mucilage qui lui confère une action adoucissante, le Plantain a des vertus cicatrisantes.
Les feuilles, riches en tanin, sont astringentes ; les graines sont utilisées dans la préparation de collyres.

Comestibilité :
Cultivé au potager dès le XVIe siècle, on redécouvre, aujourd’hui, ses feuilles crues, croquantes et caractéristiques (en forme de corne de cerf), dans des mescluns pleins de goût et de fraîcheur.

Pistacia terebinthus  L.

Pistachier térébinthe, Pistachia terebinthus L.
Pistachier térébinthe, Pistachia terebinthus L.

Nom provençal :
 - Petelin

Famille : ANACARDIACEAE

Localisation :
Commun ; préférence sols sur calcaire ; coteaux arides, forêts, garrigues, maquis.

Utilisation :
En incisant l’écorce du Térébinthe, on obtient facilement 300 à 400 grammes par an et par pied de résine (gomme). Cette gomme est utilisée comme masticatoire pour purifier l’haleine.
Les feuilles, en décoction, ainsi que les galles sont employées contre les maux de ventre.
L’huile, retirée des amandes de fruits, sert en frictions externes contre les toux et les refroidissements.

Comestibilité :
Le fruit, de saveur acidulée, est comestible ; on le consomme écrasé avec des dattes ou des figues. L’huile extraite des amandes est alimentaire.

GALLES :
Par suite de la piqûre de pucerons, Aphis pistaciae, Pemphigus corniculatus, se développent sur les feuilles des galles rougeâtres puis noirâtres dites « carobes de Judée », souvent en forme de cornes.

 

 

Pistachier térébinthe, Pistachia terebinthus L.
  • Pistachier térébinthe, Pistachia terebinthus L.
  • Pistachier térébinthe, Pistachia terebinthus - fruits
  • Pistachier térébinthe, Pistachia terebinthus
Galles du Pistachier térébinthe.
  • Pistachier térébinthe, Pistachia terebinthus - galle
  • Pistachier térébinthe, Pistachia terebinthus - galle
  • Pistachier térébinthe, Pistachia terebinthus - galle

Urospermum dalechampii  L. F.W. Schmidt

Urosperme de Daléchamp, Urospermum dalechampii (L.)

Nom provençal :
 - Mourre-de-pouarc
:
 - Cicòri-amar
.

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
Lieux incultes, friches chaudes, garrigues, maquis.

Comestibilité :
Les jeunes feuilles en rosette sont récoltées comme salade, au printemps : « engraisse-porc »,  « morre de porc ». C’est la salade du cabanon, la salade des garrigues, fort appréciée par certains, beaucoup trop amère pour d’autres.

Urosperme de Daléchamp, Urospermum dalechampii (L.)

Pinus halepensis  Miller

Pin d'Alep, Pinus halepensis.

Nom provençal :
 - Pin-blanc
(Fréjus, Hyères etc.) ;

Famille : PINACEAE

Localisation :
Garrigues particulièrement sur substrat meuble, falaises, terrains saumâtres, très fréquent.

Utilisation :
— Gemmage pour la térébenthine et la colophane ;
— Bois de chauffage ;
— L’écorce était utilisée pour teindre et renforcer les filets de pêche ;
— Une décoction de « bourgeons » calme la toux sèche ;
— Fabrication de la poix pour la marine.

Comestibilité :
Graines et jeunes pousses sont comestibles.

Détail, branches de Pin d'Alep, Pinus halepensis.

Centranthus ruber  (L.) DC.

VALÉRIANE ROUGE, CENTRANTHE ROUGE ou LILAS D’ESPAGNE‌

Valériane rouge, Centranthus ruber L.
Valériane rouge, Centranthus ruber L.

Nom provençal :
 - Pan-de-couguou

Famille : CAPRIFOLIACEAE

Localisation :
Éboulis, falaises, bords des routes, décombres. Très commune.

Utilisation :

Décoction de racine contre les insomnies (sédatif nerveux) ;
Activité spasmolytique.

Comestibilité : 
Feuilles, boutons floraux et inflorescences sont comestibles crus, mais, étant amères, il est préférable de les mélanger avec d’autres plantes.

Valériane rouge, Centranthus ruber L.

 

 

Dans la même famille :

Consultez la vidéo : Valériane officinale

Parietaria judaica  L.

Pariétaire diffuse, Parietaria judaica  L.

Pellatory of the Wall

Nom provençal :
 - Espargoulo
;
 - Cambo-rousseto
(Fréjus) ;
 - Erbo-de-paret
.

Famille : URTICACEAE

Localisation :
Rochers, vieux murs et décombres, falaises, ripisylves. Très commune.

Utilisation :
Riche en salpêtre, elle a des vertus émollientes et diurétiques remarquables.
Elle était très utilisée en « cure de printemps » pour nettoyer le sang et contre la fièvre.

Comestibilité :
Elle est comestible crue ou cuite et naguère, en Provence, les pousses étaient consommées en salade.

Toxicité :
Le pollen de cette Pariétaire, largement diffusé par le vent, est particulièrement allergisant.

Photo _foxg et licence

Urtica dioica  L.

ORTIE DIOÏQUE OU GRANDE ORTIE
Ortie dioique, Urtica dioica L.
Photo : Wikipedia
Ortie dioique, Urtica dioica L.

Nom provençal :
 - Ourtigo

Famille : URTICACEAE

Localisation :
Haies, fossés, reposoirs, voisinage des habitations, lisières forestières, alluvions des cours d’eau, ripisylves.

Utilisation :
Le purin d’Ortie est utilisé comme engrais et comme insecticide.
La racine est d’emploi courant en phytothérapie dans le traitement des états inflammatoires des voies urinaires, la prévention et le traitement des lithiases rénales ainsi que le traitement de l’adénome bénin de la prostate.
La poudre de parties aériennes est un reconstituant, un reminéralisant et un antianémique.

Comestibilité :
Les jeunes pousses et les feuilles constituent un des meilleurs légumes sauvages. Habituellement on ne cueille que les quatre feuilles des sommités, avant la floraison.
Les orties crues, finement hachées, ont une agréable saveur de haricot vert. C’est cependant cuites qu’on les consomme le plus souvent, en soupes et dans d’innombrables autres préparations, à la façon des épinards.

Lepidium draba  L.

PAIN  BLANC, PASSERAGE  DRAVE, ou BROCOLI  SAUVAGE

Pain blanc, Lepidium draba L.
Pain blanc, Lepidium draba L.

Nom provençal :
 - Pan-blanc ;
 - Caulet-bastard
;
 - Cauletoun
.

Famille : BRASSICACEAE

Localisation :
Originaire d’Orient, il est devenu une de nos plantes les plus communes au bord des chemins, champs, cultures, talus où il forme d’importantes colonies.

Comestibilité :
Les feuilles tendres en rosette, à la saveur piquante, soufrée, se cueillent dès le mois d’octobre et jusqu’au printemps.
En avril et mai, ce sont les boutons floraux qui sont cueillis – ils ressemblent à de petits brocolis – et peuvent être cuisinés comme ces derniers.
Les graines étaient appelées autrefois le « poivre du pauvre ».
En cas de doute sur la plante, déterrez la partie souterraine qui présente souvent un nodule blanc crème de un centimètre de diamètre et confirme que c’est bien du Pain blanc !
Cette réserve disparaît à la floraison.

Erigeron canadensis  L.

Vergerette du Canada, Erigeron canadensis

Nom provençal :
 - Canebe-bastard

Famille : ASTERACEAE

Localisation :
Friches, bords de routes, décombres.
Importée d’Amérique du Nord dans un jardin botanique de Blois, cette plante a colonisé, par la suite, l’Europe entière alors qu’elle était encore inconnue en 1655.

Utilisation :
Diurétique et anti-inflammatoire.

Photo : Thierry Pernot

Ulmus minor  Miller

Ulmus minor

Photo : Andreas Rockstein   et   licence

Ulmus minor

Photo : Andreas Rockstein   et   licence

Nom provençal :
 - Oume

Famille : ULMACEAE

Localisation :
Bord des routes, des champs, fourrés humides, friches sur sols lourds, ripisylves, haies, bois frais.

Utilisation :
Excellent bois d’œuvre pratiquement comparable au Chêne ; dur, résistant à l’humidité.
Dès l’Antiquité, l’écorce interne (le liber) de l’Orme champêtre qui renferme des mucilages et des tanins a été utilisée pour soigner de nombreuses affections cutanées, en décoction pour un usage interne ou en pommade avec de l’huile d’olive et de la cire d’abeille.
Cette écorce diurétique, dépurative et sudorifique semble aussi soulager les œdèmes et les rhumatismes.

Les Ormes ont connu un grand déclin suite aux deux épidémies de « Graphiose » de 1916 et celle de 1970 qui sévit encore.

Origanum vulgare  L.

‌ORIGAN ou MARJOLAINE SAUVAGE‌

Nom provençal :
 - Majourano

Famille : LAMIACEAE

Localisation :
Pentes montagneuses, friches et pelouses sur sols profonds, prairies, bois frais, lisières forestières, chênaies. Commun dans toute la Vallée.

Utilisation (Sommités fleuries) :

— aérophagie ;
— troubles de l’estomac ;
— névralgie, torticolis ; (broyer la plante fraîche dans un linge fin, poser le tout sur une plaque chaude et envelopper la partie douloureuse).
— toux (affections respiratoires).

Comestibilité :
Les jeunes feuilles fraîches sont parfumées et tendres, délicieuses en accompagnement de charcuteries, fromages, salades... Les feuilles sèches s’emploient comme condiment dans les plats de viandes et de légumes, sauces, pâtes et pizzas.

Son nom vient du grec
oros « montagne »
et ganos « joie »

Crataegus azarolus  L.

azarolier-crataegus-azarolus-l

Nom provençal :
 - Acinié ;
 - Acinas.

Azérolier :

Famille : ROSACEAE

Localisation :
Lisières forestières, haies, bois.

Utilisation :
C’est une plante tonicardiaque, régulatrice des troubles de la tension et qui a une action sédative sur le système nerveux central.

Comestibilité :
Fruits comestibles en gelée, frais ou en compote, rarement utilisés comme antidiarrhéique.
Les jeunes feuilles tendres des différentes aubépines sont excellentes crues en salade.

Crataegus azarolus

Canal de l'Enclos

Canal de l'Enclos. Bugade. Solliès-Pont

L’auteur du rapport

Jean, André Floquet, de Cadenet, (Vaucluse), architecte ingénieur hydraulique à Aix-en-Provence, fut chargé par ordonnance du parlement de Provence en novembre 1740 d'établir un rapport concernant le procès entre les syndics des arrosants des quartiers de Sarraire, de la Tourre et de Cadouire et messire Jean d'Artuard de Mur, chevalier des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Beaulieu contre les frères Blin et les syndics des arrosants des quartiers des Sauvans. Rapport établi entre décembre 1740 et janvier 1741.

Canal de l'enclos en 1849

Canal de l'Enclos, 1849.

 

 

Le canal de l’Enclos

« Ce canal ou béal dérivé du barrage des Messieurs va en élargissant immédiatement après l'endroit de la prise, ce que nous avons dit être au levant de cette écluse, de manière que quelques cannes après, sa largeur est d'environ 20 pans(5) (4,97 m) ayant été coupé obliquement dans cet espace par un pont qui continue une grande allée de peupliers qui le traverse.

Prise du canal de l'Enclos, Solliès-Pont.
Martellière de prise du canal de l'Enclos sur le Gapeau.

Le cours de ce canal à commencer à l'endroit de sa prise, est dans le parc du seigneur de Solliès et du couchant au levant presque en ligne droite pendant environ huit toises(4) de longueur (15,89 m) après lesquelles il se replie du côté du midi par une ligne courbe irrégulière longue d'environ dix-sept cannes(3) (33,8 m) conservant toujours une pente convenable et une largeur fort inégale roulant en général de 18 à 20 pans (4,47 à 4,97 m). Pendant les quinze cannes (29,82 m) suivantes ce canal n'a plus que la largeur d'environ 13 pans (3,23 m), laquelle est ensuite réduite à celle de quatre pans et demi (1,12 m) par des murs à pieds droits formant une martellière sans autre issue que le canal même c'est-à-dire qu'elle sert apparemment à arrêter les eaux des égouts quand on récure le béal en dessous.
Le volume d'eau qui passe par cette martellière n'a ordinairement que trois pans et demi de hauteur et d'épaisseur (0,87 m) mais la quantité de l'écoulement se trouve compensé par la rapidité du courant en cet endroit rétréci.

Les vestiges du canal de l'enclos.

Vestige de l'ancien canal de l'Enclos.

 

Le canal des Terrins dérivé du béal principal

À 75 cannes (149,15 m) après et du côté du levant de ce canal est la prise de celui des Terrins qui forme un angle obtus avec le canal ci-dessus. De cette prise laquelle est large de deux pans quatre pouces(6) (0,61 m) et n'a ni feuillure, ni coulisse, ni vanne, c'est-à-dire qu'elle est disposée comme ne devant jamais être bouchée. La largeur du béal pendant cette longueur de 75 cannes est de plus ou moins 18 pans (4,47 m).

Canal de l'Enclos, martellière amont, Solliès-Pont.
Canal de l'Enclos, martellière aval, Solliès-Pont.

Martellière (vues amont et aval) sur le canal de l'Enclos avec jauge et grille de protection.

 

Suite du canal de l’Enclos

À neuf pans (2,24 m) en dessous de cette prise du canal d'arrosage des Terrins, le béal est rétréci jusqu'à cinq pans et demi (1,37 m) par le moyen d'une martellière qui le traverse et qui ne donnait lors de nos observations qu'un volume d'eau de 4 pans (1 m) d'épaisseur et d'une vitesse assez grande.

Canal de l'Enclos
Martellière, prise du canal des Terrins, Solliès-Pont.

Martellière des Terrins.

Pendant 50 cannes (99,43 m) de longueur après cette martellière allant toujours du nord au sud le canal fait des petits contours et sinuosités ayant en divers endroits de 15 à 18 pans (3,73 à 4,47 m) de largeur.
Après cette longueur il est absolument barré du côté du midi par une rive et le terrain ferme qui coupe et détourne angulairement son cours du côté du levant pendant la longueur de deux à trois toises (3,9 à 5,85 m) et formant ensuite un angle qui parait aigu, il reprend son cours ordinaire du nord au sud, inclinant un peu plus, vers le couchant.
Cette partie du béal longue de deux à trois toises (3,9 à 5,85 m) est large à son commencement d'environ sept pans (1,74 m) et à son issue de trois à quatre (0,75 à 1 m), elle a une pente très raide et est traversée par un petit ponceau de bois.
À l'endroit où cette courte partie du canal tournait ses eaux pour reprendre par un angle aigu, la route du nord au sud, ces mêmes eaux font une espèce de lac irrégulier dont le circuit est de 18 à 20 toises (35,08 à 38,98 m).

Dessin de Sévery Christian, martellière.

Martellière du pont (sanguine de Christian Sévery).

À 14 cannes (27,84 m) après, ce canal est traversé par un pont de pierres à trois arches, la largeur du béal au-dessus du pont est de 18 pans (4,47 m), en dessous de 21 (5,22 m). Depuis le pont qui est en dessous et bien près de la prise des eaux jusqu'à celui-ci, le canal est fermé par des bords et rives ordinaires, mais depuis le dernier pont jusqu'à celui dit de la cave qui est à 134 cannes en dessous (266,48 m), il est fermé par des murs en ligne droite, distants l'un de l'autre de 21 pans (5,22 m), de 20 (4,97 m), de 19 (4,72 m) et 11 ½ (2,86 m).
Le pont de la Cave est construit sur un endroit angulaire du canal il est distant d'environ 70 cannes (139,2 m) du puits des moulins des Chevilles qui terminent le parc du seigneur de Solliès, de ce côté-là – Cette partie a en divers endroits une largeur de 16 pans (3.98 m) et forme dans son cours divers angles et sinuosités.
Dans la longueur totale de près de 400 toises (779,61 m) du cours de ce canal dans le parc, depuis la prise des eaux jusqu'aux moulins des chevilles, nous avons trouvé du côté du levant du Béal, outre la prise des eaux des Terrins, une martellière ou rigole d'arrosage à environ 70 cannes (139,20) après qui devient presque inutile par sa situation, et sa mauvaise et peu étendue construction.
À 63 cannes (125,28 m) après, il y a une autre martellière assez solidement construite pouvant servir pour les arrosages et de coup perdu au béal et y versant de l'eau par-dessus d'environ 12 pouces d’eau(1), laquelle étant jointe avec celles que cette martellière surverse et le mur du voisinage perdait lors de nos observations pouvaient composer la quantité d'environ 90 pouces d’eau(1) qui dégorgeaient dans un canal d'arrosage qui coupe les près du couchant au levant et à une certaine distance porte les eaux vers le midi. Les trois quart environ de ces eaux allaient traverser le chemin de Belgentier, entraient dans l'enclos où est le château du seigneur de Solliès et pouvaient ensuite servir à l'arrosage du quartier du Vignal(2).

Martellière du Chäteau

Martellière du château.

L'autre quart paraissait se répandre dans les près qui sont inférieurs audit canal dérivé presque carrément de ladite martellière. Cette observation fut faite le 4 janvier 1741.

 

Hauteur d’eau dans le canal

Le béal en lui-même depuis l'écluse jusqu'en dessous du pont de la cave à ses bords assez élevés pour contenir un plus grand volume d'eau qu'il n'y entre ordinairement ; mais depuis ce pont jusqu'aux puits des moulins des chevilles, ses bords en quelques endroits, n'ont que quelques pouces de hauteur au-dessus de la surface actuelle des eaux, en d'autres ils sont à peu près au même niveau et en quelques-uns ils laissent échapper quelques petites surversures composant ensemble une quantité d'eau plus considérable.

Au couchant de ce canal ou béal, nous avons trouvé à environ huit cannes (15,91 m) de distance en ligne droite en dessous de la prise, une grande martelière qui n'a été faite que pour vider dans la rivière les eaux du canal en cas de besoin et non pour aucun arrosage, elle perdait par le défaut de la vanne ou autrement environ 140  pouces d'eau(1).
À 9 cannes (17,90 m) après et une autre ouverture communiquant aussi à la rivière et ne pouvant servir à aucun arrosement on peut regarder cette seconde espèce de martellière comme un simple dégorgeoir et non comme coup perdu, attendu que pour ce dernier usage il faudra enlever des pierres de chant qui soutiennent les eaux du béal.
Nous nous sommes souvent aperçus que ces pierres de chant étant trop basses pour soutenir les eaux dans le béal à une certaine hauteur, on les exhausse par le moyen de quelques gazons et pierres mobiles qu'on y met en dessous afin qu'il verse d'autant moins d'eau par ce dégorgeoir.
Dans la distance qu'il y a depuis ce dégorgeoir jusqu'aux puits des moulins des chevilles, nous avons trouvé de ce même côté du couchant du canal, trois martellières et trois simples rigoles servant pour les arrosages des près du seigneur de Solliès qui sont entre le béal et la rivière, laquelle est située à l'égard de ces près de manière qu'elle reçoit toutes les eaux qu'ils ne consomment point, et même celles qui se perdent aujourd'hui par la négligence du fermier ».

canal de l'Enclos en 1920, avant bétonnage.
Le canal de l'Enclos en 1920, avant son bétonnage  en 1962. Quartier de l'Enclos, propriété Saporta.

Surface arrosable et union syndicale

Dans son rapport rédigé en 1843-1844, M. Bosc, géomètre en chef du cadastre, indique pour le canal des Terrins, une surface arrosable de 65 ha et pour le canal de l’Enclos, du Château et les jardins une surface de  39  ha.
Il existe neuf associations syndicales d'arrosage pour Solliès-Pont : Six de ces associations se sont réunies dans une Union dite « Union des Associations Syndicales des Eaux de l’Écluse des Messieurs et du Canal du Château » (conformément aux dispositions de la loi du 21 juin 1865 - 22 décembre 1888, de décret-loi du 30 octobre 1933 et du règlement d'administration publique du 20 juin 1937).
Cette union groupe les associations syndicales suivantes : les Trois Pierres, les Laugiers, les Fillols, les Terrins, la Tour, le Château (cette dernière créée seulement en 1957).
L'Union répartit les dépenses d'entretien, de réparations, de curage et d'amélioration entre les différentes associations proportionnellement à la superficie arrosable représentée par chacune d'elle.
Un curage général est fait annuellement, et le faucardement tous les trois ans, à la charge de chaque association ; les riverains sont personnellement tenus de couper et d'enlever tous les arbres, buissons, branches pendantes et souches qui nuisent à l'écoulement des eaux et à supporter le dépôt sur leurs terrains des matières provenant du curage.
Martellière de décharge de l'Enclos

Martellière de décharge de l'Enclos.

 

      (1) Le pouce d’eau, unité de capacité valant = 1,98 cl de l’eau.
      (2) Quartier rural de Solliès bordant le chemin allant à Cuers dès 1566.
      (3) La canne, unité de longueur valant = 1,988655 m.
      (4) La toise, unité de longueur valant = 1,949036 m.
      (5) Le pan, unité de longueur valant = 0,2486 m.
      (6) Le pouce, unité de longueur valant = 0,027 m.

Corylus avellana  L.

NOISETIER ou COUDRIER

Nom provençal :
 - Avelanié

Famille : BETULACEAE

 Localisation :
Le long des chemins, dans les haies, les taillis, les pentes broussailleuses, les bois et les forêts, les vallons encaissés. Dans le Bassin méditerranéen, il se réfugie au bord de l’eau.

Utilisation :
Il est souvent associé, dans les croyances, à l’idée de fécondité, d’abondance ou de mystère.
Ses fourches à deux branches servaient de « baguette » aux sourciers.
Ses fruits apparaissent en été et sont mûrs en septembre. Ils donnent une huile fine, douce, parfumée, bonne pour la peau.
Les noisettes sont un aliment riche, réputé bénéfique pour le système nerveux. Des tisanes qui les mêlent aux feuilles facilitent le bon fonctionnement des appareils urinaire et circulatoire. Ses rameaux sont utilisés en vannerie.

 Comestibilité :
Les noisettes étaient déjà fort recherchées par les hommes de la Préhistoire !
Fraîches ou sèches, elles accompagnent aussi bien les plats salés que sucrés et entrent dans la confection de pâtisseries, confiseries, pâte à tartiner.
Elles sont croquées parmi les quatre « mendiants » ou les treize desserts du réveillon.
L’huile de noisette est très bonne dans les salades.

Sinapis alba  L.

Moutarde blanche, Sinapis alba L.

Nom provençal :
 - Ravanicle

Famille : BRASSICACEAE

Localisation :
Anciennement cultivée, aire d’indigénat mal connue. Bords des chemins, friches…

Comestibilité :
On peut manger les jeunes pousses en salade ou comme assaisonnement. Les feuilles plus âgées seront cuites comme légume.
À Chypre, on consomme les jeunes pousses crues avec des olives, des oignons et du pain.
En Sicile, on les prépare en soupe ou on les fait revenir à la poêle avec de l’huile d’olive, de l’ail et du piment.
Ses graines ont été utilisées comme condiment depuis l’Antiquité, de la même façon que celles de la moutarde noire (Brassica nigra L. Koch).
Le condiment connu sous le nom de moutarde (mostarde : moût ardent) peut être préparé avec des graines de Moutarde blanche que l’on met à tremper dans du vinaigre pendant 24 heures, que l’on broie ensuite et que l’on délaye dans du moût de raisin, de la bière ou du vinaigre. On y incorpore de l’Estragon, du citron, de la truffe, etc. pour aromatiser suivant les goûts ; on malaxe de nouveau et l’on met en pots.

Eryngium campestre  L.

Panicaut des champs
Panicaut champêtre, Eryngium campestre L.

Nom provençal :
 - Barbo-de-cabro
;
 - Panicau
.

Famille : APIACEAE

Localisation :
Sols sur calcaire. Garrigues, lieux secs, herbeux ou rocailleux, sur le littoral ou à l’intérieur des terres.
Le Panicaut est une Ombellifère (Apiacées) déguisée en chardon, qui porte ses ombelles blanches si serrées qu’elles imitent les capitules des Composées (Astéracées).

Utilisation :
Plante vantée par les médecins de l’Antiquité pour de multiples propriétés parmi lesquelles les médecins d’aujourd’hui n’ont retenu que les actions apéritives et diurétiques confirmées au cours des siècles par l’expérience, puis par l’analyse chimique des substances contenues dans ses tissus.

Comestibilité :
Son gros rhizome comestible a un goût de carotte. On mange : ses pousses tendres en salade ; ses jeunes feuilles, confites au vinaigre, comme des cornichons, et confites au sucre, comme des friandises.

« Panicaut » est un mot repris du provençal. Sa racine latine
panis (pain) suggère un usage alimentaire en période de disette.

Onopordum illyricum  L.

ONOPORDON D'ILLYRIE ou CHARDON AUX ÂNES

Onopordon-d'Illyrie, Onopordum illyricum L.

Nom provençal :
 - Gros-cardoun

Famille : ASTERACEAE

Onopordon-d'Illyrie, Onopordum illyricum l.

Myrtus communis  L.

Myrte, Myrtus communis L., détail : des graines de Myrthe.
Myrte, Myrtus communis L., une fleur de Myrthe en gros plan.
Myrte, Myrtus communis L., détail d’un buisson en graines.

Nom provençal :
 - Nerto

Famille : MYRTACEAE

Localisation :
Le Myrte se trouve sur la partie littorale du département, mais également sur les trois îles d’Hyères. Maquis littoraux, bords de ruisseaux temporaires.

Utilisation :
Dans la vallée, la liqueur de Myrte est utilisée pour traiter l’ulcère d’estomac.
Par distillation de ses fleurs et de ses feuilles, on prépare une eau de grande renommée, « l’eau d’Ange », célèbre pour les soins de beauté.
Le Myrte a une action antiseptique intéressante dans certaines maladies ORL (bronchite chronique, coryza, toux…), intestinales (colites et diarrhées) et les infections urinaires.
Ses rameaux sont utilisés en vannerie, (nasses de pêcheurs) .

Comestibilité :
Les fruits peuvent être mangés crus (mais grande astringence !) ou bien cuits en confiture ou pour accompagner viandes et gibiers. On en fait également un excellent « vin maison », et sa liqueur est réputée en Corse.
Les boutons floraux peuvent servir d’épice à la façon des clous de girofle.
Les feuilles servent également de condiments.

Myrte, Myrtus communis L., détail d’un buisson en fleur avec des boutons.

Bibliothèque : Ces précieuses plantes de Méditerranée par Yvan Avramov, p. 142 - 146.

Consulter la vidéo : Le Myrte

Consulter la page : Le Myrte

Oenothera biennis  L.

Onagre bisannuelle, Oenothera biennis L.

Nom provençal :
 - Rougeto
;
 - deis-ai
.

Famille : ONAGRACEAE

Onagre bisannuelle, Oenothera biennis L.

Solanum nigrum  L.

Nom provençal :
 - Herbo-bouimenco ;
 - Moouréléto
.

Famille : SOLANACEAE

Localisation :
Commune dans tout le département, cultures et décombres, friches sur sols riches, alluvions des cours d’eau.

Utilisation :
Il n’y a plus d’utilisation thérapeutique sauf en homéopathie.
Autrefois utilisée comme antinévralgique.

Toxicité :
Les baies, surtout non mûres.

 

«  Morelle » vient sans doute du provençal et a le sens de « noiraude » à cause de ses fruits noirs à maturité.

 

Cota triumfetti  (L.) Guss.

Anthémis de Trionfetti, Anthemis triumfettii L. DC 1

Nom provençal :

 

Anthémis de Trionfetti, camomille :

Famille : ASTERACEAE

 

 

  • Anthémis de Trionfetti, Anthemis triumfettii
  • Camomille, Anthemis triumfetti
  • Anthémis de Trionfetti, Anthemis triumfettii L. DC 1

Anchusa italica   Retz.

BUGLOSSE AZURÉE = BUGLOSSE D’ITALIE
Buglosse azurée, Anchusa italica Retz.
Une fleur, Buglosse azurée, Anchusa italica Retz.

Nom provençal :
 - Bourrigai-fèr

Famille : BORAGINACEAE

Localisation :
Commune ; champs et lieux incultes.

Utilisation :
À l’époque où les colorants chimiques n’existaient pas encore, on extrayait de la racine de Buglosse une teinture rouge avec laquelle les femmes, autrefois, se fardaient le visage.
Sudorifique, émollient, expectorant.

Comestibilité :
Les jeunes feuilles sont consommées comme légumes cuits.