Le château dit la « Galerie »
Après la destruction du château de Solliès-Ville en 1536 par les troupes de Charles-Quint, François de Forbin, seigneur de Solliès s'installe dans une demeure qu'il possède au bourg du Pont, à proximité du Gapeau, appelée la Galerie.
Le château de Solliès-Pont
Localisation : près du centre-ville
Propriétaire : Mairie de Solliès-Pont
Le château et son parc deviennent propriété communale en 1998.
Description
Le château est bâti sur un affleurement rocheux (grès) et constitué d’un corps de bâtiment principal élevé sur trois niveaux, cantonné de quatre tours : deux rondes à l’est et deux tours carrées à l’ouest. En 1880, l’ensemble des façades est plaqué en brique pleine, la toiture est restaurée en 2007 et recouverte d’ardoise d’Angers. Chacune des tours ouest est prolongée par un bâtiment qui rejoint un pavillon carré flanqué d’une tour ronde fermant un espace délimitant une cour intérieure de quinze mètres sur vingt-cinq mètres soit trois cent soixante-quinze mètres carrés.
Le linteau du portail d’entrée ouest de la cour est décoré d’une sculpture en pierre ou l’on voit encore le blason des Saporta surmonté d’une couronne de marquis et accompagné de leur devise « Forti custodia ».
Le placage en brique bâti à vinqt-cinq centimètres du mur ancien est maintenu à celui-ci par des monogrammes « S » affrontés en fonte. (Photo prise après la restauration de 2014.)
Le larmier de la croisée du 1er étage est accompagné du blason des Saporta : « D’azur, à un portail d’or, et un chef de gueules, chargé d’un lion passant » surmonté de la couronne de comte – façade est.
Le parc en 2013.
Le château et son parc deviennent propriété communale en 1998.
Le parc et la palmeraie sont arborés avec des essences plantées principalement au XIXe siècle par le botaniste Gaston de Saporta.
Arbre à laque, Butia capitata
Aubépine épineuse, Cratægus oxyacantha sensu.
Bouleau blanc, Betula alba L.
Buis, Buxus sempervirens L.
Camphrier, Cinnamomum camphora
Chêne blanc, Quercus pubescent
Chêne vert ou yeuse, Quercus ilex
Cocotier du Chili, Judaea chilensis
Cycas ou sagoutier, Cycas revoluta
Cyprès chauve de Louisiane, Taxodium distichum
Cyprès de Provence, Cupressus sempervirens L.
Faux poivrier, Schinus molle
Filaire (famille des oléacés), Phillyrea angustifolia L.
Frêne, Fraxinus excelsior
Laurier sauce, Laurus nobilis L.
Laurier tin, Viburnum tinus
Marronnier d'Inde, Aescululus hippocastanum L
Micocoulier, Celtis australis L.
Orme, Ulmus campestris L.
Palmier bleu du Mexique, Brahea armata
Palmier dattier, Phœnix canariens
Palmier de Californie, Washingtonia Filifera
Palmier de saint-Pierre, Chamaerops humilis
Pin d’Alep, Pinus halepensis Miller
Platane, Platanus orientalis L.
Platanes, Platanus acerifolia
Séquoïa toujours vert, Séquoïa sempervirens
Le lac creusé dans le grès est alimenté en eau d’arrosage par un canal d’amenée pris sur le canal de l’Enclos dérivé du Gapeau.
Historique
Palamède de Forbin, alors second président de la cour des maîtres rationaux du parlement à Aix, achète à Jean de Beauvau, sénéchal d’Anjou, le château de Solliès et son terroir, le 16 septembre 1468.
Les Forbin Solliès la conservent jusqu’en 1743, date à laquelle le marquis de Forbin La Barben devient le nouveau propriétaire du château de Solliès-Pont. Le marquis de l’Estang-Parade, gendre du marquis de Forbin, le vend en 1821 à Jean d’Argiot de la Ferrière. À sa mort le château et le domaine de quatorze hectares sont vendus au comte de Saporta qui le restaure et l’agrandit pour lui donner son allure actuelle.
Louis XIV monte à la Sainte-Baume, où il passe deux heures. Le lendemain, 6 février 1660, il se rend à Solliès, où il couche au château, ainsi que les grands personnages qui l’accompagnent.
On raconte que le roi entendant prononcer le nom de Solliès à la provençale « Souliè » se retourna vers Forbin et lui dit : « Si vous avez un soulier comme ça à chaque pied, vous êtes le mieux chaussé de mon royaume ».
L’escorte royale était considérable. En dehors des seigneurs, des mousquetaires commandés par Comminges et d’Artagnan, des gardes-françaises, des suisses, le roi emmenait avec lui ses médecins, ses aumôniers, ses pâtissiers, ses musiciens, etc.
Les habitants ont gardé longtemps le souvenir de ce somptueux cortège. La note s’éleva à quare cents livres... et quatre sous.
Le lendemain, le roi partit pour Toulon. Il repassa à Solliès le 19 février pour aller coucher à Belgentier.
En 1913, le château et le domaine sont achetés par M. Lucien Fontaine et son gendre M. Charles Marant. Cette exploitation sous la dénomination « Domaine de Solliès » développe l’arboriculture intensive, la culture maraîchère et transforme les écuries du château en conserverie et en magasin d’emballage.
Le corps principal du château est cantonné de deux tours rondes à l’est et de deux tours carrées à l’ouest dont l’ensemble est plaqué de briques pleines en 1880. Collection privée.
Palamède de Forbin-seigneur de Solliès gentilhomme, homme d'État provençal, Pierre Le Roy, FEEL, Nice, 2003.
Histoire de Solliès, la vie tourmentée d'une commune à travers les âges, Paul Maurel, Toulon, 1936.
Solliès-Pont, G. Gothier & P. Y. Grué, Mayenne, 2010.
Consulter la page : Les jardins du Château de Solliès-Pont
La fontaine Mouton
Depuis 2021, au bout de la rue Notre-Dame, une fontaine du XIXe siècle, reconstruite à l’iden-tique, a retrouvé sa place.
Son nom, « Mouton », intrigue : pourquoi une tête de cheval la surplombe-t-elle ? Parce qu’elle était jadis l’abreuvoir des chevaux du quartier, et qu’Anna Giraudo, fille de la famille propriétaire, avait donné ce surnom à tous les équidés.
Une plaque perpétue aujourd’hui le souvenir de cette tradition.
Photos de détail du fronton de la fontaine.
Solliès-Pont
Aux XVII et XVIIIes siècles la solution utilisée pour l’adduction en eau dans les villages est le fil de l'eau, qui descend naturellement par gravité dans un canal à ciel ouvert.
L’eau va de fontaine en fontaine, la surverse de la première alimentant la suivante. Les usages différents de l’eau se répartissant tout au long de cette ligne : au point le plus haut, l’alimentation des habitants, puis les animaux, les usages domestiques et l’arrosage des jardins, le point le plus bas. (Belgentier 2, Solliès-Toucas 2, 3, 11, 12, 15, Solliès-Pont 1, 2, Solliès-Ville 1, 4, 5, La Farlède 1, 8).
Quand l’eau est peu abondante, les fontaines sont rares et fort simples ; le souci majeur des municipalités est donc la recherche de sources pérennes, l’amélioration des captages et l’acheminement de l’eau vers les différents quartiers des villages qui petit à petit s’étendent.
L’Empire et son administration sont à l’origine de la création des départements et parallèlement les ingénieurs des Ponts et Chaussées, en hommes de terrain participent à l’aménagement du territoire et aux travaux d’adduction d’eau (Solliès-Toucas 8, 9, Solliès-Ville 3)
Les matériaux changent et la fonte remplace de plus en plus la terre cuite qui, poreuse et fragile, provoque des pertes importantes, l’eau coulant à la fontaine correspondant à la moitié voire au quart du volume capté à la source. Le prix de la fonte baissant au cours du siècle va également favoriser son utilisation.
Le XIXe siècle est l’âge d’or des fontaines et dans tous nos villages, bornes-fontaines, fontaines centrales ou adossées, fontaines-lavoirs et puits dans les plaines vont voir le jour, dessinés par les ingénieurs des Ponts et Chaussées, les architectes voire le maçon du village (Belgentier 7, 9 à 14, La Farlède 5, Solliès-Pont 3, Solliès-Toucas 6, 10, 13).
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la technique du réseau va permettre de multiplier les adductions d’eau. La résistance des matériaux, le calcul des sections des tuyaux vont permettre d’augmenter la taille des conduites et donc le volume d’eau disponible.
La Loi sur la salubrité de 1902 va accélérer le développement des réseaux, car il est urgent de lutter contre les épidémies de choléra, de typhoïde, causées par les eaux polluées.
Aujourd’hui, chaque commune, chaque habitation dispose de l’eau courante et les rôles les plus importants de la fontaine ont disparu (La Farlède 11 à 13, Solliès-Pont 11 à 16).
Certes, la construction des nouvelles fontaines a beaucoup diminué, mais on constate que nombre de projets décoratifs d’embellissement urbain passent par la création d’une fontaine, partie intégrante de cet espace (Solliès-Toucas 16, Solliès-Pont 9, 10, Solliès-Ville 6, La Farlède 9, 10).
HISTOIRE DES EAUX D’ARROSAGES
ET DES EAUX POTABLES
DANS LA COMMUNE DE SOLLIÈS-PONT
Par Georges Durando
Maire de Solliès-Pont, article paru dans :
Le Petit Varois – La Marseillaise du 18 au 21 mars 1958
Des jeunes gens reprirent et promenèrent le drapeau tricolore, et d’autre part l’opposition constitutionnelle dans laquelle se lançait la bourgeoisie libérale avec ardeur (triompha à la fin du règne de Charles X qui avait aboli la liberté de la presse) par la révolution de 1830 qui éclata à Paris renversant la dynastie des Bourbon.
D’après diverses archives, nous avons pu noter que c’est en 1823 que les comtes de Saporta, seigneurs de la commune, laissèrent construire le grand canal d’arrosage devant desservir les quartiers connus aujourd’hui sous les noms des : Laugiers, Fillols, Trois Pierres, les Terrins et plus tard La Tour.
Naturellement fut édifiée à l’époque l’écluse dite des « Messieurs » probablement en l’honneur des Saporta qui « sacrifiaient » un peu de leur terre pour la retenue indispensable des eaux.
Le sacrifice n’était pourtant pas très grand puisqu’encore de nos jours le château, malgré qu’il fut vendu en 1921 par les Saporta aux Hoirs Fontaine, bénéficie de la totalité de l’eau pendant 24 heures du samedi à midi au dimanche à 12 heures, alors qu’elle est divisée en cinq parts pour les quartiers.
Les paysans de l’époque qui firent les travaux ne perçurent qu’un cinquième d’une eau qui aurait dû être répartie au prorata de la surface irrigable.
La Révolution de 1830 ne changea donc rien en la matière. Il est vrai que la royauté se continuait avec Louis-Philippe 1er et quoiqu’il eut adopté le drapeau tricolore et reconnut la souveraineté du peuple.
Louis-Philippe et sa monarchie furent à leur tour renversés par la Révolution de février 1848, ce qui marqua la fin du régime de la bourgeoisie.
Cette fois la République est proclamée, le suffrage universel élit l’Assemblée nationale constituante, mais de nombreux départements, dont la Provence, sont travaillés sourdement par des sociétés secrètes et en 1852 Louis Bonaparte fit son coup d’État le 2 décembre.
L’insurrection éclata en Provence, des bandes de paysans insurgés occupèrent Brignoles, Forcalquier, Sisteron, Digne, etc. L’Empire fut rétabli par le plébiscite du 7 novembre 1852.
Et les paysans, malgré ces changements, restèrent encore avec la petite part de cette eau si précieuse comme ils le sont, hélas ! encore de nos jours, malgré l’étendue toujours plus grande des terres mises en valeur.
Les besoins se multiplient, l’on pourrait irriguer toute la plaine de nos jours, mais les lois féodales se perpétuent et les préfets, quoique maîtres des eaux, ne font rien pour les changer.
Est-ce parce qu’ils furent institués par Napoléon ? Toujours est-il que les rivalités divisent les quartiers que des procès interminables ruinent sans apporter une seule goutte d’eau de plus.
Vers 1948 l’on voulut reprendre l’ancienne idée du captage des eaux du Latail pour l’adduction d’eau du Beausset en particulier. Il ne suffisait pas de l’expérience de 1923 où il fut fait la preuve que le Latail était l’affluent principal du Gapeau, pour ce lancer dans cette aventure qui aurait asséché notre rivière et ruiné notre vallée.
Une levée de boucliers se fit de Belgentier à Hyères et le préfet de l’époque que je sollicitais au Conseil général, prit l’engagement de nous tenir au courant de toute initiative à ce sujet.
Les protestations, les vœux des Conseils municipaux, les démarches des maires et des associations agricoles décidèrent les auteurs du projet à l’abandonner définitivement.
Ce n’est pas pour autant que l’on resta longtemps tranquille. Voilà qu’un nouveau projet fut mis en avant et que la menace pour venir d’un autre côté n’était pas moins grave.
Cette fois, c’est à Solliès-Pont même, dans les profondeurs des terres en amont de la source qui alimente la ville, que l’on voulait s’en prendre.
À cet effet, nous fûmes convoqués (maires, dirigeants des C. G. A. et syndicat de quartier) par le Génie rural à Toulon où l’on nous fit connaître ce projet qui devait ne nous porter aucun préjudice.
Il me semble voir encore le géologue qui au tableau noir nous donnait la leçon sur l’éventualité toute problématique d’enlever l’eau de la cuvette naturelle qui se trouverait dans le quadrilatère (Solliès-Toucas, Les Aiguiers, Rebœuf, Solliès-Pont) pour alimenter la ville d’Hyères, La Londe, etc., avec la garantie pour nous de recevoir en surface la quantité d’eau que nous percevions auparavant, sinon un peu plus.
La réunion ne dura pas longtemps, à la première question que je posais, notre géologue fut désarçonné.
Elle fut celle-ci : « Pouvez-vous nous donner l’assurance que l’humidité qui résulte de l’infiltration permanente de cette nappe d’eau qui s’étend dans toute la plaine se continuera ? Pouvez-vous nous assurer que les diverses sources qui alimentent les puits, puis à moteur, le petit Réal, la Jonquière ne seront pas taries ? »
Cette assurance ne nous étant pas donnée, nous refusâmes de suivre le Génie rural dans cette nouvelle affaire, nous réservant d’alerter à nouveau, communes et usagers… et une nouvelle fois le projet fut abandonné.
Comme nous venons de le voir, quelque régime que nous ayons vécu, toujours les paysans ont fait les frais de la politique de leurs dirigeants réactionnaires. Tout ce qui servait les riches de 1830 les sert de nos jours.
Dans la nuit du 4 août, la bourgeoisie abandonna les titres de noblesse, mais conserva ses privilèges et ses titres de rente.
L’exemple de l’arrachage des vignes qui a coûté au gouvernement 17 milliards de francs pour en venir à la vente aux tickets prouve d’une part l’insouciance de ceux qui ne connaissent rien à la terre et d’autre part le souci de favoriser certains colons au préjudice des paysans de la métropole.
Peut-on nous accuser de vouloir une politique de paix, lorsque nous disons qu’il faut en finir avec la guerre qui dure depuis 20 ans ?
Combien de barrages eut-on pu ériger dans notre département qui se prête facilement à ces retenues d’eau, avec des milliards engloutis inutilement à faire ces guerres sans issue ? Combien de milliers d’hectares restent stériles et des travailleurs de la terre sans biens par la faute d’une telle politique ?
Au moment où tout va mal pour notre économie, au moment où tous les Français veulent voir évoluer le progrès social et la paix, l’amitié entre les peuples on intensifie la guerre d’Algérie, on veut installer des rampes atomiques étrangères en France.
Qu’est-ce que cela peut rapporter aux Français, aux ouvriers et aux paysans ?
Revenons à notre sujet et voyons ce qu’il est de l’eau potable de consommation familiale. Dans la commune, nous ne sommes pas privilégiés à cet égard comme pour l’eau d’arrosage nous retrouvons les mêmes difficultés, encore une fois l’emprise du château pèse lourdement sur les contribuables.
Un accord datant du 19e siècle intervint entre la ville et les Saporta, il fallait construire les écoles, aucun terrain ne convenait à proximité, le conseil municipal sollicita les seigneurs qui acceptèrent sa construction sur l’avenue des Lices, actuellement avenue du 6e RTS, baptisée en 1945 en l’honneur de ce régiment qui participa à la libération des Solliès.
Quoique l’on ne circulait à l’époque qu’avec des draisiennes, les Saporta ne perdirent pas les pédales. Par un accord notarié, ces derniers cédèrent l’enclave qui groupe les bâtiments des écoles de filles, maternelle et de garçons, à la charge de la commune de construire le mur de séparation qui resterait la propriété du château, mais que la commune devait entretenir. Charmant, n’est-ce pas ? Mais tenez-vous bien, en contrepartie de ce don !… la ville était tenue de livrer journellement 30 000 litres d’eau au château (d’eau potable s’entend) tant que la source serait réputée pouvoir fournir l’eau à la ville, soit jusqu’à son tarissement, l’eau arrivant par gravitation.
Plus de cent ans après, en 1937, l’on jugea insuffisante l’arrivée d’eau et l’on entreprit le projet de l’adduction qui nous sert de nos jours, le puits fut creusé dans le terrain Gerfroit à cent mètres du Gapeau, le réservoir construit sur les hauteurs de la colline en face les Sénès.
À ce moment le Conseil municipal pouvait se libérer de l’emprise insupportable du Château, le contrat n’ayant plus lieu d’être dans cette situation.
Tarissement de la source d’une part, frais considérables pour la commune pour ces grands travaux et paiement de l’eau par les usagers, celle-ci n’arrivant que par pompage électrique d’autre part.
Il faut croire que la majorité du Conseil municipal qui vota par 19 voix contre deux le nouvel accord, cette fois avec le sieur Marant, l’un des propriétaires, n’entrevit pas les conséquences désastreuses (pour ne pas dire plus) qu’il engageait non pas contre la ville, mais contre toute la population.
L’accord reconduisait celui passé antérieurement, la ville continuerait à perpétuité à donner au Château 30 000 litres d’eau potable par jour.
Il me souvient qu’étant jeune, les vieux de notre village disaient que les Saporta étaient de bonnes gens, pensez, chaque fois que l’un d’eux mourait, l’on donnait cinq francs pour porter un cierge derrière le corbillard, tous les gamins de l’époque, et j’en fus un, trimbalaient ces cierges comme pour une première communion en souhaitant que l’on meure souvent dans cette famille.
Si les Saporta avaient le souci évident de leurs privilèges et s’ils ne donnaient pas facilement ou faisaient semblant de donner, il n’en fut pas de même de la part de leurs successeurs, en mal naturellement : qui ne se souvient de l’attitude de celui qui fut président de la délégation spéciale sous Vichy envers la population !
En fait toujours le Château fut l’ennemi des Solliès-Pontois jusqu’à ce qu’il fut vendu et morcelé ces derniers temps.
Il reste toutefois le problème des eaux à régler, il faudra une fois pour toutes envisager cette solution.
Pour les terres, la part de chacun doit être fonction de leur surface par rapport à la quantité reçue de la rivière.
Pour la consommation tout le monde doit payer la quantité de mètres cubes consommés, il ne peut pas y avoir d’autre procédé ; chacun payant les mêmes impôts pour les propriétés non bâties et le même tarif au mètre cube d’eau potable.
Bibliothèque : Eaux et fontaines du Var
Bibliothèque : L'hydrologie à Solliès-Pont
Bibliothèque : Les routes de l’eau dans le Var
Autre article : La fontaines Mouton
Le four à terres cuites des Pousselons
Ce four à Terres Cuites Architecturées, pour la production de briques, carreaux, situé sur une parcelle de 19 310 m² est fortuitement redé-couvert en décembre 2017, dans le vallon des Pousselons à Solliès-Pont – Var.
En 1810, le four est sur une parcelle de 836 m² déjà plantée d’oliviers et appartenant à Joseph Gueit et à Claire Genton mariés en 1770.
Dans son état actuel, seule la chambre de chauffe de forme rectangulaire (1,93 m x 1,80 m) et d’une hauteur sous voûte de 0,93 m est en bonne condition de conservation.
La sole percée de trente carneaux est recouverte de matériaux provenant de l’écroulement de la voûte, de ratés de cuisson et de blocs divers.
Un tesson de vaisselle, daté du XVIIIe siècle, d’un atelier de potier de la vallée de l’Huveaune, a été retrouvé dans le foyer.
Le 1er avril 2019, Mme Corinne Landuré, chargée de la gestion patrimoniale et scientifique – Var, du Service régional de l’archéologie, Drac–Aix-en-Provence visite le site et établie une note BSR.
La gueule du four.
L'intérieur du foyer avec les carneaux.
Lundi 1er avril 2019, trois agents de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Daniel Pouly, de l’Unité Départementale de l’Architecture et du Patrimoine du Var basée à Toulon, Corinne Landuré et Pascale Barthès du Service régional de l’Archéologie basé à Aix-en-Provence) se sont rendus à Solliès-Pont pour examiner une construction semi-enterrée découverte fortuitement par Monsieur Pascal Grué, président de l’Association de l’Écomusée du Gapeau, dans le vallon des Pousselons.
Il s’agit d’un petit four qui présente une chambre de chauffe en excellent état de conservation. Celle-ci, ouverte vers l’ouest, est de plan rectangulaire (1,93 x 1,80 m environ) et possède des murs en briques et une voûte en berceau, également en brique. Le sol de la chambre, recouvert d’une couche de sédiment, n’est pas visible. La hauteur maximum mesurée sous la voûte est de 0,93 m. Six rangées de trous (carneaux) sont ménagées dans la voûte pour le passage de l’air chaud vers la partie supérieure du four (laboratoire) où étaient déposés les produits à cuire. Cette partie du four est aujourd’hui effondrée ; il n’en subsiste qu’un épais niveau constitué d’argile rubéfiée, de tuiles rondes et de blocs de grès. L’aire de travail, où les potiers enfournaient le combustible, doit se trouver sous les blocs de grès présents autour de l’accès à la chambre de chauffe.
Par sa morphologie et sa taille, ce four est tout à fait comparable à plusieurs exemplaires recensés dans la région et attribués à l’époque moderne. Il est probable qu’il s’agisse d’un four destiné à produire des matériaux de construction (briques, tuiles, carreaux de pavement…) pour les besoins propres d’un grand domaine agricole.
Les agents de la DRAC se sont félicités d’avoir été prévenus de cette découverte ; l’enregistrement du four des Pousselons dans la base de données nationale des sites archéologiques va constituer une première étape dans sa préservation. Les agents de la DRAC ont également insisté sur la législation existant dans le domaine de l’archéologie, à savoir que toute fouille ou sondage est soumise au contrôle de l’État via une autorisation préfectorale.
Test de cuisson d'une galette recto et verso d'argile collecté à proximité du four.
Le parc du château de Solliès-Pont
Agrumes : Citrus
Arbre à laque : Butia capitata
Aubépine : Cratægus oxyacanthasensu
Bouleau blanc : Betula alba L.
Buis : Buxus sempervirens
Camphrier : Cinnamomum camphora
Chêne blanc : Quercus pubescens L.
Chêne vert : Quercus ilex L.
Cocotier du Chili : Judaea chilensis
Cycas : Cycas revoluta
Cyprès chauve : Taxodium distichum
Cyprès commun : Cupressus
sempervirens L.
Cyprès de Lambert : Cupressus macrocarpa
Faux-poivrier : Schinus molle
Filaire : Phillyrea latifolia L.
Frêne : Fraxinus excelsior
Laurier sauce : Laurus nobilis L.
Laurier-tin : Viburnum tinus
Marronnier d'Inde : Aesculus
hippocastanum
Micocoulier : Celtis australis L.
Orme : Ulmus campestris L.
Palmier à chanvre : Trachycarpus fortunei
Palmier bleu du Mexique : Brahea armata
Palmier dattier : Phœnix canariens
Palmier de Californie : Washingtonia filifera
Palmier nain : Chamærops humilis
Pin d'Alep : Pinus halepensis Miller
Platanes : Platanus acerifolia
Séquoia : Sequoia sempervirens
Tilleul : Tilia
Feuillus

Devant son nom au mot latin « Tilia » le Tilleul est un arbre appartenant à la famille des Malvacées, qui se divisent en plusieurs espèces, dont les plus connues en Europe sont le Tilleul à petites feuilles Tilia cordata et le tilleul à grandes feuilles Tiilia plastiphyllos.
Arbre traditionnel implanté au centre des villages de Gaule ou d’anciens lieux de rassemblement en Allemagne, le Tilleul est aujourd’hui principalement connu pour ses fleurs et ses feuilles. Ces dernières, souvent en forme de cœur, ont d’ailleurs fait du Tilleul un symbole d’amour et de fidélité dans la mythologie grecque.
Pouvant s’élever jusqu’à quarante mètres de hauteur, il possède une croissance rapide faisant apparaître une écorce lisse qui se gerce au fil des années. Comme la plupart des arbres, il a besoin d’un sol relativement profond pour pouvoir se développer. Cet arbre principalement d’ornement préfère les terres riches, fraîches et assez humides pouvant être même calcaire. Il ne supporte pas les terrains trop acides et l’aridité de l’air, il conviendra donc de lui trouver une exposition mi-ombre.
Le Tilleul se plante en racines nues ou en conteneur à l’automne pour favoriser son enracinement avant l’hiver.
Cette espèce a un tronc droit et de nombreux rameaux plutôt pendants. Son écorce cannelée ressemble à celle du hêtre, gris avec quelques pustules et protubérances. Ses feuilles caduques sont simples, alternes, elliptiques, légèrement asymétriques à la base, dentées et rugueuses sur le dessus, ressemblant à celles l’Orme, tout en étant plus allongées et moins larges. Ses petites fleurs s’épanouissent en mai, en général solitaires et disposées à l’aisselle des feuilles, avec une corolle peu visible, mais des stigmates blancs très développés.
En septembre, ses petits fruits noirâtres ressemblent à de petites olives et persistent sur l’arbre après la chute des feuilles.
La face blanchâtre des feuilles d’yeuse permet en fait de réfléchir les rayons du soleil et lutter contre la sécheresse. De ce fait, il occupe souvent les sites les plus secs. Ces caractéristiques des forêts méditerranéennes sur le sol calcaire, il permet de maintenir un couvert forestier dans les lieux aux conditions écologiques rudes, et participe ainsi au maintien des sols.
Il a été largement exploité pour le bois de chauffe et le charbon de bois.
Cet arbre mesure une quinzaine de mètres de façon générale et plus rarement une trentaine, possédant une tête ronde. Il est très rustique au gel en terrain drainant et peu aussi vivre plusieurs siècles. Son tronc à l’écorce noire, Il est souvent recouvert de lichens gris. et est souvent de forme assez tortueuse. Le bois (très dur et dense) sert pour les charpentes et les meubles. Il résiste à l’eau et sert encore pour les écluses, les pilotis, les traverses de chemin de fer… Il sert aussi de combustible et à fabriquer un excellent charbon de bois.
On extrait de l’arbre l’huile essentielle de ravintsara qui contient du safrol (toxique) mais elle n’est utilisée qu’en usage externe pour ses propriétés antivirales, antiseptiques, antispasmodiques, stimulantes, antirhumatismaux, analgésiques, contre l’asthme et les faiblesses cardiaques.
Des petites fleurs en coupe de couleur jaunâtre forment des bouquets de six à sept centimètres de diamètre, entre mars et juin puis des baies noires de moins d’un centimètre apparaissent.
En Asie, notamment au Japon, le camphrier est vénéré : il est l’ensemble de la ville d’Hiroshima, car il fut le premier à reverdir après le bombardement atomique du 6 août 1945.
Arborant une couleur vert clair, ses feuilles sont de grande taille avec ses treize à quinze centimètres de longueur. Unisexes, les fleurs s’organisent autour d’un pédoncule, tandis que les fruits duveteux ont des formes proches des châtaigniers.
Occupant une place très importante dans la mythologie grecque, le platane est le symbole de la déesse Gaia. Par ailleurs cet arbre fait également partie des quatre éléments formant le caducée, l’emblème du corps médical. Le platane a été très utilisé pour border nos routes nationales.
Conifères
C’est un conifère à grand développement qui atteint entre dix et vingt-cinq mètres de hauteur. Son large tronc lisse souvent tortueux et penché est recouvert d’une écorce brun-gris qui se fissure avec l’âge. Sa cime large et claire prend souvent la forme d’un parasol (moins dense toutefois que celle d’un pin parasol).
Ses feuilles ou aiguilles persistantes et aromatiques vert clair, regroupées par deux sont courtes, fines et souples (entre six et dix centimètres).
Il produit en avril et mai à la floraison des fleurs mâles sous forme de chatons jaunes pale qui se situent à la base des pousses de l’année, et des fleurs femelles sous forme de cônes charnus, les plus petits des pins méditerranéens (de huit à onze centimètres), d’un violet pourpre qui se développent en deux ans et deviennent brun et ligneux.
Ils contiennent des graines ailées qui sont comestibles.
Il est plus fin et plus élancé que le séquoia géant.
Les feuilles persistantes sont disposées sur les rameaux secondaires en deux rangs d’aiguilles aplaties, longues, vertes dessus, blanchâtres dessous. Les feuilles placées sur les rameaux principaux sont des écailles appliquées.
photo : Ilya Katsnelson, CC BY 2.0
Les cyprès chauves vivant dans les marais se distinguent par la croissance de racines aériennes particulières, les pneumatophores. Ces organes lignifiés, qui peuvent atteindre 1,7 m de haut, émergent du sol ou de l'eau tout autour du tronc. Leur fonction semble être double. D'une part ils assurent la fourniture en dioxygène du système racinaire immergé qui risquerait sans cela l'anoxie ; d'autre part ils permettent une meilleure stabilisation et un meilleur ancrage de l'arbre dans le sol très souvent imbibé d'eau.
L’arbre de forme pyramidale atteint vingt-cinq mètres en culture avec à la base une largeur de sept à huit mètres, et jusqu’à quarante mètres dans son aire d’origine avec un diamètre de tronc de deux mètres à la base. Les ramilles portant les aiguilles souples sur deux rangs ne sont pas tout à fait opposées, ce qui le distingue du Métaséquoia. Elles sont disposées en spirale autour du rameau, mais sa torsion donne l’illusion qu’elles sont placées sur un même plan. Ce sont des ramilles entières qui se détachent à automne.
Les fleurs mâles apparaissent dès la fin de l’automne sous forme de panicules lâches et pendantes de dix à trente centimètres de long et libèrent leur pollen en avril.
Le Cyprès commun est un conifère à l’écorce lisse et teintée de rouge. De port érigé, les branches et les rameaux sont serrés les uns contre les autres, et dressés, donnant à l’arbre l’allure d’une colonne, parfois très fine suivant l’espèce, dont la cime élancée peut dépasser les vingt mètres de haut.
Les feuilles sont de petites écailles agglutinées, formant de petits rameaux souples. À la fin de l’hiver, les fleurs font leur apparition : les mâles sont de petits chatons oblongs, de couleur ocre à brun, tandis que les fleurs femelles sont des cônes globuleux à écailles épaisses, de couleur verte, parfois teintés de bleu ou de gris.
Cupressus sempervirens Horizontalis est un cyprès de Provence couramment utilisé dans le Midi, pour faire des haies taillées.
À la fin de l’hiver, les fleurs font leur apparition : les mâles sont de petits chatons oblongs, de couleur ocre à brun, tandis que les fleurs femelles sont des cônes globuleux à écailles épaisses, de couleur verte, parfois teintés de bleu ou de gris.
Cupressus sempervirens Horizontalis est un cyprès de Provence couramment utilisé dans le Midi, pour faire des haies taillées.
Photo : John Sullivan. et licence
Leurs feuilles pennées et arquées qui peuvent être très grandes (deux à trois mètres pour C. debaoensis), ressemblent à celles des palmiers, mais elles sont bordées d’épines et insérées sur le stipe par un long pétiole. Elles forment de magnifiques courronnes, en particulier chez C. revoluta.
Les Cycas étant dioïques, les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds différents. Chez C. revoluta, les cônes mâles, laineux mesurent vingt à quarante centimètres et les inflorescences femelles dix à vingt centimètres. Les fruits ovoïdes font trois à quatre centimètres de long.
Le feuillage, vert brillant, peut geler à partir de -15 °C, mais repart du tronc.
Palmiers
Ce qui apparaît comme un tronc est en fait une tige herbacée, non ligneuse,
rendue rigide et épaisse par le nombre très élevé des faisceaux conducteurs de sève
et par l'importante sclérification du parenchyme.
Le stipe est marqué des résidus des anciennes feuilles desséchées qui finissent par tomber après une vingtaine d’années et laissent voir un stipe rugueux. Les palmes longues de deux mètres et plus sont pennées et très arquées, portant cent vingt à cent soixante pinnules bleutées érigées, qui retombent au bout des feuilles. Les pétioles de cinquante centimètres sont hérissées d’épines filamenteuses. Les fleurs peuvent apparaître dès que le jeune Butia montre un début de stipe. Les inflorescences naissent d’entre les feuilles et les fleurs sont en grappes denses, jaunes.
Elles sont capables de produire plus de trente kilos de fruits, d’un diamètre de deux à trois centimètres qui deviennent orange à maturité. Ils contiennent une grosse graine centrale ovoïde à trois petits creux ; une noix de coco miniature.
Palmier à chanvre, croissance rapide, stipe unique et fin garni de fibres brunes raides, feuilles palmées assez coriaces vert foncé, de sept à huit mètres de haut, grande résistance au froid.
Il a été importé de Chine en 1844.
Il a été introduit en Europe aux alentours de 1850 et se rencontre encore aujourd’hui sur la côte méditerranéenne (Hyères, Montpellier, Collioure…), à Lorient et sur la place d’Hendaye. On pourra donc l’implanter partout à condition d’installer un dispositif chauffant pour l’hiver.
Le palmier Jubaea chilensis est une plante monoïque, c’est-à-dire qu’il est à la fois mâle et femelle. Il peut donc produire des graines viables et fertiles tout seul. Les fleurs sont disposées sur une grande hampe florale mesurant plus d’un mètre cinquante. Le fruit est une noix de coco miniature.
Il est dioïque, son tronc - ou stipe - comprend de multiples drageons. Ses fruits malgré leur aspect brun rouge attirant ne doivent pas être consommés.
Ses feuilles prennent la disposition d’une rosette terminale, la forme d’éventail ainsi formée peut atteindre un diamètre de quatre-vingt-dix centimètres. C’est le palmier le plus vendu et le plus cultivé, aujourd’hui. Il possède la caractéristique exceptionnelle de régénération naturelle après le passage d’un incendie.
Il peut également résister à la sécheresse ce qui lui vaut une grande importance au niveau écologique en freinant l’érosion.
Il supportera très bien également le bord de mer et ses embruns. Mais attention, sa rusticité est limitée aux températures ne descendant pas en dessous de -12 °C.
De nombreuses vertus thérapeutiques sont associées aux baies de la plante.
Grâce à ses nombreuses fibres, l’utilisation du palmier nain peut aboutir à la fabrication de divers matériels et objets tressés.
La colonne se compose d’une soixantaine de palmes s’étalant sur trois mètres de diamètre. Les pétioles d’environ un mètre de long, gris argenté sur le dessous et recouvert d’un duvet brun au revers, sont armés de solides épines crochues jaune clair. Les feuilles légèrement costapalmées sont coriaces et couvertes d’une cire qui leur donne un aspect bleu argenté à gris bleu sur les deux faces. Les limbes sont déchirés en segments jusqu’au centre dans toute la couronne. L’extrémité des segments est elle-même bifide et parfois légèrement retombante. Les vieilles feuilles restent longtemps attachées formant un « jupon » au sommet du stipe.
Après plusieurs décennies de spectaculaires panicules de couleur ivoire, de quatre à six mètres de long surgissent d’entre les feuilles et retombent gracieusement sous la couronne. Elles sont composées d’une multitude de petites fleurs hermaphrodites. Les fruits comestibles sont des drupes sphériques marron rouge de vingt-cinq millimètres qui prennent d’abord la teinte jaune.
Quinze à vingt mètres de haut.
| département : | Var |
| commune : | Solliès-Pont |
| appellation : | Four à cade des Pousselons |
| adresse : | Quartier les Pousselons |
| auteur : | Paulin OLIVIER (constructeur) |
| date : | 1914 |
| protection : | Inscription au titre des monuments historiques : arrêté du 1er oct. 1994 |
| label patrimoine XXe siècle : | Circulaire du 1er mars 2001 |
Les fours à cade1
Le cade
Le cade arbuste dioïque de quatre à cinq mètres, exceptionnellement de dix à quinze mètres, c'est le Juniperus oxycedrus, plus connu que le Genévrier commun (utilisé en cuisine). Sa longévité est remarquable, multicentenaire voire millénaire, comme à Castelnau-Valence (Gard). Son bois, dur, à grain très fin était autrefois recherché en marqueterie et petite ébénisterie, pour son odeur agréable et la beauté de ses cernes. Résistant et imputrescible, il servait à faire des statues à l'époque romaine, des piquets (en Corse).
On en a fait aussi des linteaux de portes et des plaques ou objets anti-insectes et antimites à glisser dans les penderies.
C'est « l'engantier » qui est le producteur de l'huile de cade.
Ses baies (comestibles) appréciées des oiseaux, sont vertes la première année puis deviennent marron-rouge et mettent deux, voire trois ans pour atteindre la maturité.
La récolte du cade
Les arbres étaient coupés à la base, puis la souche déterrée au pic. Les vieux arbres tourmentés étaient les plus appréciés. Ceux dont les bois étaient les plus foncés étaient les cades gras. Toutes les parties du bois à section foncée étaient utilisées pour la pyrogénation (tronc, grosses branches et racines principales).
L'huile de cade
– des fissures des sabots des équidés ;
– des teignes, eczémas et plaies atones ;
– le piétin des ovins.
C’est également un parasiticide puissant, et l’huile de cade a un effet répulsif sur les mouches, les taons et les animaux indésirables (blaireau…)
Le charbon de cade constituait un sous-produit recherché pour ses vertus odoriférantes (grillades) et par les forgerons pour son aptitude à maintenir une haute température dans les foyers (forges).
Les fours à cade
Sur les collines et les plateaux, entre la côte toulonnaise et la chaîne de la Sainte-Baume, des petits édifices par dizaines rappellent une activité originale des paysans de la région : l’extraction de l’huile de cade.
Le four construit par Paulin Olivier, quartier des Pousselons à Solliès-Pont.
Quand ils n’étaient pas pris par les travaux agricoles, ils arrachaient les souches de genévrier-cade, et en remplissaient les fours, en grande partie construits avec des matériaux trouvés sur place, pour en extraire l’huile utilisée en pharmacie humaine et vétérinaire, en parfumerie et cosmétologie.
Toutes les parties du bois à section foncée étaient utilisées pour la distillation (tronc, grosses branches et racines principales).
Un four était construit en un mois environ par deux personnes. Les matériaux utilisés étaient en grande partie trouvés sur place.
Quand l'exploitation des arbres aux alentours était finie, le four était partiellement détruit pour en récupérer les briques réfractaires qui servaient l'année suivante. C'est ce qui explique qu'aujourd'hui, on trouve très rarement des fours entiers.
La fabrication de l’huile de cade est presque complètement oubliée, alors qu’elle fut un produit de base de la pharmacopée, et les fours à cade furent très actifs jusqu’aux années 30.
La construction du four
La construction est massive, en grosses pierres sèches, sommairement équarries, mais parfaitement appareillées. Les dimensions sont imposantes :
Le four des Pousselons, dessin relevé en mars 1992 (vue de face)
Le four des Pousselons, dessin relevé en mars 1992 (vue de profil).
Le toit du couloir s'incline vers le fond, tandis que son plancher est excavé de trente à soixante centimètres par rapport au niveau du sol. La largeur de cette voûte est de un mètre vingt environ. La porte au fond est toujours traitée avec soin. Son plancher est fait d'un large moellon réfractaire, carré, de trente-deux à trente-trois centimètres de côté, pour une épaisseur de trois à quatre centimètres, débordant l'assise de quelques centimètres, afin de constituer une lèvre sous laquelle une cornue réceptionnait l'huile fumante.
L'ouverture de la porte, rectangulaire, de vingt-trois à vingt-cinq centimètres de large sur trente de haut était bordée de briquettes. L'ouverture de la porte était perpendiculaire aux vents dominants et les faces latérales constituées par des murs rectilignes. Au centre de la structure, un mur interne délimitait une fosse grossièrement arrondie, qui faisait place au foyer.
La terre recouvrant l'ensemble assurait une parfaite homogénéité.
Coupe longitudinale d'un four à cade (coupe de principe d'après le docteur Portes).
À la partie inféro-postérieure des faces latérales, s'ouvrait de chaque côté, un large tunnel destiné au tirage et à l'alimentation du foyer. Ce couloir de un mètre de long environ, ouvert par un évent de quarante centimètres de long sur trente-cinq de haut était construit avec minutie. La fosse centrale avait une profondeur de un mètre soixante-dix à deux mètres pour un diamètre entre un mètre et un mètre quarante.
Le four à cade des Pousselons
Situé dans une propriété privée, il est plutôt bien conservé : hauteur dépassant deux mètres ; largeur de trois mètres, couloir intact. Porte du « cul-de-four » effondrée, le carreau de base a disparu. Les briques sont restées sur place, car Paulin OLIVIER a construit ce four au début de la Grande Guerre, avec l'aide de ses deux fils.
En 1916 l'aîné Victor a été mobilisé. Le cadet, Baptiste était trop jeune pour apporter une aide efficace.
Le four a été abandonné en 1917 (Paulin ne pensant pas reprendre le métier)2
L'inscription sur l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
La famille Olivier
Le grand-père, Jean-Baptiste OLIVIER né en 1820 à Beauvezer (Alpes-de-Haute-Provence), berger, a rencontré et épousé Virginie Herrmite, fille d'une des toutes premières familles d'enguantier. Après son mariage, il s'installe à Cuges-les-Pins, où il commence à exploiter le cade avec sa belle-famille.
En 1859 naît son fils Paulin et en 1873, il s'installe au Beausset, où il poursuit la fabrication de l'huile de cade avec son fils.
Paulin appelé sous les drapeaux en 1879, effectue son service militaire de sept ans en Corse puis à Avignon, entre ensuite à l'arsenal de Toulon. Il se marie avec Thérèse Meynard, repasseuse et sa fille Rose naîtra en 1890.
En 1891, il abandonne son emploi à l'arsenal, pour reprendre la fabrication de l'huile de cade, avec son père à la Cadière et au Castellet. Quand son père cesse de travailler, Paulin s'établi à Bandol où naissent ses deux fils : Victor le 25 juin 1893 et Baptiste le 7 janvier 1900. Il réside ensuite à Solliès-Ville de 1905 à 1929, date de sa mort.
Pendant cette période, il construit les fours de La Tourne et celui de Pourraques à Solliès-Toucas, du col de Tourris au Revest, des Escabriels à Solliès-Ville, puis celui des Pousselons à Solliès-Pont qu'il abandonnera en 1916.
Au retour de Victor en 1920, il construit avec ses deux fils, le four ses Selves à Solliès-Ville, puis vers 1925, celui du Gypier à Méounes.
Il meurt le 3 janvier 1929. Ses fils ne poursuivent l'exploitation du cade que jusqu’à la fin de l’année 1929.
NOTES :
1 – En provençal, on parle de « cade » pour le genévrier oxycèdre, le français reprenant souvent, sans qu'on le sache, l'appellation provençale, en tout cas dans l'appellation courante ; oxycèdre étant l'appellation savante.
2 – Ces renseignements émanent de la fille de Paulin, Marcelle Cottin et de la veuve de Victor Olivier.
Documentation : Fours à cade, fours à poix dans la Provence littorale du docteur Laurent Porte aux éditions Les Alpes de lumière.
Bibliothèque :
— Four à cade des Pousselons, Solliès-Pont
— Fours a cade, fours à poix dans la Provence littorale 2
Consulter la généalogique de Paulin : Jean-Baptiste Olivier, arbre généalogique
La photo de presse (Var-matin).
(Photo R. Long.)



































































