Le Gapeau

  Canal de la Miséricorde

Rapport de Monsieur Jehan,
subdivisionnaire des Ponts et Chaussées de Cuers,
du 19 novembre 1936. (Original dactylographié, 6 p.)

État des lieux

Le canal dont il s’agit est une dérivation d’un canal beaucoup plus important ayant son origine sur la rive gauche du Gapeau à 700 mètres environ en amont de la localité de Solliès-Pont, à l’écluse dénommée « des Messieurs ». Ce canal longe, la rive gauche du Gapeau, alimente le canal du syndicat d’arrosage des Terrins, les canaux d’irrigation de la propriété dénommée « Le Château » appartenant actuellement à M. Fontaine, actionne la turbine du moulin à farine de M. Béja (point A du plan) situé en bordure de la R.N. 97 (D97) côté gauche dans la traverse de Solliès-Pont face au carrefour de celle-ci avec le G.C. 58, poursuit son parcours sous la R.N. 97 (D97) puis entre les maisons jusqu’à la place Général Gardanne (point B) du plan, ou il se divise en deux branches. L’une continue son chemin sur le côté droit du G.C. 58 et dessert les canaux des syndicats des Laugiers, des Trois Pierres, des Fillols, l’autre longe les façades sud des immeubles bordant le côté droit de la R.N. 97 (D97) dans la partie comprise entre la rue de l’Hôtel de Ville et l’origine du G.C. 58.

Elle passe ensuite en souterrain sous les maisons et la rue de l’Hôtel de Ville et se divise encore en deux branches dont l’une dessert le canal du syndicat d’arrosage de la Tour, tandis que la seconde se jette dans le Gapeau. Cette dérivation B. C. dénommée canal de la Miséricorde servait autrefois à conduire les eaux au moulin communal situé au carrefour de la R.N. 97 (D97) et de la rue de l’Hôtel de Ville et appartenait au propriétaire de celui-ci.
Lorsque le moulin fut désaffecté et transformé en maison d’habitation, le propriétaire, pour ne pas avoir à sa charge l’entretien du canal, le vendit au syndicat de la Tour et au syndicat des Sauvans et Penchiers qui en devinrent propriétaires.
Au début de l’année les deux syndicats ont fait exécuter une réfection complète de ce canal, curage, bétonnage du fond avec redressement des parois, revêtement au mortier de ciment des parois et du fond du canal avec enduit au ciment, couverture du canal par une dalle en béton armé. La répartition des dépenses entre les deux syndicats intéressés a été de 2/3 à la charge du syndicat de la Tour, 1/3 à la charge du syndicat des Sauvans et Penchiers. C’est pendant l’exécution de ces travaux qu’est né le différent qui divise actuellement le syndicat des Sauvans et Penchiers et divers propriétaires de la localité de Solliès-Pont. À l’extrémité du canal dans le mur rive gauche, en D du plan existent deux trous de 20 cm de diamètre alimentant des canaux servant à l’irrigation de jardins parmi lesquels ceux de l’Hospice de la commune de Solliès-Pont.
Les propriétaires de ces canaux prétendent pouvoir utiliser les eaux quand il leur plait, tandis que le syndicat des Sauvans et Penchiers prétend que les intéressés n’ont droit à l’eau que le samedi matin. Une partie de chaîne scellée dans le mur à proximité du trou permet de supposer la présence ancienne d’un bouchon pour obturer ce trou. Mais l’une, ni l’autre des parties en présence n’a pu produire à l’appui de ses dires, aucun titre. Toutes deux basent leurs affirmations sur des usages locaux et anciens.

Discussion

C’est ce différend que M. le Directeur des Sauvans et Penchiers demande à M. le Préfet de trancher en réglementant l’usage de cette prise et en réunissant en association syndicale autorisée les propriétaires utilisant celle-ci.

En conséquence nous inclinons à penser que M. le Préfet n’a pas à intervenir : pour la réglementation de la prise établie dans le mur du canal du syndicat de la Miséricorde ni pour la réunion en association syndicale autorisée des propriétaires utilisant cette prise.

Acte du 25 octobre 1929 Monsieur Jules, François Bouvant cède au syndicat d’arrosage de La Tour, et au syndicat d’arrosage des Sauvans et des Penchiers, tous les droits et avantages qu’il peut avoir sur ce canal et sur cette chute d’eau. M. Bouvant ayant transformé ce moulin à farine en maison d’habitation, la propriété de ce canal et de cette chute d’eau n’offre plus pour lui aucun avantage.

(not. E. Gouzian)

Convention du 23 décembre 1938 M. Léandre Marcel, propriétaire d’une maison situé Place du Général Gardanne, sur laquelle elle a sa façade et son entrée, mais qui se trouve séparée de cette place par un canal longeant complètement la façade de son immeuble. Ce canal est actuellement couvert en cet endroit par une voûte en maçonnerie de faible résistance. M. Marcel a demandé aux associations syndicales des arrosants l’autorisation de faire passer des véhicules au dessus du dit canal sous certaines conditions.
(not. A. Chabannier)

Procès-verbal de visite des lieux, par Gustave Rat, juge directeur du Tribunal d’Instance de Toulon, le 17 septembre 1959, original dactylographié, 3 p.

Visite des lieux

Conduits par les parties, nous avons visité et observé les lieux litigieux où nous avons fait les constatations suivantes :
Nous nous sommes rendus en compagnie des représentants des syndicats parties au procès et de leurs conseils sus-nommés tout d’abord au lieu-dit Place de la Miséricorde, à proximité immédiate de la Route Nationale où coule le canal de la Miséricorde lequel en cet endroit est sensiblement parallèle au cours du Gapeau petit fleuve côtier situé à l’ouest ;
Sur ce canal s’amorce le canal des Lices ;
Ces deux canaux sont couverts en cet endroit mais une ouverture permet de manœuvrer les deux vannes qui les commandent ;
Sans désemparer nous nous sommes transportés ensuite au barrage des Messieurs, en traversant la Route Nationale 97 (D97) et en longeant le canal des Messieurs qui continue celui de la Miséricorde au nord-ouest de l’agglomération de Solliès-Pont.

Le canal des Messieurs coule à ciel ouvert parmi des prairies et des vergers ; il suit le cours du Gapeau qui se trouve à l’ouest et dont il se rapproche pour le rejoindre au barrage susmentionné dit des Messieurs et qui est également dénommé canal du Château ou des Moulins.
À un kilomètre environ au nord du village de Solliès-Pont au quartier des Sénès, en ce lieu nous observons l’existence d’une vanne dite du coup perdu et qui serait manœuvrée seulement en cas de crue du Gapeau pour permettre le retour des eaux du canal à ce cours d’eau.
Nous remarquons également une banquette en maçonnerie appelée bar et constituant exhaussement d’origine manifestement récente que les défendeurs auraient fait édifier pour mettre obstacle aux débordements du fleuve ;
Revenons au village nous visitons au passage le moulin de Monsieur Béja sis en bordure de la route de Toulon / Mer à Nice et qui est alimenté par le canal des Messieurs, lequel après avoir traversé ladite route aboutit aux vannes susvisées de la Miséricorde.
Nous nous sommes ensuite transportés rue de la République pour visiter le barrage des Carcès situé sous la pâtisserie Castel ;
Nous sommes descendus par une trappe à l’aide d’une échelle et nous avons constaté qu’il y avait deux canaux venant du nord dont un ne paraît pas être actuellement en service.
Après avoir passé dans une salle souterraine l’eau se divise en deux canaux  ; l’un qui se dirige vers la Tour, l’autre qui envoie l’eau au Gapeau après avoir passé sur une banquette en maçonnerie.
Il existe en ce lieu un petit tas de pierres et de matériaux divers qui exhausse très légèrement le niveau du canal vers le nord-est, endroit où celui-ci est à sec lors de notre visite, alors que l’eau s’écoule au nord et qu’il existe également de l’eau dans le canal de La Nerthe qui retourne au Gapeau.
La visite des Carcès terminée, les défendeurs ont précisé que le jour du constat du garde des Eaux, ils effectuaient le curage du canal de la Tour et que pour ce faire après avoir enlevé les détritus du canal de la Tour, ils les déposaient provisoirement dans le canal de La Nerthe qui retourne au Gapeau pour les enlever aussitôt après ;
Que le garde a dressé son procès-verbal avant que la deuxième opération ait été faite ;
Qu’il en était toujours ainsi en raison de la disposition des lieux.
Nos opérations étant terminées, nous avons renvoyé la cause et les parties, pour être fait droit, à notre audience du mercredi 21 octobre 1959 à 14 heures 30…

Le Greffier, signé [illisible].

 
Canal de la Misericorde. Pèche et rinçage du linge

La pêche à la ligne et le rinçage du linge dans le canal de la Miséricorde.

Canal de la Misericorde. Tinettes

Vidage et rinçage des tinettes dans le canal de la Miséricorde. (La place de la Miséricorde se nomme aujourd'hui place Gardane.)

Canal de l'Enclos

Canal de l'Enclos. Bugade. Solliès-Pont

L’auteur du rapport

Jean, André Floquet, de Cadenet, (Vaucluse), architecte ingénieur hydraulique à Aix-en-Provence, fut chargé par ordonnance du parlement de Provence en novembre 1740 d'établir un rapport concernant le procès entre les syndics des arrosants des quartiers de Sarraire, de la Tourre et de Cadouire et messire Jean d'Artuard de Mur, chevalier des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Beaulieu contre les frères Blin et les syndics des arrosants des quartiers des Sauvans. Rapport établi entre décembre 1740 et janvier 1741.

Le canal de l’Enclos

« Ce canal ou béal dérivé du barrage des Messieurs va en élargissant immédiatement après l'endroit de la prise, ce que nous avons dit être au levant de cette écluse, de manière que quelques cannes après, sa largeur est d'environ 20 pans(5) (4,97 m) ayant été coupé obliquement dans cet espace par un pont qui continue une grande allée de peupliers qui le traverse.

Pièce jointe vide ou le type d'article n'est pas une 'pièce jointe'

Canal de l'Enclos, 1849.

Le cours de ce canal à commencer à l'endroit de sa prise, est dans le parc du seigneur de Solliès et du couchant au levant presque en ligne droite pendant environ huit toises(4) de longueur (15,89 m) après lesquelles il se replie du côté du midi par une ligne courbe irrégulière longue d'environ dix-sept cannes(3) (33,8 m) conservant toujours une pente convenable et une largeur fort inégale roulant en général de 18 à 20 pans (4,47 à 4,97 m). Pendant les quinze cannes (29,82 m) suivantes ce canal n'a plus que la largeur d'environ 13 pans (3,23 m), laquelle est ensuite réduite à celle de quatre pans et demi (1,12 m) par des murs à pieds droits formant une martellière sans autre issue que le canal même c'est-à-dire qu'elle sert apparemment à arrêter les eaux des égouts quand on récure le béal en dessous.
Le volume d'eau qui passe par cette martellière n'a ordinairement que trois pans et demi de hauteur et d'épaisseur (0,87 m) mais la quantité de l'écoulement se trouve compensé par la rapidité du courant en cet endroit rétréci.

Ancien canal de décharge de l'Enclos

Ancien canal de décharge de l'Enclos.

Le canal des Terrins dérivé du béal principal

À 75 cannes (149,15 m) après et du côté du levant de ce canal est la prise de celui des Terrins qui forme un angle obtus avec le canal ci-dessus. De cette prise laquelle est large de deux pans quatre pouces(6) (0,61 m) et n'a ni feuillure, ni coulisse, ni vanne, c'est-à-dire qu'elle est disposée comme ne devant jamais être bouchée. La largeur du béal pendant cette longueur de 75 cannes est de plus ou moins 18 pans (4,47 m).

Canal de l'Enclos
canal Enclos

Suite du canal de l’Enclos

À neuf pans (2,24 m) en dessous de cette prise du canal d'arrosage des Terrins, le béal est rétréci jusqu'à cinq pans et demi (1,37 m) par le moyen d'une martellière qui le traverse et qui ne donnait lors de nos observations qu'un volume d'eau de 4 pans (1 m) d'épaisseur et d'une vitesse assez grande.

Canal de l'Enclos
Martellière des Terrins

Martellière des Terrins.

Pendant 50 cannes (99,43 m) de longueur après cette martellière allant toujours du nord au sud le canal fait des petits contours et sinuosités ayant en divers endroits de 15 à 18 pans (3,73 à 4,47 m) de largeur.
Après cette longueur il est absolument barré du côté du midi par une rive et le terrain ferme qui coupe et détourne angulairement son cours du côté du levant pendant la longueur de deux à trois toises (3,9 à 5,85 m) et formant ensuite un angle qui parait aigu, il reprend son cours ordinaire du nord au sud, inclinant un peu plus, vers le couchant.
Cette partie du béal longue de deux à trois toises (3,9 à 5,85 m) est large à son commencement d'environ sept pans (1,74 m) et à son issue de trois à quatre (0,75 à 1 m), elle a une pente très raide et est traversée par un petit ponceau de bois.
À l'endroit où cette courte partie du canal tournait ses eaux pour reprendre par un angle aigu, la route du nord au sud, ces mêmes eaux font une espèce de lac irrégulier dont le circuit est de 18 à 20 toises (35,08 à 38,98 m).

Martelliere du pont

Martellière du pont.

À 14 cannes (27,84 m) après, ce canal est traversé par un pont de pierres à trois arches, la largeur du béal au-dessus du pont est de 18 pans (4,47 m), en dessous de 21 (5,22 m). Depuis le pont qui est en dessous et bien près de la prise des eaux jusqu'à celui-ci, le canal est fermé par des bords et rives ordinaires, mais depuis le dernier pont jusqu'à celui dit de la cave qui est à 134 cannes en dessous (266,48 m), il est fermé par des murs en ligne droite, distants l'un de l'autre de 21 pans (5,22 m), de 20 (4,97 m), de 19 (4,72 m) et 11 ½ (2,86 m).
Le pont de la Cave est construit sur un endroit angulaire du canal il est distant d'environ 70 cannes (139,2 m) du puits des moulins des Chevilles qui terminent le parc du seigneur de Solliès, de ce côté-là – Cette partie a en divers endroits une largeur de 16 pans (3.98 m) et forme dans son cours divers angles et sinuosités.
Dans la longueur totale de près de 400 toises (779,61 m) du cours de ce canal dans le parc, depuis la prise des eaux jusqu'aux moulins des chevilles, nous avons trouvé du côté du levant du Béal, outre la prise des eaux des Terrins, une martellière ou rigole d'arrosage à environ 70 cannes (139,20) après qui devient presque inutile par sa situation, et sa mauvaise et peu étendue construction.
À 63 cannes (125,28 m) après, il y a une autre martellière assez solidement construite pouvant servir pour les arrosages et de coup perdu au béal et y versant de l'eau par-dessus d'environ 12 pouces d’eau(1), laquelle étant jointe avec celles que cette martellière surverse et le mur du voisinage perdait lors de nos observations pouvaient composer la quantité d'environ 90 pouces d’eau(1) qui dégorgeaient dans un canal d'arrosage qui coupe les près du couchant au levant et à une certaine distance porte les eaux vers le midi. Les trois quart environ de ces eaux allaient traverser le chemin de Belgentier, entraient dans l'enclos où est le château du seigneur de Solliès et pouvaient ensuite servir à l'arrosage du quartier du Vignal(2).

Martellière du Chäteau

Martellière du château.

L'autre quart paraissait se répandre dans les près qui sont inférieurs audit canal dérivé presque carrément de ladite martellière. Cette observation fut faite le 4 janvier 1741.

Hauteur d’eau dans le canal

Le béal en lui-même depuis l'écluse jusqu'en dessous du pont de la cave à ses bords assez élevés pour contenir un plus grand volume d'eau qu'il n'y entre ordinairement ; mais depuis ce pont jusqu'aux puits des moulins des chevilles, ses bords en quelques endroits, n'ont que quelques pouces de hauteur au-dessus de la surface actuelle des eaux, en d'autres ils sont à peu près au même niveau et en quelques-uns ils laissent échapper quelques petites surversures composant ensemble une quantité d'eau plus considérable.

Au couchant de ce canal ou béal, nous avons trouvé à environ huit cannes (15,91 m) de distance en ligne droite en dessous de la prise, une grande martelière qui n'a été faite que pour vider dans la rivière les eaux du canal en cas de besoin et non pour aucun arrosage, elle perdait par le défaut de la vanne ou autrement environ 140 pouces d'eau(1).
À 9 cannes (17,90 m) après et une autre ouverture communiquant aussi à la rivière et ne pouvant servir à aucun arrosement on peut regarder cette seconde espèce de martellière comme un simple dégorgeoir et non comme coup perdu, attendu que pour ce dernier usage il faudra enlever des pierres de chant qui soutiennent les eaux du béal.
Nous nous sommes souvent aperçus que ces pierres de chant étant trop basses pour soutenir les eaux dans le béal à une certaine hauteur, on les exhausse par le moyen de quelques gazons et pierres mobiles qu'on y met en dessous afin qu'il verse d'autant moins d'eau par ce dégorgeoir.
Dans la distance qu'il y a depuis ce dégorgeoir jusqu'aux puits des moulins des chevilles, nous avons trouvé de ce même côté du couchant du canal, trois martellières et trois simples rigoles servant pour les arrosages des près du seigneur de Solliès qui sont entre le béal et la rivière, laquelle est située à l'égard de ces près de manière qu'elle reçoit toutes les eaux qu'ils ne consomment point, et même celles qui se perdent aujourd'hui par la négligence du fermier ».

Surface arrosable et union syndicale

Dans son rapport rédigé en 1843-1844, M. Bosc, géomètre en chef du cadastre, indique pour le canal des Terrins, une surface arrosable de 65 ha et pour le canal de l’Enclos, du Château et les jardins une surface de 39 ha.
Il existe neuf associations syndicales d'arrosage pour Solliès-Pont : Six de ces associations se sont réunies dans une Union dite « Union des Associations Syndicales des Eaux de l’Écluse des Messieurs et du Canal du Château » (conformément aux dispositions de la loi du 21 juin 1865 - 22 décembre 1888, de décret-loi du 30 octobre 1933 et du règlement d'administration publique du 20 juin 1937).
Cette union groupe les associations syndicales suivantes : les Trois Pierres, les Laugiers, les Fillols, les Terrins, la Tour, le Château (cette dernière créée seulement en 1957).
L'Union répartit les dépenses d'entretien, de réparations, de curage et d'amélioration entre les différentes associations proportionnellement à la superficie arrosable représentée par chacune d'elle.
Un curage général est fait annuellement, et le faucardement tous les trois ans, à la charge de chaque association ; les riverains sont personnellement tenus de couper et d'enlever tous les arbres, buissons, branches pendantes et souches qui nuisent à l'écoulement des eaux et à supporter le dépôt sur leurs terrains des matières provenant du curage.
Martellière décharge de l'Enclos. Soliès-Pont

Martellière de décharge de l'Enclos.

      (1) le pouce d’eau, unité de capacité valant = 1,98 cl de l’eau.
      (2) quartier rural de Solliès bordant le chemin allant à Cuers dès 1566.
      (3) la canne, unité de longueur valant = 1,988655 m.
      (4) la toise, unité de longueur valant = 1,949036 m.
      (5) le pan, unité de longueur valant = 0,2486 m.
      (6) le pouce, unité de longueur valant = 0,027 m.

LE RAPPORT FLOQUET

Tome II

Jacques-André Floquet, ingénieur hydraulicien

Photocopie du document communiqué le 20 juillet 2009 dont il manque la page de titre et la page 2

Teneur du Rapport ou relation du sieur Floquet géomètre
En Conséquence du rapport fait par le sieur Caudier, géomètre de la ville d'Aix le 11e juin 1740 et du plan par lui levé de l'état des lieux contentieux en présence de M. de Charleval Conseiller clerc en la Cour de Parlement de ce pays, aujourd'hui évêque d'Agde au procès pendant par devant la dame Court entre Charles et Joseph Blin frères de ce lieu de Solliès, fils émancipés d'Honoré, marchand tanneur, assistés de leur curateur, attendu leur minorité les sieurs syndics des particuliers possédant biens arrosables au quartier des Sauvans terroir du même lieu, les syndics des particuliers possédant biens arrosables aux quartiers des Sarraires, La Tourre et Cadouiré situés dans le même terroir et Messire Jean Louis d'Astuard chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem Commandeur de Beaulieu est en cette qualité [ de coseigneur ] de Solliès, lesdits Sieurs syndics des Sarraires et Consorts ayant déclaré recours dudit plan et rapport ou relation fait par le sieur Cundier géomètre par un décret rendu par ladite Cour le 5 9bre 1740, il leur fut concédé acte de leur recours et il fut ordonné qu'il serait vuidé par nous Jean André Floquet, architecte hydraulique résidant en la ville d'Aix, en présence dudit seigneur Conseiller de Charleval Commissaire du procès accèderait a cet effet sur les lieux, dresserait procès-verbal des dires et contestations des parties, ferait les observations dont il serait requis pour y faire droit s'il y échoit, il nous ferait faire toutes les opérations et observations dont il serait requis et qu'il jugerait nécessaire, le tout aux frais et dépens des syndics des Sarraires et Consorts, sauf d'en faire. Après lequel décret ledit seigneur Conseiller de Charleval ayant déclaré ne pouvoir remplir cette commission par un autre décret du neuf du même mois de novembre, la Cour commet à sa place M. Le Conseiller de Villeneuve baron d'Ansouis qui rendit une ordonnance le dix dudit mois, portant que nous serons assigné au 29e du même mois à deux heures de relevée dans son hôtel pour prêter le serment et procéder ensuite au fait de notre commission, en exécution de la quelle ordonnance, nous fumes assigné par exploit du 28 dudit mois pour la prestation dudit serment et nous porter sur les lieux pour procéder au fait de notre commission, le 29 novembre nous fumes admis au serment par ledit seigneur Conseiller de Villeneuve d'Ansouis ainsi qu'il parait par son ordonnance rendue au bas du comparant qui lui fut tenu par Maître Aubin procureur des syndics des Sarraire et Consorts et ce en présence de Maître Sénès procureur des frères Blin et des syndics des Sauvans et à défaut de M. Barrallier procureur de M. le Commandeur de Beaulieu, le premier décembre nous partîmes de la ville d'Aix pour nous rendre en ce lieu de Solliès ayant eu l'honneur d'y accompagner M. le Commissaire à qui les parties ont remis diverses pièces mentionnées dans son procès-verbal qui renferme un grand nombre de réquisitions contenant les moyens des cours [    ] une partie du plan et le rapport fait par le sieur Caudier, et qui tendent encore à nous faire faire diverses épreuves, opérations, observations et déclarations sur lesquelles réquisitions M. le Commissaire à rendu plusieurs ordonnances toujours en absence de M. le Commandeur de Beaulieu ni d'aucun pour lui, desquelles réquisitions et ordonnances faites soit avant que nous eussions commencer d'opérer, ou dans le temps de nos opérations même, nous avons eu la communication et fait le dépouillement et notamment du rapport et des plans faits par le sieur Caudier et donné tout l'ordre convenable à toutes les différentes épreuves, observations, opérations et déclarations que ces ordonnances nous chargeaient de faire ce qui était absolument nécessaire pour éviter la confusion et l'embarras attendu leur grand nombre qui roule autour de trois cents, les parties d'ailleurs n'ayant fait leurs réquisitions par ordre de matière et n'ayant point fait leurs réquisitions par ordre de matière et n'ayant pu bien souvent nous même par la difficulté des lieux ou autrement opérer et observer la même chose qu'à diverses reprises, c'est-à-dire que beaucoup d'opérations et observations se trouvent par ce moyen contenues à parties brisées en divers endroits des brouillons de nos mémoires.
En exécution de ces ordonnances nous avons visité les lieux contentieux et travaillé au fait de notre commission en présence de M. le Commissaire et des parties et toujours en absence de M. le Commandeur de Beaulieu ni d'aucun pour lui et ce en différents temps ainsi qu'il est énoncé dans le procès-verbal dudit seigneur Commissaire ayant pris surtout cela des mémoires et actes et fait nos opérations et observations avec tout le soins possible, soit pour l'exécution des mêmes ordonnances, ou pour ce que nous avons cru devoir faire observer de nous-même pour l'intérêt réciproque des parties sur l'état des lieux, n'ayant point ici tout ce qui nous est nécessaire pour mettre au net le plan que nous sommes chargé de lever, nous avons pris à cet égard toutes les dimensions, alignements et angles dont nous avons besoin pour être en état d'en faire trois copies à Aix, lesquelles seront savoir depuis la prise des eaux du béal jusqu'au roudet des moulins de la place ; ou même plus loin si nous le jugeons nécessaire, copiées d'après le plan dudit sieur Caudier, et depuis ce dernier endroit desdits roudets des moulins de la place jusqu'au bout du canal de la Nerte et jusqu'au premier espacier de celui de Sarraire. Ces trois copies seront en plus grand volume séparées et à coté des copies du plan général du sieur Caudier et faites d'après nos propres observations ainsi qu'il a été arrêté avec les parties en présence de M. le Commissaire et que nous ferions ensuite aussi à Aix, le plan en carton ou relief du sol des endroits contentieux sous les Carcés.
Nous avons en conséquence de tout ce que dessus dressé notre rapport et relation de la manière suivante.
État et description des lieux
La petite rivière de Gapeau qui traverse le lieu de Solliès dit le pont, est elle-même traversée obliquement à la distance d'environ quatre cents toises au dessus du village par un rocher long de près de 14 cannes haut en général d'environ 12 pans formant ainsi une digue naturelle qui exhausse le lit de la rivière en dessus.
Écluse ou barrage dit de Monsieur
Ce roc est assez solide, sa surface penchante est très inégale et met naturellement à l'abri de tout évènement la prise des eaux du canal des moulins de M. le Marquis de Solliès qui a été pratiquée au levant de cette rivière et a environ cinq cannes au dessus de ce rocher dont la partie supérieure se trouvant trop basse eu égard à la pente que l'on a voulu donner à ce canal, il a fallu la relever et redresser par quelques maçonneries et par un rang de poutres qui la terminent et en font le couronnement.
f° 7
Ce rang de poutres qui règne pendant toute la longueur de ce roc et qui lui sert comme nous l'avons dit, d'amortissement est arrêté par des bandes et liens de fer avec un autre rang de poutres qui est beaucoup plus court, posé parallèlement et du côté de la venu des eaux l'entre deux de ces rangs n'est occupé que par un mauvais garni de maçonnerie et de gravier ainsi il n'est pas surprenant que quelques eaux s'échappent en dessous des poutres et à travers les mauvaises bâtisses qui les soutiennent presque partout.
On peut regarder ce roc et l'écluse qu'il borde comme placé naturellement dans un endroit angulaire de la rivière et formant avec l'aide des poutres et quelques maçonneries une cataracte ou chute d'environ 14 pans de hauteur verticale, et d'environ 16 pans de hauteur penchante. Ce même roc, cette bâtisse et ces poutres font la digue ou retenue qui borde et termine l'écluse de M. de Solliès dans la rivière de Gapeau, d’où le canal des moulins de ce seigneur et des divers arrosages est dérivé.
Cette écluse est elle-même une partie du lit de la rivière, la partie la plus tranquille, la plus large et la moins régulière, nous avons remarqué des murs très anciens qui prouvent sans doute que cette écluse l'est aussi et qu'elle a été exhaussée pour faciliter la dérivation des eaux dans ce canal dit ici béal.
Le lit de cette écluse est occupé par un tas de gravier, d'une figure très irrégulière et par du gravier, du sable et du terrain complanté de quelques arbustes, arbres, etc. ce qui forme en tout une petite île de quelques toises en superficie qui n'est autre chose qu'un engravement et délaissement épais en général au dessus de l'eau actuelle d'environ un pied, cela étant étranger à l'écluse, il conviendrait ce semble de le faire enlever pour faciliter l'écoulement des eaux dans le béal dont la prise est peu distante, ce qui a paru depuis peu nécessaire apparemment puisqu'on a coupé cette petite île par des petits ruisseaux qui augmentent quelque peu la dérivation des eaux dans ce béal, et diminuent d'autant celles qui versent ordinairement en dessus des poutres et de la digue.
f° 9
Si on voulait même augmenter les eaux que reçoit le canal des moulins et des arrosages indépendamment de ce délaissement enlevé on pourrait creuser le lit de l'écluse aux environs de la prise, ce qui est inutile de déterminer ici plus en détail, puisque les lieux indiquent et démontre combien cela serait facile s'il était trouvé nécessaire.
L'intervalle d'environ cinq cannes que nous avons dit être entre le bord de la digue et la prise des eaux du béal est occupé par un mur très ancien joint et contigu avec le mur angulaire qui ferme un des côtés de cette prise dont l'entrée ou la largeur est de près de huit pans, bordée du coté d'en haut, c'est-à-dire du coté opposé au précédent mur angulaire par un mur ancien bas et courbe fait pour soutenir la rive ou bord du canal en dessus et résister au courant de ce côté-là. Cette ouverture de huit pans qui est celle de la prise des eaux du béal, c'est-à-dire la largeur du commencement de ce canal pendant tout le temps de nos opérations, donne un volume d'eau d'environ quatre pans d'épaisseur avec une vitesse raisonnable, ce qui n'a jamais été toute l'eau de la rivière, puisqu'il en versait toujours par-dessus la digue avec plus ou moins d'abondance suivant que cette rivière était elle-même plus ou moins abondante.
Canal ou Béal dérivé de l'écluse dit de Monsieur.
Ce canal ou béal va en élargissant immédiatement après l'endroit de la prise, ce que nous avons dit être au levant de cette écluse, de manière que quelques cannes après, sa largeur est d'environ 20 pans ayant été coupé obliquement dans cet espace par un pont qui continue une grande allée de peupliers qui le traverse.
f°10
Le cours de ce canal a commencer à l'endroit de sa prise, est dans le parc dudit seigneur Marquis et du couchant au levant presque en ligne droite pendant environ huit toises de longueur après lesquelles il se replie du côté du midi par une ligne courbe irrégulière longue d'environ dix-sept cannes conservant toujours une pente convenable et une largeur fort inégale roulant en général de 18 à 20 pans. Pendant les quinze cannes suivantes ce canal n'a plus que la largeur d'environ 13 pans, laquelle est ensuite réduite à celle de quatre pans et demi par des murs à pieds droits formant une martellière sans autre issue que le canal même c'est-à-dire qu'elle sert apparemment à arrêter les eaux des égouts quand on récure le béal en dessous.
f° 11
Le volume d'eau qui passe par cette martellière n'a ordinairement que trois pans et demi de hauteur et d'épaisseur mais la quantité de l'écoulement se trouve compensé par la rapidité du courant en cet endroit rétréci.
Canal des Terrins dérivé du Béal principal
À 75 cannes après et du côté du levant de ce canal est la prise de celui des Terrins qui forme un angle obtus avec le canal ci-dessus. De cette prise laquelle est large de deux pans quatre pouces et n'a ni feuillure, ni coulisse, ni vanne, c'est-à-dire qu'elle est disposée comme ne devant jamais être bouchée, le canal qu'elle nourrit pas ensuite en élargissant. La largeur du béal pendant cette longueur de 75 cannes est de 18 pans, de 15 plus ou moins.
f° 12
Continuation du Béal dérivé de l'écluse dite de Monsieur
À neuf pans en dessous de cette prise du canal d'arrosage des Terrins,…
La vanne de décharge du canal du Sarraire. 

La vanne de décharge du canal du Sarraire.

 

… le béal est rétréci jusqu'à cinq pans et demi par le moyen d'une martellière qui le traverse et qui ne donnait lors de nos observations qu'un volume d'eau de 4 pans d'épaisseur et d'une vitesse assez grande.
Pendant 50 cannes de longueur après cette martellière allant toujours du nord au sud le canal fait des petits contours et sinuosités ayant en divers endroits de 15 à 18 pans de largeur.
Après cette longueur il est absolument barré du côté du midi par une rive et le terrain ferme qui coupe et détourne angulairement son cours du côté du levant pendant la longueur de deux à trois toises et formant ensuite un angle qui parait aigu, il reprend son cours ordinaire du nord au sud, inclinant un peu plus, vers le couchant.
Cette partie du béal longue de deux à trois toises est large à son commencement d'environ sept pans et à son issue de trois à quatre, elle a une pente très raide et est traversée par un petit ponceau de bois.
À l'endroit ou cette courte partie du canal tournaye ses eaux pour reprendre par un angle aigu, la route du nord au sud, ces mêmes eaux font une espèce de lac irrégulier dont le circuit est de 18 à 20 toises.
À 14 cannes après, ce canal est traversé par un pont de pierres à trois arches, la largeur du béal au dessus du pont est de 18 pans, en dessous de 21. Depuis le pont qui est en dessous et bien près de la prise des eaux jusqu'à celui-ci, le canal est fermé par des bords et rives ordinaires, mais depuis le dernier pont jusqu'à celui dit de la cave qui est à 134 cannes en dessous, il est fermé par des murs en ligne droite, distants l'un de l'autre de 21 pans, de 20, de 19 et 11 et demi.
Le pont de la Cave est construit sur un endroit angulaire du canal il est distant d'environ 70 cannes du puits des moulins des Chevilles qui terminent le parc dudit seigneur Marquis de Solliès, de ce côté-là – Cette partie a en divers endroits une largeur de 16 pans et forme dans son cours divers angles et sinuosités.
Dans la longueur totale de près de 400 toises du cours de ce canal dans le parc, depuis la prise des eaux jusqu'aux moulins des chevilles, nous avons trouvé du côté du levant du Béal, outre la prise des eaux des Terrins, une martellière ou rigole d'arrosage à environ 70 cannes après qui devient presque inutile par sa situation, et sa mauvaise et peu étendue construction.
f° 14
À 63 cannes après, il y a une autre martellière assez solidement construite pouvant servir pour les arrosages et de coup perdu au béal et y versant de l'eau par-dessus d'environ 12 pouces, laquelle étant jointe avec celles que cette martellière surverse et le mur du voisinage perdait lors de nos observations pouvaient composer la quantité d'environ 90 pouces qui dégorgeaient dans un canal d'arrosage qui coupe les près du couchant au levant et à une certaine distance porte les eaux vers le midi. Les trois quart environ de ces eaux allaient traverser le chemin de Belgentier, entraient dans l'enclos ou est le château dudit seigneur Marquis de Solliès et pouvaient ensuite servir à l'arrosage du quartier du Vignal.
f° 15
L'autre quart paraissait se répandre dans les près qui sont inférieurs audit canal dérivé presque carrément de ladite martellière. Cette observation fut faite le 4 janvier 1741 et ainsi que les jours suivants dans le temps que les fermiers de M. de Solliès n'arrosaient point.
Quelque temps après toujours en présence dudit seigneur Commissaire, les parties conviennent que pour raison des eaux dérivantes au levant du béal, depuis cette martellière laquelle y est comprise jusqu'à la prise dans l'écluse en dessus de la digue, elles allaient servir aux arrosages des près dudit seigneur Marquis de Solliès et à ceux du quartier du Vignal sans qu'il s'en échappas en aucune manière pour augmenter celles des moulins de la place et que toutes celles qui sortaient de ce même côté du levant du béal, depuis en dessous de cette martellière jusqu'aux puits des moulins des chevilles allaient servir aux arrosages des près inférieurs dudit seigneur Marquis et se rendre dans le canal qui fournit auxdits moulins de la place et par conséquent aux Carcés. Dans l'intervalle qu'il y a depuis cette 3e martellière dont le canal porte les eaux au Vignal, jusqu'aux puits des moulins des chevilles nous avons trouvé deux autres martellières en forme, laissant échapper par le défaut des vannes, par la mauvaise façon d'être bouchées, ou par les surversures de ces mêmes vannes ou autrement de 30 à 40 pouces d'eau. Il y a encore dans cette distance quatre rigoles d'arrosages et deux prises d'eau dans le béal pour des fontaines.
Ces dernières observations faites le 23 X bre 1740.
f° 16
Le volume d'eau que recevait alors le béal avait moins de quatre pans d'épaisseur à l'endroit de sa prise, et celle qui venait en dessus de la digue pouvait être évaluée à la quantité d'environ 50 pouces. Nous dirons dans l'endroit de ce rapport où nous parlerons de ce calibrage des eaux, ce que c'est et ce que nous entendons par un pouce d'eau.
f° 17
Dans la nuit du 27 au 28 décembre et dans le matin de ce dernier jour, il tomba une pluie presque continuelle qui enfla la rivière de manière que l'eau qui allait dans le béal, avait un volume de quatre pans d'épaisseur, et que celle qui versait par-dessus la digue, en divers endroits aurait formé une nappe d'environ sept cannes de largeur, il plut encore le 29 Xbre et le 2 janvier.
Pendant le temps de toutes ces observations, nous remarquâmes de fréquentes augmentations et diminutions aux eaux du béal, on nous dit qu'elles pouvaient être occasionnées par les engins et arrosages supérieurs à l'écluse. Ces mêmes variations quelles qu'en soient la cause ont coûté dans la suite beaucoup de temps et donné beaucoup de peines.
Le 14 janvier le volume d'eau qui entrait dans le béal avait quelque peu plus de 4 pans d'épaisseur et celle qui versait en dessus de la digue formait diverses nappes assez épaisses qui toutes ensemble en auraient fait une de près de huit cannes de largeur.
Les eaux qui s'échappaient ce jour là par les martelières déjà observées étaient d'autant plus abondantes que celles du béal l'étaient aussi.
Le béal en lui-même depuis l'écluse jusqu'en dessous du pont de la cave a ses bords assez élevés pour contenir un plus grand volume d'eau qu'il n'y entre ordinairement; mais depuis ce pont jusqu'aux puits des moulins des chevilles, ses bords en quelques endroits, n'ont que quelques pouces de hauteur au dessus de la surface actuelle des eaux, en d'autres ils sont à peu près au même niveau et en quelques uns ils laissent échapper quelques petites surversures composant ensemble une quantité d'eau plus considérable.
Au couchant de ce canal ou béal, nous avons trouvé à environ huit cannes de distance en ligne droite en dessous de la prise, une grande martelière qui n'a été faite que pour vider dans la rivière les eaux du canal en cas de besoin et non pour aucun arrosage, elle perdait par le défaut de la vanne ou autrement environ 140 pouces d'eau, c'était le 22 décembre.
f° 18
À 9 cannes après et une autre ouverture communiquant aussi à la rivière et ne pouvant servir à aucun arrosement on peut regarder cette seconde espèce de martelière comme un simple dégorgeoir et non comme coup perdu, attendu que pour ce dernier usage il faudra enlever des pierres de chant qui soutiennent les eaux du béal.
Nous nous sommes souvent aperçus que ces pierres de chant étant trop basses pour soutenir les eaux dans le béal à une certaine hauteur, on les exhausse par le moyen de quelques gazons et pierres mobiles
f° 19
… qu'on y met en dessous afin qu'il verse d'autant moins d'eau par ce dégorgeoir ce qu'il en versait aujourd'hui 22 Xbre n'était presque rien.
Dans la distance qu'il y a depuis ce dégorgeoir jusqu'aux puits des moulins des chevilles, nous avons trouvé de ce même côté du couchant du canal, trois martelières et trois simples rigoles servant pour les arrosages des près dudit seigneur Marquis de Solliès qui sont entre le béal et la rivière, laquelle est située à l'égard de ces près de manière qu'elle reçoit toutes les eaux qu'ils ne consomment point, et même celles que perdent aujourd'hui 23 Xbre ces martelières et ces rigoles par le défaut des vannes ou la négligence du fermier lesquelles peuvent composer la quantité d'autour de vingt pouces il y a encore de ce côté du béal une prise d'eau qui fournit aux fontaines du parterre dudit seigneur Marquis de Solliès.
Revenons maintenant à l'écluse de M. le Marquis de Solliès et suivant le cours de la rivière, en descendant nous avons trouvé à environ 135 cannes en dessous de l'écluse et la prise des eaux du canal
f° 20
… de la scie ou serre d'eau et dans cette distance et au levant de la rivière cinq petites et différentes sources qui y dégorgeaient et pouvaient composer lors de cette observation faite le 4 janvier, c'est-à-dire après d'assez grandes pluies environ quatre pouces d'eau. Le même jour nous avons reconnu que du côté du couchant de la rivière auprès de cette même écluse de la scie ou serre d'eau et supérieurement il s'y dégorgeait les eaux de trois sources dites de Rimbaud qui se réunissent presque à leur issue et pendant ensemble composent la quantité de douze à quinze pouces d'eau. Ces sources sont peu distantes du bord de cette écluse et sont éloignées d'environ 30 cannes mesuré à nos pas du canal d'arrosage de la ferrage qui est dérivé de la rivière en dessus, loin et supérieurement à l'écluse des moulins dudit seigneur marquis de Solliès. On trouve encore au couchant de la rivière, environ 240 cannes en dessous de l'écluse de la serre d'eau la source dite de Blin qui tombe dans Gapeau et y peut fournir environ un pouce et demi d'eau.
f° 21
Écluse de la Serre dite « deis Seirrous »
L'écluse de la serre d'eau et comme celle de la prise des eaux des Moulins de M. de Solliès formée par la nature jusqu'à une certaine hauteur et le restant par l'art, afin d'en exhausser le bord, de manière que le canal de ce nom reçoive toute l'eau qu'on a voulu lui donner en le creusant, celle qui y entrait lors de ces observations, c'est-à-dire le 7 janvier avait peu de mouvement et de vitesse et un volume de 3 à 4 pans sur deux. L'eau que ne recevait point ce canal et qui tombait dans la rivière et versait par le dessus de la digue formant l'écluse, paraissait pouvoir fournir une nappe assez raide, assez épaisse et large d'environ 3 cannes.
Pendant la longueur de 76 cannes, le canal de la serre d'eau est fort près et tout le long de la rivière, il s'en écarte ensuite et par un contour de près de 80 cannes faisant quelques arrosages dans cette dernière distance, il vient d'égorger ses eaux dans cette même rivière en dessous et vis-à-vis du moulin à huile que ces mêmes eaux font tourner présentement, au lieu de la scie d'eau qu'elles faisaient aller autrefois.
Dans toute la longueur du cours de ce canal, il y a divers coups perdus qui perdent actuellement une certaine quantité d'eau, laquelle était jointe avec celle que peuvent fournir diverses sources qui paraissent être nourries par le même canal, font ensemble la quantité de près de 40 pouces qui retombent dans la rivière et qui [devienne] d'au tant celle qui s'y rejette par l'extrémité du canal.
f° 22
Nous avons encore observé à l'égard de ce canal qu'il reçoit en chemin en quatre différents endroits environ douze pouces d'eau qui le grossissent d'autant et qui dérivent de celles du canal des arrosages de la ferrage de même que environ la moitié de cette quantité qui tombe aussi dans la rivière auprès de l'extrémité de ce canal en dessous.
On a vu parce que nous avons dit à l'égard des eaux qui s'échappent du béal ou canal des moulins dudit seigneur Marquis, celles qui dans certains cas vuidaient et pouvaient vuider dans la rivière depuis la prise des eaux de ce canal jusqu'auprès du village, il ne nous reste donc plus aucune observation à faire à cet égard jusqu'à ce dernier endroit au levant de cette rivière; mais du côté du couchant et dans la distance qu'il y a depuis cette même écluse dudit seigneur Marquis jusqu'à l'endroit ou le canal de la serre d'eau dégorge dans Gapeau bien près du village, nous avons observé que toute l'étendue du terrain incliné et penché en général vers le lit de la rivière que tout cet espace est complanté de vignes et d'oliviers et de semis, que par intervalles il y a quelques fruitiers et potagers et peu ou point de près, que cette étendue de terrain est traversée par le canal d'arrosage de la ferrage et une partie par celui de la serre d'eau ainsi que nous l'avons ci devant dit.
f° 23
4 février 1741
Le quatrième février suivant ayant repris nos observations à l'égard des eaux qui se jettent dans la rivière, et de la surface du terrain de chaque côté depuis en dessous du Village jusqu'à l'écluse d'Auchier, ou est la prise du canal des Sauvans, nous avons trouvé dans cette distance, il y avait cinq différentes sources qui pouvaient ensemble fournir environ cinq pouce d'eau et que tout le terrain qui est au couchant de cette même rivière incline naturellement vers son lit, que le même terrain est traversé en haut et au loin ainsi que les parties nous l'ont assuré par le canal des arrosages de la ferrage et semé en beaucoup d'endroit, complanté de vigne, d'oliviers et de vergers y ayant seulement quelques près.
f° 24
Le terrain qui est au levant de la rivière et à une grande distance du bord en général est tout près, tout arrosé et tout arrosable, ayant les différentes parties de la surface inclinées quoiqu'en différents sens, vers le lit de la rivière qui était en ce temps là tout occupé en général excepté aux endroits ou la pente était trop raide, par l'eau actuelle qui paraissaient fort abondante et qui l'était en effet, attendu les pluies tombées peu auparavant. Enfin toute l'étendue du terrain qui est au levant de cette rivière en dessous de l'écluse des Sauvans et au couchant des divers canaux auxquels celui des Sauvans et celui des Sarraires sont subdivisés inclinent vers la rivière par différentes pentes et situations de terrain, quoi quand beau pays et belles plaines.
La digue ou retenue formant l'écluse d'Auchier et exhaussant les eaux de la rivière pour finir au canal des Sauvans est assez solidement construit et fort étendue, le lit de la rivière étant fort large en cet endroit, elle est une ligne courbe faisant une cataracte ou chute d'environ cinq pans de hauteur, et une nappe d'eau continuée de toute la longueur de la circonférence de la digue, c'est-à-dire qu'il en venait encore une grande quantité outre celle que recevait ce canal dont l'entrée ou prise située au levant de la rivière à une longueur de cinq pans sur une pareille hauteur à peu près, y entrant alors, c'était ledit jour quatrième janvier, un volume d'eau d'environ quatre pans d'épaisseur avec une modique vitesse, attendu l'irrégularité du fond du canal, à une médiocre distance où il y a un tas de gravier assez considérable, qui prouve que l'eau n'a pas un cours libre et naturel, ce qui est compensé en partie cependant par la largeur du canal qui est beaucoup plus grande en dessous de cette prise. On peut dire en général que la partie du bord de cette digue du côté du levant, est quelque peu plus bas que le bord du côté du couchant, mais comme nous avons remarqué à ce dernier divers creux et irrégularités, c'est de ce côté-ci que les eaux s'échappent en plus grande quantité, de manière que dans un temps de médiocre abondance, le canal des Sauvans doit être diminué de celle qui passe par les enfoncements qui se trouvent aux bords de la digue dont l'un donne actuellement un volume d'eau au dessous du niveau de la surface du bord d'environ quatre pouces d'épaisseur sur une largeur moyenne de huit à dix, un autre d'environ la moitié du précédent, un autre formant un courant raide et régulier, d'environ deux pans de largeur, sur un pan et demi de profondeur ou épaisseur et divers autres qui tous ensemble peuvent fournir environ la moitié de l'eau que dépense ce courant avant qu'il est versé sur le bord de la digue.
Il est difficile de déterminer avec l'eau qui passe actuellement par-dessus cette digue si le premier renfoncement est fait expres, ou si c'est l'eau elle-même qui l'a creusé trouvant peut être la pierre en cet endroit plus molle et plus grossière qu'ailleurs, on voit à l'égard du second qu'il a été occasionné par le déplacement d'une pierre qui a été dérangée à dessein, il en est de même pour le troisième cru qui est le plus large et plus profond et il parait à tous que c'est depuis longtemps et qu'ils sont fort anciens.
f° 27
Puits du Moulin dit des Chevilles
En prenant notre relation de l'état et situation des lieux aux puits des moulins des chevilles à l'extrémité du parc de ce côté-là, où elle a été ci-devant déterminée, nous avons trouvé deux moulins à farine et un à huile dont les eaux des fuyants vuident dans un seul canal qui va aboutir et dégorger dans celui des moulins de la place, vis-à-vis et à l'espacier ou martelière des Trois Pierres, c'est-à-dire à environ trente cannes loin desdits puits des chevilles ce que l'on peut voir au plan, de même que le cours d'un canal de vuidange des eaux de la martelière la plus proche de ces puits dans le parc, au levant du béal, lequel vuide aussi dans le canal des moulins de la place aux environs de cet espacier des Trois Pierre après avoir traversé les écuries du cabaret de la Croix d'or le grand chemin de Belgentier et reçu les eaux d'un petit canal qui est au bord et au midi de ce chemin lequel est fourni par celles du béal en dessus des moulins des chevilles et en dessous de la 3e martelière en descendant du côté du levant.
f° 28
Les seuillets des martelières des puits des moulins des chevilles peuvent être regardés comme horizontaux à peu près entre eux. Lorsque nous en fîmes le nivellement, nous observâmes que le volume d'eau qui y passe ordinairement, quand les moulins travaillent est de deux pans ou plus, lesquels étant ajoutés avec neuf pans quinze seizièmes parties de pan qui est la pente qu'il y a depuis le dessus de ces seuillets jusqu'au dessus des milieux du rouet ou roudet du moulin le plus occidental, on aura pour pente ou chute totale de ce moulin douze pans un peu moins.
Nous n'avons pu vérifier si le roudet de l'autre moulin à farine est plus ou moins haut que celui du précédent, l'endroit par où nous aurions pu prendre nos niveaux nous-mêmes se trouvant bâti, on peut supposer cependant que ces roudets sont et doivent être à peu près de la même hauteur puisque les eaux qui les meuvent vuident dans un même canal qui n'a pas de pente de reste.
f° 29
La difficulté des lieux nous a encore empêché de prendre la distance qu'il peut y avoir depuis le dessus du roudet où nous avons terminé notre nivellement, jusqu'au sol en dessous, ce qui nous a cependant paru assez inutile, attendu que la chute ou pente totale d'un moulin n'est comptée ordinairement que depuis la superficie de ses eaux dans son puits jusqu'au dessus des cueillers de son roudet et c'est ainsi que nous l'apprendrons à l'égard de ce moulin, de ceux de la place, de celui de Beaulieu et de ceux de la Nerte, il faudrait cependant à cette pente ajouter encore approchant de la demi hauteur verticale des cueillers pour avoir le point moyen de la hauteur de la colonne d'eau et le centre du choc, ce qui roulerait à faire augmenter toutes ces pentes d'environ deux pouces à quoi on pourra dans la suite avoir égard, quoi que nous terminions toujours nos nivellements au dessus des roudets sans rejeter ce que nous venons de dire et que l'on ne doit point oublier cependant.
f° 30
Depuis le dessus de ce roudet du moulin des chevilles le plus occidental jusqu'au dessus du seuillet de l'espacier des Trois Pierres, il y a une pente de trois pans et une seizième partie de pan, de laquelle on pourrait retrancher celle qu'il y a depuis le dessus du roudet, jusqu'au sol en dessous pour n'avoir que celle qu'il y a depuis ce sol jusqu'à ce seuillet, mais comme ainsi que nous l'avons dit outre la difficulté des lieux pour prendre cette dernière mesure, nous l'avons d'ailleurs jugée inutile en tout sens, on doit seulement de cette pente de trois pans et un seizième en déduire près de deux tiers de pan pour l'épaisseur ou hauteur verticale des cuillers de ce roudet ou pour quelque vuide quelqu'il soit entre le dessous de ces cuillers et la superficie des eaux du fuyant, lorsque ce moulin travaille et l'on aura pour reste deux pans et demi peu moins pour la pente depuis la superficie des eaux en dessous et aussi pris qu'il se peut du bas des cuillers des roudets des moulins des chevilles quand ils travaillent sans être incommodés jusqu'au dessus dudit seuillet des Trois Pierres.
La pente que nous avons trouvée depuis le dessus des seuillets de l'espacier ou martelière des Trois Pierres jusqu'au dessus des seuillets des martelières des puits desdits moulins de la place et de un huitième de pan et la distance d'environ 54 cannes.
f° 31
Nous supposons ici dans ce nivellement que les seuillets desdites martelières des puits sont au même niveau quoiqu'il y ait quelque différence celui du milieu désigné par la lettre M dans le plan se trouvant plus élevé que celui qui est du côté des maisons ou à la droite tournant le dos à la venue des eaux, ce dernier plus que celui qui est le plus près du moulin à huile et celui de ce dernier moulin étant à peu près au niveau d'un des précédents.
Cette partie de canal de 54 cannes de longueur…
Le barrage de Saint-Victor. 

Le barrage de Saint-Victor actionnait une tannerie et un moulin à blé.

 

… de même que celle de six à sept cannes qu'il a encore avant l'espacier des Trois Pierres et du côté du levant a besoin d'être récurée y ayant de la vase et du limon plus qu'on ne doit y en laisser ordinairement, pour conserver un assez libre courant et passage aux eaux eu égard à la modique pente de ces deux parties du canal qui font toutes la longueur du béal des moulins de la place depuis l'endroit où se joint angulairement le petit canal qui traverse les écuries du cabaret et le chemin de Belgentier, jusqu'aux puits desdits moulins.
La martelière ou espacier des Trois Pierres est au midi de ce béal et vuide à peu près carrément ses eaux dans un canal qui sert aux engins et arrosages inférieurs, elle a de largeur environ la mi hauteur de ses piédroits trois pans et un tiers. Nous l'avons trouvée ordinairement fermée en partie avec une forte et ancienne vanne arrêtée à un pieu par le moyen d'une chaîne de fer qui empêche qu'elle ne soit emportée.
Espancière ou vanne des 3 quartiers Fillols,
Trois-Pierres et Laugiers, sur la Lice
La hauteur de cette vanne est de deux pans moins neuf lignes de pouce, elle a à travers de son épaisseur un trou de figure ovale irrégulière dont le grand diamètre et de bas en haut est de cinq pouces et le petit de quatre pouces et six lignes, le bord supérieur de ce même trou est à environ un pan au dessous de la partie la plus élevée de la vanne, nous l'avons toujours trouvé ouvert pendant le temps de nos opérations et observations, et tandis que les moulins des chevilles et ceux de la place travaillaient c'est-à-dire qu'il y passait ordinairement une eau assez considérable qui était augmentée par celle qui versait par-dessus ladite vanne et vuidaient toutes les deux par le canal dit le fuyant du Caussier ou vuidange de cet espacier des Trois Pierres, lequel nous avons fait boucher ou laisser en l'état actuel, suivant que l'exigeaient les différentes épreuves que nous avons eu devoir de faire pour déterminer jusqu'à quelle hauteur cette vanne pourrait être élevée pour retenir les eaux du béal aussi hautes qu'il est possible [ sans ] se rendant que les moulins des chevilles fussent incommodés par leur refoulement et après plusieurs expériences, opérations et observations et après avoir pris l'avis des deux meuniers choisis pour experts, nous avons trouvé que la surface des eaux du béal de l'endroit même de cette espace était à sa plus grande hauteur lesquelles versaient en dessus de cette ancienne vanne mise en place par une nappe de quatre pouces d'épaisseur lorsqu'elles étaient à deux pans quatre pouces une ligne au dessus du seuillet de cette même martelière qu'ainsi cette vanne ne devait pas être plus haute, qu'elle est dès que l'eau était assez abondante pour fournir aux moulins travaillant ordinairement à la place et pour nourrir cette nappe de quatre pouces d'épaisseur par-dessus cette vanne, on pouvait avoir de la hauteur de plus qu'elle n'a les quatre pouces qui ont été déterminés pour l'épaisseur de cette même nappe d'eau dès que celle qui serait dans le béal serait vuider et reçue pour les moulins de la place, de manière qu'il n'en passât point au dessus de cette vanne, qui dans le dernier cas pourrait avoir la hauteur de deux pans quatre pouces une ligne pour élever d'autant les eaux sur les seuillets de l'espacier des Trois Pierres, ce qui serait indifférent pour les refoulements aux roudets des moulins des chevilles que nous supposons dans ce calcul ne devoir point être incommodés ne s'agissant pour cela que de la hauteur des surfaces des eaux et non de quelle façon elles ont été soutenues et exhaussées, d'où l'on peut conclure que plus l'épaisseur de la nappe d'eau serait diminuée plus la hauteur de la vanne pourrait être augmentée pourvu que le dessus de cette eau ou de cette vanne ne fut que jusqu'à la hauteur ci devant marquée.
f° 34
Il est encore indifférent pour toutes ces épreuves qu'il fasse un ou plusieurs moulins qui travaillent à la place, n'étant point question ici de l'eau qui est aux puits de ces derniers moulins, mais de la hauteur de celle qui peut être sur les seuillets de la martelière des Trois Pierres sans refouler jusqu'aux roudets des moulins des chevilles et en retarde la vitesse, dès qu'ils seront d'ailleurs en l'état qu'ils doivent être ainsi que lesdits meuniers nous ont assuré de les avoir trouvés.
Il semble qu'en rajoutant la hauteur de cette vanne avec l'épaisseur de cette eau qui verse par-dessus quand les moulins des chevilles ne boulent point ou ne sont point incommodés et qu'il ne s'en faut que de très peu, on devrait avoir la hauteur du volume d'eau que nous disons être alors sur le seuillet, c'est-à-dire deux pans quatre pouces une ligne, cependant il s'en faut dix lignes de pouce ce qui vient sans doute de la raideur ou pente de cette nappe de quatre pouces d'épaisseur au dessus de la vanne de ce que les deux hauteurs ne peuvent être prises que difficilement dans la même ligne verticale de la difficulté même de les prendre précises par rapport au choc, au rebroussement de l'eau contre la mesure dont nous nous sommes servie et quelques irrégularités tant à l'endroit mesuré de ladite vanne qui parait usée et peu redressée qu'à ce seuillet qui n'est point placé horizontalement.
Cette hauteur de deux pans quatre pouces une ligne au dessus de ce même seuillet des Trois Pierres devrait ce semble aussi se raccorder et être la même que la pente que nous avons trouvée depuis le dessus de l'eau au dessous des roudets des moulins des chevilles lorsque cette eau en est aussi près qu'il se peut sans les frotter jusqu'au dessus dudit seuillet, et cependant cette pente a été trouvée environ sept lignes de plus, c'est-à-dire que c'est la là celle de la surface des eaux du fuyant desdits moulins quand ils travaillent, elle est nécessaire et ne contredit point les autres observations, on peut dire au contraire qu'elle les rectifie puisque si on laisse l'eau tranquille et sans mouvement dans ce fuyant, et qu'on l'arrêtât dans le béal en dessous du Caussier, elle se mettrait en parfait niveau en suivant ce même nivellement, c'est-à-dire qu'elle baisserait du côté des roudets de la même quantité de lignes, qu'elle s'élevait du côté des Trois Pierres.
Moulins à farine et à huile de la Place
Le nombre des moulins situés à la place qui sont en état de travailler est de trois à farine et de un à huile, y ayant cependant des vestiges d'un cinquième moulin ainsi qu'on le voit au plan et que nous le dirons ci après, lequel est maintenant détruit n'existant d'apparent que le canal de son fuyant qui vuidait dans les Carcés de même que tous les précédents dans le temps des abondances d'eau et pendant la durée de cette longue descente les meuniers n'ont jamais fait travailler tous à la fois, que le moulin à huile et les deux moulins à farine qui y sont à côté et les plus près et ayant nous-mêmes fait diverses épreuves pour pouvoir déterminer combien de moulins pourraient faire aller les eaux du béal eu égard à tout ce que de raison nous avons observé qu'en laissant dans le béal l'eau que nous y trouvions naturellement et ordinairement peu plus, peu moins, elle ne pouvait suffire que pour lesdits trois moulins, le trou cependant de la vanne de la martelière des Trois Pierres étant alors ouvert et versant sur cette vanne une nappe d'eau de trois pouces et un tiers de largeur sur une épaisseur qui était plus ou moins grande, suivant que le canal en dessus fournissait plus ou moins d'eau, c'est-à-dire que quand l'épaisseur de cette nappe au dessus de ladite vanne était de quatre pouces et au dessous, les moulins de la place avaient d'autant moins de vigueur et ceux des chevilles avaient alors sûrement suivant les meuniers pris pour experts une fuite assez libre, et ne boulaient point ; mais quand cette nappe était épaisse de plus de quatre pouces les moulins de la place travaillaient d'autant plus gaillardement que cela exhaussait d'avantage la surface des eaux au devant de leurs puits, et les moulins des chevilles en étaient d'autant plus incommodés ainsi que nous l'avons ci devant dit.
Cette eau qui versait dans tous les précédents cas par-dessus cette vanne n'était point suffisante pour pouvoir fournir à un 4e – moulin de la place. Nous fîmes augmenter pour le temps de l'opération seulement, les eaux du béal, de manière que leur surface au devant des puits des moulins de la place, était plus élevée de quelques pouces qu'elle ne doit être, suivant ce que nous déterminerons ci après en parlant du nivellement de ces moulins dont deux à farine et un à huile travaillaient lorsque ces eaux furent augmentées et quoique cette augmentation d'eau qui empêchait les moulins des chevilles de travailler avec leur liberté accoutumée fut assez considérable, ayant eu besoin pour cela de boucher le canal des Terrins, et d'empêcher qu'une partie des eaux qui versaient par-dessus l'écluse de M. de Solliès versât, il n'y en eut pas assez cependant pour quatre moulins, car ayant fait ouvrir le seul à farine qui était fermé ces eaux se rabaissèrent au devant des quatre puits jusqu'à six pouces au dessous de la hauteur déterminée à l'endroit ci-dessus cité, c'est-à-dire qu'alors les moulins de la place indépendamment de ce qu'ils voulaient, et étaient incommodés par la trop grande quantité d'eau dans les Carcés ou pour autres causes, ainsi que nous le disons dans peu n'avaient pas toute la vitesse qu'ils doivent avoir dans le temps de l'abondance des eaux et n'avaient que celle que nous leur avons trouvée dans la suite lors des sècheresses, c'est-à-dire le premier et le second du mois d'août, ayant été pour cette raison faire cette observation ces jours là, et trouvé naturellement que les mêmes deux moulins à farine travaillaient seuls avec une eau qui était au devant de leurs puits six pouces au dessous de la hauteur que nous avons dit qu'elle devait avoir dans le temps que les eaux sont plus abondantes et alors il n'en versait point en dessus de la vanne, l'espacier des Trois Pierres quoiqu'elle arrivât au niveau du dessus de cette vanne qui était en place, et qui avait son trou bouché quoiqu'imparfaitement.
Nous avons ensuite fait mettre une nouvelle vanne au dessus de l'ancienne à la martelière des Trois Pierres fait augmenter les eaux du béal de manière qu'elles eussent approchant la hauteur qu'elles avaient au devant des puits des moulins de la place ou il ne s'en fallait que d'un pouce qu'elles n'arrivassent à la [    ] qui a été déterminée pour le temps qu'elles sont abondantes, cet état et toujours tous les moulins ouverts, elles avaient au dess[ ] de l'ancienne vanne du Caussier ou martelière des Trois Pierres [    ] hauteur de six pouces; les moulins des chevilles boulaient ou étaient incommodés par la trop grande quantité d'eau de même que ceux de la place et surtout celui à farine, le plus près de celui à huile.
En fermant le moulin à huile de la place en laissant toute cette eau dans le béal ou canal en dessus elle s'élevait jusqu'à [    ] de toute part, incommodant d'autant plus les moulins des chevilles et à peu près deux de la place que lorsqu'ils étaient tous les quatre ouverts puisque la même eau presque se trouvait aux Carcés où nous descendîmes pour examiner d'où pouvait provenir le boulement des moulins qui y vuidaient et nous observâmes qu'une des premières causes de ce boulement ou du refoulement des eaux était occasionnée par la rencontre des deux fuyants des roudets les plus éloignés du moulin, lesquels formaient à peu près un angle tel qu'on le voit au plan à l'endroit du côté R et refoulaient ainsi et réfléchissaient leurs eaux du côté des roudets, c'est-à-dire que les eaux elles mêmes étaient un obstacle à leur écoulement, et en retardaient la vitesse, [ il ] est aisé de le comprendre sur ce même plan par le moyen des lignes de direction des courants qui démontrent non seulement ce que nous venons de dire que eu égard au peu de régularité de tous les trois fuyants des moulins à farine qui auraient pu être disposés autrement, cependant cette rencontre de ces deux fuyants occasionne encore un tournoiement qui diminue d'autant la vitesse des eaux et leur donne le temps de rebrousser en partie jusqu'aux roudets.
La rencontre que les deux fuyants font à peu de distance des eaux du troisième moulin à farine, est encore un nouvel obstacle à la liberté totale du courant; il n'en est pas de même à [ du ] fuyant du moulin à huile, qui était beaucoup plus éloigné et dégorgeant ses eaux dans un grand canal ne cause que peu de refoulement dans son choc à l'endroit où il sort les eaux des moulins à farine qui incommodent plutôt par l'augmentation de volume d'eau dans les Carcés, ce qui est inévitable.
C'est apparemment la mauvaise disposition des fuyants de ces moulins à farine et surtout de celui le plus éloigné du moulin à huile qui oblige peut être les meuniers de ne faire jamais travailler ce dernier à farine, qui dans le cas qu'il pique ou sépare les autres qu'en même ils auraient de l'eau suffisamment pour tous les trois et qu'ils pouvaient faire boucher alors celui à huile, et prendre des eaux qui versent ordinairement sur la vanne du Caussier, ayant nous-mêmes éprouvés que ces trois moulins à farine étant seuls ouverts et n'ayant au dessus de la martelière de leurs puits qu'une eau élevée de deux pouces un peu moins au dessus de celle qui sera déterminée à l'article de leurs nivellements, ils boulaient cependant encore, ils ne travaillaient point avec leur liberté accoutumée surtout le plus proche de celui à huile qui en était fort incommodé quoique la restanque ainsi que dans les précédentes épreuves ne fut dans le canal de la Nerte, qu'à la hauteur qu'elle doit être que les deux canons d'un moulin à Nerte fussent ouverts et les bars mis de plat et tels que nous les avons trouvés à l'entrée du canal de la Nerte, ainsi que nous le disons en son lieu, c'est en cette situation que nous les supposons toujours dans la relation, à moins que nous n'expliquions expressément que nous les avons fait mettre à chant, sur leur épaisseur, et plus élevés par conséquent, c'est-à-dire qu'en cette dernière situation ces trois moulins à farine en seraient encore plus incommodés, ce qui ne souffre point de difficulté pour mieux démontrer encore que la rencontre des fuyants par le [biporte] et peu étendu des dispositions des lieux et des principales causes que dans certains cas les moulins travaillent avec moins de liberté qu'il ne faut, nous avons fait boucher un de ces trois moulins à farine et n'avons laissé d'ouvert que les deux les plus proches de celui à huile qui était aussi bouché et ayant à peu de chose près fait passer par ces deux moulins ouverts toute l'eau qui était dans le béal lors de la précédente épreuve et qui éleva beaucoup sa surface dans celui-ci, lesdits meuniers pris pour experts nous assurent que ces deux moulins n'étaient point incommodés du tout, cependant les mêmes eaux étant dans les Carcés elles auraient du produire le même effet, si la cause des boulements des moulins n'était occasionnée que par le volume de l'eau ou par le manque de pente.
Pour achever enfin cette démonstration nous fîmes ouvrir tous les canons des moulins à Nerte, abattre et enlever la restanque, régler les eaux dans le béal à six pouces et quart sur la vanne du Caussier, ce qui incommodait les moulins des chevilles et à trois pouces au dessous de la hauteur qu'elles doivent avoir au devant des martelières des puits des moulins de la place qui étaient tous les quatre ouverts et les choses en cet état, et le canal de Sarraire et de Beaulieu libre dans tout son cours, ces derniers moulins boulaient, ce qui vraisemblablement doit plutôt provenir de cette rencontre des fuyants que des eaux trop abondantes dans les Carcés, car si elles y dégorgeaient en grande quantité les canaux inférieurs disposaient et tels qu'on les voit au plan devrait leur fournir une très libre vuidange plus grande à proportion que ces eaux n'en avaient besoin, ainsi qu'il nous a paru dans le temps de cette expérience pendant laquelle les meuniers ont observé que les eaux que recevaient les deux canons du moulin à Nerte en état ne suffisaient que pour le faire travailler très lentement.
Cette même eau dépensée par ces quatre moulins passant par les trois à farine seulement, ayant en ce dernier cas la surface au devant des martelières des puits des moulins de la place plus élevée de six pouces, que dans la précédente expérience incommodait beaucoup plus les moulins, quoique la restanque fut toujours abattue et tout le reste dans le même état. Ces quatre moulins étant ouverts l'eau du béal en dessus élevée sur le seuillet de la martelière des Trois Pierres de deux pans, de trois pouces six lignes, c'est-à-dire qu'elle aurait l'être sept lignes de plus avant que les moulins des chevilles eussent boulé et ne fussent incommodés, elle était à l'égard des prises desdits moulins à la place, à environ onze pouces au dessous de la hauteur qu'elle doit avoir dans le temps de l'abondance des eaux ainsi déterminé à l'endroit du nivellement de ces derniers moulins qui ne boulaient point les choses étant en cet état, la restanque, les canons de la Nerte et les bars étant alors de la manière que nous l'avons ci devant dit, si on avait augmenté les eaux du béal ou canal tous les moulins tant ceux des chevilles que ceux de la place en auraient été incommodés, ainsi l'on peut dire que les quatre moulins de la place ne peuvent travailler tous ensemble sans bouler ou frotter et prendre de la surface de l'eau de leurs fuyants qu'en diminuant de onze pouces ou environ la hauteur de leurs eaux au dessus des seuillets, des martelières et leurs puits, mais alors le moulin à farine du milieu n'a pu moudre qu'un panal de blé dans l'espace de 27 minutes et 20 secondes, ce qui est bien peu de chose et que l'on pourra comparer avec les diverses épreuves dont nous parlerons peut être dans la suite, si nous ne trouvons, comme à l'égard de tout ce que nous venons de dire, le moyen de supprimer la relation de diverses opérations que nous avons eu besoin de faire, et que nous retranchons ici, sans oublier cependant autant que cela dépend de nous, rien de tout ce qu'elles ont d'essentiel, mais pour ne pas faire un volume au lieu d'un simple rapport.
Moulin de la Nerte
Ayant fait ouvrir tous les canons des moulins à Nerte mis l'eau dans le béal à 4 pouces en dessous de la hauteur qu'elle doit avoir au devant des martelières des puits ce qui l'exhaussait jusqu'à 6 pouces au dessus de la vanne de la martelière des Trois Pierres, et laissait tout le reste dans le même état que pour la précédente épreuve, les meuniers observèrent que les roudets des moulins des chevilles boulaient d'environ 1 pouce et ½ et ceux des moulins de la place effleuraient et rasaient seulement la surface des eaux de leurs fuyants, d'où nous conclûmes avec ces mêmes meuniers que si les eaux dans le béal avaient leur surface environ deux pouces plus basses, les moulins de la place ne seraient point incommodés et que de là on pouvait voir la différence de l'écoulement dans le canal de la Nerte quand les deux fenestrages bouchés dans la précédente épreuve sont ouverts dans celle-ci, il faudrait cependant rabaisser plus que de 2 pouces la surface des eaux du béal au devant des puits pour qu'elle fut à la hauteur convenable à l'endroit de la martelière des Trois Pierres afin que les moulins des chevilles ne fussent point incommodés, nous en avons fait l'expérience, et les eaux du béal étant au dessus de la vanne du Caussier ou martelière des Trois Pierres à la hauteur de quatre pouces et deux lignes et au devant des puits des moulins de la place, d'environ neuf pouces au dessous de la hauteur qu'elles doivent avoir, nous avons trouvé que les moulins tant ceux des chevilles que ceux de la place, travaillaient avec leur liberté accoutumée quoiqu'un des canons de ces derniers perdit de l'eau considérablement, si la restanque était encore abattue, les moulins de la place ne seraient point incommodés quand l'eau du béal au devant des puits serait de près de deux pouces plus haute que dans l'épreuve précédente.
Les quatre martelières des puits des moulins de la place terminent le béal de la façon à peu près qu'on peut le voir au plan où leur largeur pourra être marquée et fournissent aux puits de ces mêmes moulins les trois à farine furent visités dans le temps nécessaire par les deux meuniers pris pour experts, leurs canons avaient un calibre déterminé alors pour leur travail ordinaire et par le moyen de leur panneau qui a été rabaissé depuis longtemps et mis au point que les meuniers de ces moulins ont cru apparemment le plus convenable et que nous avons laissé de même pendant tout le temps que nous avons employé aux différentes épreuves de ces moulins ou autres qui y avaient quelque rapport. Ces calibres sont savoir: celui du canon du moulin à main droite tournant le dos à la venue des eaux de 7 pouces 5 lignes, un peu plus de hauteur sur la largeur de 4 pouces 4 lignes ce qui fait en superficie de 32 pouces carrés et environ 1/7e de pouce. Celui du milieu 6 pouces 8 lignes, un peu plus de hauteur, sur une largeur de 4 pouces 8 lignes ont 31 pouces et 1/9e en superficie et celui le plus près du moulin à huile 6 pouces 4 lignes de haut, sur 4 pouces 6 lignes et ½ de large, c'est-à-dire près de 29 pouces carrés en surface.
Depuis le dessus des seuillets des martelières des puits des moulins de la place jusqu'au dessus de chacun des roudets des deux moulins à farine marqués D. M. sur le plan, il y a une pente de 14 pans et 1/12 en supposant ces deux roudets au même niveau comme ils le sont à peu de chose près.
Mais comme le roudet du 3e moulin à farine marqué« T » sur ce même plan est environ 3 pouces plus bas que le plus haut des deux autres il s'en suit que depuis le dessus desdits seuillets jusqu'au dessus de ce dernier roudet, il y a une pente de 14 pans et de 3 à 4 pouces. Ajoutant à cette pente environ 2 pouces et 2/3 pour l'épaisseur ou hauteur du volume d'eau qui est ordinairement sur le seuillet de la martelière du puits de ce 3e moulin quand il travaille l'on aura pour sa pente ou chute totale 17 pans à peu près. En retranchant de ce nombre les 3 pouces ou environ de hauteur que les deux autres roudets ont de plus, on trouvera que la chute pente totale des deux premiers moulins n'est que de 16 pans et 2/3 au dessus des roudets des deux moulins jusqu'au dessus de l'eau tranquille qui y reste en dessous lorsque les vannes sont en place et les martelières bouchées, il y a autour de 14 à 15 pouces. Ce qui coupe l'épaisseur verticale des cueillers, et le vuide entre eux et la surface de l'eau dormante et restante en dessous laquelle on doit prendre et regarder comme le sol ferme du canal du fuyant eu égard à la pente, attendu que les crues ou dégravements qui sont ordinairement en dessous des roudets des moulins sont causés par le choc et le tournoiement des eaux sans que cela augmente ou diminue l'écoulement et l'échappée du courant.
Du dessous du roudet « T » qui est le plus bas comme nous l'avons dit jusqu'à la superficie de l'eau dormante en dessous, il n'y a qu'environ 1 pan ½, c'est-à-dire environ 1 pouce moins qu'à l'égard des autres roudets dont l'eau aussi dormante au dessous est plus haute d'environ 2 pouces que celle qui reste au dessous de ce roudet plus bas ce qui fait la différence des 3 pouces dont nous avons ci-devant parlé.
Pour pouvoir déterminer à 2 pans et 2/3 la hauteur, profondeur ou épaisseur du volume d'eau qui est sur le seuillet des martelières des puits des moulins de la place quand ils travaillent, nous avons fait un grand nombre d'observations pour raison de cette hauteur d'eau sur lesdits seuillets et dans le béal ou canal qui est contigu, et comme nous avons trouvé souvent les eaux au dessus et au dessous de cette hauteur et souvent encore à cette même hauteur ou environ, nous réglant toujours sur le seuillet du puits du moulin le plus près de celui à huile nous avons dû la prendre dans ces calculs pour point fixe et pour hauteur majeure.
En ajoutant aux 17 pans et aux 16 pans 2/3 ci-devant pour la pente de ces moulins depuis le dessus des eaux sur le seuillet des martelières de leurs puits, jusqu'au dessus des roudets la distance que nous avons trouvée depuis le dessus des mêmes roudets jusqu'au dessus de l'eau dormante qui reste en dessous de l'eau dormante qui y reste en dessous quand ils ne travaillent point, on aura 18 pans et ½ au lieu de 17 pans et 18 pans ¼ au lieu de 16 pans et 2/3 , ce qui fera la pente totale depuis le dessus des eaux des martelières des puits jusqu'au sol sous les roudets laquelle comprend la chute ou pente totale desdits moulins qui doit être déterminée sur les roudets ou mieux encore à environ 2 pouces plus bas, comprend aussi l'épaisseur des ceuilliers de ces roudets et le vuide en dessous pour l'échappée des eaux de la fuite.
Pour suivre le cours des eaux du béal terminé comme nous l'avons dit aux martelières des puits des moulins de la place, et pour continuer notre relation, nous sommes descendus dans un lieu souterrain appelé en général les Carcés, et observé au plus haut de cet endroit les trois canaux voûtés dans lesquels sont les roudets des trois moulins à farine, celui qui est à droite tournant toujours le dos à la venue de l'eau, (situation que nous supposerons toujours garder dans la suite de notre description) à de longueur 22 pans ½, de largeur à l'endroit où est le roudet environ 7 pans et à la sortie 7 pans ¼ peu moins, sur la hauteur d'environ 5 pans.
La voûte sous laquelle est le roudet du moulin du milieu est à la droite de la précédente séparée seulement par un mur de 2 à 3 pans d'épaisseur, elle a de longueur 21 pans ½ et de largeur dans son centre à la sortie 5 pans et ¼ et de hauteur sous la clef à son extrémité 4 pans ½ un peu plus.
La voûte sous laquelle est le roudet du 3e moulin à farine c'est-à-dire celui qui est le plus près du moulin à huile a de longueur 21 pans ¾ sur la largeur et la hauteur à sa sortie d'environ 5 pans ½, elle est séparée de la précédente par un mur épais de 4 à 5 pans…

Le barrage des Capellans.

 

Le barrage des Capellans.

… Les maisons et les moulins qui sont bâtis au dessus de ces trois endroits voûtés ont leurs façades à quelques pouces près à l'aplomb de l'extrémité de ces mêmes voûtes qui se trouvent ainsi presque sur la même ligne quoique leurs fuyants ou canal de vuidage soit ensuite séparé en deux pans par un mur de 8 à 9 pans de longueur, formant un canal voûté qui reçoit du côté droit les eaux des fuyants des deux roudets de côté-là, et du côté gauche le seul fuyant de la voûte du roudet qui est le plus près de celui à huile. Ces deux différents canaux formés par cette muraille de 8 à 9 pans de longueur et par les deux autres murs qui sont l'un à droite, l'autre à gauche et formé et couvert par deux disjointes voûtes hautes en général de 6 à 7 pans veut se réduire à un seul et unique canal large en quelques endroits de 6 à 7 pans, aussi haut à mesurer sous la voûte de 8 à 9 pans et long de 6 à 7 cannes, après lesquelles vient le grand canal proprement appelé les Carcés.
Au côté gauche des canaux que nous venons de décrire et à l'endroit marqué H sur le plan est le roudet du moulin à huile appartenant à la communauté, le vuide du canon de ce roudet est d'environ 30 pouces carrés en superficie et la voûte sous laquelle il dégorge ses eaux à la hauteur de près de 6 pans et la largeur de près de 8 à l'endroit de ce roudet.
Cette voûte ou ce canal voûté vient ensuite en se rétrécissant irrégulièrement jusqu'à environ 19 pans loin ou par un angle obtus il replie à droite, et la largeur en cet endroit d'environ 3 pans seulement. Il continue ensuite en ligne droite pendant 26 pans de longueur, où il finit par une largeur de 3 pans et 2/3 un peu moins, et une hauteur de 7 à 8 pans, se repliant ensuite encore angulairement à droite pour dégorger ses eaux sans un plus grand canal aussi voûté dont la largeur est de 8 pans à un endroit et d'environ 6 pans et 2/3 à sa sortie, c'est-à-dire au haut du grand canal des Carcés où il arrive et aboutit à côté et à peu près au même alignement que celui que nous avons dit ci-devant recevoir et réunir les trois fuyants des moulins à farine, n'y ayant entre ces deux canaux à l'endroit où ils sont terminés au haut du grand canal des Carcés, qu'un mur épais d'environ 2 pans ¼.
La hauteur de ce canal qui reçoit les eaux du moulin à huile, prise en deux endroits différents a été trouvée de 7 pans ¾ et de 8 pans ½, et sa longueur d'environ 6 cannes.
Canal de la rue de l'Hôtel de Ville
Au haut de ce canal, c'est-à-dire à l'endroit le plus élevé et le plus éloigné des Carcés est l'issue d'un conduit qui reçoit les égouts de quelques rues et les vuides dans ce canal, et de là dans celui des Carcés, il est éloigné de quelques pieds et au côté gauche de l'extrémité de la voûte du moulin à huile, il est engorgé à son issue par un tas de pierres de 2 et 3 pans d'épaisseur qui ne laisse de vuide en dessus qu'environ 3 pans, ce qui égale à peu près la largeur du conduit.
Moulin abandonné
À environ 3 cannes en dessous de ladite extrémité du canal voûté du moulin à huile et en suivant à droite celui de 6 cannes de longueur, on trouve un autre canal qui selon les parties mêmes recevait les eaux d'un autre moulin à huile aujourd'hui abandonné et occupait en partie par un gravier considérable qui a été augmenté par les déblais et récurages que nous avons fait faire au voisinage pour abréger le transport.
L'issue de ce canal abandonné a de largeur oblique de 6 à 8 pans et parviennent à près de 4. La longueur que nous avons fait prendre depuis le fond à l'endroit où devait être le roudet puisqu'il se joint au canal long de 6 cannes sera déterminée sur le plan.
De tout ce que dessus, on voit ainsi que nous l'avons dit ci devant qu'autre fois, il y avait trois moulins à farine, deux moulins à huile et un canal d'égout qui vuidaient et dégorgeaient leurs eaux dans le grand canal des Carcés, et qu'aujourd'hui il n'y a que les trois moulins à farine un seul moulin à huile et le canal d'égout.
En faisant cette légère description des précédents canaux et de celui des Carcés ci après, nous avons cru pour abréger, devoir ne point exprimer les angles, ni désigner les alignements on verra l'un et l'autre et les largeurs précises au plan, ce qui suffirait.
Le grand canal des Carcés est un espace très irrégulier ayant une largeur en haut, c'est-à-dire du côté de la vanne des eaux, de 15 à 16 pans, ce qui comprend le vuide du canal des fuyants des trois moulins à farine réunis, le vuide où la largeur du canal du fuyant du moulin à huile, et l'épaisseur du mur qui sépare. Leur extrémité qui joint et fait le commencement de ce grand canal des Carcés formé en cet endroit par un grand arc d'environ 5 pans de longueur, et de 10 à 11 pans de hauteur, ayant à son arête ou bord du côté desdits fuyants la susdite largeur de 15 à 16 pans de culée à culée et celle de 14 pans et ½ seulement aux environs de l'aplomb de son bord ou arête du côté d'en bas.
Ouverture du ciel ouvert des Carcés
En avançant ensuite du côté de la rivière tournant toujours comme a été dit le dos à la venue des eaux, on parcourt un espace de 8 à 9 pans de largeur, dont les côtés sont formés par des murs en ligne irrégulière et le dessus couvert et occupé du côté gauche par le plancher ou dessous d'une partie de maison et le restant c'est-à-dire du côté droit, est occupé par un grand espace vuide qui sert et nous a toujours servi pour descendre dans les Carcés par le moyen d'une grande échelle c'est sous ce vuide que dégorgeaient anciennement les versures et égouts de la fontaine à quatre canons située vis-à-vis la paroisse et c'est dans la rivière et en dessus de l'endroit où vuide le canal de la Nerte que dégorgent à présent les égouts actuels de la même fontaine, ainsi que les parties en ont convenu toujours en présence dudit seigneur commissaire. Cet espace de 8 à 9 pans de longueur est terminé du côté d'en bas par un arc de pierres de taille, ayant de pied droit à pied droit et dans [ce] une largeur d'environ deux cannes et de hauteur ou vuide entre la clef et le sol des Carcés en dessous de 10 à 11 pans.
Le reste de la longueur de ce canal des Carcés est terminé du côté droit regardant la rivière par un mur long d'environ 12 pans qui joint cet axe au commencement ou entrée du canal de la Nerte, aussi à main droite y entrant le côté opposé au mur par la situation bizarre des lieux est l'entrée oblique et irrégulière du canal de Sarraire et de Beaulieu, une partie du mur en ligne courbe qui le forme du côté du levant, c'est-à-dire à gauche y entrant, lequel mur est contigu et fait une suite de celui qui est en dessous du plancher, au côté opposé à celui par où l'on descend ordinairement dans les Carcés.
Un angle en bâtisse dont nous parlerons par la suite dans tout le détail convenable fait le commencement du canal de la Nerte à main gauche y entrant et doit être pris pour le commencement du canal de Sarraire ou de Beaulieu à main droite y entrant aussi, c'est-à-dire que cet angle en bâtisse dont la partie saillante ou extérieure est du côté des Carcés fait la séparation et division de ces deux canaux.
Tout cet espace très irrégulier est couvert par une voûte à croisillons construite en simple maçonnerie terminée du côté de la venue des eaux par l'arcade de pierre de taille dont nous avons ci-devant parlé du côté droit par le mur de 12 pans de longueur qui joint le pied droit de cette arcade avec le commencement du canal de la Nerte, aussi à droite y allant du côté d'en bas par la largeur oblique de ce canal à son entrée même et du côté gauche par la largeur encore plus oblique du canal de Sarraire et de Beaulieu à son entrée ou peu s'en faut.
Tous les murs, coins et autres bâtisses qui forment les canaux que nous venons de décrire sont fondés sur la malausse laquelle se trouve aussi dans l'entre deux de ces murs en profondeurs inégales et fait ainsi le sol de ces mêmes canaux au gravier près qui est en dessus.
Ce qu'on appelle malausse dans ce pays est une espèce de roc mol dont la dureté approche celle du saffre médiocrement dur il est infiniment plus gras et plus lié que le saffre et beaucoup moins que l'argile non sablonneuse, il semble se débiter et séparer par feuilles et sa couleur est cannelle foncée à peu près.
On trouve cette malausse à environ ¾ de pan au dessous du sol naturel ou surface des eaux dormantes aux environs des roudets du moulin à farine dans quelques endroits que nous avons fait sonder. Dans le canal où se réunissent les fuyants des deux moulins à farine D. M. c'est-à-dire celui du milieu et celui qui est à sa droite. Cette malausse se trouve aussi aux endroits sondés environ ¾ de pan, en dessous de la surface du sol actuel. Dans le canal en dessous où se joignent les trois fuyants de ces moulins, nous avons trouvé cette malausse à environ 1 pan en général plus basse que la superficie des eaux dormantes, restant lesquelles on peut regarder comme le sol ferme dès qu'il n'est question que de hauteur. Dans le sol du grand canal des Carcés, nous avons trouvé que cette malausse était du côté gauche, peu éloignée de la surface du gravier actuel et du côté droit d'environ ¾ de pan, regardant avec raison comme sol la superficie des eaux dormantes ou des égouts simplement ainsi en cet endroit la surface actuelle de la malausse penche vers le côté droit.
Nous aurons ailleurs occasion de dire à quelle hauteur cette malausse vient recevoir et servir de fondement aux murs dont les premières et plus basses assises de pierres se trouvent en quelque endroit en partie en l'air, et déchaussés par les sapeures, écha[  ] et sous caveuses que les eaux ont faites dans la malausse et qui sert de fondement et fait la plus basse partie de ces murs et que cette même malausse se trouve au fonds du canal de Sarraire et de Beaulieu pendant une certaine longueur, et qu'elle y [   ] dans cet intervalle de fondement aux murs, et qu'enfin presque tous les sols des différents canaux de la Nerte sont en malausse que presque tous les murs qui forment n'ont point d'autre fondement.
Le canal irrégulier des Carcés se divise en deux ainsi que nous l'avons dit ci devant, par le moyen de l'angle en bâtisse l'un qui va du nord au sud est celui dit de Sarraire ou de Beaulieu et l'autre qui s'écarte moins de la ligne droite de tout l'ensemble des Carcés et au dessus, est appelé de la Nerte, il est à droite de celui de Sarraire ou de Beaulieu et va dégorger dans la rivière.
L'entrée du canal de la Nerte est en ligne oblique [    ] être prise entre le parement du mur qui forme un des côtés de l'angle en bâtisse qui sépare les deux canaux et l'aplomb de l'arête inférieure de la grande face apparente d'une pierre rectangulaire qui se trouve à main droite en entrant, cette entrée c'est-à-dire la largeur du canal de la Nerte en cet endroit est de 9 pans 4 pouces ou 9 pans ½ moins environ 1/16e partie de pan.
Le creux ou escavure qui est en dessous de cette pierre dont une partie du lit par conséquent est en l'air, et porte à faux ne doit point être compris dans cette largeur ce qui viendrait cependant inutile par les raisons que nous alléguerons en déterminant la véritable largeur de ce canal.
Deux bars qui forment l'entrée du Canal de la Nerte
Nous avons trouvé au commencement et à l'entrée de ce même canal de la Nerte deux bars mis de plat et de longueur inégale, le plus long placé du côté gauche, c'est-à-dire touchant le mur qui fait un des côtés de l'angle de séparation et le plus court du côté opposé qui est celui de ladite pierre rectangulaire de laquelle nous parlerons en détail en son lieu de même que de ces bars, de leur situation irrégulière du sol où ils s'appuient, et de l'angle en maçonnerie qui divise les deux canaux, mais auparavant, il nous paraît nécessaire d'établir un repère permanent au point fixe en cet endroit de cet angle et aux environs pour pouvoir le reconnaître dans tous les temps, et y rapporter aisément et sûrement tous les endroits de ces différents canaux, où il sera question de pente de montée, de nivellement et d'épaisseur ou volume d'eau ou autres observations de cette nature, on doit prendre pour point fixe et repère inébranlable le dessus actuel du plus long bar, de son côté le plus près du coin en bâtisse à 2 pouces loin du trou de crampon qui s'y trouve mesurant ces 2 pouces du côté de la rivière et supposant ce bar placé comme nous le trouvâmes, mais comme ce même bar peut être facilement remué et déplacé et que dans le cas ce repère ou point fixe ne pourrait être remis qu'au hasard, nous avons remarqué que cet endroit en dessus de ce bar est au niveau du dessus d'un caillou qui est dans l'angle en bâtisse et dans l'échancrure faite à dessein à cet angle, ce qui peut servir de règle et de guide pour replacer le bar, et de repère en cas de besoin étant très indifférent dès qu'il ne sera question que d'avoir un point sûr pour nivellement que l'on prenne cet endroit de la superficie du long bar, ce dessus de caillou ou tout autre dès qu'ils seront au même niveau.
Il est aisé de reconnaître ce caillou quand on voudra, il forme une espèce de petit empâtement dans le creux ou échancrure qui est à l'angle en bâtisse, il y a 3 pouces et ¾ de hauteur, il porte sur une pierre de taille large d'environ 6 pouces et longue d'environ 2 pans, avançant de sa longueur dans le canal de la Nerte et faisant ainsi le parement d'une partie du bas du mur de ce canal à gauche, cette pierre à l'endroit de l'angle à peu près où elle soutient ce caillou porte sur la malausse qui lui sert de fondement, et à tout le coin en bâtisse, de manière qu'elle est à l'égard de ce coin la première assise de maçonnerie et que le caillou en est la seconde.
Ce caillou fait encore une suite et continuation de la face d'épaisseur de ce même bar du côté du coin et des Carcés. Soudés et plus haut de 12 pouces ½ que le sol ferme au devant du coin en bâtisse et plus bas de 9 à 10 que le dessous du cru ou bord de la partie avançante de la pierre angulaire qui termine du côté d'en haut, et fait une petite partie de l'échancrure ou creusement fait à ce coin ou angle.
Ce même caillou serait plus bas de 8 pouces et 2 à 3 lignes que le dessus des bars posés et mis de chant, c'est-à-dire sur leur épaisseur, à la hauteur de 2 pans et ¼ sur le niveau du sol au devant du coin et du caillou ce qui détermine la différence de hauteur des bars mis de chant ou mis de plat, supposé que dans cette dernière situation ils eussent leurs surfaces à la règle et horizontales avec l'endroit pris arbitrairement pour repère stable et point fixe, mais cette différence est moins grande par la raison que ce point fixe est environ 4 pouces plus bas que le dessus du petit bar mesuré au milieu à peu près de sa largeur du côté de la pierre rectangulaire le dessus de ces bars étant d'ailleurs enfoncé à l'endroit de leur jonction, ainsi que nous le dirons quand nous en désirerons la situation.
Enfin cet endroit du long bar ou le dessus de ce caillou, ce qui est la même chose lorsqu'il ne s'agit comme nous l'avons déjà dit, que de hauteur et de nivellement est plus bas de 4 pans un peu [ ] un peu plus que la naissance de la voûte à l'entrée du canal de la Nerte et du côté du coin en bâtisse, c'est-à-dire du même caillou lequel est aussi plus bas de 12 pouces un peu moins que le lit de la pierre rectangulaire et percée qui est à la droite de l'entrée de ce même canal de la Nerte, cet endroit du lit rampant de cette pierre, est celui qui est sous sa partie angulaire et saillante du côté des Carcés.
Ce détail de la situation de ce caillou et du rapport qui [    ] le long bar et autres points déterminés est nécessaire seulement pour pouvoir le reconnaître sûrement et même le remettre facilement en cas qu'il fût par hasard ou autrement déplacé, mais enfin que tous les divers endroits ci après auront surtout en fait, de nivellement quelques liaisons avec le dessus du long bar si sujet à changement, l'ayant également avec le dessus de ce caillou qui est au même niveau et pris aussi pour repère inébranlable et pour premier terme de tous les nivellements ci après pour raison du grand canal des Carcés, de celui de la Nerte et de celui de Sarraire ou de Beaulieu, de manière que dans la suite le dessus de ce caillou, le dessus de l'endroit déterminé sur le long bar ou le premier terme de nivellement ou premier terme simplement, seront la même chose ou termes synonymes.
On ne doit point cependant confondre ce mot terme: quand il s'agira de nivellement avec ce même mot, quand nous entendrons parler du terme qu'on dit avoir été autrefois, au devant de l'angle ou coin en bâtisse et pour éviter cet équivoque nous joindrons toujours l'épithète d'ancien quand nous parlerons de ce terme.
La pente que nous avons trouvée depuis le dessus des cuilliers du roudet D. sur le plan qui est celui du moulin dudit seigneur Marquis de Solliès à la droite jusqu'au dessus du long bar ou caillou est de 2 pans et 9 lignes de pouce et comme la distance verticale qu'il y a depuis le dessus de ce roudet jusqu'à la surface de l'eau en dessous prise pour sol ferme est de 14 à 15 pouces, il s'en suit que la pente qu'il y a depuis ce dernier endroit en dessous des roudets jusqu'au dessus dudit long bar est de 4 pouces et 8 lignes.
Nous n'avons point d'égard à ce nivellement à ce que nous avons ci devant dit, que le roudet ce moulin à droite est un peu plus haut que celui du moulin du milieu, et 3 pouces un peu plus que celui qui est le plus près du moulin à huile, on peut sur cette opération calculer les deux autres.
Ce premier terme ou dessus du long bar est plus haut que le sol ou gravier actuel à 1 canne loin des bars, allant aux Carcés, sous la voûte à croisillons de 5 pouces ½ et de 8 pouces que la malausse qui est en dessous, ce qui détermine à 2 pouces ½ l'épaisseur du gravier actuel en ce dernier endroit, de ce même premier terme jusque sur le gravier actuel à 2 cannes loin allant toujours sous les Carcés, il y a une pente de 5 pouces. Ce gravier a là 2 pouces d'épaisseur après quoi on trouve la malausse qui est ainsi 7 pouces plus basse, que le premier terme ou dessus du long bar.
Ce premier terme est plus haut de 2 pouces que la malausse servant de sol auprès et au devant de la face d'épaisseur du mu[   ] séparation des canaux des fuyants au commencement du grand canal des Carcès. On voit par ces trois nivellements que les endroits du [   ] carcès, ou nous les avons terminées étant plus bas que le petit terme ou dessus du long bar, ils ne sauraient augmenter ni diminuer la pente du canal des Carcés, ni celle des canaux en dessous et quoique l'on peut en tirer, ce semble c'est de comparer par leur [   ] le dessus du sol aux endroits nivelés avec le dessus du gravier portaient les bars, mais pour cela il faut retrancher l'épaisseur de ces bars, et avoir égard à leur situation de laquelle nous parlerons dans la suite.
Nous avons remarqué diverses sapures sous caveuses déchaussures et échancrures au dessus des murs du grand canal des Carcés et des canaux en dessus, elles sont absolument indifférentes pour la dépense des eaux à l'égard des canaux de la Nerte et de Sarraire ou de Beaulieu, on pourrait seulement dire que ces échancrures [    ] les canaux d'autant plus larges, la vuidange des eaux se fait avec plus d'aisance et de facilité ce qui serait sans doute à la [    ] réciproque et proportionnel des canaux inférieurs, si ces sapures ou excavures régnaient pendant toute la longueur des murs; mais il y a des endroits où elles sont peu considérables et d'autres où [   ] à point du tout, elles deviendront en tous sens indifférentes pa [   ] à l'eau qui les a creusées et formées par son courant, frottement et tournoiement, ce qu'elle n'aurait pu faire si les murs comme nous l'avons dit sont fondés sur la malausse qui les reçoit en général plus haut que le dessus du sol actuel avaient eu leurs fondations excavées en dessous de ce sol, ce qui a occasionné sans doute la dégradation et la ruine en partie de quelques endroits de ces murs.
A l'endroit où le canal qui reçoit les trois fuyants des moulins à farine joint le haut du grand canal des Carcés à droite en descendant, il y a une de ces sous caveuses ou enfoncements longues de 6 à 7 pans, profondes en travers et horizontalement de [     ] 7 et 4 pans, et d'autant moins qu'elle approche plus [     ] lis de la première pierre ou assise du mur qui se trouve au [    ] en l'air pendant une partie de son épaisseur, la malausse [   ] laquelle elle fut élevée ayant été creusée par l'eau.
Ces premières assises sont en dessus du niveau du premier terme au dessus du long bar de 1 pan 2/3, 1 pan ¾, etc. et à peu près d'autant sur la superficie de l'eau dormante et restan te en dessous. Après cet endroit est un pan dessus qui n'est point sapé parce qu'il descend jusqu'au sol du canal ou environ, soit que cette partie ait été reprise par sous œuvre ou que la malausse en cet endroit ait d'abord été trouvée trop molle.
L'intervalle qu'il y a depuis ce dernier endroit jusqu'à l'entrée du canal de la Nerte est tout sous cavé le mur portant en partie à faux et en partie sur la malausse qui le reçoit à 1 pan 2 pouces, 1 pan 5 pouces et ½, 1 pan ¼, 1 pan 1/3, 1 pan et à 8 pouces au dessus du niveau du caillou du long bar ou premier terme, la profondeur horizontale est en travers de ces excavures en quelques endroits est de 2 pouces, de 6 pouces, de 9 pouces, de 7 pouces, de 10 pouces.
Au mur opposé à celui ci-dessus, aussi dans les Carcés, c'est-à-dire à celui à gauche y étant les premières assises ne portant point à faux et sont en général peu au dessus ou au niveau de la surface de l'eau dormante regardée comme le sol actuel à peu près.
Ce plus grand creusement du lit de ce canal des Carcés au côté droit, peut avoir été occasionné par le courant qui est tout de côté-là, excepté le fuyant du moulin à huile qui y est aussi attiré par ce même creux et qui est moins considérable et moins continuel que celui des fuyants des moulins à farine.
Le canal de la Nerte étant à l'égard de celui des Carcés, et de celui de Sarraire ou de Beaulieu selon les angles et les dimensions déterminées sur le plan, nous dirons pour continuer notre description générale, que la largeur de ce canal à son commencement ayant ci devant été trouvée de 9 pans 4 pouces, elle n'est plus que de 8 pans et ¼ au peu plus, à environ 3 cannes après, et comme cette dernière largeur a été prise carrément, et que nous avons observé que toutes les inégalités, avancements et échancrures ou enfoncements qui se trouvent en dessus, sont absolument indifférentes pour le plus ou le moins de largeur de ce canal, on peut dire que cette dernière est plus petite et la véritable.
Dans cet espace de cette première partie du canal de la Nerte, nous trouvâmes du côté du nord, c'est-à-dire à main droite allant à la rivière trois bars irréguliers ou blocs de taille de pierres qui empêchaient le libre passage des eaux.
Le premier de ces bars étant posé obliquement et en talus contre ce mur à 4 pans loin de la pierre rectangulaire à de hauteur 3 pans 1/3 sur la largeur d'environ 2 pans et l'épaisseur d'un pan et au dessus son oblicité était de plus de 2 pans, c'est-à-dire qu'il avançait d'autant dans le vuide du canal du côté d'en bas tombant d'en haut contre le mur.
Le second était tout contre le précédent du côté d'en bas il était couché dans le lit du canal, sa longueur est de 3 pans, sa largeur de 2 pans 1/4, et son épaisseur de moins d'un pan.
Le troisième était à quelques pouces en dessous, sa longueur est d'environ 3 pans ½, sa largeur 2 pans ¼, son épaisseur en général moins d'un pan, il était appuyé contre le mur, portait sur son épaisseur et occupait presque autant qu'il le pouvait, le vuide du canal. Après avoir pris les positions et dimensions de ces bars informes, nous les fîmes transporter en dehors de ce canal, de manière qu'ils ne nous aient aucunement troublé dans nos opérations de même qu'un long et haut tas de gravier que nous trouvâmes dans le canal de la Nerte qui est à côté de celui où est la restanque ce tas fut enlevé avant le récurage des eaux.
La voûte de ce canal à son entrée est plus haute de 6 pans 3 pouces un peu plus, que le niveau du premier terme au dessus du long bar et plus basse de près de 3 pans que la voûte à croisillon des Carcés tout joignant. Après l'endroit où sa largeur a été trouvée de 8 pans ¼ est encore une suite de ce même canal, longue d'environ 6 pans, ayant beaucoup plus de largeur que n'en a la partie de près de 3 cannes dont nous avons ci devant parlé, ce qui fait en tout une longueur d'environ 32 pans pour le grand canal de la Nerte,…
 Le canal des Filliols à l'entrée de la rue Notre-Dame. 

Le canal des Fillols à l'entrée de la rue Notre-Dame.Légende : EX VOTO. Arrivé à Eugène Sénès 4 ans ½ tombant dans le béal avec une brouette à la main sous le saule pleureur au bout de la rue Notre-Dame dont il a été sauvé par deux hommes le 8 février 1859 à l'extrémité du pont qui est la fin de la rue Notre-Dame dont il y a un mûrier tout près. 

 

Date de l'œuvre : 14 mars 1859

Dédicataire : sainte Christine

Auteur : Hilarion Allègre

Donateur :

dimensions (sans l'encadrement) : 42 cm x 51 cm

Nature du support : papier

Nature de l'œuvre : dessin à l'encre et aquarelle.

 

… qui est ensuite divisé en deux branches qui font et sont autant de canaux dont l'a [   ] et c'est le plus en ligne droite des canaux supérieurs est à main droite et le plus près du pont et l'autre à main gauche, séparé du précédent pendant une grande partie de sa longueur par une muraille de maçonnerie.
Le mur à droite en descendant dans ce grand canal de la Nerte a les premières assises de ses fondements en général en partie en l'air, jusqu'au dessus de la branche de ce canal la plus proche du pont, la malausse qui les soutenait en plein, et sur laquelle elles ne s'appuient à présent qu'en partie, ayant été creusée, emportée et sapée peu à peu par le courant des eaux qui a formé un vuide ou enfoncement de 4, de 6, de 7 pouces plus ou moins de profondeur, en travers et horizontalement ce qui fait des excavures, échancrures des chaussures ou défectuosités par sous œuvres dont la pente la plus élevée est le lit des premières pierres du fondement des murs.
Le dessus ou lit de ces premières pierres de deux ou trois endroits de ce mur dans l'espace de 8 à 10 pieds en dessous de la pierre rectangulaire, et au dessus du niveau du premier terme et au dessus du long bar ou du caillou d'1 pan 3 pouces, d'1 pan 1 pouce, d'1 pan. Et à un endroit observé dans cet intervalle ci-dessous du lit de la première assise est 2 pans 1/9 plus haut que la malausse qui se trouve là aux environs en dessous du gravier formant le lit actuel du canal et à un autre endroit d'environ 1 pied seulement.
Le mur qui vient après et qui avance ainsi qu'on le voit au plan a ses mêmes premières assises ou plus basses pierres à 2 pans ¼, à 1 pan ¾ et au devant du sol actuel là tout près.
Les excavures que nous avons remarquées dans les 3 premières cannes de longueur de ce grand canal de la Nerte à gauche en descendant sont peu considérables et comme celles du côté opposé et dont nous venons de parler très indifférentes pour la largeur du canal y ayant surtout de ce dernier côté qui est celui à droite des avancements en maçonnerie qui rendent nulles à cet égard, toute la largeur de plus que ces sous cavures pourraient donner à ce canal en dessus.
La malausse qui fait partout le sol de ce canal et qui est couverte de gravier, reçoit le mur à gauche à la hauteur de 1 pan ½, et 2 pans 1/4.
Le premier terme ou dessus du long bar est plus haut que ce sol ou dessus actuel du gravier à 1 canne loin des bars d'environ 2/3 de pan et ½ pan seulement à 2 et à 3 cannes et loin des mêmes bards.
Le sol actuel en gravier au commencement de la branche du canal de la Nerte à gauche est plus bas que ce même premier terme de 2/3 de pan,…

Prise du canal Jean Natte sur le Gapeau.

 

… ce gravier à cet endroit n'a que 2 à 3 pouces d'épaisseur après lesquels on trouve la malausse.
Enfin ce premier terme est plus haut de 10 à 11 pouces qu'un endroit du sol de la branche du canal à droite à environ 10 cannes loin des bars.
Ces cinq petits nivellements sont indifférents pour la pente de ce canal et pour la dépense des eaux, on ne devrait y avoir égard que dans le seul cas où dans ces espaces nivelés, si en détail il y avait quelques endroits qui eussent une moindre pente que celle qui a été trouvée être la véritable de chacune des branches de ce canal, mais comme c'est tout le contraire, on doit regarder ces intervalles comme des petits creux et enfoncements que l'eau remplit d'abord et y passe ensuite avec la même facilité que s'ils n'y étaient point.
Nous avons enfin nivelé ces environs des bars à l'entrée de ce canal, de celui de Sarraire ou Beaulieu et dans celui des Carcés que parce que cela a été requis par les parties et ordonné en conséquence et qu'on peut par leur moyen ainsi que nous avons ci devant dit, à l'égard des petits nivellements faits dans les Carcés, comparer le niveau de ces endroits nivelés avec le dessus du gravier ou porter [   ] et avec le dessus des bards même étant élevés ainsi que nous le d[isons} en son lieu.
La branche ou le canal à droite c'est le plus près du pont, et c'est celui où nous trouvâmes la restanque à de longueur environ [   ] cannes, et de largeur à son commencement 5 pans, ensuite [   ] pans 1/3, 8 pans et près de 9 à la sortie, oblique toujours mesuré de mur à mur, et sans avoir égard pour ces largeurs, [   ] un banc de malausse qui avance pendant une assez grande longueur de chaque côté au-delà du mur ou aplomb du parement des [    ] qu'il porte, c'est-à-dire qu'il règne jusqu'à 9 ou 10 pieds du bout de la voûte du côté d'en bas, formant ainsi une banque terminée en général en demi-bahu peu régulier, large très inégale comme de 2 pans et au dessus, ce rétrécissant ainsi de ce canal et [    ] réduisant au fond et sur le sol qui est aussi en malausse à la largeur moyenne de 4 à 5 pans.
À 8 ou 10 pans loin de l'extrémité inférieure de ce canal qui est aussi voûté et du côté gauche en descendant on trouve le fenestrage d'un des canons du moulin à Nerte non en état, lequel a de largeur 2 pans ½ sur la hauteur d'environ 2 pans. Immédiatement au dessous de cette ouverture ou fenestrage et en travers presque carrément de ce canal de la Nerte, il y a une feuillure ou battant irrégulier qui exhausse peu et inégalement le sol de ce canal, et formé par des blocs de rochers qui sont à cet endroit, et qui semblent avoir été préparés ainsi par rapport à la feuillure seulement ou pour fixer la hauteur de ce sol, ou pour faciliter l'emplacement d'une vanne, d'une petite digue, retenue ou restanque pour diriger les eaux dans le précédent fenestrage ou pour les exhausser jusqu'à une certaine hauteur qui dans certain cas pourrait paraître nécessaire.
La restanque
C'est en cet endroit que nous avons trouvé la restanque laquelle avait occasionné un engravement et délaissement au fond du canal dont le lit par ce moyen avait été fort exhaussé en comparaison de ce qu'il est dès que cette restanque est abattue et ce canal récuré jusqu'au ferme qui est en malausse et fixé par les précédents rochers, lesquels sont ensuite soutenus et contigus rendant tout le reste du sol du canal, en dessous qui est ainsi en roc dur et inégal, jusqu'au lit de la rivière où c'est là le seul rocher que nous ayons trouvé dans tous ces différents canaux, même dans celui de Sarraire ou de Beaulieu.
Les banquettes qui portent les murs de ce canal de la Nerte ainsi que nous l'avons dit, pendant la plus grande partie de leur longueur, sont plus élevées que le sol de ce canal entre ses banquettes de 1 pan 1/3, de 2 pans et de 2 pans ¼, c'est-à-dire que les premières assises de ces murs sont d'autant plus hautes que ce sol, et par conséquent plus hautes en général d'environ 8 pouces plus ou moins que le premier terme ou dessus du long bard ayant souvent remarqué que deux moulins à farine de M. le Marquis de Solliès travaillant de même que celui de la Nerte, et que la restanque étant à la hauteur qu'elle doit être les deux canons du moulin à Nerte non en état étant bouchés, la surface des eaux arrêtées et ayant peu de mouvement arrivait environ à cette hauteur du dessous des murs et du dessus des banquettes et alors elle a environ 7 pans d'épaisseur ou de hauteur en dessus dudit long bard ou premier terme.
On doit regarder comme un même canal, le grand canal de la Nerte, dont la longueur a été trouvé d'environ 4 cannes, avec le canal dont il est maintenant question, c'est-à-dire celui où est la restanque, ajoutant cette longueur de 4 cannes avec celle de 8, pour ce dernier canal, on aura pour longueur totale de ce canal de la Nerte 12 cannes.
Le dessus des bards doit nécessairement être pris et regardé comme le sol du canal, puisqu'ils servent de lit au courant, mais attendu l'irrégularité de leur surface, nous nous règlerons toujours sur l'endroit du long bard choisi pour repère sauf quand il le faudra d'avoir tout l'égard convenable à cette irrégularité de laquelle nous parlerons ailleurs.
Ce premier terme ou dessus dudit long bard est plus haut d'1 pan, 1 pouce et 8 lignes que le seuillet du fenestrage qui est auprès de la restanque et ce seuillet est plus haut de 2 pans, 3 pouces que le seuillet de la martelière qui a été faite pour dégorger dans la rivière les eaux du moulin à Nerte non en état.
Ainsi depuis le dessus du long bard jusque sur le seuillet de cette martelière ou fuyant de ce moulin à Nerte non travaillant il y a une pente de 3 pans, 4 pouces et 2/3.
Retranchant de ce nombre environ 1 pan ½ pour l'épaisseur verticale des cuilliers du roudet de ce moulin, s'il était en état de travailler pour le vuide en dessous de ce roudet prenant pour [   ] ferme ce seuillet ou pour compenser ce que ce même seuillet est plus bas que la rivière vis-à-vis restera 2 pans un peu plus pour pente totale de ce moulin, depuis le premier terme en dessus du long bard jusqu'au dessus du roudet à remplacer, lequel nous avons trouvé rompu, pourri et enfin hors d'aucun usage de même que le reste des canons qui recevaient autrefois apparemment les eaux pour le mettre en mouvement.
On doit ajouter à cette pente la hauteur ou l'épaisseur de l'eau au dessus du long bard dans le cas où ce moulin travaillerait et cette hauteur ou volume d'eau plus les 2 pans ci-dessus, en feraient la chute ou pente totale. S'il en était à l'égard de ce moulin lorsqu'il travaillerait ce qui en est à l'égard de l'autre quand il travaille pour une épaisseur d'eau à ajouter, il faudrait que [   ] fut environ 7 pouces lorsque deux moulins à farine travaillent c'est-à-dire que cette pente au lieu de 2 pans, serait 2 pans ¾ bien près ;
La pente de 1 pan, 1 pouce et 2/3 que nous avons trouvée depuis le dessus du bard au 1er terme jusque sur le seuillet du fenestrage qui est auprès de la restanque étant distribuée et répa[rtie] également dans la distance d'environ 11 cannes, qu'il y a d'un endroit à l'autre, donne près d'1 pouce pour la pente de chaque canne de cette partie de canal qui peut et doit être rega[rdée] comme un canal entier en prenant ce fenestrage pour son issue pour avoir la pente de ce même canal indépendamment de [ce] fenestrage sans avoir égard à ce seuillet et ne supposant dans ce calcul aucune restanque nous avons trouvé que le 1er terme au dessus du long bard était plus haut de ¾ de pan, que ce dessus de l'endroit le plus élevé de la feuillure du rocher qui est en travers du canal en dessous de ce fenestrage et que ce dernier endroit jusque au dessus de la surface des eaux de la rivière vis-à-vis de l'extrémité de ce canal et 3 cannes plus loin que cette extrémité il y a 2 pans et 1 pouce de pente, ce qui donne pour pente totale de ce canal long de 15 cannes compris les trois prises dans le lit de la rivière 2 pans et 8 pouces, c'est-à-dire 1 pouce et ¾ pour chaque canne.
Nous n'avons pas du déterminer ce nivellement précisément à l'extrémité de la voûte, attendu l'inégalité des blocs de rochers qui ferment le sol en cet endroit, ce qui peut cependant être regardé comme indifférent eu égard à l'irrégularité du sol dont la pente est si inégalement distribuée, ainsi pour trouver celle de chaque canne de ce même canal, on doit se régler sur celle qu'il y a depuis le premier terme au dessus du long bard, jusqu'au dessus de ladite feuillure, qui est l'endroit le plus élevé du lit du canal et loin de 11 cannes de ce même 1er terme, c'est-à-dire que la véritable pente de ce canal ayant égard à tout ce que de raison est de 7 lignes de pouce un peu plus par canne, regardant comme indifférente ou peut s'en faut celle qu'il y a depuis cette feuillure jusqu'à la rivière quoiqu'elle soit de huit à neuf fois plus grande, ce qui nous empêche de dire qu'il ne s'en faut de rien du tout, ce que pendant cette petite longueur de 11 cannes les eaux peuvent en quelque façon être un peu attirées par la trop grande rapidité de celles qui les précèdent.
Pour savoir la pente qu'il y a depuis les roudets des moulins à farine jusqu'à l'eau de la rivière vis-à-vis de ce canal de la Nerte, il n'y a qu'à ajouter les 2 pans et 9 lignes de pente, que nous avons trouvé depuis le dessus de ces roudets jusqu'au dessus du long bard, avec les 2 pans et 8 pouces aussi de pente depuis ce bard et jusqu'à la rivière et l'on aura pour pente totale 4 pans 8 pouces 9 lignes, de laquelle retranchant de 14 à 15 pouces qui est la distance trouvée depuis le dessus des mêmes roudets jusqu'à la superficie de l'eau dormante en dessous, on aura 3 pans, 3 pouces, 5 lignes pour la pente depuis le dessus de cette eau dormante prise ici avec raison pour sol ferme en dessous des roudets jusqu'à l'eau de la rivière.
Pour raison de ces deux calculs les bards ne font absolument rien à la pente depuis le dessus ou le dessous de ces roudets jusqu'à la rivière et on ne doit avoir égard à leur épaisseur que dans le cas où quelque nivellement commence ou finit sur leur surface supérieure attendu qu'alors on trouve de plus ou de moins de pente de ces bards ce que l'on peut calculer sur ce que nous avons dit ou que nous dirons encore sans vouloir entrer dans un trop long détail.
La branche du canal de la Nerte à gauche du grand canal, c'est-à-dire celle qui est à côté du canal dont nous venons de parler et qui donne l'eau à trois canons a de largeur à son entrée, environ 7 pans, ensuite 6 pans et quelques pouces, elle est voûtée et il y a que quelques échancrures ou excavures au dessous des murs, lesquels ne font rien de tout pour le plus ou le moins de largeur de ce canal, dont le sol est en malausse couverte en général de quelques pouces d'épaisseur de gravier en servant cette malausse de fondement aux murs.
Ce canal continue jusqu'à la rivière presque en ligne droite aboutissant ainsi à la martelière du fuyant du moulin à Nerte non en état ; mais dans son cours presque de 5 à 6 cannes loin de son commencement, il est coupé par un mur solide et bien épais à travers duquel on a en le construisant pratiqué une ouverture ou fenestrage pour un des canons du moulin à Nerte non en état lequel était mis en mouvement par les eaux que lui fournissait ce canon, et celui qui est auprès de la restanque, ainsi que nous l'avons dit en parlant de l'autre branche du canal de la Nerte.
Ce canal à gauche après une longueur d'environ 4 cannes se replie angulairement du côté du midi par deux différents canaux ou simples conduits, attendu le peu de hauteur de leurs voûtes, chacun de ces conduits par une ligne courbe et irrégulière porte l'eau à un des canons du moulin de la Nerte aujourd'hui travaillant et vuidant ensuite les eaux de son fuyant dans la rivière par deux endroits différents ainsi qu'on le voit au plan.
La pente que nous avons trouvée depuis le dessus du long bard ou premier terme jusqu'au dessus du roudet de ce moulin est de 1 pan, 4 pouces un peu plus, à laquelle ajoutant 7 pouces pour l'épaisseur ou hauteur du volume d'eau qu'il y a ordinairement au dessus dudit long bard quand ce moulin travaille et que deux de ceux à farine de M. de Solliès travaillant aussi et que les deux canons de l'autre moulin à Nerte sont bouchés on aura 2 pans, 2 pouces un peu moins pour la pente ou chute totale du moulin à Nerte travaillant.
Le dessus du roudet de ce moulin est un peu plus haut que le dessus du seuillet de la martellière qui vuide dans la rivière, une partie des eaux du fuyant, cette hauteur d'1 pan comprend l'épaisseur verticale des cuilliers et la distance depuis leur dessous jusqu'au dessus de ce seuillet qui fixe ici le niveau du sol en dessous du roudet. Maintenant pour déterminer la pente de ce canal par rapport à la vitesse qu'elle peut donner aux eaux de laquelle dépend la quantité de l'écoulement, il faut diviser près de trois quart de pente que nous avons trouvée depuis le dessus du long bard jusqu'au dessus du seuillet de la martellière d'un des canons de ce moulin par les 12 ou 13 cannes qu'il y a d'un endroit à l'autre, et l'on aura près de 7 lignes de pouce de pente pour chaque canne de ce canal, ce qui revient à la même pente à peu près que celle qu'a le canal où est la restanque.
Les largeurs moyennes de ces deux branches du canal de la Nerte étant plus que de 8 pans et ¼, on peut dire que celle du grand n'est point diminuée par celle des canaux auxquels il est ensuite divisé, mais comme en supposant la restanque en état, la largeur du canal où elle est, doit être prise à l'endroit le moins large c'est-à-dire au fenestrage qui lui sert d'issue. Ce sera donc la largeur et la hauteur de ce fenestrage qui sera celle de ce canal, laquelle doit être encore réduite au vuide du canon qui devrait y être si le roudet était en état, et que ce moulin dût travailler, mais en ce cas, il faudrait avoir égard à la pente de ce canon dans sa longueur, et comme elle serait plus rapide, ainsi qu'on peut le calculer sur nos nivellements que celle du reste du canal, cette rapidité serait regardée comme une augmentation de largeur de l'issue de canon, n'étant question dans ces mesurages que de dépenses d'eau ou de plus grand et de plus petit écoulement.
On peut dire la même chose à l'égard des trois fenestrages ou martellières et de leurs canons auxquels paraît la branche du canal que l'on trouve à côté de celui où est la restanque.
Il est aisé de comprendre que les deux fenestrages du moulin à Nerte: le plus près du pont étant sans canon et beaucoup plus grand que l'issue des canons qu'on peut y mettre ordinairement ayant d'ailleurs la même pente puisqu'il est un fuyant commun, [    ] donnent et reçoivent une quantité d'eau infiniment plus considérable et en même proportion que leur ouverture, celle d'un de ces fenestrages étant environ neuf fois plus grande que celle de l'issue des canons, on peut dire qu'elle peut recevoir neuf fois autant d'eau.
Nous avons fait toutes les observations convenables pour po[uvoir] assurer sans risque que pour faire travailler le moulin à Nerte aujourd'hui en état, il fallait que la restanque dont nous avons ci-devant parlé fut élevée à une certaine hauteur, il nous a paru que jusqu'à présent on avait eu aucune règle pour cette élévation ayant trouvé cette restanque tantôt plus haute tantôt plus basse, ce qui ne doit point être ainsi, ce nous semble, puisque quand elle est trop basse le moulin à Nerte est d'autant mo[ins] chargé et à d'autant moins de vitesse, et dans certains temps de l'année une quantité d'eau peut verser en dessus de la restanque augmenter ainsi celle de la rivière, et attirer et diminuer celle du canal de Sarraire ou de Beaulieu, et quand elle est trop haute elle augmente le poids de l'eau qui fait tourner le moulin de la Nerte et en même temps la quantité du courant de celle du canal de Sarraire ou de Beaulieu au préjudice de celle qui devrait suivant notre hypothèse, versée naturellement en dessus de cette restanque selon qu'il y a plus ou moins de moulins qui travaillent p[   ] et que la rivière est plus ou moins abondante, on doit cependant prendre garde en voulant donner au moulin à Nerte toute l'eau dont il a besoin, de ne lui donner que celle qui lui est nécessaire, afin que son roudet ne soit point incommodé et submergé en partie par la trop grande quantité et ait toute la vitesse possible eu égard au peu de pente de ses fuyants, cette dernière réflexion selon nous assez importante pour mériter d'être regardée et prise pour règle de la hauteur que cette restanque doit avoir, sans cependant prétendre rien décider, en conséquence, mais seulement parce qu'il convient quand il s'agit de déterminer et d'établir quelque écluse [   ] d'avoir des fondements qui le soient aussi, nous avons donc ayant égard à tout ce que nous venons de dire [   ] devoir fixer la hauteur de cette restanque en manière que son dessus soit plus élevé de près d'un pouce que le parement inférieur ou dessous du lhitaud du fenestrage du canon là tout près, et lui étant soutenu à cette hauteur et le fuyant du moulin à Nerte assez récuré,ce moulin travaille avec toute la vitesse possible et comme il faut en toute façon, la trace du tuph qui est dans ce canal de la Nerte, paraît alors plus élevée d'environ 2 pouces que le dessus de cette restanque ce qui prouve qu'elle a été pendant longtemps construite au hasard et plus haute souvent qu'il ne fallait suivant ce que nous venons de dire.
Quand elle est de la hauteur que nous avons déterminée que le moulin à Nerte aujourd'hui en état travaille et que l'eau que fournit les Carcés est suffisante pour cela, montant à la hauteur de la restanque sans verser et passant dans le canal de Sarraire et de Beaulieu comme elle le doit naturellement nous avons observé que la surface de l'eau dans la branche du canal de la Nerte où est la restanque paraît sans mouvement et au même niveau dormant, ce qui ne saurait être autrement n'ayant point d'issue de ce côté-là en supposant le fenestrage qui est dans ce canal bouché à propos, mais dans le canal qui est à côté du précédent, quoique l'autre fenestrage du roudet non en état soit aussi bouché l'eau y a un mouvement à peu près semblable à celui qu'elle a dans le canal de Sarraire et de Beaulieu, ce qui est occasionné par la vuidange des eaux dans ce premier canal, dont les deux canons sont alors ouverts.
Nous disons dans la suite quel nombre de moulins doivent travailler à la place, afin que celui à Nerte puisse avoir de l'eau suffisamment quoique la restanque soit de la façon qu'elle doit être et nous disons ici que dans le cas où ces mêmes eaux seraient assez abondantes pour fournir suivant la hauteur de la restanque au canal de Sarraire ou de Beaulieu au moulin à Nerte aujourd'hui en état et à l'autre moulin de ce nom le plus près du pont, cette même restanque serait aussi absolument nécessaire pour faire travailler ce dernier moulin s'il était en état, on ne pourrait même s'en passer, s'il fallait qu'il travaille tout seul, le regonflement qu'elle occasionne étant très nécessaire en toute façon et dans ces deux derniers cas elle doit être placée en dessous du fenestrage de ce moulin non en état et préférablement à tout autre endroit au dessus de la feuillure ou battant en rocher dont nous avons ci devant parlé, au lieu que lorsqu'il n'y a que le seul moulin à Nerte aujourd'hui en état qui travaille, il est indifférent qu'elle part qu'elle soit pourvu qu'elle se trouve dans cette branche du canal le plus propre du pont.
Les deux moulins de la Nerte
Nous n'avons trouvé que quelques restes et débris du roudet et du canon du moulin à Nerte qui ne peut travailler à présent ils ne sauraient être raccommodés ni servir en aucune façon et comme les canons au moins étaient nécessaires pour certaines opérations nous avons été obligés d'en faire des neufs. Dans le moulin il y a une meule gisante, c'est-à-dire celle qui est bâtie et encastrée dans un massif de maçonnerie formant une partie du sol, à cela près qu'elle déborde et le surmonte inégalement de 6, de 8 et de 12 lignes. Son diamètre est de près de 4 pans, 2 pouces, elle paraît avoir servie assez longtemps, et depuis longtemps aussi n'avait été d'aucun usage, elle a encore à son centre son moyeu de bois de 6 pouces de diamètre sortant environ 4 pouces ½ et percée d'une ouverture de 36 lignes.
Contre l'un des murs de ce moulin nous avons trouvé une meule mobile qui paraît être celle qui serait mise de chant si le moulin travaillait, son diamètre est de 3 pans ¼ son épaisseur au bord est d'1 pan ½, moins 7 lignes de pouce et de 4 lignes de moins, au centre où elle est percée d'un trou de 7 pouces et ½ de diamètre occupée par un moyeu de bois percé aussi d'une ouverture de 3 pouces. Cette meule est encore en bon état et paraît n'avoir pas travaillée longtemps, elle est de la même qualité que la gisante c'est-à-dire l'une et l'autre très dure. Il n'y a de plus dans ce moulin que l'arbre traversant qui est placé à environ 7 pans au dessus de la meule gisante.
Dans le moulin à Nerte qui est aujourd'hui en état et qui travaille, nous avons trouvé une meule gisante encastrée dans un massif de maçonnerie paraissant fort usée ayant un diamètre d'environ 4 pans, son moyeu fort usé, son arbre vertical et le traversant et la meule de chant en place, épaisse d'1 pan, 3 pouces et 6 à 7 lignes et du diamètre sur sa face apparente et plus éloignée de l'arbre de 2 pans, 3 pouces et ½ mesurée de bord à bord et s'en y comprendre la convexité qui est sur son épaisseur, l'autre face auparavant verticale a 2 pouces de diamètre de plus enfin cette meule est très usée et comme la gisante d'une pierre très dure.
Dans ce même moulin, il y a une vieille pile ou auge de pierre de taille rompue aux bords, nous paraissant de peu ou point d'usage ayant un diamètre sous œuvre de 2 pans ½ sur 3 de profondeur, non compris l'épaisseur de son fond un cuvier ou cuve de bois vuide cerclé de fer et du diamètre de 5 pans et ½, sur la profondeur de 3 pans et ¼ un peu moins le tout dans œuvre.
Un autre cuvier de la même nature un peu plus grand que le précédent, ½ pan moins profond y ayant lors de cette observation une certaine quantité d'une herbe qu'on nous a dit être appelée nerte…

Plan cadastral du canal des Sauvans en 1919.

 

… et avoir servi à habiller les peaux. Plus une roue de 16 dents avec son arbre d'environ 6 pans de longueur, non compris celle du pivot de fer qui est au bout le plus près de la roue.
Une lanterne à 7 fuseaux jointe par une barre de fer de 6 pouces et ¼ de longueur à une machine de bois à 4 ailes que nous avons trouvée aussi sert par le moyen de la précédente roue à corroyer les peaux.
Canal de Sarraire ou de Beaulieu

Le canal de Sarraire ou de Beaulieu qui est à la gauche de celui des Carcés et séparé de celui de la Nerte par deux murs de maçonnerie qui se joignent angulairement faisant chacun un des côtés de ces canaux à son entrée très irrégulière ainsi que nous l'avons dit ailleurs. Il y a de largeur à cet endroit 12 pans, 1 pouce et un peu plus.
À 7 ou 8 pans loin de l'angle en bâtisse formée par la rencontre de ces deux murs cette largeur prise carrément n'est plus que d'environ 10 pans.
À 4 cannes et 6 pans après c'est-à-dire à l'endroit où finit la partie voûtée de ce canal, cette largeur est réduite à 6 pans et 1 pouce.
De 40 à 50 cannes après, le canal n'a plus que 4 pans et ¾ de largeur, et à l'endroit où il cesse d'être formé par des murs, et où il est traversé obliquement par un ponceau, il a 5 pans et ½ de large.

Largeur de la martellière de M. Sénès

La largeur de la première martellière ou espacier en travers de ce canal est de 5 pans et 3 pouces ½.
Comme à côté de cette martellière située dans la propriété du sieur Albert, il y a des prises d'eau pour les arrosages dudit sieur Albert et qu'il en est de même à l'égard de divers autres particuliers avant que d'être aux autres martellières de ce même canal. On aura égard pour la largeur qu'on doit lui accorder pour raison de la dépense de l'eau qu'aux diverses mesures ci devant prises c'est-à-dire qu'ayant égard à tout ce que de raison, et pour objet le plus ou moins d'eau que peut dépenser ce canal, on peut dire que sa largeur est de près de 5 pans.
Sous presque toute la longueur de la partie voûtée de ce canal, et sous le mur le plus près de la rivière, il y a des sous cavures et refoulements qui le font porter à faux pendant une partie de son épaisseur, elles ont été formées par le courant ou plutôt par le tournoiement des eaux qui peu à peu a emporté et creusé dans la malausse qui sert de fondement à ce mur déchaussé et en reçoit les premières assises à 6, à 8 et à 10 pouces au dessus du niveau du premier terme au dessus du long bard.
À 8 ou 10 pieds avant que d'être à la fin de cette partie de canal voûté, il y a un endroit où la malausse servant de fondement au mur, avance plus que le parement de ce mur ce qui rend nulle par rapport à la largeur de ce canal, toutes les excavures dont nous venons de parler, preuve que c'est le tournoiement des eaux qui les a faites et non le courant qui doit être bien peu rapide et fort doux en cet endroit, n'ayant pas sapé et excavé aussi facilement qu'ailleurs une malausse qui n'a que la même dureté.
Le mur à gauche de cet endroit voûté de ce canal, est aussi fondé sur la malausse qui est très peu sapée et échancrée, ce qui est indifférent pour la largeur du canal, non seulement parce qu'il est encore plus large en cet endroit qu'en dessous, mais parce que quelques parties de cette malausse avancent presque autant que le parement du mur et que le courant n'est point de ce côté-là, ce que l'on peut voir au plan, avec plus de facilité que l'on en trouvera ici quand même nous ferions un discours exprès sur cela.
Après la fin de l'endroit voûté et dans le canal ouvert les murs sont aussi fondés sur la malausse et ont leurs premières assises d'environ 1 pan plus hautes que le niveau du caillou ou premier terme et que le sol actuel d'environ 1 pan et ½, et 1 pan 1/3, 1 pan.
Quelques inégalités et avancements de la malausse en quelques endroits rendent indifférentes par la largeur du canal toutes les sapes, excavures, déchaussures et échancrures en dessus. Quelques endroits des murs de ce canal ouvert à plus grande distance de la partie voûtée paraissent avoir été repris par sous œuvre portés sur la malausse, peu excavés, sapés ou échancrés, ce qui cependant eu égard à tout ce qui est raisonnable a été trouvé être très indifférent pour le plus ou moins de largeur.
Ce canal est traversé en divers endroits par de petits ponts, gorges ou rigoles pour porter les eaux pour l'arrosage d'une partie des terres situées entre le canal et la rivière de Gapeau. Dans l'intervalle entre le commencement de ce canal et son premier espacier ou martellière nous avons trouvé un petit canal d'arrosage qui est nourri par les eaux du béal auprès des puits des moulins de la place.
Ce même béal fournit encore en partie à une autre rigole qui traverse aussi le canal de Sarraire ou Beaulieu, et qui reçoit aussi des eaux du canal des Fillols. Une autre rigole traverse aussi le même canal et porte des eaux dérivées du canal des Fillols.
Dans l'espace qu'il y a depuis le premier espacier de Sarraire et de Beaulieu et jusqu'au neuvième que l'on peut regarder comme la première martellière du canal propre de Beaulieu, attendu qu'à côté de cette martellière en est une qui peut être appelée la première du canal propre à Sarraire dans cette espace disons nous, il y a 6 petits ponceaux ou rigoles d'arrosage qui traversent ledit canal de Sarraire et de Beaulieu et qui dérivent les eaux du canal des Fillols.

Le canal du Sarraire ou de Beaulieu

Au commencement du canal de Sarraire et de Beaulieu et à gauche y entrant, nous trouvâmes un tas de limon de sable et de gravier, long d'environ 20 pans, commençant à peu de largeur et finissant de même, il était terminé du côté dudit mur à gauche, par le mur lui-même et du côté droit par une ligne courbe et irrégulière, formée par le bord de ce même tas dans l'endroit où son épaisseur paraissait aller se confondre avec le sol actuel à côté. Ce tas commence à peu près à l'endroit où nous avons pris la plus grande largeur de ce canal, c'est-à-dire à 4 pans loin du croisillon de la voûte en descendant.
Sa largeur à 4 pans loin de cet endroit était à 5 pans ensuite, de 4 pans et ½, de 4 pans, de 3 pans et de presque rien du côté d'en bas où il finit, ces différentes largeurs prises en différents endroits expriment la partie apparente et saillante de ce tas, lors de nos observations. Au dessus de la surface de l'eau dormante des simples égouts des moulins et réduisent et diminuent d'autant la largeur du canal , en cet endroit ainsi qu'on pourra le voir au plan et juger de l'effet qu'il peut produire contre le libre courant des eaux.
Il faut cependant remarquer que cette considérable diminution de largeur, n'est que jusque à une certaine hauteur, puisque nous trouvâmes que le plus haut de ce tas n'était au dessus du niveau du premier terme que de 2 à 3 pouces moyens seulement, et qu'ainsi on peut le regarder comme un endroit du sol de ce canal plus élevé que dans tout le reste de sa longueur.
Ce tas a été formé par le dépôt et délaissement des eaux qui en entrant dans la canal de Sarraire qui n'est point dans l'alignement des Carcés, choque le mur qui est contigu à l'angle en bâtisse, réfléchissent, rebroussent et refoulent du côté du tas et font une espèce de tourbillon et tournoiement dont la vitesse est diminuée par le peu de pente de ce canal et par le défaut et la bizarrerie de son alignement pendant la longueur de la partie voûtée est de plusieurs cannes en dessous et c'est ce qui a occasionné ce dépôt et qui en occasionnera toujours de semblables dans la suite ne se pouvant autrement que lorsque pour quelque cause que ce soit les eaux seront obligées de rebrousser, de tournoyer et de rester qu'elles ne seraient sur cet endroit de ce tas, elles ne déposent la matière terrestre dont elles sont chargées, il suffit pour cela que cette matière soit, comme elle est en pareil volume plus pressante que l'eau.
La cause de ce tas ou dépôt est la même que celle du creux ou enfoncement qui est à côté depuis les environs de l'angle en bâtisse jusqu'à vis-à-vis à peu près où finit le délaissement, c'est-à-dire que ce même tournoiement des eaux à l'entrée du canal à droite en creuse le fond, en sape le mur et rabaisse le sol en cet endroit ce qui forme cette excavation qui est entre le tas et ledit mur à droite, laquelle en certains endroits nous trouvâmes de plus d'1 pan au dessous du niveau du plus haut de ce tas, et en d'autres elle était de beaucoup moins; il nous parait cependant que ce tas n'avait point été enlevé depuis longtemps et qu'ordinairement il ne doit pas être si fort élevé quand on récure tous les ans ce canal.
Ce creux ou enfoncement entre le mur et le tas doit être regardé comme le sol du canal de Sarraire et de Beaulieu par rapport à la direction du courant, il est très indifférent pour l'écoulement des eaux que cet endroit soit plus ou moins creusé, puisque ce creux une fois plein d'eau à la hauteur du niveau du sol de ce canal après l'endroit voûté, c'est le dessus de cette eau qui doit être pris pour le fond du canal à côté de ce tas, ainsi l'épaisseur du volume d'eau qui est au dessous de celle au niveau du sol après l'endroit voûté, ne doit jamais être confondue avec celle du dessus qui est la véritable que reçoit ce canal, ayant égard à sa largeur, à sa pente moyenne et au relaidement de vitesse occasionné par le tournoiement des eaux à son entrée, c'est-à-dire que ce serait commettre une erreur très grossière, s'il s'agissait de prendre l'épaisseur ou hauteur du volume de l'eau à cet endroit de l'entrée de ce canal, on mesurerait du sol ferme, cette erreur serait encore plus grande s'il s'agissait de la quantité de cette eau et de son calibrage pour le canal de Sarraire on oubliait que la largeur de ce canal ne doit point être prise en cet endroit.
On verra au plan ou les eaux prennent leur cours, ce que nous marquerons par des lignes ponctuées qui seront celles des directions des courants et que nous ne placerons que suivant les alignements pris sur les lieux et d'après les épreuves que nous avons faites en jetant sur les courants des corps plus légers que l'eau, ainsi que nous le dirons.
Après l'endroit voûté le sol de ce canal paraissait être plus chargé de gravier à proportion que dans tout le reste en dessous ce qui rendrait cet endroit d'autant plus élevé et était un obstacle de plus pour le libre courant des eaux, cet exhaussement cependant était peu considérable et peur facilement être tenu plus bas par les propriétaires de ce canal, cela étant une partie essentielle du récurage et une attention qu'ils peuvent avoir. Dans tout le reste de la longueur de ce canal, nous n'avons trouvé aucun roc qui en diminue la largeur et empêche la liberté du courant.
La pente de ce canal depuis le premier terme ou dessus du long bar jusque sur le seuillet du glacis ou canal rampant du puits du moulin de Beaulieu est de 8 pans et 3/8 de pan, et la distance d'un endroit à l'autre est de 643 cannes, ce qui reviendrait à 1 ligne et ½ un peu moins pour la pente de chaque canne de ce canal, si elle était répartie avec égalité.
On doit cependant de cette pente en retrancher environ 1 pan ¾ pour l'épaisseur ou hauteur du volume d'eau qui ce trouve sur le seuillet de la martellière du puits du moulin de Beaulieu lorsqu'il travaille, et que le puits est plein jusqu'à quelques pouces loin de son bord, c'est-à-dire comme il doit être.
On doit par la même raison augmenter cette même pente de l'épaisseur de l'eau qui se trouve sur le long bard dans les Carcés lorsque un ou deux moulins à farine de M. de Solliès travaillent, cette épaisseur à ajouter dans le premier cas est d'environ 4 pouces, deux canons du moulin à Nerte seulement étant ouvert et dans le second d'environ 7 pouces, ce qui réduit cette pente totale du canal de Sarraire ou de Beaulieu en la prenant comme nous venons de dire à 7 pans et 6 lignes de pouce et à 7 pans et 3 pouces et ½.

Nivellement du bard au seuillet de l'espacier de M. Sénès (Albert)

Mais comme eu égard aux inégalités du sol et fonds de ce canal et à tout ce que de raison on doit déterminer cette pente suivant le plus ou le moins de vitesse qu'elle donne au courant et pour cela trouvant 118 cannes de distance depuis le premier terme dessus du long bard jusqu'au dessus du seuillet du premier espacier de ce même canal, situé comme nous avons dit dans la propriété du sieur Albert et ¾ de pan de pente dans cet intervalle, cette pente étant distribuée également ne donne que 8 pans et ½ un peu moins ou 2/3 d'une ligne de pouce un peu plus de pente par canne et ce serait la véritable pente et inclinaison du canal de Sarraire ou de Beaulieu eu égard au plus ou moins de dépense d'eau occasionnée par le plus ou le moins de vitesse en supposant que le sol de ce canal à son commencement fut et dut être au même niveau que le dessus du long bard, ce que nous examinerons dans peu.
La pente qui est en dessous de cette martellière ou premier espacier quelle qu'elle soit dès qu'elle n'est pas moindre ne fait aucun changement sensible à cet égard. Si le sol de l'entrée du canal de Sarraire ou de Beaulieu ou quelque endroit en dessous et dans toute la largeur se trouvait au même niveau que le premier terme ou dessus du long bard, il n'y aurait plus rien à examiner à l'égard de ce nivellement mais comme lorsqu'il n'est question que de déterminer la pente de ce canal pour connaître par ce moyen le plus ou le moins de vitesse du courant et la plus grande ou plus petite dépense et écoulement de l'eau dans le même temps on doit dans ce cas ci regarder les bards qui sont à l'entrée du canal de la Nerte comme une partie trop basse à la vérité des bords du canal de Sarraire et de Beaulieu sans faire attention pour le temps de ce calcul au canal de la Nerte et chercher dans le premier canal l'endroit de son sol qui approche le plus du niveau et hauteur du caillou du dessus du long bard ou premier terme, or cet endroit du canal de Sarraire ou Beaulieu ne peut et ne doit être pris ailleurs qu'à environ 9 cannes loin dudit premier terme ou dessus du long bard, c'est-à-dire à un endroit plus bas d'environ 3 pouces et ½ que ledit premier terme. Ainsi retranchant environ 3 pouces et ½ des ¾ de pan de pente que nous avons trouvée depuis le dessus du long bard jusqu'au dessus du seuillet du premier espacier du canal de Sarraire et de Beaulieu et restera environ 3 pouces et ½ à distribuer dans la même longueur de 118 cannes, ce qui reviendra pour chaque canne près de 5 points de ligne de pouce ou un peu plus d'1/3 de ligne, c'est-à-dire la moitié de ce que nous avons d'abord déterminé.
Les inégalités du sol de ce canal à son commencement occasionnées en partie par le tas et les crues dont nous avons parlé nous ont obligé à aller chercher à 9 cannes loin l'endroit du sol le plus approchant du niveau du long bard, tandis qu'il aurait fallu le prendre à l'entrée même de ce canal si son courant était simple et sans obstacle.
Ainsi on doit dire que la véritable pente du canal de Sarraire ou de Beaulieu, n'est que d' 1/3 de ligne de pouce un peu plus par canne ce qui est bien peu eu égard au peu de largeur de ce canal en quelque endroit à sa grande longueur, à ses sinuosités et aux inégalités de son fonds.
En comparant cette modique pente avec celle du canal de la Nerte, on trouve que celle de ce dernier canal est environ 18 fois plus grande que celle du canal de Sarraire et de Beaulieu et en se ressouvenant que le dessus du long bard est 3 pouces et ½ plus haut que le sol de ce canal déterminé à 9 cannes loin, on trouve encore que le volume d'eau qui entre dans le canal de Sarraire et de Beaulieu a une épaisseur de 3 pouces et ½ de plus que le volume d'eau que reçoit le canal de la Nerte. cette plus grande vitesse de l'eau causée par la plus grande pente dans le canal de la Nerte et cette plus grande épaisseur d'eau dans celui de Sarraire et Beaulieu servent à trouver en quelle proportion les eaux sont reçues et dépensées dans chacun de ses deux canaux, mais pour cela il faut encore comparer leurs différentes largeurs, les différences des directions des courants et faire attention à l'irrégularité de la superficie supérieure des deux bards, nous supprimons ces calculs à présent attendue que les calibrages les renferment tous, et les réduisent en expériences.

Voici le détail du nivellement du canal de Sarraire ou de Beaulieu

Prenant pour un moment comme nous l'avons d'abord supposé le dessus du long bard pour le sol de ce canal à son commencement, du dessus du long bard ou premier terme jusqu'au dessus du seuillet du premier espacier ou martellière à travers de ces canaux,
Il y a de pente ¾ de pan ci ¾ de pan,
Et de distance cent dix huit cannes ci 118 cannes,
Nivellement du canal de Sarraire ou Beaulieu.
De ce seuillet du premier espacier jusqu'au dessus du second aussi comme tous ceux ci-après en travers de ce même canal, pente un pan et quart ci 1 pan ¼,
Distance cent cinquante six cannes, ci 156 cannes,
Du second seuillet au 3e pente trois huitième de pan ci 3/8 de pan,
Distance quarante cinq cannes, ci 45 cannes,
Du troisième seuillet au 4e pente trois quarts de pan ci ¾ de pan,
Distance dix huit cannes, ci 18 cannes,
Du quatrième au 5e pente sept seizièmes de pan ci 7/16 de pan,
Distance neuf cannes un quart, ci 9 cannes ¼,
Du cinquième seuillet au 6e, pente cinq huitièmes de pan, ci 5/8 de pan,
Distance cent dix sept cannes, ci 117 cannes,
Du sixième au 7e, pente cinq seizièmes, ci 5/16 de pan,
Distance treize cannes et demi, ci 13 cannes ½,
Du septième au 8e, pente un quart de pan, ci ¼ de pan,
Distance quarante trois cannes un quart, ci 43 cannes ¼,
Du huitième au 9e, pente un quart de pan, ci ¼ de pan,
Distance trente neuf cannes un quart, ci 39 cannes ¼
Du neuvième au 10e, deux pans trois huitièmes, ci 2 pans 3/8,
Distance soixante cinq cannes, ci 65 cannes,
Du dixième au onzième, pente un pan sept huitièmes, ci 1 pan 7/8,
Distance dix neuf cannes, ci 19 cannes,
Et c'est ici sur le seuillet de la martellière du canal rampant en glacis du puits du moulin de Beaulieu.
On peut avoir par ce détail de nivellement l'inégalité du sol de ce canal, et que la pente depuis le seuillet du 1er espacier jusqu'au moulin de Beaulieu de quelle façon qu'on la prenne on fait aucun changement au calcul que nous avons fait pour celle depuis le dessus du long bard jusqu'au dessus du seuillet du premier espacier, c'est-à-dire que cette dernière a du avec raison servir de fondement pour pouvoir déterminer la pente moyenne de ce canal, non point par rapport au nombre mais pour le plus ou le moins de dépense d'eau et c'est de quoi il s'agit à présent.
Nous avons encore nivelé le sol de ce même canal pendant environ la longueur que peut avoir celui de la Nerte prenant pour premier terme du nivellement le dessus du long bard.
De ce premier terme au dessus du long bard jusqu'à une canne avant dans ce même canal et à deux différents endroits de son sol, pente zéro ou rien à un endroit et à l'autre quatre pouces et demi, ci 4 pouces ½,
De ce même premier terme jusque sur deux endroits différents de ce sol à deux cannes loin de l'entrée du canal, pente un demi pouce, cinq pouces, ci ½ pouce, 5 pouces,
De ce premier terme jusqu'à trois cannes, avant pente quatre pouces et demi, sept pouces, ci 4 pouces ½, 7 pouces,
De ce premier terme jusqu'à cinq cannes, pente moyenne quatre pouces et demi, ci 4 pouces ½,
De ce premier terme jusque sur ce même sol à neuf cannes loin, pente trois pouces et demi, ci 3 pouces ½,
De ce premier terme jusqu'à douze cannes loin pente quatre pouces, dix lignes, ci 4 pouces, 10 lignes,
Nous avons pour raison des quatre premières stations de ce nivellement énoncé diverses pentes, que par rapport à l'inégalité du sol du canal en cet endroit.
Nous devons dire à l'égard de ces différents endroits nivelés dans cet espace de douze cannes au commencement du canal de Sarraire qu'ils sont absolument indifférents pour la pente de ce canal et pour l'écoulement des eaux, qu'ils ne doivent point être comparés avec d'autres nivellements, soit dans ce même canal, dans celui de la Nerte,…
Le barrage de la Castille est construit à partir de 1459. Le barrage de la Castille est construit à partir de 1459.

 

… celui des Carcés ou ailleurs et qui tout au plus il ne faudrait faire attention qu'à la pente de trois pouces et demi trouvée à neuf cannes loin s'il n'en avait déjà été parlé ailleurs et à la différence de la hauteur du sol aux endroits nivelés avec le dessus du gravier qui servait de lit aux bards.  Le moulin de Beaulieu a une pente ou chute de près de vingt trois pans et demi à compter de la superficie des eaux de son puits quand il est rempli comme il doit être, jusqu'en dessus des cueillers des roudets.

depuis ce dernier endroit au dessus desdits cueillers jusqu'au sol ferme en dessous du roudet, il y a un pan et trois quarts ce qui comprend l'épaisseur des cueilliers et le vide entre eux et le sol.
le puis de ce moulin a de profondeur dix neuf pans un neuvième à mesurer de son bord jusqu'à l'endroit le plus bas de son fond et de diamètre ou ouverture au haut de sept pans deux tiers.
La meule mobile a une épaisseur de six pouces au centre dit l'œil par les meuniers et quelque peut moins au bord son diamètre est de six pans et demi.
Les eaux de la rivière de Gapeau vis-à-vis des issues du canal de la Nerte, paraissent être dans un niveau dormant ou pente peu sensible pendant la longueur de cinquante cinq à soixante cannes à compter d'environ quinze cannes en dessus de la sortie de la voûte de la Nerte et en dessus du pont où commence cette eau tranquille jusqu'à plus de quarante cannes en dessous de la sortie de la même voûte où finit cette eau sans mouvement sensible.
Plus les eaux de cette rivière diminueraient plus leur mouvement serait lent et imperceptible à l'œil et plus elles augmenteraient plus le courant serait rapide, cette augmentation étant seulement de quelques pouces d'exhaussement de la surface de l'eau empêcherait sûrement la liberté du courant des fuyants du moulin à Nerte.
Les murs qui portent les voûtes sur lesquelles sont les roudets des moulins à farine de la place sont couverts et enduits d'un tuph inégal en épaisseur en dureté et en couleur.
La superficie de cet enduit est aussi en général très inégal formant des bosses et autres avancements qui rétrécissent d'autant le canal en quelques endroits. La hauteur est fort au dessus de celle du courant des eaux quand les moulins travaillent, il y a même quelques endroits de l'intrados des voûtes qui en sont couverts quoique d'une mince épaisseur.
Cet enduit est plus ou moins épais, plus ou moins inégal suivant qu'il est plus ou moins proche des roudets en bien d'endroits, il forme une épaisse de lambris en surplomb en dessus et en dessous de l'eau dormante des égouts, cause quelquefois dans ces derniers cas un élargissement du canal par le moyen des grandes sous cavures et échancrures causées par le courant, le choc et le tournoiement des eaux et cela de la manière que si ces sous cavures étaient au dessus des murs comme elles sont au dessous de cet endroit épais quelques fois de quatre, six, et huit pouces ces murs auraient besoin d'être repris par sous œuvre.
Ce tuph en corps étranger, qui est adhérent et attaché contre lesdits murs qui sont en bonne maçonnerie est formé par deux causes différentes dont l'une est le dépôt et le délaissement que l'eau fait du terrain, du sable et du limon dont il se peut qu'elle ne soit chargée dérivant d'une rivière et y puisant par un grand canal à découvert, et c'est là ce qui forme les parties de ce tuf qui sont les moins dures et les moins blanches et l'autre est la grande vitesse de l'eau causée par le poids et le choc de la colonne oblique ce qui sépare les parties hétérogènes de cette eau indépendamment de celles dont nous venons de parler et forme ainsi le tuf dur, clair et luisant et quelquefois mêmes pétrifié.
Or comme ce grand mouvement et cette grande vitesse cessent quand l'eau est à une certaine distance des roudets, le tuf qui est formé en dessous, c'est-à-dire dans les canaux qui portent les eaux des eaux des voûtes les roudets dans les Carcés, et de là dans les canaux de Sarraire et de Beaulieu et dans celui de la Nerte, n'a plus la même dureté ni la même inégalité en surface que celui qui est sous les voûtes des roudets, c'est-à-dire que ce n'est presque plus que le délaissement de la matière grossière et terrestre dont l'eau est chargée qui le forme, et c'est de là d'où vient que ce dernier tuf n'est pas si dur en général, il est composé de plus grosses parties et moins dense même que le moins dur et moins fin de celui qui est aux environs des roudets; sa couleur est aussi moins blanche, elle est d'autant qu'il est plus avant dans les canaux de la Nerte et de Sarraire ou Beaulieu où après une certaine distance, surtout dans ce dernier canal, il cesse d'être tuf pour n'être que mousse et quelquefois pure vase, et limon peu ou point pétrifié.
La hauteur de ce tuf c'est-à-dire sa distance verticale depuis son bord supérieur, jusqu'au rez de sol actuel, ou de la surface des eaux dormantes dans les endroits ou il y a des crus est de 1 pan ½, de 2 pans, de 1 pan ¾, de 1 pan ½, peu plus peu moins dans les divers endroits ou nous l'avons mesurée dans les canaux qui sont en dessus de la grande voûte des Carcès. Cette diversité de hauteur est causée sans doute par le plus épais ou plus mince volume d'eau du courant suivant que le sol est plus inégal et a plus ou moins de pente.
L'épaisseur de ce tuf dans les endroits observés est de 5 à 6 pouces auprès du sol du canal, de 3 à 4 environ à la mi hauteur de ce tuf ou endroit attaché contre les murs qui sont aussi en maçonnerie et de quelques lignes seulement et au dessous à l'endroit de la plus grande hauteur qui doit régler à quelque chose près, la plus grande hauteur des courants.
Nous avons ouvert divers sillons aux environs de l'angle en maçonnerie qui divise et sépare le canal de la Nerte de celui de Beaulieu et à cet angle même et sous l'endroit échancré et creusé, et nous avons trouvé que c'était une bonne bâtisse couverte en cet endroit d'un tuf épais de quelques lignes seulement et épais inégalement, lequel tient de la qualité de celui qui est sous les voûtes des roudets des moulins à farine et de celui qui est dans les canaux en dessous, ce qui ne se peut guère autrement, attendu que le sable et matière terrestre dont l'eau est chargée ne doit ce semble, déposer à cet endroit angulaire que les parties les plus déliées, plus subtiles et plus pesantes en pareil volume, les autres ayant une plus grande surface sont plus facilement emportées et entraînées par les courants des canaux, et délaissées à l'entrée de celui de Sarraire ou de Beaulieu, ainsi que nous avons dit en parlant du tuf que nous trouvâmes à l'entrée de ce dernier canal.
Le haut de cette trace de tuf en cet endroit angulaire est au dessus du niveau du long bard ou premier terme d'environ 1 pan et ¾, et de 3 pans et environ 1 pouce au dessus du sol ou malausse qui est au devant du coin même et qui pouvait servir de lit et de fondement à l'ancien terme.
Le bas de ce même tuf en ce même endroit est terminé à peu près à la hauteur du dessus du caillou, c'est-à-dire jusqu'à la hauteur du gravier qui peut être retenu par le long bard, de manière que l'eau avant de toucher au dessous du caillou filtre et sépare à travers ce gravier retenu par ce même bard ;
Nous avons aussi trouvé que du limon contre l'endroit du mur de l'angle en bâtisse, en appui le long bard à l'entrée du canal de la Nerte.
À quelque distance de l'angle en bâtisse allant dans le canal de Sarraire et de Beaulieu, ce tuf a avoir une plus grande épaisseur comme d'1 pouce, ensuite de 2 et de 3. Il est pendant quelques pieds de longueur très irrégulier et très inégalement épais, ce qui procure que les eaux en cet endroit ont diverse vitesse et font des tournoiements.
Sa hauteur est en dessous du reste de toute la partie voûtée de ce canal, est aussi d'environ 1 pan et ¾ au dessus du niveau du premier terme ou du long bard, et d'environ 3 pans au dessus de la malausse qui est au fond aux deux endroits que nous avons sondés.
Le tuf qui est à l'entrée de ce même canal à gauche y entrant et sous la partie voûtée est en général plus uni en surface, plus égal en épaisseur et de la hauteur d'environ 1 pan ¾ au dessus du niveau du long bard. En plusieurs endroits dans le canal ouvert la hauteur de ce tuf ou mousse sur le sol actuel, roule autour de 2 pans et ¼, de 2 pans et au dessous.
Dans le canal de la Nerte et à son commencement à gauche y entrant le tuf qui couvre aussi le mur a une épaisseur de moins d'1 pouce, ensuite d'1 pouce et plus avant de 2, même de 3 et de 4. Il a en général la surface assez régulière avec un médiocre talus, sa hauteur en delà des bards jusqu'à l'angle qui termine le grand canal est de près de 2 pans et ¼ sur le sol actuel et 1 pan et ¾ au dessus du niveau du long bard ou premier terme.
Du côté opposé c'est-à-dire à la droite en entrant dans ce canal et avant qu'il soit divisé en deux, on trouve en général un tuf très grossier à demi pétrifié ayant quelques pouces d'épaisseur couvert de la vase et du limon et en mains endroits on n'y trouve que ce limon et de cette vase et surtout où le courant est contre la malausse et où le mur est en l'air, ce qui nous a fait remarquer que ce tuf s'attache difficilement contre cette malausse. Celui qui est attaché contre la pierre rectangulaire et percée qui est à l'entrée de ce côté droit de ce même canal est très mince, il surmonte le niveau du dessus du caillou ou premier terme de 16 à 17 pouces.
Dans le canal de la Nerte où est ordinairement la restanque, le tuf et le limon formés comme nous avons dit par un plus haut d'environ 2 pans et ¼ que le sol ferme ou malausse dans les différents endroits, où nous l'avons mesuré et de plus d'1 pan que le niveau du dessus du long bard, on ne peut guère déterminer en maints endroits de ce canal, le haut de ce tuf ou limon.
Au canal qui est à côté de celui-ci, il est environ 1 pan et ¾ sur le sol actuel, il est épais en général de plus de 2 pouces fort grossiers rougeâtres en dedans et enduits d'une vase noirâtre en divers endroits.
Les bards du canal de la Nerte
Les deux bards que nous trouvâmes à l'entrée du canal de la Nerte étaient mis et posés de plat c'est-à-dire portaient sur l'une de leurs grandes faces, c'était sur la plus raboteuse. Ils sont de longueur inégale, le plus court était placé du côté droit quand on regarde le canal de la Nerte et que l'on tourne le dos à la venue des eaux et le plus long par conséquent était du côté gauche près du coin qui sépare ce canal de celui de Sarraire ou de Beaulieu.
Ce dernier bard a dans sa plus grande longueur 5 pans et ½, moins de 1 à 2 lignes, et de largeur prise du côté droit le regardant dans la même situation où nous le trouvâmes, de 2 pans et 1/3 plus environ, 9 lignes de pouce. Cette largeur prise du côté gauche n'est que de 2 pans et ¼ un peu plus. Son épaisseur est très inégale, nous l'avons prise en quatre endroits différents et trouvée de 1 pan, moins 10 lignes de pouce, au 15/16e de pan, de ¾ de pan plus 3 lignes et de 1 pan et 1/3 un peu moins.
Son parement d'épaisseur le plus long et le moins irrégulier tournait du côté des Carcés et son parement d'épaisseur le plus court et le plus régulier aussi est contigu et joignant avec le mur qui fait un des côtés de l'angle en bâtisse c'est-à-dire le commencement du canal de la Nerte à gauche y entrant.
L'autre bard était placé à côté du précédent, et à main droite entrant dans ce canal, sa plus grande longueur est de 4 pans et quelques lignes, sa plus grande largeur de 2 pans, 1 pouce et 2 lignes. Son épaisseur et comme celle du long bard, c'est-à-dire très inégale, elle est du côté gauche le regardant en place et à environ à mi-largeur de 2/3 de pan seulement, et du côté droit de 1 pan et 1/9e et de près d'1 pan et 1/2. Sa face d'épaisseur la plus longue et la plus redressée était du côté des Carcés, et celle d'épaisseur aussi la plus courte et la plus unie, était du côté droit entrant sous le canal de la Nerte.
Pour que les bards puissent dans tous les temps être mis en la même situation que nous les trouvâmes, nous avons encore observé que le plus long avait son parement du côté des Carcés, en même alignement que le caillou dont nous avons parlé et que nous avons établi pour repère permanent, que l'endroit de la superficie supérieure de ce bard a 11 pouces 9 lignes loin de son parement d'épaisseur du côté des Carcés était au même niveau que le dessus de ce même caillou que ce même bard inclinait en sa surface supérieure d'1 pouce et ½ du côté des Carcés.
Le petit bard le touchait du côté droit et était placé en manière que sa surface supérieure penchait de 9 à 10 lignes du côté de la venue des eaux. Enfin une règle mise sur toute la longueur de ces bards, et s'appuyant environ sur le milieu de leur largeur, aux deux bouts opposés et les plus éloignés, inclinaient et penchaient du côté du midi de 7/16e partie d'un pan c'est-à-dire que l'endroit du long bard pris ci devant pour repère inébranlable est près de ½ pan plus bas que la surface supérieure du petit bard à l'endroit le plus près de son bout à droite et environ sa mi-largeur. Cette même règle placée ainsi que nous le disons, laissait entre elle et les bards à l'endroit de leur jonction un intervalle, un vide d'environ 3 pouces et ½.
On voit par tout ce détail que la situation où nous trouvâmes ces bards est des plus irrégulière, et que lorsqu'il s'agit de déterminer le rapport que leur dessus a avec quelque autre point fixe, on doit faire attention que l'endroit du long bard ci devant choisi pour repère permanent et pour premier terme de tous les nivellements des canaux inférieurs est près de ½ pan plus bas que l'endroit du dessus du petit bard le plus près de la pierre rectangulaire, ce qui eu égard seulement à ce premier terme relèverait ces bards à la hauteur moyenne de près d'1/4 de pan sur ce premier terme, si leur surface supérieure était à la règle, mais n'y étant pas cela fait une différence à calculer dans le besoin.
La face du dessus du long bard peut être regardée comme redressée à la règle en travers de la largeur et comme un peu bombée sur sa longueur, on y trouve encore divers coups d'escoude ou marteau du carrier. Du côté du bord le plus près de l'angle en bâtisse, il y a un trou éloigné de 3 pouces et ½ du parement d'épaisseur de ce côté-là et de près de 7 pouces ¾ du parement aussi d'épaisseur du côté des Carcés, ce trou a un diamètre d'environ 2 pouces en haut sur une profondeur de 2 pouces et ¾, nous n'y avons trouvé aucun plomb ni autre liaison au fond, ni aucune trace aux bords, cependant on ne peut dire qu'il n'ait été fait exprès pour recevoir et y sceller le côté d'un crampon.
Les bords ou arêtes de cette même surface sont très usés et inégalement émoussés et même écornés en quelques endroits, surtout du côté à droite où l'émoussure occasionnée par l'usage et par le temps est telle que l'épaisseur de la pierre en est considérablement diminuée. Enfin cette même surface actuelle supérieure est en général assez lisse et unie et moins noire et crassée que le reste de ce bard, et aucun autre ouvrier que le carrier y a travaillé.
Le parement du dessus qui est celui qui est opposé au précédent est tel qu'il a été dérroqué, c'est-à-dire que le carrier même n'y a donné aucun coup, il a une grosse base du côté opposé au trou du crampon et le reste est fort irrégulier, ses bords ou arêtes sont émoussées et écornées en quelques endroits, elles le sont beaucoup moins du côté du bout à droite qu'à l'égard de la face supérieure, ce qui peut prouver que ce dernier côté a été plus longtemps exposé au frottement que celui du dessous.
Les parements d'épaisseur du côté des Carcés et du côté du coin en bâtisse sont à peu près à la règle, redressés seulement par le carrier et formant un angle un peu obtus, leur arête est très émoussée. Ce même parement d'épaisseur du côté de l'angle en bâtisse forme avec le plus long parement d'épaisseur du côté de la Nerte un angle encore plus obtus. Ce dernier parement est des plus irréguliers en tout sens, il est en général parsemé de bosses inégales et irrégulières et irrégulièrement placées ayant plusieurs pouces de longueur et de largeur et quelques unes environ 2 pouces d'élévation d'autres 1 pouce plus ou moins.
La face d'épaisseur qui est du côté de la jonction des bards, c'est-à-dire à droite en entrant dans le canal de la Nerte, et très irrégulière, très usée et n'a jamais été redressée en aucune façon.
Nous y avons remarqué un cran ou échancrure fait à mains d'ouvrier longue de 7 pouces et ½, profonde de 2 pouces et ½, de 2 pouces, de 1 pouce et ½ et d'autant moins qu'elle approche du lit actuel de ce bord; elle est située obliquement sur son épaisseur, s'éloignant par le haut du côté des Carcés et ayant une oblicité d'environ 2 pouces. Le centre de ce cran ou creux dans la partie la plus levée est éloigné de 5 pouces ½ du parement du bord du côté des Carcés et dans sa partie la plus proche du sol de 3 pouces et ½ seulement.
Quoique nous disions que cette échancrure ait été faite expres, nous ne pouvons point dire qu'aucun endroit du petit bard puisse s'y raccorder et y avoir le moindre rapport, dans quel sens et dans quel biais on le tourne; il est même impossible que la face du long bard que nous décrivons puisse toucher l'autre bard que pendant quelques pouces et en tout autre endroit que celui où est ce creusement ou échancrure qui est placée à l'endroit de cette face irrégulière et usée de ce bard, presque la moins saillante ainsi qu'on pourra le voir au plan géométral et au plan en carton ou en bosse où nous tracerons ces bards suivant les mémoires que nous en avons pris, on peut encore le voir par le modèle de ces mêmes bards, faits en pierre par l'ouvrier que les parties nous ont donné comme le plus expert de ce pays qui ne les a cependant imités qu'imparfaitement n'ayant pas du y travailler nous-mêmes, ainsi que cela fut déterminé avec les mêmes parties en présence dudit seigneur Commandeur pour ne pas coûter du temps ni trop multiplier nos soins qui l'étaient du reste sans sonde tant par la difficulté d'une partie des lieux où nous avions à opérer et à observer dans une saison peu propre pour cela, que par la quantité de plus de trois cents observations et opérations dont nous avons été chargé y en ayant beaucoup qui demandaient plusieurs jours et très peu qui fussent de simple spéculation , ce qui non seulement nous a donné beaucoup de peine , mais nous en donne encore à présent pour développer dix mains de papiers remplies des brouillons de ces mémoires contenant ces mêmes opérations et observations éparses et répandues et n'ayant pu les faire autrement n'étant point maître des lieux ni des eaux sur lesquelles il fallait presque toujours nous régler et qui cependant variaient fréquemment, de quelle part que vint cette variation et autres dérangements, nous avons souvent été obligés de refaire des choses qui l'avaient déjà été, ce que les parties auraient pu éviter bien des fois et diminuer par là le temps , nos soins et leur dépense.
Le petit bard dont la situation et les dimensions ont ci devant été déterminées à son parement supérieur assez régulier quoique non redressé, divers coups de coudes ou marteau du carrier s'y voient encore, il parait aussi ancien et usé le frottement et passage des eaux lui a donné comme à la face supérieure du long bard une espèce de poli.
À 3 pouces et de 2 à 3 lignes loin de l'aplomb du parement ou face d'épaisseur de ce petit bard du côté droit le regardant et sur cette même face du dessus de laquelle nous venons de parler, il y a un trou de près de 2 pouces de diamètre, sur une profondeur de 2 pouces et ¼ ; il est éloigné de 7 pouces, 5 lignes du parement d'épaisseur du côté des Carcés, il a été creusé exprès pour y fixer et arrêter un crampon quoiqu'il n'y ait aucun reste de liaison dans le fond, ni aucune trace sur le bord ou la branche du crampon dut s'appuyer pour prendre par exemple d'un côté dans le trou observé au dessus du long bard et de l'autre dans celui du petit dont nous parlons à présent et qui ne prouve point que ces deux bards n'ayant pu être joints par là, attendu que bien d'ouvriers ignorent que la branche d'un tel crampon doit être enfoncée de toute son épaisseur dans celle de ces bards en pareil cas, c'est le même manque d'entente ou d'attention qui aurait pu faire placer l'un de ces trous à environ 3 lignes de pouce plus loin que l'autre du parement ou face d'épaisseur du côté des Carcés, ce qui cependant ne conclut rien du tout contre l'usage de ces trous dans le cas présent, ou nous ne pouvons disconvenir qu'ils n'ayant été faits pour joindre les deux bars et pour les cramponner l'un contre l'autre.
La face actuellement en dessous c'est-à-dire celle qui est opposée à celle dont nous venons de parler; est très irrégulière, fort raboteuse, et telle qu'elle est venue de la carrière, ces irrégularités causent celle de l'épaisseur de ce bord.
Le parement d'épaisseur du côté des Carcés est redressé à grands coups pendant environ 5 pouces de hauteur à mesurer du côté de la large face actuellement supérieure, divers coups d'escoude y paraissent encore, elle parait usée mais moins du côté droit que du côté gauche.
Le parement d'épaisseur qui est du côté de la Nerte c'est-à-dire opposé à celui ci-dessus est très irrégulier et tel qu'il est venu de la carrière, il parait usé à l'œil, mais plus au but en certains endroits.
La face d'épaisseur qui est à la droite (c'est la plus proche du trou du crampon) est fort émoussée, elle parait plus usée que la face du dessus, et moins que celle d'épaisseur à gauche qui est tout à fait irrégulière ayant un petit avancement fait en demi sphéroïde, placé obliquement contre cette face avançant d'environ 9 lignes de pouce, et commençant à environ 5 pouces au dessous de cette même face, il est éloigné d'environ 5 pouces du parement d'épaisseur du côté des Carcés et peut avoir 2 pouces, 8 lignes de petit diamètre, on voit que cet avancement ne peut avoir été fait dans aucun dessein, il n'est point vis-à-vis (autant qu'il le faudrait) de l'échancrure que nous avons trouvée au long bard au côté vis-à-vis et près de celui dont nous parlons, y fut-il cet avancement ne saurait atteindre les bords de l'échancrure, il s'en faudrait d'environ 2 pouces, l'oblicité de l'un dans un sens, et celle de l'autre dans un autre, d'ailleurs il n'y a aucun rapport de l'ensemble ou d'une partie même de ce creusement du long bard avec cette partie saillante du petit qui nous a paru être une bosse venue peut être aussi de la carrière, ce qui est assez ordinaire.
La face d'épaisseur de ce bard du côté des Carcés forme un angle un peu plus obtus avec la face d'épaisseur qui est à droite, et celle-ci fait un angle un peu plus aigu avec celle qui est du côté de la Nerte.
Enfin ces bards très irréguliers dans leur forme, nous paraissent fort anciens et tels qu'on les apportait de la carrière les écornures que nous y avons observées n'ayant été faites ni à dessein ni par aucune violence, ils sont de pierres de taille assez dures un peu rougeâtres, cette dureté est un peu moindre aux endroits les plus usés et les plus émoussés, c'est-à-dire à l'endroit où ils se joignent en les supposant comme nous avons toujours fait dans la même situation où nous les trouvâmes, c'est-à-dire en plat portant sur un lit de gravier qui nous a paru de toute autre nature que celui que nous avons observé en maints endroits et à quelque distance des bards, c'était un terrain noir, vaseux exhalant une mauvaise odeur, mêlé de sable noir, grainé de quelque médiocre et gros gravier, de quelques grosses pierres ou cailloux qui y avaient formé des vuides qui avaient été ensuite occupés par du limon et de la vase.
On peut déterminer quelques endroits de l'inégale épaisseur de ce gravier si on le juge nécessaire en comparant le rapport de la hauteur du sol qui le portait avec la hauteur du premier terme ou dessous du caillou, ou si l'on veut avec le sol où était dit-on posé l'ancien terme et pour cela il faut avoir égard aux différentes épaisseurs des bards ci devant déterminées.
Ce gravier portait sur un sol ferme en malausse de même que tous les environs nous n'y avons reconnu aucun reste ni vestige de bâtisse ce qui n'est pas surprenant, soit parce qu'il se peut qu'il n'y en ait jamais eu ou parce que s'il y en a eu, elle aurait du être facilement et entièrement emportée quand on a remué et récuré le gravier au dessous des bars, ce qui n'aurait pas été si facile si ce gravier eût porté sur un véritable rocher contre lequel le mortier eût pu se lier.
Nous avons examiné avec soin le sol en malausse et pour pouvoir développer le rapport qu'il peut avoir avec la situation des bards, nous avons mis une longue règle à l'entrée du canal de la Nerte ayant vu de ses bouts à l'aplomb du coin ou angle en bâtisse et l'autre du parement de la pierre rectangulaire du côté des Carcés, prenant environ 4 pans de longueur auprès et le long de cette règle à mesurer dudit angle en bâtisse nous avons observé qu'une partie de cette longueur était une suite du sol en malausse venant des Carcés inclinant vers le lit des bards et l'autre partie formait une espèce de bord peu élevé, fort inégal et mal aligné qui peut aussi bien avoir été fait à dessein comme au hasard, on doit cependant eu égard à ce que dirons ci-après, plutôt croire qu'il a été fait exprès mais par un ouvrier peu entendu sans doute.
En suivant le mur du canal de la Nerte, à gauche, c'est-à-dire du côté de l'angle en bâtisse, pendant la longueur d'environ 4 pans formant à ce dernier endroit éloigné d'environ 4 pans de la règle un angle par le moyen d'une ligne d'environ 3 pans de longueur qui tendit à traverser le canal, on trouve que la malausse en cet endroit laisse un petit bord ou redent qui parait avoir été fait exprès et dans quelque vue quoique cette ligne ne soit point parallèle à la règle puisque du côté du mur elle en est éloignée d'environ 4 pans et qu'aux environs de cette distance de 3 pans de ce mur l'intervalle est d'1 pan de moins, c'est-à-dire que pour que cette règle fût parallèle avec cet espèce de bord, il faudrait qu'elle laissa le coin environ 1 pan en saillie du côté des Carcés. Après cette distance de 3 pans loin dudit mur à gauche, ce même bord continue environ 2 pans avant en travers du canal, mais en ligne courbe et irrégulière.
Tout le reste du sol jusque à la pierre rectangulaire est creusé en général si irrégulièrement qu'on ne peut dire qu'on a eu en le creusant d'autre dessein que le celui de creuser au hasard et sans règle. Le seul creusement fait exprès que nous avons observé dans cet espace est une espèce de petite fondation en forme pour asseoir à demeure un mur d'environ ¾ de pan d'épaisseur ou pour mieux dire une pierre semblable à l'un des bards mise de chant ou droite et non de plat. La profondeur inégale et irrégulière de ce creusement fait à dessein est d'environ 1 pouce en général ; il est d'autant moins profond qu'il s'éloigne de la pierre rectangulaire et après une longueur d'environ 1 pouce et ½ ce qui fait celle de cette petite fondation emplacement au lit d'une partie d'un bard de chant. Ce creusement n'a plus rien de particulier, il est confondu avec le reste du sol plus bas et très irrégulier, il semble même qu'il n'a été pratiqué que pour approcher un peu plus du niveau du sol qui se trouve un peu plus bas, mais pratiqué suivant les dimensions que nous venons de donner.
Le côté de ce creusement le plus bas à la droite entrant dans le canal de la Nerte est à l'aplomb du parement extérieur de la pierre rectangulaire ayant son bord du côté des Carcés à peu près dans le même alignement que la face de cette même pierre du côté de la venue des eaux et l'autre bord distant du précédent d'environ 9 pouces du côté de la pierre rectangulaire et d'environ 8 au côté le plus éloigné de cette pierre, ce qui fait pour la largeur moyenne de ce creusement 8 pouces et ½ dont l'ensemble sort de l'alignement de l'entrée du canal de la Nerthe et vise dans le vuide de celui de Sarraire ou de Beaulieu. Ce qui n'empêcherait point cependant qu'une pierre de chant placée en cet endroit n'alignât l'entrée du canal, il suffit pour cela qu'elle soit un peu moins épaisse que ce creux n'a de largeur.
Dans ces espaces observés à l'entrée dudit canal et du côté du coin en bâtisse et à peu de distance du mur qui le ferme en partie est un [trou] en ovale irrégulier ayant pour long diamètre 18 à 20 pouces et pour petit environ 1 pied et la profondeur de plus d'1 pan au dessous du niveau du sol qui est au devant du coin en bâtisse, c'est-à-dire du sol où était, dit-on, l'ancien terme, lequel sol est plus bas de 12 pouces et ½ que le premier terme ou dessous de long bard, ce que nous répétons ici afin qu'on puisse voir facilement de combien ce dessus de bard est plus élevé que les endroits du sol ou lit en malausse de ces mêmes bards et que le dessus du gravier qui les portait est de combien ce gravier est plus haut ou plus bas que ce sol où était cet ancien terme.
Le lit de ces bards à le prendre sur la malausse ou porte le gravier et savoir :
À 2 pans environ loin de l'angle en bâtisse suivant le long de la règle dont nous avons parlée 1 pouce plus haut que le sol où était l'ancien terme, est de 1 pouce plus bas que le bord en malausse vis-à-vis.
À environ 4 pans loin dudit mur à gauche et entre ladite règle et le bord ou redent qui lui est opposé. Ce lit ou sol en malausse est à peu près au niveau dudit sol où était l'ancien terme.
À environ 2 pans loin de l'aplomb de la pierre rectangulaire, ce sol est environ 1 pouce et ½ plus haut que le niveau du même endroit du sol où était l'ancien terme au devant du coin en bâtisse.
Enfin ce même sol est plus d' 1/4 de pan plus haut à l'aplomb même de la grande face extérieure de cette pierre rectangulaire que ce sol où l'on dit qu'était cet ancien terme.
Les creusements dont nous venons de parler et sur lesquels portaient en partie les bards ou le gravier qui était entre deux, peuvent du côté du coin en bâtisse avoir été faits pour y asseoir une maçonnerie d'environ 3 pans de largeur qui peut suivant l'objet qu'on proposait en le construisant, supposé qu'elle l'ait été, avoir été terminée par les bords même unis de plat et arrêtés l'un contre l'autre par un crampon de fer qui aurait pu prendre dans les trous à cet usage desquels nous avons donné les dimensions, on voit que dans ce cas ci afin que ces deux trous fussent voisins et le long parement régulier des bards du côté des Carcés, il aurait fallu mettre le long bar du côté de la pierre rectangulaire ce qui aurait été indifférent dans la présente supposition.
Cette même maçonnerie aurait du vraisemblablement être continuée jusque à cette même pierre et barrer ainsi l'entrée du canal de la Nerte ou en exhausser le sol, mais les observations que nous avons faites sur ce même sol du côté de cette pierre rectangulaire semble détruire les réflexions que nous venons de faire qui tendent à penser comme nous l'avons dit, que les bards avaient été mis en plat tandis que la fondation de 8 pouces et ½ de largeur sur la profondeur d'environ 1 pouce et la longueur d'1 pouce et ½ trouvée du côté de cette pierre pourrait faire penser que ces mêmes bards ou quelques pierres approchantes auraient pu être mises de chant et sur leur épaisseur.
Le trou ovale que nous avons trouvé dans ce sol parait absolument indifférent pour tout e que nous venons de dire on ne peut imaginer qu'il ait pu être fait pour autre raison que pour pouvoir, attendu qu'il est situé dans un endroit bas, tenir à sec le reste de ce sol dans le temps qu'on y bâtissait, supposé qu'on y ait bâti, mais pour un tel usage il aurait du être placé tout autre part, d'ailleurs, il faut supposer pour cela qu'il y ait des eaux qui empêchaient la construction ne pouvait ou pas obvier autrement à cette difficulté ? Aurait-on fait un tel trou pour enlever quelque partie trop molle de la malausse qui se serait trouvée là comme le [berzin] à la pierre ! Dans ce cas on aurait donc regardé ce sol comme celui de la fondation de quelque bâtisse.
Enfin une partie de ce sol du côté du coin en bâtisse porte à croire que les bards n'ont jamais été de chant et une partie de ce même sol du côté de la pierre rectangulaire semble prouver qu'ils n'ont jamais été de plat.
Pour faire mettre es deux bards de chant et en long, c'est-à-dire sur leur épaisseur à l'entrée du canal de la Nerte, soit pour les épreuves qui devaient être faites, les bards ainsi élevés, soit pour autres observations, nous avons trouvé que eut égard à tout ce que de raison ainsi que nous le disons dans peu, il fallait les faire porter sur leurs longues faces d'épaisseur les plus régulières, c'est-à-dire sur celles qui étaient du côté de la Nerte quand ils étaient de plat, qu'il fallait que leur grande face sur laquelle est le trou du crampon tournant du côté des Carcés que les deux parements d'épaisseur auprès desquels sont lesdits trous de crampon fussent joints et contigus de manière qu'il n'y eut qu'environ ¾ de pouce de distance d'un trou de crampon à l'autre et enfin que le long bard devait être du côté du coin en bâtisse où était dit-on l'ancien terme et le petit bard, par conséquent du côté opposé qui est celui de la pierre rectangulaire.
Ces deux bards ayant été mis en cette situation leur dessus en parfait niveau et leur jointe du lit, c'est-à-dire celui formé par le sol et la face irrégulière des bards s'y appuyant garnie avec de la bonne argile dans le même goût et de la même épaisseur à peu près que si on avait du y mettre du mortier ayant fait remplir certains vuides causés par les irrégularités des bards du sol et presque tous pendant seulement une partie du lit de ces bards par le moyen de quelques pierrailles et cailloux et d'autres polis, petits avec des simples écailles, enfin nous avons fait faire à cet égard avec de l'argile tout ce qu'il faudrait faire avec du mortier s'il était question de poser ces bards à demeure en cette situation sans prétendre les élever ni les abaisser sensiblement au dessus de la hauteur qu'ils doivent avoir naturellement étant mis sur ce sol sur lesquels quelques endroits des bards portaient à l'épaisseur près du lit d'argile ou de mortier qui dans ces endroits chargés d'un assez gros poids n'aurait du rouler qu'à quelques lignes d'épaisseur ainsi que cela était à l'égard de l'argile, le dessus de ces mêmes bars situés et posés de chant et ainsi que nous venons de le dire étaient plus élevés de 2 pans et 1/4 et quelques lignes de pouce que le sol en malausse à l'aplomb du coin ou angle en bâtière où était dit-on l'ancien terme, on aurait pu mettre ce dessus ces dits bards précisément à 2 pans et ¼ de hauteur au dessus du niveau du sol ferme au devant et à l'aplomb du coin ou angle en bâtisse, mais il a fallu le laisser un peu plus élevé par la raison qu'ayant remarqué que cet endroit du sol à l'aplomb de l'angle pendant un petit espace était un peu plus enfoncé que ses environs et que l'ancien terme devait nécessairement prendre et porter sur ces derniers endroits.
Les parties après quelques constatations à ce sujet conviennent en présence dudit seigneur Commissaire, que nous partagerons à peu près cette différence et que nous donnerons à ces bards quelques lignes de hauteur de plus que nous aurions fait si ce sol en malausse eut été plus égal et plus horizontal.
On voit par ce que nous venons de dire que malgré les irrégularités du sol en malausse à l'entrée du canal de la Nerte et les irrégularités du lit des bards, ces mêmes bards se trouvent presque aussi précisément qu'il est possible à la hauteur de 2 pans ¼ au dessus du sol où était l'ancien terme.
Les termes de la fin du rapport de M. Floquet sont ainsi :
« Enfin tel est notre rapport ou relation dont chaque feuillet est côté et marqué de notre main du nombre qu'il lui convient ayant toujours opéré et observé en présence dudit seigneur Commissaire et fait tout ce qui nous a été possible pour que ce fût avec autant de précision que le cas l'exigeait, et que les lieux nous le permettaient, ayant d'ailleurs taché de ne rien omettre de ce qui a été ordonné, ce qui parait cependant bien difficile soit par le trop grand nombre d'opérations et observations dont nous avons été chargés soit par la difficulté des lieux ou autrement ».
Fait à Solliès le 22 août 1741.
Signé : Floquet.
Le présent rapport ou relation fat par ledit sieur Floquet a été reçu le 22 août 1741 pour être joint au procés verbal de M. le Conseiller de Villeneuve, baron d'Ansouis, Commissaire suivant son ordonnant dudit jour, ainsi le certifie le soussigné greffier de la Cour et de la Commission,

signé : Regibaud, greffier.

Le procureur des syndics des quartiers de La Tourre, Sarraire et Cadouire, terroir de Solliès fait expédier copie à M. Sénès et Barralier, procureur de Charles et Joseph Blin, frères, fils émancipés d'Honoré, des syndics du quartier des Sauvans, terroir du même lieu et du sieur Commandeur de Beaulieu du procés verbal de sieur le Conseiller de Villeneuve, Commissaire, ensemble de présents rapport ou relation fait par le sieur Floquet, géomètre hydraulique, sans approbation néanmoins d'iceux, aux chefs ou lesdits syndics de La Tourre, Sarraire et Cadouire, les parties pensent avoir été grevées et sous toutes les protestations de droit et a été signé.
Signé : Aubin.
Reçu copie le 17 février 1742, sauf les droits de ses parties.
Signé : Sénès.
Reçu copie le 26 avril 1742,
signé : Barralier. 
Situation des barrages agricoles et industriels, tableau d'assemblage du 21 janvier 1953.

 

 

 

LE RAPPORT FLOQUET

Tome I

Jacques-André Floquet, ingénieur hydraulicien

Photocopie du document communiqué le 20 juillet 2009 dont il manque la page de titre et la page 2

9bre 1740

… de la Tourre, Sarraire et Cadouiré terroir du lieu de Solliès assisté du sieur Jean-Baptiste Hauvel leur député, par lequel comparant, il nous a représenté qu'au procès que ses parties ont par devant la cour contre Charles et Joseph Blin, frères, fils de émancipés d'Honoré et les syndics des particuliers possédant biens arrosables au quartier des Sauvans terroir du même lieu; lequel Messire Jean d'Astuard de Mur, Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Beaulieu, est intervenu ses parties sans entendre déroger ni préjudicier à leurs titres au fonds, ont été obligées de recourir au plan levé par le sieur Cundier géomètre en présence de M. le Conseiller de Charleval des mêmes que son rapport ou relation du 11 juin dernier pour pouvoir faire réparer les injustices, les erreurs et omissions dudit rapport et les infidélités du plan, ayant en conséquence présente une enquête à la cour le 5e du dit mois de novembre sur laquelle il a été fait un décret qui leur concède acte de leur recours, et ordonne qu’il sera révisé par le sieur Floquet géomètre hydraulique, en présence de M. le Conseiller de Charleval. Com qui accèderait à cet effet sur les lieux, dresserait procès verbal. Des dires et contestations des parties fairait les observations dont il serait requis pour y faire droit, s’il y échoit et fairait faire au géomètre toutes les opérations dont il serait requis et qu’il jugerait nécessaire, le tout aux frais et dépens desdits syndics de la Tourre, Sarraire et Cadouiré sauf d’en faire ; qu’en exécution de ce décret les deux frères Blin et syndics des Sauvans ayant présenté un compromis à M. le Conseiller de Charleval pour indiquer et assigner aux parties le jour qu’il serait en état d’accéder sur les lieux, il aurait déclaré au bas dudit compromis ne pouvoir remplir cette commission ; ensuite de laquelle déclaration sur les requêtes des parties, nous avons été commis pour accéder sur les lieux, par décret du 9e dudit mois. Ledit maître Aubin nous requérant audit nom par ledit comparant d’assigner aux parties tel jour que nous trouverions à propos pour accéder sur les lieux contentieux et être procédé en notre : présence à la vuidange du recours dont il s’agit, en conformité au décret du 5e dudit mois au bas duquel comparant nous avons fait notre ordonnance ledit jour 9 novembre par laquelle nous avons déclaré aux parties que nous partirions le jeudi premier décembre pour nous rendre à Solliès aux fins requises, assignant les parties au 31 dudit mois vers les 9 heures du matin, au lieu contentieux. Le lendemain 10 9bre ledit maître Aubin nous tint un autre comparant au bas duquel nous fîmes notre ordonnance par laquelle nous concédâmes acte de sa réquisition et de la rémission qu’il nous fit de la requête et des lettres portant notre commission et nous ordonnances que le sieur Floquet, géomètre commis, serait assigné au 29 de ce mois à 2 heures de relevée dans notre hôtel pour prêter le serment et procéder ensuite au temps porté dans notre présente ordonnance et que les frères Blin, les syndics des quartiers des Sauvans et autres parties seraient assignés pour voir prêter le serment et procéder ensuite en notre présence, et en conséquence des lettres expédiées sur les deux ordonnances lesdits Syndics de la Tourre et conserts ont fait donner assignation par exploit du 28 dudit mois de novembre auxdits frères Blin, auxdits Syndics des Sauvans et audit sieur Commandeur de Beaulieu à comparoir par devant nous, pour voir procéder ledit sieur Floquet, géomètre le serment préalablement prêté à tous autres jours jusque à fution de commission. Et ensuite d’un autre comparant qui nous a encore été tenu par ledit M. Aubin le 29 dudit mois de novembre nous avons donné le serment audit sieur Floquet, géomètre commis par la cour en présence de maître Sénès procureur des frères Blin et des Syndics des Sauvans et en défaut de maître Barallier, procureur dudit Commandeur de Beaulieu dont nous avons concédé acte par notre ordonnance mise au bas dudit comparant du 29 novembre.

1er Xbre 1740
Départ d’Aix pour venir à Solliès

Et étant parti comme nous avons dit de la ville d’Aix en compagnie qui dessus ledit jour premier décembre nous avons été dinés au logis de la Pugière tenu par Covasse, étant allé coucher au lieu de Tourves au logis tenu par le nommé Blin, et en étant parti le lendemain 2 décembre, nous sommes arrivé en ce lieu de Solliès, ayant pris retraite chez Jean Laugier dit Gavarron, hôte du logis qui est au pont de Solliès.

Signé : Villeneuve d’Ausoin P. Regibaud greffier.

2 Xbre 1740
Comparution des procureurs
M. Sénès des frères Blin et des syndics des Sauvans et

M. Aubin des syndics de Sarraire, Cadouiré, La Tour

Le même jour sont comparus par devant nous maître Sénès, procureur en ladite cour et des frères Blin et des syndics des particuliers arrosables au quartier des Sauvans et maître Aubin aussi procureur en ladite cour, intervenant pour les Syndics des quartiers de Sarraire, Cadouiré, La Tour, assistés de leurs parties, lesquelles nous ont dit qu’ils consentent que nous logions et mangions chez ledit Laugier nous et notre suite et que l’un de nous prenne lit chez la Veuve Mazel ayant signé avec leurs parties
signés : C. Blin, tant pour moi que pour mon frère, L. Molinier Syndic, J. Arène, syndic des Sauvans, E. Bouffier. Syndic J. Gardanne, Hauvel. Gensollen, Gensollen, h. Meissonnier. Curateur des frères Blin. Sénès et Aubin.
Ensuite desquels consentement nous le greffier et l’huissier avons mangé et couché chez ledit Gavarron, ledit sieur Floquet a seulement mangé, ayant couché chez la dite Veuve Mazel ; comme les parties en ont convenu.
Signés : Villeneuve d’Ansoins et Regibaud greffier.

3 Xbre 1740
comparant tenu par maître Aubin d’accéder sur les lieux

Le lendemain 3 dudit mois de décembre ledit maître Aubin intervenant pour lesdits syndics de Sarraire, la Tour et Cadouiré, nous a tenu en comparant contenant les moyens de recours de ses parties dont il nous requiert de lui concéder acte et d’accéder tout présentement sur les lieux contentieux, au bas duquel comparant nous avons fait notre ordonnance par laquelle nous lui avons concédé acte de sa réquisition et de ses moyens de recours et tout de suite lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés de leurs parties et de plusieurs particuliers des quartiers entre lesquels se trouve le procès dont il s’agit se sont rendus à notre logement et après avoir fait faire en notre présence et en celle dudit sieur Floquet la lecture de notre commission, nous nous sommes transporté à la réquisition et indication dédîtes parties aux lieux contentieux c'est-à-dire aux canal couvert ou dégorgent les eaux de la fuite des moulins Canaux de M. le Marquis de Solliès ou elles se divisent en deux lequel endroit est appelé les Carcés. Personne n’ayant comparu pour ledit Commandeur de Beaulieu, ce Seigneur de Solliès assigné en la personne de Louis Mistral, son fermier, par ledit exploit du 2 novembre mais attendu que l’eau se trouve actuellement aux moulins nous n’avons pu y descendre, ce qui nous a obligé de retourner à notre logement où les parties nous ont fait les observations générales qu’elles ont cru nécessaires jusqu’à l’heure de midi, après quoi nous les avons assignées à 2 heures après midi à notre auberge.
Signés : Villeneuve d’Ausoin et Regibaud greffier.

Observations présentées par maître Aubin,
procureur de Sarraire, Cadouiré, La Tour, etc.

Et à ladite heure de 2, lesdits maîtres Aubin et Sénès procureurs s’étant rendus à notre logement assistés de quelques unes de leurs parties, ledit M. Aubin audit nom a dit qu’auparavant d’entrer dans le lieu contentieux et qu’il soit procédé à aucune opération il est très essentiel d’empêcher les troubles que l’on pourrait donner au cours naturel des eaux et à cet effet nous requiert d’ordonner qu’il sera établi des gardes aux endroits supérieurs aux moulins à blé de M. le Marquis de Solliès par où l’on peut retenir les eaux et afin qu’on les laisse couler librement et sans fraude et qu’elles ne puissent point être arrêtées que par notre ordre, lesquels gardes seront établis, savoir : 1er à La Guiranne , l’autre à la Tourrette, un autre au canal de la Ferrage, un 4e dans le parc de M. le Marquis de Solliès, un 5e à l’espancier des Trois Pierres, et un 6e qui sera à la suite du sieur Floquet, géomètre le tout aux frais et dépens de la commission et serviront encore lesdits gardes à remuer les bars lorsqu’il sera question de calibrer ou de niveler et à tout ce qui sera jugé nécessaire. En second lieu le dit M. Aubin nous requiert d’ordonner que pendant le temps de notre commission, les deux canons du moulin à Nerte vis-à-vis les moulins à blé de M. de Solliès, resteront ouverts, afin que les eaux aient un decours libre et que le tout se fasse de la manière qu’il convient pour le bien de la justice et pour prévenir les contestations qui arrivent à ce sujet par devant M. Le Conseiller de Charleval. Nous requérant encore ledit maître Aubin d’ordonner que les grosses pierres, gravier meuble, jusqu’au gravier uni et la boue qui se trouveront tant dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu que dans ce lieu de la Nerte, seront ôtés de la même distance tant dans un canal que dans l’autre, le tout pour laisser aux eaux toujours plus libre ainsi qu’il fut requis par devant M. de Charleval et ordonné à la page 141 de l’extrait de son procès verbal et à signé.
Signés : Le Notaire syndic, Gensollen, Hauvel, C. Bouffier syndic, Aubin.

Observations de maître Sénès,
procureur des frères Blin et des syndics des Sauvans

Ledit maître Sénès procureur des frères Blin et des syndics des Sauvans a dit au contraire que s’agissant à présent pour l’intérêt de ses parties de répondre aux moyens de recours par les adversaires et aux réquisitions qu’ils viennent de faire qui exigent un examen particulier, il nous requiert de vouloir bien renvoyer à la première séance prochaine pour répondre sur le tout, d’autant mieux que nous avons ordonné à celle de ce matin que nous accèderions à présent aux Carcés, lieu contentieux avec le sieur Floquet et les parties pour y faire les observations convenables sur l’état des lieux, en attendant d’ordonner ce qui conviendra sur les opérations. Ledit maître Sénès ajoute qu’il sait aperçu sur la lecture du comparant contenant les moyens des parties adverses qu’ils ne les font rouler que sur deux parties de la relation du sieur Caudier, concernant le nivelage et une seule partie de son plan, ce qui l’engage à nous requérir d’ordonner qu’ils s’expliquent précisément sur les autres parties de la relation et du plan, afin que les opérations à faire et qui sont l’objet de notre présente descente étant fixées le restant de la relation du sieur Caudier et de son plan, puissent subsister s’il n’y a pas de moyens de recours qui les attaquent à quoi il a conclu et a signé.
Signés :  J. Gardanne. Gensollen. L. Meissonnier, Curateur. Blin. Arène Syndic et Sénès.

Autres observations de maître Aubin

Ledit maître Aubin dit au contraire que pour ce qui est des moyens de recours, lesdits Syndics de Sarraire et consorts ses parties, consentent que les adversaires auparavant d’y répondre fassent toutes les observations qu’ils trouveront à propos, mais pour ce qui est des deux réquisitions ci-dessus faites, attendu qu’elles ne tendent qu’au bien de la justice et qu’elles requièrent célérité, que d’ailleurs elles ne sont faites que pour éviter toutes sortes d’abus et de contestations nous devons dès à présent cet établissement des gardes, d’autant mieux que cette précaution devant prévenir toutes sortes d’abus, elle est par conséquent très essentielles. Et en ce qu’il est des recours les raisons alléguées par les adversaires ne tendent qu’à allonger la commission, mais les Syndics de Sarraire et Consorts qui ne visent qu’à éviter ces longueurs consentent que le plan du sieur Caudier subsiste depuis la prise d’eau dans le parc de M. de Solliès jusques à ses moulins à blé situés à la place et à ceux à huile de la Communauté et que depuis les susdits Moulins jusques à la terre du sieur Albert inclusivement, le susdit plan du sieur Caudier sera revu et refait par le sieur Floquet, géomètre, lesdits Syndics de Sarraire et consorts, consentent en outre que ce qui est en dessous de la terre dudit sieur Albert jusques au moulin de Beaulieu exclusivement subsiste comme il a été marqué dans le plan dudit sieur Caudier.
Et quant au rapport ou relation fait par ledit sieur Caudier, lesdits Syndics de Sarraire et Consorts déclarent expressément être recourant de tout son contenu excepté ou il dit que les deux bars ensemble avaient neuf pans et demi de longueur et que l’embouchure du canal de la Nerte avait aussi neuf pans et demi de longueur, de même que le Chef ou il a déclaré que les deux bars en question lui ont paru être fort anciens et fort usés, se rapportant lesdits Syndics de Sarraire et consorts à leurs précédentes réquisitions et à celles qu’ils auront l’honneur de nous faire dans la suite à mesure que nous procèderons au fait de notre commission, protestant lesdits Syndics de Sarraire et consorts en cas d’opposition de la part des frères Blin et des Syndics des Sauvans parties adverses, audit établissement des gardes et au contenu de la seconde réquisition, de tous les frais frustrés et généralement de tout ce que de droit et a signé avec ses parties.
Signés : Hauvel. L. Molinier Syndic L. Bouffier. Syndic, Gensollen et Aubin.
Et tout de suite ledit maître Sénès nous a requis de lui concéder acte des déclarations et acquiescements ci-dessous donnés aux parties de la relation et du plan dont est recours, comme le tout judiciaire et irrévocable, sauf à ses parties leurs observations et réquisitions qu’ils aviseront et qui pourront tendre à encore mieux expliquer et éclaircir l’état des lieux et le decours des eaux dans les canaux respectifs. Quant au surplus des réquisitions des syndics, de Sarraire et Consorts, ledit maître Sénès dit que l’établissement que les adversaires ont requis des gardes aux endroits désignés, ne requerrait de la célérité que là où il serait question d’accéder actuellement aux Carcés et d’y faire les opérations nécessaires, mais puisque les adversaires ont eux-mêmes allongé la séance par la récrimination de leurs réquisitions, qu’elle est consumée de façon à ne pouvoir entreprendre cet accédit dans les Carcés, il parait convenable de renvoyer à y prononcer à la première séance prochaine, proteste de son chef et pour l’intérêt de ses parties de tous leurs droits ne réservent les observations déjà faites et celles qu’il pourra faire encore qu’aux titres du procès et à l’état des lieux ; il ajoute en finissant et par manière de subsidiaire que dans le cas où nous voudrons pouvoir aux réquisitions concernant l’établissement des gardes et l’ordonner, ce doit être au risque, péril et fortune des requérants, s’il arrive que les gardes fassent quelque attentat sur les eaux aux endroits désignés, et que les usagers de ses eaux se plaignent de quelque rétention et nous devons ordonner également l’établissement d’autres gardes aux endroits inférieurs aux Carcés et surtout à l’endroit du seuillet ou Espacier du sieur Albert qui est à l’endroit qui a le plus d’être gardé par rapport au bouchement qu’on pourrait faire rétrograder les eaux, comme il arriva autrefois et qu’il est même arrivé aujourd’hui, comme il serait facile de le prouver s’il était nécessaire, à quoi il a conclu.
Signés : Gensollen. J. Gardanne. C. Blin. L. Meissonnier. Curateur. J. Arène Syndic et Sénès.
Et ledit maître Aubin audit nom, sans approbation des dires des parties adverses et en persistant dans ses précédents dires et réquisitions, dit que les Sarraire et Consorts ses parties ne s’opposent point à l’établissement du garde requis par les adversaires, le tout aux frais et dépens de la commission et sous toutes les protestations de droit, notamment du retard attendu l’opposition qu’ils ont affecté de faire à cette demande à cet établissement des gardes qui est de la dernière justice et cela apparemment dans la vue d’allonger toujours plus la commission et ont signé.
Signés : L. Bouffier. Syndic. Gensollen. Hauvel. L. Molinier. Syndic et Aubin.
Nous Conseiller du roi (Commissaire) en concédant acte aux dites parties de leurs dires, réquisitions et protestations et audit maître Sénès des déclarations et des acquiescements donnés par ledit maître Aubin aux parties de la relation et du plan dont est recours le tout comme judiciaire et irrévocable,
Avons ordonné que sans préjudice du droit des parties ni attribution d’aucun nouveau, il sera établi des gardes afin qu’on laisse couler librement les eaux et qu’elles ne puissent être arrêtées que de notre ordre, savoir. 1 à la Guiranne, 1 à la Tourette, 1 au canal de la ferrage, 1 dans le parc de M. de Solliès. 1 à l’espancier des trois pierres, et 1 qui sera à la suite du sieur Floquet, géomètre, il en sera encore établi un au seuillet ou espancier du sieur Albert, sauf d’être par nous pourvu aux autres endroits nécessaires, le tout aux frais et dépens de la commission, et au cas qu’à l’occasion de la garde des dites eaux, les usagers d’icelles se plaignent du dommage que la rétention pourrait leur causer, ce sera au risque, péril et fortune de qui il appartiendra, lesdits gardes aiderons à remuer les bars quand il faudra calibrer et niveler, desquels gardes les parties conviendront, autrement ils seront par nous pris et nommés d’office, et pour le surplus desdites réquisitions concernant les deux canons du moulin à Nerte, les grosses pierres, gravier movible et boue qui se trouve dans les deux canaux, il y sera par nous, pourvu.
Fait à Solliès le jour 3 Xbre 1740.
Signé : Villeneuve d’Ansouis.
Laquelle ordonnance a été de suite publié aux dits maîtres Sénès et Aubin après quoi nous avons assigné les parties à lundi prochain 5 du courant à 9 heures du matin au cabaret où nous logeons.
Signés : Villeneuve d’Ansouis. Regibaud Greffier.
Et ledit jour 5 Xbre à 9 heures du matin lesdits maîtres Sénès et Aubin s’étant rendus au lieu assigné, assistés comme dessus, ledit maître Aubin pour lesdits sieurs Syndics de Sarraire et Consorts ses parties, a dit qu’à la précédente séance il aurait fait entr’autres deux réquisitions, la première contenant que les deux canons du moulin à Nerte vis-à-vis les moulins à blé de M. de Solliès, resteront ouverts pendant la durée de notre commission, afin que les eaux aient un decours libre et que le tout se fasse de la manière qu’il convient et prévenir toute contestation ; la 2e contenant que les grosses pierres , gravier movible jusques au gravier uni et la boue qui se trouveront tant dans le canal de Sarraire, qu’à celui de la Nerte seront ôtés pour laisser aux eaux un decours toujours plus libre, ainsi qu’il fut ordonné par M. le Conseiller de Charleval à la page 141 de l’extrait de son verbal, sur lesquelles deux réquisitions par notre ordonnance du 6 de ce mois, nous avons ordonné qu’il y sera par nous pourvu attendu apparemment que M. Sénès procureur adverse n’avait pas défendu la dessus, ce qui est cause que ledit maître Aubin nous requiert de vouloir y statuer tout présentement soit que ledit maître Sénès y défende ou non, nous requérant encore ledit maître Aubin de vouloir lui concéder acte de la rémission qu’il nous fait du plan levé par le sieur Hermite ensemble du verbal fait avec et en présence de M. de Capris juge royal de Cuers que la cour commis à cet effet, en date ledit Verbal du 28 mars 1740 et a signé avec ses parties.
Signés : L. Molinier Syndic. Hauvel. Gensollen. L. Bouffier syndic. Aubin.
Ledit maître Sénès, au contraire pour les frères Blin et les syndics des Sauvans a dit qu’ayant mûrement réfléchi que la réquisition de notre ordonnance du 3 de ce mois, a su trouvé qu’elle pouvait renfermer une équivoque dont les parties adverses témoignent vouloir abuser pour parvenir à leur but, équivoque qui consiste en ce que les gardes dont nous avons ordonné l’établissement aux endroits supérieurs à l’écluse de M. de Solliès et désignés dans la réquisition des adversaires auraient le droit et la permission de boucher les prises d’eau des mêmes quartiers pour en verser toutes les eaux dans la rivière et grossir le volume de celles qui y sont, qui ont toujours été et qui doivent y être, ce qui est contraire à l’état du lieu et au droit des mêmes quartiers de dériver de la rivière et même du canal qui est dans le parc de M. de Solliès les eaux qui leur sont affectées par leurs titres. Ledit maître Sénès qui n’a pu malgré ses réquisitions verbales aux adversaires, les faire expliquer la dessus, pour mettre les choses à leur véritable point et éviter tout prétexte d’équivoque et qui a vu par là qu’ils veulent en abuser sur le fondement que notre ordonnance ayant été rendue, il n’y a que la voie de l’appel, tandis que ledit maître Sénès n’avait pas défendu foncières sur ce chef par sa réponse à la réquisition des adversaires, il fait ici toutes les protestations de droit dans le cas ou dans la suite de la commission il verra que les adversaires voudront faire verser dans la rivière et conséquemment dans la prise de M. de Solliès et dans le canal qu’elle forme des eaux respectives des parties, toutes celles affectées aux dits quartiers et qui sont tellement étrangères à la division de celles dont il s’agit au près qu’elles cesseront d’y couler dès que notre descente sera achevée, protestation qu’il accompagne de toutes celles qui sont de droit à cet égard.
Pour réponse à la deuxième réquisition des adversaires à la séance du 3 de ce mois, ledit maître Sénès n’empêche que pendant le cours de la commission, les deux canons du moulin de la Nerte, c'est-à-dire de celui des deux qui travaillent restent ouverts, ses parties n’ayant pas besoin de recourir à des artifices pour altérer l’état des lieux et quand il survint des contestations à la dernière descente, les adversaires n’ignorent pas qu’elles n’eurent d’autre principe que les chimères qu’ils se forgèrent, et que la relation du sieur Cundier géomètre et plus encore la présence de M. Le Conseiller de Charleval, Commissaire dissipèrent, sur la troisième réquisition ledit maître Sénès n’empêche que les canaux respectifs soient nettoyés jusques au sol uni, mais il n’est pas juste (sauf notre détermination) qui a nétoiement soit restreint jusques à une distance déterminée dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu, parce que le canal resterait toujours depuis l’endroit nétoyé jusque à la distance de plus de 400 cannes de lit pour arriver au moulin de Beaulieu, avec les élévations ou obstacles que forment au decours des eaux les grosses pierres, décombres, gerbes et autres corps étrangers au lit et qu’il dépend des adversaires de faire enlever comme ils ne manqueront pas de faire la commission finie et de cette façon la pente que ce canal a dans tout son cours paraîtrait extrêmement diminuée de sorte que ledit maître Sénès nous requiert de son chef par forme d’exception à la réquisition des adversaires, et pour éclaircir toujours plus ces faits et éviter toutes contestations sur iceux d’ordonner que les deux canaux respectifs seront nétoyés jusques au lit uni en présence du sieur Floquet, géomètre et suivant sa prudence et les règles de l’hydraulique et ce dans tout leur cours ou aux endroits qu’il trouvera à propos, comme aussi que ces deux canaux soient nivelés dans tout leur cours et que la pente de chacun soit marquée dans la relation qu’il en fera qu’en même temps ledit sieur Floquet prendra et marquera la profondeur et dimension du pays, du moulin de Beaulieu et la pente depuis l’orifice de son canon jusqu’à sa fuite sous les roudets et jusques au ferme sous iceux qui est le point ou les eaux commencent à reprendre leur niveau et par une suite nécessaire à sa réquisition que ledit sieur Floquet prendra et énoncera la pente des moulins à farine de M. de Solliès et de leur pays et canons jusques au ferme au dessous de leurs roudets comme il avait requit à la précédente de cette page 90 de l’extrait verbal et cela sans parvenir à une connaissance exacte et précise de la force de chaque moulin pour le tout servir et valoir ainsi qu’il appartiendra les dites opérations et déclarations n’ayant pas été faites par le sieur Caudier quoi qu’ordonnés par la close de l’ordonnance de M. Le Conseiller de Charleval et faire en outre toutes les autres observations et descriptions qu’il jugera nécessaires et a signé avec ses parties.

Signés : J. Arène. Syndic. Blin. J. Gardanne. Gensollen. L. Meissonnier Curateur et Sénès.

Et à la réquisition dudit maître Aubin
nous avons renvoyé la continuation à deux heures de relevée
À laquelle heure ledit maître Aubin audit nous a dit en premier lieu que les dires des adversaires sur la disposition de notre ordonnance du troisième du courant sont tout à fait absurdes puisqu’ils ne tendent qu’à tacher de vouloir la révoquer et à l’anéantir en quelque façon sans vouloir faire attention que tous les prétextes qu’ils pourraient alléguer ne sauraient y donner la moindre atteinte et qu’elle doit par conséquent être exécutée de tout son entier, que si les adversaires prétendent quelle soit injuste en quelque chef, il n’y a que la voie de l’appel, ainsi qu’on le leur a dit verbalement et cela est tellement certain que sur le pied de l’ordonnance de 1667 et suivant les bonnes règles, nous ne saurions en aucune manière toucher à notre ordonnance ce qui est cause que ledit maître Aubin n’entreprend pas seulement de défendre sur tous les vains prétextes et allégations des adversaires…



 

Relevé des barrages et des industries sur le Gapeau en 1956.

 

… par cette seule raison qu’on ne peut en aucune manière donner atteinte à la dite ordonnance, nous requérant au moyen de ce, d’ordonner que les parties s’y conformeront et poursuivront en exécution d’icelle ainsi qu’il appartient.

La réponse que les adversaires ont faite à la seconde réquisition contient une équivoque et une subtilité en ce qu’ils disent qu’ils n’empêchent que pendant le cours de notre commission , les deux canons du moulin à Nerte c'est-à-dire celui qui travaillera restent ouvert ledit maître Aubin nous requérant d’observer qu’il y a deux moulins dans le canal des parties adverses et d’ordonner que les deux canons de celui à Nerte vis à vis les moulins à blé de M. de Solliès resteront ouverts pour laisser un découlement libre aux eaux et pour éviter toute contestation attendu que c’est le moulin de la Nerte qui existait en 1628 et 1629 l’autre moulin n’ayant été construit que dans la suite et que l’eau qui entre dans les canons qui sont situés par côté et peut être arrêté sans qu’on puisse s’en apercevoir et regonfler par ce moyen d’autant mieux qu’il doit être en différent aux parties adverses que l’eau qui est une fois entrée dans le canal de la Nerte passe par l’un ou par l’autre côté, d’ailleurs ce serait inutilement qu’on opposerait que ce moulin ne travaille pas aujourd’hui car on peut le faire travailler lorsque bon leur semblera puisque comme l’on a dit c’était là le moulin dont il est fait mention dans le rapport de 1628 et 1629, nous requérant ledit maître Aubin que ces deux canons de même que les autres qui travaillent resteront ouverts pendant tout le cours de notre commission.
Ledit maître Aubin content que les grosses pierres gros cailloux et boue qui se trouvent à l’embouchure du canal de Beaulieu et dans celui de la Nerte soient été jusqu’à une distance égale et de la façon qu’il fut requis par les adversaires par devant M. Le Conseiller de Charleval en observant néanmoins qu’on ne doit point toucher au gravier qui forme le lit des deux canaux parce que autrement si l’on touchait à celui de Sarraire ou Beaulieu, bien loin de leur procurer de l’eau pour leur arrosage, on les en priverait attendu que ce canal se trouve profond et que pour faire monter l’eau sur le rivage pour arroser les terres des quartiers de Sarraire et Consorts, il faut boucher totalement le canal ce qui fait un regonflement considérable, en sorte que le canal retourne vers le canal de la Nerte et si on donnait plus de profondeur à ce canal de Sarraire ou Beaulieu ce regonflement serait toujours plus considérable et l’eau monterait avec plus de difficultés sur les terres peut être n’y monterait-elle pas et pour éviter les contestations qui pourraient arriver sur les dites réquisitions ledit maître Aubin nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet fera boucher la première martelière du canal de Sarraire ou Beaulieu et qui sert à arroser les terres du sieur Joseph Albert et observera et déclarera dans son rapport s’il n’est point vrai que lorsque cette martelière est bouchée l’eau regonfle et ne peut monter qu’avec peine sur les rives pour arroser les terres et la difficulté qu’il y aurait encore qu’elle peut monter, si on tirait du canal de Beaulieu le gravier qui en forme le lit surtout s’il ne tournait qu’un seul moulin de M. de Solliès pour le manque d’eau comme il arriva en 1734 lors de la descente du lieutenant de Toulon dont l’extrait est au procès, ledit maître Aubin nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet observera que si la réquisition des adversaires avait lieu, non seulement ledit sieur Albert et bien d’autres particuliers aux quartiers de Sarraire et Consorts ne pourraient point arroser, mais encore il se passerait plus d’un mois avant qu’on put procéder au fait de notre commission sur les lieux contentieux, et qu’avant que de statuer sur ce fait, il est essentiel de faire ouvrir les canons de Nerte dont on a parlé ci-dessus pour éviter toute surprise.
À l’égard du nivelage que les adversaires requièrent dans le cours du canal de Sarraire leur demande est aussi absurde et extraordinaire que si les Syndics de Sarraire et Consorts demandaient de faire niveler non seulement le canal de la Nerte mais encore le lit de la rivière et le canal de la prise des Sauvans jusqu’à sa fin, car il est certain que par les raisons qu’on a données ci-dessus, on ne peut pas toucher au canal de Beaulieu pour lui donner plus de pente qu’il n’a, d’ailleurs y eut-il dans la suite de ce canal de Sarraire ou Beaulieu à une certaine distance une pente précipitée de ce que non, il n’y découlerait jamais plus d’eau que celle qui y serait parvenue et d’autant mieux que si on creusait le canal de Sarraire jusqu’à un pan de profondeur contre le droit, on n’y trouverait pas plus de pente que celle qu’on aurait trouvée sur un pan de hauteur, enfin quelle justice y aurait-il de faire niveler quatre cent quatre vingt cannes ou environ dans le canal de Sarraire ou Beaulieu et de n’en niveler que douze dans celui de la Nerte, tant par rapport au frères Blin que par rapport aux particuliers des Sauvans parties adverses et ces réquisitions n’étant d’ailleurs connues il est facile de s’en apercevoir que pour tacher de faire durer plus longtemps la commission, ledit maître Aubin nous observant en outre subsidiairement qu’en cas que nous vinssions à ordonner le nivellement du canal de Sarraire ou Beaulieu jusque au moulin de Beaulieu, ce qu’il n’y a pourtant pas lieu de craindre puisque cela ne servirait qu’à prolonger la commission et à ruiner les parties il serait alors de la dernière justice de faire niveler aussi dans le canal des adversaires jusque et à proportion de l’éloignement afin que l’opération fut égale tant d’un côté que de l’autre protestant audit cas des frais frustrés et de tout ce que de droit et a signé avec les parties.
Signés : Gensollen. L. Bouffier. L. Moulinier Syndic. Hauvel. Aubin.
Ledit maître Sénès dit au contraire sans approbation des faits allégués par ledit maître Aubin dans ses précédents dires que quoique notre ordonnance du 3 du courant soit juste elle pourrait cependant cesser de l’être si les adversaires voulaient abuser de l’une de ses dispositions, savoir que les eaux de la rivière supérieure à l’écluse et au canal de M. de Solliès ne puissent être arrêtées que de notre ordre et induire de là qu’il faut qu’elles le soient, car alors comme cela blesserait au droit des quartiers supérieurs, il ne soit pas juste qu’elles leur fussent enlevées pour être versées dans la rivière, ces eaux étant comme on l’a dit dans la précédente réponse, étrangères à celles qui entrent dans le canal du moulin à farine et de la division desquelles il s’agit, de sorte qu’étant dit par notre ordonnance que ces eaux supérieures ne seront arrêtées que par notre ordre, le droit des parties du comparaissant est conservé puisque nous sommes en état de ne donner là-dessus que des ordres justes et relatifs au droit des parties il est d’ailleurs assez indifférent que les eaux de la rivière paraissent abondantes ou basses, puisque la description des lieux et les opérations qu’on se propose de faire au sujet des eaux ne seront jamais qu’en l’état actuel c'est-à-dire après une abondance d’eau par les pluies et la saison et ne pourront jamais rien faire conclure pour le temps de sècheresse ainsi les adversaires pouvaient se passer de requérir d’ordonner qu’on se conformerait à notre ordonnance et qu’on poursuivrait en exécution d’icelle puisqu’elle porte avec soi la clause réservative du droit des parties et à nous de donner les ordres justes et nécessaires sur la rétention ou le decours des eaux selon qu’il nous en apparaîtra.
À l’égard de la seconde réquisition des adversaires tendante à ce que les deux canons du moulin de la Nerte restent ouverts pendant la commission réquisitrice qui n’aboutit à rien, ledit maître Sénès n’empêche qu’il y soit fait droit et s’il échoit sauf les dommages – intérêts que les frères Blin pourront souffrir pour raison de ce pour l’obstacle à faire travailler son moulin et si le moulin de la Nerte ne travaille pas comme les adversaires le reconnaissent, ce n’est pas que les frères Blin fassent travailler par prédilection l’autre moulin qui a été construit par Cotte depuis longtemps ; mais c’est parce que l’eau n’étant pas assez abondante dans le canal de la Nerte au moyen des bars qui y sont après et qui s’opposent à son decours et le moulin de la Nerte étant trop fort parce qu’il a une meule bien plus grosse que celle de l’autre moulin, comme nous le reconnais lorsque nous y accéderons, les frères Blin ont été obligés d’abandonner celui de la Nerte pour faire travailler l’autre en attendant que par l’arrêt qui interviendra et qui mettra la division des fagouts des moulins au point qu’il faut, il puisse en avoir à suffisance au point qu’il faut, il puisse en avoir à suffisance pour le faire tourner en conformité des titres du procès, aussi en observant d’où procède l’abondance du travail de la Nerte on dissipe les prétextes des adversaires.
Ledit maître Sénès observe de plus que c’est peu que les grosses pierres gros cailloux et boue qui trouvent dans les canaux respectifs de Nerte et de Sarraire ou Beaulieu soient ôtés jusqu’à une distance égale, ils devaient consentir en même temps que le leur fut nettoyé de la même façon dans tout son cours, pour l’éluder ils ne devraient pas s’accrocher sur ce que les parties du comparaissant le requirent à ce qu’ils supposent, jusqu’à une distance égale par devant Monsieur Le Conseiller de Charleval car s’ils avaient lu exactement la réquisition qui est à la page huitante huit de l’extrait du verbal, ils auraient vu que les Sauvans et les Blin ne fixaient aucune distance précise à niveler dans le canal de Sarraire ou Beaulieu, mais qu’ils la laissaient à la prudence du géomètre, de sorte que le sieur Caudier n’ayant pas nivelé jusqu’au moulin de Beaulieu sous prétexte apparemment que la réquisition n’en était pas expresse, pour éviter pareil inconvénient à requis dans sa précédente réquisition que ledit canal de Sarraire et Beaulieu sera nettoyé jusque au gravier et nivelé de même dans tout son cours, pour éluder une opération si juste et si nécessaire les adversaires ont fait de longs résonnements qui réduits à leur juste valeur aboutissent à dire que leur canal ne doit et ne peut pas être nettoyé de la façon requise parce que étant profond on ne pourrait pas en faire monter les eaux pour les arrosages des propriétés du sieur Albert et autres, mais c’est là un faux fuyant, car outre qu’ils sont fort soigneux de le faire nettoyer toutes les années, d’ailleurs les propriétés dont il s’agit et que les adversaires supposent ne pouvoir être arrosées qu’en faisant monter les eaux n’arrosent pas du canal de Sarraire ; mais bien des eaux du canal des Fillols qui est un quartier séparé et qui prend les eaux supérieurement aux moulins de Monsieur de Solliès, et cela rend inutile les preuves que les adversaires requièrent de faire en bouchant la martelière du sieur Albert pour l’arrosage d’une langue de pré qu’il arrose des eaux du canal de Sarraire s’ils persistent à la faire faire, quoi qu’elle n’aboutisse à rien, les parties du comparaissant protestent des frais frustrés.
C’est encore en vain qu’ils se replient sur ce que les eaux sont basses en temps de sécheresse qu’il ne travaille qu’un seul moulin à blé, car c’est alors un malheur commun qui diminue la portion des eaux qui doivent entrer dans les canaux respectifs.
C’est encore un prétexte frivole de dire que si le nettoiement et nivellement requis du canal de Sarraire de Beaulieu dans tout son cours était ordonné la commission durerait plus d’un mois, car pour trouver la vérité on ne doit être en peine d’y employer du temps, il suffit de savoir si la réquisition est juste, si elle l’est, toute sorte de considération doit y subir et qu’elle soit juste il est étonnant que les adversaires le méconnaissent, et leur contestation est la dessus bien extraordinaire, car si on nettoie et on nivelle le canal de la Nerte dans tout son cours pour en prendre et en marquer la pente, n’est-il pas juste aussi qu’on en use de même dans le canal des adversaires pour que la pente qu’il a soit prise et énoncée, et le plus ou le moins de cours de chaque canal n’y fait rien puisque celui de la Nerte dégorge à la rivière, et s’il faut prendre la pente de chaque canal, il suit nécessairement qu’on doit prendre celle en entier du canal des adversaires, car si on ne prenait cette pente que jusque à la distance de quelques cannes, il arriverait que celui de la Nerte paraîtrait en avoir davantage, puisque ce n’est qu’à une petite distance de l’embouchure de celle de Sarraire que les eaux fuient et sont rapides de sorte que si suivant les règles de l’hydraulique que les adversaires ont réclamé dans leur réquisition la dépense et quantité de l’eau se mesurent de la rapidité, il faut nécessairement que la pente du canal de Sarraire soit prise dans tout son cours jusque au fuyant du moulin de Beaulieu, s’en quoi les parties du comparaissant souffriraient de cet abrégé de nivelage un préjudice meurtrier et irresponsable.
C’est encore un prétexte frivole de dire que la pente du canal de Sarraire ne fait pas que l’eau qui y est entrée grossisse, mais cette pente fait bien et on ne saurait le disputer que la colonne d’eau y fuit avec plus de vitesse à mesure que celle qui la précède se précipite par une pente rapide, enfin en matière de nivellement des canaux respectifs qui a jamais contesté si on en excepte les adversaires qui craignent les éclaircissements qu’on doit prendre. La pente de chacun dans toute sa longueur quoi qu’ils aient plus ou moins de cours les adversaires se font la dessus un fantôme de durée de la commission, ils ne doivent pas ignorer que le nivellement peut se faire avec facilité et promptement.
Les adversaires qui prévoient le sort que doivent avoir leurs injustes contestations sur le nivelage et le nettoiement requis, tachent de le sauver par un subsidiaire consistant à faire niveler aussi dans le canal de la Nerte jusque et à proportion de l’éloignement ; mais peuvent-ils faire niveler autre chose que tout le cours de ce canal, est de cent cannes de long, les comparaissants auraient honte de les contester, les bonnes et saines règles de l’art exigeant que deux canaux dont on veut prendre la pente soient nettoyés et nivelés chacun dans tout son cours afin que les défenses respectives des parties roulent sur un point fixe et invariable et que la Cour en jugeant le procès ait sous ses yeux tous les éclaircissements qu’elle pourra souhaiter pour juger avec toute connaissance de cause, se réservant ledit maître Sénès de vous faire des réquisitions pour l’intérêt des parties tendantes à constater l’état du lieu après que nous aurons accédé dans l’intérieur des Carcés, et après que nous et le sieur Floquet géomètre commis, auront commencé à y faire nos observations nous requérant en même temps de lui concéder acte de la remise qu’il a faite de l’extrait du verbal de descente et du plan du sieur Caudier dont est recours, et de celui précédemment levé par le sieur Ardouvin, géomètre, de même que des verbaux de descente de 1628 et de 1629 et a signé avec les parties.
Signés : C. Blin. H. Meissonnier, Curateur des frères Blin. Arène Syndic. J. Gardanne. Gensollen et Sénès.
Et attendu l’heure tardée nous avons renvoyé la continuation à demain à neuf heures du matin ayant assigné les parties à notre logement et à la dite heure.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
Le mardi sixième décembre, les procureurs et les parties s’étant rendus à notre logement à l’heure assignée toujours en absence dudit sieur Commandeur de Beaulieu n’y d’aucun pour lui.
Ledit maître Aubin toujours au dit nous dit que la plupart des résonnements contenus à la réplique des frères Blin et des Syndics des Sauvans parties adverses sont inutiles et d’aucune considération, car en premier lieu dès le moment qu’ils ont acquiescé à notre ordonnance du troisième du courant rendue sur la première réquisition des Syndics de Sarraire et Consorts et qui est de la dernière justice, elle doit sans difficulté être exécutée à plein sens qu’il soit permis aux paries d’y donner aucune extension, d’où il s’en suit que tout ce que maître Sénès a allégué à ce sujet ne saurait y apporter atteinte et devient tout à fait inconsidérable.
En second lieu les frères Blin et les Syndics des Sauvans parties adverses ont tellement aussi reconnu la justice de la seconde réquisition des Syndics de Sarraire et Consorts qu’ils ont été forcés de consentir que les deux canons du moulin de la Nerte restent ouverts pendant la commission, lequel consentement ledit maître Aubin accepte comme judiciaire et aussi requiert de lui en concéder acte et de faire droit à sa seconde réquisition, quand aux prétendus dommages-intérêts des frères Blin pour raisons, de ce, ce n’est là qu’une pure vision et un prétexte pour tacher de donner quelque couleur au dit consentement, car s’il pouvait être question de pareille chose, il ne serait certainement pas difficile de faire voir qu’il ne leur en compterait aucun, attendu qu’ils ne sont point portionnaires des eaux des Carcés, et qu’ils n’ont jamais joui des surversures d’une muraille de la hauteur de l’ancien terme à deux pans et quart étant très indifférent au Sarraire et Consorts, qu’il surverse de l’eau dans le canal de la Nerte pour faire tourner un ou plusieurs moulins, ainsi que le tout a été démontré au procès et que l’on y fera voir plus sensiblement, comme aussi l’inutilité et le peu de fondement des raisons énoncées par les adversaires et qui tendent à se fonds du procès.
En troisième lieu la réquisition des Sarraire et Consorts sur le bouchement de la première martelière du canal de Sarraire ou Beaulieu et qui sert à arroser les terres du sieur Albert et les observations et déclarations que le sieur Floquet doit faire là-dessus sont très essentielles bien que les adversaires allégeant qu’elle n’aboutit à rien en affectant d’interpeller les Sarraire et Consorts, s’ils y existent ces adversaires citent faux en disant que le sieur Albert et autres particuliers de Sarraire et Consorts arrosent des eaux du canal des Fillols, car il est certain que l’arrosage de ce canal est entièrement étranger et n’a rien de commun avec celui de Sarraire ou Beaulieu, ce qu’il nous sera facile de reconnaître à mesure que nous serons sur les lieux et à cet effet ledit maître Aubin au dit nom en persistant à la réquisition qu’il a faite à ce sujet, nous requiert au surplus d’ordonner que le sieur Floquet en procédant à cette opération déclarera comme le premier espalier de l’arrosage de Sarraire et Consorts est situé dans la terre du sieur Albert et que celui-ci arrose une partie de la dite terre par le dit espalier.
Quant au nivellement ledit maître Aubin a fait voir dans son précédent dire que la prétention des adversaires de vouloir faire niveler jusqu’au moulin de Beaulieu ne peut servir qu’à prolonger la commission, et à causer par là volontairement des frais, en effet le niveau de pente, doit être pris sans difficulté par distance égale dans les deux canaux ; car autrement ce serait comme une injustice criante aux Sarraire et Consorts, attendu comme l’on a déjà observé dans le précédent dire, que le moulin de Beaulieu se trouve distant d’environ cinq cents cannes au lieu que le canal de la Nerte n’en a que douze et que part conséquent par ce peu de niveau de pente mort qu’il y ait dans le canal de Sarraire ou Beaulieu, il s’y en trouverait plus considérablement que dans celui de la Nerte par rapport à cette longue distance d’environ cinq cents cannes et faisant encore attention que le niveau de pente qui provient d’un grand éloignement ne procurera jamais la même quantité d’eau qu’une moindre pente dans un espace très court, comme l’est celle du canal de la Nerte, or la loi devant être égale il est de la dernière justice que ce nivellement que nous ordonnerons soit fait dans l’un et l’autre canal à même distance, c'est-à-dire sans avoir égard à l’éloignement du moulin de Beaulieu, parce que en ce cas comme on ne saurait trop le répéter, il conviendrait indispensablement de niveler du côté des Sauvans parties adverses jusqu’à une distance égale où la colonne d’eau fuit avec plus de vitesse à mesure que celle qui la précède se précipite par une pente rapide comme les parties adverses l’ont même dit en termes exprès dans leur précédente réplique.
À l’égard de tous les autres résonnements des adverses on y répond pas seulement pour ne pas consumer mal à propos des séances, attendu que ces résonnements ne tendent qu’au fond se déservant les Sarraire et Consorts d’y répondre en temps et lieu et d’en faire voir l’inutilité et le peu de fondement et proteste des frais frustrés et de tout ce qui de droit.
Signés : L. Molinier Syndic. E. Bouffier Syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.
Ledit maître Sénès en improuvant tous les faits et résonnements des adversaires et au bénéfice des observations et protestations que dessus a dit qu’il est nécessairement engagé à nous requérir d’ordonner que le sieur Floquet observera et énoncera en parcourant le canal des Sarraire ou Beaulieu les petits ponts qui le traversent et qui servent au moyen des gorges à porter les eaux du canal des Fillols dans les fonds inférieurs ce qui servira à prouver que les fonds qui se trouvent depuis l’embouchure du canal des Sarraire jusqu’à la bastide des Bourguets n’arrose pas des eaux du même canal et à détruire en même temps les faits hazardés par les adversaires et quant à ce qu’ils ont dit pour éviter le nivellement du canal de Sarraire jusqu’au moulin de Beaulieu, ledit maître Sénès se rapportant à ce qu’il a dit ci devant ajoute seulement que tout ce qui tend à détruire l’état des lieux et à éclaircir les contestations des parties ne doit pas être négligé, le nivellement requis aurait pu être par nous ordonné d’office, à plus forte raison quand les parties le requièrent, se rapportant pour les surplus à toutes les démonstrations faites au procès et aux réquisitions à faire encore et ont signé :
J. Gardanne. J. Arène Syndic. Gensollen. Ch. Blin. Meissonnier Curateur et Sénès.
Et attendu l’heure tardée, nous avons assigné les parties à cinq heures du soir à notre logement dans lequel temps nous travaillerons à faire notre ordonnance sur les réquisitions respectives qui nous ont été faites, laquelle ordonnance nous avons faite de la manière suivante.
Nous conseiller du Roi Commissaire pourvoyons sur les réquisitions qui nous ont été respectivement faites ci-dessus par les parties, en concédant acte auxdits maîtres Sénès et Aubin la rémission des pièces mentionnées dans leurs réquisitions, protestations et consentements avons ordonné que sans préjudice de droit des parties ni attribution d’aucun nouveau, tous les canaux du moulin de la Nerte resteront ouverts durant la durée de notre commission sauf les dommages et intérêts que les frères Blin pourraient souffrir pour raison de ce par défaut de travail, s’il y échoit que les deux canaux, c'est-à-dire celui de Sarraire ou Beaulieu et celui de la Nerte seront nivelés par le sieur Floquet géomètre, en deux manières différentes, la première en prenant une égale distance tant dans un canal que dans l’autre, et la seconde en nivelant le canal de Sarraire ou Beaulieu dans tout son cours, jusqu’au moulin de Beaulieu, et celui de la Nerte jusqu’à l’extrémité de la voûte sauf d’être par nous ordonné un plus long nivellement si nous le jugeons nécessaire après la visite que nous ferons pour prendre une idée générale des lieux, et que la pente des deux canaux et de chaque manière dont ils auront été nivelés sera énoncé dans le rapport ou relation dudit sieur Floquet et qu’à cet effet les deux canaux seront nettoyés dans tout leur cours ou seulement aux endroits qu’il jugera nécessaire suivant les règles de son art, les grosses pierres, graviers mobiles et boue ôtés jusqu’à l’endroit qu’il reconnaîtra être le lit du canal que ledit sieur Floquet prendra et énoncera dans son rapport la profondeur et dimension du puit du moulin de Beaulieu, la chute totale de ce moulin et sa pente depuis l’orifice de son canon jusqu’à la fuite sous les roudets et jusqu’au ferme sous icelui, que ledit géomètre prendra et énoncera la pente des moulins à farine de M. de Solliès, de leurs puits et canons jusqu’au ferme, en dessous des roudets, déclarera ledit sieur Floquet dans son rapport ou relation si le premier spalier qui sert à l’arrosage des Sarraire et des Consorts est situé à la terre du sieur Joseph Albert, et si ledit Albert arrose une partie de la dite terre par le même spalier, qu’il fera boucher la première martelière du canal de Sarraire ou Beaulieu et observera et énoncera dans son rapport si lorsque cette martelière est bouchée le regonfle ne remonte qu’avec peine les rives pour pouvoir arroser et si la difficulté serait encore plus grande en tirant du même canal le gravier uni surtout s’il ne tournait qu’un moulin, et si ledit sieur Albert et plusieurs autres particuliers des quartiers de Sarraire et Consorts seraient par là privés d’arroser ou s’ils ne le pourraient qu’avec beaucoup de peine, observera encore ledit sieur Géomètre et énoncera dans son rapport les petits ponts qui traversent le canal de Sarraire ou Beaulieu et qui servent au moyen des gorges a porter les eaux du canal des Fillols dans les fonds inférieurs, ordonnant au surplus que notre ordonnance du trois du courant sera exécutée sauf néanmoins à nous d’ordonner conformément à icelle ce que nous jugerons nécessaire le cas échéant.
Fait à Solliès ledit jour sixième décembre 1740.
Signé : Villeneuve d’Ansouis.
Laquelle ordonnance a été publiée aux parties après quoi maître Sénès procureur des frères Blin et des Syndics des Sauvans nous a tenu un comparant contenant la réponse au moyen de recours des Syndics de Sarraire et Consorts au bas duquel comparant nous avons fait notre ordonnance d’acte et signifié.
Et attendu que nous n’étions pas commodément dans les chambres que nous occupions au cabaret chez ledit Laugier dit Gavarron, nous avons couché chez maître Pey procureur et ledit maître Regibaud, greffier chez la dame veuve Richaud et attendu l’heure tarde, nous avons assigné les parties à demain à neuf heures du matin à l’endroit de notre logement chez ledit maître Pey.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Régibaud greffier.



 

Le barrage des Piquets et la prise du canal des Ferrages.

 

 Et lesdits maîtres Sénès et Aubin, s’étant rendus avec leurs parties au lieu assigné, ledit maître Aubin a dit que les Syndics de Sarraire et Consorts ses parties ont diverses observations à nous faire touchant la situation des lieux contentieux de même qu’au sieur Floquet géomètre, mais désirant qu’au par avant de rédiger par écrit les dites observations et les opérations qu’il conviendra faire à ce sujet il est à propos que nous parcourions lesdits lieux pour en rendre une idée générale, il nous requiert de vouloir tous présentement y accéder avec notre suite et avons signé.

Signés : L. Molinier, Syndic. E. Bouffier Syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.

Descente dans le canal des Carcés

Et tout de suite nous nous sommes portés en même compagnie dudit sieur Floquet et à la réquisition indication des dites parties est toujours en absence dudit sieur Commandeur de Beaulieu aux lieux contentieux c'est-à-dire au canal couvert où dégorgent les eaux de la fuite des moulins banaux de M. le marquis de Solliès et où elles se divisent en deux, cet endroit est un endroit souterrain et couvert, il est appelé Carcés, il est situé vis-à-vis la place dans laquelle il y a une fontaine au devant de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de ce bourg du Pont de Solliès à quelques pas des moulins banaux et de l’hôtel de ville, nous sommes descendus dans ce canal souterrain par un trou ouvert qui est à la place attenant la maison de M. Jean-François Gensollen, notaire y étant descendu par une échelle avec les procureurs et plusieurs des particuliers des quartiers entre lesquels se trouve le litige, nous étant reposés sur des planches que l’on avait fait remettre pour éviter que nous ne fussions dans l’eau qui découlait encore de la fuite d’un moulin qui travaillait, c’est dans cet endroit où le canal qui reçoit les eaux de la fuite des moulins se séparant en deux, dont l’un découle du côté du midi et l’autre du côté du couchant, nous rapportant au surplus à la description que le sieur Floquet géomètre commis fera de ce lieu, les parties nous y ont fait faire respectivement de même qu’au dit sieur Floquet les observations générales qu’elles ont cru nécessaires pour leurs intérêts, l’après midi du même jour nous sommes partis toujours avec notre greffier et ledit sieur Floquet, accompagnés des dits maîtres Sénès et Aubin assistés de leurs parties au parc dudit sieur Marquis de Solliès ayant suivi le canal jusqu’à l’endroit où il y a l’écluse et la prise de ses moulins, les parties nous ayant continué leurs observations là-dessus de même que sur le canal que nous avons suivi en rebroussant chemin et sur les coups perdus et martelières qui son audit canal, ayant suivi ledit canal jusqu’à l’issue de la propriété du sieur Joseph Albert pendant lequel trajet les parties ont continué de nous faire faire et audit sieur Floquet les instructions et observations nécessaires pour nous donner à l’un et à l’autre des idées générales des lieux, après quoi nous nous sommes tous rendus à notre logement.
Signé : Villeneuve d’Ansouis.
Où étant, ledit maître Aubin intervenant pour les Syndics de Sarraire et Consorts a dit que comme nous venons de parcourir la plupart des endroits contentieux avec notre suite et que nous avons présentement une idée générale desdits lieux, il nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet géomètre commis, en procédant observera :
1er que les égouts de l’arrosage des terres de M. de Solliès de même que de celles qui sont situées le long de la rivière tant du côté des quartiers des Sarraire et Consorts que de l’autre côté tombent dans la rivière et se réunissent à l’écluse où les particuliers des quartiers des Sauvans prennent leur arrosage de même que les eaux de diverses sources qui se trouvent dans la dite rivière sans compter l’eau continuelle qui coule du parc de M. de Solliès par les spaciers et les coups perdus qui s’y trouvent.
2e qu’il observera encor et déclarera qu’il y a un trou qui est à la muraille des Carcés à main droite tirant du côté du moulin de la Nerte, lequel trou était autrefois la conduite de l’égout de la fontaine à quatre tuyaux située à la place publique, laquelle fontaine par une conduite nouvellement faite se dégorge dans la rivière de Gapeau.
3e qu’il observera et déclarera aussi qu’il y a un comble à l’embouchure du canal de Sarraire ou Beaulieu où l’eau séjourne sans aucun découlement lorsqu’il ne survient pas une eau continuelle, ainsi que le sieur Hermite le déclare dans son rapport page 48 de l’extrait, et de quelle façon ce comble a pu être formé par l’eau si ce ne serait point parce que le canal de Sarraire ou Beaulieu n’ayant aucune pente dans sa fuite l’eau creuse par conséquent dans le commencement et regonfle ensuite par le défaut de pente, ledit maître Aubin nous requiert de vouloir ordonner que le sieur Floquet observera et déclarera dans son rapport ou relation le tas de fin limon que l’eau dépose à l’embouchure du canal de Sarraire ou Beaulieu du côté gauche et que pour plus grande instruction il fera en même temps l’épreuve de mettre un morceau de papier au dessus de l’angle opposé au canal de la Nerte par où l’on verra que ce regonflement et la rapidité des eaux qui entrent dans le canal de la Nerte resserre tellement celles qui se trouvent dans ce coin que le papier qui reste dessus n’en peut plus sortir ou qu’avec beaucoup de peine, se rapportant d’ailleurs ledit maître aubin a la prudence et a l’expérience dudit sieur Floquet pour donner de plus amples instructions au sujet de ce comble dont il fera mention dans son rapport.
4e que ledit sieur Floquet en procédant observera et déclarera que le coin où était l’ancien terme est un rocher ferme comme aussi l’excavation ou échancrure qui est au coin dudit rocher où était ledit ancien terme, et que de l’autre côté et vis-à-vis ledit rocher, il n’y a que bâtisse à l’embouchure du canal de la Nerte et qu’il n’y paraît aucun rocher sur le gravier de la hauteur de l’ancien terme.
5e — que le sieur Floquet mesurera la hauteur dudit rocher où était le terme à commencer du ferme du lit du canal et de l’endroit où ce terme était placé en conformité du rapport de 1628, le gravier movible non compris.
6e que le sieur Floquet déclarera si le terrain qui est attaché au rocher où était le terme n’est pas un terrain formé des particules terrestres que les eaux entraînent avec elles au lieu d’une mousse ou poussière qui peut tomber de la voûte, mesurera jusqu’à quelle hauteur ce terrain s’est formé à commencer du ferme ou lit du canal, le gravier non compris et de l’endroit où était pris l’ancien terme, déclarera encore si ce terrain ne se trouve point au bas du rocher et aux endroits que l’eau couvre lorsque les moulins de M. de Solliès travaillent et de quelle nature est le rocher où était l’ancien terme.
7e de même il observera que l’angle en bâtisse qui est sur le rocher où était autrefois l’ancien terme est formé par deux murailles dont l’une est entièrement dans le canal de la Nerte et l’autre dans celui de Beaulieu ou des Sarraire et en fera une déclaration expresse.
8e en procédant il observera encore que si le canal de la Nerte était entièrement barré celui de Sarraire serait une continuation de celui des Carcés, et au moyen de ce qu’il ne formerait qu’un seul et même canal, et qu’il déclarera aussi expressément de même que si en barrant le canal de la Nerte par une muraille d’une certaine hauteur laissant toujours subsister le canal de la Nerte, si cette muraille ne le séparait point de celui dit des Carcés et ne ferait point département desdits deux canaux.
9e que ledit sieur Floquet en procédant fera aussi les observations pour déclarer si les deux bars étant relevés sur un lit de mortier avec bâtisse de chaque côté et aux endroits nécessaires selon l’art, ils ne formeraient pas une muraille à peut près de la hauteur de l’ancien terme de deux pans et quart qui étaient au coin du rocher et si cette muraille formée desdits deux bars encloués au centre l’un contre l’autre et bâtis selon l’art ne seraient pas à l’épreuve de la rapidité des eaux.
10e que le sieur Floquet déclarera si ces deux bars ne paraissent pas fort anciens et fort usés conformément à ce qui a été dit par les sieurs Hermite et Caudier précédemment géomètres, qu’il mesurera leur largeur, longueur et épaisseur, à la mesure ordinaire de ce pays et qu’il observera en même temps les enclouures qui se trouvent sur lesdits bars pour savoir si elles ont été faites par la nature ou à main d’ouvrier.
11e que ledit sieur Floquet en procédant mesurera et déclarera dans son rapport la largeur du canal de la Nerte que le sieur Caudier a déclaré avoir 9 pans ½ à son embouchure au folio 101 de son rapport qu’il mesurera en même temps la longueur desdits deux bars que le sieur Caudier a aussi déclaré avoir 9 pans ½ en la page 216 et qui se trouvent faire précisément la largeur dudit canal de la Nerte, et au moyen de ce que ledit sieur Floquet déclarera si ce n’est pas avec fondement que le sieur Hermite dans son rapport page 93 verso, a dit que les deux bars en question étant relevés et assis sur un lit de mortier avec bâtisse formeraient une muraille qui fermerait totalement le canal de la Nerte.
12e que ledit sieur Floquet en procédant mesurera et déclarera encore dans son rapport ou relation la juste largeur du canal de Sarraire à son embouchure et jusqu’à la terre du sieur Pellotier de même que la largeur du canal de la Nerte jusqu’à sa fin et de laquelle opération il en fera aussi mention.
13e qu’il observera et déclarera qu’à l’embouchure du canal de la Nerte du côté droit tirant vers la rivière, il manque à la muraille une assise de pierres qui a été arrachée et qui doit être rétablie, laquelle ouverture ne doit point être comprise dans la largeur ordinaire que doit avoir le canal de la Nerte, attendu que la dite muraille n’a pas originairement été faite pour rester en cet état, laquelle assise servait aux croisillons de voûte qui avancent un peu plus que le reste de la muraille.
Et le déclarera aussi dans son rapport et finalement que ledit sieur Floquet géomètre mesurera la hauteur du gravier qui en dessous des bars a commencé depuis le [    ] ou de l’endroit où était posé l’ancien terme à deux pans et quart de hauteur jusqu’au dessous dudit gravier ce qu’il déclarera aussi dans son rapport ou relation et a signé.
Signés : L. Molinier Syndic. Hauvel. Gensollen. E. Bouffier Syndic et Aubin.
Et attendu l’heure tarde ; nous avons assigné les parties à après demain à 9 heures du matin à notre logement attendu la fête de la Vierge.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
Du vendredi 9e décembre lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés comme dessus et s’étant rendus au lieu assigné, ledit maître Sénès a dit que s’agissant de répondre aux réquisitions faites par ledit maître Aubin à la dernière séance et de les expliquer, modifier et restreindre, il va le faire le plus précisément qu’il se pourra sans approbation néanmoins des indications que les adversaires voudront tirer des déclarations qu’ils exigent du sieur Floquet et qui font l’objet de leurs réquisitions sous la protestation de les détruire dans son temps et toutes autres de droit et sous la réquisition qu’il nous fait lui-même d’ordonner qu’il soit déclaré en même temps par le sieur Floquet que toutes les vérifications et déclarations qu’il fera sont de l’état actuel des lieux, c’est-à-dire en hiver et dans un temps d’abondance d’eau, sauf les autres réquisitions qu’il pourra faire dans le cours de la commission.
1er  sur la première réquisition des adversaires ledit maître Sénès n’empêche qu’il y soit statué suivant notre prudence sous la protestation que dessus, c'est-à-dire que le sieur Floquet déclarera qu’il ne tombe dans la rivière des égouts d’eau des endroits désignés dans la réquisition que lorsqu’il y a des surverts des rives du béal du moulin par l’abondance des eaux, et des martelières du Marquis de Solliès que lorsque les fermiers arrosent.
2e sur la seconde réquisition ledit maître Sénès nous requiert de son chef d’ordonner que le sieur Floquet observera et énoncera que le prétendu ancien égout de la fontaine quand elle jaillissait tombait dans le canal commun des Carcés.
3e sur la troisième réquisition ledit maître Sénès nous requiert de son chef d’ordonner que la déclaration requise par les adversaires s’il y a un comble à l’embouchure du canal de Sarraire et celle d’où procède le prétendu fin limon dont il parle de même que l’épreuve du morceau de papier sur l’eau ne se feront par le sieur Floquet qu’après le nettoiement et le nivellement par nous ordonné du même canal et encore que le sieur Floquet fera ses déclarations en faisant l’épreuve de la façon qu’il jugera la plus convenable par l’éclaircissement du fait sans qu’il soit besoin de lui fixer ce qu’il doit faire la dessus.
4e sur la quatrième réquisition ledit maître Sénès n’empêche qu’il y soit pourvu sans approbation toutefois du second chef se réservant de faire une réquisition qui renfermera l’endroit sur lequel porte ce second chef, c'est-à-dire sur le rocher qui règne le long des murailles du canal des Carcés et celle des deux canaux respectifs jusqu’à certaine distance et hauteur.
5e sur la cinquième réquisition ledit maître Sénès n’empêche qu’il y soit pourvu après néanmoins le nettoiement et nivellement des canaux sauf de détruire dans son temps les instructions que les adversaires voudront en tirer.
6e sur la sixième réquisition ledit maître Sénès n’empêche aussi qu’il y soit par vous prononcé, sous la même protestation ajoutant par réquisition de son chef que le sieur Floquet déclarera si le terrain attaché au rocher dont les adversaires parlent n’est pas une terre produite par le rocher ou partie du rocher même démolie par l’humidité perpétuelle des lieux, attendu la nature molle et saffreuse dudit rocher pour raison de quoi ledit maître Sénès en fait une réquisition exprès.
7e sur la septième réquisition ledit maître Sénès n’empêche qu’il en soit pourvu ajoutant que pour un plus grand éclaircissement du fait le sieur Floquet doit déclarer ensuite de notre ordonnance qui interviendra que l’angle saillant formé par les deux murailles qui se joignent l’une du canal de la Nerte et l’autre du canal de Sarraire et construit sur le coin du rocher faisant département et séparation des deux canaux et d’une même forme angulaire.
8e sur la huitième réquisition, nous requiert de son chef d’ordonner que le sieur Floquet déclarera et énoncera dans son rapport ou relation si en barrant entièrement le canal de Sarraire, celui de la Nerte ne serait pas une continuation de celui des Carcés et ne formerait pas par là un seul et même canal comme aussi qu’il déclarera et énoncera si le canal de la Nerte étant barré par une muraille d’une certaine hauteur sans le fermer tout à fait ce canal ne serait pas plutôt une fosse qu’un canal et si cette barrure qui formerait une fosse ne résiste pas absolument à la diction et dénonciation d’un canal formé pour recevoir des eaux et tel qu’il est énoncé dans les verbaux de descente de 1628 et 1629 pour être l’un de ceux dont le canton et muraille angulaire fait séparation et le département suivant l’énoncé de ces titres.
9e sur la neuvième réquisition ledit maître Sénès en observant préliminairement que les adversaires travestissent et détruisent même ce qu’ils avaient allégués dans leurs dires lors de la descente de M. le Conseiller de Charleval page 97 de l’extrait où il ne parle que d’appui des deux bars à l’ancien et de sa pose par derrière les bars dit qu’il n’empêche pas qu’il soit par nous pourvu à la réquisition des adversaires ainsi que nous le jugerons à propos, mais qu’il n’approuve en rien les inductions qui pourraient en être l’objet, il nous requiert d’ordonner en même temps que le sieur Floquet déclarera dans sa relation si dans le dessein de construire une muraille à un endroit où on est fondé de le faire on ne la construit avec une épaisseur proportionnée et avec bons fondements au dessus de laquelle muraille on place alors les pierres ou bars qui en font le couronnement non verticalement, mais bien en plat qui suivant les règles à bâtisse et le lit de pareilles pierres comme dans leurs [    ], de quoi ledit sieur Floquet vérifiera si le sol du canal au point du dessous des bars n’est pas de même nature et gravier que le dit lit et que s’il y a des vestiges d’ancienne bâtisse de fondement, il déclarera encore sur la dimension qu’il prendra desdits bars quelle hauteur ils auraient à leurs positions verticales et eu égard à l’enfoncement qu’ils doivent avoir dans le sol, suivant les règles de l’art pour être fermes et à l’épreuve du courant des eaux.
10e sur la dixième réquisition ledit maître Sénès n’empêche qu’il y soit par nous statué nous requérant de son chef d’ordonner que le sieur Floquet déclarera la situation des trous qui sont à chaque bars, s’ils sont à bars horizontal ou plat ou à leur surface verticale et sur quelle face ces bars auraient été percés pour être encloués et posés verticalement le tout en appliquant le fait aux règles de l’art.
11e sur la onzième réquisition ledit maître Sénès n’empêche qu’il y soit par nous pourvu si nous le trouvons à propos puisque les adversaires ont déclaré à leurs dires à la séance du cinquième du courant qu’ils adoptent le mesurage du sieur Caudier sur la largeur du canal de la Nerte et la longueur des bars, et qu’il soit ordonné que le sieur Floquet mesurera et énoncera la largeur du canal de la Nerte et qu’il prendra et marquera la dimension des deux bars par longueur, largeur et épaisseur, mais quant à la déclaration qui accompagne la réquisition et que les adversaires veulent que le sieur Floquet fasse sa déclaration sur le rapport du sieur Hermite, c’est une raillerie de le prétendre puisque la relation de ce dernier a été anéantie en tout par celle du sieur Caudier, si nous trouvons à propos cependant que le sieur Floquet fasse sa déclaration sur le fait requis, ledit maître Sénès sans approbation des inductions que les adversaires, voudront en rires au procès n’étant pas question de savoir si deux bars relevés et assis sur un lit de mortier avec bâtisse peuvent former une muraille de cloison d’un canal mais bien de savoir si ces bars [   ] mis en construisant le canal de la Nerte pour le barrer de quoi il n’y a nulle trace du procès, ledit maître Sénès se rapporte de son chef à la réquisition par lui ci-dessus faite en répondant à la huitième des adversaires.
12e  sur la douzième ledit maître Sénès n’empêche l’opération du mesurage du canal de Sarraire à son embouchure pour en marquer la largeur de même qu’au canal de la Nerte, mais quant à la restriction faite par les adversaires jusqu’à la terre du sieur Peltier à l’effet de ne faire prendre la largeur du canal que jusqu’à ce point, elle n’est pas juste et la largeur de ce canal doit être prise dans tout son cours jusqu’à l’espalier d’arrosage du quartier des Sarraire en observant dans cette opération du mesurage de l’espace depuis l’embouchure jusqu’à la terre du sieur Pelotier, que la largeur du canal doit être prise non des murailles qui le bordent mais des échancrures qu’il y a sous ces murailles et dans lesquelles l’eau s’étend et s’enfonce à plusieurs pouces laquelle largeur du même canal sera pareillement prise des enfoncements qui y règnent par côté dans presque tout son cours, et à cet effet ledit maître Sénès nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet fera les vérifications des dites échancrures et enfoncements et les opérations contenues au présent article et énoncera le tout dans sa relation.
13e sur la treizième réquisition ledit maître Sénès n’empêche qu’il soit pourvu et s’il paraît au sieur Floquet qu’il manque à l’endroit désigné quelque pierre qui n’a été détachée que par vétusté sinon par mains d’homme, car si les adversaires insistent à soutenir qu’on l’a arrachée furtivement ou par voie de fait, on leur rétorquera avec bien plus de fondement d’avoir fait excaver successivement sous les muraillent qui bordent le canal de Sarraire et dans tout son cours pour en étendre la largeur ; il sera pourvu au rétablissement des pierres qui peuvent manquer de même qu’à la réparation des échancrures et enfoncement aux côtés dudit canal et lorsque le cas écherra et quant au prétendu avancement de la pierre qui peut manquer au côté droit du canal de la Nerte, on se rapportera à l’exactitude du sieur Floquet.
14e sur la quatorzième réquisition elle [   ] par affectation sans doute, d’une façon si obscure que ledit maître Sénès laisse aux lumières du sieur Floquet à y pénétrer et à opérer sur cette réquisition suivant son expérience sans approbation toujours des inductions et à signé.
Signés : J. Arène Syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. L. Meissonnier. Curateur et Sénès.
Après quoi nous avons renvoyé la continuation à trois heures après midi au lieu de notre logement ledit maître Aubin nous ayant demandé ce temps là pour faire sa réponse au dire ci-dessus de maître Sénès.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
Et à la dite heure de trois lesdits maîtres Sénès et Aubin s’étant rendus à notre logement.
Ledit maître Aubin procureur des Syndics de Sarraire, La Tourre et Cadouiré a dit qu’il se rapporte à ses précédentes réquisitions sans approbation des explications, modifications et restrictions faites par les adversaires à la précédente séance de même que les inductions qu’ils prétendent tirer des nouvelles déclarations qu’ils exigent sauf de les débattre lorsqu’il en sera temps et sous toutes les autres protestations de droit en observant néanmoins :
1er  que nous sommes encore dans l’automne et non dans l’hiver et qu’il n’a point régné des pluies pour faire augmenter les eaux des sources, ce que le sieur Floquet déclarera aussi dans sa relation, comme aussi qu’indépendamment des survers des rives du béal du moulin et des martelières du Marquis de Solliès, il y a des égouts continuels qui aboutissent à la rivière ainsi que nous l’avons remarqué lors de notre visite faite le septième de ce mois.
2e  l’on convient que l’égout de la fontaine située à la place publique tombait anciennement dans le canal des Carcés, mais les adversaires doivent aussi convenir de leur chef que présentement les eaux se dégorgent à la rivière de Gapeau supérieurement au lieu des Carcés.
3e ledit maître Aubin dit qu’il n’est pas douteux que les observations et déclarations requises par les Sarraire et Consorts, touchant le comble, le fin limon et l’épreuve d’un morceau de papier doivent être faites dans l’état actuel du lieu contentieux par la raison qu’elles doivent sans contredits précéder les opérations du sieur Floquet, ou autrement ces opérations dérangeraient cet état actuel du lieu contentieux.
4e ledit maître Aubin en faisant droit à sa quatrième réquisition nous requiert encore d’ordonner que le sieur Floquet observera et déclarera que l’excavation qui est au commencement du rocher où était l’ancien terme a été faite à main d’ouvrier et non point par l’eau et à cet effet que le sieur Floquet déclarera que cette même excavation à main d’ouvrier ne se trouve point au même rocher dans le canal de la Nerte n’y dans celui de Sarraire ou Beaulieu, c'est-à-dire au coin seulement, ledit maître Aubin n’empêche pourtant pas que le sieur Floquet déclare aussi dans son verbal les excavations que l’eau peut avoir faites dans l’eau et dans l’autre canal, en observant néanmoins qu’il y a des endroits dans le canal de Sarraire ou Beaulieu où le rocher avance et retient l’eau qui pourra rentrer dans les excavations notamment le rocher où était le terme.
5e il est fort indifférent que le sieur Floquet mesure la hauteur du rocher où était le terme à commencer du terme du lit du canal le gravier amovible non compris, à présent ou bien qu’il le fasse après le nettoiement et le nivellement, attendu qu’il est question d’une opération et non d’une observation, ainsi ledit maître Aubin le laisse à la prudence du sieur Floquet et lorsqu’il le trouvera bon.
6e ledit maître Aubin nous requiert d’ordonner en faisant droit à sa sixième réquisition et sans approbation du dire de maître Sénès à ce sujet que ledit sieur Floquet observera aussi et déclarera dans son rapport ou relation que le rocher en question est une pierre dure appelée vulgairement mauresque et que le terrain qui est attaché au dit rocher se trouve à peu près de la nature de ce lieu qui s’est attaché contre les rochers à l’issue des roudets qui sont continuellement dans l’eau et qui est assez dur ;
7e ledit maître Aubin sans approbation aussi des dires de maître Sénès nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet déclarera dans son rapport ou relation que l’angle n’est point saillant et pour qu’il fut déclaré tel, il faudrait qu’il fit une égale division des eaux laquelle ne peut être faite que par une muraille à deux pans et quart et que la ligne directe de cet angle fut directement opposé au courant des eaux et vis-à-vis des moulins à blé de M. de Solliès au lieu que cet angle se trouve opposé à la muraille des Carcés comme le sieur Floquet le reconnaîtra : le coin en bâtisse et construit sur les rochers ce que le sieur Floquet déclarera aussi,…



 

Plan du canal de l’Enclos et du canal des Ferrages en 1849.

 

… ledit maître Aubin nous requérant encore en faisant droit à la septième réquisition d’ordonner que ledit sieur Floquet déclarera qu’un coin ou angle n’est jamais pris pour une muraille mais bien l’extrémité d’une ou deux murailles jointes ensemble par un point peut être formé de différentes matières tant en bâtisse qu’en boisage, terrain, rocher ou autrement, il déclarera encore que le terme de deux pans et quart en question était dans l’excavation au coin du rocher et qu’une muraille n’est autre chose qu’une bâtisse en face.

8e ledit maître Aubin sans approbation toujours des dires dudit maître Sénès nous requiert en faisant droit à sa huitième réquisition d’ordonner que le sieur Floquet déclarera encore si après avoir barré le canal de la Nerte par une muraille d’une certaine hauteur de deux pans et quart appuyée contre le rocher, cette muraille qui s’appuyerait en ligne directe sur le rocher qui forme une ligne coupée du côté de la rivière ne formerait pas un coin conjointement avec le rocher angulaire, et si l’on venait à placer dans le canton un terme pour servir de règle à la hauteur de cette muraille ce ne serait pas avec raison qu’on dirait au canton et muraille, il y a un terme à la hauteur de deux pans et quart suivant le verbal de 1628, ou bien si on ne dirait pas également avec raison que l’on a reconnu sieur Floquet observera et déclarera que dans l’état actuel du lieu si l’on remplacé le terme qui a été enlevé, ce terme se trouverait placé dans un rocher excavé à ce sujet plus élevé que ledit terme et au dessous d’un angle en bâtisse élevé au dessus de la surface de l’eau formée par deux murailles naturelles pour faire département des canaux puisque le rocher seul fairait ce département si tant est qu’il peut le faire sans le secours de la muraille qui barrait le canal de la Nerte sans laquelle les canaux ne seraient jamais départis attendu que le canal de Sarraire étant une suite de celui des Carcés, celui qui se trouve supérieur ne serait point départi ni par le coin du rocher, moins encore par le coin des deux murailles qui se trouvent ci-dessus au lieu que les [manque à la photocopie] ledit maître Aubin se rapportant que le surplus à la dite huitième réquisition et à ce qui en sera dit au fonds du procès.
9e ledit maître Aubin sans approbation toujours des dires de maître Sénès et des inductions qu’il prêtant tirer des déclarations qu’il a requises de son chef nous requiert en faisant droit à sa neuvième réquisition d’ordonner que le sieur Floquet déclarera encore que le canal de la Nerte étant barré par une muraille de deux pans et quart de hauteur, ne serait jamais une fosse parce qu’une fosse n’est autre chose qu’une profondeur qui n’a aucune issue, au lieu que le canal de la Nerte restera toujours canal attendu qu’il aura toujours son issue et que l’eau y coulera toujours avec la même rapidité lorsqu’elle y sera rentrée, ledit maître aubin convient que le sol du canal est de la même nature que le lit apparent du canal de la Nerte et qu’il n’y a aucun vestige de bâtisse parce que les bars n’ont jamais étaient bâtis sur le gravier mais à niveau du ferme où était posé l’ancien terme aussi l’on a jamais demandé que les bars seraient relevés et bâtis sur le gravier pour former la muraille, ledit maître Aubin nous requérant encore à cet effet d’ordonner que le sieur Floquet déclarera que la superficie du gravier au dessous des bars, n’est pas ce niveau du ferme où était l’ancien terme.
10e ledit maître Aubin en persistant à sa dixième réquisition nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet déclarera que de quelque façon et à quelques endroits que les bars soient encloués étant relevés, les enclouures les rendraient plus solides que s’il n’y en avait pas.
11e ledit maître Aubin persiste à sa onzième réquisition disant que bien qu’il y ait eu recours du rapport du sieur Hermitte cela ne peut être d’aucun obstacle et ne prive point les Sarraire et Consorts de faire constater l’état des choses et de faire faire au moyen de leur recours toutes les déclarations, observations et opérations nécessaires, ledit Me Aubin ajoutant que tout justifié au procès l’évidence de la muraille à deux pans et quart, savoir, l’état des lieux, les bars, les enclouures, le regonflement des eaux lorsqu’on arrose, les rapports de 1628 et 1629, l’exécution de l’arrêt de 1634 et notamment les pièces qu’on produira au procès le justifieront toujours plus.
12e ledit maître Aubin en persistant à sa douzième réquisition sans approbation toujours des dires de maître Sénès nous requiert d’ordonner encore que les excavations et avancements dans le canal de Sarraire ou Beaulieu seront également observés par ledit sieur Floquet.
13e ledit maître Aubin en persistant à sa treizième réquisition nous requiert encore d’ordonner que ledit sieur Floquet observera et déclarera dans son rapport ou relation que les pierres qui manquent à la muraille de l’embouchure du canal de la Nerte sur la droite ne sont pas détachées par vétusté parce qu’elles auraient entraîné la ruine de l’édifice et par conséquent qu’elles ont été arrachées à main d’homme et les adversaires le défendent mal, lorsqu’ils prétendent qu’un pareil attentat a été commis dans le canal de Sarraire, nous requérant encore d’ordonner qu’il observera et déclarera que les excavations qui y sont, ont été faites par l’eau et dans la suite de plusieurs siècles, enfin ledit maître Aubin pour répondre à la dernière objection dudit Me Sénès dit que les Sarraire et Consorts, les parties sont maîtres de leur canal et de leur terre et que les adversaires ne doivent pas leur prescrirent des lois là-dessus n’y ayant d’ailleurs rien à statuer la dessus.
14e et sur la quatorzième et dernière réquisition ledit maître Aubin dit qu’il s’y rapporte et nous requiert de vouloir y faire droit nonobstant ce qui a été dit par ledit maître Sénès et a signé avec les parties.
Signés : E. Bouffier. L. Moulinier. Gensollen. Hauvel et Aubin.
Et attendu l’heure tarde, nous avons assigné les parties à demain à neuf heures du matin chez ledit maître Pey, nous nous couchons, ledit maître Sénès nous ayant observé qu’il ne pouvait se dispenser de répondre aux dires ci-dessus.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud, greffier.
Et ledit jour dixième décembre à neuf heures du matin lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés comme dessus s’étant rendus au lieu assigné.
10 décembre 1740
Ledit maître Sénès procureur des frères Blin et des Syndics des Sauvans nous a requis de lui concéder acte des déclarations, consentements et aveux contenus dans les précédents dires des adversaires comme judiciaires et irrévocables et qu’il relèvera dans son temps et persiste à ses précédentes protestations et réquisitions sans entendre approuver en rien celles que les adversaires ont entassées dans les mêmes dires, ni les inductions qu’ils voudront tirer des déclarations que nous pourrions en ordonner.
Sur le troisième chef du dire des adversaires ledit maître Sénès se rapporte à ses précédentes observations sur leur troisième réquisition ajoutant que là où nous trouverons à propos d’ordonner que les déclarations, opérations et épreuves y contenues soient faites en l’état actuel des lieux c'est-à-dire avant le nettoiement et nivellement du canal des Sarraire, nous ne pouvons nous dispenser d’ordonner en même temps que semblables déclarations, opérations et épreuves soient ainsi faites par le sieur Floquet après le nettoiement et le nivellement du même canal pour savoir au juste le véritable état de son embouchure après qu’il aura été nettoyé au point que les adversaires soient en droit de le nettoyer et comme ils le nettoient en effet pour dériver leur portion des eaux de la fuite des moulins supérieurs.
Sur le septième chef ledit maître Sénès se rapporte à la description que le sieur Floquet est chargé de faire de l’intérieur des Carcés sur les réquisitions respectives des parties, se référent à l’énoncé des verbaux de descente de 1628 et 1629 et à la déclaration que fera ledit sieur Floquet sur la nature à l’angle divisoire des deux canaux, s’il est saillant ou non, si dans l’esprit des experts qui procédèrent au verbal de 1628 et qui emploient ces mots au canton et muraille qui sépare et fait département des deux canaux le canton peut être pris pour autre chose que pour la muraille angulaire qui s’y appuie. Ces mots canton et muraille étant employés pour synonymes et joints par la copule et enfin si les observations alambiquées des adversaires peuvent changer la nature de cet angle divisoire et sa véritable disposition et destination.
Sur le huitième chef ledit maître Sénès sans approbation de toutes les vaines allégations des adversaires se rapporte aussi à la déclaration que fera le sieur Floquet si en l’état du lieu le coin angulaire forme autant par le rocher que par la muraille qui s’y appuie et qui est faite aussi en angle par l’aboutissant de celle du canal de Beaulieu et de celle du canal de la Nerte qui se reconnaissent à ce point peut faire autre chose que de séparer et départir ces deux canaux, et si en déplaçant la prétendue muraille de deux pans et quart de hauteur à l’embouchure de celui de la Nerte, et en ligne droite avec l’extrémité du coin angulaire, le même coin pourrait être alors énoncé faire la même opération et département laquelle déclaration doit prévaloir comme la plus naturelle et la plus conforme à l’état des Sarraire est lui seul la continuation de celui des Carcés.
Tout le reste du dire des adversaires ne mérite pas une sérieuse réparation, toutes les déclarations qu’ils requièrent ne tendent qu’à embrouiller et à obscurcir le véritable état des lieux, mais cette obscurité est bientôt dissipée par la clarté qui porte celle des Sauvans et des frères Blin persistent à ce que dessus laissant toujours au sieur Floquet à attendre le sens énigmatique de la quatorzième réquisition des adversaires et à opérer en conséquence puisque les adversaires refusent de la présenter d’une façon plus convenable à la justice.
Signés : Gardanne. Gensollen. C. Blin. J. Arène Syndic et Sénès.
Ledit maître Sénès ajoute que puisque les adversaires viennent de donner un éclaircissement verbal de leur quatorzième réquisition, le mesurage de la hauteur du gravier au dessous des bars doit être fait depuis le long du même gravier et de celui qui continue dans le canal de la Nerte suivant les règles de l’art et non pas à aucune profondeur puisqu’un canal aussi ancien que celui là ne peut pas être sans gravier et qu’à prendre pour règle de mesurage d’un gravier le ferme qui est au-dessous du gravier du canal de Sarraire ou Beaulieu ce qui dénaturerait les leurs, proteste contre toutes inductions à tirer de la déclaration qui pourra être faite sur les façons d’aller jusques aux fermes pour prendre la hauteur des graviers.
Signés : J. Gardanne. J. Arène Syndic. Gensollen. C. Blin. h. Meissonnier curateur et Sénès.
Ledit maître Aubin pour les Syndics des Sarraire et Consorts sans approbation des dires de maître Sénès et de toutes les indications qu’il prétend tirer des nouvelles déclarations qu’il a requises et concédant acte audit maître Aubin des consentements donnés par ledit maître Sénès dit qu’il persiste à ses précédentes réquisitions ajoutant seulement à la quatorzième que le mesurage dont il s’agit est très essentiel au procès ainsi qu’il se réserve de le faire voir en temps et lieux nous requérant au moyen de ce de faire droit à toutes les réquisitions des Sarraire et Consorts et à signer avec les parties.
Signés : Gensollen, L. Mollinier. Aubin etc.
Et attendu l’heure tarde nous avons assigné les parties à après demain lundi à cinq heures du soir, chez ledit maître Pey où nous logeons, pour pouvoir dans cette intervalle travailler à l’ordonnance que nous devons faire sur toutes les réquisitions ci-dessus.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud. Greffier.
12 décembre 1740
Et ledit jour douze décembre, les procureurs et les parties s’étant rendus au lieu assigné, nous avons fait la dite ordonnance de la manière suivante.
Ordonnance de
M. Le Conseiller Commissaire
Et Nous Conseiller du Roi, Commissaire pourvoyant sur les différentes réquisitions qui nous ont été respectivement faites par les parties en concédant auxdits maîtres Sénès et Aubin de leurs dires, réquisitions, protestations et consentements par eux donnés avons ordonné que sans préjudice du droit des parties ni attribution d’aucun nouveau le sieur Floquet géomètre observera et énoncera dans son rapport ou relation si les égouts, soit des arrosages des terres de M. de Solliès, soit de celles des quartiers de Sarraire et Consorts, soit de celles des autres particuliers situés le long de la rivière de Gapeau de chaque côté, tombent dans la dite rivière et si elles se ramassent à l’écluse qui sert à l’arrosage du quartier des Sauvans observera s’il découle de l’eau par les espaciers et les coups perdus du canal de M. de Solliès situé dans le parc, et si les égouts proviennent des surversures du béal des moulins, et si ceux des martelières proviennent dans un autre temps que celui où les fermiers de M. de Solliès arrosent, déclarera encore s’il y a des égouts continuels qui découlent dans la rivière différentes sources et aura égard dans quelle saison toutes ces observations et déclarations seront faites, observera et déclarera ledit géomètre dans lequel endroit du canal des Carcés tombait l’ancien égout de la fontaine à quatre canons située à la place vis-à-vis la paroisse de Saint-Jean-Baptiste et en quel endroit découle actuellement l’eau de cette fontaine, observera et énoncera ledit sieur Floquet si dans l’état actuel des lieux, il y a un comble à l’embouchure du canal de Sarraire ou Beaulieu, si l’eau y séjourne et s’il faut une eau continuelle afin qu’elle ait son cours et ce qui peut avoir causé ce comble, déclara encore si l’eau a déposé un tas de fin limon à l’embouchure et au côté gauche dudit canal, fera à cet effet l’épreuve d’un morceau de papier ou telle autre qu’il jugera convenable au dessus de l’angle opposé au canal de la Nerte pour connaître si les regonflements et la rapidité des eaux qui entrent dans le canal de la Nerte empêchent ce papier de sortir ou si c’est avec beaucoup de peine,
Ordonnons encore que ces déclarations et épreuves qui seront faites par ledit sieur Géomètre après le nettoiement et nivellement dudit canal de Sarraire ou Beaulieu, observera et énoncera dans son rapport si le coin où on prétend que l’ancien terme était posé est un rocher ferme de même que l’échancrure ou excavation située au coin dudit rocher et si vis-à-vis ledit coin à l’embouchure du canal de la Nerte il n’y a que bâtisse, et s’il y paraît de rocher sur le gravier de la hauteur de l’ancien terme déclarera si la dite excavation qui se trouve au coin du rocher est faite par main d’ouvrier ou par l’eau, et si cette même excavation au même rocher se trouve dans le canal de Sarraire ou Beaulieu et dans celui de la Nerte énoncera ledit sieur Géomètre qui se trouvent dans l’un et l’autre canal, et si dans celui de Sarraire ou Beaulieu il y a des endroits où le rocher empêche l’eau d’entrer dans les dites excavations, mesurera et déclarera après le nettoiement et le nivellement la hauteur du rocher où était le terme à commencer de l’endroit où il était posé, observera et déclarera de quelle nature de pierre se trouve le rocher où était posé le terme, si le terrain qui est attaché contre ce dit rocher provient de la terre que les eaux entraînent ou de la poussière qui tombe des voûtes, ou si c’est une partie du rocher même démoli par l’humidité continuelle des lieux et enfin si ce terrain est de la même nature que celui qui est attaché au rocher qui sont à l’issue des roudets, énoncera si ce même terrain se trouve au bas du rocher et aux endroits que l’eau couvre quand les moulins travaillent et jusqu’à telle hauteur il s’est formé à commencer de l’endroit où était posé le terme, observera et déclarera si l’angle est bâtisse qui est sur le rocher où était l’ancien terme est formé par deux murailles dont l’une est entièrement dans le canal de Sarraire ou Beaulieu et l’autre dans celui de la Nerte, de qu’elle nature est cet angle et quel effet il peut produire pour les départements et séparations des deux canaux, observera et énoncera si ledit canal de la Nerte étant entièrement séparé par une muraille de deux pans et quart de hauteur appuyée contre le rocher où était l’ancien terme et tirant en ligne droite du côté de la rivière si cette même muraille le séparait de celui appelé les Carcés de Sarraire ou de Beaulieu et l’autre de la Nerte et si dans cet état celui de Sarraire ou de Beaulieu ne formerait qu’un seul canal avec celui des Carcés, énoncera si le canal de la Nerte étant ainsi barré on pourrait toujours l’appeler canal et déclarera quel effet ferait cette muraille et quel nom on pourrait donner à l’endroit où cette muraille serait attenant audit angle entre les deux canaux, et si en barrant entièrement le canal de Sarraire ou Beaulieu par une muraille de même hauteur, celui de la Nerte serait une continuation du canal des Carcés et n’en formerait qu’un seul, observera en quel endroit l’ancien terme pouvait être placé audit angle, déclarera quel effet il pourrait y faire pour la réparation et département des eaux dans l’état actuel des lieux, déclarera ledit sieur géomètre, si les deux bars étant relevés sur un lit de mortier avec bâtisse à chaque côté et aux endroits nécessaires formeraient une muraille à peu près de la hauteur du terme de deux pans et quart, et si cette muraille fermée des dits deux bars encloués au centre l’un contre l’autre et bâtis selon l’art pourrait résister au courant des eaux, vérifiera si le sol du canal en dessous des bars est de même nature et gravier que le reste du lit et s’il a des vestiges d’ancienne bâtisse de fondements et déclarera qu’elle hauteur lesdits deux bars auraient à leur position verticale, et eut égard à l’enfoncement qu’ils doivent avoir suivant les règles de l’art pour résister à la rapidité des eaux, énoncera si la superficie du gravier en dessous des bars est à niveau du ferme où était l’ancien terme, observera et déclarera si les deux bars sont anciens et fort usés, mesurera et énoncera leur largeur, longueur et épaisseur à la mesure ordinaire du pays, expliquera les enclouures qui s’y trouvent, et si elles ont été faites par main d’ouvrier pour servir à les rendre plus solides étant élevés, énoncera à quelle position se trouve les trous qui sont à chaque bar et à quel endroit on les aurait fait, si on avait voulu enclouer et poser verticalement lesdits bars, mesurera et énoncera la largeur du canal de Sarraire ou de Beaulieu en deux manières, la première en prenant la dite largeur des murailles et rivière qui le borde dans tout son cours depuis son embouchure et jusque à l’espacier d’arrosage du quartier de Sarraire et la seconde en la prenant des échancrures ou enfoncement qu’il y a sous les murailles aux rives, vérifiera et fera mention dans son rapport des échancrures ou enfoncements et avancements qui se trouvent dans ledit canal et d’où elles peuvent procéder, prendra et mesurera la largeur du canal de la Nerte jusque à l’extrémité de la route, observera et déclarera si à l’embouchure du canal de la Nerte du côté droit tirant vers la rivière, il y manque une assise de pierres, si elles ont été arrachées par main d’homme, ou si elles sont tombées par vétusté, si elles doivent être rétablies si cette assise de pierres servait aux croisillons des voûtes, et si la largeur dudit canal doit être prise dans cet enfoncement, mesurera et déclarera enfin la hauteur du gravier qui se trouve sous les deux bars à commencer du ferme et déterminera selon ses connaissances et avait à présent en cet endroit le dessus de gravier servant de lit à ces bars et si le dessus dudit gravier est plus ou moins haut que le lit naturel des canaux des Carcés de la Nerte et Sarraire ou de Beaulieu, à la distance de trois ou quatre cannes loin desdits bars et dans l’autre de cette distance fera au surplus toutes les observations qu’il jugera nécessaires et notamment sur le canal des Carcés.
Fait à Solliès ledit jour douze Xbre 1740
signé : Villeneuve d’Ansouis.
Laquelle ordonnance a été publiée aux dits maîtres Sénès et Aubin assistés de leurs parties, présent ledit sieur Floquet géomètre, et attendu l’heure tarde nous avons assigné les parties à demain à neuf heures du matin chez ledit maître Pey où nous couchons.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
Le mardi treize dudit mois de décembre à neuf heures du matin lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés de leurs parties s’étant rendus au lieu assigné.
Ledit maître Aubin intervenant pour les Syndics des Sarraire et Consorts a dit qu’après notre première ordonnance du trois du courant les frères Blin et les Syndics des Sauvans parties adverses firent une réquisition par laquelle ils demandèrent de faire niveler tout le cours du canal de Sarraire ou de Beaulieu de même que celui de la Nerte sans avoir voulu faire attention que le canal de Sarraire ou de Beaulieu est distant d’environ cinq cents cannes, tandis que celui de la Nerte qui est le leur n’en a que douze ce qui donna lieu audit maître Aubin d’exposer dans son dire entre autre que là où nous viendrions à ordonner ce nivellement du cours du canal de Beaulieu, il était indispensable d’ordonner aussi que le même nivellement du cours du canal de Beaulieu serait fait, à même distance du côté des Sauvans parties adverses, et par notre ordonnance du six du courant, nous aurions entre autre ordonné ce nivellement en deux manières, savoir la première en prenant une égalité de distance tant dans un canal que dans l’autre, et la seconde en nivelant le canal de Sarraire dans tout son cour et jusque au moulin de Beaulieu et celui de la Nerte jusque à l’extrémité de la voûte, sauf néanmoins de par nous ordonné un plus long nivellement si nous le jugions nécessaire après la visite que nous ferions pour prendre une idée générale des lieux et d’autant que nous avons fait cette visite depuis quelques jours ce que les Syndics de Sarraire et Consorts ont intérêts de faire faire ce nivellement à distance égale, à cause que le canal de Beaulieu a environ cinq cents cannes de long, dans un temps que celui de la Nerte n’en a que douze comme l’on a dit, et que nous devons faire attention que le procès dont il s’agit est non seulement contre les frères Blin, mais encore contre les particuliers des quartiers des Sauvans, et qu’il est par conséquent juste que ce nivellement soit fait de la même distance d’un côté et d’autre afin de conserver une égalité de défense aux parties pour pouvoir ensuite tirer toutes les inductions qu’elles trouveront bon, ledit maître Aubin nous requiert à cet effet de vouloir à présent que nous avons une idée générale desdits lieux et conformément à notre ordonnance du sixième du courant, ordonner que ce nivellement sera fait par le sieur Floquet, non seulement en prenant une distance égale tant dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu que dans celui de la Nerte, mais encore qu’en nivelant ledit canal de Sarraire de tout son cours jusque au moulin de Beaulieu il nivellera aussi du côté des Blin et Sauvans parties adverses et jusque à propos de la distance du canal de Beaulieu, eu égard surtout que la colonne d’eau qui fuit avec plus de vitesse vers le canal des Sauvans à mesure que celle qui la précède se précipite par une pente d’eau rapide, ainsi que les adversaires l’ont eux-mêmes exposé dans leur dire du septième du courant et que c’est même pour cette seule raison qu’ils en formeront la prétention.
Ledit maître Aubin nous requiert encore d’ordonner que le sieur Floquet nivellera depuis le coin où était l’ancien terme et où le canal de Sarraire prend son commencement, à mesurer du sol le gros gravier non compris jusque à trois, quatre, six, huit cannes plus ou moins pour constater si dans ledit canal de Sarraire ou de Beaulieu il n’y a pas quelque élévation à quelque distance de son embouchure ou s’il n’y a qu’un niveau de pente mort il au cas qu’il s’y trouve quelque élévation dans cette distance plus ou moins longue, il en déclarera la hauteur ou le plus ou moins d’élévation, que ledit sieur Floquet déclarera en même temps dans son rapport ou relation, si dans la suite de ce canal de Sarraire ou de Beaulieu, c'est-à-dire à prendre de l’endroit où il aura fini ledit nivellement, il y découle plus d’eau qu’il en est parvenu jusqu’à cette distance, comme aussi il déclarera par contraire si de cette eau dans le trajet pour arroser au moulin de Beaulieu et aux extrémités des quartiers de Sarraire et Consorts, il ne s’en perd pas une quantité soit par les endroits où le terrain n’est pas solide ou ferme et où elle pénètre dans la terre, soit par parce qu’il en transpire toujours un peu par les espaciers, soit enfin parce que l’air, le vent et le soleil en consument toujours une certaine partie.
Réquisition du nivellement
depuis l’embouchure du canal de la Nerte
jusqu’au bout des voûtes
Ledit maître Aubin nous requérant encore d’ordonner que ledit sieur Floquet nivellera ensuite depuis l’embouchure du canal de la Nerte jusqu’au bout des voûtes ou ferme dudit canal et à l’endroit où il y a un canal qui conduit les eaux à la rivière c'est-à-dire où les eaux commencent à se perdre et jusqu’à l’endroit où il fut ordonné par M. le Conseiller de Charleval et par même distance ledit sieur Floquet nivellera dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu la pente, les bars non compris, comme aussi ledit maître Aubin toujours au dit nous, nous requiert de vouloir ordonner que le sieur Floquet mesurera la hauteur du coin ou bâtisse sur le rocher où était l’ancien terme formé par deux murailles et en déclarera la hauteur jusqu’aux voûtes. De même il nous requiert d’ordonner que ledit sieur Floquet observera et déclarera dans son rapport ou relation que depuis la prise des eaux dans le parc de M. de Solliès…



 

Barrage de Monsieur.

 

… jusqu’aux extrémités des quartiers de Sarraire et Consorts le long de la rivière, il n’y a que des prés à arroser et a signé avec ses parties.

Signés : H. Mollinier Syndic. Hauvel. Gensollen. E. Bouffier Syndic et Aubin.
Ledit maître Sénès au contraire pour les frères Blin et les Syndics des Sauvans a dit sous les protestations faites dans les précédentes séances que par notre ordonnance du six du courant ayant été dit qu’il serait par nous pourvu sur le plus grand nivellement requis par les adversaires depuis le bout des voûtes du canal de la Nerte et dans la rivière jusqu’à une égale distance que dans le canal de Sarraire à mesure que nous aurions visité les lieux nous ne pouvons prononcer sur ce nivellement que jusqu’à ce que nous ayons fait cette visite, aussi ledit maître Sénès nous requiert de surseoir à y pourvoir jusqu’à ce que, nous ayons parcouru le lit de la rivière en descendant jusqu’à l’écluse des Sauvans, étant persuadé que nous trouverons cette partie de nivellement la chose du monde la plus inutile et la plus frustratoire comme il nous le démontrera après que nous avions fait cette visite, nous requérant cependant de renvoyer à la séance prochaine pour défendre à la réquisition supposée que nous trouvons à propos d’y pourvoir en l’état et avant la visite des lieux.
Sur la seconde réquisition ledit maître Sénès, dit qu’elle est également frustratoire et inutile, puisque le nivellement par nous déjà ordonné du canal de Sarraire ou Beaulieu dans tout son cours comportera celui de la distance de trois, quatre, six, huit cannes, le moins étant contenu dans le plus, en sorte que s’il y a par impossibilité quelque prétendue élévation dans ce canal de Sarraire ou Beaulieu le nivellement la découvrira ce qui rend également inutile la déclaration que les adversaires requièrent de la prétendue hauteur ou du plus haut point de prétendue élévation. Quant à la plus grande ou moindre quantité d’eau découlant dans le canal de Sarraire ou Beaulieu la déclaration requise par les adversaires est aussi une inutilité puisque le plus ou le moins de pente dudit canal déterminera le plus ou le moins de volume d’eau et cette déclaration qui est si déplacée fera partie de l’opération du calibrage des eaux du même canal lorsqu’elle aura été requise et ce n’est qu’alors que la déclaration par les adversaires sur le plus ou le moins d’eau découlant dans leur canal pourra avoir sa place naturelle et quand à cet autre déclaration il se perd de l’eau du même canal soit par les endroits où le terrain n’est pas ferme et où l’eau pénètre dans la terre, soit par les transpirations des espaciers ou par les évaporations à l’air du vent et du soleil, c’est encore une inutilité puisqu’il dépend des adversaires de conserver et de ne pas prodiguer les eaux de leur canal en consolidant les prétendus endroits non fermes, et s’il se fait des évaporations par les vents, l’air et le soleil, ils ont cela de commun avec tous les arrosages et d’ailleurs les égouts ou transpirations des eaux du canal des adversaires ont dans la plus grande partie de l’étendue de leurs quartiers une pente autre que vers la rivière à l’écluse des Sauvans comme nous pouvons le vérifier en parcourant les lieux.
Sur la troisième réquisition les adversaires auraient du expliquer ce qu’ils entendent par le nivellement par eux requis jusqu’à l’endroit où il fût ordonné par M. de Charleval, car s’ils prétendent que la pente du canal de la Nerte soit prise jusqu’à la fuite des canons du moulin de la Nerte, les parties de maître Sénès nous observent que la pente ne doit être prise que jusqu’à l’issue du lit du canal de la Nerte et non pas des canons d’où elle dégorge et se précipite car autrement il faudrait prendre aussi la pente du canal de Sarraire ou Beaulieu jusqu’à l’issue du canon du moulin de Beaulieu par parité de raison et de nécessité, c’est ce que ledit maître Sénès ne nous requiert d’ordonner que par fins subsidiaires, que le nivellement du canal de Sarraire ou de Beaulieu sera pris et marqué jusqu’à l’issue du canon dudit moulin de Beaulieu en dessous de son roudet et ou les eaux commencent à se perdre et à prendre leur niveau, et quant à ce mot que le nivellement du canal de la Nerte sera pris, les bars non compris il y a été déjà par nous pourvu.
Sur la dernière réquisition elle est pareillement inutile puisque les prétendus égouts de quelques prés qui sont le long de la rivière ne sauraient rien décider sur la séparation et division des eaux qui s’est faite de tout temps dans le canal des Carcés par titres, par possession et par la nature des lieux, ajoute néanmoins ledit Me Sénès et sans préjudice aux raisons et défenses du quartier des Sauvans que toutes les prétendues observations des adversaires échoient encore plus contre les titres, la possession et la situation du moulin de la Nerte, et a signé avec les parties.
Signés : J. arène Syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Et avant de statuer sur les réquisitions qui nous ont été ci-dessus faites étant bien aise d’aller visiter le long de la rivière de Gapeau jusqu’à la prise des Sauvans, de même que le canal de Sarraire ou Beaulieu jusqu’au moulin nous avons assigné les parties à deux heures après midi pour aller faire la dite visite toujours avec ledit sieur Floquet géomètre.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regimbaud, greffier.
Est à la dite deux heures, lesdits maîtres Sénès et Aubin, assistés de quelques unes de leurs parties s’étant rendus au lieu de notre logement nous sommes tous partis assistés du sieur Floquet pour aller faire la visite de la dite rivière et de l’écluse des Sauvans ensemble du canal de Sarraire ou de Beaulieu, les parties nous ayant fait faire et audit sieur Floquet les observations qu’elles ont cru nécessaires à leurs intérêts et nous étant retirés à l’entrée de la nuit à notre logement.
Ledit maître Aubin sans approbation des dires de maître Sénès nous observe en premier lieu qu’il est extraordinaire de voir que les adversaires se raidissent si fort à empêcher le nivellement de leur côté jusqu’à même distance du canal de Beaulieu, car quand même ce nivellement requis par les Sarraire et Consorts, serait inutile comme les adversaires le présupposent ce que non, il suffit que nous ayons ordonné que le sieur Floquet nivellera dans tout le cours de canal de Beaulieu pour que nous devions faire faire la même opération du côté des adversaires et à proportion de la distance du canal de Beaulieu ou de Sarraire, n’étant pas même nécessaire pour cela d’avoir parcouru entièrement les lieux, car il n’y a là que de l’équité pour conserver les défenses respectives des parties, ajoutant d’ailleurs que cette opération est très nécessaire au procès ainsi qu’on le fera voir en temps et lieu.
Sur la seconde objection des adversaires pour tacher de rendre inutile la seconde réquisition des Sarraire et Consorts, ledit maître Aubin observe seulement que cette seconde réquisition est aussi très essentielle au procès et que nous devons sans difficulté y faire droit, parce que autrement ce nivellement de quatre, six, huit cannes plus ou moins se trouverait confondu avec le nivellement de Sarraire ou Beaulieu jusqu’au moulin de Beaulieu dans un temps que les Sarraire et Consorts ont intérêt de faire constater le niveau de pente séparément et à part et pour savoir la raison pourquoi l’eau dépose le fin limon dans le canal de Sarraire ou Beaulieu, et la difficulté qu’il y a quelle puisse entrer dans ce canal comme nous l’avons déjà ordonné eu égard encore que l’on doit constater ce niveau de pente pour servir ensuite au calibrage.
Sur la troisième objection ledit maître Aubin n’a d’autre explication à donner aux adversaires, si ce n’est que la réquisition des Sarraire et Consorts est de la dernière justice et qu’elle a pour fondement les propres systèmes des adversaires, c'est-à-dire que la colonne d’eau l’entraîne avec plus de rapidité surtout dans le canal et aux canons de la Nerte qui ne se trouvent guère éloignés de son embouchure et qui sont une suite naturelle et précipitée du niveau de pente de ce canal, et une continuation de ce même canal.
Quant à la réquisition subsidiaire des adversaires, il est tout à fait inutile puisqu’il est certain qu’il ne découlera jamais plus d’eau dans le moulin de Beaulieu que celle qui y sera parvenue et que nous avons déjà ordonné que le sieur Floquet prendra la hauteur de la pente de ce moulin.
Sur ce qui est de la dernière objection des adversaires ledit maître Aubin nous observe que lesdits frères Blin et particuliers des Sauvans, n’ont ni titre ni possession ainsi qu’il sera facile de faire voir au procès et d’y démontrer les inductions utiles et nécessaires que les Sarraire et Consorts tireront de toutes leurs réquisitions auxquelles ils persistent et nous requiert en même temps d’y faire droit et a signé avec ses parties.
Signés : L. Mollinier Syndic. Hauvel. Gensollen. Bouffier Syndic et Aubin.
Et attendu l’heure tarde, nous avons assigné les parties à notre logement à demain à neuf heures du matin, Me Sénès nous ayant dit qu’il a besoin de répondre à ce qui a été avancé par maître Aubin.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
14 Xbre 1740
Du quatorze décembre lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés comme dessus, s’étant rendus à notre logement à l’heure par nous assignée. Ledit maîtreSénès défendant sur la réquisition des adversaires tendant à faire ordonner le nivellement depuis le bout des voûtes du canal de la Nerte et son issue dans la rivière jusqu’à l’écluse appelée vulgairement des Luquets, dit qu’il n’aurait pas besoin de nous faire des observations autres que celles que nous avons déjà faites en visitant les lieux pour démontrer l’inutilité de la réquisition. En effet qui a jamais proposé que pour prendre la pente d’un canal il faille faire continuer cette pente après même l’issue de ce canal : ce serait une nouveauté tout à fait risible et si les adversaires en persistant au nivellement requis n’ont pas en vue d’allonger la commission par des opérations frustratoires, ils ont peut être celle de surprendre notre religion et celle [de] la Cour ; mais enfin pour ruiner entièrement le système de ce nivellement ledit maître Sénès nous observe que le canal de la Nerte ayant un aboutissant, la pente finie au même point et n’en a pas d’autre, ce sont là les saines règles de la géométrie hydraulique et un tel canal dégorgea-t-il dans un précipice par supposition, il n’en acquiert pas plus de pente que celle qu’on lui trouve à l’extrémité de son lit et de son cours.
C’a été pour éluder ce principe que les adversaires ont observé qu’à mesure que les eaux de canal tombent dans la rivière elles y découlent plus rapidement parce que la colonne d’eau qui fuit est précipitée par le poids de celle qui la précède ; mais ils abusent de ce principe car 1er cela ne pourrait jamais faire admettre au nivellement étranger au canal. 2e les eaux du canal de la Nerte en découlant par une pente naturelle dans la rivière s’y mêlent et ne forment qu’un seul volume avec les eaux de la rivière quant il y en a ce qui n’arrive jamais en été, elles ne peuvent pas en attirer d’avantage que celles que l’embouchure du canal en fournit à son issue. 3e déjà l’endroit de cet issue des eaux dans la rivière, la pente du lit de la rivière n’est pas toujours égale et unie, il s’y trouve au contraire comme nous l’avons remarqué dans la visite des endroits bas à six, huit, dix ou vingt cannes de long qui forment un niveau mort et qui ne peuvent pas laisser penser que la colonne d’eau qui précède puisse faire précipiter celle qui fuit. 4e enfin et ceci est essentiel, les quartiers de Sarraire, La Tourre et Cadouiré étant situés supérieurement à celui des Sauvans qui renferme ceux des Luquets, Penchiers, Daix et autres a plusieurs centaines de cannes, comme nous l’avons remarqué, il faut nécessairement que leur prise d’eau à la rivière est une pente proportionnée, car autrement, il ne leur serait pas possible d’arroser ; mais qu’on veuille faire servir cette pente du lit de la rivière, a prouvé que le canal des Sauvans a plus de pente que celui de Sarraire ou Beaulieu c’est une prétention véritablement risible c’est tout ce que les adversaires pourraient prétendre avec quelque couleur, si le quartier des Sauvans était à nouveau des leurs ; mais ce quartier et les autres qui le composent se trouvant plus bas de plusieurs cannes de pente, il faut nécessairement que la prise dans la rivière en ait une proportionnée.
Quant au nivellement du canal de Sarraire ou de Beaulieu dans tout son cours et qui fournit aux adversaires le prétexte qu’il faut pour le nivellement du lit de la rivière soit pris à pareille distance pour rendre disent-ils la balance égale, c’est mal résonner et encore plus mal conclure car les decours du canal de Sarraire n’est pas coupé par les bas fonds dans son lit, il est au contraire continué jusqu'à un certain espace, et son cours est marqué en certains autres par des pentes rapides comme le sieur Floquet l'a vérifié de sorte que les adversaires ayant observé que le commencement du lit de ce canal était à niveau mort, ce qui n'est pas pour induire que les eaux n'y entrent et n'y découlent qu'avec peine, cette observation a rendu absolument nécessaire le nivellement de tout le cours de ce canal pour faire conster que la rapidité de sa pente à certains espaces de son embouchure y attire les eaux et les fait découler de façon que le partage énoncé dans les verbaux de 1628 et 1629 est réalisé par l'état des lieux n'en souffre aucune ambiguïté.
Sur la seconde observation des adversaires ledit maître Sénès persistant aux siennes sur cet article, dit que c'est en vain qu'il remarque pour autoriser leurs observations qu'elle servira au calibrage des eaux, car ce n'est pas cette partie de nivellement qui servira, mais bien le nivellement de tout le cours du canal de Sarraire ou de Beaulieu, et les eaux qui y entrerons étant calibrés après le nettoyement et le nivellement, leur volume et leurs décours feront nécessairement comprendre si le prétendu niveau mort de l'espace au long de trois, quatre, six, huit cannes fait arrêter et séjourner les eaux, ou si elles y découlent au contraire avec facilité. C'est ce calibrage qui influera par les inductions qu'on en tirera dans son temps et non pas une pente prise séparément et résistante à toutes les règles de l'hydraulique.
Sur la troisième observation dit qu'il est sans exemple qu'on veuille faire prendre le canon d'un moulin pour la continuation d'un canal qui y donne les eaux et une fuite naturelle et précipitée du niveau de pente, aussi maître Sénès en persistant à la subsidiaire de son précédent dire sur cet article se réserve de faire une réquisition pour une autre espèce de nivelage accompagné d'une épreuve foncière pour faire connaître la nature de la pente qu'il faut au canal de la Nerte pour qu'il puisse tourner librement.
Au surplus la subsidiaire prise sur cet article par maître Sénès n'est inutile que parce que l'observation est réquisition des adversaires qui y donne lieu et qui est un vrai paradoxe l'est elle-même et ce, qu'il y a de particulier dans leur système c'est que lorsqu'il s'agit du canal de la Nerte: ils disent que la pente précipitée de ses canons y entraîne avec plus de rapidité la colonne d'eau, mais leur rétorque-t-on principe à l'égard de la pente de leur canal, c'est alors qu'ils disent avec chaleur que cette pente ne fera jamais découler plus d'eau qu'il n'y en est parvenu par son embouchure, qu'ils s'accordent donc avec eux-mêmes, qu'ils ne se jouent pas des principes et qu'ils souffrent une balance de raisonnement, persiste à ce que dessus, sous les susdites protestations et réclamations du procès et a signé avec les parties.
Signés : Gensollen. J. Gardanne. Arène syndic. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Et ledit maître Aubin sans approbation de tous les dires et raisonnements des adversaires et que l'on se réserve de détruire au procès dit que les Sarraire et Consorts persistent à leurs réquisitions en nous observant seulement qu'elles sont si essentielles que les adversaires font tous leurs efforts pour les éviter et empêcher des opérations qui leur seront meurtrières, ainsi que nous le reconnaîtrons dans la suite, n’étant par conséquent pas juste d’en priver les Sarraire et Consorts, que si les adversaires prétendent qu’il y ait quelqu’une de ces opérations inutiles, ce que non, ils l’opposeront au procès, mais nous ne devons jamais priver les Sarraire et Consorts des inductions qu’ils pourront tirer des opérations que nous ordonnerons ensuite desdites réquisitions, et de cette manière chacune des parties aura une entière liberté de se défendre au fonds, proteste de tout ce que de droit et acte, ayant signé avec ses parties.
Signés : L. Molinier syndic. E. Bouffier, syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.
Maître Sénès dit qu’il suffit que les adversaires conviennent de l’inutilité de leurs réquisitions et des opérations qui en sont l’objet pour nous engager à purger notre commission de tant de superfluités qui ne servent qu’à la prolonger mal à propos persiste et a signé.
Signés : J. Arène, syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Et ledit maître Aubin dit au contraire que bien loin de convenir de l’inutilité des réquisitions des Sarraire et Consorts et des opérations qui seront faites en conséquence, il nous à contraire requis, comme il nous requiert encore expressément d’y faire droit, puisqu’elles sont très essentielles pour observer une égalité de défense et pour conserver en même temps les inductions que les Sarraire et Consorts veulent en tirer, disant en outre que la superfluité n’est que dans les demandes frivoles des adversaires et a signé.
Signés : L. Molinier syndic. E. Bouffier syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.
Et attendu l’heure tarde nous avons assigné les parties chez ledit M. Pey à quatre heures après midi pour pouvoir travailler à l’ordonnance que nous devons rendre sur les réquisitions ci-dessus.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
Et après avoir examiné les dires des parties, nous avons fait notre ordonnance de la manière suivante :
Ordonnance du Conseiller
concernant le nivelage des canaux de
la Nerte et autres dispositions
Nous Conseiller du Roi, Commissaire, avons concédé acte auxdits maîtres Sénès et Aubin de leurs dires, réquisitions et protestations et ordonné que sans préjudice du droit des parties ni attribution d’aucun nouveau le sieur Floquet, géomètre nivellera le canal de la Nerte depuis son embouchure les bars non compris jusqu’à l’extrémité des voûtes et même jusqu’à la superficie de l’eau de la rivière vis-à-vis la chute dudit canal et déclarera quel est le courant de la rivière en cet endroit et en dessous jusqu’à la distance qu’il trouvera convenable, énoncera en procédant au nivellement du canal de Sarraire ou Beaulieu y a ordonné s’il y a dans ledit canal quelque élévation, qu’elle est la hauteur et à quelle distance de son embouchure elle se trouve et s’il y a un niveau de pente mort, à quelque distance de son embouchure et si après il y a plus de rapidité expliquera qu’elle eau il se perd dans ledit canal et comment elle se perd, mesurera le coin en bâtisse qui se trouve sur le rocher où était le terme et en déclarera la hauteur jusqu’aux voûtes, expliquera enfin dans son rapport ou relation en quoi consiste les terres le long de la rivière qui ont leur pente vers elles depuis la prise des eaux dans le parc de M. de Solliès jusqu’aux extrémités des quartiers de Sarraire, La Tourre et Cadouiré.
Fait à Solliès ledit jour quatorze Xbre 1740.
Signé : Villeneuve d’Ansouis.
Laquelle ordonnance a été publiée auxdits maîtres Sénès et Aubin, assistés comme dessus en présence dudit sieur Floquet, après quoi maître Sénès pour les frères Blin et les Syndics des Sauvans a dit que pour achever de bien faire conster de l’état actuel des lieux, il ne lui reste plus que quelques observations à faire sur la description de l’intérieur des Carcés qui est le véritable point où réside le procès, et quelques opérations à requérir pour bien faire connaître la pente du canal du Carcés et la situation des moulins à farine et de celui de Beaulieu et le volume d’eau qu’il faut à chacun pour tourner librement.
Il nous requiert à cet effet d’ordonner :
1e que le sieur Floquet prendra et marquera le niveau de pente du lit du grand canal des Carcés depuis le sol ferme sous les roudets des moulins à farine, jusqu’au couronnement des bars qui se trouvent présentement à l’embouchure du canal de la Nerte, et tout de suite qu’il prendra et marquera pareil niveau depuis le même point au dessous des roudets jusqu’à l’embouchure du canal de Sarraire ou de Beaulieu lequel niveau sera pris de ferme en ferme dudit canal des Carcés.
2e Que ledit sieur Floquet prendra et marquera le niveau de pente depuis le dessus et couronnement desdits bars de la façon qu’ils se trouvent, jusqu’à l’embouchure des canons du moulin de la Nerte et de ceux du moulin qui est par côté, observera et marquera le niveau mort auquel se trouvent les eaux lorsque ce dernier moulin travaille, et qu’elles sont arrêtées par la digue movible ou restanque que sont obligés de faire les frères Blin possesseurs du moulin de la Nerte pour les dériver par plus de poids et leur donner un peu plus de rapidité dans les canons dudit moulin pour suppléer par là à la partie d’eau qui lui manque pour son travail et que les bars en l’état qu’ils sont empêchent d’y découler en les faisant dériver dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu, observera et remarquera la pente qu’ont les moulins et déclarera dans sa relation si celui qui est placé le premier et qui est celui de la Nerte peut travailler en l’état actuel du decours des eaux même avec la restanque et si l’autre le peut aussi autrement que par le regonflement des eaux causé par ladite restanque, lesquelles eaux restant à niveau mort dans le canal où se trouve ladite restanque qui est celui qui dégorge le plus en droiture dans la rivière ont plus de pesanteur dans leur chute et acquièrent par là la force de faire tourner ledit moulin.
3e Que ledit sieur Floquet déclarera et énoncera si les trois moulins à farine qui sont situés de front et qui ont leur fuite dans le canal des Carcés travaillent ou si au contraire il n’y en a que deux qui travaillent de même aussi si celui qui est par côté et qui est à huile appartenant à la communauté travaille actuellement et s’il y a quelque autre moulin sur le même front ou ligne.
4e Que ledit sieur Floquet observera et énoncera l’ancienneté des voûtes tant du grand canal des Carcés que ceux de la Nerte et de Sarraire ou de Beaulieu et marquera suivant ses connaissances si elles ont été faites en même temps ou laquelle lui paraît la plus ancienne.
5e – Qu’il observera et énoncera le rocher qui règne le long aux bords du canal des Carcés et de celui de la Nerte et jusqu’à quelle distance à mesure qu’il s’éloigne de son embouchure et qu’il en prendra et énoncera la hauteur au dessus de la superficie des eaux au dessous jusqu’au ferme du lit, déclarera suivant sa connaissance si les faces dudit rocher telles qu’elles existent ont été l’effet de la nature, ou si elles lui paraissent avoir été taillées à mains d’homme pour ouvrir le canal de la Nerte en l’état qu’il est, comme aussi, si au côté opposé au rocher angulaire et divisoire des deux canaux et du côté du canal de la Nerte : il n’y a pas un lit de rocher de même nature sur lequel s’appuie la muraille et la voûte.
6e Qu’il observera et énoncera si l’angle saillant ou le rocher angulaire qui fait la séparation des deux canaux de la Nerte ou de Sarraire ou de Beau lieu est coupé à plomb et en perpendiculaire du côté de celui de la Nerte de même que le canton et muraille qui y est appuyé et bâti si ledit coin de rocher lui paraît taillé à main d’homme ou coupé ainsi par la nature et mesurera la hauteur dudit rocher à commencer depuis la superficie dudit canal après le nivellement.
Ledit maître Sénès nous remarque en outre que n’ayant fait que des observations verbales et fugitives sur la nature de l’écluse de M. le Marquis de Solliès au moyen de laquelle se fait la prise des eaux du béal des moulins et de la division desquelles il s’agit à leur fuite desdits moulins dans le canal des Carcés, il importe à ses parties que ces observations soient mises par écrit pour le sieur Floquet y avoir égard dans l’adresse de son plan, et de sa relation et pour cet effet il nous requiert d’ordonner que ledit sieur Floquet déclarera et énoncera
1er Que l’écluse dont il s’agit a été formée pour l’usage des moulins banaux de M. de Solliès, qu’elle traverse la rivière de Gapeau pour arrêter le cours des eaux et les faire dériver dans la prise que forme le béal desdits moulins.
2e Que cette écluse a été faite par la nature elle-même étant une roche vive et escarpée qui la forme à la hauteur du gravier qui est au dessus et que les endroits où le rocher avait laissé quelque vide à sa partie supérieure sont remplis par des ouvrages solides de pierre de taille et que le haut de l’écluse est couronné et clos par des poutres et soliveaux [   ] et cramponnés avec des fers plombés et le tout engravé par du fin gravier et gerbes que remplissent et bouchent la moindre ouverture.
3e Que l’ouverture qui se trouve audit béal des moulins à quelques pas au dessous de la prise est un coup perdu qui sert à vider les eaux dudit béal lorsqu’il y a des tourbes et que le fermier des moulins veut les faire nettoyer, ce qui n’arrive que rarement, lequel coup perdu de même que celui qui est à quelque pas au dessous sert encore pour le vidage des eaux, lorsque la saison des eaux et des plages font enfler la rivière et le béal.
4e Que le canal qui est en dessous du côté du levant qui est marqué dans le plan de sieur Hermitte pour être le canal des Terrins est le canal du quartier du Vignal et Canadel, dont les eaux faisaient la matière du procès jugé par l’arrêt du parlement de Grenoble du 17 avril 1546. Enfin que les martelières qui sont le long dudit béal de chaque côté ne servent qu’à l’arrosage des fonts qui s’y trouvent et non pas à laisser découler d’eau quand ils n’arrosent pas et a signé avec les parties.
Signés : J. Arène syndic. Gensollen. J. Gardanne. Blin Joseph.
Blin fils approuvent ce qui a été signé par mon frère et ce qu’il signera pendant tout le cours de la procédure et ce qui sera fait par maître Sénès notre procureur. H. Meissonnier, curateur approuvant le consentement donné par Joseph Blin et Sénès.
Et attendu l’heure tarde nous avons assigné les parties à demain au même endroit à neuf heures du matin.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.



 

Prise du canal du canal l'Enclos sur le Gapeau.

 

15 Xbre 1740
Le quinze dudit mois de décembre lesdits maîtres Sénès et Aubin ; assistés comme dessus s’étant rendus au lieu assigné.
Ledit maître Aubin a dit que les réquisitions faites par les adversaires à la précédente séance sont toutes inutiles et frustratoires et ne servent qu’à allonger mal à propos la commission ainsi que nous reconnaîtrons dans la suite à mesure que nous ferons la visite du procès au fond aussi les Sarraire et Consorts sans approbation des dires des adversaires et des inductions qu’ils prétendent tirer de leurs réquisitions et en protestant des frais frustrés nous observent seulement qu’en à présent que pour ce qui est de la première, elle est très captieuse et ne tend qu’à surprendre notre religion et celle de la cour, en effet en prenant le niveau de pente du lit du grand canal des Carcés depuis le sol ferme sous les roudets des moulins à farine jusque au couronnement des bars qui sont à l’embouchure du canal de la Nerte il est certain que ces bars emporteraient une partie assez considérable du niveau de pente et c’est à quoi nous devons faire une attention particulière, comme aussi qu’à l’embouchure du canal de Sarraire ou de Beaulieu ayant un comble il semblerait par là que ce canal de Sarraire ou de Beaulieu a plus de pente que celui de la Nerte tandis que la pente de ce comble se trouve corrigée par l’élévation qu’il y a ensuite ; ledit maître Aubin nous observant en outre qu’ayant déjà statué sur le nivellement de pente des deux canaux respectifs des parties et à distance égale, cette réquisition devient tout à fait inutile et n’a été conçue par les adversaires que pour tacher de donner atteinte à notre ordonnance et à embrouiller toujours plus la matière.
Ledit maître Aubin nous observera encore sur la cinquième réquisition des adversaires nous y avons également pourvu par nos précédentes ordonnances ainsi sans approbation toujours des dires des adversaires, on se rapporte à ce qui a été ci devant avancé par les Sarraire et Consorts sur ce chef, et à ce qui en a été par nous ordonné.
Quant à la septième réquisition des adversaires, elle est d’abord contraire aux titres du procès, puisque l’on voit entre autres dans le vu des pièces de l’arrêt de 1546 que le béal des moulins de M. de Solliès a été construit pour l’arrosage des terres avant l’établissement desdits moulins, en second lieu ledit maître Aubin nous requiert encore d’observer qu’il découle de ce béal quantité d’eau, et qu’il en découlerait encore plus si les quartiers supérieurs ne la retenaient pas actuellement. En troisième lieu que le quartier appelé anciennement vignal est aujourd’hui entendu par celui des Terrins et que le quartier qu’on appelait Canadel l’est aujourd’hui sous le nom des Trois Pierres, Fillols et Laugiers, ainsi qu’il sera facile de le prouver s’il en est besoin et finalement ledit maître Aubin nous requiert encore d’observer qu’à mesure que l’on arrose les prais des martelières qui sont le long du Béal de M. de Solliès, l’eau de ces prés tombe en abondance dans la rivière et qu’indépendamment de ce ; il y a toujours des transpirations considérables et continues qui vont également se dégorger dans la rivière.
À l’égard des seconde, troisième, quatrième et sixième réquisitions, l’on y répond pas parce qu’elles sont toutes à fait inutiles, au moyen de quoi ledit maître Aubin toujours sans approbation des dires des adversaires et des inductions qu’ils prétendent en tirer et qu’ils se réservent de débattre en temps et lieu proteste de l’inutilité des frais frustrés et de tout ce que de droit et a signé.
Signés : L. Mollinier syndic. E. Bouffier syndic, Hauvel, Gensollen et Aubin.
Ledit maître Sénès sans approbation des dires de maître Aubin ni des inductions que les parties d’icelui voudront en tirer, et en persistant à ces réquisitions dit sur sa première réquisition qu’elle ne tend qu’à éclaircir car le nivellement du canal des Carcés depuis le ferme en dessous des roudets des moulins à farine parut si nécessaire lors de la descente de M. le Conseiller de Charleval que les adversaires se gardèrent bien de le contester, il servira d’ailleurs à marquer un niveau fixe pour déterminer si les eaux de la fuite desdits moulins sont rapides ou non réservé ensuite aux parties d’en tirer les inductions qu’elles trouveront à propos, et quant au point marqué et requis du nivellement jusque au commencement des bars, il fut également ordonné par M. de Charleval sans préjudice du droit des partie, c’est aux adversaires à détruire au procès s’ils le peuvent et on ne les empêche pas, les inductions que les parties du répondant en tire et en tireront encore et à établir que la hauteur des bars ne doit pas compter pour grossir le niveau de pente de ce canal.
Sur la cinquième réquisition ledit maître Sénès dit qu’il est vrai que nous avons déjà ordonné la description et le mesurage du rocher angulaire et divisoire des deux canaux, mais il n’y a pas été pourvu à la description de tout le long vu dudit rocher au dessus dans les Carcés et en dessous dans le canal de la Nerte, ni aux déclarations que le sieur Floquet doit faire de leur état actuel, et de leurs faces et si la nature les a coupés ou la main d’homme.
Sur la septième réquisition ledit maître Sénès dit qu’il n’y a qu’à lire deux lignes de l’arrêt du parlement de Grenoble pour se convaincre que le canal manqué devant le plan du sieur Hermitte pour être celui des Terrins et celui du Vignal et Canadel et si maître Sénès persiste à le soutenir de même c’est pour conserver à ses parties les réflexions à faire là-dessus au fonds du procès et pour dissiper toute équivoque et que l’erreur de plan du sieur Hermitte en ce chef pourrait laisser.
2e Il Ajoute qu’il faut douter désormais de tout, si l’on doute à présent que le béal des moulins à farine ne soit pour leur usage et travail puisque outre l’évidence et notoriété, il n’y a que le fermier desdits moulins qui ait soin de réparer l’écluse qui prend les eaux de la rivière et [      ] ledit Béal le reste du dire des adversaires au sujet des martelières et du prétendu découlement des eaux n’est qu’une répétition superflue et il a été déjà pourvu et le sieur Floquet en déclarera l’état actuel et cette répétition fait bien plutôt soupçonner les adversaires qui ne sont pas fort attentifs à abréger.
Leur silence sur les deux, trois, quatre et six chefs de la dernière réquisition de maître Sénès est un fait dont il tirera dans un temps les inductions convenables.
Ledit maître Sénès ajoute à sa réflexion sur la septième réquisition qu’il était inutile de parler de la relation des eaux supérieures à l’écluse de M. le Marquis de Solliès parce que ces eaux démonstratives ne doivent pas être retenues pour verser dans la rivière, et grossir celles qui entrent dans la prise de cette écluse, sur quoi il se rapporte à notre première ordonnance et nous laisse à en ordonner ce que nous trouverons à propos en conformité d’icelle et a signé avec ses parties.
Signés : J. Arène Syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin H. Meissonnier et Sénès.
Et tout de suite ledit maître Aubin sans approbation des dires de maître Sénès ni des inductions que ses parties prétendent tirer de leurs réquisitions et que les Sarraire et Consorts persistent à leurs précédentes réponses, ajoutent que le nivellement du canal des Carcés étant commun, l’opération en devient inutile et est capricieuse de la part des adversaires puisque l’on en a déjà dit et nous observent subsidiairement que là où nous viendrions à ordonner ce nivellement, nous aurions la bonté de le faire faire jusqu’à la rivière les bars compris et à la terre du sieur Peloutier où le canal de la Nerte finit, et du côté des Sarraire ou Beaulieu jusqu’à même distance nous observant en outre qu’il conviendrait de statuer sur cette réquisition qu’après que nous aurons fait faire les opérations sur les nivellements déjà ordonnés et qui nous donneront des éclaircissements sur celles là.
À l’égard de tout le reste des résonnements des adversaires on n’y répond pas pour être inutiles, laissant à notre prudence d’y statuer ce que nous trouverons bon, les Sarraire et Consorts nous suppliant de retrancher toutes les inutilités et protestent de tout ce que de droit.
Signés : L. Mollinier syndic. E. Bouffier, syndic. Gensollen. Hauvel et Aubin.
Et ledit maître Sénès en persistant dit que le nivellement du lit du canal des Carcés étant une opération de description des lieux, il convient à l’intérêt des parties qu’il y soit statué sans renvoi et sur le nivellement requis subsidiairement par les adversaires, il est très inutile, puisqu’il a été déjà par nous ordonné depuis l’embouchure de chaque canal, ne restant plus à ordonner que celui du lit des Carcés pour déterminer la pente qu’il peut avoir jusqu’à chaque embouchure des canaux respectifs à quoi a conclu et a signé.
Signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Et attendu l’heure de midi, nous travaillerons à l’adresse de l’ordonnance que nous avons à rendre sur les dires et réquisitions ci-dessus, laquelle ordonnance nous avons faite de la manière suivante.
Ordonnance de reconnaissance 
du niveau du canal de la Nerte
Nous, Conseiller du Roi, Commissaire pourvoyant sur les réquisitions ci-dessus en concédant acte auxdits maîtres Sénès et Aubin de leurs dires, réquisitions, et protestations, avons ordonné que sans préjudice du droit des parties ni attribution d’aucun nouveau, ledit sieur Floquet, géomètre prendra et marquera le niveau de pente du canal de la Nerte en deux façons, la première depuis le sol ferme en dessous des roudets des moulins à farine de M. de Solliès jusqu’à la rivière vis-à-vis la chute dudit canal avec les bars non compris et partant toujours du même point dessous les roudets jusqu’à la même distance qu’il aura prise dans le canal de la Nerte ; il marquera le niveau de pente qu’il y a dans celui de Sarraire ou de Beaulieu prendra et marquera encore le niveau de pente du canal de la Nerte depuis le dessus et couronnement des bars dans l’état actuel jusqu’à l’embouchure des canons du moulin de la Nerte et de ceux du moulin qui est par côté, expliquera si lorsque ce dernier moulin travaille, il y a un niveau de pente mort et qu’elle en est la cause, déclarera la pente qu’ont les moulins et si celui qui est placé le premier peut travailler dans l’état actuel du décours des eaux même avec la restanque et si le dernier peut travailler sans regonflement, énoncera si les trois moulins à farine situés de front travaillent ou s’il n’y en a que deux, et si celui à huile appartenant à la communauté situé par côté travaille actuellement et s’il y a quelqu’autre moulin sur la même ligne, observera à l’ancienneté des voûtes tant du canal des Carcés que ceux de Sarraire ou Beaulieu et de la Nerte, et expliquera s’il y en a quelqu’une qui paraisse plus ancienne, énoncera s’il règne un rocher de long en long aux bords du canal des Carcés et de celui de la Nerte et jusqu’à quelle distance il avance dans ce dernier, fera mention de la hauteur au dessus de la superficie des eaux et au dessous jusqu’au ferme du lit et si le rocher tel qu’il existe parait avoir été taillé pour ouvrir le canal de la Nerte en l’état qu’il est, ou si c’est un effet de la nature, déclarera si dans le canal de la Nerte au côté opposé un rocher angulaire il s’y trouve un lit de rocher de la même nature sur lequel porte la voûte ; énoncera si le rocher angulaire est coupé à plomb et perpendiculaire dans le canal de la Nerte, de même que le canton en bâtisse qui s’y appuie et si le coin dudit rocher est taillé à main d’homme et prendra la hauteur dudit rocher depuis la superficie du lit du canal après le nivellement, observera et expliquera pour quel usage a été faite l’écluse de M. de Solliès, si elle faite à main d’homme ou par la nature, si on y a fait quelque ouvrage par-dessus, quel en est le couronnement et quelle est la situation par rapport à la rivière et à la prise du canal, expliquera encore à quel usage ont été faites les ouvertures au canal des moulins à quelques pas au dessous de la prise, s’il y a un canal servant à l’arrosage au dessous de la prise, et du côté du levant, enfin pour quel usage ont été faites les martelières qui sont le long dudit canal de chaque côté. Fait à Solliès ledit jour quinze décembre 1740.
Signé : Villeneuve d’Ansouis.
16 et 17 Xbre 1740
Descente du sieur Floquet et
du Commissaire aux Carcés
Laquelle ordonnance a été publiée auxdits maîtres Sénès et Aubin toujours assistés de leurs parties et en présence dudit sieur Floquet géomètre ayant employé le reste de la journée et celle du lendemain seize à examiner avec ledit sieur Floquet les pièces qui nous ont été remises par les parties, de même que le plan levé par le sieur Cundier et celui levé par le sieur Hermitte et samedi dix sept nous sommes descendus audit lieu dit les Carcés, avec le sieur Floquet, n’y ayant point d’eau, attendu que les moulins ne travaillent pas le samedi ; nous et ledit sieur Floquet ayant reçu les instructions qui ont été données par les parties, ledit sieur Floquet ayant fait quelques opérations dont il a chargé ses mémoires toujours en absence dudit sieur Commandeur de Beaulieu, ayant été aidé dans ses opérations par Laurent Augier et Pierre Padouvy qui ont été convenus par les parties auxquels nous avons donné le serment.
Signé : Villeneuve d’Ansouis.
19 Xbre 1740
Le lundi matin dix-neuf dudit mois, le sieur Floquet a travaillé à prendre des notes sur les différentes ordonnances que nous avons rendues, et à deux heures après midi nous sommes encore descendus par une échelle aux Carcés sur des planches que les parties y ont fait mettre en forme de théâtre pour éviter que nous ne fussions dans l’eau, mais comme les moulins travaillaient, nous n’avons pas pu y tenir, ce qui nous a obligé d’en sortir, et nous nous sommes portés tout de suite toujours en compagnie du sieur Floquet desdits maîtres Sénès et Aubin et de quelques unes des parties à l’espacier de la propriété du sieur Albert où le sieur Floquet a fait quelques opérations dont il a chargé ses mémoires et les parties nous ayant dit qu’elles avaient d’autres réquisitions à nous faire nous les avons assignées à demain à neuf heures du matin chez ledit M. Pey où nous couchons.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
20 Xbre 1740
présentation et
acceptation des aides
pour le sieur Floquet
Ledit jour vingt décembre lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés comme dessus s’étant rendus au lieu assigné avec leurs parties nous ont dit qu’ils ont convenu des nommés Pascal et Jean Aiguier, Laurent Augier et Antoine Rimbaud pour aider le sieur Floquet géomètre dans ses opérations et pour tout ce qui sera nécessaire à raison de la commission après quoi.
Ledit maître Sénès pour les frères Blin et les syndics des Sauvans pour un plus grand éclaircissement du fait essentiel du procès par rapport à la division des eaux de la fuite des moulins à farine dont il s’agit nous a requis d’ordonner que le sieur Floquet vérifiera et calibrera les eaux qui sortent du canon de tel desdits moulins à farine qui travaillent actuellement et qu’il trouvera à propos et l’énoncera dans sa relation.
2e qu’il vérifiera et calibrera les eaux qui sont nécessaires pour le travail du moulin de Beaulieu en l’état actuel qu’il est, c'est-à-dire après une cessation de travail depuis environ cinq ou six ans, et qu’il fera la même opération après le nettoiement du petit canal qui porte ses eaux au canal de Sarraire et les dérive dans le pays dudit moulin, lesquelles opérations il fera cependant après avoir vérifié avec un ou deux meuniers adjoints et non suspects dont les parties conviendront, autrement par nous pris et nommés d’office autre que ceux de Cuers qui sont suspects aux parties de comparaissant l’état du canon des roudets et autres engins dudit moulin, dont le tout sera mis dans l’état qu’il doit être pour qu’il ne se perde aucune eau par des ouvertures ou fentes et déclarera en même temps les dites vérifications et réparations faites s’il ne lui faudrait pas une moindre quantité d’eau pour tourner quand son travail est continuel et non interrompu toutes lesquelles opérations en hydraulique il énoncera dans sa relation.
3e qu’il calibrera et mentionnera également les eaux d’égouts qui découlent des moulins à farine quand ils ne travaillent pas et de la façon que le fermier desdits moulins en bouche l’ouverture et leurs puits et déclarera dans lequel des deux canaux de la Nerte ou de Sarraire ou de Beaulieu les dits égouts découlent en l’état actuel des bars qui sont à l’embouchure de la Nerte et si les dits égouts étant dérivés soigneusement dans le puits du moulin de Beaulieu seraient suffisants pour le faire tourner eu égard à la pente considérable à la chute dans le pays et de son canon sur le roudet en rétrécissant ledit canon au calibre proportionnel suivant les règles de l’hydraulique et a signé avec ses parties :
signés : J. arène syndic. J. Gardanne. Gensollen C. Blin H. Meissonnier curateur et Sénès.
Et tout de suite ledit maître Aubin sans approbation des réquisitions des frères Blin et des syndics des Sauvans parties adverses ni des inductions qu’ils prétendent en tirer, dit en premier lieu que la première réquisition portant la vérification et calibrage des eaux qui sortent du canon de tel des moulins à farine qui travaillent actuellement est une opération très indifférente et inutile ainsi qu’on le fera voir dans un moment au moyen des réquisitions qui seront faites par les Sarraire et Consorts.
En second lieu l’opération du calibrage des eaux nécessaire au moulin de Beaulieu requise par les adversaires devient aussi inutile au moyen de celle que l’on requerra, et après ledit maître Aubin nous observant quant à ce que cette opération et toutes les autres doivent être faites dans l’état actuel où le moulin de Beaulieu se trouve et qui est le même lorsque M. le Commandeur de Beaulieu le faisait travailler sans que nous devions y faire toucher en aucune manière, quant aux meuniers pour servir d’adjoints au sieur Floquet géomètre, les Sarraire et Consorts n’empêchent qu’il en soit pris un ou deux pourvu que ce soient. Des meuniers de ce présent lieu de Solliès que les Sarraire et Consorts déclarent suspecter.
Pour ce qui est de la troisième réquisition des adversaires elle devient également inutile au moyen des opérations que l’on va requérir et qui sont celles qui s’en suivent.
Ledit maître Aubin toujours audit non nous requiert d’ordonner qu’après que nous aurons fait ouvrir les quatre canons de la Nerte et fait nettoyer les canaux de la Nerte de façon que les eaux puissent y découler librement en conformité de notre ordonnance du six du courant, le sieur Floquet géomètre calibrera l’eau qui passe dans le canal de Beaulieu ou Sarraire et dans celui de la Nerte lorsqu’il n’y aura qu’un seul moulin de M. de Solliès qui travaillera, les bars étant dans la même situation où ils sont, et à cet effet que l’on débouchera l’espacier des Trois Pierres pour qu’il ne vienne d’eau que pour un seul moulin et que ce calibrage sera fait par ledit sieur Floquet non par pouces mais bien par division des parties ; c'est-à-dire par tiers, quarts, moitié ou autrement selon l’art et par rapport au niveau de pente de chaque canal et puis ledit calibrage, savoir dans le canal de la Nerte à l’endroit où toutes les eaux qui y entrent soit par-dessus soit par-dessous, par côté et par le centre des bars se réunissent ensemble, et dans le canal de Beaulieu et de Sarraire au dessous des combles et là où le canal se rétrécit considérablement en ayant égard à la largeur de chaque endroit où ledit calibrage sera pris.
2e – ledit maître Aubin nous requiert encore d’ordonner que ce calibrage fait par ledit sieur Floquet déclarera dans son rapport ou relation si la partie d’eau de ce seul moulin qui entre dans le canal de Beaulieu ou de Sarraire est suffisante pour faire tourner le moulin à blé de M. le Commandeur de Beaulieu de la façon qu’il le doit, pour moudre du blé autant qu’il est possible, et s’il en reste encore pour l’arrosage des terres des particuliers des Sarraire et consorts conformément à l’arrêt de 1634 et à cet effet qu’après que ledit sieur Floquet aura fait son calibrage, il se portera au moulin de Beaulieu pour en faire l’épreuve pendant lequel temps l’espacier des Trois Pierres sera toujours débouché pour qu’il ne vienne pas plus de l’eau que pour faire tourner un seul moulin de M. de Solliès.
3e – ledit maître Aubin nous requiert aussi en faisant droit à la seconde réquisition d’ordonner que les mêmes calibrages et épreuves seront faits par ledit sieur Floquet lorsqu’il tourne deux moulin à blé de M. de Solliès, c'est-à-dire que ledit sieur Floquet déclarera si de l’eau desdits deux moulins, il en entre en suffisance dans le canal de Beaulieu ou de Sarraire pour faire tourner ledit moulin à blé de M. le Commandeur de Beaulieu et pour moudre tout le blé que le moulin peut moudre lorsqu’il y a de l’eau en suffisance et au point qu’il était lorsque le sieur Commandeur de Beaulieu le faisait travailler et s’il en reste encore un superflu pour l’arrosage des terres des particuliers de Sarraire et Consorts conformément à l’arrêt de 1634 et qu’à cet effet ledit sieur Floquet se portera aussi audit moulin de Beaulieu pour en faire l’épreuve.
4e – ledit maître Aubin nous requiert d’ordonner que la même épreuve sera faite comme dessus, lorsqu’il ne tournera aucun moulin à blé de M. de Solliès et que les puits desdits moulins se trouvent bouchés de même que celui à huile.
Finalement ledit maître Aubin nous requiert de faire dresser les bars à niveau du ferme où était le terme de la façon qu’ils étaient anciennement et qui fermaient la muraille dont il est parlé dans les rapports de 1628 et 1629 à laquelle muraille le terme à deux pans et quart de hauteur et qui a été enlevé, servit de règle et tout de suite d’ordonner que ledit sieur Floquet géomètre calibrera dans cet état l’eau qui passe dans le canal de la Nerte, soit par-dessus, par côté, par-dessous et du centre ou de quelque façon que ce soit c'est-à-dire au point de leur réunion et lorsqu’il ne tourne que deux moulins à blé de M. de Solliès et déclarera dans son rapport la quantité qu’il en passerait dans le canal de la Nerte s’il tournait cinq moulins de front tous à la fois, comme il est dit dans lesdits rapports de 1628 et 1629, en faisant attention que le canal de Beaulieu ou de Sarraire n’en recevrait pas pour cela une plus grande influence soit parce que ce canal se trouve fort étroit à quelque distance de son embouchure et dans la suite, soit à cause de son niveau de pente mort et que par rapport à cela l’eau regonfle dans le canal de Beaulieu ou Sarraire et vient se dégorger dans celui de la Nerte qui se trouvant en droite ligne des moulins de M. de Solliès et à portée de recevoir toujours en plus grande abondance parce que son courant l’y entraîne naturellement, et que se précipitant du haut de la muraille à la hauteur du terme, il en tombe une plus grande quantité en moins de volume et dont du tout ledit sieur Floquet fera mention dans son rapport ou relation et a signé.
Signés : H. Mollinier syndic. Gensollen. Hauvel et Aubin.
Et à la réquisition des parties attendu l’heure tarde nous avons renvoyé la continuation à trois heures après midi au même endroit où lesdits maîtres Sénès et Aubin s’étant encore rendus accompagnés comme dessus.
Ledit maître Sénès audit nom répondant au dire dudit maître Aubin en attendant d’expliquer les réquisitions faites par lui de son chef a dit que les trois réquisitions qu’il a faites à la séance de ce matin ne sont ni indifférentes ni inutiles à l’égard des inductions que les parties doivent en tirer pour le prouver ce n’en est pas ici le temps ni le lieu, ils le feront en défendant au procès, il suffit de remarquer ici pour y faire droit, que les observations, déclarations, et opérations en l’état des lieux qui doivent influer à constater ou éclaircir que le canal de la Nerte n’a été ni peut être construit pour être barré par une muraille de deux pans et quart de hauteur ni d’aucune autre élévation, et à découvrir quelle partie d’eau il faut au moulin de Beaulieu qui appartient à l’une des parties du procès, et qui est le refuge des Sarraire et Consorts entrent dans la défense des frères Blin et des syndics des Sauvans, en font conséquemment parti du pouvoir du sieur Floquet géomètre commis par la Cour, tout comme les déclarations et opérations qui peuvent aboutir à éclaircir des faits contraires, aussi les réquisitions dudit Me Sénès tendantes à des opérations influentes, elles ne sont par conséquent ni indifférentes, ni inutiles et les opérations qui s’en suivront serviront à donner du jour aux raisons déjà déduites au procès, autres qu’on pourra amener encore, ainsi rien ne peut nous empêcher d’y faire droit malgré les réquisitions des adversaires qui essaieront d’être captieux et injustes à mesure qu’elles seront réduites au point qu’il faut…
 

Martellière de décharge et surverse du canal de l’Enclos.

 

… L’observation des adversaires sur la seconde réquisition que les opérations requises par maître Sénès doivent être faites en l’état actuel où le moulin de Beaulieu se trouve et qui est le même selon ceux que lorsque le sieur Commandeur le faisait travailler sans que nous puissions y faire toucher en aucune manière et une observation frivole et ne peut pas affaiblir la juste réquisition de maître Sénès, car l’intérêt dudit sieur Commandeur étant que son moulin ait de l’eau de celle du canal de Sarraire à suffisance pour tourner le jour marqué par l’arrêt de 1634, il suffit de lui expliquer cette partie d’eau et de savoir en quoi elle doit consister eu égard à la pente et à la force de ce moulin, et on ne doit pas faire découler dans son puits toutes les eaux qu’il pourrait contenir et que l’on pourrait y verser pour faire l’épreuve de son travail, car ce n’est pas de cette façon que pareilles expressions se font, mais seulement en déclarant un petit volume d’eau sauf de l’augmenter s’il en faut davantage jusqu’à ce qu’on soit parvenu au point que le moulin travaille. C’est alors qu’on fixe le volume d’eau qu’il en faut à ce moulin, le plus ou le moins serait dangereux et porterait coup aux parties et voilà ce qu’on doit pratiquer et ce que l’on pratique en effet pour parvenir à semblables épreuves, aussi la réquisition dudit maître Sénès en ce chef ne saurait être plus juste et ce qui doit d’autant plus nous déterminer à y faire droit, c’est qu’il se peut parfaitement bien que le moulin de Beaulieu ait été préparé par l’ordre des fermiers du sieur Commandeur qui sont des principaux tenanciers de Sarraire de façon que toute l’eau de leur canal suffirait à peine pour le faire travailler soit en élargissant disproportionnellement la chute du canon, soit en forçant le roudet par quelque attentat, soit enfin parce que les engins d’un moulin qui n’a pas travaillé depuis 5 ou 6 ans ne peuvent être qu’en rouille et forcés, au lieu qu’un moulin qui a un travail continu travaille avec moins d’eau et plus de vitesse parce que les engins sont plus gais, et voilà pourquoi ledit maître Sénès a requis la vérification préalable dudit moulin et de ses engins et même la réparation des endroits où ses engins et notamment le canon du moulin, pourraient en avoir besoin.

Sur la première réquisition faite par ledit maître Aubin concernant le calibrage de l’eau de chaque canal respectif après le nettoiement des lieux et en l’état des bars, et un seul moulin à farine travaillant ledit maître Sénès n’y l’empêche – sans approbation des inductions que les adversaires voudront en tirer, et sauf les inductions contraires, mais il convient de fixer le point de ce calibrage qu’on empêche que le sieur Floquet énonce par tiers, car ou autre dénomination consacrée par son art, et ledit maître Sénès soutient que le point de ce calibrage dans le canal de Sarraire doit être pris à son embouchure parce que les eaux qui y entrent n’en sortent plus surtout quand ce canal est nettoyé et que les eaux ont leur décours naturel, et quand à l’espacier des Trois Pierres que les adversaires prétendent devoir être ouvert pour ne laisser dériver dans le canal des moulins à farine que l’eau qu’il faut pour en faire tourner un ce serait une nouveauté dangereuse car outre qu’il serait impossible de déterminer à l’œil ce qu’il faut laisser découler d’eau pour suffire à un moulin et que cela est très fautif, d’ailleurs ne suffit-il pas que les espaciers des autres moulins soient bouchés de la façon que le meunier est en coutume de faire, à mesure que le calibrage requis se fera, d’ailleurs encore on ne peut soutenir que dans quelque sècheresse que ce soit ; il n’y ait dans le canal des moulins qu’un volume d’eau suffisant et ni plus ni moins pour le travail d’un seul moulin, personne n’ignore au contraire que quoi qu’il arrive ce qui n’est pourtant que très rarement qu’il n’y ait qu’un seul moulin qui travaille cela ne signifie pas qu’il y ait de l’eau que pour un moulin, mais seulement qu’il pourrait n’y en avoir pas assez pour deux, cela ne signifie pas qu’il n’y ait effectivement de l’eau pour au-delà d’un moulin mais comme deux ne pourraient moudre avec vitesse on n’en ouvre qu’un qui alors avec toutes ces eaux travaille avec une force incroyable ce qui notoire.
Sur la seconde réquisition maître Sénès n’empêche sauf les protestations que dessus la déclaration et l’épreuve requise, mais il faut que cette épreuve se fasse après que le moulin de Beaulieu aura été visité et mis en l’état qu’il doit être après les vérifications et réparations requises ci-dessus par ledit maître Sénès et en conformité de sa même réquisition expliquer par son dire au second chef de sa présente réponse, protestant ledit maître Sénès contre la déclaration requise par les adversaires ci après la quantité d’eau assignée qu’il faut pour le moulin de Beaulieu il en reste pour l’arrosage de leurs terres et d’éclairer dans son temps quelles terres étaient arrosables en 1634.
Sur la troisième et quatrième réquisitions des adversaires maître Sénès emploie les mêmes protestations, explications et réponses ajoutant à l’égard de ce mot que le moulin de Beaulieu doit tourner pour moudre tout le blé que ce moulin peut moudre, que la déclaration requise par les adversaires doit être restreinte par le sieur Floquet, au seul point si ce moulin aura de l’eau à suffisance pour moudre n’étant pas question de déclarer autre chose ici et s’il moudra ou pourra moudre plus ou moins l’arrêt de 1634 ne devant pas être entendu.
Sur la cinquième et dernière réquisition maître Sénès dit que s’agissant d’un local à décrire et où il n’y a jamais eu d’autre muraille ce celle angulaire qui est appuyée au coin divisoire des deux canaux respectifs, il ne leur convient pas de parler ici d’une muraille formée par les deux bars contre la disposition des verbaux de descente de 1628 et 1629 qu’ils s’aventurent au procès tant qu’ils voudront mais qu’ils ne viennent allonger la durée des séances par des choses étrangères au local qui fait seul l’objet de notre commission cela ne paraît pas excusable.
Sur le fond de la seconde réquisition qui consiste à l’opération et calibrage des eaux le canal de la Nerte barré par l’élévation des bars, maître Sénès dit que cette opération serait très fautive et très équivoque, parce que les adversaires soutenant dans leur système que ce canal doit être effectivement barré par les deux bars élevés qui forment selon eux la hauteur de deux pans et quart quoi que le fait et plus encore les déclarations que le sieur Floquet fera et qui sont déjà ordonnées justifient du contraire. Ils entendent sans contre dit, quoi que ce soit une illusion qu’il ne doit transpirer aucun fil d’eau à l’union des deux bars, au-dessous, par côté ou autrement et qu’il ne doit entrer dans le canal de la Nerte que des simples surversures par-dessus les mêmes bars élevés, or l’opération qu’ils requièrent aujourd’hui pour faire calibrer l’eau qui passe dans le canal de la Nerte soit par-dessus, par-dessous par côté ou par le centre des bars choque leur système de sorte que leur réquisition ne saurait être admise. Cependant la où nous trouverions à propos de faire droit à la réquisition, ledit maître Sénès nous requiert de son chef et par forme de subsidiaire d’ordonner que ledit sieur Floquet fera lors de cette opération boucher totalement les vuides que forme l’inégalité des bars tant au dessous, au centre et à l’endroit de leur jonction à travers leurs échancrures et à leurs côtés de façon qu’il n’en transpire aucune eau pour ne calibrer par cette précaution que l’eau qui pourra surverser par lesdits bars, si par impossible il s’en trouve et vérifiera si dans cet état et avec les surversures s’il y en a le moulin de la Nerte peut tourner librement et avec la vitesse nécessaire et ordinaire, et s’il se trouve par-dessus cette eau qui fera tourner ledit moulin un superflu d’eau pour découler en même temps dans la rivière en conformité du verbal de descente de 1628 que les parties du comparaissant n’adoptent que pour la description se référant à celui de 1629 dont l’énonciation est plus précise et moins ambiguë, laquelle épreuve avec lesdits bars élevés est avec les mêmes précautions que dessus sera faite également avec les eaux d’un seul moulin travaillant.
À l’égard de la déclaration que les adversaires requièrent dans la même réquisition, quelle quantité d’eau passerait dans le canal de la Nerte, s’il tournait cinq moulins de front et tout à la fois, elle est bien extraordinaire et l’exécution en est même impossible et c’est tout comme s’ils souhaitaient de savoir le decours des eaux des dix moulins dans les Carcés, car enfin a-t-il jamais tourné cinq moulins de front, il n’y en a que trois comme le sieur Floquet est chargé de les déclarer et celui à huile appartenant à la communauté fait le quatrième, encore n’ont-ils jamais tourné tous à la fois, à présent même et malgré le besoin pressant des farines par l’approche des fêtes et l’abondance des eaux on ne voit pas tourner à la fois les trois moulins à farine de sorte que c’est vouloir badiner mal à propos que de requérir la déclaration sur les eaux de cinq moulins de front qui n’ont jamais été qu’au nombre des chimères, les adversaires ne doivent pas prendre pour garant de leur réquisition l’annonce du verbal de 1628 auquel celui de 1629 n’a fait que se référer quant au nombre des moulins, car l’énonciation de ce verbal de cinq moulins fut une équivoque qui portait à rien, parce que le nombre des moulins ne faisait pas l’objet de la descente, énonciation qui est d’ailleurs détruite par le fait, et où il n’y a que l’ail [œil] qui puisse juger, il faut d’ailleurs restreindre ce prétendu nombre de moulins à ceux que l’on voit travailler et qui travaillent effectivement dans le cours de l’année, persiste à tout ce que dessus sur toutes les protestations de droit.
Signés : J. Arène syndic. Gensollen. J. Gardanne. C. blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Et attendu l’heure tarde et que maître Aubin souhaite de répondre, nous avons assigné les parties au même lieu à demain à neuf heures du matin.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
Du mercredi vingt-et-unième dudit mois de décembre à neuf heures du matin lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés comme dessus s’étant rendus chez ledit M. Pey ou nous couchons.
Ledit maître Aubin audit nom sans approbation des dires des frères Blin et des syndics des Sauvans parties adverses, à la séance dernière, et en persistant à sa précédente réponse et aux réquisitions par lui faites au nom des Sarraires et Consorts dit qu’il ne s’attache pas à répondre à tous les vains raisonnements desdits frères Blin et des Sauvans, ce qu’il fera en défendant le procès au fond pour ne pas prolonger d’avantage la commission, eu égard surtout que la plupart de ces raisonnements et prétextes des adversaires crouleront d’eux-mêmes à mesure que nous aurons fait procéder aux opérations requises par les Sarraire et Consorts, ledit maître Aubin se renfermant quant à présent à nous observer seulement en premier lieu qu’il n’a été commis aucun attentat au moulin de Beaulieu et que cela est tellement vrai que les Sarraires et Consorts ne s’opposent en tout point à la vérification préalable d’icelui et de ses engins, mais l’on est fondé de soutenir en même temps que les épreuves doivent être faites dans l’état actuel de ce moulin sans toucher au canon des roudets et autres engins par la raison que le tout est dans le même état et situation qui se trouvait lorsque le sieur Commandeur de Beaulieu le faisait travailler et que pour peu qu’on y toucha et que l’on fit quelque nouveauté ce serait donner atteinte à son titre.
En second lieu ledit maître Aubin nous observe qu’il n’est pas douteux suivant l’arrêt de 1634 que le sieur Commandeur de Beaulieu doit avoir de l’eau à suffisance pour moudre autant de blé qu’il est possible, c'est-à-dire que si ce moulin peut moudre douze ou quatorze panaux de blé par heure en faisant remplir le puits qui a été fait pour recevoir les eaux ou ne peut en aucune façon contre la disposition de cet arrêt restreindre son droit au point de ne lui donner que de l’eau pour en moudre six panaux, nous observant d’ailleurs ledit maître Aubin qu’entre cette suffisance d’eau que doit avoir le sieur Commandeur de Beaulieu son puits il faut encore sur le pied de cet arrêt de 1634 qu’il y ait un restant pour arroser les terres des Sarraires et Consorts.
En troisième lieu ledit maître Aubin soutient avec fondement que le calibrage par lui requis de l’eau qui passe dans chaque canal lorsqu’il n’y a qu’un seul moulin de M. de Solliès qui travaille ne doit point pris à l’embouchure du canal des Sarraires ou il y a un comble, mais bien au dessous de ce comble en ayant également rapidité des eaux de chaque canal au niveau de pente à leur largeur et tout ce que de droit, quant au débouchement de l’espacier des Trois Pierres, il n’y a rien au monde de plus juste et la même chose fut pratiquée lors de la descente de M. le conseiller de Charleval, c'est-à-dire que lorsqu’il fut question de ne faire tourner qu’un seul moulin on ne laissa venir de l’eau que pour un seul car autrement si on faisait venir toutes les eaux de la rivière et que les canaux fussent à cet effet nettoyés, il y en aurait pour faire tourner dix moulins de front, ne s’agissant ici que de l’épreuve des eaux d’un seul moulin, de sorte qu’il serait par conséquent inouï sauf respect de vouloir faire venir les eaux de plusieurs et c’est ce qu’on ne peut pas raisonnablement proposer ni mettre à jour.
En quatrième lieu ledit maître Aubin nous a déjà fait voir dans ses précédents dires auxquels il se rapporte que le coin angulaire n’est autre chose que le rocher où était le terme que la muraille dont il est parlé dans les rapports de 1628 et 1629 est celle qui fermait le canal de la Nerte et fermée par deux bars bâtis au lieu que le coin qui est sur le rocher est formé par deux murailles dont l’une est dans le canal de la Nerte et l’autre dans celui de Beaulieu ou de Sarraire comme on le démontrera encore mieux au procès d’où il s’en suit que le relèvement des bars requis est le vrai local du lieu et absolument nécessaire pour détruire tout ce que les adversaires ont osé avancer au procès et contraire à la vérité.
En cinquième lieu ledit maître Aubin nous observe que pour ce qui est des surversures savoir si elles seront suffisantes pour faire tourner le moulin de la Nerte, cela est fort indifférent aux Sarraires et Consorts parce qu’il est certain que les frères Blin n’ont aucun titre pour pouvoir prétendre légitimement une goutte d’eau fixe paraissant au contraire par l’acte d’achat de 1552 qu’il fut seulement vendu une lisière ou place et que l’on n’y construisit un moulin à nerte que dans la vue de profiter des surversures lorsqu’il y en a, lesquelles surversures on observe cependant ou abondamment par manière de réflexion en sans que cela puisse nuire aux Sarraires et Consorts qu’elles seront très considérables et plus que suffisantes lorsqu’il tournera cinq moulins de front et qu’on arrêtera point les eaux qui doivent servir aux dits cinq moulins et c’est à quoi les adversaires auraient du veiller plutôt que de soutenir un si pitoyable procès et à si grand frais de sorte que la réquisition subsidiaire des adversaires au sujet desdites surversures et superflu d’eau pour découler dans la rivière est inutile frustratoire et contraire à la disposition des titres, aussi les Sarraires et Consorts s’y opposent parce qu’il suffit seulement lors de l’opération que le sieur Floquet fera de déclarer la quantité d’eau qui passe dans le canal de la Nerte, les bars étant relevés et de la même façon qu’il a été requis par les Sarraires et Consorts à la séance de hier matin se réservant ensuite d’en tirer toutes les inductions de droit.
Enfin ledit maître Aubin en finissant nous observe encore que lors des rapports de 1628 et 1629, il y avait cinq moulins ainsi que l’on serait en état de le prouver aujourd’hui et c’est ce que les Sarraires et Consorts se réservent de faire valoir en temps et lieu en nous requérant de faire droit à la réquisition et de leur concéder acte des consentements et aveux faits par les adversaires et que l’on relèvera dans la suite.
Signés : H. Mollinier. Syndic, Hauvel. Gensollen et Aubin.
Et ledit maître Sénès au contraire dit qu’ayant requis par forme de subsidiaire à la séance d’hier les épreuves, vérifications et déclarations si avec les simples surversures par-dessus les bars relevés après que toutes les ouvertures et voies d’eau auront été exactement bouchées pour n’en laisser transpirer aucune goutte le moulin de la Nerte pourrait travailler avec sa vitesse ordinaire et nécessaire, et s’il y aurait un superflu d’eau autre que celle qui faisait tourner ledit moulin pour dégorger dans la rivière, il conviendrait avant de statuer sur les réquisitions respectives des parties de bien connaître la nature du moulin de la Nerte, et pour cet effet et attendu que si nous y avons accédé à une des présentes séances, ce n’a été que pour vérifier l’illusion et l’attentat imputé par les adversaires aux frères Blin que pendant une des opérations du sieur Floquet sur le prétendu regonflement des eaux de leur canal après le bouchement de l’espacier du sieur Albert, ils avaient bouché le canon du moulin de la Nerte, ledit maître Sénès en continuation nous requiert d’ordonner par l’ordonnance que nous rendrons sur le tout, que nous accèderons avec notre suite dans ledit moulin de la Nerte pour vérifier l’état, savoir du premier moulin le plus près du pont qui est le véritable moulin de la Nerte construit en 1552 et de celui qui est situé par côté et un peu plus bas et qui fut construit ensuite pour débrider les olives que ledit sieur Floquet vérifiera l’état de l’un et de l’autre moulin et si celui de la Nerte peut travailler en l’état actuel des eaux qu’il en calibrera les meules et les déclarera, qu’il vérifiera en même temps les cuves à corroyer les peaux et les engins que l’eau faisait tourner, quand il y en avait à suffisance en même temps que la meule au moyen de l’arbre ou piveau auquel ils étaient adhérents et fera toutes les observations que ses connaissances particulières lui présenteront pour le tout être énoncé dans sa relation et servir et valoir à ses parties à ce que de raison.
Ledit maître Sénès en se rapportant à son précédent dire réquisitions et protestations sans entendre approuver directement ni indirectement ceux des adversaires ni les faits qu’ils goûtent assez ni leurs inductions dit sur le premier chef du dire dudit maître Aubin que si le moulin de Beaulieu se trouvait au véritable état qu’il doit être pour travailler eu égard à sa rapidité et à sa pente, les parties du répondant n’insisteront pas à le faire vérifier avant l’épreuve requise, mais comme le canon qui se trouve actuellement à ce moulin est d’un calibre absolument disproportionné à l’eau qui lui est nécessaire pour tourner, et que c’est le même canon que le sieur Joseph Delor principal tenancier de Sarraire actuel, fermier du sieur Commandeur de Beaulieu et depuis 1734 y fit mettre au commencement de sa ferme, lequel canon étant d’un calibre démesuré recevrait toutes les eaux du canal de Sarraire et en dégorgerait six fois plus d’eau que ce qu’il lui en faut pour tourner à son dû, ce que ledit sieur Delor fermier fit dans l’objet de profiter de la fuite qui va se rendre au torrent de la Jonquière, d’où il en dérive pour l’arrosage de son domaine de la Jonquière, de quoi les adversaires ne se formalisaient pas soit par tolérance soit encore plus parce qu’ils n’ont jamais manqué d’eau pour leur arrosage, il est donc de notre justice de faire faire l’épreuve requise avec un canon calibré comme il faut et capable de donner une eau suffisante pour faire tourner le moulin et rien de plus, et en suivant les principes de l’hydraulique et de la pratique des moulins pour raison de quoi, ledit sieur Floquet prendra avis s’il le juge nécessaire des meuniers adjoints car comme on l’a précédemment démontré l’intérêt du sieur Commandeur se réduit à avoir de l’eau à suffisance pour son moulin et voilà pourquoi loin d’attaquer et affaiblir son titre on le lui conserve au contraire, au moyen de quoi persiste à ses précédentes observations et réquisitions qui ne tendent qu’à fixer les choses à leur véritable point.
Sur le second chef du dire dudit maître Aubin, maître Sénès persistant observe qu’il ne doit pas être question de savoir ni de déterminer ici si le moulin de Beaulieu doit moudre une telle quantité de blé par jour ou par heure, mais seulement quelle partie d’eau il lui faut pour tourner et pour moudre, en observant de plus et par rapport à ce point que le moulin n’a droit de moudre que pour l’usage du sieur Commandeur et de ses domestiques quand il réside au château de Beaulieu et de ses fermiers et encore pour l’usage de quelques étrangers du village de la Garde, quand les moulins à nous de cet endroit ne suffisent pas, et lorsque les grandes et extrêmes sècheresses leur moulin à eau est à [    ] ce qui est ainsi réglé par les transactions passées entre les seigneurs de Solliès et les sieurs Commandeurs de Beaulieu.
Sur le troisième chef maître Sénès persiste à son dire, le prétendu comble dont les adversaires parlent et qui n’est que dans leur idée, n’étant pas capable supposez qu’il existe d’empêcher le decours de l’eau dans le canal des Sarraires ou de Beaulieu comme le sieur Floquet le reconnaîtra, ajoutant sur le calibrage requis ne doit se faire qu’après le nettoiement et nivellement des canaux.
Sur le surplus du même chef les parties de maître Sénès démentent hardiment le fait aventuré par les adversaires sur le prétendu débouchement de l’espacier des Trois Pierres et on les défie d’indiquer un mot dans le verbal de descente de M. le Conseiller de Charleval qui puisse appuyer leur allégation étant très certain au contraire que l’on ne toucha point à cet espacier, et que pour l’épreuve des eaux de l’un ou deux des moulins de M. de Solliès on se contenta de faire boucher par le meunier les espaciers des puits des autres moulins se rapportant ledit maître Sénès pour le surplus à son précédent dire, ajoutant que l’épreuve doit se faire de la manière y énoncée, sans quoi on tomberait dans des inconvénients qui donneraient lieu à des contestations immenses si l’on considère surtout que ne touchant point à l’état des eaux supérieures pour en verser dans le béal des moulins à farine d’autre que celles qui y sont, l’épreuve en sera infailliblement moins équivoque.
Sur le quatrième chef du dire dudit maître Aubin comme il ne porte que sur le fonds du procès, maître Sénès sans approbation des raisonnements des adversaires et des faits par eux allégués se rapporte à ce qui a déjà été établi au procès et à ce qui y sera dit encore et à ses précédents dires.
Sur le cinquième chef, maître Sénès sous la même protestation, et se référant aux titres du moulin de la Nerte, et à sa possession prouvée au procès, dit que la vérification et calibrage des prétendues surversures s’il y en a par-dessus les bars relevés est absolument nécessaires pour savoir s’il y en aura un ou deux moulins travaillant aux différents temps et si elles seraient suffisantes pour le travail du moulin de la Nerte et si indépendamment de cette eau, il y en aura une autre partie pour dégorger dans la rivière, étant énoncé par le verbal de 1628 qu’il en découlait partie pour faire tourner ce moulin, et une autre partie pour dégorger dans la rivière et par celui de 1629 qu’il passait dans le canal de la Nerte, les deux tiers des eaux des fuyants des moulins de M. de Solliès, persiste au moyen de ce à sa réquisition subsidiaire. Vainement les adversaires observent-ils que les surversures prétendues seront très considérables et plus que suffisantes lorsqu’il tournera cinq moulins de front et à la fois, car en défie les adversaires de prouver qu’il est jamais tourné cinq moulins de front et à la fois, ils n’y sont pas même actuellement comme le sieur Floquet le déclarera et d’ailleurs comme les eaux ne sont précieuses que dans l’été et dans les autres saisons lorsqu’il a régné de grandes sècheresses, et qu’alors on ne peut faire tourner qu’un moulin, il fait bien voir par le calibrage des eaux qu’elle serait celle qui découlerait par de dessus les bars relevés pour le travail du moulin de la Nerte et pour dégorger un superflu dans la rivière, et voilà où tend la réquisition subsidiaire dudit maître Sénès à quoi les adversaires ne devraient pas s’opposer avec tant d’opiniâtreté.
C’est encore en vain que les adversaires prétendent que ce qui a diminué les eaux du béal des moulins, c’est la rétention de celles qui y doivent venir, que les frères Blin et les Sauvans doivent y veiller plutôt disent-ils que de soutenir un si pitoyable procès et que par le décours entrer de toutes les eaux de la rivière les prétendues surversures seront abondantes, car outre que personne ne saurait empêcher les quartiers supérieurs à l’écluse de M. de Solliès de dériver de la rivière les eaux dont ils sont en titre et en possession pour leurs arrosages, d’ailleurs c’est vouloir faire juger le procès ici de dire que n’y ayant que des surversures d’eau pour le moulin de la Nerte, il est inutile de les vérifier et de les calibrer quelles qu’elles soient, mais la réquisition subsidiaire dudit maître Sénès n’en est pas moins juste et n’est-ce pas en effet une dérision de la part des adversaires de vouloir borner l’épreuve par eux requise au calibrage des eaux que lors de l’opération des bars relevés entreront dans le canal de la Nerte par les ouvertures le dessous, le centre et les côtés de ces bars, puisque ces voies d’eau et transpirations ne doivent pas être souffertes suivant leur étrange système persiste sous toutes les opérations de droit.
Sur le dernier chef persiste à ses précédentes observations sous les mêmes protestations et a signé ;
Signés : M. Arène syndic. J. Gardanne, Gensollen. C. Blin. L. Meissonnier Curateur et Sénès.
Et attendu l’heure tarde nous avons assigné les parties au même endroit à trois heures à laquelle heure lesdits maîtres Sénès et Aubin s’étant de nouveau rendus au lieu assigné en même compagnie que dessus.
Ledit maître Aubin sans approbation toujours des dires de maître Sénès dit que les Sarraires et Consorts ses parties se rapportent à tout ce qu’ils ont déjà avancé, soit pour démontrer la justice de leurs réquisitions soit pour faire voir l’inutilité de celles des adversaires et de tout ce qu’ils ont allégué en nous observant seulement sur la réplique desdits frères Blin et Sauvans, …



 

Prise du canal des Terrins.

 

… primo que tout ce que l’on pourrait requérir et faire faire dans le moulin de la Nerte ne peut influer a rien au procès dont s’agit, et ne saurait par conséquent en aucune manière préjudicier lesdits Sarraires et Consorts.

2e – ledit maître Aubin persiste à ce qu’il soit ordonné que les épreuves du moulin de Beaulieu seront faites dans l’état actuel où ce moulin se trouve par les raisons qu’il a déjà déduites dans son précédent dire, ajoutant que c’est très mal à propos qu’on impute au sieur Delor d’avoir fait toucher au canon des roudets pour se procurer plus d’eau pour l’arrosage de ses terres puisqu’en 1734, c'est-à-dire la dernière fois que ce moulin de Beaulieu a travaillé c’était le nommé Joseph Arène qui l’avait à rente ainsi qu’il est déjà prouvé au procès par la pièce sous cote la dans la 3e – des adversaires par laquelle l’on voit que ledit moulin sert non seulement à l’arrosage des étrangers mais quelquefois à celui des habitants de Solliès, n’ayant ledit moulin plus travaillé depuis ledit arrentement, en sorte qu’il se trouve aujourd’hui en même état qu’il était lorsqu’il travaillait pour la communauté c’est à dire pour les Sauvans eux-mêmes et tous les prétextes des adversaires ne peuvent par conséquent en aucune manière empêcher l’effet à cette réquisition en l’état actuel de ce moulin et qui est le même ou il a toujours été étant très naturel de penser que le sieur Commandeur de Beaulieu est en droit d’avoir son moulin à un point où il puisse faire moudre autant de blé qu’il se peut, en égard surtout si l’on fait attention qu’il en a le titre auquel on ne peut porter aucune atteinte de sorte que tous les efforts des adversaires ne peuvent point restreindre le droit dudit sieur Commandeur.
Enfin ledit maître Aubin persiste au débouchement de l’espacier des Trois Pierres par lui requis et à tout ce qui a été par lui avancé dans les précédentes séances, tant par rapport à ce chef que par raison de toutes les réquisitions des Sarraires et Consorts sans approbation toujours de tous les dires et raisonnements des adversaires que l’on réserve de détruire en temps et lieu et même que les inductions que les adversaires prétendent tirer et sous toutes les protestations de droit.
Signés : L. Mollinier syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.
Et attendu l’heure tarde nous avons assigné les parties à demain à neuf heures du matin au même lieu.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
22 décembre
Et ledit jour vingt-deux dudit mois lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés comme dessus s’étant rendus au lieu et à l’heure assignée.
maître Sénès toujours sous les mêmes protestations que ci-devant a dit sur le premier chef de la réplique des adversaires que le moulin de la Nerte et les eaux dont il a toujours joui et qui lui sont énoncées par les verbaux de descente de 1628 et 1629 faisant la matière principale du procès, il est absolument nécessaire que l’état en soit vérifié et écrit dans la relation du sieur Floquet de même que tout ce qui en est une dépendance au moyen de quoi persiste.
Sur le second chef de la même réplique maître Sénès persistant à son dire ; ajoute qu’il ne s’agit pas de savoir quelles eaux le moulin de Beaulieu pourrait consumer avec le canon à grand calibre qu’il peut avoir, car autrement il pourrait en recevoir dans son état actuel pour faire tourner plus de six moulins comme celui là, mais seulement quelle partie d’eau il lui faut pour pouvoir tourner suivant l’arrêt de 1634 qui ne lui en attribue pas au delà de la suffisance avec permission de la prendre et dériver du canal de Sarraire qui était celui dont il était question entre les parties. Or ce mot suffisance ne signifie autre chose sinon qu’il faut une eau qui suffise et tout ce qui peut paraître au-dessus du suffisant, doit être nécessairement retranché, de sorte qu’à faire l’épreuve du travail du moulin de Beaulieu et des eaux qu’il lui faut pour cela, il faut indispensablement que son canon soit préalablement visité et calibré pour qu’il ne dégorge eu égard à sa pente qui est des plus rapides que l’eau suffisante pour le faire tourner, et c’est mieux expliquer l’arrêt de 1634 que les adversaires ne le font eux-mêmes sans quoi et si l’épreuve se faisait avec le canon actuel, et en l’état forcé par ses engins, il lui faudrait bien plus d’eau que celle que l’arrêt permet au sieur Commandeur de dériver du canal de Sarraire, et que la Cour a restreint à la seule suffisance c'est-à-dire au volume et point fixe que la situation favorable de ce moulin peut déterminer ainsi le droit respectif des parties, ne peut être conservé qu’en faisant de deux choses l’une ou de calibrer l’eau suffisante qu’il faut pour le travail de ce moulin eu égard à sa situation et à sa pente rapide et c’est suivant les principes de l’hydraulique et la pratique des moulins à farine comme le dit maître Sénès l’a requis, et sans aucune épreuve ou dans faire l’épreuve requise par les adversaires avec le canon qu’il lui faudra pour ne dégorger que le volume d’eau suffisante pour le faire dégorger librement, il n’y [a] pas d’autre plus équitable partie, sauf notre détermination pour ne pas nuire au droit des parties.
Au surplus quand on a allégué dans le précédent dire que le sieur Delor fermier depuis 1734 et actuel du sieur Commandeur de Beaulieu avait fait mettre un canon à grand calibre pour en augmenter la fuite, l’insistance des adversaires à ne vouloir pas que ce canon soit vérifié et calibré avant l’épreuve requise est une demi preuve du fait, et que ce soit le sieur Delor ou tout autre le fait du calibre démesuré du canon n’en est pas moins vrai, et s’il résulte de la pièce 4e h cotée par les adversaires que feu Joseph Arène vendit à ferme ledit moulin en 1734 cela n’en fait pas que le sieur Delor ne fut et ne soit encore actuellement un des fermiers généraux de la Commanderie de Beaulieu, et ledit Arène ne tenait ledit moulin quand sous ferme, quoi qu’il en soit on persiste à ce que dessus sauf de détruire les inductions que les adversaires prétendent tirer soit de la pièce 4 h que autrement et sauf les inductions contraires des opérations qui pourront s’en suivre et de la même pièce qui prouve bien clairement que malgré la sècheresse de l’année 1734 le moulin de Beaulieu n’a jamais manqué d’eau même dans l’état actuel de l’endroit divisoire et contentieux.
Sur le dernier chef de la réplique des adversaires ledit maître Sénès persiste sous les mêmes protestations et a signé.
Signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Et tout de suite ledit maître Aubin toujours audit nom persistant à ses précédents dires et réquisitions sans approbations de celles des adversaires ni des inductions qu’ils prétendent tirer, dit que ses adversaires font leurs derniers efforts, pour tacher s’il leur était possible d’éviter les épreuves du moulin à blé du sieur Commandeur de Beaulieu en l’état actuel qu’ils regardent comme meurtrières pour eux et que dissiperont l’obscurité et les ombres qu’ils se sont efforcés jusque aujourd’hui de répandre dans le procès sans aucun fruit toutefois, nous observant ledit maître Aubin comme il a déjà fait que les épreuves de ce moulin doivent être faites dans l’état actuel qui est le même auquel il se trouvait lorsque le sieur Commandeur de Beaulieu le faisait travailler, et qu’il faut nécessairement que le moulin ait de l’eau à suffisance pour moudre tout le blé qu’il peut moudre sans aucune restriction et pour que le sieur Commandeur jouisse du fruit de l’arrêt de 1634 ainsi qu’il en a joui jusqu’à ce qu’il a été troublé de la part des adversaires, car ce n’est pas inutilement qu’on y construisit un puits si ce n’est pas pour le faire remplir, en vain les adversaires opposent que le canon est d’un calibre trop grand, on leur répond qu’il est de la façon qu’il doit être et qu’il était lorsque le sieur Commandeur le faisait travailler et notamment de la façon qu’il était en 1734, lorsque ce moulin travaillait pour les habitants de cette communauté. Les Sarraires et Consorts n’empêchent que nous fassions faire la vérification de ce fait qui est tout ce que les adversaires peuvent prétendre, et s’ils veulent restreindre le droit dudit sieur Commandeur et ne lui laisse moudre qu’une partie du blé que ce moulin peut moudre, c’est avec ledit sieur Commandeur qu’ils auront à le disputer et que s’il n’y a ici aucun défenseur qui puisse parler pour lui très assuré qu’il est qu’on ne peut point toucher à son moulin n’y donner aucune atteinte à son titre, nous requérant au moyen de ce ledit maître Aubin de faire faire l’épreuve de ce moulin en l’état où il était, lorsque ledit sieur Commandeur le faisait travailler qui est le même qu’aujourd’hui étant même la voie la plus naturelle et la plus certaine pour exécuter l’arrêt de 1634 de l’exécution duquel les parties adverses conviennent formellement dans leurs dernières écritures au procès sans avoir aucun égard aux réquisitions faites par maître Sénès comme étant captieuses et capables d’embrouiller toujours plus le procès comme les adversaires ont fait jusqu’à présent, ledit maître Aubin se rapportant pour le surplus à ce qu’il a dit aux précédentes séances sauf de débattre en son temps tous les raisonnements des adversaires et les inductions qu’ils voudront en tirer, ajoutant qu’il a déjà fait voir que toutes les opérations qui pourraient être faites au moulin de la Nerte sont inutiles et indifférentes ainsi qu’on se réserve encore de le faire mieux voir au procès, protestant toujours des dépens frustrés et de tout ce que de droit et a signé.
Signés : H. Mollinier syndic. Gensollen. Hauvel et Aubin.
Et tout de suite ledit maître Sénès sous les protestations que dessus persiste à son dire et à l’explication qu’il a donnée à la disposition de l’arrêt de 1634 et qui est la seule qu’on puisse lui donner le droit du sieur Commandeur de Beaulieu étant restreint d’avoir qu’une suffisance d’eau pour son moulin, ce qu’il reconnaîtrait sans doute s’il était présent à notre descente ou s’il y avait quelque conseil éclairé et désintéressé, à laquelle explication les adversaires n’ont pu répondre tant elle est naturelle, proteste de tout ce que de droit et a signé.
Signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier, curateur et Sénès.
Et tout de suite ledit maître aubin, sans approbation de ce qui vient d’être avancé de la part de maître Sénès et qu’on se réserve de détruire en temps et lieu dit qu’il persiste à ses précédents dires et réquisitions protestant de tout ce que droit et a signé.
Signés : Gensollen. Hauvel. Mollinier syndic et Aubin.
Et attendu l’heure tarde nous avons renvoyé la continuation de la commission ayant assigné les parties à deux heures après midi, sauf de dresser notre ordonnance sur toute les réquisitions ci-dessus et lesdits maîtres Sénès et Aubin s’étant rendus auprès de nous avec quelques unes de leurs parties, nous nous sommes tous portés à l’écluse de M. de Solliès où le sieur Floquet a fait les opérations mesurations et observations dont il est chargé ce qu’il a continué de faire le lendemain vingt-trois, aidé des paysans qui ont été fournis respectivement par les parties ayant chargé ses mémoires de tout ce qu’il a fait.
24 Xbre 1740
Descente du sieur Floquet aux Carcés.
Le vingt-quatre dudit mois ledit sieur Floquet est descendu au lieu dit les Carcés toujours avec une échelle, n’y ayant ce jour là point d’eau, il a fait en autre présence et avec l’aide des trois paysans qui lui ont été fournis une partie des opérations et observation dont il est chargé et dont il a pris mémoire, ayant renvoyé la continuation au lendemain des fêtes, auquel jour vingt-huit dudit mois le sieur Floquet à continué de travailler à l’écluse de M. de Solliès.
29 Xbre 1740
Le vingt-neuf la pluie qu’il a fait pendant la plus grande partie de la journée ne nous ayant pas permis de travailler sur les lieux, nous avons fait notre ordonnance sur les réquisitions qui nous ont été ci-dessus respectivement faites par les parties laquelle est de la manière suivante :
Ordonnance de
M. le Conseiller Commissaire
Nous Conseiller du Roi Commissaire pourvoyant sur les diverses réquisitions ci-dessus respectivement faites, avons concédé acte auxdits maîtres Sénès et Aubin des consentements et avons par eux donnés de même que de leurs dires réquisitions, protestations, et ordonne que sans préjudice du droit des parties ni attribution d’aucun nouveau ; le sieur Floquet géomètre commis après avoir fait nettoyer les canaux et fait ouvrir les quatre canons du moulin de la Nerte en conformité de notre ordonnance du sixième du courant, calibrera suivant les règles de l’hydraulique les eaux qui sortent du canon du tel des moulins à farine qui travaillent actuellement qu’il jugera à propos et calibrera en même temps la partie d’eau qui passera dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu, et celle qui passera dans celui de la Nerte, les bars restant dans leur état actuel, lequel calibrage sera pris savoir dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu en dessous du comble s’il y en a et dans celui de la Nerte à l’endroit où toutes les eaux qui y entrent se réunissent et énoncera le tout dans son rapport ou relation, et déclarera si cette partie d’eau qui entre dans le canal de Sarraire ou Beaulieu est suffisante pour faire tourner librement le moulin du sieur Commandeur de Beaulieu et qu’elle est la quantité de cette même partie d’eau qui reste, et à cet effet ledit sieur Floquet se portera audit moulin de Beaulieu pour en faire l’épreuve, laquelle épreuve sera faite en deux manières, la première dans l’état actuel dudit moulin et la seconde après avoir visité et vérifié avec un ou deux meuniers dont les parties conviendront autrement par nous pris et nommés d’office et dont il prendra avis s’il le juge nécessaire, l’état du canon du roudet et autres engins pour que le tout soit dans l’état qu’il doit être afin que l’eau ne se perde pas par les ouvertures, les fentes et en aucune autre manière, il calibrera enfin l’eau qui est nécessaire pour faire tourner ledit moulin de Beaulieu dans l’état actuel et expliquera si après avoir fait les susdites vérifications quelle quantité d’eau serait nécessaire pour le faire tourner librement quand le travail est continuel, fera ledit sieur Floquet les mêmes calibrages et épreuves quand il tourne deux moulins à blé de M. de Solliès et déclarera si la partie des eaux de ces deux moulins qui entre dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu est suffisante pour faire tourner librement le moulin dudit sieur Commandeur de Beaulieu et si de cette même partie d’eau il y en a un superflu et en quoi il consiste, calibrera les égouts des moulins à farine de M. de Solliès quand ils ne travaillent pas et étant fermés par les meuniers suivant leur usage ordinaire, ce qu’il énoncera aussi dans son rapport ou relation, et déclarera dans lequel des deux canaux c'est-à-dire dans celui de la Nerte ou dans celui de Sarraire ou de Beaulieu les susdits égouts découlent les bars restant dans leur état actuel et si les mêmes égouts étant dérivés soigneusement dans le puits du moulin de Beaulieu seraient suffisants pour le faire tourner librement eu égard à la pente, et y ayant un canon d’un calibre proportionné audit moulin ; ordonnant au surplus que le sieur Floquet fera élever les bars à niveau du ferme où était le terme et après avoir fait boucher totalement les vuides que forme l’inégalité des bars en sorte qu’il ne passe de l’eau que par-dessus, il calibrera l’eau qui passera par-dessus lesdits bars en deux temps différents, le premier quand il ne travaille qu’un moulin à farine de M. de Solliès, et le second quand il en travaille deux, lesquelles opérations seront expliquées dans son rapport ou relation, et énoncera en même temps si ces surversures sont suffisantes pour faire tourner le moulin de la Nerte librement et si de ces mêmes surversures par-dessus l’eau qui est nécessaire pour faire tourner librement ledit moulin, il en dégorgerait dans la rivière, déclarera enfin la quantité d’eau qui passerait dans le canal de la Nerte les bars restant toujours élevés, si tous les moulins que le sieur Floquet vérifiera être de front travaillaient en même temps, et avant de procéder aux opérations concernant le moulin de la Nerte ; ordonnons que nous accèderons avec notre suite audit moulin pour vérifier l’état, savoir : du premier moulin le plus proche du pont et de celui qui est situé par côté et qui fut construit pour détriter les olives, le sieur Floquet vérifiera les cuves à corroyer les peaux et les autres engins, et calibrera les meules, ce qu’il expliquera dans son rapport, de même que si le moulin appelé de la Nerte peut travailler dans l’état actuel des eaux, et fera en outre toutes les observations qu’il croira nécessaires et les énoncera dans sa relation.
Fait à Solliès ledit jour, vingt neuvième décembre mil sept cent quarante.
Signé : Villeneuve d’Ansouis.
Laquelle ordonnance a été stipulée auxdits maîtres Sénès et Aubin en présence dudit sieur Floquet géomètre commis.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
30 et 31 Xbre 1740
du 2 au 9 janvier 1741,
travail du sieur Floquet
Le trente et trente un décembre, le second janvier 1741 et les jours libres jusqu’au neuvième du même mois, ledit sieur Floquet a travaillé au lieu dit les Carcés et le long de la rivière de Gapeau pour faire les observations et les opérations portées par nos ordonnances en ayant toujours chargé ses mémoires, ayant été aidé par les paysans convenus par les parties ou par d’autres qu’elles ont substitué lorsque quelqu’un des premiers s’est trouvé absent ou occupé ailleurs.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
9 janvier 1741
Et ledit jour neuvième janvier 1741 lesdits maîtres Sénès et Aubin s’étant rendus chez ledit M. Pey où nous logeons assistés de leurs parties et toujours en absence dudit sieur Commandeur de Beaulieu.
Ledit maître Aubin intervenant pour les syndics de Sarraire et Consorts nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet géomètre hydraulique en procédant observera et énoncera dans son rapport ou relation et si les voûtes du canal de Sarraire ou Beaulieu ne sont pas une suite de celles des Carcés, c'est-à-dire s’il ne paraît pas qu’elles ont été faites tout de suite dans le même temps et de la même façon, au lieu que celles du canal de la Nerte se trouvent plus basses, différentes et paraissent avoir été faites dans un autre temps,
2e – ledit maître Aubin nous requiert d’ordonner que le sieur Floquet en procédant vérifiera et déclarera dans la relation l’issue des cinq moulins situés de front d’où il est parlé dans le rapport de 1628 et 1629, savoir trois à blé et deux à huile appartenant à la commune un desquels moulins à huile a été abandonné depuis la mortalité des oliviers. Finalement ledit maître Aubin nous requiert encore d’ordonner que ledit sieur Floquet en procédant observera et déclarera dans son rapport que indépendamment des eaux qui se perdent du canal dans le parc de M. de Solliès, il s’en perd encore une quantité considérable sur l’espacier des Trois Pierres au moyen de ce que cet espacier a été coupé en dernier lieu comme aussi que cette quantité d’eau ne se perdrait point si ledit espacier était élevé à ce point qu’il était et qu’il doit être pour ne donner à ce quartier des Trois Pierres que les eaux pendant la nuit, ainsi qu’il est d’usage, et a signé.
Signés : H. Mollinier syndic, Gensollen. Hauvel et Aubin.
Et tout de suite ledit maître Sénès répondant aux dernières réquisitions dudit maître Aubin sans approbation des faits y contenus si des inductions que les adversaires voudraient en tirer et sauf les inductions contraires dit sur la seconde réquisition qu’il est inutile de vérifier l’issue des cinq moulins dont parlent les verbaux de 1628 et 1629 puisque ces cinq moulins réduits aujourd’hui à quatre comme les adversaires sont forcés d’en convenir n’ont jamais travaillé tous à la fois et que l’on voit même dans cette saison qu’il n’en travaille que deux, encore le meunier de ces moulins est-il obligé quand celui à huile travaille de fermer l’espacier de l’un des deux moulins travaillant pour que celui à huile puisse avoir de l’eau à suffisance pour tourner librement sur quoi les parties dudit maître Sénès n’empêchent pas que ledit sieur Floquet prenne les instructions et informations qu’il jugera à propos avant qu’il énonce dans sa relation ensuite de notre ordonnance du quinze décembre dernier si les trois moulins à farine qui sont de front travaillent tous à la fois ou s’il n’y en a que deux qui travaillent et cela depuis le commencement de notre descente.
Sur la 3e – réquisition ledit maître Sénès dit qu’à l’égard des eaux que les adversaires prétendent se perdre des espaciers dans le parc de M. de Solliès, il ne s’en perd pas une goutte en été que les eaux sont précieuses parce que les ouvriers desdits moulins et de ceux appelés des chevilles qui sont supérieurs en bouchent soigneusement jusqu’à la moindre ouverture.
À l’égard de l’eau qui découle de l’espacier des Trois Pierres, ce n’est pas un découlement furtif ni nuisible auxdits moulins, il est au contraire très nécessaire, car outre que ce découlement ne porte aucun préjudice aux moulins à farine qui sont situés à la place et dont la fuite tombe au canal des Carcés, il est d’ailleurs absolument nécessaire au travail des moulins supérieurs appelés les moulins des chevilles et voici comment, et cette démonstration détruira en même temps la déclaration requise par les adversaires, que la quantité d’eau dont ils parlent ne se perdrait point si l’espacier des Trois Pierres était élevé au point qu’il doit être pour ne donner à ce quartier que les eaux pendant la nuit et la rendra inutile. Les eaux de la fuite des moulins des chevilles découlent par un canal d’environ douze cannes de long par environ huit à neuf pans de largeur, ce canal qui coule en droiture jusqu’à l’endroit où se ramassent les eaux d’un autre canal qui vient du moulin à huile joignant ceux des chevilles et de par M. de Solliès lequel endroit est appelé le Caussier n’a qu’une pente fort douce, et comme on avait reconnu lorsque les moulins des chevilles commencèrent de moudre que le bouchement total de l’espacier des Trois Pierres faisait demeurer et retenir les eaux à un niveau trop élevé pour découler dans le béal qui les porte au moulin situé à la place et qui n’a qu’un niveau mort et que ce lent niveau empêchait le décours des eaux des moulins des chevilles et en troublait le travail on prit alors le parti de laisser l’espacier des Trois Pierres débouché jusqu’à une certaine hauteur pour soutenir le niveau des moulins des chevilles et on y mit pour cela une pièce de bois de la hauteur convenable c’est la même pièce qu’on y voit aujourd’hui ou du moins une autre de même dimension à mesure que la planche vieillit et cette pièce de bois a toujours servi de mesure à la hauteur que doivent avoir les eaux à cet endroit appelé le Caussier, c'est-à-dire que quand elles ne sont pas abondantes, la pièce de bois bouchant l’espacier des Trois Pierre à la hauteur déterminée les fait dériver toutes dans le béal des moulins de la place et quand elles sont un peu trop abondantes elles surversent du même espacier par-dessus la pièce de bois, parce que la hauteur de cette pièce de bois sert comme on a dit à régler et à soutenir le niveau des moulins des chevilles qui sans cela ne pourraient travailler à mesure que le bouchement total dudit espacier des Trois Pierres mettrait et soutiendrait les eaux à un niveau trop haut qui amortirait nécessairement les roudets par les regonflements, et en effet les meuniers des moulins des chevilles sont en coutume et en droit de venir lâcher les eaux du Caussier par l’espacier des Trois Pierres à mesure qu’ils voient qu’il s’y en ramassent trop et là-dessus ledit sieur Floquet pourra prendre les instructions qu’il trouvera à propos, il résulte nécessairement de cette démonstration qu’il n’a jamais passé dans le béal depuis l’endroit appelé le Caussier jusqu’aux moulins de la place que les eaux pour faire tourner deux moulins surtout quand il n’en tourne que deux de ceux des chevilles et non pas pour faire tourner cinq moulins de front comme les adversaires le hasardent puisque nous voyons qu’avec toute l’eau que peut recevoir le béal, et qui est toute celle qui peut y attirer, par la situation à peine peut-il en fournir pour faire tourner deux moulins à la fois comme on le voit actuellement et depuis le commencement de notre descente l’on voit également par cette démonstration qui est en fait que si le verbal de 1628, énonce cinq moulins, il ne dit pas que ces moulins tournassent tous à la fois, puisqu’en temps de sècheresse il n’y en a pas quelquefois assez pour deux, mais seulement que les cinq moulins avaient leur issue dans les Carcés et par conséquent qu’il est très inutile de faire vérifier ces issues, il suffit de vérifier quelles eaux y tombent dans l’état actuel et eu égard à la situation du béal depuis la fuite des moulins des chevilles jusqu’à ceux de la place, et pour donner toute certitude à ce que ledit maître Sénès vient d’avancer, il nous requiert d’ordonner que ledit sieur Floquet fera faire l’épreuve du bouchement total de l’espacier des Trois Pierres et déclarera en même temps dans la relation si en cet état lesdits moulins des chevilles peuvent travailler avec leur liberté accoutumée autrement que par le débouchement dudit espacier à la hauteur de la pièce de bois qui s’y trouve et qui sert à le boucher au point déterminé, laquelle épreuve il accompagnera des instructions et informations qu’il trouvera à propos de prendre de quoi il avisera.
Ledit maître Sénès nous requiert encore d’ordonner l’ayant omis dans ses précédentes réquisitions que ledit sieur Floquet déclarera lorsqu’il fera l’épreuve des bars élevés par nous ordonnés le vingt-neuf décembre dernier quelle hauteur lesdits bars auront en cet état soit depuis le ferme où était l’ancien terme soit depuis le long du gravier du canal de la Nerte et qu’il énoncera les deux hauteurs dans sa relation…



 

Le barrage de Seyrol.

 

… Finalement il nous requiert d’ordonner que ledit sieur Floquet déclarera en faisant la même épreuve des bars élevés à la hauteur de deux pans et quart qui est la hauteur que les adversaires prétendent qu’ils doivent avoir si en cet état les eaux regonflent vers les roudets des moulins à farine et les empêchant de tourner avec leur vitesse ordinaire où les amortissent par le regonflement et a signé avec ses parties,
signés : J. Arène syndic, Gensollen, C. Blin, H. Meissonnier curateur, J. Gardanne et Sénès.
Et maître Aubin nous ayant requis de renvoyer à demain matin pour qu’il ait le temps de prendre les instructions nécessaires pour répondre aux réquisitions qui viennent d’être faites par maître Sénès nous avons assigné les parties à demain matin, le sieur Floquet nous ayant dit qu’il travaillera cet après midi à rédiger ses mémoires.
Signés : Villeneuve d’Ansouis et Regibaud greffier.
10 janvier 1741
Le dixième dudit mois de janvier lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés comme dessus s’étant rendus à notre logement.
Ledit maître Aubin audit nom sans approbation des raisons avancées par >maître Sénès à la séance d’hier ni de ses prétendues démonstrations et instructions dit en premier lieu que la seconde réquisition des Sarraire et Consorts concernant la vérification des cinq moulins n’est point inutile, qu’elle est au contraire très nécessaire pour constater l’énoncé des rapports de 1628 et 1629, d’autant mieux que c’est sur les eaux de ces cinq moulins que les experts qui procédèrent auxdits rapports firent leurs déclarations touchant celles qui surversaient dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu, et dans celui de la Nerte quoi que sans épreuve ni opération et d’une façon à laquelle on puisse ajouter foi, ainsi qu’on le fera voir au procès, cependant comme suivant les mêmes rapports auxquels les Sarraires et Consorts nous supplient de vouloir faire attention il n’est pas douteux que les experts ont parlé des eaux des cinq moulins qui travaillaient, il est de la dernière justice et il importe beaucoup auxdits Sarraire et Consorts, de faire constater la quantité d’eau qui surverserait dans le canal de la Nerte, si lesdits cinq moulins travaillaient tous présentement la muraille formée par les deux bars étant relevée, et c’est ce que nous avons même ordonné par notre ordonnance du 29 décembre dernier, la présente réquisition n’ayant été proprement faite que pour faire constater le moulin à huile qui a été abandonné depuis la mortalité des oliviers et qui travaillait en 1628 et 1629 tout comme les autres quatre qui restent, d’où l’on voit que toutes les allégations des adversaires ne peuvent être d’aucune considération et ne sauraient empêcher les inductions légitimes que les Sarraires et Consorts tireront de la vérification et déclaration qui sera faite desdits cinq moulins, car peu leur importe qu’il ne travaille aujourd’hui que deux ou trois moulins on peut en faire travailler d’avantage si l’on veut et il suffit que les experts qui procédèrent audit rapport de 1628 et 1629 ayant parlé de la fuite des eaux de cinq moulins pour comprendre facilement qu’ils travaillaient dans ce temps là et pour que la déclaration par nous déjà ordonnée de la quantité d’eau qui passerait dans le canal de la Nerte les bars élevés soit faite desdits cinq moulins, c'est-à-dire s’ils travaillaient en même temps et l’on sent bien que les adversaires craignent avec raison dans cette opération d’y rencontrer à peu près l’effet du rapport de 1629 qui ait leur pièce favorite, et pourtant inutile et indifférente et de ne pouvoir plus par conséquent avoir des prétextes pour exclure l’idée de la muraille qui fermait le canal de la Nerte et faisait séparation des deux canaux, sans laquelle muraille il est certain que l’arrosage des quartiers des Sarraires Consorts serait perdu de même que la faculté de faire tourner librement le moulin de Beaulieu surtout s’il arrivait qu’il ne tourna qu’un seul moulin de M. de Solliès comme il avisera en 1734 et que l’arrêt de 1634 de l’exécution duquel les parties adverses conviennent deviendrait par là infructueux comme nous le reconnaîtrons mieux dans la suite.
En deuxième lieu la troisième réquisition des Sarraires et Consorts touchant la perte des eaux qui passent sur l’espacier des Trois Pierres est aussi très juste et nous devons sans difficulté y faire droit, car outre qu’il est à présumer que lors du rapport de 1629 cet espacier était bouché de manière qu’il ne se perdait point d’eau, on voit qu’on s’est avisé depuis peu de le couper et baisser, étant certain que l’eau qui passe et qu’on laisse perdre de cet espacier serait plus que suffisante pour faire tourner un moulin.
Quant à l’épreuve du bouchement total dudit espacier des Trois Pierres requises par les adversaires pour savoir si les moulins des chevilles peuvent travailler avec leur liberté accoutumée cela est très inutile et indifférent au procès nous observant ledit maître Aubin surabondamment que le canal des moulins à blé de M. de Solliès depuis l’espacier des Trois Pierres jusqu’aux dits moulins à blé se trouve fort embourbé et engravé ce qui empêche sans contre dit le découlement et la rapidité des eaux et c’est ce que les Sarraires et Consorts nous requièrent subsidiairement de faire déclarer audit sieur Floquet là où nous viendrons à faire droit à cette première réquisition des adversaires sans approbation de leurs inductions et sauf de les débattre comme aussi d’ordonner que les trois moulins à farine et celui à huile appartenant à la communauté, de même que l’autre à huile si besoin est qui a été abandonné resteront tous ouverts pendant cette opération du bouchement total de l’espacier des Trois Pierres suivant et conformément à ce qui résulte des rapports de 1628 et 1629 afin que par ce débouchement desdits moulins, les eaux qu’on peut faire venir en grande abondance aient leur décours libres.
À l’égard des instructions et informations requises par les adversaires elles ne sauraient ni être prises par le sieur Floquet, ni par nous ordonnées, sauf respect, car ce serait à vouloir faire changer le procès de face, c'est-à-dire le faire dépendre en quelque manière de la preuve vocale au préjudice des titres, tandis même que notre commission porte seulement de faire faire les observations et opérations requises et que nous jugerons nécessaires, d’ailleurs les Sarraires et Consorts ont l’honneur de nous observer surabondamment que cette voie serait très dangereuse, eu égard surtout que les instructions et informations que le sieur Floquet pourrait prendre en procédant seraient toutes suspectes et ne tendraient qu’à surprendre notre religion et celle de la Cour.
Pour ce qui est de la seconde réquisition des adversaires concernant la hauteur des bars elle est aussi inutile :
1e parce que nous aurons déjà ordonné la largeur des bars qui formera à peu près la hauteur de la muraille lorsqu’ils seront relevés ;
2e parce que les Sarraires et Consorts n’ont jamais demandé de relever les bars sur le gravier mais bien à niveau de l’endroit où était posé le terme et enfin à cause que par notre ordonnance du douzième décembre dernier, nous avons ordonné que le sieur Floquet mesurera et déclarera la hauteur du gravier qui se trouve au dessous des bars ce qui doit sans doute suffire aux adversaires pour tirer toutes les inductions qu’ils trouveront bon, sans approbation néanmoins d’icelle, et pour plus grande instruction sur ce fait les Sarraires et Consorts nous requièrent d’ordonner que ledit sieur Floquet déclarera dans son rapport la hauteur que porterait le mortier qu’on mettrait sur les bars si on venait à les bâtir comme ils étaient anciennement ainsi qu’il résulte au procès et que l’on fera mieux voir par les nouvelles pièces que l’on communiquera.
Et quant à la troisième et dernière réquisition des adversaires concernant le prétendu regonflement des eaux vers les roudets des moulins et empêchent de tourner, les Sarraires et Consorts n’empêchent qu’il y soit fait droit en nous requérant de leur chef de faire venir un ou deux meuniers étrangers non suspects, pour mettre lors de cette opération les moulins de M. de Solliès dans l’état qu’ils doivent être tant ceux des chevilles que des autres, afin d’éviter par là les abus qu’on pourrait commettre pour surprendre notre religion, eu égard sur tout qu’on peut facilement élever ou surbaisser les roudets selon qu’on le trouve bon, protestant ledit maître Aubin des frais frustrés et sauf les inductions que les Sarraire et Consorts tireront des propres réquisitions des adversaires, et a signé avec ses parties.
Signés : H. Mollinier syndic, Hauvel. Gensollen et Aubin.
Et attendu l’heure tarde et que maître Sénès désire de répondre au dire ci-dessus nous avons assigné les parties à deux heures de relevée, laquelle heure lesdits maîtres Sénès et Aubin s’étant de nouveau rendus chez nous.
Ledit maître Sénès audit nom répondant au dire dudit maître Aubin sans approbation des faits y contenus et sous les protestations que dessus dit qu’il persiste à son dire pour faire rejeter la seconde réquisition des adversaires concernant la vérification des moulins énoncés dans le verbal de 1629, ajoutant subsidiairement que si nous trouvons à propos d’y faire droit , nous devons ordonner également la vérification des moulins qui travaillent actuellement et qui sont tout au plus ceux qui peuvent travailler des eaux que la situation du béal depuis le Caussier jusqu’à leurs puits et qui a été toujours là même, peut y dériver ce que ledit sieur Floquet vérifiera sauf les preuves déjà requises dans le dernier dire de maître Sénès et les opérations qui seront requises ci après et auxquelles les observations des adversaires dans leur dire auquel on répond ont trouvé lieu épreuves et opérations qui démontrent plus que tous les raisonnements qu’on pourrait faire et indépendamment du fait, l’improbabilité et même l’impossibilité que lorsque des verbaux de 1628 et 1629 temps auquel les eaux ne pouvaient être que basses, il tourna les cinq moulins de front et tous à la fois, et la déclaration par nous ordonnée le vingt neuvième décembre dernier quelle quantité d’eau passerait dans le canal de la Nerte. Si tous les moulins de front travaillaient en même temps ne peut et en qu’être indifférents, car outre qu’elle est impossible à faire avec justesse puisqu’elle ne serait que conjecturale dès qu’il ne peut venir assez de l’eau pour le béal depuis le Caussier jusqu’au moulin pour en faire tourner au-delà de deux, comme on l’a déjà démontré, et que les épreuves et opérations requises le constateraient et que ladite déclaration telle que puisse être cèdera toujours à l’état réel des lieux. D’ailleurs les déclarations et opérations à faire ne peuvent jamais être que de l’état actuel qui est la seule chose qui puisse influer à l’éclaircissement du partage des eaux des Carcés qui est le point du procès, le reste du dire des adversaires ne regarde que le fonds, on se réserve de détruire dans son temps les inductions que les adversaires voudront tirer.
Ledit maître Sénès persiste à son dire sur la troisième réquisition des adversaires ajoutant que l’espacier des Trois Pierres a toujours été au point qu’il est aujourd’hui , et depuis que les moulins des chevilles ont été construits, car autrement ces moulins n’auraient jamais pu moudre comme on l’a démontré et à quoi les adversaires n’ont pu répondre, et qu’il le sera encore par le fait sur les preuves requises et les opérations qui vont l’être, ainsi la prétendue présomption que lors du verbal de 1629 l’espacier des Trois Pierres était bouché de manière qu’il ne se perdait point d’eau, soit céder à l’évidence du fait qui résultera desdites épreuves et opérations.
Ledit maître Sénès répondant au dire des adversaires sur l’épreuve par lui requise du bouchement total de l’espacier des Trois Pierres dit que cette preuve est [    ] pour prouver que cet espacier doit toujours rester au point qu’il est et qu’il a toujours été, et par conséquent qu’il ne doit pas être entièrement bouché car autrement les moulins des chevilles ne pourront pas moudre absolument si l’on augmentait même le bouchement réglé que par une liste de bois de deux ou trois pouces, il est notoire aux meuniers desdits moulins et même à ceux des moulins de la place comme dans tout le lieu, que les premiers moulins sont amortis comme il arrive quelquefois, et c’est ce que l’épreuve requise démontrera encore mieux, vainement les adversaires opposent-ils que cette partie du canal est fort embourbée et engravée car pour saper tout prétexte de leur part tant sur le regonflement des eaux du Caussier vers les moulins des chevilles non bouchait totalement l’espacier des Trois Pierres que sur l’élévation du lit du béal depuis le Caussier jusqu’aux seuillets ou espaciers du moulin de la place, élévation qui s’oppose au decours des eaux aux puits desdits moulins ledit maître Sénès nous requiert d’ordonner en cas que les adversaires insistent à venter les deux faits ci-dessus que ledit sieur Floquet prendra et énoncera la pente desdits moulins des chevilles et depuis le ferme au dessous de leurs roudets jusqu’au seuillet de l’espacier des Trois Pierres et qu’il prendra et énoncera également la pente s’il s’en trouve depuis le même coin du seuillet dudit espacier jusqu’au seuillet du puits des moulins à farine et de celui à huile appartenant à la communauté.
Quant à la réquisition des adversaires tendant à faire ordonner que les trois moulins de la place et celui à huile de même que l’autre qui a été abandonné resteront ouverts pendant l’opération du bouchement total de l’espacier des Trois Pierres c’est une réquisition étrangère à l’état du lieu et par conséquent rejetable comme étant d’ailleurs une suite et connexité avec celle du bouchement total de l’espacier des Trois Pierres dont on a établi le peu de fondement, d’ailleurs encore s’il n’y a actuellement et s’il ne peut avoir de l’eau dans le béal comme les épreuves et opérations ci-dessus se constateront que pour faire travailler deux moulins savoir deux des trois moulins à blé ou seulement l’un d’eux à mesure que celui à huile tourne ce qui ne fait jamais que le nombre de deux, il s’en suit qu’il ne peut y avoir d’ouvert que les seuillets de ces deux moulins travaillants sans quoi on inonderait les lieux et c’est ce que l’on ne peut faire les parties de ce procès n’ont d’autre droit ni d’autre inspections que sur les eaux de la fuite des moulins quand ils travaillent si donc il n’en travaille que deux et qu’il n’en puisse travailler d’avantage, il est extraordinaire qu’on veuille faire des épreuves dans les Carcés avec d’autres eaux que celles qui y tombent des moulins travaillant. Ce sont ces eaux seulement qui sont contentieuses et voilà pourquoi on s’écarterait de la commission que si on y en versait d’autres étrangères en supposant qu’elles puissent y venir et que si on persiste ledit maître Sénès à ce qu’il a ci devant avancé que les moulins à blé et à huile situés à la place n’ont jamais travaillé tous à la fois, que la chose n’est pas possible absolument, et que si actuellement en hiver et en abondance d’eau puisque la prise de M. de Solliès ne peut recevoir toutes celles de la rivière, car il en surverse beaucoup par-dessus son écluse depuis les dernières pluies pendant la commission il ne peut entrer dans la partie du béal desdits moulins depuis le Caussier, que pour en faire tourner deux, il est absolument impossible que lors des verbaux de 1628 et 1629 que la disette des eaux avait occasionné les descentes, les cinq moulins travaillassent tous à la fois, si l’on considère surtout que le lieu était bien moins accru qu’il ne l’est actuellement et que si aujourd’hui le travail des deux moulins de ceux situés à la place suffit au besoin du peuple, un seul tournait et suffisait sans doute en 1628 et 1629.
Les instructions et informations que ledit maître Sénès a dans son précédent dire que le sieur Floquet prenne sur les faits ci-dessus ne sont pas du goût des adversaires, les voilà réfugiés à des suspections générales toujours irrévocables, mais il nous observe que nous ne devons y avoir aucun égard, parce que ce n’est pas ici le fonds de la commission qu’il faille subordonner à une preuve vocale, au préjudice des titres du procès, comme les adversaires le disent, ce sont des simples instructions qu’on ne peut pas [    ] au sieur Floquet de prendre en particulier s’il en a besoin parce qu’elles pourront donner du jour aux épreuves et opérations requises et personne n’ignore que tout ce qui tend à éclaircir les faits surtout quand ils ne portent aucune atteinte aux titres ne doit jamais être négligé.
Ledit maître Sénès persiste à sa seconde réquisition parce que le mesurage de la hauteur des bars aux deux points marqués lors des épreuves que le sieur Floquet fera sur iceux et qui sont déjà ordonnées donnera bien plus de clarté à la chose qu’une hauteur conjecturée par équivalent et par ricochet.
Sur la réquisition faite par les adversaires en queue de leur dire sur la seconde réquisition dudit maître Sénès icelui observe que les adversaires n’ayant jamais dit dans le procès verbal l’arrêt du septième mars 1739 révoqué par la requête civile des frères Blin et des Sauvans, que les bars eussent jamais été assis sur un lit de mortier idée qu’ils n’ont prise que sur le rapport du sieur Hermitte, car ils ont perpétuellement soutenus que les bars élevés formaient eux seuls et sans autre matière la hauteur précise de deux pans et quart, il est très inutile qu’on fasse déclarer quelle hauteur aurait le mortier qu’on mettrait sur les bars si on venait à les bâtir, mais veut-on quelque chose de plus foncier et de plus décisif sur le fait, si ces bars ont été posés en haut ou en plat, c’est la déclaration qui résultera de la réquisition que voici. Nous requérant à cet effet ledit maître Sénès d’ordonner que ledit sieur Floquet déclarera et énoncera si à l’endroit ferme et rocher du dessous de la place actuelle des bars, il y a quelque creusement fait à main d’homme pour servir d’emplacement à ces bars, et s’il s’en trouve quelqu’un par impossible que ledit sieur Floquet en prendra et marquera la dimension ledit maître Sénès soutenant la troisième et dernière réquisition dit que l’épreuve et déclaration requise n’étant pas contestée elles doivent être ordonnées et faites, et quand aux moulins de M. de Solliès que les adversaires requièrent de voir être vérifiés par un ou deux meuniers étrangers sous prétexte apparemment que les roudets ont été baissés, c’est assurément une ressource bien faible, car il ne faut que connaître ce que c’est que le banc pagelard qui est une pièce de bois où s’appuie l’arbre du roudet par sa pointe qui roule et tourne dans la pièce de fonte appelée loubette, lequel banc pagelard est bâti et consolidé au sol, pour comprendre qu’il est impossible qu’on puisse les baisser, réflexion que l’on applique aussi aux moulins des chevilles que les adversaires soupçonnent de pareil abaissement qu’ils hasardent de chercher M. de Solliès ou ses fermiers au sujet de ce prétendu baissement des roudets, mais n’en n’ont-ils pas déjà fait l’expérience quand ils bouchèrent pendant le procès avec du seul gravier au dessus des bars que les eaux regonflèrent et que ces fermiers les attaquèrent en dommages intérêts pour la cessation du travail à quoi ils furent condamnés par arrêt du rapport de M. le Conseiller de Montvallon du mois de juin 1739, s’avisèrent-ils d’alléguer ce prétendu baissement des moulins, s’ils le firent ce ne fut qu’en l’air, car s’ils furent assurés dans leur fait, ils auraient amené M. de Solliès au procès, on voit bien par là indépendamment de tant d’autres bonnes raisons que le prétendu baissement des moulins est une chimère et que s’il résulte de l’épreuve requise des bars élevés et bouchés aux échancrures que les eaux regonflent et amortissent les roudets des moulins à blé, c’est une preuve des plus constatée que le canal de la Nerte n’a jamais été ni ne doit jamais être bouché par aucun bar, ni corps ni autre chose et que les eaux doivent avoir leur décours libre dans chaque canal respectif en conformité du verbal de 1629 et a signé.
Signés : J. Arène syndic. Gensollen. J. Gardanne. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Et attendu l’heure tarde nous avons assigné les parties à demain à neuf heures du matin.
Signé : Villeneuve d’Ansouis.
Auquel jour onzième janvier à l'heure assignée les parties et lesdits maîtres Sénès et Aubin s'étant de nouveau rendus chez nous.
Ledit maître Aubin audit nom toujours sans approbation des dires réquisitions et inductions des adversaires et sous toutes les protestations de droit dit que leur façon de défendre prouve évidemment l'embarras où ils se trouvent puisqu'ils n'oublient rien pour tacher d'empêcher l'effet des réquisitions des Sarraires qui ne tendent qu'à constater l'énoncé des anciens rapports surtout celui de 1629 auquel les adversaires ont tout fait de fondement au procès et qui a donné lieu à l'ouverture de requête civile par eux empêtrée et voudraient en même temps se sauver par des raisonnements et subtilités qui ne peuvent aboutir à rien, en effet les Sarraires et Consorts nous ont requis à la séance du neuvième du courant d'ordonner que le sieur Floquet vérifiera à l'issue des cinq moulins dont il est parlé dans les rapports de 1628 et 1629, ces moulins et issues existent encore aujourd'hui ils travaillent pour lors suivant ces mêmes rapports et rien ne les empêchait même de travailler encore à l'exception de celui qui fut abandonné après la mortalité des oliviers et qu'on pourra rétablir à fur et à mesure que les récoltes des olives augmenteront, de sorte que s'opposer à la justice de cette réquisition sous prétexte qu'il ne tourne aujourd'hui que deux moulins et qu'il n'en a jamais tourné d'avantage disent-ils, c'est vouloir impunément démentir lesdits rapports de 1628 et 1629 dans un chef même où les experts n'ont pu errer en aucune façon, car cette déclaration pour être juste ne demande ni épreuve ni opération et il suffit que les experts l'aient faite en présence d'un commissaire de la Cour pour qu'elle soit digne de foi et irrévocable.
C'est encore un plus vain prétexte d'alléguer que si on faisait tourner plus de deux moulins des Carcés ceux des chevilles qui sont supérieurs ne pourraient point travailler par le regonflement des eaux si l'on venait à boucher l'espacier des Trois Pierres pour induire de là qu'il ne tournait que deux moulins en 1628 et en 1629, car en premier lieu ces cinq moulins n'ont pas été fait inutilement,
2e  il est prouvé qu'ils travaillaient lors de ces rapports,
3e le canal est assez profond et assez large pour en contenir les eaux sauf de requérir s'il y échoit, d'en faire tirer la boue et le gravier que les eaux y ont entraîné et qui empêchent le découlement ou tout au moins l'observe ; seulement pour éviter les longueurs et enfin pour savoir s'il peut tourner au-delà de deux moulins, lorsqu'il y aura de l'eau à suffisance, car on pourrait en faire venir d'avantage, l'épreuve en est simple, il n'y a qu'à les faire ouvrir tous parce qu'ils ne tourneraient jamais si on les laisse bouchés et que si dans cet état de bouchement on faisait venir de l'eau des cinq moulins et qu'il ny en eut que deux d'ouverts celle des trois moulins restants regonflait sans doute, d'où l'on voit la nécessité qu'il y aurait de faire ouvrir les issues desdits cinq moulins, l'objet des adversaires en ce qui concerne ces opérations est moins d'attaquer les rapports de 1628 et 1629 qui sont aussi fidèles en ce chef qu'infidèles en celui de la déclaration des eaux qui passaient dans le canal de la Nerte et dans celui de Sarraire ou Beaulieu parce qu'ils n'ont fait ni épreuve ni opération comme l'on démontrera plus clairement au procès, que de tacher s'il leur était possible de faire révoquer notre ordonnance du 29 décembre dernier portant entr'autres que le sieur Floquet déclarera la quantité d'eau qui passerait dans le canal de la Nerte les bars restant toujours élevés, si tous les moulins qu'il vérifiera être de front travaillaient en même temps, laquelle ordonnance qui a été rendue avec grande connaissance de cause et qui ne saurait être attaquée ni contestée doit être exécutée et servira infailliblement à saper tous les vains raisonnements des adversaires sur ledit rapport de 1629.
Le nivellement que ces adversaires requièrent depuis les moulins des chevilles jusqu'à ceux de la place ou des Carcés est totalement inutile au procès si ce n'est dans la vue de vouloir allonger toujours d'avantage la commission. en effet les Sarraires et Consorts ont l'honneur de vous observer que quand même il y aurait lieu de faire droit au débouchement total de l'espacier des Trois Pierres et au débouchement de tous les moulins des Carcés, cette opération comprendrait l'autre parce qu'il serait facile alors de voir si les eaux découleraient ou si elles regonfleraient, et cette expérience rendrait absolument inutile ce nivellement; les Sarraires et Consorts nous observant encore qu'ils n'ont requis subsidiairement le débouchement des cinq moulins et le nettoiement du canal de M. de Solliès qu'à cause de la réquisition captieuse des adversaires sur le bouchement total de l'espacier des Trois Pierres à laquelle il n'y a pas lieu de faire droit comme étant inutile et indifférente au procès en question et qui n'a été imaginée de la part de ces adversaires que pour tacher s'il leur était possible de donner quelque atteinte à la déclaration énoncée dans les rapports de 1628 et 1629 et à notre ordonnance rendue en conséquence le 29 décembre dernier comme on a dit ci-dessus.
Quand aux instructions et informations requises par les adversaires, les Sarraires et Consorts se rapportent à leur précédent dire, en ajoutant toujours surabondamment que l'on doit si fort s'en méfier que les adversaires citent pour témoins de certains faits les meuniers des moulins à blé de M. de Solliès, gens que l'on a déjà suspecté tant verbalement que par écrit et avec juste raison et connaissance de cause, d'ailleurs il est extraordinaire que les adversaires aient osé tenté une pareille voie, tandis qu'ils doivent se ressouvenir qu'ils avaient fait la même démarche lors de la descente de M. le Conseiller de Charleval et qu'ils firent même présenter une requête à la Cour sur laquelle les Sarraires et Consorts ayant défendu, ils firent voir avec un fondement qu'on ne pouvait en aucune manière donner atteinte aux titres du procès et le changer de face, aussi prirent-ils alors le pacte d'abandonner cette frivole demande.
Les adversaires s'abusent encore étrangement lorsqu'ils avancent que les Sarraires et Consorts n'ont jamais dit dans le procès avant l'arrêt du 7 mars 1739, que les bars eussent été sur un lit de mortier car
1e Le rapport de 1628 parle d'une muraille et on sent bien qu'une muraille est faite avec bâtisse et mortier par conséquent et c'est pour cette raison qu'il fut produit au procès.



 

Le canal de l’Enclos traverse le Domaine de Solliès en 1920.

 

2e La sentence du juge de lieu dont est appel ordonne le rétablissement de cette muraille ou écluse, et qu'il sera fait tous les ouvrages nécessaires c'est-à-dire les bâtisses.
3e L'arrêt du 7 mars confirma cette sentence,
4e L'on a jamais demandé autre chose depuis l'expédient offert par les Sarraires,
5e Les adversaires nous ont même requis de faire mettre les bars lorsqu'ils seront relevés de façon qu'il ne passe de l'eau que par-dessus, ce que nous avons ordonné par notre ordonnance du 29 décembre, et c'est même ce qu'on ne pourra faire lorsqu'il sera question du rétablissement qu'en mettant du mortier et en les bâtissant par-dessous et aux endroits nécessaires de sorte que c'est avec juste raison que les Sarraires et Consorts ont requis que le sieur Floquet déclarera la hauteur qui porterait le mortier sous les bars puisqu'ils doivent être bâtis sur un lit de mortier selon l'art.
La réquisition des adversaires tendante à faire déclarer les fondements de la muraille qui barrait le canal de la Nerte est aussi inutile et fort indifférente car ou l'embouchure de ce canal est un rocher ferme ou un terrain uni, si c'est un terrain uni les fondements qui ne pouvaient être que fort peu de chose ont été détruits et comblés, si au contraire le fonds est un rocher ferme, il n'y est pas besoin de fondement, ainsi l'on a raison de dire que cette réquisition est inutile, et pour plus grande sécurité de ce qu'on avance les Sarraires et Consorts nous requièrent d'ordonner que ledit sieur Floquet observera que la cambe du pont vis-à-vis du moulin de la Nerte qui soutient un poids énorme est bâti sur le rocher sans fondement à plus forte raison une muraille de deux pans et quart qui ne soutient rien.
Les Sarraires et Consorts ne s'opposent point à la réquisition des adversaires touchant le prétendu regonflement des eaux vers les roudets des moulins des Carcés, ainsi qu'on le leur a déclaré dans le précédent dire, mais ils persistent à nous requérir d'appeler un ou deux meuniers étrangers pour mettre les moulins de M. de Solliès dans l'état ou ils doivent être pour éviter les abus, parce qu'on peut surbaisser les roudets, et les adversaires ne s'y opposent que parce qu'ils les éclaircissements et découvertes étant fort en vain que l'on fait parade de M. de Solliès qui est trop juste et trop raisonnable pour se plaindre lorsqu'on ne ferai que vérifier lors de cette opération, s'il n'y a point de nouveauté et si les moulins sont de la façon qu'ils doivent être pour travailler librement, d'ailleurs il est certain que M. de Solliès n'entend point que partie des habitants se servent des engins de ses moulins pour commettre des abus contre d'autres habitants car en un mot on ne demande point ici d'énoncer sur le droit de M. de Solliès, mais une simple vérification pour qu'on mette et laisse le tout en règle et qu'il n'y ait aucun abus.
Lorsque le sieur Floquet procèdera à cette opération, l'arrêt obtenu par le fermier en 1739 cité par les adversaires ne doit point leur servir de prétexte légitime, puisque lors du rétablissement fait par les sieurs David et Feraud experts en exécution de l'arrêt du 7 mars 1739 et encore lors de l'attentat commis par le sieur Albert les eaux n'ont jamais regonflé à pouvoir incommoder les moulins d'ailleurs l'épreuve que l'on fera sapera tout prétexte la dessus, se rapportant au surplus ledit maître Aubin si son précédent dire sans approbation toujours des faits avancés par les adversaires et sauf de les détruire encore mieux en défendant le procès au fonds et lorsqu'il en sera temps il a signé avec ses parties.
Signés : H. Mollinier syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.
12 janvier 1741
Le douzième du même mois à neuf heures du matin lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés comme dessus s'étant de nouveau rendus chez nous.
Ledit maître Sénès sous les mêmes protestations que dessus et sous celle de premier droit sur les aveux contenus dans le dernier dire dudit maître Aubin et les précédents, dit qu'il persiste à ses observations contre la réquisition des adversaires portant sur la vérification des issues des cinq moulins dont il s'agit, si cependant nous trouvions à propos de faire droit comme il trouve qu'elle est tout à fait indifférente, il nous observe que cette vérification doit être faite en l'état actuel et sans préjudice du droit des parties parce que comme on l'a dit le béal depuis le caussier jusqu'aux moulins de la place ne saurait dériver par la situation une plus grande quantité d'eau que celle qu'il faut au travail de deux moulins, ajoutant ledit maître Sénès qu'il ne résulte pas du verbal de 1628 que les cinq moulins travaillassent tous à la fois comme les adversaires le soutiennent, car cela aurait été, comme il est encore actuellement et qu'il le sera toujours absolument impossible puisque le verbal de 1629 explique nettement et en tout celui de 1628 en rapportant que la fuite des eaux desdits moulins se joignent toutes au canal des Carcés et après se divisent en deux, emploie cette diction expresse et décisive, lorsqu'ils travaillent, ce qui signifie bien clairement indépendamment des susdites réclamations qu'ils ne travaillaient pas tous alors.
Ledit maître Sénès persiste à sa réquisition du nivellement depuis le dessous des roudets des moulins des chevilles jusqu'aux seuillets des moulins de la place et cela attendu que les adversaires insistent au bouchement par eux requis de l'espacier des Trois Pierres, pendant l'épreuve ordonnée des bars élevés, laquelle opération du nivellement sera plus propre pour vérifier sûrement qu'elle est la pente de cette partie du canal et quelles eaux sa situation peut lui permettre de dériver aux moulins de la place suivant les règles de l'hydraulique,persiste aussi à l'épreuve par lui requise si le bouchement total de l'espacier des Trois Pierres et même à quelques pouces de plus que la pièce de bois qui sert de règle au niveau des eaux qui viennent des moulins des chevilles et du parc de M. de Solliès les ferait regonfler jusqu'à amortir les roudets desdits moulins d'où il résultera que ledit espacier ne peut absolument être bouché qu'à sa hauteur réglée par la dite pièce de bois, et qu'il ne peut venir pas plus d'eau aux moulins de l place que celle qui y vient actuellement et qui suffit à peine au travail de deux moulins et quant au nettoyement de la partie du béal depuis le caussier jusqu'aux moulins de la place les parties dudit maître Sénès ne l'empêchent puisque quand même ce béal serait encore plus creusé qu'il n'est, dès qu'il n'a point de pente comme le nivellement requis le démontrera, il ne pourrait jamais dériver plus d'eau que n'en peuvent attirer les seuillets des moulins de la place, lesquels seuillets sont le point où aboutit le niveau du béal dont s'agit, ajoute ledit maître Sénès que les observations par lui ci-dessus faites et dans précédent dire de même que les opérations par lui requises ne portent aucune atteinte à notre ordonnance du 29 décembre, elles ne tendent qu'à faire voir qu'il ne peut arriver de l'eau aux moulins de la place et par conséquent aux Carcés que pour faire tourner deux moulins et la même ordonnance ne fait qu'ordonner que le sieur Floquet, déclarera lors de l'épreuve de l'élèvement des bars quelle quantité d'eau surverserait dans le canal de la Nerte si les cinq moulins de front travaillaient tous à la fois laquelle déclaration ordonnée sur la réquisition des adversaires, ne saurait exclure celle que le sieur Floquet fera ensuite des opérations et épreuves requises par ledit Me Sénès, desquelles déclarations, qui ne formeront aucun contraste les parties tireront leurs inductions au procès, car enfin la déclaration que pourra faire le sieur Floquet en suite de l'ordonnance du 29 décembre ne sera fondée que sur la présupposition si les cinq moulins de front tournaient tous à la fois ce qu'on a démontré être impossible puisqu'il n'a jamais été nécessaire pour l'utilité du lieu qu'ils travaillassent tous à la fois, au lieu que celle qu'il fera ensuite de notre ordonnance qui fera droit à la réquisition dudit maître Sénès sera étayée sur le fait clair et constant s'il peut effectivement venir de l'eau de la fuite des moulins des chevilles dans le béal de ceux de la place depuis le Caussier jusqu'à leurs seuillets, et par rapport à la situation et à son défaut de pente assez pour faire tourner deux ou trois moulins à la fois, déclarations sur les réquisitions respectives dont les parties tireront chacune leurs inductions dans son temps nous voyons donc par là que nos ordonnances n'auront aucune contradiction.
À l'égard de l'épreuve du débouchement des seuillets des cinq prétendus moulins situés à la place et du débouchement total de l'espacier des Trois Pierres, si par impossible nous venons à l'ordonner ce qui ne doit pas cependant exclure les opérations et épreuves requises par ledit maître Sénès, icelui nous requiert subsidiairement d'ordonner que le sieur Floquet déclarera si lesdits cinq moulins pourront travailler avec la liberté et vitesse nécessaire en observant surtout que ne tournant que deux des trois moulins des chevilles, il n'est pas possible qu'il en vienne de l'eau pour en faire tourner cinq moulins à la fois puisque tous ces moulins sont une égale force sur quoi il prendra les informations de qui il trouvera bon pour savoir au juste quelle a été et quelle doit être la vitesse de leur travail.
Quant aux instructions que le sieur Floquet doit prendre s'il le juge nécessaire, et sur lesquelles on a mal à propos suspecté les meuniers des moulins ne pourrait-il pas les prendre de tous autres ? Les faits étant notoires dans tout le village et d'ailleurs ce ne seront pas des instructions qui décideront à l'évidence des opérations et épreuves requises, ainsi rien n'empêche que le sieur Floquet puisse les prendre en particulier de qui il voudra. La requête que les frères Blin et Sauvans avaient présenté à la Cour le 9 janvier 1740 pendant la descente de M. le Conseiller de Charleval et dont les adversaires parlent n'est pas non plus un obstacle, parce que cette requête ne tendait qu'à faire [    ] le pouvoir pour entendre des témoins sur l'état et situation des bars et à faire rédiger les dépositions ce qui ne pouvait être ordonné sur requête, et voilà pourquoi les frères Blin et les Sauvans qui avaient intérêt d'accélérer la descente n'en poursuivirent pas les fins, au lieu que la réquisition dont s'agit en ce point, tend seulement à faire prendre par le sieur Floquet des simples instructions s'il en a besoin sur l'espacier des Trois Pierres et les moulins des chevilles.
Tout le reste du dire dudit maître Aubin ne porte que sur les fonds qu'on doit toujours laisser à l'écart aussi ledit maître Sénès en persistant à ce qu'il a dit sur la déclaration requise par les adversaires qu'elle hauteur aurait le mortier sur lequel les bars seraient assis s'ils étaient bâtis, se réserve de le détruire au procés, et quant à la déclaration des adversaires tendant à faire vérifier sur quoi s'appuie la cambe du pont, ledit maître Sénès ne l'empêche sans approbation de toutes inductions insistant toujours à faire vérifier s'il y a au dessous de la place actuelle des bars et sur le rocher ferme quelque excavation ou trou qui paraissent avoir été fait pour servir d'emplacement aux bars prétendus élevés y ayant une différence totale entre la cambe du pont qui a été fondée sur le rocher ferme et ensuite d'une cavation pour servir d'assise aux premières pierres et les bars en question qui auraient eu nécessairement un emplacement dans le rocher ferme outre leur enclouure à leur surface verticale pour être fermés suivant les véritables principes de la bâtisse rapportant ledit maître Sénès aux observations faites verbalement audit sieur Floquet sur la qualité, figure et situation des bars, et celles qu'il lui fera encore s'il y échoit.
Ledit maître Sénès observe en finissant que puisque les adversaires se bornent dans leur dernier dire à la simple vérification des moulins de M. de Solliès, s'ils sont en l'état qu'ils doivent être pour travailler librement et à leur accoutumée et qu'ils reconnaissent ne pouvoir y toucher, il n'empêche la dite vérification ajoutant qu'on pourrait si peu en abaisser les roudets quand on le voudrait, que le moindre baissement exposerait infailliblement à un changement et dérangement total de tous les engins pour leur conserver l'équilibre dont ils ont besoin pour tourner, réitèrent toutes ces protestations de droit et a signé.
Signés : J. Arène syndic. Gensollen. J. Gardanne. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
13 janvier 1741
Le treize dudit mois à neuf heures du matin, ledit maître Aubin, sous les mêmes protestations que dessus, se rapporte à son précédent dire sauf de détruire encore mieux au procès tous les vains raisonnements des adversaires et de tirer même droit de leurs aveux ajoutant seulement qu'en à présent par manière d'observation qu'il est extraordinaire que les adversaires s'obstinent à vouloir soutenir qu'il n'a jamais tourné que deux moulins de front et qu'il n'en peut tourner d'avantage sous prétexte qu'il ne travaille que deux moulins des chevilles, car
1e Les Sarraires et Consorts ont déjà fait voir que les verbaux de 1628 et 1629 font mention des eaux de la fuite des cinq moulins et que les experts lors de leur déclaration sur la quantité d'eau qui passait dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu et dans celui de la Nerte ont [     ] sur ces mêmes eaux de la fuite des cinq moulins, ainsi qu'il est facile de le voir et tous les efforts des adversaires ne sauraient donner une autre face à cette déclaration si claire et si précise ;
2e Nous avons même reconnu depuis la durée de notre commission que les moulins des chevilles travaillaient tous trois à la fois en y comprenant le moulin à huile qui est contigu ;
 3e Qu'outre les eaux qui passent pour faire tourner les trois moulins des chevilles, on peut sans difficulté, en faire venir d'avantage pour faire travailler les cinq moulins des Carcés ou de la place, et cela par deux canaux qu'il y a supérieurs qui se rassemblent ensuite et vivement se joindre dans le béal des Carcés, au moyen de quoi l'on peut faire venir si l'on veut toute l'eau nécessaire aux cinq moulins des Carcés et au-delà même si l'on souhaitait.
À l'égard des instructions et informations requises par les adversaires, il est également extraordinaire de voir qu'ils s'obstinent à prétendre que le sieur Floquet doit les prendre tandis qu'on leur a fait voir que la commission est bornée à faire faire des observations et opérations telles que nous le jugerons nécessaire, et que ce serait même là une voie très dangereuse d'autant mieux que nous voyons qu'ils furent obligés d'abandonner la requête qu'ils avaient donnée en audition de témoins et [    ] lors de la descente de M. le Conseiller de Charleval, et en un mot qu'on ne peut point changer le procès de face, ce qui arriverait infailliblement s'il était permis audit sieur Floquet de prescrire des instructions et informations.
Ledit maître Aubin persistant à soutenir que les autres réquisitions des adversaires et notamment celles du nivellement depuis les moulins des chevilles jusqu'à ceux des Carcés sont tout à fait inutiles par les raisons qu'on a déjà avancées auxquelles on se rapporte pour n'user de redite, et nous requiert en faisant droit aux réquisitions des Sarraires et Consorts, d'ordonner que le sieur Floquet en vérifiant tout le long des voûtes du canal de Sarraire ou de Beaulieu observera aussi l'ancienneté des murailles de chaque côté de ce canal, dont il fera mention dans son rapport pour constater toujours mieux de la continuation des voûtes et des murailles du canal des Carcés du côté opposé au canal de la Nerte.
Et quant aux observations sur les bars ledit maître Aubin se réserve de les rédiger par écrit, et d'en faire une réquisition séparée pour ne pas embrouiller les opérations se réservant en même temps de détruire celles faites par les adversaires et proteste toujours des frais frustrés et a signé avec les parties.
Signés : L. Mollinier syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.
Et tout de suite ledit maître Sénès sous la même protestation persiste à ses observations et réquisitions que le dernier dire de maître Aubin rend encore plus justes plus nécessaires et qui tendent à constater d'une manière très sure quelles eaux peuvent venir aux moulins de la place par la situation du béal persiste aux instructions que le sieur Floquet doit prendre s'il en a besoin à laquelle réquisition la requête des Sauvans et des Blins dont les adversaires parlent et qu'il nous remet en original, de même que la recharge pour en vérifier les fins et les comparer avec la réquisition dudit maître Sénès, en ce chef ne porte aucun obstacle requiert de son chef de vérifier l'ancienneté des murailles qui bordent de chaque coté le canal de la Nerte, et qu'en soutiennent les voûtes sur lesquelles s'appuient des anciennes maisons et se réservant ses observations sur les bars, il détruira celles que les adversaires se proposent de faire, proteste de tout ce que de droit et contre toutes inductions, sauf les inductions contraires et a signé avec ses parties.
Signés : J. Arène syndic, Gensollen. J. Gardanne. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Et ledit maître Aubin en persistant à ses précédents dires et observations dit qu'on ne saurait en aucune manière détruire les énoncés des anciens rapports ni moins donner atteinte aux titres du procès par des instructions et informations qui ne peuvent point être prises ni mêmes ordonnées ainsi que l'on n'a fait voir ci-dessus nous observant encore surabondamment ledit maître Aubin que ces instructions et informations verbales seraient même plus dangereuses que si on entendait des témoins et que l'on rédigea leurs dépositions par écrit à cause surtout des suspections, protestant toujours ledit maître Aubin des frais frustrés et de tout ce que de droit.
Signés : H. Mollinier syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.
Après quoi lesdits maîtres Sénès et Aubin assistés respectivement de leurs parties nous ont dit qu'étant obligés de fournir des paysans et quelquefois des maçons dont le sieur Floquet a besoin pour l'aider à ses opérations, ils les dispensent en tant que de besoin du serment comme ils ont fait verbalement jusqu'à présent signés.
Signés : J. Arène syndic L. Mollinier syndic. Hauvel. J. Gardanne. Gensollen. Gensollen. H. Meissonnier curateur. C. Blin. Sénès et Aubin.
Du 13 au 30 janvier
Travail du sieur Floquet
Depuis ledit jour treize janvier jusqu'au trente dudit même mois ledit sieur Floquet a travaillé les jours utiles, tant dans les Carcés qu'ailleurs, aux opérations et observations par nous déjà ordonnées, ayant employé le maçon et les paysans qui ont été fournis par les parties et chargé ses mémoires de ce qu'il a fait, les ayant rédigées sur le tapis les jours que les eaux de la pluie ou celles du canal ne lui ont pas permis de travailler sur les lieux.
30 janvier 1741
Et ledit jour trente janvier nous avons fait notre ordonnance de la manière suivante sur les réquisitions qui nous ont été ci-dessus respectivement faites par les parties.
Ordonnance de M.
le Conseiller Commissaire
Nous Conseiller du Roi et Commissaire, pourvoyant sur les réquisitions respectives des parties avons ordonné que sans préjudice du droit d'icelles, ni attribution d'aucun, le sieur Floquet géomètre vérifiera et énoncera l'issue des moulins soit à blé soit à huile dont la fuite peut se réduire dans le canal commun appelé les Carcés et expliquera en même temps combien il travaille actuellement de ces moulins, et combien il en pourrait travailler eu égard au béal qui leur fournit l'eau et à tout ce que de droit, déclarera s'il passe de l'eau par l'espacier des Trois Pierres et à cet effet ledit sieur Floquet fera boucher totalement ledit espacier et expliquera si en cet état les moulins des chevilles travaillent avec leur liberté accoutumée ou s'il est nécessaire que cet espacier soit débouché précisément à la hauteur de la pièce de bois qui se trouve actuellement, laquelle épreuve du bouchement total de l'espacier des Trois Pierres sera faite en deux manières, la première quand il ne travaille que deux moulins à farine, et la seconde en faisant ouvrir les canons des autres moulins à proportion de la quantité d'eau qu'il y aura dans le béal suivant les connaissances dudit sieur géomètre, énoncera si ledit béal depuis l'espacier des Trois Pierres jusqu'aux moulins se trouve embourbé, prendra et énoncera la pente des moulins des chevilles depuis le ferme en dessous des roudets jusqu'à l'espacier des Trois Pierres et depuis le coin dudit espacier jusqu'aux seuillets des puits des moulins à farine situés à la place et de celui à huile appartenant à la communauté déclarera ledit sieur Floquet en faisant l'épreuve des bars élevés à la hauteur de deux pans et quart déjà ordonnée quelle hauteur ont lesdits bars depuis le terme où était l'ancien terme soit depuis l'uni du gravier du canal de la Nerte, énoncera la hauteur du mortier qu'on mettrait sous les bars si on les bâtissait, et vérifiera si sur le ferme en dessous de la place actuelle des bars, il y a quelque creusement fait à mains d'homme pour servir d'emplacement auxdits bars, et s'il s'en trouve il en prendra et marquera les dimensions, expliquera enfin si les bars élevés à deux pans et quart les eaux regonflent vers les roudets des moulins à farine et si elles les empêchent de travailler à leur vitesse ordinaire et avant de procéder aux susdites opérations concernant les moulins des chevilles et ceux de la place ; Ordonnons qu'il sera appelé deux meuniers dont les parties conviendront autrement par nous nommés d'office, pour vérifier que les susdits moulins sont dans l'état qu'ils doivent être, observera et énoncera l'ancienneté des murailles du canal de la Nerte et de celui de Sarraire ou de Beaulieu et si les voûtes de ce dernier sont une suite de celles des Carcés, observera et expliquera enfin sur quoi est bâtie la cambe du pont vis-à-vis le moulin à Nerte et s'il y a des fondements faits. Fait à Solliès ledit jour, huitième janvier 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Laquelle ordonnance a été publiée auxdits maîtres Sénès et Aubin en présence de sieur Floquet.
Du 30 janvier au 21 février 1741,
continuation du travail du sieur Floquet
Depuis ledit jour trentième janvier jusqu'au 21 février ledit sieur Floquet a continué de travailler aux opérations et observations qu'il est chargé de faire tant aux Carcés qu'ailleurs toujours en défaut dudit sieur Commandeur de Beaulieu et tantôt en présence, tantôt en absence des autres parties qui ont continué de fournir un maçon et les paysans dont ledit sieur Floquet a eu besoin suivant l'exigence des cas, ayant travaillé sur le tapis à rédiger ses mémoires lorsqu'il en a eu besoin.
Signés : Villeneuve d'Ansouis et Regibaud greffier.
21 février 1741
Et ledit jour 21 février ledit maître Sénès toujours pour les syndics des Sauvans et les frères Blin nous a dit que les opérations du sieur Floquet géomètre étant fort avancée et s'agissant bientôt de faire les diverses épreuves respectivement requises par les parties dans les Carcés, il nous requiert, attendu que par notre ordonnance du 6 décembre dernier il est porté que pendant la durée de notre commission tous les canons du moulin à Nerte resteront ouverts, d'ordonner aussi et pour une seconde façon d'opération que pendant les mêmes opérations de calibrages des eaux et épreuves ordonnées par nos ordonnances subséquentes, il n'y aura d'ouvert que les deux canons de l'ancien moulin de la Nerte ou de celui qui est par côté et qui travaille actuellement au choix et à la prudence dudit sieur Floquet et même que la restanque qui était au canal qui dégorge à la rivière et dont ledit sieur Floquet a pris les dimensions pour donner plus de poids et plus de chute à l'eau pour faire tourner le moulin qui est en état sera rétabli pendant les mêmes opérations des calibrages et épreuves ce qui ne saurait être refusé ; puisque l'état du lieu par rapport aux canons ouverts ne sera jamais autre qu'avec deux seuls canons ouverts à ladite restanque n'y ayant jamais eu et ne pouvant jamais y avoir qu'un seul moulin à Nerte qui travaille et les eaux ayant besoin d'être retenues par ladite restanque et par le bouchement des deux canons du moulin non travaillant pour faire tourner celui qui travaille actuellement,la présente réquisition ayant pour objet de faire faire en deux façons l'épreuve des canons ouverts pour servir à déterminer les calibrages et les épreuves l'une avec les quatre canons ouverts, c'est-à-dire les deux de chaque moulin, ce qui est déjà ordonné par notre ordonnance du 6 décembre dernier, et l'autre seulement avec les deu canons ouverts de tels des deux moulins à Nerte que ledit sieur Floquet trouvera à propos pour pu avoir les parties tirer respectivement des deux façons d'épreuves et opérations les inductions de droit et a signé avec les parties signés.
Signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier, curateur et Sénès.
Maître Aubin pour le syndic des Sarraires et Consorts nous a requis de lui donner jusqu'à demain matin pour répondre au dire ci-dessus ce que nous lui avons accordé, le sieur Floquet ayant continué de travailler à ses opérations.
22 février 1741
Le vingt-deux dudit mois de février ledit maître Aubin pour les syndics des quartiers des Sarraires et Consorts répondant à la réquisition faite le jour d'hier par les Blin et les syndics des Sauvans parties adversaires dit que cette réquisition est très captieuse puisqu'elle tend à faire révoquer notre ordonnance du 6 Xbre dernier, et surprendre notre religion ; en effet par cette ordonnance il est porté en termes exprès que tous les canons des moulins à Nerte resteront ouverts pendant la durée de notre commission et que les deux canaux…



 

Prise du canal du Château sur le canal de l'Enclos.

 

… seront nettoyés dans tout leur cours et cela pour donner un libre cours aux eaux lors des opérations et épreuves et d'empêcher les divers abus, de sorte que si nous venions à ordonner aujourd'hui le bouchement de deux desdits canons et le rétablissement de la restanque, ce serait une contradiction manifeste outre l'injustice criante que cela causerait aux Sarraires et Consorts ainsi qu'il fera voir dans un moment n'étant pas certainement permis de donner des extensions aux ordonnances et d'y faire ajouter ni diminuer par conséquent, si ce n'est pas la voie de l'appel, lorsqu'on se trouve fondé ou sur ce pied là, dès le moment que par notre ordonnance du 6 Xbre dernier, nous avons ordonné que pendant la durée de notre commission tous les canons du moulin à Nerte resteront ouverts, il est constant que nous ne saurions en aucune manière faire droit à la réquisition des adversaires sans blesser notre dite ordonnance du 6 décembre, de même que celle du 29 du même mois qui porte aussi en terme exprès que le sieur Floquet, géomètre hydraulique après avoir fait nettoyé les canaux et fait ouvrir les quatre canons des moulins à Nerte calibrera etc. et un mot ce serait également porter atteinte à toutes nos autres ordonnances par lesquelles nous avons ordonné certaines opérations et épreuves après le nettoyement et nivellement des canaux.

Quant à l'injustice au fonds de cette réquisition elle ne saurait être plus sensible, car dès que nous avons ordonné le nettoyement du canal de Sarraire ou de Beaulieu et auquel les adversaires sont très attentifs, nous devons également par le même motif et à plus forte raison par rapport à la proximité du lieu, avoir égard que rien n'arrête et ne puisse arrêter le cours des eaux dans le canal des adversaires autrement non seulement ce serait renverser toutes nos précédentes ordonnances mais encore vouloir faire changer l'état du lieu , en effet les adversaires ne peuvent point disconvenir qu'il y a dans leur canal quatre canons par où les eaux passent et se dégorgent dans la rivière or quelle justice y aurait-il d'en faire boucher présentement deux pour tacher uniquement de nuire aux opérations et épreuves déjà ordonnées, tandis que d'un autre côté elles doivent être faites en l'état actuel des lieux ainsi que nous l'avons ordonné et que de l'autre l'on voit qu'il est fort loisible aux adversaires de faire dans leur canal tous les ouvrages qu'ils trouvent à propos pour attirer avec plus de rapidité les eaux, de sorte que c'est avec raison que les Sarraires et Consorts soutiennent que cette réquisition est captieuse et que les adversaires doivent en être déboutés, soit par rapport à son injustice, soit à cause qu'elle tend à renverser les autres ordonnances protestant des frais frustrés et de tout ce que de droit, nous requérant ledit maître Aubin de vouloir au surplus concéder acte aux parties de ce qu'elles ont convenu des nommés, Jean Gasquet, meunier du lieu du Puget et Joseph Aoust, meunier de la ville de Toulon pour procéder en conformité de nos précédentes ordonnances et d'ordonner à cet effet qu'ils seront assignés à tel jour que nous trouverons bon et a signé avec ses parties.
Signés : Gensollen. L. Mollinier syndic. Hauvel et Aubin.
22 et 23 février 1741
Le même jour le sieur Floquet a continué de travailler à ses opérations et le lendemain 23 dudit mois.
Ledit maître Sénès audit nom répondant au dire dudit maître Aubin et demandant acte des aveux y contenus dit que la réquisition par lui faite à la séance du 21 du courant n'est ni captieuse ni injuste, elle est au contraire très nécessaire et il est surprenant que les adversaires l'aient contestés et loin qu'elle ait pour objet de faire renvoyer notre ordonnance du 6 Xbre dernier, elle tend à bien éclaircir l'état du lieu et le droit des parties, en effet ledit maître Sénès ne conteste pas que cette ordonnance ne doive être exécutée mais sa disposition portant que pendant les opérations du géomètre, les quatre canons du moulin à Nerte c'est-à-dire les deux canons de chaque moulin resteront ouverts ne sauraient empêcher que les mêmes opérations se fassent avec seulement deux canons ouverts, ce sont deux dispositions qui s'aideront à s'expliquer corrélativement et à mieux établir l'un des faits contesté les adversaires pourront tirer leurs inductions des opérations qui seront faites avec les quatre canons ouverts sans approbation néanmoins d'icelles, et les frères Blin et les Sauvans tireront les leurs des opérations qui seront faites seulement avec deux canons ouverts, ainsi il n'y aura aucune contradiction entre notre ordonnance du 6 Xbre et celle du 29 dudit mois et autres avec celle qui interviendra sur la réquisition dont il s'agit et tout concourt à la faire admettre. Les raisons que les adversaires ont alléguées pour preuves que la réquisition est juste sont bien faibles, il faut que le canal qui porte les eaux au moulin de la Nerte ou à défaut d'y celui attendu qu'il ne peut travailler faute de suffisance d'eau par l'état actuel au moulin qui est par côté soit nettoyé il l'a déjà été et même les adversaires ont affecté de le faire creuser bien profondément, mais il faut que ce canal reste au même état qu'il a toujours était par rapport aux canons, or l'état du lieu est qu'il faut qu'il y ait un moulin qui puisse travailler si ce n'est le primitif moulin de la Nerte, parce qu'il n'a pas assez d'eau au moyen des bars qui sont actuellement sur le gravier à l'embouchure du canal, c'est du moins l'autre moulin qui est par côté et afin que l'un de ces moulins puisse travailler il faut de toute nécessité que les eaux qui viennent des moulins de la place dégorgeant à la rivière passe toutes par les deux canons placés et destinés à le faire travailler et alors il faut par la même nécessité que l'on ferme les deux canons du moulin qui ne travaille pas sans quoi il n'en pourrait travailler aucun comme il serait facile de le vérifier par des épreuves si les adversaires contestaient le fait. Cela répond à leur second prétexte qu'il y quatre canons dans le canal de la Nerte et qu'il faut les laisser ouverts pendant les opérations, il faudra cependant de toute nécessité en tenir deux fermés après ces opérations pour que l'un des moulins à Nerte puisse tourner, il y a quatre canons dans le canal, cela est vrai, mais ils ne servent pas tous à un seul et même moulin, il n'y en a que deux pour chaque moulin de sorte que l'état du lieu étant tel qu'il faut qu'il y ait un moulin comme il y a toujours été pour travailler les nertes et autres herbes [    ] les cuirs aux termes de l'acte d'inféodation de 1552 produit au procès, et la situation du lieu ne permettait pas qu'il puisse travailler autrement et avec deux canons ouverts qui cueillent et dégorgent sur des roudets du moulin des eaux qui viennent dans le canal dérivant à la rivière à l'exception d'une partie qui doit y tomber, tout concourt à faire droit à la réquisition dont l'unique objet est de bien constater l'état réel des eaux destinées au travail du moulin de la Nerte sans quoi le véritable état du lieu serait renversé.
À l'égard de la réquisition en elle-même comme elle pourrait n'être pas assez précise et assez expliquée, ledit maître Sénès la réfère à toutes les opérations qui seront faites par le géomètre et si sont énoncées dans notre ordonnance du 29 Xbre dernier et encore à toutes les autres qu'il pourra faire en exécution de nos ordonnances subséquentes.
Et quant à la réquisition des adversaires sur la nomination verbalement faite de Jean Gasquet et Joseph Aoust, meuniers ledit maître Sénès y adhère et a signé avec ses parties,
signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier, curateur et Sénès.
Du 23 au 27 février
Continuation du travail du sieur Floquet
Depuis ledit jour jusqu'au 27 dudit mois ledit sieur Floquet a continué comme ci-dessus à travailler à ses opérations et ledit jour et an.
Ledit maître Aubin procureur des syndics de Sarraire et Consorts sans approbation du dire de maître Sénès dit qu'il n'y a pas lieu de faire droit à la dernière réquisition des adversaires par les raisons avancées par ledit maître Aubin dans sa précédente réponse, d'autant mieux si nous faisons attention que les adversaires par leurs expédients offerts le 8 février 1740 sous côtés 4 E. demandent l'enlèvement des bars qui sont présentement couchés de plat à l'entrée de leur canal tirant à la rivière et qui doivent être élevés pour jouir des deux tiers des eaux des moulins à blé de M. de Solliès et que par leur précédent dire ils soutiennent même qu'il doit entrer de l'eau dans leur canal pour faire tourner le moulin de la Nerte et une partie qui doit tomber dans la rivière, de sorte que leur réquisition tendant à faire fermer deux des quatre canons de la Nerte est très captieuse comme l'on voit, parce que c'est évident que les Blin ni les Sauvans ne feront aucun ouvrage pour se priver de ce superflu d'eau pour le faire entrer dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu, au contraire ils se serviraient des canons qui peut y avoir de reste pour laisser tomber les eaux dans la rivière, ainsi le recours doit être vidé en l'état du lieu et l'on doit calibrer toutes les eaux qui peuvent entrer dans le canal de la Nerte à moins de vouloir changer totalement l'état du procès, de sorte que non seulement les quatre canons qui se trouvent dans le canal de la Nerte doivent rester ouverts, mais encore pour faire les choses en bonne justice, et pour connaître toujours mieux le peu de foi qu'on doit ajouter au rapport de 1629 quant à la division des eaux, il faudrait faire couler dans le canal de la Nerte les deux tiers des eaux des deux moulins et d'un seul ensuite, afin se faire après cela l'épreuve si le tiers restant est suffisant pour faire tourner le moulin de Beaulieu et pour moudre tout le blé qu'il peut moudre, et s'il y en aurait un restant pour arroser les terres des particuliers de Sarraire et Consorts conformément à l'arrêt de 1634 dont toutes les parties réclament l'exécution avec tant de justice, n'y ayant par conséquent pas lieu de faire droit à une réquisition aussi frivole qui ne tend qu'à faire consumer les parties en frais, ledit maître Aubin protestant des frais frustrés et de tout ce que de droit, se réservant de détruire en son temps tous les vains résonnements des adversaires et de faire voir que l'acte d'inféodation de 1552 ne saurait en aucune manière préjudicier aux Sarraires et Consorts, nous requérant de lui concéder acte des aveux faits par les Blin et les syndics des sauvant et a signé avec ses parties.
Signés : H. Mollinier syndic. Gensollen. Hauvel et Aubin.
Continuation du travail du sieur Floquet
Ledit sieur Floquet a continué le même jour ses opérations et le lendemain 28 février.
Ledit maître Sénès audit nom a dit qu'il laisserait volontiers sans réponse le dernier dire de maître Aubin s'il s'agissait d'éviter un quart d'heure de longueur à la descente, ses parties étant plus soigneuses à ménager le temps que les adversaires eux-mêmes, mais comme le sieur Floquet continue ses opérations et qu'il ne peut y avoir aucun temps perdu, il va faire deux observations essentielles pour soutenir sa juste réquisition se rapportant à son précédent dire, la première c'est que l'opération des calibrages loin de changer l'état du lieu s'y applique au contraire bien naturellement et beaucoup mieux que l'ouverture des quatre canons requise par les adversaires, puisque le moulin de la Nerte ou celui qui est par côté ne pourrait absolument travailler si deux des canons n'étaient fermés et s'il n'y avait point de restanque pour donner un peu de poids à l'eau pour remédier au défaut de pente, ce qui a été toujours pratiqué ainsi depuis l'établissement même du moulin de la
Verbaux de 1628 et 1629
Pas de bars ou posés de plat
… Nerte que lors des verbaux de 1628 et 1629 et très longtemps après, avait toute l'eau nécessaire parce qu'il n'y avait point de bars qui en empêchassent le décours, ou que s'il y en avait ils étaient en plat et à niveau du lit comme ils doivent l'être et voilà pourquoi les frères Blin et les Sauvans ont conclus dans leur expédient rapportés par les adversaires à l'enlèvement desdits bars et qu'ils pourront réduire dans le procès à l'emplacement d'iceux à niveau du lit et rien ne prouve mieux que sans la restanque et avec les quatre canons ouverts aucun des deux moulins ne pourrait travailler que le silence que les adversaires ont gardé sur les épreuves indiquées dans le dernier dire de maître Sénès et qui vérifieraient le fait si nous trouvions à propos de les ordonner.
La seconde observation consiste en ce qu'en fait de descente on ne refuse jamais d'ordonner des opérations pour peu qu'elles tendent à éclaircir la chose sans préjudice du droit des parties qui accompagne toujours les ordonnances, le conserve en entier, et ce n'est qu'en les défendant au fonds du procès que les parties contre laquelle on veut tirer des inductions des opérations ordonnées et faites en conséquence, tache de les combattre et de les détruire. Quant à présent nous ne saurions rejeter la réquisition en question sans blesser absolument la juste défense des frères Blin et des Sauvans, le reste du dire de Me Aubin est une répétition inutile une observation portant au fonds, on se réserve de les détruire en son temps, et de démontrer que l'acte d'inféodation de 1552, suivi d'une exécution continue contient toutes les dispositions qu'il faut pour établir en faveur des possesseurs du moulin de la Nerte un titre formel et inébranlable proteste des aveux des adversaires et de tout ce que de droit et a signé.
Signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Ledit maître Aubin répondant au dire ci-dessus de maître Sénès dit que les Blin et les syndics des Sauvans parties adverses n'ayant pu rien avancer de partirent pour combattre la réplique de Sarraire et Consorts ce qui fait voir sensiblement que la situation du lieu et l'état du procès résistent absolument à leur frivole réquisition, se sont avisés de faire deux observations qui ne peuvent être d'aucune considération; en effet on a démontré que ces adversaires prétendent au procès les deux tiers des eaux de la fuite des moulins de M. de Solliès, et qui dans leur précédent dire du 23 du courant ils allèguent même que l'eau qui entre dans leur canal sert pour faire tourner le moulin de la Nerte à l'exception d'une partie qui doit tomber dans la rivière, et après cela il est certainement plus que ridicule de vouloir persister au bouchement de deux des quatre canons qui se trouvent dans ledit canal de la Nerte pour cette raison bien naturelle et bien décisive et qu'on ne saurait trop répéter, qu'il y a tout lieu de présumer que les Blin et les Sauvans ne feraient jamais aucun curage pour se priver de ce superflu d'eau, et qu'au contraire ils ne manqueraient pas de se servir des dits deux canons; de reste pour laisser tomber les eaux dans la rivière aussi nous devons seulement avoir une attention toute particulière pour faire calibrer toutes les eaux qui peuvent entrer dans le canal de la Nerte, bien loin de faire droit à ladite réquisition qui changerait et la situation du lieu et l'état du procès.
Quand au prétexte dont les adversaires se servent et se retranchent pour tacher de surprendre une ordonnance favorable, il est aussi des plus ridicule, car il n'y a personne qui ignore qu'en fait de descente, le seigneur Commissaire a la liberté de faire droit ou de débouter les parties de leurs réquisitions suivant qu'il le trouve bon et que la justice l'exige de sorte que celle en question paraissant contraire à l'état du procès il est sans difficulté que nous en devons ordonner le déboutement, étant même surprenant que les adversaires aient osé avancer un pareil prétexte, tandis qu'ils en ont un préjugé bien récent sur le nivellement qui avait été requis de la par des syndics de Sarraire et Consorts du côté des Sauvans, ledit maître Aubin protestant toujours des frais frustrés, des aveux des adversaires et de tout ce que de droit et a signé.
Signés : L. Mollinier syndic, Gensollen. Hauvel et Aubin.
Et ledit maître Sénès sans approbation du dire dudit maître Aubin et en persistant à sa réquisition ajoute que par le bouchement des deux canons de celui des moulins placés sur le canal de la Nerte que le sieur Floquet trouvera à propos les eaux nécessaires pour le faire tourner, dégorgeant par ces deux canons, et le superflu énoncé dans le verbal de 1628 tombera dans la rivière, c'est-à-dire par le canal qui y dégorge et non pas par les deux canons de l'autre moulin pour que l'un ou l'autre moulin puisse travailler sur quoi nous pourrions nous convaincre par les épreuves indiquées.
À l'égard du prétendu préjugé que les adversaires opposent à la réquisition, il ne faut pas un long examen pour découvrir la dissemblance du cas, les adversaires acquérant un nivellement vraiment absurde puisqu'il portait sur le lit de la rivière chose bien étrange à la commission et il s'agit d'une opération foncière et tirée pour ainsi dire des entrailles du procès et de l'état du lieu, persiste et proteste et a signé.
Signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier, curateur et Sénès.
Et tout de suite ledit maître Aubin sans approbation de ce qui vient d'être avancé de la part des Blin et Sauvans persiste à sa précédente réponse, nous requérant de lui concéder acte des aveux faits par lesdits Blin et Sauvans proteste de tout ce que de droit et a signé.
Signés : L. Mollinier syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.
Ordonnance de
M. le Conseiller Commissaire
Nous Conseiller du Roi Commissaire avons concédé auxdits maîtres Sénès et Aubin de leurs dires, réquisitions, protestations et aveux par eux donnés et ordonné que sans préjudice des droits des parties ni attribution d'aucun nouveau le sieur Floquet après avoir procédé aux épreuves et aux calibrages des eaux qui entrent dans le canal de Sarraire ou Beaulieu et dans celui de la Nerte avec les quatre canons des moulins à nerte ouverts, conformément à notre ordonnance du 29 décembre dernier et aux calibrages ci après ordonnés, fera en outre les mêmes épreuves et calibrages en faisant fermer les deux canons de tel des moulins à nerte qu'il jugera à propos, et en faisant remettre la restanque au même état qu'elle était. Ordonnons encore que ledit sieur Floquet géomètre calibrera les eaux qui entrent dans l'un et dans l'autre canal après avoir fait ôter les bars en trois manières, la première quand il tourne un seul moulin à farine de M. de Solliès, la seconde quand il en tourne deux et la troisième lorsqu'on a ôté l'eau desdits moulins, ce qu'il expliquera dans son rapport, et déclarera si la partie d'eau qui entre dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu dans tous les susdits cas est suffisante pour faire tourner librement le moulin de Beaulieu et s'il y en a encore un superflu, fera encore ledit sieur Floquet un modèle des bars, avons au surplus concédé acte aux parties de ce qu'elles ont convenu pour meuniers de Jean Gasquet et de Joseph Aoust, lesquels seront assignés pour prêter le serment et procéder au fait de leur commission.
Fait à Solliès ledit jour 28 février 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Continuation du travail
du Sr Floquet
jusqu'au 4 mars 1741
Ladite ordonnance a été tout de suite publiée auxdits maîtres Sénès et Aubin et nous avons fait expédier audit maître Aubin des lettres pour faire assigner lesdits meuniers. Ledit sieur Floquet a continué de travailler à ses opérations ce dit jour et les suivants jusqu'au 4 mars auquel jour.
Ledit maître Sénès pour les frères Blin et les syndics des Sauvans nous a dit qu'ayant omis de requérir la vérification, si pendant l'épreuve du bouchement de l'espacier du sieur Albert requise par les adversaires à la séance du 4 décembre dernier par nous ordonnée le six dudit mois et faite par le sieur Floquet géomètre à la séance d'hier, les eaux du canal de Sarraire ou de Beaulieu regonflaient aux Carcés et faisaient bouler les roudets des moulins à farine de M. de Solliès et les empêchaient de tourner; il nous requiert d'ordonner que ledit sieur Floquet fera la même épreuve du bouchement dudit espacier, au même état actuel des bars en plat à l'embouchure du canal de la Nerte, et vérifiera si pendant le temps dudit bouchement les eaux dudit canal de Sarraire ou Beaulieu regonflent aux Carcés et amortissent les roudets desdits moulins à farine et les empêchent de tourner avec leur liberté et vitesse ordinaire, ce qu'il énoncera dans son rapport ou relation.
2e – Ledit maître Sénès nous requiert d'ordonner que la même épreuve du bouchement dudit espacier sera faite aussi les deux bars élevés à la hauteur des deux pans et quart et les ouvertures que forment leurs échancrures à l'endroit de leur jonction et à leur bout étant soigneusement bouchées pour qu'il ne transpire aucune eau, ou si nous le trouvons plus commode et moins dispendieux, l'embouchure dudit canal de la Nerte étant bouchée avec une planche de deux pans et quart de hauteur, laquelle épreuve sera faite avec les mêmes eaux des deux moulins à farine qui travaillaient hier et de celui à farine, ensuite avec les eaux desdits deux moulins à farine et énoncera dans sa relation à chacune desdites épreuves, s'il surverse quelque partie d'eau par-dessus lesdits bars et ladite planche, et s'il en surverse, il la calibrera, énoncera aussi s'il y a du regonflement des eaux vers lesdits moulins à farine, et si ce regonflement les empêche de tourner avec leur liberté et vitesse ordinaire et remarquera et énoncera en même temps les différents états de regonflement avec les trois, les deux, le seul moulin travaillant, nous requiert encor l'établissement d'un garde à l'endroit du coup perdu dudit canal de Sarraire pour éviter qu'on ne le débouche pendant lesdites épreuves, comme il arriva à la séance d'hier, et a signé avec les parties.
Signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Ledit maître Aubin pour les syndics de Sarraire et Consorts répondant aux susdites réquisitions des frères Blin et des syndics des Sauvans dit qu'il est extraordinaire de prétendre que l'on doit faire de nouveau l'épreuve du bouchement de l'espacier du sieur Albert sous prétexte que le regonflement faisait bouler disent-ils les roudets des moulins à farine de M. de Solliès et les empêche de tourner, car premièrement il est certain que hier pendant tout le temps de cette épreuve, les trois moulins n'ont jamais cessé de travailler comme nous avons vu et en second lieu quand même il faudrait supposer pour un moment que le regonflement fit bouler lesdits roudets, ce que non les adversaires n'en pourraient tirer aucun avantage à cause que ce serait là une cause étrangère à eux et qui regarderait uniquement M. de Solliès, et c'est ce qui répond en même temps à leur seconde réquisition concernant la même épreuve du bouchement de l'espacier du sieur Albert, lorsque les bars seront relevés à la hauteur de deux pans et quart. En effet lorsque le lieu sera rétabli, c'est-à-dire lorsque les bars seront redressés et mis dans l'état qu'ils doivent être, si le sieur Albert vient alors à porter quelque préjudice aux moulins de M. de Solliès, ce sera avec lui qu'il aura à le démêler, ce qui ne peut pourtant pas arriver à cause que quand les bars sont élevés le sieur Albert n'a pas besoin de boucher sa martelière pour arroser ou en tout cas fort peu et d'une manière qui ne peut point préjudicier les moulins de M. de Solliès eu égard surtout qu'alors les eaux se trouvent plus hautes dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu, ledit maître Aubin nous observant en outre qu'on ne saurait en aucune manière obliger le sieur Albert à boucher totalement sa martelière lorsque les bars seront relevés parce qu'on lui donnerait par là une eau superflue et inutile, et qu'on priverait d'autant les autres particuliers inférieurs des Sarraires et Consorts à quoi ces derniers s'opposeraient fortement.
À l'égard de la planche dont les adversaires conviennent se servir au lieu et place des bars ledit maître Aubin nous observe qu'outre qu'une telle planche ne pourrait pas si bien boucher, elle se gonflerait d'ailleurs et pourrait porter préjudice aux parties y ayant par conséquent lieu d'ordonner que notre ordonnance du 29 décembre dernier sera exécutée selon sa forme et teneur tant pour raison desdits bars relevés que autrement, ajoutant ledit maître Aubin que les susdites réquisitions n'ont été imaginées de la part des adversaires que pour tacher de prolonger d'avantage la commission et fatiguent toujours plus les Sarraires et Consorts; il y a lieu de les en débouter comme étant inutiles, frustratoires et indifférentes pour la décision du procès d'entre les parties, proteste des frais frustrés et de tout ce que de droit et attendu que nous devons faire procéder incessamment à l'épreuve du moulin de Beaulieu et que depuis la nuit dernière il a régné et règne une pluie continuelle considérable ledit maître Aubin nous requiert d'ordonner que le sieur Floquet fera mention dans son rapport ou relation de cette pluie pour y avoir égard et qu'elle ne puisse pas préjudicier les Sarraires et Consorts lors de ladite épreuve et a signé avec ses parties.
Signés : L. Mollinier syndic. H. Hauvel, Gensollen et Aubin.
Et tout de suite ledit maître Sénès répondant au dire dudit maître Aubin, dit qu'il n'y a qu'à bien réfléchir sur la réquisition des adversaires au sujet du bouchement de l'espacier du sieur Albert, et sur leur dire ci-dessus pour être encore plus convaincu de la nécessité des épreuves requises par ledit maître Sénès et qui seront véritablement foncières, à l'égard des inductions que ses parties en tireront dans le procès, ce n'est ici ni le temps, ni le lieu d'en parler, persiste sans approbation des raisonnements des adversaires et sous toutes protestations de droit et a signé.
Signés : J. Arène syndic. J. Gardanne, Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier, curateur et Sénès.
Et ledit maître Aubin sans approbation de ce qui vient d'être avancé de la part de maître Sénès dit que la réquisition faite par les Sarraires et Consorts sur le bouchement de l'espacier du sieur Albert a été pour faire voir la difficulté qu'il y a que le sieur Albert puisse arroser avec les anciens bars abattus attendu…



 

Le moulin de Saporta en 1906.

 

… que l'eau qui regonfle à mesure que cet espacier est bouché vient sortir par le canal de la Nerte comme il en doit résulter de l'épreuve que le sieur Floquet fit hier, et le quartier de Sarraire et Consorts se trouve privé de cette quantité d'eau, ce qui n'arrivera pas lorsque les bars seront relevés, parce que la hauteur de ces bars élèvera les eaux dans le canal de Sarraire ou Beaulieu, et au moyen de cette élévation l'arrosage de la terre du sieur Albert en deviendra plus facile et dans ce cas là, il ne sera pas besoin de boucher l'espacier dont il est question ou fort peu pour arroser cette terre, de sorte que ce sont là deux sortes de bouchements distincts et séparés et qu'on ne doit point enjamber parce que l'un est absolument nécessaire par rapport à l'abattement des bars et pour procurer l'arrosage et l'autre très inutile et frustratoire, au moyen de l'élévation desdits bars ce qui rend leur dernière réquisition toujours plus captieuse, y ayant lieu de les en débouter, proteste de tout ce que de droit et a signé.

Signés : H. Mollinier, syndic, Hauvel. Gensollen et Aubin.
Et tout de suite ledit maître Sénès a dit que la distinction que les adversaires font du bouchement que le sieur Albert fera, lorsque les bars seront élevés, et ce qu'ils ont là confirmé d'espérer avec celui qu'il a fait en l'état naturel desdits bars tout à fait relevés puisque le sieur Albert a sa martelière dans le canal des adversaires, et s'il n'avait pas un droit de l'y établir, les adversaires leur auraient empêché s'ils n'ont pu le faire c'est une preuve constante que cette martelière est un titre et que le sieur Albert est en droit et en possession de la boucher comme il veut, lorsque son tour d'arrosage pour arroser la partie de pré dont il s'agit, de sorte que les réquisitions dudit maître Sénès tendant à constater le véritable état où sont les eaux par le bouchement de cette martelière et l'état des regonflements des eaux sont justes et nécessaires, les frères Blin et les Sauvans n'ont pas lieu d'en craindre le déboutement; ledit maître Sénès y persiste sous la même protestation que dessus ajoutant que l'épreuve déjà ordonnée des bars élevés même sans le bouchement de l'espacier du sieur Albert justifiera que les eaux ne peuvent monter commodément et à suffisance comme les adversaires eux-mêmes l'ont soutenu à la partie du pré dont il s'agit, sans le bouchement de la dite martelière et a signé.
Signés : J. Arène syndic, J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Et tout de suite ledit maître Aubin, sans approbation de tous les susdits raisonnements des frères Blin et des Sauvans dit qu'il persiste à ses précédentes réponses et proteste de tout ce que de droit et a signé.
Signés : L. Mollinier syndic, Gensollen. Hauvel et Aubin.
Ordonnance de M.
le Conseiller du roi, Commissaire
Nous Conseiller du roi, Commissaire, avons ordonné sans préjudice du droit des parties ni attribution d'aucun nouveau, que le sieur Floquet en faisant boucher l'espacier du sieur Albert, les bars restant dans leur état actuel, vérifiera si les eaux du canal de Sarraire ou de Beaulieu regonflent aux Carcés et expliquera si elles empêchent que les moulins à farine de M. de Solliès, ne tournent avec leur vitesse ordinaire, fera encore ledit géomètre fermer le même espacier, les bars étant élevés à la hauteur de deux pans et quart, et leurs adversaires bouchés de manière qu'il ne passe de l'eau que par-dessus, et déclarera si en cet état les eaux regonflent vers les roudets des moulins et les empêchent de tourner avec leur vitesse ordinaire, laquelle épreuve sera faite en trois manières ; la première lorsqu'il tourne deux moulins à farine et le moulin à huile, la seconde quant il ne tourne que deux moulins à farine, et la troisième quand il n'en tourne qu'un, examinera à chaque épreuve s'il surverse de l'eau sur les bars, et il la calibrera, expliquera enfin si les bars étant ainsi élevés à deux pans et quart, le sieur Albert a besoin de boucher son espacier pour pouvoir arroser la partie de pré dont il s'agit, fera mention si la pluie qu'il a fait aujourd'hui peut avoir changé l'état des lieu lors de l'épreuve du moulin de Beaulieu et y aura égard, s'il y échoit; ordonnons enfin qu'il sera établi un garde au coup perdu de canal de Sarraire ou Beaulieu. Fait à Solliès ledit jour quatrième mars 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Ladite ordonnance a été publiée le même jour auxdits maîtres Sénès et Aubin, que nous avons assigné à la maison dudit M. Pey où nous logeons à après demain lundi à neuf heures du matin pour voir prêter le serment aux deux meuniers qui ont été assignés pour venir procéder au fait de leur commission.
Signés : Villeneuve d'Ansouis et Regibaud greffier.
Lundi 6 mars 1741
Ledit jour lundi sixième dudit mois de mars à neuf heures du matin lesdits maîtres Sénès et Aubin s'étant rendus à la maison où nous logeons.
Ledit maître Aubin nous a dit que Jean Gasquet et Joseph Aoust meuniers convenus entre les parties étant arrivés ensuite de notre précédente ordonnance et de l'assignation à eux donnée, il nous requiert de vouloir les admettre tout présentement au serment pour être ensuite procédé en conformité de nos ordonnances et a signé.
Signés : L. Mollinier, syndic. Gensollen. Hauvel et Aubin.
Ledit maître Sénès n'empêche que nous n'admettions lesdits meuniers au serment,
signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Prestation de serment
des meuniers Jn Gasquet et Jh Aoust,
reçus par M. le Conseiller du Roi
Nous Conseiller du Roi, Commissaire adhérant à ladite réquisition avons donné le serment auxdits Jean Gasquet et Joseph Aoust meuniers convenus et assignés, dont nous avons concédé acte aux parties.
Fait à Solliès ledit jour 6 mars 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Du neuvième dudit mois de mars, lesdits maîtres Aubin et Sénès s'étant rendus à la maison où nous logeons.
9 mars 1741
Ledit maître Aubin pour et au nom des syndics des particuliers possédant biens et arrosables des quartiers de Sarraire, La Tourre et Cadouiré a dit que le sieur Floquet géomètre hydraulique commis par la Cour, et à la suite de notre commission se trouve indisposé depuis dimanche dernier est atteint d'une fièvre continue ne
Indisposition du sieur Floquet
… pouvant point travailler depuis plusieurs jours suivant même l'avis de M. Meyries, médecin, qui le visite, cela est la cause que lesdits syndics de Sarraire et Consorts nous requièrent de vouloir suspendre notre commission et la renvoyer après les fêtes de Pâques, au cas que la santé dudit sieur Floquet soit pour lors rétablie, ou à tel autre temps que nous trouverons bon et a signé avec ses parties.
Signés : L. Mollinier, syndic, Gensollen. Hauvel et Aubin.
Ledit maître Sénès pour et au nom des frères Blin et des syndics des particuliers possédant biens arrosables au quartier des Sauvans, a dit que sur la réquisition des parties adversaires, il laisse à notre prudence le renvoi de la commission, et quant au temps auquel ce renvoi doit être fait, il observe que l'intérêt commun des parties et de leurs défenseurs ne s'oppose pas à ce que ce renvoi soit fixé après la Saint-Jean prochain attendu les affaires de la juridique qui sont absolument pressantes d'autant mieux encore que la réquisition des adversaires n'a rien de contraire à l'observation ci-dessus, puisqu'ils réfèrent eux-mêmes le renvoi au temps que nous trouverons bon, au moyen de quoi ils nous requiert de vouloir bien fixer le renvoi requis au 25 du mois de juin prochain pour la commission être continuée jusqu'à perfection d'icelle et a signé.
signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Sénès.
Renvoi des opérations au 12 avril 1741
Nous Conseiller du Roi, Commissaire, attendu l'indisposition du sieur Floquet géomètre avons supercédé à la continuation de la commission conformément à la réquisition ci-dessus et assigné les parties au mercredi après Quasimodo douze avril prochain sur les lieux pour continuer de procéder.
Fait à Solliès, ledit jour 9 mars 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Laquelle ordonnance a été publiée auxdits maîtres Sénès et Aubin, et en conséquence nous sommes partis de ce lieu de Solliès avec lesdits maîtres Regibaud, greffier et Dessaud, huissier et nous sommes arrivés en cette ville d'Aix le onze du même mois de mars 1741, ledit sieur Floquet ayant resté à Solliès, attendu son indisposition.
Signés : Villeneuve d'Ansouis et Regibaud greffier.
10 avril 1741.
Départ d'Aix et arrivée à Solliès.
Et advenu ledit jour dixième avril 1741, nous sommes partis de la ville d'Aix en compagnie desdits maîtres Regibaud, greffier et Dessaud, huissier, ensemble dudit sieur Floquet géomètre hydraulique qui nous y étant venu joindre le 25 de mars après le rétablissement de sa santé, nous avons dîné à Roquevaire au logis tenu par Cadet, et nous avons couché au Beausset au logis de la croix d'or tenu par Bizol, le lendemain onze nous sommes arrivés à Toulon, et l'après midi nous sommes arrivés au lieu de Solliès ayant logé aux mêmes appartements que nous avions auparavant de même que ledit maître Regibaud et ledit sieur Floquet, l'huissier a couché à la maison du sieur Henri Dollieules chez qui nous avons mangé.
Et le lendemain douze dudit mois d'avril ledit maître Aubin procureur des syndics de Sarraire et Consorts assistés de ses parties et du sieur Alexandre Joseph Giraud, clerc dudit maître Sénès procureur des frères Blin et des syndics des Sauvans assisté aussi de ses parties se sont rendus à la maison dudit M. Pey où nous logeons où étant.
Ledit maître Aubin audit nom nous a représenté que par notre ordonnance du 9 mars dernier attendu la maladie du sieur Floquet géomètre hydraulique nous aurions supercédé à la commission et renvoyé à la continuation d'icelle à ce jour d'hui 12e avril, laquelle ordonnance fut tout de suite publiée à maître Sénès et Aubin en présence de leurs parties et attendu le défaut du sieur Commandeur de Beaulieu, lesdits syndics de Sarraire et Consorts pour remplir toute formalité et en temps que de besoin serait, lui auraient fait signifier la dite ordonnance de renvoi de même qu'à M. Barralier son procureur avec assignation de comparaître aujourd'hui par devant nous à neuf heures du matin pour nous voir continuer de procéder à la commission, et d'autant que cette heure de neuf heures est expirée et même une heure après, ledit Maître Aubin audit nom nous requiert de lui concéder acte de sa comparution et réquisition, au moyen de ce d'ordonner que la commission sera par nous continuée et que ledit sieur Floquet géomètre procèdera tout de suite aux épreuves et opérations par nous déjà ordonnées soit en présence ou en défaut dudit sieur Commandeur et a signé avec ses parties.
Signés : L. Mollinier, syndic, Hauvel. Gensollen et Aubin.
Ordonnance de
M. le Conseiller, Commissaire
Nous Conseiller du Roi, Commissaire avons concédé acte audit maître Aubin audit nom de sa comparution et réquisition et du défaut de comparution dudit sieur Commandeur de Beaulieu ni d'aucun pour lui et avons ordonné que la commission sera continuée à l'effet de quoi, ledit sieur Floquet géomètre procèdera aux épreuves et opérations par nous déjà ordonnées et qui restent à faire et ce en présence ou défaut des parties.
Fait à Solliès ledit jour 12 avril 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Laquelle ordonnance a été tout de suite publiée aux dits maîtres Aubin et Giraud, clerc de maître Sénès assistés de leurs parties, après quoi le sieur Floquet a employé le reste de la matinée à travailler sur le tapis, et à deux heures après midi lesdits maîtres Aubin et Giraud, clerc de maître Sénès assistés de leurs parties s'étant rendus de nouveau à notre logement.
Ledit sieur Giraud clerc dudit maître Sénès procureur des frères Blin et des syndics des particuliers des Sauvans, nous a dit et représenté qu'attendu que ledit maître Sénès n'a pu continuer son assistance à notre commission, quoi que sa présence y fut nécessaire plus que jamais, s'agissant à présent de ce qu'il y a de plus foncier à leur défense soit pour les opérations du sieur Floquet, géomètre commis, soit pour la visite des moulins de M. le Marquis de Solliès et la vérification et rétablissement de celui du sieur Commandeur de Beaulieu et à toutes lesquelles opérations ils ont besoin plus que jamais de la présence et des observations du sieur Ardouvin, géomètre que les parties dudit maître Sénès ont prié de suivre la descente, il nous requiert de vouloir bien ordonner et cela pour éviter toute contestation et celles que les syndics de Sarraire et Consorts parties adverses avaient élevées verbalement au commencement de notre descente sans jamais avoir osé le proposer par écrit, que les frères Blin et les syndics des Sauvans pourront se faire assister si bon leur semble en toutes ces opérations et vérifications dudit sieur Ardouvin géomètre, comme conseil, lequel pourra faire tant audit sieur Floquet, géomètre de notre suite qu'aux meuniers convenus par les parties et par nous soumis à la visite des moulins de M. de Solliès et à la vérification et rétablissement de celui de Beaulieu, toutes les observations qu'il jugera convenables et nécessaires à l'intérêt et à la défense des requérants, le tout à leur propre frais et sauf aux parties adverses de se faire assister eux-mêmes par tel géomètre et conseil qu'ils trouveront à propos aussi à leurs frais et dépens, à quoi il a conclu et a signé avec ses parties.
Signés. J. Arène syndic; Gensollen. J. Gardanne. C. Blin. H. Meissonnier curateur et Giraud pour maître Sénès.
Et ledit maître Aubin nous ayant requis de lui donner du temps jusqu'à demain matin pour pouvoir conférer avec ses parties sur la réquisition ci-dessus, nous le lui avons accordé et le sieur Floquet a employé le reste de la journée à travailler sur le tapis.
13 avril 1741
Et le lendemain treize avril lesdits maîtres Aubin et Giraud clerc de maître Sénès assistés de leurs parties s'étant de nouveau rendus à notre logement à neuf heures du matin.
Ledit maître Aubin procureur des sieurs syndics de Sarraire et Consorts dit qu'il n'a jamais empêché et n'empêche pas que les Blin et les Sauvans parties adverses prennent tel conseil qu'ils trouveront bon, il est vrai que le nommé Ardouvin ayant levé un plan de lieu contentieux lequel a donné lieu à toutes les descentes, il aurait dû s'abstenir et ne pas paraître en rien à cette commission, cependant comme les Sarraires et Consorts ont intérêt d'accélérer le recours en question, ils ne sont jamais opposés aux avis que les Blin et les Sauvans ont pris dudit Ardouvin et de tous les autres qu'ils ont trouvés bon, mais ledit maître Aubin a l'honneur de nous observer qu'il ne serait pas juste que ledit Ardouvin fit faire aucune opération ni ouvrage au sieur Floquet géomètre commis par la Cour, et aux meuniers convenus mais seulement qu'il donne des avis aux Blin et aux Sauvans pour ensuite iceux faire les observations qu'ils trouveront bon audit sieur Floquet qui y aura égard s'il y échoit ; lequel sieur Floquet a seul le droit de commander les meuniers et autres personnes qui se trouveront employées à la commission et que ledit Ardouvin ne puisse servir qu'à donner de simples avis aux parties adverses [                         ] Aubin.
Ledit sieur Floquet a employé le reste de la matinée à faire des opérations portées par nos ordonnances et le même jour à deux heures après midi lesdits maîtres Aubin et Giraud, clerc de maître Sénès assistés comme dessus s'étant rendus à notre logement.
Ledit sieur Giraud pour maître Sénès procureur des frères Blin et des syndics des Sauvans a dit qu'il a l'honneur de nous représenter de n'avoir jamais entendu que le sieur Ardouvin fut à la suite de la commission pour faire faire des observations aux meuniers mais bien au sieur Floquet géomètre pour les faire faire iceux ou aux autres personnes qui sont à la suite de la commission et pour l'exécution d'icelle, ainsi et de même que maître Sénès procureur aurait droit de faire s'il y était présent, étant ledit sieur Ardouvin apportée de connaître ce que les frères Blin et les syndics des Sauvans ne sauraient connaître pour le soutien de leur défense et de leur intérêt ce qui doit leur être encore moins refusé, c'est l'offre que le requérant fait aux parties adverses de pouvoir faire choisir de leur chef tel géomètre que bon leur semblera pour leur intérêt, ce qui leur donne lieu d'espérer de notre justice que ledit sieur Ardouvin géomètre ne leur sera pas refusé pour conseil et pour faire faire telles observations qu'il jugera convenable audit sieur Floquet et là où il ne serait pas permis audit sieur Ardouvin de faire faire des observations aux meuniers convenus et par nous commis; comme les règles doivent être égales, ledit sieur Giraud nous requiert qu'il soit défendu audit maître Aubin de leur en faire faire aucune, mais seulement audit sieur Floquet et a signé.
Signés : J. Arène syndic, Gensollen, J. Gardanne. C. Blin. H. Meissonnier, curateur et Giraud pour Maître Sénès.
Ordonnance de M. le Conseiller Commissaire
permettant aux Blin et aux Sauvans de
s'adjoindre le sieur Ardouvin géomètre
Nous Conseiller du Roi, Commissaire avons ordonné que les frères Blin et les syndics des Sauvans pourront prendre pour leur conseil ledit Ardouvin à leurs frais et dépens auquel il sera permis de faire faire audit sieur Floquet géomètre telles observations qu'il jugera convenables pour la défense de ses parties, sauf aux syndics de Sarraire et Consorts de prendre pour leur conseil tel géomètre ou autre personne qu'ils aviseront aussi à leurs frais et dépens.
Fait à Solliès le jour 13 avril 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Laquelle ordonnance a été tout de suite publiée tant au maître Aubin qu'audit maître Giraud clerc de maître Sénès assistés de leurs parties après quoi ledit sieur Floquet a continué de travailler aux opérations qu'il avait commencées le matin ayant toujours quelques paysans qui lui ont été respectivement fournis par les parties, le 14e et le 15e il a fait la même chose.
17 avril 1741
Le lundi dix-sept dudit mois d'avril, les nommés Aoust et Gasquet meuniers convenus par les parties pour procéder aux épreuves et opérations par nous ordonnées s'étant rendus en ce lieu sur l'avis qui leur en a été donné de notre ordre, ont commencé de travailler en notre présence et celle dudit sieur Floquet en suite du serment que nous leur avons donné.
18 avril 1741
Le mardi dix-huit avant d'aller continuer de procéder les parties s'étant rendues à notre logement.
Ledit maître Aubin procureur des syndics de Sarraire, La Tourre et Consorts a dit que comme le sieur Floquet géomètre doit aujourd'hui faire l'épreuve du moulin de Beaulieu avec deux canons du moulin à Nerte fermés à la restanque, il nous requiert de vouloir ordonner que ledit sieur Floquet en procédant à cette épreuve mesurera et déclarera dans son rapport ou relation la hauteur de cette restanque que les frères Blin firent faire hier de la manière qu'ils trouvèrent bon, et ce à la mesure ordinaire du pays ;
2e que ledit sieur Floquet déclarera encore la situation de cette restanque, c'est-à-dire qu'elle se trouve vis-à-vis et en droiture des moulins à blé de M. de Solliès par-dessus les canons de l'ancien moulin à nerte, et enfin si cette restanque de la manière qu'elle est faite et située ne cause pas de regonflement qui fait dériver une plus grande quantité d'eau dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu et a signé.
Signés : L. Mollinier syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.
Du 18 au 21 avril
Continuation du travail du sieur Floquet
Depuis ledit jour dix-huit avril jusqu'à ce jour d'hui vingt-et-un dudit mois après midi, ledit sieur Floquet a continué de travailler aux épreuves et aux opérations ordonnées assisté des deux meuniers convenus et avec un nombre de paysans fournis toujours tant par les syndics de Sarraire et Consorts que par les syndics des Sauvans, ayant continué de charger ses mémoires de tout ce qu'il avait.
21 avril 1741
Et ledit jour vingt-et-un avril à deux heures après midi ledit maître Aubin intervenant pour les syndics des quartiers de Sarraire et Consorts a dit que comme le 19 du courant nous fîmes faire l'épreuve du moulin de Beaulieu lorsque deux de ceux de M. de Solliès travaillaient et avec deux canons du moulin à Nerte fermés et la restanque et que nonobstant l'attentat fait à l'écluse de M. de Solliès qui consiste à un cordon de pierres que l'on a mis tout le long de ladite écluse de M. de Solliès à des ruisseaux et autres ouvrages pour retenir partie des eaux qui tombent naturellement dans la rivière et les faire dériver en plus grande abondance dans le canal des Carcés, et nonobstant aussi les peines et soins que les Blin et les Sauvans parties adversaires se sont donnés pour faire boucher soigneusement tous les espaciers le long du canal de Sarraire ou Beaulieu, nous nous aperçûmes qu'il manquait considérablement de l'eau pour en donner à suffisance au moulin de Beaulieu en conformité de l'arrêt de 1634, ledit maître Aubin pour l'intérêt de ses parties nous requit verbalement d'ordonner que ledit sieur Floquet géomètre mesurerait depuis l'orifice du puits dudit moulin de Beaulieu jusqu'à la superficie de l'eau qui était dans ledit puits et qu'il déclarerait dans son rapport ou relation la quantité d'eau qui manquait pour remplir ce puits, comme aussi il déclarerait la quantité de blé que ce moulin a réduit en farine dans une heure à mesure que nous en faisions faire l'épreuve, et la quantité qu'il en moudrait aussi par heure, si ce puits était rempli, et qu'il y eut par conséquent de l'eau à suffisance nous ayant en même temps requis que les mêmes observations et déclarations seraient faites par le sieur Floquet à chacune des épreuves et opérations du moulin de Beaulieu et que ledit sieur Floquet aurait égard lors de la relation de ladite épreuve faite le dix neuf du courant à la quantité d'eau que l'attentat commis à l'écluse de M. de Solliès procurera dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu, de même qu'à celle qui y découlait des près du quartier des Fillols, et d'autant que les Sarraires et Consorts ont intérêts qu'il conste par écrit desdites observations et déclarations qu'il avait verbalement à faire, il nous requiert de vouloir ordonner juridiquement que ledit sieur Floquet fera toutes les susdites observations et déclarations pour servir audit Sarraire et Consorts ainsi que de raison et a signé.
Signés : L. Mollinier syndic. Gensollen. Hauvel et Aubin.
Du 21 au 27 avril
Continuation du travail du sieur Floquet



 

Le plan des Carcès en février 1961.

 

… Depuis ledit jour jusqu'au vingt-sept dudit mois au matin ledit sieur Floquet a continué de travailler aux opérations et aux épreuves ordonnées et ce avec les deux meuniers commis ayant en outre un nombre de paysans fourni par les parties lesquelles épreuves et opérations ont été faites en présence dudit maître Aubin et de quelques unes des parties mais toujours en absence du sieur Commandeur de Beaulieu ni d'aucun de sa part.
27 avril 1741
Et ledit jour vingt-sept avril à quatre heures après midi ledit maître Aubin et les parties s'étant rendus à notre logement.
Le sieur Joseph Gardanne un des particuliers et député du quartier des Sauvans, assisté dudit sieur Arène syndic dudit quartier et du sieur Jacques Gensollen aussi député et encore de Charles Blin tant pour lui que pour son frère, assisté d'Henri Meissonnier leur curateur, a dit que sans approbation des observations que les syndics des Sarraires et Consorts ont requis de faire faire au sieur Floquet les 19 et 21 du courant et des inductions qu'ils pourraient en tirer, répondant à icelle, nous requiert d'ordonner que le sieur Floquet déclarera dans son rapport ou relation si la restanque qui a été élevée à l'endroit marqué par maître Aubin dans sa réquisition a été élevée de son ordre et pour faciliter les opérations ordonnées par notre ordonnance du 29 décembre dernier ou si elle a été élevée du pur mouvement des frères Blin et sans notre ordre ou de celui dudit sieur Floquet géomètre comme ledit maître Aubin lui prête dans sa réquisition, que ledit sieur Floquet observera et déclarera s'il faut nécessairement par la situation du moulin à Nerte qu'il y ait une restanque lorsqu'il travaille afin de pouvoir donner un plus grand poids aux eaux sans lequel il ne pourrait pas travailler soit autant par le défaut de pente que de chute ce qui doit être pourtant fort indifférent aux syndics de Sarraire et Consorts que la dite restanque ait été élevée un peu plus haut ou un peu plus bas, puisqu'elle ne change en rien le niveau des eaux et leur décours naturel.
Au second chef concernant les observations requises de la part dudit maître Aubin le 21 du courant, le dit sieur Gardanne dit que le cordon de pierres placé sur l'écluse de M. le Marquis de Solliès qui ne pouvait pourtant pas procurer un superflu d'eau à la prise du canal dudit sieur Marquis de Solliès était préjudiciable aux intérêts des Sauvans qui ont faculté de jouir des eaux venant de ladite écluse, ces surversures étant occasionnées par le gravier qui se trouve à l'embouchure du canal de M. de Solliès qui y a été apporté par les gonflements de la rivière et par les pluies de l'hiver et ce' qui prouve encore mieux que ledit gravier empêchait les eaux d'entrer audit canal, c'est le creusage qui en a été fait ces jours passés sur les plaintes formées par le fermier des moulins à farine de M. de Solliès, n'ayant pas d'eau à suffisance pour faire tourner librement les moulins, ayant icelui seul droit de toucher au même endroit, et il ne manquera pas, dès que les hommes pourront souffrir la froideur des eaux, de faire enlever totalement ledit gravier de l'embouchure dudit canal et privera par ce moyen les syndics des Sauvans des surversures actuelles qu'il y a à ladite écluse, ainsi qu'il est en usage et en coutume de faire annuellement de manière qu'il ne surverse pas une seule goutte d'eau ce que ledit sieur Floquet observera et déclarera dans son rapport ou relation, comme aussi si la petite partie d'eau provenant des égouts du quartier des Fillols et qui se jetait pour lors dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu était nécessaire pour composer le même volume d'eau qui était audit canal de Sarraire ou de Beaulieu le dix neuf du courant, qu'elles furent versées pour faire l'épreuve de la quantité d'eau que le canon du moulin du sieur Commandeur de Beaulieu dans l'état actuel deux des moulins de M. le Marquis de Solliès travaillant, afin que ce même volume d'eau s'y trouvât le vingt un du courant , que ledit sieur Floquet devais faire le calibrage d'icelles. Ledit sieur Floquet observera et déclarera dans son rapport ou relation, que lorsque il a été procédé aux opérations et épreuves du moulin du sieur Commandeur de Beaulieu dans l'état actuel, les quatre canons des moulins des frères Blin étaient ouverts que les deux embouchures de l'ancien moulin à Nerte sont sans canon, recevant par conséquent plus d'eau qu'elle n'en aurait reçu les canons y étant,, se réservant ledit sieur Gardanne de répondre au reste des observations faites par lesdits syndics de Sarraire et Consorts lorsque ledit sieur Floquet, géomètre aura fait les épreuves du moulin du sieur Commandeur de Beaulieu ledit moulin étant en l'état qu'il doit être pour recevoir l'eau convenable pour le faire tourner commodément suivant les règles de l'art et la chute d'icelui, soit pour les réfuter par des raisons sensibles que pour appuyer les observations qu'on fera faire à ce sujet et sous toute s les autres protestations de droit et ont signé.
Signés : J. Arène syndic. J. Gardanne. Gensollen et C. Blin.
Ordonnance de M. le
Conseiller Commissaire
Nous Conseiller du Roi, Commissaire avons ordonné que le sieur Floquet en procédant à l'épreuve du moulin de Beaulieu avec deux canons du moulin à nerte fermés et la restanque, déclarera la hauteur de ladite restanque, et si c'est de son ordre qu'elle a été élevée, énoncera sa situation ; et si elle cause un regonflement qui fasse dériver une plus grande quantité d'eau dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu, et si elle est nécessaire pour faire tourner le moulin à Nerte qui est en état, observera et expliquera s'il y a du gravier à l'embouchure du canal des moulins de M. de Solliès près la prise à la rivière de Gapeau, quel effet il fait et s'il empêche le décours des eaux dans ledit canal et au moyen de ce les fait tomber dans la rivière, déclarera si les deux embouchures du moulin à Nerte près le pont se trouvant sans canon donnent par là une plus grande quantité d'eau, énoncera enfin la distance qu'il y a lors des épreuves du moulin de Beaulieu depuis l'orifice du puits jusqu'à la superficie de l'eau et déclarera la quantité de farine que ledit moulin fera lors des épreuves et celle qu'il ferait si le puits était rempli.
Fait à Solliès ledit jour 27 avril 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Laquelle ordonnance a été publiée audit maître Aubin et audit sieur Gardanne assistés de leurs parties.
28 et 29 avril 1741
Continuation du travail du sieur Floquet
Le vingt-huit et le vingt-neuf au matin ledit sieur Floquet a continué ses épreuves et ses opérations assisté de deux meuniers et avec un nombre de paysans fournis par les parties et ledit jour 29 avril à 3 heures de relevée, les parties s'étant rendues à notre logement.
Ledit maître Aubin intervenant pour les syndics de Sarraire et Consorts nous a requis d'ordonner que les épreuves du moulin de Beaulieu quand il tourne deux des moulins de M. de Solliès et lorsqu'il n'en tourne qu'un seront faites avec les quatre canons du moulin à Nerte ouverts sans qu'il y ait au canon de celui de Beaulieu aucune goulette qui puisse en aucune manière le rétrécir c'est-à-dire que son canon sera à plein et de la même hauteur et largeur que le sieur Floquet le trouva la première fois qu'il le visita, qu'à cet effet ledit canon du moulin de Beaulieu sera mis en batterie et au point qu'il doit être pour qu'il donne au roudet à plein et avec toute la justesse possible, et que ledit sieur Floquet déclarera la quantité de blé que ce moulin moudra par heure lors desdites épreuves et a signé avec ses parties.
Signés : L. Mollinier syndic. Gensollen. Hauvel et Aubin.
Du 29 avril au 4 mai 1741,
continuation du travail du sieur Floquet
Depuis ledit jour jusqu'au quatre mai suivant ledit sieur Floquet a continué de faire les jours utiles les épreuves et opérations dont il est chargé, assisté comme dessus des meuniers commis et des paysans fournis par les parties et ledit jour quatre mai ledit maître Aubin et ledit sieur Gardanne s'étant rendus à 4 heures après midi à notre logement.
Ledit M. Gardanne intervenant pour les frères Blin et les syndics des Sauvans, répondant à la réquisition des syndics des Sarraires et Consorts dit qu'il est inutile de requérir que les épreuves à faire au moulin de Beaulieu quand il tourne deux des moulins de M. le Marquis de Solliès et lorsqu'il n'en tourne qu'un fussent faites avec les quatre canons ouverts des moulins à Nerte puisque cela a été par nous ordonné et exécuté en conséquence.
Quant au surplus de la réquisition des adversaires, c'est une innovation qu'ils voudraient faire, car les canons faisant la principale partie des engins du moulin du sieur Commandeur de Beaulieu ayant été mis par les meuniers convenus en l'état qu'il doit être pour que ledit moulin puisse tourner commodément eu égard à sa situation et à sa pente ainsi qu'il a été par nous ordonné, ces meuniers sans vouloir le faire ont donné vingt pouces d'eau audit canon, tandis que le sieur Floquet géomètre ne lui en avait déterminé que dix huit les opérations ayant été faites en conséquence il paraît que le changement de l'état dudit canon requis par les adversaires ne leur doit pas être accordé ladite opération ne tendant qu'à prolonger la commission protestant des frais frustrés et de tout autre de droit, et sans approbation de leur dire et réquisition, ledit M. Gardanne nous requiert de son chef que là où nous ferions droit à la réquisition des adversaires nous ayons la bonté d'ordonner que les épreuves seront faites audit moulin de Beaulieu avec l'eau des trois moulins de M. le Marquis de Solliès travaillant, les bars qui sont en plat à l'embouchure du canal de la Nerte relevés et bouchés de manière qu'il ne passe pas d'eau au dessous par côté et aux joints d'iceux, le canon dudit moulin de Beaulieu réduit à 18 pouces d'eau ainsi qu'il a été déterminé par le sieur Floquet et les meuniers convenus, et que la même épreuve sera aussi faite en l'état que les bars se trouvent c'est-à-dire en plat et à niveau du gravier, et que le canon dudit moulin de Beaulieu sera mis en l'état requis avec ses proportions afin qu'icelui soit mis en batterie et pour donner l'eau sur le roudet suivant la forme et l'usage de l'art et ce fait que le sieur Floquet calibrera l'eau qui restera, ledit moulin travaillant commodément et déclarera la quantité de blé qu'il moudra que ledit sieur Floquet déclarera encore dans son rapport ou relation, si les moulins à blé de M. le Marquis de Solliès travailleront dans cet état librement ou avec difficulté, il nous requiert de plus d'ordonner que ledit sieur Floquet déclarera dans son rapport ou relation que partie des eaux qui composaient le volume de celles qui étaient dans le canal des moulins à farine de Monsieur de Solliès lors de l'épreuve du second de ce mois, étaient étrangères audit canal pour être celles du canal des quartiers du Canadel ou des Terrins, déclarera encore ledit sieur Floquet si l'espacier des Trois Pierres étant fermé de manière qu'il n'y transpirait que très peu d'eau, les trois moulins à farine de Monsieur de Solliès et celui à huile de la communauté qui est par côté, travaillaient avec leur liberté ordinaire et là où ils n'auront pas travaillé commodément, ledit sieur Floquet déclarera d'où se produit le défaut, si c'est pas une quantité suffisante d'eau aux pays d'iceux, que par le boulement que cette eau leur causait par défaut de fuite, mesurera en outre ledit sieur Floquet la quantité d'eau qui manquait pour remplir les puits des trois moulins à farine et de celui à huile et si iceux avaient été remplis à leur ordinaire, ils n'auraient pas occasionné un plus grand boulement aux susdits moulins et a signé avec ses parties.
Signés : J. Arène syndic. Gensollen. C. Blin et J. Gardanne.
5 mai 1741,
travail Floquet
Le cinq dudit mois de mai au matin ledit sieur Floquet a continué de procéder, mais attendu que Joseph Aoust un des meuniers convenus entre les parties se trouve indisposé et hors d'état de continuer de procéder.
Ordonnance de M. le Conseiller du Roi
nommant un meunier pour assister le sieur Floquet
Nous Conseiller du Roi, Commissaire, faute par lesdites parties d'avoir convenu d'un autre meunier avons pris et nommé d'office Barthélemy Raynaud du moulin du pont au terroir de Toulon pour procéder conjointement avec Jean Gasquet autre meunier convenu à ce qu'il reste à faire, en prétend néanmoins devant nous le serment requis.
Fait à Solliès ledit jour cinquième mai 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Le même jour ledit sieur Floquet a travaillé sur les mémoires qu'il a prises et nous avons fait expédier des lettres pour assigner ledit Barthélemy Raynaud meunier pour nous commis, le lendemain l'huissier qui est à notre suite est allé à Toulon pour l'assigner et étant revenu il nous a rapporté que ledit Raynaud avait répondu que ses occupations ne lui permettaient pas d'accepter la commission d'autant mieux qu'il sera obligé d'aller faire un voyage à Marseille la semaine prochaine.
Et ayant interpellé les parties de convenir d'un autre meunier faute par elles de l'avoir fait.
Autre ordonnance
nommant un autre meunier,
le 1er n'ayant pas accepté
Nous Conseiller du Roi, Commissaire, avons pris et nommé d'office Joseph Barras, meunier au lieu de Belgentier pour procéder conjointement avec Jean Gasquet autre meunier commis à ce qu'il reste à faire conformément aux ordonnances par nous rendues en prêtant par devant nous le serment requis.
Fait à Solliès ledit jour sixième mai 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Nous avons tout de suite fait assigner les lettres pour assigner ledit Barras et le sieur Floquet a continué de travailler sur ses mémoires.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Le lundi 8 dudit mois de mai à dix heures du matin ledit Jh Barras meunier par nous commis s'étant présenté par devant nous en suite de l'assignation à lui donnée en vertu de nos lettres nous lui avons donné le serment requis en présence desdits maîtres Aubin et Gardanne assistés de leurs parties, dont nous avons concédé acte.
À Solliès ledit jour 8e mai 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Le même jour à deux heures de relevée les parties et leurs défenseurs s'étant rendus à notre logement.
Ledit maître Aubin pour et au nom des syndics des Sarraires et Consorts, dit qu'auparavant de répondre aux dernières réquisitions des frères Blin et des Sauvans, il est bien aise de dire un mot sur la réponse faite par le sieur Gardanne le 27 avril dernier, ne l'ayant pas fait dans son temps pour des raisons à nous connues et qui doivent nous engager d'avoir égard à ce mot des défenses des Sarraires consistant premièrement à ce que maître Aubin soutient que les adversaires, n'ayant pu disconvenir d'avoir fait eux-mêmes la restanque dont il s'agit au canal de la Nerte et de la manière qu'ils trouvèrent bon, c'est avec fondement qu'on demanda qu'elle serait constatée dans le rapport ou relation du sieur Floquet pour que les Sarraires et autres puissent en tirer leurs inductions dans le procès,
2e Qu'il est fort indifférent que ce fut de notre ordre ou de celui du sieur Floquet que cette restanque ait été faite, puisqu'il suffit qu'en à présent aux Sarraires et Consorts de faire constater qu'elle a subsisté lors des premières opérations du moulin de Beaulieu comme aussi que les Blin pour faire cette restanque, se sont servis de grosses pierres qui appartenaient aux Sarraires ce que le sieur Floquet doit déclarer aussi dans sa relation.
3e Que les Sarraires et Consorts ont également intérêt de faire constater du cordon de pierres et autres ouvrages faits à l'écluse de M. de Solliès pour faire voir l'affectation de cet attentat commis au moment que nous allons faire procéder aux épreuves du moulin de Beaulieu, tandis même que les moulins de M. de Solliès ne manquaient point d'eau, puisqu'il en surversait à l'espacier des Trois Pierres ainsi que le sieur Floquet vérifiera lui-même.
Ledit maître Aubin répondant présentement aux derniers dires et réquisitions des adversaires du quatre du courant et sans approbation d'iceux, dit que non seulement les épreuves du moulin de Beaulieu requises par les Sarraires doivent être faites avec les quatre canons de la Nerte ouverts, mais encore sans restanque, eu égard surtout que suivant les mêmes prétentions des frères Blin et des Sauvans, les eaux qui sont superflues disent-ils au moulin de la Nerte c'est-à-dire à celui qui subsistait en 1628 et 1629 doivent dégorger dans la rivière [      de      ] goutte d'eau fixe au préjudice des particuliers possédant biens arrosables aux quartiers arrosables de Sarraire, La Tourre et Cadouiré du sieur Commandeur de Beaulieu.
Quant à la réquisition des Sarraires et Consorts sur les épreuves du moulin de Beaulieu sans goulete et avec son canon plein elle est certainement de la dernière justice et bien loin d'être une innovation comme les adversaires se sont hasardés de le dire, n'en serait une au contraire de vouloir prétendre qu'il fut rétréci en aucune manière, car personne n'ignore que les meuniers n'ont recours à des gouletes qu'en temps de sècheresse et de stérilité d'eau ce qui n'arrive pas présentement que si nous avons trouvé un morceau d'une au canon du moulin de Beaulieu, c'est parce que en 1734 la dernière fois que ce moulin a travaillé, il régnait une extrême sècheresse ainsi qu'il est notoire à Solliès, d'ailleurs cela est tellement certain que le nommé Joseph Aoust un des meuniers convenu et choisi par les adversaires qui serait resté quelque temps au moulin de Beaulieu n'a pu s'empêcher d'avouer, qu'il n'y avait point de goulete lorsqu'il le faisait travailler en sorte que nous devons seulement avoir attention à faire mettre ce moulin de Beaulieu de la façon qu'il doit être c'est-à-dire sans goulete et avec son canon à plein pour lui faire moudre tout le blé qu'il peut moudre conformément à l'arrêt de 1634 de la disposition duquel on ne doit pas s'écarter et suivant lequel outre l'eau suffisante pour ledit moulin de Beaulieu, il doit y avoir encore un restant pour suffire à l'arrosage des terres des quartiers de Sarraire, La Tourre et Cadouiré.
À l'égard des réquisitions subsidiaires des adversaires consistant à une épreuve du moulin de Beaulieu avec les canons des trois moulins de M. de Solliès travaillant et le canon dudit moulin de Beaulieu réduit à 18 pouces, elles sont non seulement injustes mais encore tout à fait inutiles, car en premier lieu s'agissant ici de l'exécution de l'arrêt de 1634, il suffit que nous reconnaissions par une seule épreuve que cet arrêt n'est pas exécuté, pour rendre inutile toutes les autres que l'on pourrait faire et qui ne tiendraient qu'à conserver toujours plus les parties en frais, c'est aussi la raison pour laquelle les Sarraires et Consorts nous ont requis l'épreuve du moulin de Beaulieu lorsqu'il n'en tourne qu'un seul de M. de Solliès, afin de savoir si dans l'état actuel des choses, il passe de l'eau dans le canal de Sarraire à suffisance pour le moulin de Beaulieu, s'il y en a un restant pour suffire à l'arrosage des Sarraires et Consorts, l'épreuve des deux n'ayant été demandée par les syndics des Sarraires que surabondamment, en second lieu il est extraordinaire de vouloir faire réduire le canon dudit moulin de Beaulieu à dix huit pouces d'eau à cause disent les adversaires qu'il a été déterminé ainsi par le sieur Floquet et les meuniers convenus, car outre que le calibre de ce canon se trouve proportionné, il est certain que ledit sieur Floquet, ni les meuniers convenus ni personne autre ne peuvent point le rétrécir en aucune manière sans donner atteinte au titre du sieur Commandeur de Beaulieu, et tout ce que les adversaires peuvent prétendre c'est la vérification préalable dudit canon pour voir s'il n'y a point de fente, les faire boucher tout de suite afin que l'eau ne se perde pas, à quoi nous avons déjà pourvu, puisque non seulement nous avons fait boucher toutes les fentes qu'il pouvait y avoir, mais encore fait changer deux pièces de bois qui se trouvaient un peu usées, de sorte que l'on voit que les réquisitions des adversaires sont injustes et inutiles comme l'on a dit ci-dessus, et que nous devons sans difficulté les en débouter d'autant mieux si nous faisons attention que les canons des moulins de M. de Solliès se trouvent même plus grands que celui de Beaulieu, nous requérant ledit Me Aubin d'ordonner que ledit sieur Floquet en prendra les dimensions et énoncera dans son rapport leur largeur et hauteur pour en constater la différence.
Il en est de même de l'autre réquisition des adversaires des eaux des trois moulins lorsque les bars seront relevés car les Sarraires et Consorts conviennent que dès que les bars seront relevés leur intérêt se trouvera rempli et l'arrêt de 1634 exécuté, par conséquent ainsi cette réquisition devient aussi inutile et ne tendrait qu'à prolonger d'avantage la commission et constituer les parties à de plus grands frais.
À l'égard de la réquisition des adversaires pour savoir si le second du courant lorsque l'espacier des Trois Pierres était fermé totalement de manière qu'il ne transpirait point d'eau, les trois moulins à farine de M. de Solliès et celui à huile de la communauté qui est par côté travaillaient avec leur liberté ordinaire, ledit maître Aubin nous requiert de son chef au cas que ces moulins ne travaillassent pas pour lors librement, d'ordonner que le sieur Floquet, géomètre déclarera dans son rapport ou relation si ce n'est pas par rapport à la situation du lieu et par le confluent des eaux qui s'entrechoquent d'abord à leur issue des canons à cause de la proximité d'iceux et non point par aucun regonflement qui provienne des Carcés.
Ledit maître Aubin nous observe en outre que lorsque nous ferons procéder aux épreuves du moulin de Beaulieu requises par les syndics des Sarraires on doit faire en sorte qu'il ne vienne aucune eau étrangère, et à cet effet il nous requiert d'ordonner que l'espacier des Terrins qui se trouve dans le parc de M. de Solliès restera ouvert, et que toutes les restanques que l'on a faites le long dudit parc de M. de Solliès avec de la boue et des pierres seront ôtées de manière qu'il ne vienne pas plus d'eau qu'à l'ordinaire et que les choses soient de la même façon qu'elles étaient au commencement de notre commission, et qu'elles le seront après et a signé.
Signés : L. Mollinier syndic, Hauvel. Gensollen et Aubin.
Depuis ledit jour et jusqu'aujourd'hui treize dudit mois de mai, ledit sieur Floquet a continué de travailler aux épreuves et aux opérations ordonnées toujours assisté desdits meuniers et avec un nombre de paysans et ledit jour treize à trois heures de relevée lesdits maîtres Aubin et Gardanne et leurs parties se sont rendus à notre logement. Lesdits frères Blin assistés de maître Jacques Gensollen notaire, un des députés du quartier des Sauvans curateur pourvu nouvellement à leur minorité.
Ledit sieur Gardanne pour les frères Blin et les syndics du quartier des Sauvans ensuite du pouvoir à lui donné par délibération du onzième du courant répondant à la réquisition du maître Aubin du huitième de ce mois sans approbation des faits y contenus ni des inductions que les adversaires se proposent, et sauf les inductions contraires dit qu'à l'égard du premier chef de la réquisition il est très indifférent que le sieur Floquet déclare dans sa relation, l'état de la restanque dont il s'agit puisqu'il faut absolument qu'elle soit à l'endroit où elle est placée, pour que le moulin de la Nerte même celui qui est par côté puisse tourner librement, ce que ledit sieur Floquet doit avoir remarqué lui-même puisque l'ayant ci devant fait abattre pour certaines épreuves qu'il avait à faire en exécution de nos précédentes ordonnances lors desquelles il ne devait point y avoir de restanque, il a ordonné de la redresser pour faire d'autres opérations qui y étaient propres ce qui résultera de sa relation, et à cet égard il ne manquera pas de déclarer ensuite de l'une de nos précédentes ordonnances, si l'ancien moulin de la Nerte pourrait travailler même avec la restanque vu les eaux qui y découlent par-dessus les bars en plat et en l'état actuel, et si l'autre moulin qui est par côté peut travailler sans le secours de la restanque pour retenir et ramasser les eaux et les faire dégorger par plus de poids sur son roudet pour le faire mouvoir; ainsi les différents états de cette restanque c'est-à-dire les époques d'abattement et de redressement seront marquées par le sieur Floquet au point qui leur sont propres, et de cette façon les adversaires n'auront aucune espèce de sujet de se plaindre.
Il est très indifférent aussi que cette restanque ait été relevée avec des grosses et moyennes pierres dès qu'elle n'a pas changé ni pu changer le niveau des eaux qui ne peuvent jamais monter au-delà de leur point quand le moulin qui tourne à présent à la place de celui de la Nerte fait son travail, mais surtout les adversaires peuvent-ils ignorer…



 

En aval des Carcés, l’entrée du canal de la Nerte.

 

… qu'on ne s'est servi en redressant cette restanque sur l'ordre du sieur Floquet de grosses pierres que pour accélérer la commission et pour redresser la restanque avec le moins de voie d'eau qu'il serait possible pour remplacer l'ancienne qui y était et qui se trouvant cimentée par des gerbes gason et autres choses qui avaient fait corps, n'était pas moins solide que celle qui a été établie de l'ordre du sieur Floquet. Cela démontre bien clairement l'inutilité de l'observation des adversaires; mais les comparaissants ont à cet égard quelque chose de plus essentiel à observer, c'est que lors des épreuves qui ont été faites au moulin de Beaulieu le tas de gravier ou limon qui se trouvait à l'embouchure du canal des adversaires ne fut pas levé, car il ne le fut qu'après et ce tas gisait et empêchait le décours des eaux et comme la refaiture que les comparaissants seraient en droit de requérir des mêmes épreuves le tas levé et l'embouchure du canal nettoyée consommerait du temps, ils se bornent à nous requérir d'ordonner que ledit sieur Floquet observera et déclarera dans sa relation que lors des mêmes épreuves le tas subsistait et gênait le decours des eaux dans le canal de Sarraire ou Beaulieu.
Les adversaires relèvent encore dans la même partie de leur réquisition la prétendue petite réparation faite au couronnement de l'écluse de M. le Marquis de Solliès qu'ils qualifient d'affectation et d'attentat pour empêcher le survers de l'eau par l'écluse et grossir celle de la prise dont même les moulins de M. de Solliès n'avaient pas besoin puisqu'il en surversait par l'espacier des Trois Pierres, mais c'est vétille et consacrer du temps en pure perte, en effet les Sauvans n'ont jamais touché ni envie de toucher à cette écluse, il n'y a que les fermiers des moulins de M. de Solliès qui s'en avisent lorsqu'ils n'ont pas assez d'eau et qu'il s'en perd par-dessus l'écluse, ce qui n'arrive cependant qu'en hiver ou après des pluies, quelquefois même ce sont les propriétaires des engins inférieurs par-dessous l'espacier des Trois Pierres et qui profitent des eaux que le canal dit le Caussier ne peut pas contenir et qui s'écoulent par cet espacier ce qui arrive toujours puisque le sieur Floquet dit avoir remarqué en conséquence de nos précédentes ordonnances que la planche qui ferme cet espacier n'est haute que jusqu'à un certain point pour laisser écouler par-dessus et par le trou qui est au milieu les eaux que le canal ne pourrait contenir sans faire refluer les eaux des moulins des chevilles et embouler les roudets comme il a été déjà remarqué ou qui doit l'être puisque nous en avons déjà ordonné la vérification, mais enfin quelle espèce d'attentat serait celui-ci puisqu'il ne pourrait servir à rien car avant que le sieur Floquet fasse quelques épreuves hydrauliques il est toujours dans cette sage méthode d'observer les points où doivent être les eaux, s'il lui en manque, il en fait venir par les bouchements supérieurs, s'il en a de trop il en fait vider par l'espacier des Trois Pierres, il l'a déjà pratiqué ainsi plus d'une fois. Quand le point fixe est vérifié, alors il opère. Comment pourrait-on le tromper par des innovations et des attentats avec de telles déclarations, ainsi c'est une pure vétille que d'en imaginer de cette espèce.
Sur le second chef de la réquisition des adversaires les comparaissants disent que le moulin de la Nerte n'ayant jamais pu ni ne pouvant jamais par le défaut de pente tourner qu'avec le secours de la restanque nous ne pouvons ordonner aucune épreuve hydraulique sans cette restanque puisque l'état du lieu est tel que sans restanque il n'y a point de moulin à Nerte qui puisse travailler, celle en question étant l'agent et le mobile principal du moulin de la Nerte comme il sera vérifié par les épreuves requises et ordonnées. Ainsi le chef de la réquisition des adversaires est autant inutile qu'injuste et sur le surplus de ce second chef les comparants sont bien en titre pour avoir leur portion d'eau de la fuite des moulins, ainsi qu'ils l'ont établi au procès et quand ils y on dit sur la fin du verbal de 1628 et de celui de 1629 qu'ils en avaient et en ont toujours eu jusque en 1733 temps de la naissance du procès pour le moulin de la Nerte et pour un superflu découlant à la rivière. Ce superflu était composé des eaux qui y découlaient par-dessus la restanque et l'aspect du lieu, si les eaux avaient leur decours libre par la position des bars à niveau de gravier, ce qui est leur situation naturelle le désigne et le fait voir encore mieux que tous les raisonnements qu'on pourrait faire.
Les comparaissants insistant à ce qu'ils ont déjà observé sur la réquisition des adversaires de faire faire les épreuves du moulin de Beaulieu avec le canon en plein et sans goulotte, cette réquisition n'est pas moins injuste quoi que les adversaires aient tenté de la légitimer sur des prétextes supposés tel que celui que Joseph Aoust l'un des meuniers convenus a avoué que pendant la tenue du moulin de Beaulieu il n'y avait point de goulotte attendu l'atténuance des eaux, mais en supposant que ce meunier ait convenu de ce fait, il ne faut pas diviser ce qu'il en a dit, car il a déclaré en présence du sieur Floquet que nonobstant l'abondance des eaux dans ce temps là, il n'avait jamais donné que quatre pouces de hauteur au canon, laquelle hauteur par sa largeur ne composait que dix huit pouces cube d'eau lequel volume d'eau suffisait au travail abondant du moulin eu égard à sa situation et à sa pente suivant les règles de l'art à quoi il a ajouté que le surplus de l'eau du canal de Sarraire ou Beaulieu et qui n'était pas employée au moulin composait un autre volume considérable pour les quartiers de La Tourre et Cadouire voilà ce qu'a dit ledit Joseph Aoust et ce qui est très vrai, cependant la goulotte du moulin de Beaulieu qui fut trouvée lorsque le sieur Floquet et les deux meuniers descendirent dans les Carcés dudit moulin de Beaulieu, ils conférèrent ensemble sur l'usage de cette goulotte et après avoir fait leur règle géométrique pour parvenir sûrement au règlement de ce moulin à qui les dix huit pouces cube d'eau avaient été trouvés suffisent, ils relevèrent le panneau et fixèrent cinq pouces dix lignes de hauteur au canon, mais ce fut une mégarde; car en calculant on trouve que ce relèvement du panneau et fixation de cinq pouces dix lignes de hauteur donnait vingt pouces d'eau, c'est-à-dire deux pouces de plus que ce qui avait été arrêté par ledit sieur Floquet et les meuniers et les adversaires sentent si bien l'effet de cette démonstration que dix huit pouces cube d'eau suffisent au travail abondant du moulin de Beaulieu qu'ils tachent de prouver qui lui en faut d'avantage par la comparaison qu'ils font des canons des moulins de M. de Solliès puisqu'ils sont plus larges et ont plus de calibre que les dix huit pouces fixés à celui de Beaulieu pour raison de quoi ils ont requis l'énonciation de la dimension de la hauteur et largeur de ces canons, laquelle hauteur et largeur ils soutiennent de voir servir de règle pour le calibre du canon de Beaulieu; mais c'est une prétention bien frivole car la pente d'un moulin en fait la force et là où il y a peu de pente, il faut nécessairement un plus grand volume d'eau, ce sont là des règles sures en hydraulique . Or il n'y a qu'à établir en fait la différence des pentes et chutes des moulins de M. de Solliès et de celui de Beaulieu, il sera vérifié sans doute comme les comparaissants le requièrent il y a quelque temps que les moulins de M. de Solliès n'ont que onze pans de chute et leurs canons six pouces de hauteur à leur issue, tandis que celui de Beaulieu a vingt pans de chute. Or en comparant les chutes de ces moulins par une règle en hydraulique il est certain que le canon de celui de Beaulieu pourrait être réduit même à moins de dix huit pouces d'eau cube, démonstration qui convaincrait les adversaires s'ils étaient de meilleure foi, de sorte que la réquisition des comparaissants tendant à remettre le canon du moulin de Beaulieu pour les épreuves sur ce moulin aux dix huit pouces d'eau déjà déterminés par le sieur Floquet de l'avis des deux moulins est très juste puisque ce canon pourrait souffrir et même exiger un moindre calibre et que le moulin ferait autant de farine et même plus qu'avec un plus grand calibre, comme il en sera vérifié lors des épreuves à faire après la déduction du canon aux dix huit pouces d'eau dont on a parlé, non seulement les comparaissants requièrent que le canon soit réduit aux susdits dix huit pouces d'eau mais encore que celui-ci soit mis en buterie mieux qu'il ne se trouve s'étant aperçus aux différentes épreuves et opérations qui ont été faites auxdits moulins pendant le cours de la commission que ledit canon a une pente trop précipitée, de manière que l'eau sortant forcée de celui-ci sur le roudet l'empêche de tourner avec la même facilité qu'il ferait si celui-ci était posé avec une pente moins précipitée, et attendu que le moulin a tourné aux différentes opérations qui ont été faites qui sont d'un assez grand nombre les meules dudit moulin se trouvent usées et ce moulin là en parlant les termes de l'art et manière qu'il ne peut pas faire toute la farine qu'il ferait si lesdites pierres étaient battues et le pivot où goujon mis dans son juste équilibre pouvant celui-ci s'être dérangé ou trop approfondi sur la pièce de fonte sur lequel il roule en travaillant aux susdites opérations ce que les comparaissants requièrent le sieur Floquet d'observer avec les meuniers convenus et d'ordonner que ledit moulin sera mis dans l'état requis ci- dessus pendant qu'il sera procédé aux opérations requises.
Car c'est une réflexion frivole de la part des adversaires qu'il faille que le moulin de Beaulieu soit au point de faire toute la farine qu'il est possible de faire, car il ne lui faut que la suffisance d'eau pour moudre suivant l'arrêt de 1634, or cette suffisance d'eau ne peut et ne doit être déterminée que relativement à la force de sa pente et de sa chute, c'est la naturelle exécution de l'arrêt de 1624, auxquelles déclarations dudit Aoust meunier qui a longtemps conduit le moulin de Beaulieu donnent encore un nouveau jour, et c'est ce qu'on se réserve d'établir au procès sans approbation de tout ce que les adversaires allèguent à cet égard et qui ne peut que porter au fonds et ce calibre du canon réduit et fixé il reste un volume d'eau très abondant pour les quartiers des parties adverses pour les jours auxquels ce moulin a droit de travailler les autres jours de la semaine toutes les eaux de leur canal leur étant libres pour leur arrosage.
Les comparaissants insistent à leur réquisition sur l'épreuve au moulin de Beaulieu avec les eaux des trois moulins de M. de Solliès, il en peut venir assez pour les faire travailler tous à la fois et le canon de celui de Beaulieu fixé aux dix huit pouces d'eau cube, et les bars relevés malgré les prétextes des adversaires qui sont frivoles, car tout ce qui tend à éclaircir ne doit jamais être négligé et lorsque cette épreuve sera faite on verra que ce moulin de Beaulieu sera pour ainsi dire inondé, qu'il ne surversera aucune eau par-dessus les bars et qu'enfin les roudets des moulins de M. de Solliès seront tout à fait boulés, de cette épreuve les parties tinrent leurs inductions au procès, vainement les adversaires observent-ils que le canon du moulin de Beaulieu ne doit pas être rétréci et réduit aux dix huit pouces cube d'eau du calibre qu'il lui faut, sous prétexte qu'on ne pourrait y toucher sans donner atteinte au titre du sieur Commandeur de Beaulieu, car encore un coup dès qu'il ne peut prétendre suivant l'arrêt de 1634 que l'eau suffisante pour le travail de son moulin ce qu'on ne lui a jamais disputé, il faut nécessairement que cette eau soit calibrée et fixée eu égard à la force de la pente de ce moulin car autrement il consacrerait au-delà de la suffisance, il n'en moudrait pas plus de blé pour cela suivant les règles de l'art: de là vient que le bouchement ordonné des fentes du canon ne suffit pas, il faut de plus la réduction aux pouces cube pour déterminer précisément et solidement la suffisance d'eau et voilà pourquoi est requise cette réduction aux dix huit pouces déjà déterminée par le sieur Floquet de l'avis des meuniers.
Les adversaires sont tellement convaincus que les trois moulins de M. de Solliès et celui à huile de la communauté n'ont jamais pu travailler librement, et tous à la fois soit par l'insuffisance des eaux qui viennent des moulins des chevilles, soit parce qu'il faut qu'il en découle de l'espacier des Trois Pierres, pour que les eaux ne refluent pas vers ces moulins soit enfin par la situation de ceux de la place ce qu'ils ont déjà reconnu par les épreuves qui en ont été faites sur la réquisition des comparaissants n'y ayant pas eu le second du courant assez de l'eau pour remplir leurs puits et les eaux causant un refluement extraordinaire dans les Carcés qui empêchait les moulins de tourner librement qu'ils ont requis la déclaration du sieur Floquet si la gène du travail de tous ces moulins à la fois ne procède pas de la situation du lieu, et du gonflement des eaux qui s'entrechoquent à leur issue des canons, à cause de leur proximité de l'un à l'autre, mais outre que la gène du travail de ces moulins quand on veut les faire travailler tous à la fois ne procède que de l'insuffisance d'eau pour remplir leurs puits n'en pouvant pas venir d'avantage par la situation du canal depuis les moulins des chevilles jusqu'à ceux de la place et que le refluement des eaux qui boulent leurs roudets et à d'autres causes que les bars en plat qui n'étant pas à niveau du gravier comme ils doivent l'être, ont une élévation d'environ un pan qui occasionne le refoulement, d'ailleurs le lieu par rapport au placement des canons des moulins n'a jamais été autre depuis leur établissement et si ces moulins n'ont jamais boulé que quand on a voulu éprouver de les faire travailler tous à la fois, il s'en suit nécessairement qu'ils n'ont jamais été employé tous à la fois, soit par insuffisance d'eau, soit par la situation de leur fuite et le refoulement que les eaux causent quand on veut les faire tourner tous ensemble de sorte que la gène absolue de tous les moulins quand on veut les mettre au travail tous à la fois, donne une nouvelle force à la réquisition des comparaissants que les adversaires voudraient affaiblir par la déclaration par eux requise, si ce refoulement des eaux ne procède pas de la situation du lieu de leur fuite et de la proximité des canons de l'un à l'autre.
Sur le dernier chef du dire des adversaires, on observe que le sieur Floquet avant d'opérer aux épreuves prenant un point fixe des eaux pour lui servir de règle, il est inutile que l'on s'attache à ne faire venir que les eaux affectées au travail des moulins, les comparaissants n'empêchent à cet égard qu'il n'y vienne que celles qui y ont été toujours dérivées et que le canal du quartier des Terrins et autre reste au même état qu'il a toujours été et a signé avec maître Gensollen, curateur des frères Blin.
Signés : J. Arène syndic. Gensollen. C. Blin.
J. Blin approuvant ce qui a été fait et sera fait par mon frère assisté de notre curateur et J. Gardanne.
Et ledit maître Aubin dit qu'il ne s'attache pas de répondre présentement au long dire du sieur Gardanne pour ne pas prolonger d'avantage la commission, ce qu'il se réserve de faire en défendant le procès au fonds et en persistant à sa précédente réquisition et de repousser sans approbation de celles des adversaires de leur long raisonnement et de leurs prétendues inductions et sauf les inductions contraires, il nous observe en premier lieu que le prétendu tas de limon de l'embouchure du canal de Sarraire dont parlent les adversaires est un prétexte éhonté pour avoir moyen de chicaner dans la suit, car outre que le gravier et limon quand il s'en trouve, provient de la situation du défaut de pente de ce canal, ainsi que le sieur Floquet pourra le déclarer, les adversaires ont une grande attention de faire nettoyer cette embouchure deux ou trois fois avant les épreuves du moulin de Beaulieu, ce que le sieur Floquet peut aussi déclarer.
En second lieu ledit maître Aubin nous observe que les adversaires ne vont pas de bonne foi en faisant parler Joseph Aoust qui lors d'une épreuve du moulin de Beaulieu avouera seulement le fait de la goulotte, c'est-à-dire qu'il n'y en avait point lorsqu'il le faisait travailler, que si après cet aveu qui fut fait en présence même des adversaires ceux-ci l'ont porté ensuite à parler au sieur Floquet et à dire tout ce qu'ils lui prêtent ce que le répondant ignore, en sont bien que ce n'aurait été qu'à leur grande sollicitation et par pure affectation pour tacher en lui faisant déguiser la vérité de couvrir cet aveu en quelque manière ce qui est inouï pour ne rien dire de plus.
En troisième lieu ledit maître Aubin nous observe qu'à la dernière réquisition des adversaires soit pour faire toucher au canon de Beaulieu sous prétexte de le mettre mieux en butterie, soit pour faire battre les pierres dudit moulin, soit enfin pour faire toucher au pivot ou goujon est très injuste et captieuse en même temps; en effet les adversaires ne sauraient disconvenir que tous les engins ont été visités plus que d'une fois comme aussi que les pierres ou meules dudit moulin ont été piquées pendant deux fois, et que le tout se trouve au même état qu'il était lors des premières épreuves, de sorte que si nous venions aujourd'hui à faire toucher à quelqu'un de ces engins, il est certain que la chose serait très dangereuse car nous porterions infailliblement un préjudice notable à quelqu'une des parties, excepté que nous ne fussions bien aise de faire refaire généralement toutes les épreuves dudit moulin de Beaulieu protestant audit cas des frais frustrés et a signé avec ses parties.
Signés : L. Mollinier syndic. Gensollen. Hauvel et Aubin.
20 mai 1741
Continuation du travail Floquet
Depuis ledit jour jusqu'aujourd'hui vingtième dudit mois le sieur Floquet a continué de travailler aux épreuves et opérations ordonnées toujours assisté des meuniers convenus et avec un nombre de paysans dont il a eu besoin auquel jour nous avons fait notre ordonnance sur les dires et réquisitions ci-dessus de la manière suivante
Ordonnance de M. le
Conseiller du roi pour des épreuves
à faire au moulin de Beaulieu
Nous Conseiller du Roi, Commissaire, sans préjudice du droit des parties, ni attribution d'aucun nouveau, avons ordonné que les épreuves du moulin de Beaulieu soit quand il tourne deux moulins à farine du sieur Marquis de Solliès, soit quand il n'en tourne qu'un seront faites avec les quatre canons du moulin à Nerte ouvert et que celui du moulin de Beaulieu sera mis de toute sa hauteur et sans goulotte et que les mêmes épreuves seront faites avec deux canons de la Nerte seulement ouverts et avant de procéder auxdites épreuves le canon dudit moulin de Beaulieu sera mis en butterie s'il y échoit, et déclarera le sieur Floquet la quantité de blé qu'il moudra; ordonnons que l'épreuve du moulin de Beaulieu, le canon réduit à dix huit pouces de superficie, sera faite quand les trois moulins à farine situés à la place travaillent ensemble, laquelle épreuve sera faite en deux manières la première les bars restants dans leur état actuel et la seconde étant relevés et bouchés en sorte qu'il n'y passe de l'eau ni par côté ni en dessous, ni aux joints d'iceux, calibrera ledit géomètre l'eau qui restera, le moulin de Beaulieu travaillant, déclarera la quantité de blé qu'il moudra, et si en cet état les moulins du Marquis de Solliès travaillent librement ou avec peine, énoncera si lors des épreuves des moulins des chevilles et du bouchement de l'espacier des Trois Pierres, les trois moulins à farine situés à la place et celui à huile de la communauté travaillaient librement, et au cas qu'ils ne travaillassent pas librement, il en expliquera la cause, si c'est par la situation des lieux ou par défaut d'eau, ou par le boulement des roudets, viendra et énoncera les dimensions de la sortie dans un [œuvre] des canons des moulins à farine situés à la place.
Fait à Solliès, ledit jour 10 mai 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Laquelle ordonnance a été tout de suite publiée auxdites parties et audit sieur Floquet géomètre toujours en absence dudit sieur Commandeur de Beaulieu.
Signés : Villeneuve d'Ansouis et Regibaud greffier…
… Depuis ledit jour et jusqu'au 25 ledit sieur Floquet a continué de travailler les jours utiles aux épreuves et opérations ordonnées assisté comme dessus et ledit jour 25 et lesdits maîtres Aubin et Gardanne assistés de leurs parties les frères Blin assistés toujours dudit Me Jacques Gensollen député des Sauvans et leur curateur.
Ledit maître Aubin procureur des syndics des Sarraires et Consorts dit que comme nous avons fait faire entre autre les épreuves du moulin de Beaulieu avec son canon à plein lorsqu'il tourne deux des moulins de M. de Solliès situés à la Place en deux manières, la première avec deux canons seulement du moulin à Nerte ouverts et la seconde avec les quatre ouverts et que lors desdites épreuves nous avons vu que le puits dudit moulin de Beaulieu n'était qu'à demi rempli pour n'y avoir pas assez d'eau dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu, ledit maître Aubin audit nom nous requiert de vouloir ordonner que le sieur Floquet géomètre fera faire les ouvrages nécessaires et qu'il trouvera bon à l'embouchure du canal de la Nerte pour tenir lieu de l'ancienne muraille de deux pans et quart et pour faire dériver dans le canal de Sarraire ou de Beaulieu de l'eau à suffisance pour remplir entièrement ledit puits du moulin de Beaulieu à mesure qu'il travaille deux moulins de M. de Solliès après quoi ledit sieur Floquet se portera audit moulin de Beaulieu pour en faire l'épreuve avec son canon à plein et le puits entièrement rempli pendant tout le temps de ladite épreuve et déclarera ensuite la quantité de blé que ce moulin moudra par heure et a signé avec ses parties.
Signés : L. Mollinier, syndic. Gensollen. Hauvel et Aubin.
27 mai 1741
Continuation du travail Floquet
Ledit sieur Floquet a continué comme dessus ses épreuves et opérations jusqu'au 27 après-midi, auquel jour lesdits maîtres Aubin et Gardanne assistés comme dessus s'étant rendus à trois heures à notre logement ledit sieur Gardanne pour les frères Blin assisté de maître Jacques Gensollen député de leur curateur et pour les syndics des Sauvans répondant à la réquisition des Sarraires et Consorts du 25 du courant, dit que cette réquisition ne tend qu'à altérer l'état du lieu et à consumer toujours plus de temps mal à propos. En effet les épreuves déjà faites ou qui le seront dans la suite de notre commission et qui ont été ordonnées du décours des eaux, les bars élevés et exactement bouchés pour en empêcher les voies et les transpirations rendent la réquisition dont il s'agit absolument inutile, et le sieur Floquet prendra les mesures sur ces épreuves et les énoncera pour laisser aux parties le droit d'en tirer leurs inductions. Les eaux qui seront dérivées dans le puits du moulin de Beaulieu dans leurs différents états et de la façon dont nous l'avons ordonné ne doivent y découler pour remplir totalement le puits comme les adversaires le prétendent dans leur réquisition qu'autant qu'il y aura deux des trois moulins de M. de Solliès qui tourneront, mais seulement à suffisance, qui est le terme de l'arrêt de 1634 et que les répondants n'ont jamais disputé à qui que ce fut, de sorte qu'il suffit que cette suffisance lorsqu'il n'y aura qu'un moulin de M. de Solliès qui tournera ce qui n'arrive cependant que très rarement et en temps d'une extrême sècheresse pour ne pas dire jamais, soit vérifiée et fixée par le sieur Floquet géomètre et les deux meuniers commis dont il est ordonné qu'il prendra avis et qu'elle soit marquée dans son rapport. Il est par conséquent très inutile qu'on fasse des ouvrages à l'embouchure du canal de la Nerte pour dévier dans le puits du moulin de Beaulieu de l'eau pour le remplir entièrement lorsqu'il ne tournera qu'un seul des susdits moulins, et ce serait même quelque chose de bien contraire à l'état du lieu du procès et des titres qui le composent puisque l'arrêt de 1634 ne dit pas que ce puits doit être rempli, mais seulement qu'il fallait qu'il y découlât de l'eau à suffisance pour le faire moudre, suffisance qui doit être fixée sur l'abondance ou la disette des eaux or ces épreuves se feront en cet état si fait n'a été, et il en résultera qu'il ne faut pas absolument que le puits soit plein quand il ne tourne qu'un moulin de M. de Solliès pour que celui de Beaulieu puisse moudre commodément attendu sa grande profondeur et son extrême pente, mais seulement qu'il y en ait jusqu'à une certaine hauteur qui doit avoir été déjà déterminée par les épreuves pour qu'il puisse tourner et moudre. Et dans toutes les opérations et épreuves qui roulent même sur l'état auquel dot être le canon du moulin de Beaulieu eu égard à sa pente et à sa force et à savoir si ce canon doit être mis en plein ou avec la goulotte et fixé aux dix huit pouces d'eau qui doit avoir suivant les règles de l'art et la détermination déjà faite par le sieur Floquet et les deux meuniers, les comparaissants reconnaissant toujours plus que leur intérêt exige qu'elles se fassent par le sieur Floquet et les deux meuniers convenus dont il prendra avis, attendu leur expérience qui peut donner du jour à la grande théorie dudit sieur Floquet et puisse pour ne rien négliger dans leurs défenses et l'éclaircissement de leurs droits les répondants nous requièrent de vouloir bien ordonner ce que dessus par rapport à l'avis des deux meuniers pour qu'il en conste dans sa relation et que tout prétexte soit affranchi et cela démontre en même temps l'injustice de la réquisition des adversaires tendant à faire les épreuves des eaux des deux moulins de M. de Solliès avec le canon de celui de Beaulieu en plein, sur quoi le sieur Floquet prendra sa détermination sur l'avis des deux meuniers.
Au surplus quoi que ce ne soit ici ni le temps ni le lieu de détruire encore plus l'idée chimérique des adversaires qu'il y ait eu en un temps à l'embouchure du canal de la Nerte une muraille de deux pans et quart de hauteur, il n'est pas hors de propos néanmoins d'en parler pour repousser cette frivole réquisition tendant à faire les ouvrages nécessaires à l'embouchure du même canal pour tenir lieu de l'ancienne muraille de deux pans et quart, en effet, il résiste au local, à l'état des lieux en quel temps que ce soit à la situation des moulins de M. de Solliès, à l'état de celui de la Nerte et des deux canaux auquel le grand canal des Carcés se divise et tout enfin qu'il y ait jamais eu une pareille muraille. C'est un être qui ne pourrait avoir place que parmi les songes et les chimères, s'il y a quelque chose qui doivent servir aux épreuves des eaux et de leur effet, c'est l'élèvement des bars de la façon et avec les précautions que nous l'avons ordonné, c'est une nouveauté absurde de rien requérir de plus et les ouvrages requis par les adversaires font voir à quiconque a des yeux et de la raison, que la réquisition en question n'est qu'une suite de tant d'autres dont l'effet n'a été que de consumer du temps au moyen de quoi en protestant de tout ce que de droit les répondants concluent au déboutement de la réquisition des adversaires, et à ce qu'il soit fait droit à la leur et ont signé.
Signés : J. Arène syndic, C. Blin. Gensollen et Gardanne.
29 mai 1741
Continuation du travail Floquet…



 

Mémoire de Charles et Joseph Blin, frères, propriétaires du moulin de la Nerte — acte de 1739.

 

… Le lundi 29 dudit mois de mai au matin, ledit sieur Floquet a continué ses opérations comme dessus et à trois heures de relevée lesdits maîtres Aubin et Gardanne s'étant rendus à notre logement assistés de leurs parties.
Ledit maîte Aubin procureur des syndics des quartiers de Sarraire et Consorts, répondant au dire du sieur Gardanne sans approbation des faits y contenus, a dit que la réquisition faite par les Sarraires et Consorts à la séance du 25 du courant bien loin d'altérer l'état du lieu et consumer du temps mal à propos, elle sert au contraire à constater le véritable état des choses et à saper entièrement les frivoles prétentions des adversaires. En effet, premièrement, on ne voit pas que cette réquisition change l'état du lieu si ce n'est une épreuve que l'on demande seulement pour prouver la différence qu'il y aura lorsque le sieur Commandeur de Beaulieu jouira de toute l'eau qu'il lui ait attribuée par l'arrêt de 1634, et en même temps que la demande des Sarraires et Consorts en relèvement des bars ne doit plus recevoir de difficulté en second lieu c'est une absurdité des plus grandes de prétendre que par le mot de suffisance on ne doit pas entendre de faire remplir entièrement le puits du moulin comme aussi de vouloir que cette suffisance soit vérifiée et fixée par le sieur Floquet et les deux meuniers convenus, lorsqu'il tourne disent-ils un seul moulin de M. de Solliès situé à la place, car d'une part, il est fort indifférent pour le moulin de Beaulieu qu'il en tourne un ou deux de ceux de M. de Solliès, puisqu'en tout temps et en tout état des choses, il est certain que ledit sieur Commandeur de Beaulieu a droit de dériver toute l'eau qu'il lui faut pour remplir entièrement le puits, et d'autre part, il est certain aussi que le sieur Floquet et les meuniers convenus ne peuvent en aucune manière restreindre les droits dudit sieur Commandeur, au contraire ils doivent s'attacher uniquement à l'exécution de l'arrêt de 1634, c'est-à-dire à donner audit moulin de Beaulieu toute l'eau nécessaire pour moudre autant de blé qu'il peut moudre, d'où l'on voit que la réquisition des Sarraires et Consorts est de la dernière justice et que celle des adversaires tendant à faire rétrécir le canon avec une goulette ou autrement est très injuste et ridicule en même temps.
Quant à l'ancienne muraille de deux pans et quart maîte Aubin dit qu'elle est assez bien constatée au procès et que tout en prouve l'existence ainsi qu'il se réserve de faire mieux voir lorsqu'il en sera temps.
Au surplus, comme il est bien aise de ne rien omettre pour l'intérêt de ses parties il a l'honneur de nous présenter que par acte ordinaire du 6 décembre dernier ayant réservé les prétendus dommages intérêts des frères Blin s'ils y déchoit pour raison des quatre canons de la Nerte ouverts pendant certaines épreuves, il est également juste de réserver les plus grands dommages intérêts soufferts pour les Sarraires et Consorts pendant les épreuves du moulin de Beaulieu par le défaut d'arrosage des terres, attendu tous les bouchements qui se sont faits des espaciers tout le long du canal de Sarraire ou de Beaulieu, à quoi il nous requiert de vouloir faire droit.
Signés : L. Mollinier syndic. Hauvel. Gensollen et Aubin.
Ordonnance de M. le
Conseiller du Roi pour la continuation
de toutes les précédentes
Nous Conseiller du Roi, Commissaire, sans nous arrêter aux réquisitions ci-dessus respectivement faites par les parties, ordonnons qu'elles poursuivront ainsi qu'il appartient en conformité de nos précédentes ordonnances sauf les dommages intérêts des Sarraires et Consorts s'il y échoit.
Fait à Solliès-Pont, ledit jour 29eme mai 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Laquelle ordonnance a été tout de suite publiée aux parties depuis ledit jour 29 mai jusqu'au 7e juin, le sieur Floquet a continué de travailler aux opérations et épreuves ordonnées.
7 août 1741
Hic pour le rapport de M. Floquet
Et le 7e août au matin les parties s'étant rendues à notre appartement.
Ledit sieur Floquet géomètre hydraulique commis, nous a représenté que depuis le septième juin il travaille à rédiger les mémoires qu'il avait pris en travaillant sur les lieux pour faire les épreuves, les opérations et autres choses portées par les ordonnances que nous avons rendues et à dresser en suite son rapport, que cet ouvrage a été beaucoup plus long qu'il ne l'avait cru ayant été obligé de faire le dépouillement de dix mains de papier que ses mémoires contiennent, qu'il en a encore pour quelques jours après quoi il serait obligé de mettre son rapport au net, ce qui l'occupera environ quinze jours, que les parties pourraient gagner ce temps là si elles consentaient que le rapport fut mis au net par quelqu'autre que lui tandis qu'il travaille à achever de le dresser, ce qu'il a cru devoir nous présenter pour éviter la longueur de la commission et a signé.
Signé : Floquet.
Et les parties ici présentes ont consenti en tant que de besoin que le rapport soit mis au net par telle personne que nous trouverons à propos pour éviter la longueur de la commission.
Signés : J. Arène syndic. L. Mollinier syndic. Gardanne. C. Blin. Gensollen curateur. Gensollen. Hauvel.
22 et 23 août 1741
Publication du rapport de maître Floquet
en présence des parties intéressées
Le vingt-deux du mois d'août ledit sieur Floquet ayant fini son rapport ou relation l'a remis à notre greffier avec les modèles des bars, lequel rapport demeurera joint à notre présent procès verbal et les parties se sont rendues à trois heures après midi à notre logement pour assister à la publication dudit rapport ou relation en suite de l'avertissement que nous leur avions fait faire par notre huissier, laquelle publication a été faite par ledit maître Regibaud notre greffier en présence desdites parties c'est-à-dire des syndics et députés des quartiers de Sarraire et Consorts et de celui des Sauvans, de l'un des Blin et de maître Aubin procureur des syndics des Sarraires et toujours en absence dudit sieur Commandeur de Beaulieu et d'aucun pour lui, laquelle publication a été continuée le matin et l'après midi du lendemain vingt trois août.
Et attendu la déclaration qui nous a été faite par ledit sieur Floquet géomètre au commencement de son rapport qu'il n'y a point ici tout ce qui lui est nécessaire pour mettre au net le plan des lieux qu'il doit lever et qu'il a pris à cet égard toutes les dimensions, alignements et angles dont il a besoin pour être en état d'en faire trois copies à Aix où il ferait aussi le plan en carton ou relief du sol des endroits contentieux sous les Carcés et que d'ailleurs ces opérations seraient très dispendieuses si elles étaient faites sur les lieux par rapport au temps qu'il faudrait y employer. Nous partirons de ce lieu de Solliès demain 24 août pour nous rendre en la ville d'Aix où ledit sieur Floquet dressera en notre présence le plan des lieux sur les mémoires qu'il a prises de même que le plan en carton ou relief du sol des Carcés.
Fait à Solliès ledit jour 23 août 1741.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Départ de M. le
Conseiller pour Aix
Le lendemain 24 août, nous sommes partis dudit lieu de Solliès avec maîtres Regibaud greffier et Dessaud huissier et encore avec le sieur Floquet géomètre pour nous rendre en la ville d'Aix où nous sommes arrivés le lendemain 25 août.
Signés : Villeneuve d' Ansouis et Regibaud greffier.
Depuis le lendemain et jusqu'aujourd'hui 30 Xbre 1741, ledit Floquet a travaillé en différents temps en notre présence au plan des lieux en couleur sur du papier et au plan en bosse ou bas relief sur du bois du sol des lieux contentieux dit les Carcés, nous ayant remis le tout aujourd'hui en présence dudit maître Aubin procureur des syndics des Sarraires et Consorts et dudit maître Sénès procureur des frères Blin et des syndics des Sauvans, savoir le plan en couleur en trois copies pour être communiqués aux parties et celui en bosse ou bas relief en deux pièces qui s'enchâssent pour rester en notre pouvoir de même que les modèles des bars en pierre étaient donnés en communication aux parties et servir au jugement du procès, lesquelles trois copies du plan en couleur sur du papier ledit sieur Floquet a signé, aussi bien que le plan en relief, les unes et les autres ayant aussi été constatées par maître Regibaud notre greffier, après quoi ledit maître Aubin a retiré les trois copies du plan en couleur ayant été procédé à toute la commission en absence dudit sieur Commandeur de Beaulieu.
Signé : Villeneuve d'Ansouis.
Taxe des frais
Et procédant à la taxe des frais de la commission, nous déclarons d'avoir vaqué 239 jours aux deux différents voyages que nous avons faits autant le greffier, l'huissier et maître Aubin procureur des syndics des Sarraires et Consorts, 246 jours ledit sieur Floquet à raison de 12 livres par jour faisant ce dernier article 2952 livres, nous l'avons encore taxé 400 livres pour la dresse desdits deux plans en couleur et en relief pour raison de quoi nous avons réduit nos assistances à dix, ce qui revient à 160 livres, les deux tiers pour le greffier, la moitié pour l'huissier et trois livres pour l'assistance de maître Aubin à la rémission, nous avons encore taxé Jean Gasquet un des meuniers par nous commis 180 livres pour 45 jours qu'il a été employé a la commission à raison de quatre livres par jour, Joseph Aoust, autre meunier par nous commis 80 livres pour 20 jours, et Joseph Barras que nous commîmes à la place dudit Aoust qui tomba malade 92 livres pour 23 jours sur le même pied, nous avons encore taxé tous les autres frais qui ont été faits soit pour les différents paysans qui ont été employés pendant le cours de la commission pour travailler sous les ordres dudit sieur Floquet pour garder les eaux la nuit et le jour et à autre chose, plusieurs ouvrages qui ont été faits par divers ouvriers pour servir à la commission et bien d'autres faux frais qui ont été payés sur des billets que faisait ledit sieur Floquet et dont les parties ont tenu le rôle, la somme de 1519 livres 11 sols et 3 deniers, plus 6 livres 15 sols pour le prix de la toile qui a été employée pour doubler les trois plans en papier et 5 livres 10 sols pour la caisse pour y mettre le plan en relief, tous lesquels différents articles ont été payés par lesdits syndics de Sarraire, La Tourre et Cadouire, ayant reçu ceux qui nous compétent des mains de maître Regibaud notre greffier et rendu au procureur les pièces.
Fait à Aix, ledit jour 30 Xbre 1741.
Signés : Villeneuve d'Ansouis et Regibaud greffier.

 

Bibliothèque : Rapport Floquet

 Situation des barrages agricoles et industriels, tableau d'assemblage du 21 janvier 1953.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Le préfet du Var

Toulon, le 21 octobre 2013

Lettre recommandée avec accusé de réception

Objet : Relèvement du débit réservé sur les ouvrages de prélèvement en rivière et régularisation.

Référence : SC/CG — Courrier de la DDTM du 19 septembre 2012 relatif au relèvement des débits réservés des ouvrages existants au 1 » janvier 2014 et à la mise en place de dispositifs de mesure du débit prélevé.
— Réponse du Président de l’ASA de l’Union des ASA de l’Écluse des Messieurs et du canal du Château du 3 avril 2013.

Pièce jointe : — Projet d’arrêté préfectoral relatif au canal des Messieurs.

— Brochure « Sauvons l’Eau ! Gestion des milieux aquatiques et du grand cycle de l’eau — Aides financières Rhône Méditerranée Corse ».

Copie à : Mairie de Solliès-Pont,

Agence de l’Eau.

Monsieur le Président,

Dans le cadre de la révision des débits réservés, en application de l’article L.214-18 du code de l’environnement, mon service procède à l’examen des autorisations de prélèvements en vue de leur mise en conformité avec les évolutions réglementaires.
Au vu du droit fondé en titre, attesté par « L’arrêt du Parlement tenant la chambre des Eaux et Forêts » du 18 février 1781, Extrait des Registres du Parlement, et par le texte « Mémoire de l’association syndicale autorisée de l’union des ASA de l’écluse des messieurs et du canal du château sur le fleuve Gapeau à Solliès-Pont », paragraphe « Historique et Droits en Titre du Roi » indiquant : le 26 décembre 1740 selon les observations de M. Floquet il est noté en page 66 et 67 un descriptif très précis de l’Écluse du barrage “Monsieur” et du béal qui y est dérivé, autorisant la prise d’eau du canal des Messieurs, l’existence administrative du canal des Messieurs est démontrée en application de l’article L.214-6 du code de l’environnement.
Le débit minimum sur la prise d’eau du canal des messieurs au niveau du seuil de ra retenue Roll, peut être fixé à 138 litres par seconde. Ce débit est équivalent au dixième du débit moyen inter-annuel du cours d’eau, calculé à partir des valeurs fournies, par la banque Hydro de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement, et du Logement (DREAL), au niveau de la station hydrométrique du Gapeau a Solliès-Pont. Le calcul est issu de la multiplication débit spécifique annuel (Qsp = 7' 4L/s/km²) par la surface de bassin versant, au niveau du canal des Messieurs (Sbv = 186,5 km²).
Je tiens à préciser que le prélèvement doit être interrompu dès lors que le débit en amont de l’ouvrage est inférieur au débit réservé, hors dispositions temporaires particulières dues à des conditions d’étiage exceptionnelles, attestées par l’autorité administrative.
Par ailleurs, je vous rappelle que les ouvrages de prélèvements doivent être dotés d’équipement(s) de mesure du débit prélevé. Ces prélèvements doivent être enregistrés, avec lecture périodique pour les dispositifs ne permettant pas l’enregistrement en continu. Il est a savoir qu’il est possible d’obtenir des subventions de l’Agence de l’Eau pour l’installation d’équipements de mesure, et ce jusqu’à la décision administrative précisant le débit réservé du canal des messieurs qui devra être prise
Votre prise d’eau se situe sur un cours d’eau classé au titre de l’article L.214-17 2e du code de l’environnement, qui vise à effacer les obstacles à la migration piscicole et à rétablir un transport suffisant des sédiments, pour permettre aux poissons de rejoindre les zones nécessaires à leur reproduction (zones de frayère) et pour maintenir l’équilibre sédimentaire des rivières et éviter les problèmes d’érosion de berge et/ou d’incision du lit. Les ouvrages situés sur un cours d’eau classé doivent être rendus franchissables, par les poissons et lorsque c’est nécessaire par les sédiments, dans un délai de cinq ans.
Vous trouverez ci-joint un projet d’arrêté préfectoral complémentaire reprenant l’ensemble de ces prescriptions. Je vous demande de me faire part de vos observations, dans un délai d’un mois à compter de la date d’envoi du présent courrier, sur les conséquences techniques pour vos installations. Vous me proposerez un calendrier de travaux le cas échéant.
Au terme de ce délai, je proposerai le projet d’arrêté préfectoral complémentaire à la signature de Monsieur le préfet après avis du Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques sanitaires et Technologiques.

Restant à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués.

Pour le Préfet et Par délégation.

Pour le Directeur départemental des territoires et de la mer.

Le Chef du service de l’eau et des milieux aquatiques,

Richard FEUILLADE

Cadastre3PP_130_05ReW

Tableau d’assemblage du plan cadastral parcellaire de la commune de Solliès-Pont, canton de Solliès-Pont, arrondissement de Toulon, département du Var. Terminé sur le terrain le 31 juillet 1849, sous l’administration de M.M. Haussemann, préfet, Arène, maire. Et sous la direction de M.M. Perrottet, directeur des contributions, Bosc, géomètre en chef, par Mrs Fouque et Loup, géomètres.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Le préfet du Var

Arrêté préfectoral du
portant prescription complémentaire à l’autorisation
relative au canal des Messieurs

PROJET

Le préfet du Var
Chevalier de la Légion d’Honneur,
Chevalier de l’Ordre National du Mérite,
Officier des Palmes Académiques.

Vu le code de l’environnement et notamment ses articles L.214-3, L.2I4-6, L.2T4-18, R.214-17 et R.214-18, R.214-11-1 à R.214-111-2
Vu le droit fondé en titre, attesté par « l’arrêt du Parlement tenant la chambre des Eaux et Forêts » du 18 février 1781, Extrait des Registres du Parlement, et par le texte “Mémoire de l’association syndicale autorisée de l’union des ASA de l’écluse des messieurs et du canal du château sur le fleuve Gapeau à Solliès-Pont, paragraphe ‘Historique et Droits en Titre du Roi’ indiquant : ‘le 26 décembre 1740 selon les observations de M. Floquet il est noté en page 66 et 67 un descriptif très précis de l’Écluse du barrage ‘Monsieur’ et du béal qui y est dérivé’, autorisant la prise d’eau du canal des Messieurs,
Vu le courrier du Directeur Départemental des Territoires et de la Mer en date du 19 septembre 2012, relatif au relèvement du débit réservé de la prise d’eau du seuil de la retenue Roll,
Vu la réponse de Monsieur le Président de l’Association Syndicale Autorisée de l’Union des Associations Syndicales Autorisées de l’Écluse des Messieurs et du canal du Château reçue le 3 avril 2013,
Vu le rapport du Directeur Départemental des Territoires et de la Mer en date du (…),
Vu l’avis favorable émis par le Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques du Var en date du (date du CODERST),
Vu le projet d’arrêté adressé à Monsieur le Président de l’Association Syndicale Autorisée de l’Union des Associations Syndicales Autorisées de l’Écluse des Messieurs et du canal du Château en date du (date d’envoi),
Considérant la nécessité de maintenir dans le cours d’eau à l’aval de l’ouvrage un débit minimal garantissant en permanence la vie, la circulation et la reproduction des espèces vivant dans les eaux au moment de l’installation de l’ouvrage,
Considérant que des documents attestent de l’existence du canal avant 1789, qu’il bénéficie ainsi d’un droit fondé en titre, que son fonctionnement est attesté par l’activité de l’Association Syndicale Autorisée de l’Union des Associations Syndicales Autorisées de l’Écluse des Messieurs et du canal du Château,

Sur proposition du Secrétaire Général de la Préfecture,

ARRÊTE :

TITRE 1 : OBJET DE LA MODIFICATION

Article 1 : Consistance de l’autorisation
L’Association Syndicale Autorisée de l’Union des Associations Syndicales Autorisées de l’Écluse des Messieurs et du canal du Château est autorisée à exploiter le canal des Messieurs.
Le canal des Messieurs a sa prise d’eau au niveau du seuil de la retenue Roll, commune de Solliès-Pont.
Le gestionnaire de l’eau prélevée est l’Association Syndicale Autorisée de l’Union des Associations Syndicales Autorisées de l’Écluse des Messieurs et du canal du Château.
Les installations, ouvrages, travaux et activités déclarés comprennent :
Un canal ayant sa prise d’eau dans le cours d’eau Gapeau au niveau de la commune de Solliès-Pont.
Le canal rentre dans la nomenclature des opérations soumises à autorisation au titre de l’article L.214-3 du code de l’environnement, sous la rubrique 1.2.1.0 ‘A l’exception des prélèvements faisant l’objet d’une convention avec l’attributaire du débit affecté prévu par l’article L.214-9, prélèvements et installations et ouvrages permettant le prélèvement, y compris par dérivation, dans un cours d’eau, dans sa nappe d’accompagnement ou dans un plan d’eau ou canal alimenté par ce cours d’eau ou cette nappe :
1e D’une capacité totale maximale supérieure ou égale à I 000 m3/ heure ou à 5 % du débit du cours d’eau ou, à défaut, du débit global d’alimentation du canal ou du plan d’eau (A)’

Article 2 : Débit minimal à laisser au droit de la prise d’eau
Le débit minimal à maintenir pour garantir en permanence la vie, la circulation et la reproduction des espèces vivant dans les eaux au moment de f installation de l’ouvrage, au droit de la prise d’eau du canal des Messieurs, au seuil de la retenue Roll est établi comme indiqué dans le tableau ci-dessous :

Prise d’eau Coordonnées géographiquement de la prise d’eau (référentiel Lambert 93) Module au niveau de la prise d’eau Valeur du débit minimal à maintenir au droit de la prise d’eau
Seuil de la retenue Roll – commune de Solliès-Pont X : 946 732 m
Y : 6 237 725 m
1380 L/s 138 L/s
soit 10 % du module

TITRE 2 : PRESCRIPTIONS

Article 3 : Modalités de respect du débit réservé
Si le débit à l’amont immédiat de l’ouvrage est inférieur aux valeurs fixées par l’article 2, c’est l’intégralité du débit entrant qui doit être restituée à l’aval.
L’exploitant de l’ouvrage est tenu d’assurer le fonctionnement et l’entretien des dispositifs garantissant le débit minimal défini par l’article2.
Les valeurs de débit fixées à l’article 2 sont mises en œuvre le 1er janvier 2014, au plus tard.
Les valeurs de débit fixées à l’article 2 pourront être révisées, dès lors que des données nouvelles en montrent la nécessité.

Article 4 : Équipements de contrôle du débit
L’exploitant assure la surveillance continue et permet le contrôle visuel rapide du débit réservé délivré, par la mise en place d’un dispositif de contrôle adapté (échancrure, déversoir, bassin de mesure, venturi) et a minima par un repère visuel sur une section accessible et fiable.
L’exploitant procède à l’installation d’équipements de mesures (échelle limnimétrique, courbe de tarage) permettant un suivi continu du débit prélevé dans le canal. Ces prélèvements doivent être enregistrés, avec lecture périodique pour les dispositifs ne permettant pas l’enregistrement en continu.
L’exploitant procède à la mise en place d’un plan de grille empêchant la pénétration des poissons dans le canal d’amenée, ainsi qu’aux points de rejet.

TITRE 3 : DISPOSITIONS GÉNÉRALES

Article 5 : Publicité et information des tiers
Le présent arrêté sera publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Var.
Une copie du présent arrêté sera transmise pour information à la commune de Solliès-Pont, à l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques et à la Fédération du Var pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique.

Article 6 : Voies et délais de recours
Le présent arrêté est susceptible de recours contentieux devant la juridiction administrative territorialement compétente :
Par le bénéficiaire, dans un délai de deux mois suivant sa notification,
Par les tiers, dans un délai d’un an à compter de sa publication. Toutefois, si la mise en application n’est pas intervenue six mois après la publication, le délai de recours continue à courir jusqu’à l’expiration d’une période de six mois après cette mise en application.

 

Article 7 : Exécution :
— Le secrétaire général de la préfecture du Var,
— Le directeur départemental des territoires et de la mer du Var,
— Le chef de service départemental de I'ONEMA du Var,
— Le commandant de groupement de la gendarmerie,
— Le maire de la commune de Solliès-Pont,

sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de la présente autorisation.

Le Préfet,

L’histoire actuelle du Gapeau

 

1. Climatologie actuelle

Le climat varois est caractérisé par deux grandes tendances locales, la tendance « provençale » anticyclonique avec prédominance du mistral donnant un climat sec et des températures très contrastées. La seconde tendance « niçoise » est régie par la dépression centrée sur le golfe de Gênes amenant de l’humidité accompagnée de précipitations et des températures douces.
Une troisième tendance plus globale est régie par les vents de sud (Sirocco) ou de sud-est (Chergui) traversant la Méditerranée relativement chaude. Ces vents de printemps et d’automne se chargent en humidité en passant sur la mer et provoquent des « entrées maritimes » qui engendrent de fortes précipitations sur les versants sud des reliefs côtiers.
Lorsque les contrastes thermiques entre les entrées maritimes et l’atmosphère du continent sont trop importants, on assiste à des orages violents avec de fortes précipitations ou des averses de grêle. Les cumuls de pluie peuvent devenir très importants (plus de 100 mm d’eau par heure). La durée des averses et les vents violents sur le littoral entrainent des inondations dans les plaines littorales. Ce phénomène appelé « épisode cévenol » fût bien décrit lors des catastrophes de Nîmes, Vaison-la-Romaine, Auribeau-sur-Siagne.
Il conjugue ces apports pluvieux importants avec un relief karstique à versant abrupt souvent proche de zones urbanisées empiétant sur la zone drainante du bassin versant, c’est-à-dire du lit majeur du cours d’eau.
L’extension des zones bétonnées ou asphaltées de ces agglomérations ne permet pas l’infiltration et amplifie les écoulements superficiels qui deviennent dévastateurs.

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Mécanismes de circulation des masses d'air et des eaux dans le karst toulonnais.

 

2. L'hydrologie karstique

Le réseau du Gapeau draine tout le karst des plateaux calcaires du versant sud-est de la Sainte-Baume, des Morrières et des barres de Cuers. Les massifs calcaires sont percés de réseaux karstiques formant des zones de rétention d’eau régulées par des seuils hydrauliques ou des siphons.
L’Été, les eaux circulent en général dans les zones fracturées avec un débit faible ; de nombreux boyaux de drainage sont à sec. Les sources en point haut dîtes sources de trop-plein n’offrent aucune eau sur la périphérie des massifs. Seules les résurgences en point bas sont pérennes, mais le débit reste faible (figure ci-dessous) ; parfois, la sécheresse peut entrainer la disparition de certains cours d’eau et des lacs alimentés par celles-ci comme le lac de Besse-sur-Issole.

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Régime d'étiage ; écoulement gravitaire des eaux.

Lors des pluies printanières ou automnales, les cavités du karst se remplissent ; le niveau des eaux atteint les seuils régulateurs et la circulation des eaux se rétablit dans l’ensemble du réseau karstique. Les sources de trop-plein se mettent en charge et les eaux sont restituées rapidement dans l’ensemble du réseau de surface avec une montée des cours d’eau (figure ci-dessous).
Lors des fortes précipitations, les apports de surface sur les plateaux calcaires alimentent très rapidement le karst sous-jacent.
Le niveau d’eau dans le réseau karstique monte très vite, les salles sont ennoyées et présentent des risques très forts pour les spéléologues ; le débit des sources devient important et s’ajoute aux écoulements de surface provoquant des crues importantes avec des inondations.

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Régime de crue ; apport de surface et sources de trop-plein.

Pendant un épisode cévenol, les eaux de surfaces deviennent rapidement menaçantes pour les zones urbaines établies le long des cours d’eau ou des vallées sèches. Les trois facteurs qui régissent ce mécanisme sont en premier lieu les reliefs en « amphithéâtre » ouverts aux entrées maritimes et couronnant des réseaux avec de fortes pentes dans le bassin de réception. Le cours moyen se caractérise par un étranglement qui concentre la circulation des eaux de surface et le cours inférieur possède une faible pente et est établi dans une large vallée hébergeant des zones urbaines denses dans le lit majeur du réseau et souvent imperméabilisées par les asphaltes des voies de circulation ou par le béton des constructions. On assiste alors à des lames d’eau importantes souvent chargées de matériel en suspension (sédiments ou embâcles) qui provoquent des catastrophes comme à Nîmes, à Vaison-la-Romaine ou plus récemment à La Londe-les-Maures.
Le second facteur est un contraste entre des eaux marines relativement « chaudes » et des mouvements d’air puissants et « froids ». L’atmosphère se charge en humidité et se concentre en nuages bas qui viennent se bloquer sur les reliefs donnant de grosses averses subites.
Le troisième facteur concerne l’urbanisation du cours inférieur avec parfois des étranglements du lit majeur comme des ouvrages (pont, rocade surélevée pour éviter la submersion des voies de circulation, zones fortement urbanisées…).
Ces trois facteurs entraînent des écoulements souvent chargés en sédiments depuis les cours supérieurs et moyens qui participent à l’érosion importante des berges du cours inférieur provoquant des glissements de terrain qui entravent l’écoulement.
Le niveau de l’eau remonte en amont et le cours d’eau envahit son cours supérieur puis la plaine environnante. La végétation des berges est aussi un facteur aggravant lorsque celles-ci sont fortement érodées augmentant les chances d’embâcle au niveau des goulets d’étranglement du cours d’eau. Enfin le matériel emporté vers l’embouchure démultiplie son engorgement surtout si le déferlement marin contrarie l’écoulement du cours d’eau.

3 Le bassin du Gapeau

Il se compose de deux cours d’eau principaux : Le Gapeau et le Réal Martin. Bien distincts jusqu’à une petite dizaine de kilomètres de l’arrivée à la mer, les deux bassins sont constitués d’une géologie bien distincte avec la zone provençale calcaire pour le Gapeau et le massif ancien des Maures (plutonique et métamorphique) pour le Réal Martin.

3.1 Le Gapeau

C’est le bassin principal, il s’étend sur 180 km2. Le bassin de réception de Signes est un poljé(1) entouré au Nord par les versants sud-est du massif de la Sainte-Baume et dans sa partie méridionale par les hauteurs du plateau des Morières. Un autre poljé est bordé au nord par les hauteurs de Mazaugues et de la Loube et par les barres de Cuers au Sud. Il est drainé par un petit affluent qui alimente le cours supérieur du Gapeau en passant par Méounes. Ces deux grandes cuvettes structurales et de dissolution ont longtemps fonctionné en réceptacles fermés ou drainés par des ponors(2) comme les lacs de la Roquebrussanne. Les ponors et des avens(3) permettent la mise en charge des réseaux karstiques qui alimentent les sources du Gapeau à Signes.

Le cours supérieur démarre à la sortie du poljé de Signes et s’enfonce dans des gorges étroites entre Méounes-lès-Montrieux et Solliès-Pont. Cette vallée reçoit des cours d’eau très courts (résurgences) drainant le plateau des Morières et les barres de Cuers. La géographie des gorges du Gapeau découle de la conjugaison d’accidents majeurs orientés NNO-SSE donnant le sens de l’écoulement principal et d’accidents secondaires NE-SO transversaux contrariant la progression du cours d’eau en créant des ressauts ou des rapides. Dans la partie haute du drainage du poljé de la Roquebrussanne, des accidents nord-sud encaissent rapidement ce petit affluent du Gapeau jusqu’au croisement de la route de Signes et de Belgentier où il rejoint le Gapeau. Tous ces accidents obliques à l’axe principal des gorges sont des sources de trop-plein ou de petites résurgences qui alimentent latéralement le cours d’eau principal.

Le cours moyen du Gapeau s’établit au débouché des gorges dans la dépression périphérique des Maures. Cette vallée ourle les Maures depuis Toulon à l’ouest jusqu’à Saint-Aygulf à l’est, elle est drainée par le Gapeau que dans son tiers occidental depuis Gonfaron sommairement. Le cours d’eau traverse en diagonale cette vallée sans vraiment tenir compte des zones basses de La Garde ; c’est une défluviation dont la plus connue en Europe est celle de la plaine du Po en Italie du Nord. Il recoupe profondément un épandage de sables et de galets calcaires que l’on appelle géomorphologiquement une « crau » comme au nord de la Camargue. Le Gapeau coulait donc au-dessus du profil de la vallée. Ces trois cours d’eau se rejoignent au niveau du lieu-dit la Castille. Au niveau de la commune de La Crau, la partie basse du cours moyen traverse à l’emporte-pièce une étroiture constituée des hauteurs des Sauvans et du fenouillet et dévale dans la vallée de Sauvebonne.

Le cours inférieur est canalisé dans la vallée de Sauvebonne, cette vallée structurale est délimitée à l’ouest par les hauteurs permiennes des Pousselons et à l’est par les Maures. Cette vallée a une altitude de 19 m alors que le cours moyen s’établit entre 80 et 40 m d’altitude. Elle est en pente faible et canalise les eaux du Réal Martin principal affluent du Gapeau. La confluence de ces cours d’eau se fait anormalement, le Gapeau coupe à angle droit le cours rectiligne du Réal Martin au niveau du camping du « Vert-Gapeau ». On notera que le profil d’équilibre du Gapeau est beaucoup plus pentu que celui de son affluent en amont de la confluence. Par la suite le Gapeau parcourt la basse vallée vers l’est en recoupant des alluvions sableuses rubéfiées jusqu’à la mer. La direction ouest-est correspond aux grands accidents affectant le massif des Maures.

3.2. Le Réal Martin

Ce bassin versant est constitué de roches métamorphiques des Maures ; les reliefs sont escarpés et les zones drainantes sont étroites rarement sédimentaires donc les écoulements sont essentiellement de surface. Le chevelu du réseau du Réal Collobrier jusqu’à la dépression périphérique des Maures à la hauteur de Pierrefeu draine une zone assez importante dénuée de nappe phréatique importante et les eaux arrivent très vite sur le littoral. Si les vents d’est bloquent les embouchures avec un déferlement important, les eaux ennoient les basses vallées et provoquent des catastrophes dans les quartiers orientaux de Hyères ou à La Londe-les-Maures.

4. Le cadre géologique du bassin du Gapeau

L’ouest du bassin est établi sur la Provence calcaire émergée à la fin du Jurassique reliant les massifs primaires des Maures et les Cévennes. Les massifs calcaires de la Sainte-Baume et de la Sainte-Victoire sont les témoignages de ces reliefs occupés par les dinosaures et les dépressions lacustres recueillant les bauxites. Ces massifs calcaires isolent la mer alpine au nord de la Téthys méridionale, ils seront repris au cours de la formation des Alpes à la fin du Tertiaire. L’est du bassin regroupant les eaux du Réal Martin et du Réal Colobrier est caractérisé par des formations métamorphiques très imperméables du Primaire avec des versants abrupts.

Le bassin oriental drainé par le Réal Colobrier est essentiellement métamorphique, les granites du Plan-de-la-Tour et de la presqu’île de Saint-Tropez n’appartiennent pas à cette zone. Les couvertures sédimentaires sont concentrées dans le fond des vallées étroites, généralement les formations de versants sont pauvres en aquifère. L’essentiel des aquifères se trouve dans les grands accidents qui cloisonnent le massif donnant très peu de sources d’altitude.

Sur le plan tectonique, l’ouest calcaire est marqué par des ondulations orientées ouest-est qui sont recoupées par une énorme boutonnière ourlée au Sud par les falaises de la Sainte-Baume et au Nord par celles de la Sainte-Victoire. Lors de la formation des Alpes apparaissent de grands accidents ouest — est dirigés par la reprise de ceux du socle primaire. La marge secondaire des Alpes naissantes est recoupée par de grands accidents nord – sud qui entaillent la Provence centrale et donnent naissance aux grands fossés d’effondrement de la vallée du Rhône et de la Durance. Pour le bassin hydrographique du Gapeau, la conjugaison de ces différents accidents avec le socle donne la géométrie des cours supérieurs avec les gorges du Gapeau à l’ouest et des vallées du Réal Martin et du Réal Collobrier à l’est. Les surfaces structurales du permo-trias de la dépression périphérique des Maures pendent vers l’ouest entre Cuers et Toulon, les hauteurs des Pousselons isoleront pendant un temps les cours du Gapeau et du Réal Martin.

5. Le Quaternaire régional

En Méditerranée, cette période est marquée par des oscillations importantes des lignes de rivage (avec des transgressions jusqu’à des hauteurs de 108 à 110 m au-dessus du zéro actuel (Calabrien moyen) et des régressions importantes, dont la plus grande, se situe vers 100 à 120 m au-dessous du niveau actuel (Tardiglaciaire). Beaucoup des dépôts quaternaires ont disparu, effacés par l’érosion continentale ou engloutis en mer, cependant les manifestations des plus récents persistent dans le paysage et impriment un caractère particulier au littoral depuis les plaines alluviales jusqu’au plateau continental immergé.

La période -300 000 à -120 000 ans possède deux appellations suivant que l’on s’intéresse au quaternaire continental alpin (Riss) ou au quaternaire marin méditerranéen (Sicilien-Tyrrhénien). Elle est marquée en mer par deux épisodes transgressifs entrecoupés par deux épisodes régressifs. D’après les travaux de E. BONIFAY, les oscillations de la mer s’atténuent vers l’Actuel avec dans l’ordre chronologique : le Néosicilien transgressif atteignant les +33 m et l’Eutyrrhénien II avec un maximum à + 20 à 22 m par rapport au zéro actuel.

D’une manière générale, les phases transgressives s’inscrivent dans le paysage par des ruptures rapides des versants suivies de fonds de plaine quasiment horizontaux. Cette modification topographique correspond à la mise en place de plate-forme d’abrasion marine et au démantèlement par la mer des formations de versant. Cette particularité se distingue facilement sur les cartes topographiques du pays toulonnais et sur les îles d’Hyères, la courbe de niveau des 30 m marque un brusque changement entre les courbes très écartées sous-jacentes et celles très serrées des versants en amont. Sur le plan sédimentologique, on remarque la présence de limons fins dans les parties basses limités en amont par des gravières à galets aplatis d’origine diverses entre 30 et 34 m d’altitude puis on passe à des éboulis de versant.

Le tableau ci-après montre un essai de corrélation entre les différentes chronologies du Quaternaire.

1800 5 50 2 00 30 Âges
(x 1000 ans)
Calabrien Sicilien Tyrrhénien Versilien Chronologie
Méditerranée
Pléistocène inférieur Pléistocène moyen Pléistocène
supérieur
Holocène Chronologie
continentale
Donau — Günz Günz Mindel Riss Würm Postglaciaire Chronologie
alpine

Corrélations chronologiques du Quaternaire (d’après A. FOUCAULT & J.-F. RAOULT — 1984)

Dans le sud du Var, les étages continentaux quaternaires les plus marqués sont les formations fluviatiles et de versants du Riss et du Würm. En milieu marin, les rivages fossiles sont nombreux et bien étudiés dans les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône. Souvent l’altitude des niveaux est faussée par la tectonique surtout à l’est du fleuve Var entre Nice et Menton. Sur le littoral varois, on distingue souvent un brusque changement des pentes des versants vers la courbe de niveau des 30 m.

Le littoral néosicilien du cours inférieur du Gapeau est constitué par la large plaine de Sauvebonne littorale qui s’enfonce très profondément dans les terres jusqu’au lieu-dit « La Décapris » (altitude 30 m) avec une pente de moins d’un mètre par kilomètre longitudinalement. Cette vallée est couverte d’une épaisse formation limoneuse rubéfiée de 3 à 5 m de puissance ; les cailloutis cristallophylliens se rencontrent seulement à l’approche des versants limitrophes. La mer du Néosicilien a donc envahi largement les plaines littorales créant ainsi des rias larges ou des golfes intérieurs comme la plaine de La Garde. Les passes étroites relient ce golfe intérieur à la mer ouverte ; de nombreuses îles encombrent le littoral avec les hauteurs actuelles de La Colle Noire, Giens et les îles actuelles d’Hyères, dont Porquerolles découpée en plusieurs îlots. Les hauteurs du Paradis et du mont des Oiseaux restent rattachées au massif du Fenouillet et constituent deux presqu’îles.

5.1. L’évolution quaternaire du bassin du Gapeau

Dès le début du Quaternaire, Le Gapeau, le Réal Martin et le Réal Collobrier ont des réseaux indépendants. Le Gapeau draine le karst et le bassin de Signes alors que les cours orientaux collectent les eaux des versants occidentaux des Maures. Le Gapeau se jette dans la rade du Toulon en traversant La Garde ; son canyon part vers l’est dans la direction des grands accidents affectant le socle primaire et une pente relativement forte. Le Réal Martin est canalisé par le contact entre le Permo-trias et le socle métamorphique. Le pendage vers l’ouest des grés et marnes des Pousselons bloque les eaux venant des Maures et les obligent à suivre les grands accidents nord-sud qui compartimentent l’Ouest du massif. Les compartiments dont les limites sont nord — sud et ouest — est basculent vers le nord-est. Ils s’étagent en gradins de plus en plus bas vers le sud et vers l’ouest. Les topographies de la vallée de Sauvebonne et du canyon suivant obéissent à ces grands accidents du massif.

5.1.1. État des lieux au Néosicilien

Cet étage méditerranéen correspond au transgressif à + 33 m n. g.F. (nivellement général de la France). Il y a environ 200 000 ans, le Gapeau ne se jette pas dans la Méditerranée, il est bloqué par un cordon de sable et galets au niveau de la route actuelle entre La Crau et La Farlède. Ce cordon littoral relie le Fenouillet au pied du Coudon et isole une lagune au niveau de la Castille où se jettent les eaux du Gapeau, mais aussi les ruisseaux de la Jonquière et du petit Réal qui drainent l’Est de la vallée des Solliès. Les galets plats souvent asymétriques témoignent d’une usure littorale avec un dépôt relativement bien lité sans trace de régime torrentiel. Le sédiment est pauvre en sable et témoigne d’un apport grossier important depuis une zone calcaire. Sur sa frange continentale du cordon, les conglomérats se solidifient par la cristallisation des carbonates provoquée par les alternances de périodes de sécheresse et de submersion liées au niveau d’eau dans la lagune. Le littoral est constitué par un golfe assez étendu peu profond occupant la zone entre le Pradet et La Garde. De plus le tri du ressac entraîne les particules fines (argiles et sables) vers le centre du golfe ou la ria de Sauvebonne. Une passe relie ce golfe à la mer ouverte entre Le Pradet et Carqueiranne, on doit avoir un accès de la mer par la rade de Toulon aux travers des îlots constituant les hauteurs actuelles de la zone de Saint Jean du Var ou d’exutoire actuel de l’Eygoutier. Ce dernier exutoire est souligné par les coupes de la plaine de l’Eygoutier où apparaissent des formations de galets sous les sédiments récents Fy et au-dessus des sédiments anciens du Gapeau qui se jetait dans la rade de Toulon. La coupe nord – sud de la basse vallée du Gapeau de GOUVERNET 1965 in BURGEAP 1994 montre bien que les galets calcaires descendaient vers le Sud en direction de la mer et non pas vers la plaine de Sauvebonne à l’est. De plus la carte BRGM au 1/50 000 de Toulon montre bien que les formations Fy soulignent ce tracé ancien du Gapeau.

Pour la vallée de Sauvebonne on trouve une ria qui remonte jusqu’à la Mayonnette où se trouve le premier pont enjambait le Réal grâce à l’affleurement de son soubassement rocheux. La vallée est remplie d’alluvions fluvio-marines qui sont rubéfiées lors du recul de la mer vers le rivage actuel.

5.1.2. La période Tyrrhénienne

Elle se caractérise par deux périodes régressives dont les traces sont invisibles sur le continent et deux transgressifs (Eutyrrhénien et Néotyrrhénien) respectivement à + 22 m et + 7 m n. g.F. qui n’affecte le continent que dans les basses vallées littorales. Les golfes du Néosicilien s’assèchent et deviennent des zones humides. Cette période est responsable des grands bouleversements climatiques sur l’ensemble du globe, elle atteint son maximum autour de 38 000 ans av. J.-C. avec un retrait des océans de plus de 100 m. Le refroidissement entraîne un bouleversement de la végétation et l’érosion devient très importante sur les reliefs. Le Gapeau franchit la vallée des Solliès en diagonale. Il charrie énormément de sédiments et dépose de nombreux cônes de déjection coalescents sur lesquels il avance largement au-dessus du précédent tracé soutendu par le soubassement rocheux de la vallée. Ce remplissage d’alluvions isole le Gapeau surélevé de la Jonquière et le Petit-Réal deux petits cours d’eau drainant le Nord de la vallée et qui butent sur la défluviation.

Les eaux du Gapeau s’infiltrent dans le cordon dunaire et retracent son ancien cours vers Toulon en suivant le tracé actuel du Lambert puis de l’Eygoutier au niveau de La Garde. Il faut savoir qu’au cours du XXe siècle, la plaine de La Garde subira des crues certainement par les débordements du Gapeau ou les infiltrations au travers du cordon de galets comme en témoigne une étude du B.R.G.M. par MOULIN M., GOURCY L en 2006.

topographiesbasgapeaugw

5.1.3. Le dernier régressif du Tardiglaciaire

Lors du réchauffement du climat vers 22 000 ans, le débit des cours d’eau augmente et mobilise beaucoup de matériel grossier. D’importantes masses de sédiments migrent vers le littoral. La charge en matériel grossier favorise le creusement des lits du cours d’eau et l’érosion remonte largement sur l’ensemble des bassins hydrographiques. L’érosion régressive dans le cours moyen et supérieur du Gapeau est marquée par la terrasse basse qui surmonte par endroit le lit mineur de plusieurs mètres. Le nouveau développement de la couverture végétale ralentit la mobilisation de l’érosion des versants ; les cours d’eau mobilisent les anciens dépôts des berges et ils s’encaissent très profondément. La grande plaine de La Garde ne permet pas la mobilisation des sédiments vers la mer ; le Gapeau est dévié vers l’est suite à l’érosion régressive d’un exutoire de trop-plein de la zone de la Castille sur la bordure occidentale de Sauvebonne.
Les débordements de cette zone vers la vallée de Sauvebonne est soulignée par les dépôts de galets dans la zone de la Gensolène à La Crau jusqu’au niveau de la Grillonne. Cet exutoire n’est pas pérenne comme en témoigne le tracé du Gapeau actuel avant sa rencontre avec le Réal Martin. Dans la matrice des alluvions marines précédentes, les galets calcaires, marqueurs des apports du Gapeau, diminuent rapidement du lieu-dit de la Grillonne vers les Mesclans. À ce dernier niveau, les galets sont de 1 à 4 cm et très isolés dans les premiers mètres d’épaisseur des alluvions marines. Les eaux de la zone de la Castille s’écoulent principalement en bordure du Fenouillet et à chaque seuil rocheux le cours d’eau remonte vers le nord pour passer celui-ci. Le seuil entre le mont Redon et le Fenouillet est entaillé par l’érosion régressive puis celui des Sauvans qui capture ainsi les eaux du Gapeau piégées au niveau de la Castille. Le creusement de plusieurs mètres du lit mineur concentre l’érosion vers l’aval, elle est accélérée par l’arrivée de matériel grossier (sables et gros galets roulant sur le fond).
Le Gapeau est capturé par le Réal Martin au niveau du camping du Vert-Gapeau après un tracé dans la plus forte pente et perpendiculaire au Réal Martin. Ce tracé dénonce la rapidité de l’érosion après le passage du seuil des Mesclans.

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5.4. L’évolution de la plaine littorale du Gapeau

La plaine de Sauvebonne est marquée par un fond assez plat avec des pieds de versants mollement arrondis. Cette topographie trahit un passé marin où les diamètres décroissent rapidement depuis le piémont vers le centre de la vallée. Entre les altitudes + 30 m et la confluence. Le long profil d’équilibre du Réal Martin est assez plat alors que celui du Gapeau est très pentu et sur une distance très courte. En aval de la confluence, le cours d’eau est canalisé entre des berges assez abruptes jusqu’au barrage anti-sel ; à ce niveau nous avons une encoche marine de la mer aux environs des + 6 m au Néotyrrhénien et aussi un delta constitué du remaniement des anciennes alluvions marines où se sont implantées des exploitations maraichères. Plus bas en altitude, les zones basses littorales sont cernées par une encoche littorale à + 2 m. Ces zones basses marécageuses sont isolées de la mer par le cordon littoral actuel.
Les agglomérations des Vieux salins et de l’Ayguade, commune d’Hyères, sont disposées de part et d’autre de l’embouchure actuelle du Gapeau. Toutes les zones marécageuses littorales se trouvent coincées entre ce niveau + 2 m du Versilien et le littoral actuel entre La Londe et Carqueiranne.

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6. Les arguments de la capture du Gapeau

Les arguments sont de plusieurs ordres : stratigraphie du Quaternaire, géographiques, sédimentologiques et hydrologiques.

Nous avons vu auparavant l’histoire du Quaternaire récent des bassins versants du Gapeau et du Réal Martin. Elle démontre les relations entre les cours moyens des deux cours d’eau en établissant une chronologie basée sur les dépôts sédimentaires du Quaternaire récent.

6.1. Les arguments géographiques

Le cours moyen du Réal Martin est plus bas d’une bonne dizaine de mètres que le cours moyen du Gapeau au niveau de la vallée de Sauvebonne. Il faut remonter vers Pierrefeu pour approcher les 60 m d’altitude sur le Réal Martin alors qu’à même latitude le Gapeau est à 80 m d’altitude au débouché dans la vallée des Solliès. Le versant est du Gapeau moyen est fermé par les hauteurs des Ruscats et des Pousselons, ce qui l’isole de la vallée de Sauvebonne où coule le Réal Martin. Cette frontière naturelle se poursuit par les Sauvants, le mont Redon et le Fenouillet au niveau de La Crau.

De nombreux pointements rocheux barrent le cours du Gapeau moyen entre La Castille et Sauvebonne, ces 6 seuils rocheux correspondent à des affleurements des lignes de crête des hauteurs des Sauvants, du Collet long et surtout de l’alignement du mont Redon et du Fenouillet qui isolent la bordure occidentale de la plaine de Sauvebonne. Le premier seuil au niveau des Sauvants, long de 150 m en gradins successifs est marqué par un lit majeur large de seulement 200 m qui canalise les eaux vers l’Est. Les suivants en aval de La Crau sont différents, ils obligent le cours d’eau à partir vers le nord. Les seuils sont plus hauts vers le Fenouillet que vers le nord grâce à la géométrie des compartiments structuraux du socle basculés vers le nord et vers l’est. Après le passage du seuil, les eaux reviennent vers le sud puis en direction de l’est. Au niveau des Mesclans, un gué traduit un haut-fond rocheux entre le mont Redon et le Fenouillet sur la bordure occidentale de la plaine de Sauvebonne. Après le seuil, le Gapeau dévale cette zone avec un profil dans la plus forte pente du versant pour rejoindre le Réal Martin. Il existait donc bien une barrière naturelle entre le Gapeau et le Réal Martin, celle-ci barrait l’accès à la plaine de Sauvebonne.

La confluence entre le Gapeau et le Réal Martin se fait sur un fond rocheux orienté nord-sud, le Réal Martin entaille le soubassement rocheux sur un à deux mètres avec un cours assez rectiligne et un profil assez plat. Le lit du Gapeau peu profond vient prendre à l’emporte-pièce le cours du Réal en butant sur cet affleurement rocheux qui lui barre le passage au niveau du camping du vert Gapeau. Cette disposition pose problème lors des crues subites des deux cours d’eau.

L’étude des vallées fluviales entre Les Solliès et les plaines de La Garde et de Sauvebonne confirme le cloisonnement des deux cours d’eau. Les formations alluviales datées Fy (Würm récent) de la carte géologique de Toulon soulignent l’écoulement ancien des eaux du Gapeau depuis la sortie des gorges à Solliès-Pont jusqu’à la position de l’agglomération de Toulon. Le profil d’équilibre du Gapeau confirme une évolution du cours moyen au cours du Quaternaire récent et son détournement vers l’est.

Le creusement du canyon au débouché de la rade de Toulon, orienté nord — sud ne peut pas provenir des petits cours d’eau qui arrivent des hauteurs dominant Toulon. Les cours d’eau ne disposent pas de bassins versants suffisants pour engendrer un tel creusement.

6.2. L’Hydrologie des deux cours d’eau

Le Gapeau possède personnellement un bassin plus vaste que celui du Réal Martin donc ses débits sont largement plus importants et plus pérennes que ceux du Réal. Avant le réaménagement du canal de l’Eygoutier, la vallée de La Garde était souvent inondée par les petits cours d’eau dévalant des hauteurs du Faron et surtout du Coudon. Les infiltrations venant de l’ancien cordon littoral entre La Farlède et La Crau s’ajoutaient aux précédents apports dénonçant l’ancienne dynamique du Gapeau vers Toulon. Des études récentes sur les teneurs en nitrates des eaux de la zone entre La Garde et Le Pradet confirment la circulation des aquifères venants du Nord (zone du Gapeau).

Pour le réseau du bas Gapeau, on a deux particularités qui amplifient les inondations ; la première est la géométrie de la confluence du Gapeau et du Réal Martin. Le profil longitudinal du Réal Martin est plus plat que celui du Gapeau qui dévale de La Crau. La seconde vient du fait que le tracé du Gapeau est perpendiculaire à celui du Réal Martin.

Lors des crues en amont de la confluence, les eaux du Gapeau arrivent avec un débit plus important et une vitesse plus forte à cause de son profil plus pentu que les eaux du Réal, formant ainsi un « bouchon hydraulique » qui refoule les eaux du Réal vers l’amont. Il faut ajouter un aménagement irresponsable au niveau des étangs de Sauvebonne diminuant de plus de la moitié la largeur du lit majeur ; les deux phénomènes provoquent les inondations spectaculaires dans une plaine pourtant très large et à faible pente d’écoulement en amont des étangs de Sauvebonne.

6.3. Les preuves sédimentologiques

Pendant la défluviation du Tardiglaciaire, le matériel calcaire ne se déverse pas dans la plaine de Sauvebonne alors qu’elle constitue un point bas. Les alluvions du Würm récent (Fy = Tardiglaciaire) ne recoupent pas les alluvions rissiennes antérieures au niveau de La Crau, mais se poursuivent vers la plaine basse de La Garde. Par contre au niveau de la Castille, les alluvions Fy montrent que la retenue d’eau est bloquée par les hauteurs des Sauvans au niveau de La Crau.

Sur la rive droite du Gapeau, la large plaine du Plan-du-Pont en aval de la confluence actuelle ne possède pas de galets calcaires en surface ; seul l’empierrement de chemins d’accès montre des galets. On trouve surtout des galets schisteux provenant des Maurettes et des alluvions noirâtres dénonçant une ancienne zone humide. Les galets calcaires sont présents dans le lit mineur du Gapeau au niveau de la confluence puis on ne les retrouve que sur tout le fond du « Gapeau » actuel vers l’aval jusqu’à l’embouchure.

On peut donc noter que seul le Gapeau tapisse les fonds de vallée moyenne avec ses formations de galets et de sable dans la vallée des Solliès. Pour la vallée de Sauvebonne, il y a absence de galets dans les terrasses hautes et basses qu’ils soient schisteux ou calcaires. Les sédiments grossiers siliceux et schisteux se cantonnent sur les piémonts c’est-à-dire sur les rivages de la ria néosicilienne.

7. La capture du Gapeau par le Réal Martin

Elle est récente sur le plan géologique certainement il y a près de 10 000 ans lorsque l’érosion régressive fut maximale avec les fortes précipitations dues au début du réchauffement climatique. Dans un premier temps et en aval des Daix, le Gapeau est dévié vers l’est par un affleurement rocheux qui soutend la route au niveau des Mauniers. L’écoulement du Gapeau se fait alors vers l’est dans la zone basse de la Castille. Certainement que l’apport de ses eaux ajoutées à ceux du Petit Réal et de la Jonquière vont attaquer le seuil des Sauvans. Une fois le verrou sauté, les eaux s’écoulent dans la plaine étroite entre le mont Redon et le Fenouillet principalement sur la bordure sud sans réellement entailler les sédiments antérieurs. Puis l’érosion creuse le lit mineur actuel depuis les Sauvants vers l’aval jusqu’au seuil des Mesclans. Ce dernier cède et donne le passage vers le cours du Réal Martin, une dizaine de mètres en contrebas. L’érosion devient alors très active dans le lit mineur donnant le profil d’équilibre actuel du Gapeau. Ces passages sur les zones basses des seuils vont réguler l’érosion en amont de celui des Mesclans, mais accélérer le tracé en avant de ce dernier. Le Gapeau s’incurve alors vers l’aval au niveau de la confluence formant un cône de déjection encombré de galets.

Il résulte que le Gapeau coule à partir du camping du Vert-Gapeau dans l’ancien lit du Réal Martin dans la basse vallée de Sauvebonne vers le canyon sous-marin entre les Maures et les îles d’Hyères.
Faut-il changer le schéma du bassin et nommer gagnant le Réal Martin à l’embouchure ? Je pense qu’il serait plus judicieux de régler les problèmes des inondations de la basse vallée de Sauvebonne que de rebaptiser le cours inférieur de cette zone.

A. Zarzoso

 

Lexique :

1 - Un poljé ; terme yougoslave, dépression généralement structurale et de grande taille puis de dissolution dans une formation calcaire. Lorsqu’elle ne dépasse pas quelques dizaines de mètres, on parle de doline.
2 - Un ponor, ;terme yougoslave, cavité dans laquelle disparaissent des eaux de surface d’un poljé ; en provençal on parle de « perte ». C’est l’inverse d’une résurgence.
3 - Un aven est aussi une perte, mais généralement il draine les eaux de ruissellement sur des surfaces assez limitées comme les ravins.

 

Bibliographie :

BONIFAY E. (1973) — Le Quaternaire : géodynamique, stratigraphie et environnement. — IXe congrès international INQUA (Christchurch 1973), pages 137 à 141.

BONIFAY E. (1975) – L’« Ère quaternaire » : définition, limites et subdivisions sur la base de la chronologie méditerranéenne. — Bull. Soc. Géol. (France), (7), XVII, n° 3, p. 380-393.

BURGEAP (1994) – Protection de la nappe alluviale du Bas-Gapeau vis-à-vis d’intrusions salines. Rapport R/Av.336.

MOULIN M., GOURCY L (2006) — Plaines de Bas-Gapeau et de l’Eygoutier (Département du Var) : Contribution à la détermination de l’origine des contaminations nitratées des eaux souterraines par l’approche hydrochimique ; Rapport final BRGM/RP – 54 515 — FR, janvier 2006. 100 pages ; 36 illustrations.

ZARZOSO A. (1976) — Évolution du littoral niçois : sédimentologie littorale, Quaternaire sous-marin. Thèse 3e cycle (Université de Nice). 183 p., 142 fig., 2 tableaux hors texte.

ZARZOSO A. (1982) — Hydrodynamique de la lagune de Moulay Bou Selham (merja zerga – Maroc atlantique). Travaux et Documents I.S.P.M. (Casablanca), n° 36 – 14 p., 7 fig., 3 planches hors texte.

ZARZOSO A. (1987) — Le Plio-Quaternaire du Haut-Rharb dans le contexte rifain. Évolution géodynamique dans le cadre néotectonique du Maroc septentrional. 246 p., 62 fig., 15 annexes, 15 tableaux.

Canal du Sarraire. Solliès-Pont

Le canal traverse sous la voie ferrée.

 

Rapport du 22 août 1741 de J. A. Floquet et homologué
par décret du 14 décembre 1742 du Parlement de Provence

Rapporteur Sr Villeneuve d’Ansouis, conseiller à la Cour

 

CANAL DE LA TOUR OU DE SARRAIRE :
(Folio 68)
… la largeur à l’entrée est de 12 pans 1 pouce un peu plus, à 7 ou 8 pans plus loin à partir de l’angle en bâtisse cette largeur n’est plus que de 10 pans environs. À 4 cannes 6 pans après, c’est à dire à l’endroit ou finit la partie voûtée de ce canal, cette largeur est réduite à 6 pans 1 pouce. La longueur totale voûtée du canal de Sarraire à partir de l’angle en bâtisse serait donc de 4 cannes 12 ou 13 pans. De 40 à 50 cannes après le canal n’à plus que 4 pans ¾ de largeur et à l’endroit ou il cesse d’être formé par des murs et où il est traversé obliquement par un ponceau, il a 5 pans ½ de large.

(Folios 5 et 78)

… à 118 cannes de l’angle en bâtisse est situé la première martellière Sénès, qui a près de 5 pans de large.

 

CONVERSION DES MESURES ANCIENNES EN MESURES MÉTRIQUES
Les experts ont recueilli au Musée Arbaud, 2A, rue du 4 septembre à Aix-en-Provence, les renseignements suivants extraits d’un livre intitulé : 
Tableau comparatif des mesures anciennes du département des Bouches-du-Rhône avec les poids et mesures républicains, par le citoyen Nicolas, professeur de Mathématiques, édité à Aix-en-Provence en l’imprimerie de Veuve Audibert, vis-à-vis le Collège, an ..x..
La canne d’Aix vaut = 1,988655 m
Le pan = 0,2486 m
La toise = 1,949036 m
Le pied = 0,3248 m
Le pouce = 0,0270 m
La ligne = 0,0023 m
La canne vaut 8 pans ou 6 pieds, 1 pouce ½
Le pied vaut 12 pouces
Le pouce vaut 12 lignes.

Canal d'arrosage des Trois-Pierres

 

Dossier déposé à l’enquête reçu par M. Bonnefoi, adjoint au maire de Solliès-Toucas,
en vertu de l’arrêté de M. le préfet du Var du 4 septembre 1858.

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Prise du canal des Trois-Pierres sur le canal des Laugiers. (Cette prise est aujourd'hui souterraine.)

Date de création de l’Association Syndicale Autorisée des Trois-Pierres : 26 décembre 1859.
Surface totale arrosable : 48 ha 05 a 75 ca.
Nombre d‘arrosants : 71 en 1858.
Longueur des canaux : 1300 m.
Débit en litre/seconde ! 111,60 l/s.
Débit par seconde à l’hectare : 2,72 litre/seconde/ha.

 

Canal des Trois Pierres Solliès-Pont

Dérivation d'un canal secondaire.

Barrage anti-sel à Hyères

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 BASSE VALLÉE DU GAPEAU

PLAINE D'HYÈRES

Contexte hydrogéologique*

La nappe des alluvions de la plaine d'Hyères est sollicitée pour l'irrigation des cultures maraîchères de la plaine. Pour l'alimentation en eau potable de la ville d'Hyères, la nappe est également sollicitée en deux points : à Moulin Premier (RN98) et au Père Éternel (600 mètres au SW).
Une nette tendance au déséquilibre entre alimentation et prélèvement se manifeste dès que la valeur annuelle des précipitations descend au-dessous d'un certain seuil, ce qui se traduit alors par des évolutions de salure, au voisinage de l'embouchure du Gapeau et de la rivière du Ceinturon, et également, mais plus faiblement, dans le secteur au sud de Notre-Dame-du-Plan.
Un barrage anti-sel a été établi sur le Gapeau, surmonté récemment par une « digue gonflable » pouvant s'effacer pour laisser passer les crues ; il maintient en amont la nappe en charge et empêche la remontée du biseau salé.
À l'étiage la nappe est déprimée, au voisinage ou en-dessous de la côte 0, au droit des stations de pompage alimentant la ville d'Hyères (-6 à Moulin Premier en octobre 1967, -2 au Père Éternel).

*Données sur l'hydrogéologie de la basse vallée du Gapeau et de la plaine d'Hyères. Bulletin du B.R.G.M. 2° série, n° 2, 1971.

 

L'intérêt de la surveillance de l'évolution de la nappe est donc évident
De plus un contentieux oppose le syndicat des agriculteurs utilisant la nappe et la Société des eaux exploitante.

Deux limnigraphes ont été installés, un dans le secteur sensible de Notre-Dame du Plan, l'autre au voisinage de la station de pompage du Père Éternel (La Cambaronne).

RÉSULTATS
- Puits Notre-Dame du Plan (aval)
La dépression en période estivale a été nettement inférieure à celle de l'année 1972 (- 0,40 au lieu de + 0,40) mais les précipitations de septembren et surtout celles d'octobre 1973 ont très rapidement fait remonter la nappe à + 1,75).
- Puits de la Cambaronne (amont)
Le puits s'est tari en août et septembre 1973 : le fond est à + 0,05. La nappe a donc été déprimée à une cote négative, alors qu'en 1972 on était resté à une cote légèrement positive (+ 0,10). Jusqu'en octobre 1973 la pluviosité a été déficitaire par rapport à 1972 et les prélèvements ont été plus importants.
Les précipitations de novembre ont fait remonter la nappe à la cote + 1,80 mais celles de décembre n'ont pas permis de retrouver la cote de janvier 1973 (+ 3,20).
Une remontée du biseau salé s'est donc certainement produite à la fin de septembre, à l'aval de Notre-Dame du Plan.
Total des précipitations annuelles 1972 : 1 025,2 mm - 1973 : 667,6 mm
Prélèvements de la Compagnie générale des eaux, volumes annuels :
- Père Éternel 1972 : 1 566 439 m3 - 1973 : 1 642 047 m3
- Golf Hôtel 1972 : 2 854 190 m3 - 1973 : 3 021 470 m3
Volumes de pointe :

- Père Éternel juillet 1972 : 153 827 m3 - septembre 1973 169 641 m3
- Golf Hôtel juillet 1972 : 305 700 m3 - juin 1973 373 930 m3

Le boudin

Le « boudin » de la digue gonflé, vue panoramique.

 

Canal de la Ferrage

Canal de la Ferrage. Solliès-Pont
Canal de la Ferrage. Solliès-Pont

Le canal au Logis-Neuf. (Photos 2014).

Canal de la Nerthe (ou des Carcès)

Le canal et le moulin de la Nerte Dessin
13 mai 1946
Lettre adressé à maître Bresson
Cahier de 198 pages, de brouillon de lettres du syndicat des Sauvans et Penchiers
tenu du 16 novembre 1936 au 30 août 1948

Voici ce que je sais du canal de la Nerthe, d’après le rapport Floquet :
La Nerthe était une herbe qui servait à habiller les peaux. Le moulin de la Nerthe devait être probablement une tannerie. En se reportant au croquis ci-contre et d’après le rapport Floquet, je crois que les bards servaient de barrage pour actionner la chute de la Nerthe. Et pour donner de l’eau au canal de Beaulieu Floquet a fait de nombreuses expériences.

En relevant les bards, au lieu d’augmenter la hauteur de la chute il déviait une plus grande quantité d’eau dans le canal de la Tour et faisait boucher les moulins de la Place. En abaissant les bards il diminuait la hauteur de chute de la Nerthe, mais augmentait son débit, diminuait le débit de la Tour, et dégageait la chute de la Place. Il a conclu que le dessus des bards devait se trouver au niveau d’un caillou repère, minutieusement décrit et rattaché par nivellement au 1er seuil de la Tour a 118 cannes plus loin.

Le canal de la Nerthe n’a que 12 cannes de long. Le moulin de Beaulieu se trouve sur le canal de la Tour a 1 km des bards. Floquet avait surtout en vue, à mon avis, le fonctionnement des moulins de la Nerthe, aux frères Blin, et du moulin de Beaulieu au commandeur d’Artuard de Murs. Les frais du rapport Floquet ont été à la charge de la Tour, qui n’avait pas accepté le rapport Cundier de 1740.

Le canal et le moulin de la Nerte
Vers l’amont : arrivée des eaux dans les Carcés.
(Photo H.J. Bagarry ; du 17 septembre 1955.)
Le canal et le moulin de la Nerte
Vers l’aval : entrée du canal de la Nerte avec les bards, au fond, débouché sur le Gapeau. À gauche départ du canal du Sarraire et de la Tour. 
(Photo H.J. Bagarry ; du 17 septembre 1955.)

Les bards étaient le régulateur de la Nerthe et servaient a partager les eaux entre la Nerthe et Beaulieu.

Vous en tirerez les conséquences.Les intérêts des Sauvans étaient liés à ceux des frères Blin de la Nerthe, tandis que la Tour était solidaire du moulin de Beaulieu. Les moulins de la Nerthe et de Beaulieu ont disparu il ne reste que les arrosants de la Tour et ceux des Sauvans. Nous ignorons totalement depuis quand et comment les bards se trouvent dans leur position actuelle. J’ai prétendu que l’an dernier les bards n’ayant pas déversé, il y avait quelque chose d’anormal.

Je joins à ma lettre les copies :
- du jugement préparatoire de 1842, dont j’ai retrouvé la minute ;
- de la visite des lieux par l’expert.
Ce dernier document est introuvable au greffe.

Vous verrez quelle est la valeur de ces documents et vous nous donnerez votre avis sur la meilleure façon d’engager l’affaire.

Veuillez croire, mon cher maître à mes meilleurs et bien dévoués sentiments.

Clément.

Canaux et irrigations

 

Les documents que j’ai consultés sur Solliès m’ont, depuis longtemps fait revenir de l’opinion généralement répandue, ici comme ailleurs, suivant laquelle les dérivations des cours d’eau auraient été faites en vue de l’agriculture. Ces documents m’ont en effet révélé l’existence de plusieurs moulins, à farine ou à foulon, au temps des « de Soleriis » ou de leurs successeurs immédiats, à une époque où la culture maraîchère était assurément moins développée qu’aujourd’hui, où le commerce des primeurs ne pouvait guère être soupçonné de nos aïeux.

Tout dernièrement je lisais dans les minutes de Me Mazan (étude Hammer) les conditions très précaires dans lesquelles le quartier [?] a été admis à se servir, pour l’irrigation du très ancien béal de Beaulieu quelques années avant la Révolution [?] ; le moulin de Beaulieu ne fonctionnait plus à cette époque. Ces données concordent avec les documents relevés par Mr Mireur, dans sa notice sur « Le canal et les irrigations de Draguignan » (Draguignan, Latil, 1905). Pour ce qui demeure de conjectural, ses suppositions touchant la destination primitive de la généralité des anciennes canalisations sont des plus vraisemblables
Cependant, à une époque antérieure au moyen âge, ne peut-on pas admettre que des canaux aient pu être construits, sur divers points, à des fins autres que le service des usines ? Je me le demande, en ce qui concerne Solliès, à propos du canal, existant encore en partie, d’origine romaine, semble-t-il, qui capte la source dite la Font du Ton(1) (à 200 mètres environ en amont des Toucas). Le canal est, sur quelques points creusé dans le roc, ailleurs construit avec un béton de chaux et de brique concassée, semblable à celui que j’ai vu prés de Cimiez. Les vestiges les plus éloignés de la source que j’ai pu relever se trouvent à une centaine de mètres du cimetière de Solliès-Pont : ici encore le vulgaire croit se trouver en présence d’une création de la reine Jeanne. Le canal n’a guère qu’une largeur de 40 centimètres environ, chiffre approximatif donné de mémoire. À mi-chemin de Solliès-Pont, il fait mouvoir un moulin à huile, le moulin dit des Rainauds ayant appartenu à la Communauté  ; mais il ne l’actionne que par le moyen d’une chute, la fuite alimentant un canal construit en contrebas et ne servant qu’à l’irrigation des terres avoisinantes. Pour faire mouvoir des engins à Solliès-Pont, où la forte déclivité du terrain a permis de multiplier les écluses, nul besoin n’était d’amener les eaux des Toucas. Cette eau aurait-elle été captée pour l’alimentation ?
L’importance probablement minime de la population rend l’hypothèse peu vraisemblable. Peut-être faut-il tout simplement penser que les établissements d’autrefois étaient loin de réclamer la force motrice que l’industrie a exigée dans la suite. Au début tout au moins du XVIe siècle, au-dessus du pont de Solliès, vers la montée de Ville, il existait un certain nombre de tanneries sur un point où le canal du Ton aurait pu avoir son prolongement.
Frédéric Dollieule, août 1907.

 

 

Histoires locales de Solliès

 

[?]u coteau appelé picarlé coteau [?] outre d’où lui est venu le nom [?]arlé, l’on voit des ruines d’un ancien [?]. Il serait à souhaiter que l’administration (emp]èche l’entière destruction : Plusieurs [pro]priétaires se sont débarrassés de ces massifs antiques comme de roches inutiles.
On en voit encore en trois endroits différents entre le cimetière de Solliès pont et le hameau des Aiguiers, du coté de ce cimetière on trouve les deux bases d’une arcade. En voici à peu près les dimensions. Epaisseur 1m,25, diamètre de l’arceau 2 mètres, hauteur qu’on doit lui supposer le canal compris 4 mètres. En suivant le chemin où sont ces ruines en allant vers le hameau, on trouve bientôt à gauche un mur composé de petites pierres carrées liées par un mortier indélébile portant tous les caractères de la bâtisse romaine. À cent pas de là on voit un autre mur de la même qualité dans lequel on voit la profondeur et à peu près la largeur du canal. Le peuple ignorant dit que c’est l’ouvrage de la Reine Jeanne pour conduire le[s] eaux de la source du Ton au château de [Ta]magnon.

Jean-Baptiste, Victor Davin, curé de Solliès-Pont (1841-1867).

 

D’après M. Apollinaire Simon (le menuisier) les vestiges du canal se voient au chemin des Aiguiers allant aux Toucas, à droite en allant près un four à plâtre. Ce serait en amont des 3 vestiges relevés par Mr Davin et du même canal qui était bien de construction romaine. Les eaux ont été conduites plus tard à Tamagnon par un tuyautage en poterie qui a été retrouvé en partie près de Picarlet.
Le cimetière actuel a été ouvert le 8 avril 1838, le quartier où il a été établi est appelé dans les délibérations le 6 mai 1832, le quartier Saint-Antoine (D’après M. Simon, le cimetière aurait été ouvert bien avant 1838, vers 1835  ; ce quartier ne serait nullement celui de Saint-Antoine qu’est au-dessus du chalet Chritien par-dessus la grand route à 300 m environ en aval de Solliès-Pont.

Frédéric Dollieule.

D’après Paulin Simon, aux Gavots, quartier dépendant des Toucas, près des Aiguiers, non loin de la Plâtrière de M. de Saporta se trouvent les restes d’un canal creusé dans le roc sur une longueur de 50 centimètres ; le reste a quelques mètres en béton : la direction est des Toucas vers Solliès-Pont. - j’ai vu le 10 8bre [18]88 ces restes : Le canal creusé dans le roc a une largeur de [?] ; les rebords ont [?] de hauteur  ; la longueur est de [?] ; plus loin se trouve la continuation en béton. La pente est vers [?] ; ces débris se trouvent sur le chemin des Aiguiers à Solliès-Ville, sur la nouvelle ouverture de la plâtrière, carrière de plâtre achetée par M. de Saporta, aux Aiguiers.
À la bifurcation du chemin de Ville et de celui des Toucas, au Pont une croix de bois portant la date gravée : 1787.
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La croix de bois.

Sous terre dans la même direction près du cimetière on a trouvé de très anciens tuyaux en poterie : d’après Paulin Simon se sont ces tuyaux qui conduisaient les eaux de la fontaine du Ton à Tamagnon  ; le canal conduisait les eaux à Pomponiana. Il a vu cela dans un annuaire du Var remontant environ à 1830 ; quelques mots seulement.

Frédéric Dollieule.

En août [18]90, j’ai retrouvé les traces de l’ancien canal creusé dans le roc ou fait avec du tuileau, dans le canal actuel venant du Ton et du ruisseau de Valaurie : au-dessus de Rainaud, au quartier de Rainaud, en face du moulin se trouve actuellement une branche par laquelle l’eau du Ton passe le plus habituellement pour desservir le moulin d’abord (l’hiver, pour la fabrication de l’huile) et le dessous de la côte. Autrefois très probablement la branche mère devait avoir plus d’importance et porter les eaux jusqu’aux Aiguiers et à Picarlet où j’ai retrouvé les restes du canal. Actuellement l’eau du Ton n’arrive plus dans le canal dit encore du Ton (mais plus souvent de Valaurie) : l’eau est conduite aux Toucas en petite partie pour les fontaines et en plus grande partie pour les arrosages : l’eau qui alimente ce canal est fournie par le ruisseau de Valaurie et par celui du Vallon des Andourins.

Frédéric Dollieule, août 1890.

 

 

Canal de la Font du Ton
allant à Hyères ou à Tamagnon

Canal de la Fon du Ton

Les terrains (le sol exhaussé) dans lequel se retrouvent les vestiges ci-dessous ont été profondément modifiés par les masses de terre entraînées des collines par les eaux.

Frédéric Dollieule.

  A - Fragment de canal creusé dans le roc au quartier des Gavots sur la 2e galerie de la carrière de plâtre de M. de Saporta et en contrebas et à gauche de Solliès-Ville aux Toucas : ce fragment mesure [?],[?] en longueur, [?],[?] en largeur et [?],[?] en profondeur. 8 à 10 mètres plus bas se trouve la continuation du canal, mais en béton.

  B - Au quartier des Aiguiers près du puits communal, dans la propriété de M. Jean, Joseph Aiguier, canal en béton coupé par un puits, 1,25 m sous terre. Toujours sur la droite de la route.

  C - Au même quartier des Aiguiers, 70 mètres plus loin, au-dessus de la fontaine du hameau se vois la moitié d’un arc qui devait porter le canal et immédiatement après un mur ou l’on voit la profondeur et à peu près la largeur du canal.

  D - À 150 mètres plus loin, toujours sur la droite de la route, dans la propriété de M. Guilas perruquier, se voit un mur de petites pierres de 12 à 15 cm de côté, coudé mesurant 8 mètres en longueur et environ 1,50 m en hauteur. Ce mur certainement très ancien semblait destiné à soutenir le canal. Il est bien bâti, avec un mortier très dur.

  E - 60 mètres plus loin, dans la propriété qui touche celle de M. Guilas, M. Pin a trouvé récemment enfoui sous terre, à 35 mètres environ de la route et à 15 au-dessus de sa bastide le canal en béton. Il était en terre à une profondeur de 75 centimètres environ.

  F - 240 mètres plus loin, sur la droite de la route et suit la route même, contre le ravin qui la côtoie se voient les bases d’un pont qui pouvait servir d’aqueduc et avoir sa raison d’être dans un ravin qui coupait l’aqueduc. Ce pont a une largeur ou épaisseur d’1,30 m et une ouverture de 3 mètres. Le diamètre était aussi le rayon soit 1,50 m une base a 2,35 m de longueur ; l’autre est moins longue. Les fondements, qui ont été déchaussés par les eaux du ravin sont de 35 à 45 cm seulement. Les pierres sont hautes de 12 cm environ et de longueur inégale.

  G - À 120 mètres plus loin, sur l’embranchement du chemin de Solliès-Pont à celui de Solliès-Ville, à gauche, au-dessus de la croix de fer qui se trouve près du cimetière, à la hauteur du haut du piédestal on voit l’assiette du canal qui sort sur ce point de macadam à la route. En agrandissement de cet embranchement en octobre 1888 on a enlevé en partie ces vestiges ; mais on les voit encore.
Dans la propriété qui surplombe l’embranchement et à laquelle est adossée la croix se voient un grand nombre de débris du canal en béton avec du tuf. J’ai recueilli un échantillon de ce tuf de 7 centimètres d’épaisseur, épaisseur de la couche de tuf.

Canal d'arrosage des Aiguiers

D’après M. Simon l’eau de la fontaine du Ton aurait été conduite au château de Tamagnon, au moyen âge non pas par un canal mais par un tuyautage souterrain, en tuyaux de poterie dont plusieurs ont été retrouvés à Picarlet, garnis de tuf à l’intérieur. D’après la tradition la châtelaine de Tamagnon aurait dit alors que l’eau commençait à venir mais péniblement : Malgré Dieu et les hommes l’eau de la font du Ton arrivera à Tamagnon : a l’instant l’eau s’arrêta, elle n’a plus coulé. D’après Misé Pey et Virginie se serait la reine Jeanne qui aurait jeté ce défi au Ciel.
Rechercher article sur ce canal dans l’annuaire du Var, vers 1831 - voir Denis 396 - Le 20 8bre [18]88 j’ai parcouru avec Paulin Simon les vestiges du canal qui aurait été construit par les Romains pour conduire l’eau de la fontaine du Ton à Pomponiana. On en trouve les fragments suivants en allant des Toucas à Solliès-Pont :

- 1° Un fragment du canal creusé dans le roc, sur le chemin des Toucas à Solliès-Ville, au quartier des Gavots, sur la nouvelle ouverture de la carrière de plâtre de M. de Saporta : le canal a [?],[?] en longueur, [?],[?] en largeur, [?],[?] en hauteur ou profondeur. Dix mètres plus loin on retrouve le même canal fait en béton : la pente est dirigée vers Solliès.
- 2° Au quartier des Aiguiers près du puits communal, dans la propriété de M. Jean, Joseph Aiguier, dit l’Espagnol, celui-ci a trouvé et coupé le même canal en béton, le tout enfoui sous terre, à une profondeur d’1 m 25, en creusant un puits. Le canal mesure intérieurement 38 centimètres de largeur et 40 centimètres de hauteur. Le fond de la cuvette du canal est revêtu d’une couche de tuf d’environ 2 centimètres d’épaisseur, dont j’ai pris échantillon.
- 3° Au même quartier, 70 mètres plus loin sur la droite du chemin, au-dessus de la fontaine se voient la cuvette du même canal recouverte de tuf et plus près un demi-arceau qui devait porter le canal. L’arceau devait mesurer 2 mètres de corde, la ½ de l’arceau a 1 m d’ouverture : il part du sol.
- 4° Sur le même chemin, à droite en allant au cimetière, 400 mètres environ avant le cimetière, dans la propriété de M. [?]. A 5 à 10 mètres de la route un mur dispose de petites pierres carrées liées par un mortier très dur, probablement le mur dont parle M. Davin. Ce mur a environ 10 à 12 mètres de long.
- 5° À gauche du chemin, en contre bas, à [?] du cimetière, dans la propriété [?], les 2 bases d’une arcade.

Frédéric Dollieule

PriseCanalReynaudsAiguiersGW
Prise du canal des Reynauds et des Aiguiers, dans le vallon de Vallaury.

 

 

Statuts du canal d'arrosage des Aiguiers

Règlement du syndicat du canal d'arrosage des quartiers des Reynauds et des Aiguiers dérive du Vallon de Vallaury
Draguignan - 11 avril 1859, préfecture du département du Var

Règlement pour la réorganisation du Syndicat du Canal d'arrosage des quartiers des Reynauds et des Aiguiers
dérivé du Vallon de Vallaury.

Nous Préfet du Var.
Vu la demande etc... etc. (sic)
Arrêtons :

Article premier :

Le Canal du quartier des Reynauds et des Aiguiers et les embranchements sont soumis aux dispositions réglementaires suivantes :

Titre 1er du Syndicat

Article II
Les usagers des eaux des canaux ci-dessus désignés sont réunis en association syndicale sous le contrôle et la surveillance de l'administration :
-  1° pour le curage, le faucardement et l'entretien de ces cours d'eau ;

-  2° pour les élargissements, rectifications partielles, travaux quelconques de réparations qu'il serait jugé utiles d'y exécuter.

Article III
L'association est administrée par un syndicat composé d'un directeur et de quatre membres, l'un et l'autre choisis par le Préfet ; quatre sont pris parmi les propriétaires ou locataires des terrains arrosés par le canal en nombre égal dans chacune des deux communes riveraines ; le cinquième est toujours au choix du préfet, le propriétaire ou le locataire du moulin des Reynauds, le Préfet nomme, ou entre dans chacune des deux premières catégories un syndic suppléant qui siège lorsque l'un des syndics titulaires de la catégorie correspondante vient à s'absenter. Le directeur est choisi parmi les syndics de la commune de Solliès-Toucas.
Article IV
Les fonctions du directeur et des syndics dureront 6 ans. Cependant à la fin de la 2e et de la 4e année, on renouvellera deux des syndics faisant partie du syndicat primitif. Les syndics sortant seront désignés par le sort. Les syndics sortant peuvent être renommés. Ils continuent leurs fonctions jusqu'à leur remplacement.
Les syndics renommés doivent appartenir à la même catégorie d'intéressés que les syndics auxquels ils succèdent.
Article V
Tout membre qui, sans motifs légitimes, aura manqué à trois réunions consécutives, pourra être déclaré démissionnaire par le Préfet. Il en sera de même de tout membre qui aura cessé de satisfaire aux conditions d'aptitude qu'il remplissait lors de sa nomination. Dans le cas où l'un des syndics, soit titulaire, soit suppléant, serait démissionnaire ou viendrait à décéder, le Préfet pourvoira immédiatement à son remplacement. Les fonctions du syndic ainsi nommé ne durent que pendant le temps pendant lequel le membre remplacé serait resté en fonction.
Article VI
Le directeur est chargé de la surveillance générale des intérêts de la communauté et de la conservation des plans, registres et autres papiers relatifs à l'administration des travaux.
Après autorisation du syndicat, il représente l'association en justice tant en demandant qu'en défendant. En cas d'empêchement, le directeur est remplacé par le plus âgé des membres du syndicat.
Le syndicat élit un secrétaire parmi les membres.
Article VII
Le syndicat fixe le lieu de ses réunions.
Il se réunit toutes les fois que les besoins du service l'exigent, et une fois au moins tous les trois mois.
Les réunions extraordinaires ont lieu, soit en vertu de l'initiative du directeur, soit sur la demande des deux syndics, soit sur l'invitation directe du Préfet.
Article VIII
Les délibérations sont prises à la majorité des voix des membres présents. En cas de partage, la voix du président est prépondérante.
Les délibérations du syndicat seront valables lorsque tous les membres ayant été convoqués par lettre à domicile, les deux tiers au moins y auront pris part. Néanmoins lorsque après deux convocations faites à 15 jours d'intervalle et dûment constatées sur le registre des délibérations les syndics ne se sont pas réunis en nombre suffisant, la délibération prise après la troisième convocation est valable quel que soit le nombre de membres présents.
Les délibérations seront inscrites par ordre de date sur un registre côté et paraphé par le président. Elles seront signées de tous les membres présents à la séance ou mention faite des motifs qui les auront empêchés de signés.
Dans tous les cas les délibérations du syndicat ne peuvent être exécutées qu'après l'approbation du Préfet. Tous les intéressés ont droit de prendre communication de ces délibérations.
Article IX
Le syndicat a pour mission d'adresser au Préfet des propositions pour tout ce qui concerne la nomination et le traitement des agents chargés de la rédaction des projets, de l'exécution, de la surveillance des travaux et de la police des cours d'eau ;
De faire rédiger les projets, de les discuter et de proposer le mode à suivre pour l'exécution des travaux ;
De poursuivre s'il y a lieu, l'expropriation des terrains nécessaires pour l'exécution des projets d'amélioration, après l'accomplissement des formalités indiquées à l'article XXXI ;
De concourir aux mesures nécessaires pour passer les marchés en adjudications ;
De surveiller l'exécution des travaux ;
De dresser le tableau de la répartition des dépenses entre les divers intéressés, conformément à ce qui est prescrit aux titres IV et V du présent règlement ;
De préparer les budgets annuels ;
De délibérer sur les emprunts qui peuvent être nécessaires à l'association, l'approbation de l'autorité supérieure sera nécessaire lorsque la totalité des emprunts contractés par l'association se trouvera portée à plus de 3000 f. Les emprunts sont autorisés par le Préfet et sont contractés par le directeur au nom de l'association ; l'approbation de l'autorité supérieure sera néanmoins nécessaire ;
De vérifier le compte administratif du directeur, ainsi que la comptabilité du percepteur ;
De veiller à ce que les conditions imposées à tous les établissements de barrages ou de prises d'eau soient strictement observées, de provoquer au besoin la répression des infractions aux lois et règlement qui régissent les cours d'eau en général et au présent règlement en particulier, de proposer au Préfet un projet de règlement des eaux avant la fin de la présente année.
De donner son avis sur tous les intérêts de la communauté, lorsqu'il est consulté par l'administration et de proposer tout ce qu'il croit utile à l'association.
Dans le cas où le syndicat ne remplirait pas les fonctions qui lui sont attribuées, le Préfet, après mise en demeure régulière pourra y suppléer en déléguant à cet effet tel agent qu'il jugera convenable.

Titre II du syndicat

Curages ordinaires et extraordinaires et faucardements exécution et paiement des travaux

Article X
Il sera fait tous les ans du 1er octobre au 1er avril: un curage à vieux fonds et vieux bords des cours d'eau désignés en l'article I. Indépendamment de ces curages périodiques, le Préfet pourra, sur la proposition du syndicat et l'avis des ingénieurs, en ordonner d'extraordinaires sur les portions des cours d'eau soumis au présent règlement qui seront jugées en avoir besoin.
Article XI
Le curage comprendra les travaux nécessaires pour ramener les cours d'eau à leur largeur naturelle. Ces largeurs pour les différentes parties des cours d'eau et les dimensions des digues, partent où il sera nécessaire d'en établir, seront reconnues et constatés par un arrêté du Préfet, après enquête de 15 jours dans chacune des communes intéressées sur la proposition des ingénieurs, l'avis du syndicat et du sous-préfet.
Article XII
Outre les opérations de curages ; un faucardement général sera fait une fois tous les ans et plus souvent si cela est nécessaire.
Article XIII
Des arrêtés du sous-préfet rendus sur la proposition du syndicat, déterminerait, tous les ans, les époques précises du commencement et du terme des opérations de curage et de faucardement, tant ordinaire, qu'extraordinaire.
Article XIV
Les travaux seront faits à l'entreprise ou par les intéressés.
Article XV

Les projets des travaux à exécuter seront rédigés par les agents que désignera le syndicat, ils seront soumis à son examen et à l'approbation du Préfet.

Article XVI
Les vases, déblais et matières quelconques provenant du curage opéré dans la moitié de la longueur du lit seront jetés sur la rives des mêmes côtés, à un mètre au moins de distance des bords, de manière qu'ils ne puissent pas retomber dans le lit, tout en causant le moins de préjudice possible aux propriétaires riverains. Ces vases et ces déblais seront employés à recharger les berges partout où cela sera reconnu nécessaire, pour leur donner les dimensions fixées comme il est dit à l'article XI. Les riverains ne pourront disposer pour d'autres usages que la quantité surabondante et ils seront tenus d'opérer l'enlèvement des vases dès qu'elles auront acquis une consistance suffisante. Toute personne qui rejettera ou fera rejeter dans le lit les terres et les immondices qui en auront été retirés sera poursuivie par les voies de Droit. Un nouveau curage pourra même être ordonné administrativement aux frais du contrevenant.
Article XVII
Les riverains seront tenus d'enlever et de recéper tous les arbres, buissons, branches et souches qui formeront saillie sur la ligne des berges et tous ceux qui, en baignant dans les eaux, nuiraient à leur écoulement.
Article XVIII
Les travaux seront surveillés par les membres du syndicat, le maire, l'agent chargé de l'exécution des projets et les gardes-rivière.
Ils seront reçus par deux membres désignes par le syndicat, accompagnés de l'agent dont il vient d'être parlé.
Article XIX
Les travaux d'urgence pourront être exécutés immédiatement et d'office par ordre du directeur, qui sera tenu d'en rendre compte sans retard au Préfet. Ce magistrat pourra suspendre l'exécution de ces travaux après avoir pris l'avis des Ingénieurs et du syndicat ; a défaut du directeur, le Préfet pourra faire constater l'urgence des travaux et en ordonner l'exécution sur l'avis des Ingénieurs.
Article XX
Les paiements d'acompte pour les travaux seront effectués en vertu du mandat du directeur, d'après les états de situation dressés par les gens de l'art chargés de l'exécution des travaux, et visé par le syndic chargé de la surveillance des travaux. Pour les paiements définitifs, il sera produit, en outre, un procès-verbal de réception dressé conformément aux dispositions de l'article XVIII. A défaut du directeur, le Préfet pourra délivrer des mandats d'après les états de situation pour le paiement des dépenses faites d'office, conformément à ses ordres.

Titre III

Police des cours d'eau - Gardes-Rivières
Prescriptions diverses

Article XXI
Aucune construction nouvelle ou reconstruction ne pourra être faite au-dessus des cours d'eau ; ou les joignant qu'en vertu d'une autorisation donnée sur l'avis du syndicat, par le Préfet qui pourra déléguer le sous-préfet ou le maire de la commune. >
Cette autorisation sera également nécessaire pour planter des pieux dans les cours d'eau, établir des batardeaux ou barrages provisoires, poser des chaînes ou faire toute autre entreprise sur les cours d'eau ou les joignant.
Article XXII
Aucun moulin ou barrage, aucune usine ne pourront être établis, aucune réparation aux vannes de décharge, et autres ouvrages régulateurs des usines portant barrage, ne pourra avoir lieu sans une autorisation donnée par le Préfet.
Article XXIII
Les déversoirs et vannes de décharge seront toujours entretenus libres, et il est expressément défendu d'y placer aucune hausse.
A défaut de titre réglementaire qui fixe les hauteurs légales de la retenue les eaux ne pourront pas dépasser le dessus du déversoir de décharge le moins élevé, s'il n'existe pas de déversoir. Les usiniers seront responsables de la surélévation des eaux tant que les vannes de décharge ne seront pas levées à toute hauteur.
Article XXIV
Il est fait défense expresse aux propriétaires riverains de pratiquer dans les berges des coupures ou autres moyens de dérivation, ou prise d'eau quelconque sans avoir obtenu l'autorisation du Préfet. Les prises d'eau naturelles qui ne seraient pas régulièrement autorisées et dont la conservation serait nuisible, devront être fermées de manière à intercepter toute filtration.
Article XXV
Défense est faite de faire écouler dans le lit du cours d'eau des eaux infectées ou des matières nuisibles.
Article XXVI
Il pourra être nommé un ou plusieurs gardes rivières spécialement chargés sous les ordres du syndicat et sous la surveillance des communes riveraines ; Les gardes rivières prêteront serment devant le tribunal de leur arrondissement. Ils constateront par des procès-verbaux les délits et contraventions aux lois et règlements sur la police des cours d’eau.
Ils visiteront fréquemment la partie des eaux commises à leur garde. Ils tiendront un registre côté et paraphé par le Directeur du syndicat, et ils y inscriront le rapport de tous les faits reconnus dans leurs tournées et particulièrement les délits et contraventions qu’ils auront constatés. Ce registre devra être présenté à toute réquisition des membres du syndicat, des Ingénieurs et des Maires, et sera visé au moins une fois chaque mois par le Directeur. Ils se rendront aux réunions périodiques du syndicat et à toutes celles où ils seraient appelés pour rendre compte de leur service et recevoir les instructions nécessaires. Ils feront d’ailleurs connaître au Directeur toutes les entreprises qui seraient faites sur les cours d’eau confiés à leur surveillance, ainsi que les changements qui auront été effectués aux usines et à leurs ouvrages extérieurs.
Article XXVII
Les propriétaires riverains sont tenus de livrer passage sur les terrains depuis le lever jusqu’au coucher du soleil, aux membres du syndicat, aux fonctionnaires, agents dans l’exercice de leurs fonctions, aux entrepreneurs et aux ouvriers chargés du curage.
Ces personnes ne pourront toutefois user de ce droit de passage sur les terrains sans qu’après en avoir préalablement prévenu le propriétaire. En cas de refus elles requerront l’assistance du Maire de la Commune. Elles seront d’ailleurs responsables de tous les dommages et délits commis par elles ou par leurs ouvriers.

Titre IV

Répartition des dépenses

Article XXVIII
Les dépenses de curage et faucardement et entretien. Sauf les droits de servitudes contraires seront supportées par tous les usagers, chacun en proportion des avantages qu’il devra en retirer.
La même base sera appliquée aux dépenses pour élargissements, ou rectifications partielles, ou travaux quelconques, ou réparation.
Article XXIX
Les diverses dépenses pour traitements d’agents, honoraires, frais de voyages, frais généraux seront réglés par le Préfet et réparties par le syndicat d’après les même bases que les dépenses des travaux.

Article XXX

Ne serons pas compris dans la masse des dépenses à la charge de la communauté, les frais de curage des fossés, canaux et bassins qui auront été ou seront ouverts pour des motifs d’agrément ou d’intérêts privés. Le curage sera fait par les soins et aux frais des propriétaires de ces fonds, canaux et bassins.

Titre V

Travaux d’améliorations

Article XXXI
Lorsqu’il y a eu lieu d’entreprendre des travaux destinés à améliorer le régime de la rivière, les projets de ces travaux dressés par les soins du Syndicat, vérifiés par les Ingénieurs seront ensuite soumis à une enquête de 20 jours dans les communes intéressées.  Si ces projets ne donnent lieu à aucune expropriation forcée, ils peuvent être approuvés par le Préfet. S’ils entrainent des expropriations le projet est soumis à une commission d’enquête et sur l’avis des Ingénieurs et les propositions du Préfet il est statué, s’il y a lieu, conformément à la loi du 3 mai 1841 par un décret qui déclare l’utilité publique de ces travaux. Dans tous les cas la répartition des dépenses est faite par le syndicat, sauf appel des intéressés devant le Conseil de Préfecture.

Titre VI

Comptabilité et recouvrement des taxes

Article XXXII
Le recouvrement des taxes est fait soit par un percepteur des contributions directes, soit par un receveur spécial choisi par le syndicat et nommé par le Préfet. Le receveur pourra être un syndic.

Le receveur spécial prête le serment voulu par la loi.

Article XXXIII
Le percepteur est tenu de fournir un cautionnement proportionné au montant des rôles. Il reçoit une remise dont la quotité proposé par le syndicat est déterminé par le ministre des finances, si le recouvrement des taxes est confié à un percepteur des contributions directes, et par le préfet si le syndicat a choisi un receveur spécial.
Article XXXIV
Le receveur dresse les rôles d’après les documents fournit par le syndicat. Ces rôles après avoir été affichés à la porte de la Mairie de la situation des lieux, pendant un délai de 8 jours sont visés par le Directeur et rendus exécutoires par le Préfet qui fixe les époques des paiements à faire par les contribuables.
Article XXXV
Le recouvrement des dits rôles est poursuivi dans les mêmes formes et avec les mêmes privilèges que celui des contributions publiques.
Article XXXVI
Les poursuites nécessaires pour le recouvrement sont faites à la requête du Directeur et diligence du percepteur. L’état des contraintes signé du Directeur et soumis au visa du Sous-Préfet ou du Préfet dans l’arrondissement. L’exécution en est confiée aux porteurs de contraintes de l’arrondissement, si le recouvrement des taxes est confié à un percepteur des contributions directes ou dans le cas contraire à des porteurs de contraintes spéciaux dûment commissionnés.
Article XXXVII
Le percepteur est responsable du défaut de paiement des taxes dans les délais fixés par les rôles à moins qu’il ne justifie des poursuites faites contre les contribuables en retard.
Article XXXVIII
Le percepteur acquitte les mandats délivrés conformément aux dispositions du présent règlement. Il rend compte annuellement au syndicat avant le 1er février des recettes et des dépenses qu’il a faite, pendant l’année précédente. Il ne lui est pas tenu compte des paiement irrégulièrement faits.
Article XXXIX
Le syndicat vérifie le compte annuel du percepteur, l’arrête provisoirement et l’adresse au Préfet pour être soumis au Conseil de préfecture qui l’arrête définitivement s’il y a lieu.
Article XXXX
Le Directeur vérifie lorsqu’il le juge convenable, la situation de la caisse du percepteur qui est tenu de lui communiquer toutes les pièces de la comptabilité.

Titre VII

Dispositions générales

Article XXXXI
Au présent règlement les contraventions seront constatées au moyen de procès-verbaux dressés par les gardes rivières ou par tout autre agent ayant qualité à cet effet.
Ces procès-verbaux timbrés ou visés, pour timbres enregistrés en débit, seront affirmés dans les vingt quatre heures soit devant le Maire de la commune où les contraventions auront eu lieu, soit devant le juge de paix du canton et déférés aux juridictions compétentes. Copie de chaque procès-verbal sera remise, par l’agent qui l’aura dressé, au maire de la Commune et notifié par celui-ci au contrevenant, avec sommations s’il y a lieu, de faire cesser immédiatement le dommage.
Article XXXXII
Les réclamations et les constatations relatives au recouvrement des rôles et à la confection des travaux seront portées devant le Conseil de préfecture  ; conformément aux dispositions des lois des 28 pluviôse an VIII et 11 floréal an XI sauf recourt au Conseil d’État.
Draguignan, le 11 avril 1859.
Pour le préfet du Var en congé, le conseiller de préfecture, secrétaire général délégué,
signé : H. Anglès.

Validé par M. le Préfet du Var en 1883.

TouretteGuiran

Rive gauche du Gapeau, en aval du pont de Guiran.

20 mai 1806, extrait du registre des délibération
de la commune de Solliès-Toucas

 État de répartition du montant de la construction d’une écluse et d’un canal pour l’arrosage du quartier des Tourretes et des Sénès, pour les engins de la plâtrière, du blanchissage.
Montant des dommages et servitudes causé par la construction de l'écluse et du canal audit Charles Vincent, Lazare Toucas et Madeliene Sénès, Vve Toucas. Et tous les frais résultant de cette construction.
Le secrétaire greffier de la commune dresse l’état de répartition d’après le revenu net de chaque propriété, suivant l’arrêt du préfet en date du 21 frimaire, an XIV.
Le sieur de Lestang-Parade, possesseur de la plâtrière, Cazon, possesseur du blanchissage et les frères Grué, principaux propriétaires aux dit quartier indiquent au secrétaire la délibération du 11 juin 1780 :
–   le quartier de la Tourretes jouirait de 24 heures d’eau par semaine et paierait 1/7 des dépenses ;
–   le sieur marquis de Forbin représenté par de Lestang-Parade, le sieur Laugier représenté par la dame Cazon, paieront 2 ½ /7 pour la faculté de l’eau ;
–   le quartier des Sénès paierait les 3 ½ /7 ;
–   et le sieur de Forbin paierait le 1/6 des 3 ½ /7 du quartier des Sénès, pour la faculté d’arrosage de son parc.
Procès-verbal d’adjudication pour la construction de l’écluse et du canal se monte à la somme de : 2308 francs,
Procès-verbal estimatif des dommages se monte à la somme de : 617,45 francs,
A payé au secrétaire greffier pour son travail la somme de : 75 francs,
Soit un total de : 3000,45 francs.
État de répartition soit :
–  1/7 pour le quartier de la Tourrettes : 428,63 francs
–  4/7 pour tous les propriétaires du quartier à raison de 17,86 francs par heure d'eau,
 1½/7 pour l’usage des engins de la plâtrière (sur les 2 ½ /7) : 642,95 francs,
–  1/7 pour l'usage des engins du blanchissage de la dame Cazon : 428,63 francs,
–  3½/7 pour le quartier des Sénès soit : 1500,22 francs,
de cette somme il faut retrancher le 1/6 payé par le sieur de Saporta, héritier de Forbin pour arrosé son parc soit : 250,04 francs, reste à payer par le quartier des Sénès la somme de 1250,18 francs soit les 3 ½ /7 à répartir sur tous les possédants à raison de 3 centimes 2/3 et ¼ du produit par cannes, soit la somme de : 3000,45 francs
Plus la remise du percepteur à raison de 5 centimes par francs qui sera ajouté à chaque cote soit : 3152,09 francs.

Fait à Toulon, le 29 mai 1806, le sous préfet,
signé (illisible). 

 

11 janvier 1844
Ordonnance royale qui a autorisé la construction en pierres de taille de l’écluse de la Tourette et des Sénès a respecté et conservé la réglementation actuelle des eaux du Gapeau.
(Arch. com. de Solliès-Pont, carton C, eaux de Signes.)

Le 23 mai 1948
Arrosages du canal des Tourettes à Solliès-Toucas. Il n’existe aucune association syndicale du canal des Tourettes.
—  Lundi de 5 heures du soir à 5 heurres du matin : départ du premier arrosant jusqu'à Paul Gilli ;
—  Mardi de 5 heures du soir à 5 heurres du matin : Château de Solliès ;
—  Mercredi de 5 heures du soir à 5 heurres du matin : Madame Gerfroit ;
—  Jeudi de 5 heures du soir à 5 heurres du matin : les Basses Tourettes ;
—  Vendredi de 5 heures du soir à 5 heurres du matin : Madame Gerfroit ;
—  Samedi  midi au dimanche midi : (?) de Paul Gilli à la Promenade ;
—  Dimanche au lundi 5 heures du matin : (?) de la Promenade à Madame Gerfroit.

 

Observations :

Les propriétaires ont droit à l’arrosage tous les jours fériés  ;
Les dimanches les propriétaires ont droit à l’arrosage depuis la source.
Le Blanchissage (usine Gerfroit) a droit à une partie de l’eau tout le temps en dehors des arrosages, le surplus retourne au Gapeau. Il y a eu des procès donnant droit aux arrosages, de 1890 à 1900 entre MM Nègre et Giraud.
Fernand, minotier des Chevilles envoyait tous les matins à 5 heures un homme vérifier que l’eau des Tourettes retournait au Gapeau.
(Note manuscrite de E. Clément).

 

En août 1953
… Je me permets de vous rappeler que le règlement d’eau du canal des Guirans, Tourettes et Sénès dont vous êtes usager a été défini comme suit par l’audience du 21 août 1845 tenue par M. Alexandre, Timoléon Pellen, Juge de Paix du Canton de Solliès-Pont assisté du sieur Auguste, Alexandre Bernard, commis-greffier [Feuilles d’audience du Greffe de la Justice de Paix de Solliès-Pont enregistré le 25 août 1845, folio 5, case 5 :
“… Les eaux dérivées par les barrages et canal du dit quartier (Guirans, Tourettes et Sénès) depuis 5 heures du matin jusqu'à 5 heures du soir des lundi, mardi, mercredi, jeudi et vendredi et depuis 5 heures du matin jusqu’à midi des samedi de chaque semaine, doivent rentrer dans la rivière par la prise d’eau de la blanchisserie des hoirs Cazon (actuellement propriété de Mme Gerfroit) pour servir à l’arrosage des terres des quartiers situés à l’aval…”.
(courrier non daté de l’association syndicale des eaux du canal de la Tour [Jules Rimbaud] à Émile Clément, propriétaire à Solliès-Ville).

 

Le 14 septembre 1953
… Le beau temps continue, l’eau est de plus en plus rare, nos cultures souffrent de la sécheresse persistante…
… Voici que la Tour se réveille ; vous pourrez vous en rendre compte par les deux lettres que je joint à la mienne. J’ignore quelle sera la réaction des dix-neuf arrosants des Tourettes. S’ils résistent il y a dix-neuf procès en perspective…

(courrier d’Émile Clément à Me Jean Fabre, avocat conseil)

Le 30 octobre 1953
accuser réception par L. R. du 31 octobre 1953 du courrier du président de la Tour.

Le 15 juillet 1955
demande au Greffier de la Justice de Paix de Solliès-Pont, de rechercher l’audience du 21 août 1845 au sujet des eaux du canal des Tourettes, les procès entre 1890 et 1900 au sujet des eaux du canal entre MM Nègre et Giraud.

Le 12 août 1955
La scierie de Solliès-Toucas, de Borgogne, rendait l’eau à la rivière au pied du Pont, actuellement tout le monde arrose à sa fantaisie. La scierie de Py sur la route de Méounes travaillait le jour avec l’eau des Tourettes ; actuellement elle est fermée, et tout le monde arrose.

Le 20 juin 1959
M. Tarditi, habitant aux Sénès à Solliès-Pont, arrosant des Tourettes et des Sauvans, voisin des Penchiers, m’a dit ce qui suit : « Le canal des Tourettes inonde parfois la route de Belgentier. Les Ponts et Chaussées ont réclamé auprès de Giai, gendre de Py, scieur aux Toucas et usager de ce canal pour la force motrice. Ce dernier ayant la scierie en chômage ne veut rien entendre et menace de couper l’eau à tout le monde. Les arrosants des Tourettes, usagers des eaux ont été obliger de se substituer à Giai et de répondre aux P. et C. qui les menaçaient de dommages-intérêts. Ils ont réuni tous les arrosants. L’un d’eux, un Docteur étranger au pays, a fait remarquer qu’il conviendrait de se syndiquer pour réglementer les arrosages et fixer des cotisations pour l’entretien du canal.

C’est alors que Madame Gerfroit a protesté contre cette proposition, disant que l’intérêt des arrosants des Tourettes est de ne pas se syndiquer, pour ne pas donner prise aux réclamations des arrosants de Solliès qui se plaignent des violations du règlement d’eau qui prévoit que les eaux des Tourettes doivent tomber dans le Gapeau dans la propriété Gerfroit au Blanchissage, de 5 heures du matin à 5 heures du soir. Si l’on crée un syndicat les usagers d’aval auront la possibilité de mettre en cause le Syndicat, personne morale, tandis que sans Syndicat il faut faire des procès individuels ce qui complique les choses. D’ailleurs, il y a quelques années la Tour et son Président en ont fait l’expérience, sans résultat.
Les arrosants ont approuvé Madame Gerfroit et le Docteur en question n’a pas insisté.

(note dactylographiée de É. Clément).

Association syndical,
constitution de la société

Objet et siège de l'association
Art.1er : les propriétaires de terrains dont les noms sont portés à l'état q'accompagne les présents statuts sont réunis en association syndicale.
1. pour assurer la répartition et l’entretien du canal du quartier des Sauvans et Penchiers et de ses dérivations,
2. pour exécuter tous travaux destinés à conserver ou à augmenter le volume des eaux.
Prise-du-canal-des-Sauvants-et-penchiers1S
Prise-du-canal-des-Sauvants-et-penchiersS

La prise du canal. (Photos 2014.)

Le siège de l’association est à Solliès-Pont.

 

Titre 1er

Assemblée générale et syndicat

Composition de l'assemblée
Art. 2 l’assemblée générale se compose des propriétaires de terrains possédant au moins 10 ares.
Les propriétaires de parcelles ayant une superficie inférieure au minimum ci-dessus fixé peuvent se réunir pour se faire représenter à l’assemblée générale par un ou plusieurs d’entre eux en nombre égal au nombre de fois que le minimum d’intérêt se trouve compris dans leurs propriétés réunis.
Chaque propriétaire de terrains a droit à autant de voix qu’il possède de fois le minimum ci-dessus fixé sans que toutefois ce nombre puisse dépasser trente.

Convocation à l'assemblée générale
Art. 3 les convocations à l’assemblée générale se font collectivement dans chaque commune par voie de publications et d’affiches à la porte de la mairie et dans un autre lieu apparent, ou par lettre individuelle au domicile de chaque intéressé.
L’assemblée générale est valablement constituée lorsque le nombre des voix représentées est au moins égal à la moitié des voix plus une du total des voix de l’association. Néanmoins lorsque cette condition n’est pas remplie dans une première réunion, une seconde convocation est faite au moins à quinze jours d’intervalle et l’assemblée délibère alors valablement quel que soit le nombre des voix représentées.
Les délibérations sont prises à la majorité.

Représentation à l'assemblée générale
Art. 4 les propriétaires de terrains peuvent se faire représenter à l’assemblée générale par des fondés de pouvoir sans que le même fondé de pouvoir puisse être porteur de plus de trois mandats, ni disposer d’un nombre de voix supérieure au minimum déterminé par l’article 2.
Les fondés de pouvoirs doivent être eux même membres de l’association. Toutefois les fermiers que les propriétaires auraient délégués sont exemptés de cette condition.

Attributions de l'assemblée générale
Art. 5 l’assemblée générale nomme les syndics chargés de l’administration de l’association.
Dans le cas ou l’assemblée générale après deux convocations ne se serait pas réunie ou n’aurait pas procédé à l’élection des syndics ceux-ci sont nommés par le préfet conformément à l’art. 22 de la loi du 21 juin 1865. l’assemblée générale vote les emprunts qui, soit par eux même, soit réunis au chiffre des emprunts déjà votés dépassent la somme de six mille francs.

Nomination et composition du syndicat
Art. 6 le syndicat se compose de six membres nommés comme il est dit à l’art. 5 : sans préjudice de droit soit pour le préfet en cas de subvention fournie par l’État ou par une commune soit par la commission départementale en cas de subvention accordée par le Département de nommer conformément à l’art. 23 de la loi du 21 juin 1865, un nombre de syndics proportionnés à la part que la subvention représente dans l’ensemble de l’entreprise.
Il est un autre élu, un syndic suppléant qui siège en cas d’absence d’un des syndics titulaires.

Durée des fonctions des syndics et renouvellement périodique
Art. 7 les fonctions des syndics nommés comme il est dit à l’art. 5 durent neuf ans. Cependant à la fin de la troisième année et de la sixième année, les syndics nommés pour la première fois seront renouvelés par tiers.
Lors des deux premiers renouvellements, les membres sortants sont désignés par le sort. À partir de la neuvième année et de trois en trois ans, les membres sortants sont désignés par l’ancienneté.
Les syndics sont indéfiniment rééligible et continuent leurs fonctions jusqu’à leur remplacement.

Remplacements partiels
Art. 8 tout syndic nommé comme il est dit à l’art. 5 qui sans motifs reconnus légitimes aura manqué à trois réunions consécutives peut être déclaré démissionnaire par le préfet sur la demande de la majorité absolue des membres du syndicat.
Le syndic qui viendrait à décider ou qui aurait cessé de satisfaire aux conditions d’éligibilité qu’il remplissait, lors de sa nomination sera remplacé à l’époque du plus prochain renouvellement.
Les fonctions du syndic ainsi élu ne durent que le temps pendant lequel le membre remplacé serait encore resté lui-même en fonction.

Élection du directeur et du sous-directeur adjoint – nomination du secrétaire
Art. 9 les syndics élisent tous les trois ans l’un d’eux pour remplir les fonctions de directeur et s’il y a lieu, un adjoint pour remplacer le directeur en cas d’absence ou d’empêchement.
Le directeur et l’adjoint sont toujours rééligibles. Ils conservent leurs fonctions jusqu’à leurs remplacements.
Le syndicat nomme aussi un secrétaire soit parmi ses membres, soit en dehors. La durée des fonctions du secrétaire n’est pas limitée, il peut être remplacé à toute époque par le syndicat.

Fonctions du directeur
Art. 10 le directeur est chargé de la surveillance générale des intérêts de la communauté, de la conservation des plans, registres et autres papiers relatifs à l’administration des travaux.
Il représente l’association en justice quand une délibération du syndicat l’a expressément autorisé à cet effet.
En cas d’absence ou d’empêchement il est remplacé par le directeur adjoint et à défaut de celui-ci par le plus âgé des membres du syndicat.

Réunions du syndicat
Art. 11 le syndicat fixe le lieu de ses réunions il est convoqué et présidé par le directeur. Il se réunit toutes les fois que les besoins du service l’exigent, soit sur l’initiative du directeur, soit sur la demande du tiers au moins des syndics, soit sur l’initiative du préfet.

Délibération du syndicat
Art. 12 les délibérations sont prises à la majorité des voix des membres présents. En cas de partage, la voix du président est prépondérante.
Les délibérations du syndicat sont valables lorsque tous les membres ayant été convoqués par lettres à domicile plus de la moitié y a pris part.
Néanmoins lorsque après 2 convocations faites à quinze jours d’intervalle et dûment constatées sur le registre des délibérations, les syndics ne se sont pas réunis en nombre suffisant à la délibération prise après la deuxième convocation est valable quel que soit le nombre des membres présents.
Les délibérations sont inscrites par ordre de date sur un registre coté et paraphé par le président. Elles sont signées par les membres présents à la séance ou portent mention des motifs qui les ont empêchés de signer.
Tous les intéressés ont droit de prendre communication sans déplacement de ces délibérations.

Fonction du syndicat
Art. 13 Le syndicat esr chargé :
- 1er de nommer les agents auxquels seront confiés la rédaction des projets, ainsi que l’exécution et la surveillance des travaux, de fixer le traitement de ces agents ;
- 2. de faire rédiger les projets, de les discuter et de statuer sur le mode à suivre pour leur exécution ;
- 3. de passer les marchés et adjudications et de veiller à ce que toutes les conditions en soient accomplies ;
- 4. de surveiller l’exécution des travaux ;
- 5. de voter le budget annuel ;
- 6. de dresser les rôles des taxes à imposer aux membres de l’association ;
- 7. de délibérer sur les emprunts qui peuvent être nécessaire à l’association. Ces emprunts doivent être votés par l’assemblée générale dans le cas prévu par l’art. 5. Dans tous les cas, ils seront autorisés par l’administration supérieure ou par le préfet suivant qu’ils porteront ou non à plus de 50 000 f la totalité des emprunts de l’association ;
- 8. de contrôler et de vérifier les comptes présentés annuellement par le directeur et par le Receveur de l’association ;
- 9. d’autoriser toutes actions devant les tribunaux judiciaires ou administratifs ;
- 10. de veiller à ce que les conditions imposées pour l’établissement des barrages et des prises d’eaux soient strictement observées, de provoquer au besoin la répression des infractions aux lois et règlements qui régissent la police des cours d’eau ;
- 11. enfin de donner son avis et de faire des propositions sur tout ce qu’il croira utile aux intérêts de l’association, a défaut par le syndicat de remplir les fonctions dont il est chargé ;
le préfet rapportera s’il y a lieu et après, mise en demeure l’arrêté autorisant l’association et ce sans préjudice des mesures prescrites aux articles 22 et 23.

 

 

Titre II

Curages ordinaires et extraordinaires
Faucardement, Exécution des travaux

Époques des curages
Art. 14 il sera fait tous les ans aux époques qui seront fixées par le syndicat un curage des canaux désignés à l’art. 1er.
L’association est également tenue de faire exécute les curages extraordinaires qui seraient ordonnés par le préfet, après avoir entendu le syndicat et pris l’avis des ingénieurs sur la portion des canaux qui seraient jugés en avoir besoin.

Définition des curages
Art. 15 le curage comprendra les travaux nécessaires pour ramener les différentes parties des canaux à leurs largeurs et à leurs profondeurs naturelles.

Faucardements ordinaires, extraordinaires et locaux
Art. 16 indépendamment des curages un faucardement général sera fait tous les trois ans sans préjudice des faucardements extraordinaires qui pourraient avoir lieu dans les conditions prescrites par le 2e paragraphe de l’article 14.

Rédaction des projets
Art. 17 les projets seront rédigés par les agents désignés par le syndicat. Ils seront soumis à l’examen des ingénieurs et à l’approbation du préfet.
Les travaux seront exécutés à l’entreprise au rabais après adjudication publique ou en régie.

Obligation des riverains
Art. 18 les riverains sont tenus de couper et d’enlever tous les arbres, buissons et souches qui forment saillie sur les berges ainsi que toutes les branches qui en baignant dans les eaux nuiraient à leur écoulement. Ils devront supporter le dépôt et l’emploi sur leurs terrains des matières provenant des curages dans les conditions prévues aux projets approuvés.
Les matières notées sans emploi sont laissées à leur disposition sous la défense expresse de les rejeter dans les canaux.

Passage sur les propriétés riveraines
Art. 19 les riverains devront livrer passage sur leurs terrains depuis le lever jusqu’au coucher du soleil aux membres du syndicat ou fonctionnaires & agents dans l’exercice de leurs fonctions.

Règlement des eaux du syndicat des Sauvans et Penchiers
Règlement en vigueur depuis le 20 mai 1865
Règlement en vigueur depuis le 15 août 1923
Règlement en vigueur depuis le 23 août 1928

Les différents lieux-dit des Sauvans et des Penchiers
- La Chevalière ;
- La Planquette ;
- La Planquette des Daix ;
- Darius ;
- Britony ;
- Derrière Campagne ;
- Devant Campagne ;
- Flayosque ;
- Jaufrette ;
- Pataue ;
- etc.

 

Acte constitutif de l'association syndicale des quartiers
des Sauvants, des Penchiers et des Luquets

Copie de l'acte du 7 avril 1867

Acte constitutif
Les soussignés, propriétaires arrosants dans le quartier des Sauvans, des Penchiers et des Luquets, animés du désir de placer leur association syndicale actuelle en rapport des progrès de l’époque, en ce qui concerne l’économie ou le développement de l’agriculture, et, en conséquence, afin d’atteindre à ce but, en assurant désormais à cette association ce caractère régulier qui lui manque, conforme au texte de la loi, et indispensable même à sa propre conservation comme à celle des intérêts qu’elle régit, les soussignés ont, d’un commun accord, résolu de se déclarer et se déclarent, en effet, par le présent acte en date du 7 avril 1867, constitués en associations syndicale libre.

Du but de l'association
La dite association a pour but :
Article 1er : l’amélioration, notamment par l’irrigation, des terres agricoles ;
Article 2 : la surveillance de tout ce qui offre un caractère d’intérêt collectif ;
Article 3 : l’entretien, en bon état de conservation, de l’écluse principale ; des autres écluses ou martelières et des berges relevant des canaux d’irrigation du domaine des dits quartiers ;
Article 4 : le curage des dits canaux tel qu’il a été mis en pratique jusqu’à jour, ou modifié, au gré de l’assemblée.

De l'administration
Article 5 : les propriétaires intéressés sont réunis en assemblée générale.
Article 6 : les syndics sont élus par l’assemblée ; leur nombre est fixé à cinq, et la durée de leurs fonctions est de quatre années.
Article 7 : les syndics élisent l’un d’eux pour remplir les fonctions de directeur.
Article 8 : l’assemblée, à la majorité des suffrages et sur proposition du syndicat, fixe, par hectare, le chiffre des cotisations à percevoir sur des rôles dressés à cet effet.
Article 9 : la somme perçue ou le produit des cotisations est appliquée au service des travaux ordinaires de l’année, et le restant à celui de l’année suivante, et ainsi de suite.
Article 10 : le montant des travaux ordinaires de l’année : tel que le curage des canaux, la réparation des écluses, etc. ne peut, en aucun cas, s’élever au-dessus de la somme de 400 F sans l’assentiment de l’assemblée.
Article 11 : l’assemblée nomme un secrétaire chargé du recouvrement et de la comptabilité.
Article 12 : à la fin de l’année, il est procédé à l’apurement des comptes de l’association, dont le tableau, pendant 15 jours, demeure affiché dans le local ordinaire des délibérations de l’assemblée.

Du mandat des syndics
Article 13 : le syndicat convoque les membres de l’assemblée ; il est chargé de l’exécution des clauses de l’acte d’association, ainsi que de l’apurement des comptes.
Article 14 : il recherche les améliorations agricoles et réprime, en matière d’irrigation, les abus, dans un but d’intérêt collectif et dans la mesure des attributions dévolues à l’association.
Article 15 : le syndicat passe les marchés, dirige les travaux et fait recouvrer les cotisations.

L’extrait de cet acte a été inséré dans le journal Le Toulonnais, le 7 mai 1867.

- 11° enfin de donner son avis et de faire des propositions sur tout ce qu’il croira utile aux intérêts de l’association, a défaut par le syndicat de remplir les fonctions dont il est chargé ;
le préfet rapportera s’il y a lieu et après, mise en demeure l’arrêté autorisant l’association et ce sans préjudice des mesures prescrites aux articles 22 et 23.

Canal des Lices

Ou canal des syndicats d'arrosage des quartiers des Laugiers, des Trois-Pierres et des Fillols

Pétition des présidents des syndicats des Laugiers, des Trois-Pierres et des Fillols à M. le préfet du Var, datée du 11 avril 1945.

En notre qualité de propriétaires arrosants dans le terroir de Solliès-Pont, et Présidents des Syndicats d’arrosage des quartiers des Laugiers, des Trois-Pierres et des Fillols, nous avons l’honneur de vous adresser et de signaler à votre attention l’exposé suivant :
Au temps des seigneurs il existait sur le territoire de Solliès-Pont un grand nombre d’usines qui étaient actionnées par les eaux du Gapeau : (moulins à farine, à huile, plâtrières, papeteries, tanneries, etc.)
Ces diverses usines possédaient leur règlement d’eau respectif : celles qui étaient en amont de Solliès-Pont rendaient leurs eaux à la rivière après utilisation. Il n’en était pas ainsi pour les eaux destinées aux usines qui se trouvaient dans Solliès-Pont et en aval.

De toutes ces usines il n’en existe plus qu’une : le moulin à farine dénommé « Moulin des Chevilles » à M. Béja, situé sur la route nationale à l’entrée à droite en venant de Nice.
Ce moulin qui tourne jour et nuit est actionné par les eaux du Gapeau dérivées au moyen d’un canal en maçonnerie ayant son origine à 500 mètres environ dudit moulin.
À leur sortie de ce moulin les eaux se dirigeaient et continuent malheureusement encore à se diriger comme il est dit ci-après : le jour vers le moulin de la Place et la nuit dans le canal des Lices.
Le jour donc après avoir actionné le moulin de la Place (actuellement supprimé) les eaux de fuite alimentaient et alimentent encore le quartier d’arrosage de Sarraire, La Tour et Cadouire dont la contenance est de : 68 h 59 a 70 ca. Or malgré la disparition dudit moulin, les quartiers dont il s’agit continuent à bénéficier de la totalité de l’eau du canal du Moulin des Chevilles, et ce pendant le jour.

La nuit à la sortie de ce même moulin, les eaux comme il est dit plus haut se dirigent dans le canal des Lices, où bientôt elles se divisent en trois branches qui alimentent les trois quartiers des Laugiers, des Trois-Pierres et des Fillols, contenance totale : 113 h.
Encore il faut ajouter que dans leur parcours ces eaux mettaient en jeu un moulin à tan (supprimé) et un moulin à huile.

Au moulin de la Place avait été prévu un déversoir destiné à recevoir l’excédent des eaux au moment où la totalité de celle-ci passent par le canal, étant observé dans un mémoire ancien que cet excédent pourrait faire tourner les roues du moulin, ledit excédent ou surverse se joint aux eaux du Gapeau et contribue à actionner le moulin de Sochet (supprimé)…

La copie de la pétition ci-dessus a été remise au Syndicat des Sauvans et Penchiers par le Syndicat de La Tour, par M. Henry, Directeur adjoint.

Circuit A2 Départ

Le canal et la promenade des Lices. Section B, détail, mai 1849. (Archives communales 83-130.)

Barrage du Bassinet ou des Daix

barrage-daix

Propriété seigneuriale. Arrose les Mauniers, la Garréjade. Existait en 1566 sous le nom de « Resclause des Daix » ; existait peut-être en 1380 sous le nom de « Béal des Fabres. »

*« Sur la rive droite, entre les propriétés Meyriés et Théodore se trouve le barrage qui dessert le moulin à farine et la ressence (M. Escudier), au quartier du Bassinet, et qui a été établi de 1775 à 1780. »

 

*Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

Mesure des débits au canal de la Miséricorde
de la commune de Solliès-Toucas

 

Le 5 mars 1948 à 15 h, MM Castanier, Campion et Bertinchamps, experts :

 Débit des Carcès  598 l/min  60 m3
 Débit de la Tour  319 l/min  soit 53,4 %  32 m3, soit 53 %
 Débit de la Nerthe  279 l/min  soit 46,6 %  28 m3, soit 47 %

 

Calcul des débits en supposant les bards baissés de 14 c/m :

 La Tour  270 l/min  soit 45 %
 La Nerthe  330 l/min  soit 55 %

 

Ces chiffres sont erronés. Le canal de la Nerthe était obstrué par des décombres qui faisaient refluer l’eau dans le canal de la Tour. L’écoulement de l’eau dans la Nerthe était contrarié. Nous ne nous en étions pas aperçu, je l’ai constaté le lendemain 6 mars 1948.

 

Lettre du 8 février 1949, de R. Campion, ingénieur à M. le Dr des Sauvans et Penchiers :

 Mesure des débits  21 juin 1948  23 août 1948
 Rivière du Gapeau  1660 l/s  569 l/s
 Canal de la Miséricorde    778 l/s  561 l/s
 Canal de la Nerthe    580 l/s  403 l/s
 Canal des Sarraire    198 l/s  158 l/s

 

Les-ASA002

Barrage de la Castille

Après la surverse du barrage de Flayosque et la desserte de deux moulins à la Castille, il alimente la prise du canal de Jean Natte.

Barrage de la Castille

Barrage de Notre-Dame

Sur la rive gauche, en aval du pont de la ligne vicinale n° 20, entre les propriétés (MM. Bon et Blanc), au quartier de Notre-Dame-de-La-Crau, se trouve un barrage qui a été construit il y a 50 ans et qui dessert le moulin à huile (M. Blanc).

Sur la rive droite, au quartier de la Roquette se trouve le barrage qui dérive les eaux qui servent à arroser la propriété de M. Boutiny et qui, plus bas, après avoir traversé la rivière sur un aqueduc, vont arroser sur la rive gauche les propriétés du quartier Richaud. Ce barrage a été établi en 1844.

Sur la rive droite, au pied de la Raie sombre, M. de Beauregard dérive au moyen d’un barrage, les eaux nécessaires à l’irrigation de ses terres.

Sur la rive gauche, plus bas se trouve un second barrage, pour le service des irrigations de la propriété et celui d’un moulin à huile et d’une ressence (M. de Beauregard).

 

Barrage de l’Abattoir

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Barrage de Flayosque

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 Il est alimenté par les sources de Flayosque et actionne un moulin à farine.

*« Sur la rive droite, le barrage à la suite fournit de l’eau au moulin à farine (M. Escudier) établi en 1841. »

 

*Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

 Barrage des Piquets ou de la Ferrage

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Barrage des Piquets

 S’appelait « l’écluse de l’Évêque » en 1712, le 4 septembre, il est dit « le torrent de la rivière avait emporté l’ancienne écluze et le canal ». Les arrosants de l’écluse votent une imposition de 1500 livres pour payer les dettes du quartier « et préférablement ceux dans le fonds desquels le nouveau canal passe dans leurs terres ».

Arrose jusqu'à La Ferrage et sur la rive droite du Gapeau, était construite en pieux et fascines. Une grande quantité d’eau passait à travers la terre et les graviers amoncelés contre la digue. Non-comptant de ces infiltrations naturelles, les arrosants des écluses inférieures s’efforçaient, en temps de sécheresse, de diminuer le volume d’eau entrant dans le canal de la Ferrage, en crevant l’écluse, à l’aide de perches, de longs bâtons. Les arrosants de la Ferrage bouchaient aussitôt ces brèches à l’aide de branchages et avec de la terre glaise, avec de l’argile, moins perméable que la terre sablonneuse mêlée de gravier, qui constitue le lit du Gapeau. Pour mettre fin à ce conflit, aux disputes et aux violences qui s’ensuivaient, on proposa aux syndicats intéressés de faire mesurer par experts le volume d’eau qui devait normalement passer à travers le barrage en fascines et, la constatation faite, construire une écluse en maçonnerie disposée de façon à donner à chaque partie la quantité d’eau qui devait lui revenir.

Ces propositions ayant été acceptées, des experts furent nommés, qui, à l’aide d’expériences réitérées, constatèrent que les quatre cinquièmes de l’eau retenue par le barrage filtraient à travers la digue : un cinquième seulement entrait dans le canal de la Ferrage. Par condescendance, les arrosants inférieurs consentirent à porter aux 22/100es la part à attribuer au syndicat de la Ferrage. Un arrêté du préfet du Var, du 11 décembre 1879, consacra cet accord. Actuellement en vertu de cet arrêté, la Ferrage reçoit constamment, en toute saison, le 22/100es de l’eau retenue par l’écluse : les 78/100es restent dans Gapeau.

 

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Barrage des Piquets et la prise du canal de la Ferrage, le 5 novembre 2011.

**« Le barrage de la Ferrage, construit en piquets et fascines, ne dessert que l’irrigation de plusieurs quartiers au nord et au midi de Solliès-Pont. »

 

**Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

 

Barrage de Monsieur ou des Messieurs

 

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Le barrage des Messieurs, le 8 mai 2007.

Écluse seigneuriale, retient toutes les eaux de la rivière, qui appartenaient aux seigneurs de Solliès, qui s’en servaient seuls, pour actionner leurs moulins à blé, à huile et grignon et pour l’arrosage de leurs terres domaniales, qu’ils possédaient audit bourg de Solliès, au quartier de Beaulieu, au quartier des Mauniers, au quartier de la Garréjade, au quartier des fonts des Fabres. Existait en 1216. Donc personne n’arrosait que le seigneur avant 1553, époque à laquelle le marquis de Forbin, seigneur de Solliès vendit à la communauté les herbages, pâturages et moulins à olives et grignon avec faculté de prendre les eaux nécessaires à la marche des moulins, se réservant pour lui les moulins à blé, avec défense à la communauté ou à des particuliers d’en construire. Donc les droits aux eaux ne devinrent pas la propriété, mais bien la faculté de se servir des eaux pour les moulins à huile de la communauté, qui décida seulement, vu l’abondance des eaux, de faire profiter les riverains de la partie des eaux dont elle avait l’usage, pour l’arrosage de leurs terres. Le seigneur restait donc propriétaire des eaux de ses moulins à blé et pour ses terres.
Alimente sur la rive gauche le canal de l’Enclos, d’où le canal de dérivation avec division des eaux entre les trois quartiers : les Fillols, les Laugiers et les Trois-Pierres servant à l’arrosage la nuit seulement, temps pendant lequel les moulins ne fonctionnent pas. Les moulins : un à farine, propriété seigneuriale ; le 2e appartenant à la communauté (démoli en 1880), existaient avant 1553.

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Canal de l'Enclos, la vidange et la surverse, le 8 mai 2007.

Vestiges de l'ancien canal de l'Enclos, le 8 mai 2007.

La division des eaux, dit « Carcès » : C’est avant de se jeter dans la rivière que les eaux se divisent en deux parties. La première alimente le canal qui avait été primitivement construit pour actionner les moulins seigneuriaux de Beaulieu (aujourd’hui canal du Sarraire et de la Tour). il prenait le nom de béal de Beaulieu. Cette écluse doit être celle qui est dite en 1380 « de noble Hugues Riquier » entre le jas d’Hugon Ayguier et le bancal d’Huguette de Podio Auito. Le seigneur n’avait rien vendu en 1553, voir l’arrêt de 1634, qui confirme les droits de la commanderie de Beaulieu. La deuxième partie des eaux tombe dans la rivière, actuellement pour alimenter le barrage des Sauvans, des Mauniers, d’Hyères ; avant 1553 ou au plus tard avant 1628, cette eau était destinée à alimenter seulement les moulins à blé et à huile appartenant aux seigneurs et à l’arrosage des terres de la Garréjade et des Fonts des Fabres.

**« Sur la rive gauche, le barrage de Monsieur dessert deux moulins à farine (M. de Saporta), un moulin à huile de Solliès-Pont, un moulin à tan et un moulin à huile (M. Jolibois.) »

 

**Notes de M. Frédéric Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

 

Barrage de Seyrol, de Seiros ou Madame

 

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 Barrage de Seyrol le 30 novembre 2004.

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Barrage de Seyrol le 08 mai 2007.

Alimenté seulement par les eaux de sources ou de Trépan. Arrose très peu sur la rive droite : le canal qu’elle alimente ne sert qu’à la Tannerie Boyer pour un moulin à sumac ou à tan. Autrefois il faisait aller le moulin à huile de la Serre appartenant à M. Gensollen. Les eaux retournent à la rivière.

**« Sur la rive droite, le barrage Gence dessert un moulin à farine, un moulin à huile et un moulin à tan (M. Gence.) »

 

**Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

Barrage de Monsieur le Curé ou des Capellans

 

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Barrage des Capellans.

Barrage des Capellans, le 23 novembre 2007.

Alimenté par le barrage supérieur ; retient les eaux qui se déversent dans le canal après avoir actionné le moulin et retournent dans la rivière.

**« Rive droite, le barrage du Presbytère fournit les eaux nécessaires à un moulin à huile que possèdent en indivis M. Chrétien et Mme Gensolen. Il a été établi en 1782. »

 

**Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

 

Barrage de Saint-Victor

 

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Barrage de Saint-Victor.

Alimenté par les eaux du barrage supérieur et par les eaux qui se déversent du canal des Carcès le jour seulement. Sert à la Tannerie Giraud ; le canal de cette écluse tombe à 100 mètres en aval.

**« Sur la rive droite, au dessous du pont de Solliès-Pont, les eaux necessaires à un moulin à huile et à une ressence (M. Suchet), sont dérivés par un barrage dit barrage de Saint-Victor. »

 

 **Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

 

Barrage du Pont-Neuf ou des Sauvans et Penchiers

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Barrage des Sauvans
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Le barrage des Sauvans.

Le pont-Neuf (photo 2014.)

 Il n’est pas mentionné sur le cadastre de 1566. Il a été construit primitivement en pieux et fascines, au moment où la Communauté décida de faire profiter les riverains du Gapeau, pour l’arrosage de leurs terres, des eaux superflues, c’est à dire des eaux qui n’étaient pas utilisées par les moulins ou encore les arrosages des terres seigneuriales.
Vers 1628, des discussions continuelles entre tous les arrosants obligèrent la Communauté à établir une répartition égale de ces eaux. Voir arrêt de 1634, où il est fait mention de ce règlement. Il n’a pas été possible d’établir d’une façon précise l’année ou a été construit le barrage en bois. Tout ce que l’on peut assurer c’est qu’en 1628 il existait et qu’en 1566 il n’existait pas. Ce genre de barrage était destiné à arrêter une faible partie des eaux (un cinquième a été admis en 1886, lors de la transformation du barrage en bois de la Ferrage, en barrage en maçonnerie). Voilà donc la preuve qu’en 1628, les Sauvans n’avaient reçu en partage que le 5e environ des eaux qui coulaient dans la rivière.
En 1633, les Sauvans obtinrent l’autorisation de construire le barrage en pierre parce qu’à chaque crue de la rivière, le barrage en bois était emporté comme la chose s’était passée pour le barrage de la ville d’Hyères, qui fut aussi autorisé en maçonnerie, à cause des crues qui le balayaient toutes les années. Cette autorisation fut accordée aux Sauvans par les intéressés, la communauté, le seigneur, les arrosants des Mauniers, le propriétaire de la Garréjade et des moulins, la commune d’Hyères, à des conditions que nous indiquent les trous qui ont été constatés par les experts nommés par le tribunal de Toulon. Ces trous, d’après les experts, devaient laisser passer une quantité d’eau considérable ; c’est ce qui démontre que l’eau qui en découlait n’était pas seulement pour les arrosants des Mauniers, mais bien pour alimenter le canal des Moulins et l’écluse de la commune d’Hyères. Cet état des lieux a été constaté par la sentence de 1768. Au début, il n’y avait que les terres riveraines qui étaient arrosées.
C’est peu à peu et usant de la faculté de prendre l’eau dont ne se servaient pas les riverains au-dessus d’eux, que les propriétaires des terres longeant le canal d’égout devinrent propriétaires arrosants.

Voilà comment les Sauvans qui n’avaient que des terres, vignes et oliviers sont arrivés à avoir quatre-vingt-six hectares arrosables.

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Le Gapeau, barrage des Sauvants et Penchiers, (2014.)

**« Sur la rive gauche, le barrage du Pont-Neuf dessert les irrigations du quartier des Sauvans (et des Penchiers.) »

 

**Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

Barrage des Tourrettes

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*« Sur la rive gauche, au-dessous du pont de Truébis, et en amont du pont de Guiran sur Gapeau, se trouve le barrage dit des Tourrettes et des Sénès ; ce barrage existait en piquets et fascines en 1587.
En vertu d’une ordonnance royale du 12 janvier 1844, ce barrage a été reconstruit en maçonnerie avec un radier en pavés et un couronnement en pierres de taille. Ce genre de construction a été contesté par un grand nombre d’usagers, et le barrage est en partie détruit aujourd’hui. Le canal dérivé dessert, outre les irrigations, comme les autres canaux pris sur Gapeau, trois moulins à plâtre, un moulin à farine, une ressence et une blanchisserie. »

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Barrage sur la Truébie.

 

Barrage en amont du pont de Guiran

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Arrose jusqu’aux Terrins sur la rive gauche. Existait déjà en 1566 sous le nom de « Resclause de la Gippière », faisait marcher ce moulin et arrosait bien au-delà des Sénès.

Barrage des Mastres au quartier des Tourrettes

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Le barrage des Mastres

Le barrage des Mastres, le 15 décembre 2011.

*« Vis-à-vis de la Tourrette, les eaux sont dérivées au moyen d’un barrage établi en 1773, pour le service d’un moulin à farine et d’un moulin à huile (M. Toucas). »

Barrage du pont des Toucas

*« Au-dessus du pont de Solliès-Toucas, se trouve le barrage des moulins à huile établi le 30 juillet 1787 (M. Toucas). »

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Barrage du Gaou ou Nègre

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*« Sur la rive droite, le barrage Gautier dessert par ordonnance royale en date du 12 février 1839, un moulin à farine et une ressence autorisée »

*M. Auguste Bosc, géomètre à Draguignan, 1845.

Barrage de Sainte-Croix et aqueduc Charcheli

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Le projet date de 1795, avec une reprise du chantier en 1824, mais une crue arrête les travaux qui reprennent et s’achèvent en 1863.

 *« Sur la rive droite, le barrage de Gavaudan, sous la bastide Roubaud, sert à dériver un canal d’irrigation sur la rive droite. Ce barrage, établi par les chartreux de Montrieux, a été reconstruit entre 1833 et 1835. »

*« Sous la propriété de Castelin, se trouve le barrage des moulins de Belgentier. Les eaux dérivées traversent ensuite le Gapeau sur un aqueduc en bois, et vont desservir, dans le village, deux tanneries, deux moulins à tan, un moulin à farine et un moulin à huile. »

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*« Sur la rive gauche, à l’entrée au nord du village de Belgentier, se trouve le barrage du moulin à tan (Monsieur Sales). Le barrage de la Bastide sert à dériver les eaux nécessaires à la papeterie de la Bastide, à celle des Conférences (papeterie de Madame veuve Géry née Ruy), à celle de la Ferrière, enfin à une papeterie et à un moulin à farine (M. Rosselin). »

Sur les limites de Belgentier, arrose la rive droite : le barrage des Hauts-Guirans.

*« Sur la rive droite au 5e kilomètre de la route, sous les Conférences, les eaux sont dérivées au moyen d’un barrage, pour la papeterie de la Guiranne (Monsieur Ruy). »

 

*M. Auguste Bosc, géomètre à Draguignan, 1845.

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À trois cents mètres environ en aval de l’usine de Cancérille, fut construit en 1833 pour l’arrosage des terres de Cancérille (rives droite et gauche du cours d’eau) et de Paveyrolles (rive gauche). Les terres arrosables de Paveyrolles empruntent 2/3 dans la commune de Signes, 1/3 dans celle de Méounes.

(Acte, notaire Mauric à Belgentier, du 23 septembre 1832).

*« Sur la rive gauche, près de sa source, les eaux sont prises au moyen d’une vanne, pour l’arrosage de La Glandette.
Plus bas, au moyen de deux vannes, les eaux sont prises à droite, pour l’arrosage (Madame veuve Baume), et à gauche, pour la filature de Beaupré (M. Ventre).
Sur la rive gauche presque en face de la filature de Beaupré, les eaux sont prises au moyen d’un barrage formé par une vanne, pour le service d’une filature de coton établie depuis 1835 (M. Ventre). La même prise fait mouvoir, à quelques centaines de mètres plus bas, le moulin à farine dit moulin de Gapeau (M. Allègre), et plus bas encore, au ponceau de Cancérille, un foulon (M. Ventre).
À peu de distance du foulon mentionné ci-dessus, il y a un barrage qui sert à deux prises, l’une à droite, pour l’irrigation (Mme Fabre), et l’autre à gauche qui existe depuis deux ou trois ans (M. Roubaud, de Méounes). »

 

*M. Auguste Bosc, géomètre à Draguignan, 1845.

Barrage des Lantiers

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À six cents mètres plus bas, rive droite, existe l’écluse dite « de Cerisy » retenant les eaux du Gapeau et de Beaupré pour l’arrosage de Montrieux-le-Vieux (commune de Méounes).

 

Barrage du Naï

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*« Sur la rive gauche, à deux mètres du poteau de la chartreuse, les eaux sont dérivées au moyen d’un barrage dit « barrage de la Trinité » pour une papeterie (M. Redortier) et pour l’irrigation des terres placées au-dessous du canal. La prise de la Trinité a été établie anciennement pour une papeterie dite « le Martinet » actuellement fermée. La fabrique de papier près de Pachoquin, sur le bord de la route, est mise en mouvement à l’aide d’une dérivation issue d’un barrage connu sous le nom de barrage de Pachoquin, dont l’établissement remonte au début du XVIIe siècle. »
À deux kilomètres, plus bas, se trouve l’écluse des usines Lantier et du Martinet.

 

*M. Auguste Bosc, géomètre à Draguignan, 1845.

Les barrages et les prises sur le Gapeau

Le Gapeau longe ou traverse ces communes :

 Communes Surfaces arrosées en ha Longueur du Gapeau en km Débit en l/s au 7/10/1843
 Signes 3,5 3 236
 Méounes 60 6,7
 Belgentier 43 4,75 461
 Solliès-Toucas 70 5,4
 Solliès-Pont 323 1,85
 Solliès-Ville 73 3,98
 Solliès-Farlède 57 /
 Hyères 326 13,86 628 l/s dont :
Jean Natte : 306
Gapeau : 322
 Totaux 955,5 ha 39,54 km

 

 

Barrages-sur-le-Gapeau

Barrages industriels et agricoles sur le Gapeau, 1re catégorie. La longueur du fleuve de Beaupré à Solliès-Pont est de 21 km. Le 10 mars 1956.