Canal d’arrosage des Tourettes

TouretteGuiran

Rive gauche du Gapeau, en aval du pont de Guiran.

20 mai 1806, extrait du registre des délibération
de la commune de Solliès-Toucas

 État de répartition du montant de la construction d’une écluse et d’un canal pour l’arrosage du quartier des Tourretes et des Sénès, pour les engins de la plâtrière, du blanchissage.
Montant des dommages et servitudes causé par la construction de l'écluse et du canal audit Charles Vincent, Lazare Toucas et Madeliene Sénès, Vve Toucas. Et tous les frais résultant de cette construction.
Le secrétaire greffier de la commune dresse l’état de répartition d’après le revenu net de chaque propriété, suivant l’arrêt du préfet en date du 21 frimaire, an XIV.
Le sieur de Lestang-Parade, possesseur de la plâtrière, Cazon, possesseur du blanchissage et les frères Grué, principaux propriétaires aux dit quartier indiquent au secrétaire la délibération du 11 juin 1780 :
–   le quartier de la Tourretes jouirait de 24 heures d’eau par semaine et paierait 1/7 des dépenses ;
–   le sieur marquis de Forbin représenté par de Lestang-Parade, le sieur Laugier représenté par la dame Cazon, paieront 2 ½ /7 pour la faculté de l’eau ;
–   le quartier des Sénès paierait les 3 ½ /7 ;
–   et le sieur de Forbin paierait le 1/6 des 3 ½ /7 du quartier des Sénès, pour la faculté d’arrosage de son parc.
Procès-verbal d’adjudication pour la construction de l’écluse et du canal se monte à la somme de : 2308 francs,
Procès-verbal estimatif des dommages se monte à la somme de : 617,45 francs,
A payé au secrétaire greffier pour son travail la somme de : 75 francs,
Soit un total de : 3000,45 francs.
État de répartition soit :
–  1/7 pour le quartier de la Tourrettes : 428,63 francs
–  4/7 pour tous les propriétaires du quartier à raison de 17,86 francs par heure d'eau,
 1½/7 pour l’usage des engins de la plâtrière (sur les 2 ½ /7) : 642,95 francs,
–  1/7 pour l'usage des engins du blanchissage de la dame Cazon : 428,63 francs,
–  3½/7 pour le quartier des Sénès soit : 1500,22 francs,
de cette somme il faut retrancher le 1/6 payé par le sieur de Saporta, héritier de Forbin pour arrosé son parc soit : 250,04 francs, reste à payer par le quartier des Sénès la somme de 1250,18 francs soit les 3 ½ /7 à répartir sur tous les possédants à raison de 3 centimes 2/3 et ¼ du produit par cannes, soit la somme de : 3000,45 francs
Plus la remise du percepteur à raison de 5 centimes par francs qui sera ajouté à chaque cote soit : 3152,09 francs.

Fait à Toulon, le 29 mai 1806, le sous préfet,
signé (illisible). 

 

11 janvier 1844
Ordonnance royale qui a autorisé la construction en pierres de taille de l’écluse de la Tourette et des Sénès a respecté et conservé la réglementation actuelle des eaux du Gapeau.
(Arch. com. de Solliès-Pont, carton C, eaux de Signes.)

Le 23 mai 1948
Arrosages du canal des Tourettes à Solliès-Toucas. Il n’existe aucune association syndicale du canal des Tourettes.
—  Lundi de 5 heures du soir à 5 heurres du matin : départ du premier arrosant jusqu'à Paul Gilli ;
—  Mardi de 5 heures du soir à 5 heurres du matin : Château de Solliès ;
—  Mercredi de 5 heures du soir à 5 heurres du matin : Madame Gerfroit ;
—  Jeudi de 5 heures du soir à 5 heurres du matin : les Basses Tourettes ;
—  Vendredi de 5 heures du soir à 5 heurres du matin : Madame Gerfroit ;
—  Samedi  midi au dimanche midi : (?) de Paul Gilli à la Promenade ;
—  Dimanche au lundi 5 heures du matin : (?) de la Promenade à Madame Gerfroit.

 

Observations :

Les propriétaires ont droit à l’arrosage tous les jours fériés  ;
Les dimanches les propriétaires ont droit à l’arrosage depuis la source.
Le Blanchissage (usine Gerfroit) a droit à une partie de l’eau tout le temps en dehors des arrosages, le surplus retourne au Gapeau. Il y a eu des procès donnant droit aux arrosages, de 1890 à 1900 entre MM Nègre et Giraud.
Fernand, minotier des Chevilles envoyait tous les matins à 5 heures un homme vérifier que l’eau des Tourettes retournait au Gapeau.
(Note manuscrite de E. Clément).

 

En août 1953
… Je me permets de vous rappeler que le règlement d’eau du canal des Guirans, Tourettes et Sénès dont vous êtes usager a été défini comme suit par l’audience du 21 août 1845 tenue par M. Alexandre, Timoléon Pellen, Juge de Paix du Canton de Solliès-Pont assisté du sieur Auguste, Alexandre Bernard, commis-greffier [Feuilles d’audience du Greffe de la Justice de Paix de Solliès-Pont enregistré le 25 août 1845, folio 5, case 5 :
“… Les eaux dérivées par les barrages et canal du dit quartier (Guirans, Tourettes et Sénès) depuis 5 heures du matin jusqu'à 5 heures du soir des lundi, mardi, mercredi, jeudi et vendredi et depuis 5 heures du matin jusqu’à midi des samedi de chaque semaine, doivent rentrer dans la rivière par la prise d’eau de la blanchisserie des hoirs Cazon (actuellement propriété de Mme Gerfroit) pour servir à l’arrosage des terres des quartiers situés à l’aval…”.
(courrier non daté de l’association syndicale des eaux du canal de la Tour [Jules Rimbaud] à Émile Clément, propriétaire à Solliès-Ville).

 

Le 14 septembre 1953
… Le beau temps continue, l’eau est de plus en plus rare, nos cultures souffrent de la sécheresse persistante…
… Voici que la Tour se réveille ; vous pourrez vous en rendre compte par les deux lettres que je joint à la mienne. J’ignore quelle sera la réaction des dix-neuf arrosants des Tourettes. S’ils résistent il y a dix-neuf procès en perspective…

(courrier d’Émile Clément à Me Jean Fabre, avocat conseil)

Le 30 octobre 1953
accuser réception par L. R. du 31 octobre 1953 du courrier du président de la Tour.

Le 15 juillet 1955
demande au Greffier de la Justice de Paix de Solliès-Pont, de rechercher l’audience du 21 août 1845 au sujet des eaux du canal des Tourettes, les procès entre 1890 et 1900 au sujet des eaux du canal entre MM Nègre et Giraud.

Le 12 août 1955
La scierie de Solliès-Toucas, de Borgogne, rendait l’eau à la rivière au pied du Pont, actuellement tout le monde arrose à sa fantaisie. La scierie de Py sur la route de Méounes travaillait le jour avec l’eau des Tourettes ; actuellement elle est fermée, et tout le monde arrose.

Le 20 juin 1959
M. Tarditi, habitant aux Sénès à Solliès-Pont, arrosant des Tourettes et des Sauvans, voisin des Penchiers, m’a dit ce qui suit : « Le canal des Tourettes inonde parfois la route de Belgentier. Les Ponts et Chaussées ont réclamé auprès de Giai, gendre de Py, scieur aux Toucas et usager de ce canal pour la force motrice. Ce dernier ayant la scierie en chômage ne veut rien entendre et menace de couper l’eau à tout le monde. Les arrosants des Tourettes, usagers des eaux ont été obliger de se substituer à Giai et de répondre aux P. et C. qui les menaçaient de dommages-intérêts. Ils ont réuni tous les arrosants. L’un d’eux, un Docteur étranger au pays, a fait remarquer qu’il conviendrait de se syndiquer pour réglementer les arrosages et fixer des cotisations pour l’entretien du canal.

C’est alors que Madame Gerfroit a protesté contre cette proposition, disant que l’intérêt des arrosants des Tourettes est de ne pas se syndiquer, pour ne pas donner prise aux réclamations des arrosants de Solliès qui se plaignent des violations du règlement d’eau qui prévoit que les eaux des Tourettes doivent tomber dans le Gapeau dans la propriété Gerfroit au Blanchissage, de 5 heures du matin à 5 heures du soir. Si l’on crée un syndicat les usagers d’aval auront la possibilité de mettre en cause le Syndicat, personne morale, tandis que sans Syndicat il faut faire des procès individuels ce qui complique les choses. D’ailleurs, il y a quelques années la Tour et son Président en ont fait l’expérience, sans résultat.
Les arrosants ont approuvé Madame Gerfroit et le Docteur en question n’a pas insisté.

(note dactylographiée de É. Clément).

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