Barrages de Solliès-Pont

 Barrage des Piquets ou de la Ferrage

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Barrage des Piquets

 S’appelait « l’écluse de l’Évêque » en 1712, le 4 septembre, il est dit « le torrent de la rivière avait emporté l’ancienne écluze et le canal ». Les arrosants de l’écluse votent une imposition de 1500 livres pour payer les dettes du quartier « et préférablement ceux dans le fonds desquels le nouveau canal passe dans leurs terres ».

Arrose jusqu'à La Ferrage et sur la rive droite du Gapeau, était construite en pieux et fascines. Une grande quantité d’eau passait à travers la terre et les graviers amoncelés contre la digue. Non-comptant de ces infiltrations naturelles, les arrosants des écluses inférieures s’efforçaient, en temps de sécheresse, de diminuer le volume d’eau entrant dans le canal de la Ferrage, en crevant l’écluse, à l’aide de perches, de longs bâtons. Les arrosants de la Ferrage bouchaient aussitôt ces brèches à l’aide de branchages et avec de la terre glaise, avec de l’argile, moins perméable que la terre sablonneuse mêlée de gravier, qui constitue le lit du Gapeau. Pour mettre fin à ce conflit, aux disputes et aux violences qui s’ensuivaient, on proposa aux syndicats intéressés de faire mesurer par experts le volume d’eau qui devait normalement passer à travers le barrage en fascines et, la constatation faite, construire une écluse en maçonnerie disposée de façon à donner à chaque partie la quantité d’eau qui devait lui revenir.

Ces propositions ayant été acceptées, des experts furent nommés, qui, à l’aide d’expériences réitérées, constatèrent que les quatre cinquièmes de l’eau retenue par le barrage filtraient à travers la digue : un cinquième seulement entrait dans le canal de la Ferrage. Par condescendance, les arrosants inférieurs consentirent à porter aux 22/100es la part à attribuer au syndicat de la Ferrage. Un arrêté du préfet du Var, du 11 décembre 1879, consacra cet accord. Actuellement en vertu de cet arrêté, la Ferrage reçoit constamment, en toute saison, le 22/100es de l’eau retenue par l’écluse : les 78/100es restent dans Gapeau.

 

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Barrage des Piquets et la prise du canal de la Ferrage, le 5 novembre 2011.

**« Le barrage de la Ferrage, construit en piquets et fascines, ne dessert que l’irrigation de plusieurs quartiers au nord et au midi de Solliès-Pont. »

 

**Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

 

Barrage de Monsieur ou des Messieurs

 

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Le barrage des Messieurs, le 8 mai 2007.

Écluse seigneuriale, retient toutes les eaux de la rivière, qui appartenaient aux seigneurs de Solliès, qui s’en servaient seuls, pour actionner leurs moulins à blé, à huile et grignon et pour l’arrosage de leurs terres domaniales, qu’ils possédaient audit bourg de Solliès, au quartier de Beaulieu, au quartier des Mauniers, au quartier de la Garréjade, au quartier des fonts des Fabres. Existait en 1216. Donc personne n’arrosait que le seigneur avant 1553, époque à laquelle le marquis de Forbin, seigneur de Solliès vendit à la communauté les herbages, pâturages et moulins à olives et grignon avec faculté de prendre les eaux nécessaires à la marche des moulins, se réservant pour lui les moulins à blé, avec défense à la communauté ou à des particuliers d’en construire. Donc les droits aux eaux ne devinrent pas la propriété, mais bien la faculté de se servir des eaux pour les moulins à huile de la communauté, qui décida seulement, vu l’abondance des eaux, de faire profiter les riverains de la partie des eaux dont elle avait l’usage, pour l’arrosage de leurs terres. Le seigneur restait donc propriétaire des eaux de ses moulins à blé et pour ses terres.
Alimente sur la rive gauche le canal de l’Enclos, d’où le canal de dérivation avec division des eaux entre les trois quartiers : les Fillols, les Laugiers et les Trois-Pierres servant à l’arrosage la nuit seulement, temps pendant lequel les moulins ne fonctionnent pas. Les moulins : un à farine, propriété seigneuriale ; le 2e appartenant à la communauté (démoli en 1880), existaient avant 1553.

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Canal de l'Enclos, la vidange et la surverse, le 8 mai 2007.

Vestiges de l'ancien canal de l'Enclos, le 8 mai 2007.

La division des eaux, dit « Carcès » : C’est avant de se jeter dans la rivière que les eaux se divisent en deux parties. La première alimente le canal qui avait été primitivement construit pour actionner les moulins seigneuriaux de Beaulieu (aujourd’hui canal du Sarraire et de la Tour). il prenait le nom de béal de Beaulieu. Cette écluse doit être celle qui est dite en 1380 « de noble Hugues Riquier » entre le jas d’Hugon Ayguier et le bancal d’Huguette de Podio Auito. Le seigneur n’avait rien vendu en 1553, voir l’arrêt de 1634, qui confirme les droits de la commanderie de Beaulieu. La deuxième partie des eaux tombe dans la rivière, actuellement pour alimenter le barrage des Sauvans, des Mauniers, d’Hyères ; avant 1553 ou au plus tard avant 1628, cette eau était destinée à alimenter seulement les moulins à blé et à huile appartenant aux seigneurs et à l’arrosage des terres de la Garréjade et des Fonts des Fabres.

**« Sur la rive gauche, le barrage de Monsieur dessert deux moulins à farine (M. de Saporta), un moulin à huile de Solliès-Pont, un moulin à tan et un moulin à huile (M. Jolibois.) »

 

**Notes de M. Frédéric Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

 

Barrage de Seyrol, de Seiros ou Madame

 

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 Barrage de Seyrol le 30 novembre 2004.

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Barrage de Seyrol le 08 mai 2007.

Alimenté seulement par les eaux de sources ou de Trépan. Arrose très peu sur la rive droite : le canal qu’elle alimente ne sert qu’à la Tannerie Boyer pour un moulin à sumac ou à tan. Autrefois il faisait aller le moulin à huile de la Serre appartenant à M. Gensollen. Les eaux retournent à la rivière.

**« Sur la rive droite, le barrage Gence dessert un moulin à farine, un moulin à huile et un moulin à tan (M. Gence.) »

 

**Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

Barrage de Monsieur le Curé ou des Capellans

 

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Barrage des Capellans.

Barrage des Capellans, le 23 novembre 2007.

Alimenté par le barrage supérieur ; retient les eaux qui se déversent dans le canal après avoir actionné le moulin et retournent dans la rivière.

**« Rive droite, le barrage du Presbytère fournit les eaux nécessaires à un moulin à huile que possèdent en indivis M. Chrétien et Mme Gensolen. Il a été établi en 1782. »

 

**Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

 

Barrage de Saint-Victor

 

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Barrage de Saint-Victor.

Alimenté par les eaux du barrage supérieur et par les eaux qui se déversent du canal des Carcès le jour seulement. Sert à la Tannerie Giraud ; le canal de cette écluse tombe à 100 mètres en aval.

**« Sur la rive droite, au dessous du pont de Solliès-Pont, les eaux necessaires à un moulin à huile et à une ressence (M. Suchet), sont dérivés par un barrage dit barrage de Saint-Victor. »

 

 **Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

 

Barrage du Pont-Neuf ou des Sauvans et Penchiers

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Barrage des Sauvans
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Le barrage des Sauvans.

Le pont-Neuf (photo 2014.)

 Il n’est pas mentionné sur le cadastre de 1566. Il a été construit primitivement en pieux et fascines, au moment où la Communauté décida de faire profiter les riverains du Gapeau, pour l’arrosage de leurs terres, des eaux superflues, c’est à dire des eaux qui n’étaient pas utilisées par les moulins ou encore les arrosages des terres seigneuriales.
Vers 1628, des discussions continuelles entre tous les arrosants obligèrent la Communauté à établir une répartition égale de ces eaux. Voir arrêt de 1634, où il est fait mention de ce règlement. Il n’a pas été possible d’établir d’une façon précise l’année ou a été construit le barrage en bois. Tout ce que l’on peut assurer c’est qu’en 1628 il existait et qu’en 1566 il n’existait pas. Ce genre de barrage était destiné à arrêter une faible partie des eaux (un cinquième a été admis en 1886, lors de la transformation du barrage en bois de la Ferrage, en barrage en maçonnerie). Voilà donc la preuve qu’en 1628, les Sauvans n’avaient reçu en partage que le 5e environ des eaux qui coulaient dans la rivière.
En 1633, les Sauvans obtinrent l’autorisation de construire le barrage en pierre parce qu’à chaque crue de la rivière, le barrage en bois était emporté comme la chose s’était passée pour le barrage de la ville d’Hyères, qui fut aussi autorisé en maçonnerie, à cause des crues qui le balayaient toutes les années. Cette autorisation fut accordée aux Sauvans par les intéressés, la communauté, le seigneur, les arrosants des Mauniers, le propriétaire de la Garréjade et des moulins, la commune d’Hyères, à des conditions que nous indiquent les trous qui ont été constatés par les experts nommés par le tribunal de Toulon. Ces trous, d’après les experts, devaient laisser passer une quantité d’eau considérable ; c’est ce qui démontre que l’eau qui en découlait n’était pas seulement pour les arrosants des Mauniers, mais bien pour alimenter le canal des Moulins et l’écluse de la commune d’Hyères. Cet état des lieux a été constaté par la sentence de 1768. Au début, il n’y avait que les terres riveraines qui étaient arrosées.
C’est peu à peu et usant de la faculté de prendre l’eau dont ne se servaient pas les riverains au-dessus d’eux, que les propriétaires des terres longeant le canal d’égout devinrent propriétaires arrosants.

Voilà comment les Sauvans qui n’avaient que des terres, vignes et oliviers sont arrivés à avoir quatre-vingt-six hectares arrosables.

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Le Gapeau, barrage des Sauvants et Penchiers, (2014.)

**« Sur la rive gauche, le barrage du Pont-Neuf dessert les irrigations du quartier des Sauvans (et des Penchiers.) »

 

**Notes de M. Fréderic Dollieule (1848-1932), ancien magistrat, avocat à Marseille.

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