Asphodèle (asphodelus sp)

Si, alors que vous vous promenez sur quelque sentier escarpé des Maures, une forte odeur de « pipi de chat » vient vous chatouiller les narines, c’est que vous n’êtes certainement pas loin d’un asphodèle. Pourtant cette plante vivace de la famille des liliacées (tulipe, lys…) sait se couvrir de belles fleurs. Lorsque Paracelse a dit que chaque étoile dans le ciel était une fleur sur la terre il devait sûrement avoir croisé le firmament offert par les hampes florales en grappes (fleurissant du bas vers le haut) des inflorescences d’asphodèles lorsqu’elles sont regroupées par dizaines. Les fleurs sont composées de six tépales, trois pétales blancs striés et trois sépales identiques, ressemblant à des étoiles dans l’infinie verdure de la forêt. Dès le mois de mai et jusque parfois en juillet se dressent les tiges fleuries sur un mètre de haut et parfois plus au centre d’une rosette de feuilles basales, étroites et linéaires, ressemblant à un gros poireau.
Dans l’Antiquité, elle était liée à la mort et à la résurrection, Homère décrivit les « champs élyséens » couverts d’asphodèles où résidait l’âme des morts. Plus tard cette plante a été attribuée à saint Christophe, saint patron des voyageurs arpentant les sentiers à pied (à l’époque !) jonchés des fleurs du saint.
La racine tubéreuse riche en amidon était mangée en période de disette et, dans les périodes plus fastes, elle était séchée, diluée et chauffée, créant ainsi une colle pour les relieurs et les cordonniers.
On utilisait également la racine fraîche pour soigner les plaies et éloigner les moustiques…

c’est surtout sa cousine, la belle de onze heures aussi appelée ornithogale, qui est utilisée dans les élixirs floraux du docteur Bach pour se soigner des chagrins et de la peine. Hé oui,  rien de tel qu’une bonne balade le long de ces belles liliacées blanches pour se sentir mieux !

Fabien Tamboloni
naturaliste.

Ornithogalum umbellatum
Photo : Jean Tosti.

Ornithogalum_umbellatum

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